1 Jean

Lorsque Joseph Ratzinger devint pape en 2005, nombreux étaient ceux qui attendaient avec impatience la première déclaration solennelle d'un professeur devenu souverain pontife. À la surprise générale, ses premiers mots furent « Dieu est amour » (Benoît XVI Deus caritas est, le 25 décembre 2005). Cette définition sublime, l'une des affirmations les plus radicales de l'Écriture, est extraite de la première lettre de saint Jean (1Jn 4,8.16). En découle l'essentiel des actes du croyant : se reconnaître pécheur (1Jn 1,8s ; 2,1 ; 3,3s) ; pratiquer la justice (1Jn 3,7) et les commandements, notamment la charité entre frères (1Jn 2,3-11 ; 3,11-24 ; 4,7-5,4) ; résister au monde (1Jn 2,12-17 ; 3,13 ; 4,1) et aux erreurs (1Jn 2,18-23 ; 4,1-4) ; avoir confiance dans le Sauveur (1Jn 2,1s ; 3,5.8 ; 5,6s) ; accepter le message de Dieu (1Jn 4,6.9-12) par l'enseignement apostolique (1Jn 1,5 ; 2,21-24), et l'action de l'Esprit (1Jn 2,20.27). 

Les trois lettres attribuées à Jean (1Jn, 2Jn, 3Jn) ont une certaine unité. Si chacune a ses particularités, elles ont en commun une pensée, un langage, un style et un même contexte, celui d'une division dans la communauté touchant à la foi et à la morale. La crise interne a été déclenchée parce que certains membres de la communauté répandent des erreurs et invitent à la division. Les groupes dissidents sont déjà constitués (1Jn 2,19),et la lettre nous donne leur profil : leurs membres prétendent avoir une relation particulière avec Dieu (1Jn 1,6 ; 2,4) et être sans péché (1Jn 1,8.10) ; ils ne croient pas que Jésus soit le Fils de Dieu (1Jn 2,22 ; 5,1.5) et nient l'incarnation (voir la note de synthèse BEST sur le Docétisme: 1Jn 4,2-3 ; 5,6 ; 2 Jn 2). L'accent mis sur l'éthique suggère que des erreurs morales ont également été diffusées. En réponse, 1 Jn rappelle les vérités fondamentales de la foi chrétienne, à partir d'une christologie qui confesse le Christ comme Dieu (1Jn 2,13-14) et homme (1Jn 1,1-4). Il insiste sur le commandement de l'amour (1Jn 3,11) qui est la clé de toute éthique. 

1Jn 2,2 déclare au sujet du Seigneur Jésus : « Il est lui-même propitiation pour nos péchés et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier ». Si Jean parle ici et en 1Jn 4,10 de « propitiation » par rapport à Dieu (voir la note de synthèse BEST sur la « Satisfaction » et l'« expiation »), et de pardon en 1Jn 1,9, c'est parce qu'en 1Jn 1,7 il a établi que ce qui purifie les pécheurs, c'est le sang de Jésus, le Fils de Dieu, qui donne sa vie de manière violente. Nous avons une concaténation d'idées ─ propitiation, sang, purification, pardon ─ directement dérivées du système des Sacrifices dans l'AT, exprimées même en termes lévitiques (Lv 16,30 ; He 9,22). La mort de Jésus est un sacrifice offert une fois pour toutes, mais qui continue à se renouveler et à renouveler son efficacité éternelle pour ceux qui croient (voir la note de synthèse BEST sur le Sacrifice de Jésus).

TEXTE

Genre littéraire

Genre épistolaire

  • Athanase  Lettre festale (367) ;  Eusèbe  Historia ecclesiastica II, 23, 23ss : ces trois lettres font partie de la collection connue sous le nom d’« Épîtres apostoliques », ou « Épîtres générales » (Jc, 1 et 2P, 1, 2, 3Jn et Jude).

De ce fait, leur identification comme épîtres ne pose pas problème jusqu’au 19e s., où 1 Jn est mis en question. 2 et 3 Jn en effet sont des épîtres anciennes classiques, comportant un auteur, des destinataires ainsi que des salutations au début comme à la fin.

1 Jn :  homélie ou lettre ?

Mais en 1Jn la forme épistolaire pose question : on semble lire une homélie ou une catéchèse exposant les idées johanniques (peut-être pour mieux faire comprendre l'évangile de Jn). Le genre littéraire de 1Jn est difficile à déterminer : bien qu'elle soit adressée à des destintaires johanniques, il lui manque cependant la signature de son auteur. Elle aborde des sujets très généraux. Il s’agit d’une forme de commentaire inspiré par l'Évangile selon saint Jean, à visée pédagogique, pour apporter de la lumière au sein d'une communauté divisée.  Bien qu'en dehors des conventions du genre épistolaire antique, cet écrit sonne comme une lettre par son ton personnel (1Jn 2,1.12.28 ; 3,7.18), son caractère circonstanciel (1Jn 2,19 ; 4,1ss) et sa revendication de dépasser les distances spatiales (1Jn 1,3ss ; 4,7).

Proposition de structure

Une forme d'argumentation circulaire, permet de repérer de deux à sept sections, voire une sorte de chiasme englobant. On repère au moins :

  • Une introduction (1Jn 1,1-4).  
  • Un diptyque opposant terme à terme : péché, charité, résistance au monde, et antichrists, sur fond de Dieu-Lumière (1Jn 1,5-2,28) et Dieu-Amour (1Jn 2,29-4,6). La pointe, très johannique, est sur la  filiation divine. 
  • Une troisième section (1Jn 4,7-5,12) concentre ces thématiques en une source : Dieu est Amour (1Jn 4,7-5,4) et la foi permet de recevoir son témoignage  (1Jn 5,5-12). 
  • Comme  Jn, qu'elle semble imiter, 1Jn présente une « conclusion » complexe :  1Jn 5,13 rappelle le but de l'écrit (cf. Jn 20,30s). Comme une hyperbate, ce rappel est suivi d'un développement sur la prière pour les pécheurs (1Jn 5,14-17), d'un rappel des principales convictions de la foi (1Jn 5,18ss) et d'un avertissement contre les idoles (1Jn 5,21).

 La lettre est à la fois dogmatique et morale :

CONTEXTE

Auteur/s

Les trois épîtres dites de Jean présentent, soit de l'une à l'autre, soit par rapport au quatrième évangile, des ressemblances frappantes. La doctrine, le vocabulaire, le style concourent à manifester leur étroite parenté. Mais le texte ne permet pas de se prononcer sur l’auteur des trois épîtres dites de Jean, : il n'est pas possible de déterminer s’il agit d’un auteur ou de trois auteurs pour trois lettres.

Datation

Il n’y a aucun moyen de déterminer l’ordre d’écriture des trois lettres.

Datation relative des lettres entre elles

  • L’ordre 3-2-1, correspond à l’intensité des conflits : dans 3 Jn, l’auteur espère une solution, dans 2 Jn, les relations sont cassées, et dans 1 Jn, un « schisme » a eu lieu (Jn 2,19). 2 et 3 Jn s'adressent à une église particulière, tandis que 1 Jn vise toutes les communautés d’Asie  sous l’autorité de l’auteur... 
  • Quant au contenu, l’ordre 1-2-3 est satisfaisant, qui fait passer de rappels « théoriques » à des applications « pratiques » dans la gestion d'un conflit précis.
  • Les trois épîtres semblent écrites en une dizaine d’années.

Datation absolue

Leur datation absolue dépend en partie de celle de l’évangile.

  • Après ou avant l'évangile ? La question demeure irrésolue quant à l’ordre de rédaction, entre les épîtres et l’évangile. Tous admettent que les épîtres tiennent pour acquis les principales idées de l’évangile, auquel elles font souvent allusion. La majeure partie des critiques pensent donc que l’évangile, ou du moins son premier état, est antérieur aux épîtres. Quelques uns soutiennent que les épîtres précèdent la rédaction finale de l’évangile, ou du moins les deux premières. 3 Jn pourrait être postérieure.
  • Une élaboration concomitante : mais s'il est possible d'admettre une graduelle élaboration des deux écrits, rien n’obligerait à se prononcer en bloc sur l'antériorité de l'un par rapport à l'autre. Or a priori pareille hypothèse est pour le moins plausible. C'est pourquoi, sous réserve de la rédaction définitive de l'évangile, qui parut sans doute en dernier lieu, il paraît raisonnable de supposer qu'ils furent élaborés, au moins partiellement, vers le même temps. En se basant sur la datation de l’évangile, la majorité opte pour une date vers 100 ap. J.-C., qui et plus ou moins celle acceptée pour la rédaction finale de l’évangile. Robinson a proposé une date antérieure à 70, mais n’a pas obtenu l’accord des critiques. Certains vont jusqu’à la deuxième moitié du 2e s. (par exemple Baur suggère 170-180). Mais cette date tardive est minoritaire, car des preuves existent que ces épîtres sont connues des Pères dès le 2e s.

Milieux de vie

Parallèles qumrâniens

 1Jn  est un des écrits du NT les plus proches de la pensée qui s'exprime dans les écrits sectaires de la mer Morte :

  • les dualismes « lumière-ténèbres » et « vérité-mensonge » (1Jn 1,5ss ; 2,9ss.21s) ; 
  • le discernement des « esprits » (1Jn 4,1-6) qui se termine par l'opposition entre « esprit de vérité et esprit d'erreur »,

Dans l'évangile, la proximité avec les écrits sectaires juifs est plus rare (cf. Jn 3,19ss). 

Caractérisation des adversaires

1Jn 2,18-21 évoque une rupture dans les milieux « johanniques » et surnomme les adversaires venus de la communauté : antichrists (1Jn 2,18s) ou, comme une personnalité collective : l’Antichrist (1Jn 2,18.22 ; 4,3 ; 2Jn 7). Ses lettres sont une mise en garde contre eux. L'insistance sur le fait que le Sauveur  (1Jn 1,14) est aussi un homme de chair (1Jn 4,2 ; 2Jn 7) et de sang (1Jn 1,7 ; 5,5s), avec un nom  humain, Jésus (1Jn 1,7 ; 2,22 ; 4,3 ; 5,1.5), qui donne un exemple à suivre concrètement (1Jn 2,6 ; 3,16ss ; 4,11.20) semble viser des dissidents « gnostiques » refusant d'admettre que Jésus est le Christ venu en chair (1Jn 4,2 ; 2Jn 7). 

RECEPTION

Canonicité : premières attestations et citations

1 Jn est une référence dès les premiers écrits de la littérature chrétienne, et toujours attribuée à Jean (Irénée †202, Tertullien †230). Sa canonicité n’est pas mise en doute : elle appartient au Canon de Muratori (ca. 170), comme à toutes les listes du Nouveau Testament. Pour Clément d’Alexandrie (†215) comme pour Origène (†254), elle est canonique. Mis à part Théodore de Mopsueste (†428), qui la refuse pour des raisons de contenu doctrinal, l’église d’Antioche l’accepte sans réticences. Aucune controverse, excepté cet auteur, n’existe sur sa canonicité. Polycarpe (†155, considéré comme disciple de l’apôtre Jean) s’en inspire, ainsi que Jean le Martyr (†165).

Importance traditionnelle

Exégèse

Les épîtres de Jean ont été commentées maintes fois dans la Tradition chrétienne :

  • Clément d’Alexandrie (†215), Adumbrationes in epistolas canonicas ;
  • Didyme d’Alexandrie (†398), Enarratio in epistolas catholicas ;
  • Chrysostome (†407), Fragmenta in epistolas catholicas ; Augustin (†430), In epistolam Joannis ad Parthos (sur 1 Jn) ;Cyrille d’Alexandrie (†444), Fragmenta in epistolas catholicas ; 
  • Cassiodore (†585), Complexiones in epistolas, acta apostolorum et apocalypsim ;
  • Oecuménius (6e-7e siècle), Commentarii in epistolas catholicas ;
  • Bède le Vénérable (†735), Super epistolas catholicas expositio ;
  • Théophylacte d'Ohrid (†ca. 1126), Expositio in epistolam I S. Joannis ; Expositio in epistolam II S. Joannis ; Expositio in epistolam III S. Joannis ;
  • Cajétan (†1534), In omnes D. Pauli et aliorum apostolorum epistolas commentarii.
  • Guillaume Estius (†1613), Commentariorum in epistolas apostolicas Tomus I...XI ; Cornelius a Lapide (†1637), Commentaria in Scripturam sacram ; Libert Froidmont (†1653), Commentaria in sacram Scripturam.

Influences théologique et liturgique

L’influence de ces épîtres, souvent utilisées en regard de l’évangile selon Jean, est évidente tant pour la christologie que pour la morale chrétienne.

  • La théologie du Logos incarné (Jn 1,14) a profondément influencé la formulation de la christologie pendant les premiers siècles de l’Église, et encore aujourd’hui. Le lien entre divinité et humanité de Jésus est en particulier appuyé sur ces épîtres. 
  • De même pour la théologie de la Charité. Augustin voit 1 Jn comme une épître très riche en enseignements, et particulièrement sur l’amour. « Dieu est amour » trouve de nombreux échos aujourd’hui, avec une théologie de la miséricorde.
  • L’accent positif placé sur la confession et le pardon des péchés (1Jn 1,8ss) influence la liturgie. 
  • D’autres passages (1Jn 1,6 ; 3,9s) à propos de l’exigence de ne pas pécher sont parmi les bases de la théologie de la pureté et de la sainteté, comme la théologie protestante Wesleyenne. 
  • Un usage négatif est fait de la caractérisation des opposants de 1 et 2 Jn — qui sont vilipendés et dont il vaut mieux se séparer (1Jn 2,18-22 ; 4,1s ; 2Jn 7,10s).  De telles remarques ont été reprises avec excès par différents groupes pour établir leur identité en opposition aux autres.

Ces diverses reprises témoignent de l’importance de ces lettres pour le christianisme.

1 Jean 1

Le Verbe de vie

1

ICI COMMENCE L'ÉPÎTRE DE JEAN · I · 

Ce qui fut dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos propres yeux

ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie

2

(et la vie a été manifestée

et nous avons vu et nous témoignons

et nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père

et nous est apparue)

3

ce que nous avons vu et entendu nous vous l’annonçons à vous aussi

afin que vous aussi soyez en communion avec nous

et que notre communion soit avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ

4

(et ces choses, nous vous les écrivons  pour que notre joie soit complète)

Vivre dans la lumière de Dieu

5

et telle est l'annonce que nous avons entendue de lui et que nous vous annonçons :

Dieu est lumière et de ténèbres, en lui, il n’y a aucunes.

6

Si nous disons que nous sommes en communion avec lui et marchons dans les ténèbres

nous mentons et ne faisons pas la vérité ;

7

mais si c'est dans la lumière que nous marchons comme lui-même est dans la lumière

nous sommes en communion les uns avec les autres

et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché.

8

Si nous disons que nous n'avons pas de péché

nous nous séduisons nous-mêmes et la vérité n’est pas en nous ;

9

si nous confessons nos péchés

il est fidèle et juste pour nous remettre nos péchés

et nous purifier de toute iniquité ;

10

si nous disons que nous n'avons pas péché

nous en faisons un menteur et son verbe n’est pas en nous.

1 Jean 2

Le Christ, notre rédemption

1

Mes petits enfants je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez pas

et même si quelqu’un a péché

nous avons pour avocat auprès du Père Jésus-Christ le juste :

2

il est lui-même propitiation pour nos péchés

et pas seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier !

3

Et en ceci nous savons que nous le connaissons :

si nous gardons ses commandements.

4

Celui qui dit qu'il l'a connu et qui ne garde pas ses commandements

est un menteur : en lui n’est pas la vérité ;

5

mais celui qui garde son verbe

en lui la charité de Dieu est vraiment parfaite ;

en ceci nous connaissons que nous sommes en lui :

6

qui dit demeurer en lui

doit, lui-même aussi, marcher comme celui-là a marché.

Un commandement nouveau

7

Très chers ce n’est pas un commandement nouveau que je vous écris

c’est un commandement ancien que vous avez reçu dès le commencement

ce commandement ancien c’est le verbe que vous avez entendu.

8

D’un autre côté c’est un commandement nouveau que je vous écris

lequel s’est vérifié en lui et en vous

car les ténèbres se dissipent et déjà brille la véritable lumière.

9

Celui qui dit être dans la lumière et qui hait son frère

est encore dans les ténèbres.

10

Celui qui aime son frère

demeure dans la lumière et il n’y a en lui aucun sujet de chute.

11

Mais celui qui hait son frère

est dans les ténèbres ; il marche dans les ténèbres sans savoir où il va

parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux.

Exhortations pour tous les âges

12

Je vous écris petits enfants parce que vos péchés vous sont remis à cause de son nom.

13

Je vous écris, pères, parce que vous avez connu celui qui est dès le commencement.

Je vous écris, jeunes gens, parce que vous avez vaincu le malin.

14

Je vous ai écrit, petits enfants, parce que vous avez connu le Père.

Je vous ai écrit, pères, parce que vous avez connu celui qui est dès le commencement.

Je vous ai écrit, jeunes gens, parce que vous êtes forts et que le verbe de Dieu demeure en vous et que vous avez vaincu le malin.

15

N’aimez pas le monde ni ce qui est dans le monde :

si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui

16

car tout ce qui est dans le monde

la concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux et l’orgueil de la vie

ne vient pas du Père mais du monde.

17

Le monde passe et sa concupiscence aussi

mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement.

Prennez garde aux antichrists

18

Mes petits enfants, c’est la dernière heure.

Comme vous avez appris  que l’antéchrist doit venir

aussi y a-t-il maintenant plusieurs antéchrists :

par là nous connaissons que c’est la dernière heure.

19

Ils sont sortis du milieu de nous mais ils n’étaient pas des nôtres

car s’ils eussent été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous

mais ils en sont sortis afin qu’il soit manifeste que tous ne sont pas des nôtres.

20

Pour vous, c’est du Saint que vous avez reçu l’onction

et vous avez connu toute chose.

21

Je vous ai écrit, non que vous ne connaissiez pas la vérité

mais parce que vous la connaissez

et qu’aucun mensonge ne vient de la vérité.

22

Qui est le menteur

sinon celui qui nie que Jésus est le Christ ?

Celui-là est l’antéchrist qui nie le Père et le Fils.

23

Quiconque nie le Fils n’a pas non plus le Père

celui qui confesse le Fils a aussi le Père.

24

Pour vous, que ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous.

Si ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous

vous demeurez aussi dans le Fils et dans le Père.

25

Et la promesse que lui-même nous a faite est celle-ci : la vie éternelle !

26

Ces choses, je vous les ai écrites à propos de ceux qui vous séduisent ; 

27

pour vous, l’onction que vous avez reçue de lui demeure en vous

et vous n’avez pas besoin que personne vous enseigne

mais ainsi que son onction vous enseigne en toutes choses 

(et c'est vrai et ce n’est pas un mensonge)

ainsi qu’elle vous a enseignés, demeurez en lui.

28

Et maintenant, mes petits enfants, demeurez en lui

afin que, lorsqu’il sera apparu, nous ayons confiance

et ne soyons pas confondus, loin de lui, à son avènement.

29

Si vous savez qu’il est juste

reconnaissez que quiconque pratique aussi la justice est né de lui.

1 Jean 3

Nous sommes enfants de Dieu

1

Voyez quel amour le Père nous a donné :

que nous soyons appelés « enfants de Dieu » et nous le sommes !

Si le monde ne nous connaît pas, c’est qu’il ne l’a pas connu.

2

Mes bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu

et ce que nous serons un jour n’a pas encore été manifesté

nous savons qu’au temps de cette manifestation, nous lui serons semblables

parce que nous le verrons tel qu’il est.

3

Et tout homme qui a cette espérance en lui se sanctifie comme celui-là aussi est saint.

4

Quiconque commet le péché transgresse la loi

et le péché est la transgression de la loi.

5

Or vous savez que celui-là a paru pour ôter les péchés

et que le péché n’est pas en lui.

6

Quiconque demeure en lui ne pèche pas

quiconque pèche ne l’a pas vu et ne l’a pas connu.

7

Petits enfants, que personne ne vous séduise !

Celui qui pratique la justice est juste comme lui-même est juste.

8

Celui qui commet le péché est du diable

car le diable pèche dès le commencement.

C’est pour détruire les œuvres du diable que le Fils de Dieu a paru.

9

Quiconque est né de Dieu ne commet point le péché

parce que la semence de Dieu demeure en lui

et il ne peut pécher parce qu’il est né de Dieu.

10

C’est à cela que l’on reconnaît les enfants de Dieu et les enfants du diable.

Quiconque ne pratique pas la justice n’est pas de Dieu

non plus que celui qui n’aime pas son frère.

Aimez-vous les uns les autres

11

Car tel est le message que vous avez entendu dès le commencement : que nous nous aimions les uns les autres ;

12

non point comme Caïn, qui était du malin et qui tua son frère.

Et pourquoi le tua-t-il ?

Parce que ses œuvres étaient mauvaises tandis que celles de son frère étaient justes.

13

Ne vous étonnez pas, frères, si le monde vous hait.

14

Nous, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie

parce que nous aimons nos frères.

Celui qui n’aime pas demeure dans la mort.

15

Quiconque hait son frère est un meurtrier

et vous savez qu’aucun meurtrier n’a la vie éternelle demeurant en lui.

16

A ceci nous avons connu l’amour

c’est que Lui a donné sa vie pour nous.

Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères.

16

À ceci nous avons connu l’amour

c’est que Lui a donné sa vie pour nous.

Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères.

17

Si quelqu’un possède les biens de ce monde et que, voyant son frère dans la nécessité

il leur ferme ses entrailles

comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui ?

18

Mes petits enfants, n’aimons pas de parole et de langue mais par action et par vérité.

19

Par là nous connaissons que nous sommes de la vérité et nous pouvons rassurer nos cœurs devant Dieu

20

car si notre cœur nous condamne

Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît toutes choses.

21

Bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne pas

nous avons confiance devant Dieu.

22

Quoi que ce soit que nous demandions, nous le recevons de lui

parce que nous gardons ses commandements

et que nous faisons ce qui est agréable à ses yeux.

23

Et son commandement est que nous croyions au nom de son Fils Jésus-Christ

et que nous nous aimions les uns les autres comme il nous en a donné le commandement.

24

Celui qui garde ses commandements demeure en Dieu et Dieu en lui

et nous connaissons qu’il demeure en nous par l’Esprit qu’il nous a donné.

1 Jean 4

Le discernement des esprits

1

Mes bien-aimés, ne croyez pas à tout esprit

mais voyez par l’épreuve si les esprits sont de Dieu

car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde.

2

Vous reconnaîtrez à ceci l’esprit de Dieu

tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu

3

et tout esprit qui ne confesse pas ce Jésus n’est pas de Dieu

c’est celui de l’antéchrist dont on vous a annoncé la venue

et qui maintenant est déjà dans le monde.

4

Vous, mes petits enfants, vous êtes de Dieu et vous les avez vaincus

parce que celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde.

5

Eux, ils sont du monde, c’est pourquoi ils parlent le langage du monde et le monde les écoute.

6

nous, nous sommes de Dieu

celui qui connaît Dieu nous écoute

celui qui n’est pas de Dieu ne nous écoute point

c’est par là que nous connaissons l’esprit de la vérité et l’esprit de l’erreur.

Il nous a aimés le premier

7

Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres car l’amour vient de Dieu

et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu.

8

Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu car Dieu est amour.

9

Il a manifesté son amour pour nous

en envoyant son Fils unique dans le monde afin que nous vivions par lui.

10

Et cet amour consiste

en ce que ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu

mais lui qui nous a aimés

et qui a envoyé son Fils comme victime de propitiation pour nos péchés.

11

Mes bien-aimés si Dieu nous a ainsi aimés nous devons aussi nous aimer les uns les autres.

12

Personne n’a jamais vu Dieu

mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous

et son amour est parfait en nous.

13

Nous connaissons que nous demeurons en lui et qu’il demeure en nous

en ce qu’il nous donne de son Esprit.

14

Et nous, nous avons contemplé et nous attestons

que le Père nous a envoyé le Fils comme Sauveur du monde.

15

Celui qui confessera que Jésus est le Fils de Dieu

Dieu demeure en lui et lui en Dieu.

16

Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru.

Dieu est amour et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui.

17

La perfection de l’amour en nous

c’est que nous ayons une confiance assurée au jour du jugement

car tel est celui-là, tels nous sommes aussi dans ce monde.

18

Il n’y a point de crainte dans l’amour

mais l’amour parfait bannit la crainte

car la crainte suppose un châtiment

celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour.

19

Nous donc, aimons 

puisque Dieu nous a aimés le premier.

20

Si quelqu’un dit : — J’aime Dieu

et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur

comment celui qui n’aime pas son frère qu’il voit

peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ?

21

Et nous avons reçu de lui ce commandement :

Que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. 

1 Jean 5

La victoire sur le monde

1

Tout homme qui croit que Jésus est le Christ est né de Dieu

et tout homme qui aime celui qui l’a engendré

aime aussi celui qui est né de lui.

2

À ceci nous connaissons que nous aimons ceux qui sont nés de Dieu :

lorsque nous aimons Dieu et observons ses commandements ;

3

telle est, en effet, la charité de Dieu :

que nous gardions ses commandements

et ses commandements ne sont pas pénibles

4

puisque tout ce qui est né de Dieu vainct le monde

et que la victoire qui a vaincu le monde, c’est notre foi !

5

Qui est celui qui est vainqueur du monde

sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?

Le témoignage de l’Esprit, de l’eau et du sang

6

C’est lui qui est venu par l’eau et par le sang : Jésus-Christ,

(non avec l’eau seulement mais avec l’eau et avec le sang)

et c'est l’Esprit qui rend témoignage que Jésus-Christ est la vérité

7

Car il y en a trois qui rendent témoignage :

8

l’Esprit, l’eau et le sang 

et ces trois sont un.

9

Si nous recevons le témoignage des hommes

le témoignage de Dieu est plus grand

et c’est bien là le témoignage de Dieu qui est plus grand :

il a témoigné de son propre  Fils.

10

Qui croit au Fils de Dieu a ce témoignage en lui-même,

qui ne croit pas au Fils en fait un menteur

puisqu’il n’a pas cru au témoignage que Dieu a déposé au sujet de son Fils.

11

Et tel est ce témoignage : c'est une vie éternelle que Dieu nous a donnée

et cette vie, c'est en son Fils qu'elle se trouve ;

12

qui a le Fils a la vie

qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie !

13

Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu.

Prier pour les pécheurs

14

Et telle est la confiance que nous avons  auprès de lui

que, quoi que nous puissions demander selon sa volonté, il nous écoute,

15

et nous savons qu’il nous écoute, quoi que nous lui demandions,

nous savons que nous obtenons réponses aux demandes que nous lui avons faites.

16

Qui sait que son frère pèche d'un péché qui ne va pas à la mort

qu’il demande et il lui donnera la vie (à ceux dont ce péché ne va pas à la mort ;

il y a bien un péché qui va à la mort : ce n’est pas pour celui-là que je dis de réclamer ; 

17

toute iniquité est un péché mais il y a un péché qui ne va pas à la mort).

Résumé et dernière mise en garde

18

Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pèche pas

mais l'engendrement par Dieu le conserve

et le malin ne le touche pas ;

19

nous savons que nous sommes de Dieu

mais que le monde tout entier est abandonné au malin ;

20

et nous savons que le Fils de Dieu est venu,

qu’il nous a donné une faculté pour que nous connaissions   le véritable Dieu

et que nous soyons dans le véritable Fils :

c’est lui le véritable Dieu et la vie éternelle.

21

Petits-enfants, gardez-vous des idoles.

ICI FINIT L'ÉPÎTRE DE JEAN · I ·