« Nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses car il a été éprouvé en tout d’une manière semblable, hormis le péché. Avançons donc avec assurance vers le trône de la grâce pour obtenir miséricorde et trouver la grâce d’un secours opportun » (He 4,15-16). Ces versets évoquant le Seigneur Jésus qui donne accès à la miséricorde divine, donnent bien le ton de la lettre aux Hébreux. Encouragée « parole d'exhortation » (He 13,22 ; cf. Ac 13,15), elle présente la foi qui permet d'éloigner la communauté chrétienne des risques de la lassitude (He 4,11-13 ; He 6,11-12 ; He 10,35 ; He 12,15) face aux difficultés et aux persécutions.
Rigoureusement composée autour du thème fondamental du sacerdoce unique du Christ, la lettre aux Hébreux a parfois été considérée comme un traité théologique. Vu son ton très exhortatif, cependant, il s'agit plus probablement d'une homélie écrite qui se termine à la manière d'une lettre. Son plan d'ensemble est clair et symétrique, obéissant bien à son intention théologique. La clé de sa structure est une alternance d'invitations et d'enseignements qui affirment les fondements de la foi, sections qui s'interprètent et se préparent mutuellement. Les principales sections de la lettre sont au nombre de trois : He 1,1-4,13 ; He 4,14-10,31 ; He 10,32-13,25.
La lettre aux Hébreux présente le Christ comme le prêtre unique de la Nouvelle Alliance. Le Christ, uni aux hommes dans leur condition et leurs souffrances parce qu'il est l'un d'eux, mais uni d’abord à Dieu parce qu'il est son propre Fils, est le seul Médiateur entre Dieu et les hommes. Il offre le sacrifice parfait, celui de sa propre mort (He 7,22 ; 8,6.10 ; 9,15 ; 10,16-18). Le thème de l'acte sauveur du Christ est largement exposé selon les principales catégories cultuelles, avec deux conséquences fondamentales : (1) la supériorité de la nouvelle économie du salut, car l'ancien culte ne peut conduire à la perfection car il est faible et inefficace (He 7,18-19 ; 10,1-2.11) et (2) l'exhortation à ne pas abandonner la foi chrétienne (Ac 2,1-3 ; 3,12 ; 6,4-6).
L'auteur de la lettre aux Hébreux maîtrise bien la rhétorique ancienne, mais aussi les Écritures juives telles qu'elles étaient interprétées dans le judaïsme hellénistique. La lettre contient 35 citations directes de l'AT et 80 allusions, mobilisant librement les Écritures dans la pluralité de leurs versions et manuscrits, selon la pratique herméneutique antique (voir la note de synthèse BEST sur« l'accomplissement des Écritures »). La longueur de certaines citations est étonnante : par exemple, le célèbre passage sur la nouvelle alliance Jr 31,31-34 est cité intégralement en He 8,8-12, puis à nouveau en He 10,15-18, sous une forme abrégée. Le schéma de la promesse et de l'accomplissement (He 1,5,13 ; 5,5 ; 8,8,12) montre comment le salut offert dans la première alliance a été définitivement accompli par le salut en Christ. Ce schéma est déployé par l'herméneutique du midrash (He 3,7-4,11 déploie ainsi Ps 95,7-11), du pesher (He 2,6-9 actualise Ps 8 pour l'époque de la lettre), de l'allégorie (He 3,6 et He 13,13) et de la typologie, cette dernière étant dominée par le somptueux parallèle (He 7) entre la figure mystérieuse de Melchisédech et le Christ.
Les quatre onciaux Sinaïticus (4e s., א), Alexandrinus (A, 5e s.), Mosquensis (K, 9e s.) et le palimpseste Porfirianus Chiovensis (P, 9e s.) témoignent de l'épître aux Hébreux. D'autres manuscrits en donnent un texte lacunaire, Vaticanus (B, 4e s.), le Codex Ephraemi rescriptus (C, 5e s.), le Claromontanus (Dp, 6e s.), le Coislinianus (Hp, 6e s.) et le Sangermanensis (E, 9e s.). Quelques papyri P13 (3e s.) et P46 (Papyrus Chester Beatty II, ca. 200 ap. J.-C.), contiennent des fragments, et la version antiochienne se retrouve dans le Codex Angelicus (L, 9e s.).
C'est donc le texte alexandrin qui domine. Le texte de l'épître est transmis en bon état, avec peu de variantes d'importance.
Le texte de l'épître présente un petit problème textuel concernant la Vulgate : en He 8,11, certain témoins grecs disent « Aucun d'eux n'enseignera plus son concitoyen (polítên) », mais la Vulgate et quelques autres traductions lisent « prochain (plêsion, lat. proximus) », ce qui correspond au grec du Textus Receptus.
L'épître aux Hébreux se concentre sur la personne du Fils de Dieu, et alterne l'exposé de la doctrine du Christ grand-prêtre avec des exhortations. On reconnaît ainsi un double fil d'argumentation, entre exégèse christologique et développements à propos de la foi.
Plusieurs genres sont invoqués pour qualifier cette épître, à mi-chemin entre lettre et homélie. Certaines expressions relèvent d'un discours oral (répétitions, absence de transitions), mais d'autres d'une composition plus écrite (comme la structure concentrique des passages sur le sacerdoce du Christ).
Si la canonicité de l'épître fait rarement doute, son attribution à Paul est refusée en Occident jusqu'au 4e s., et acceptée en Orient avec réticence.
L'épître se distingue des lettres pauliniennes par sa langue et son style, ainsi que par l'absence d'adresse, mais s'en rapproche par des manières communes de traiter le thème de la foi. On a donc proposé un auteur du cercle paulinien, de culture grecque, bon orateur ; les noms évoqués sont nombreux mais il n'y a pas de consensus critique.
L'épître a été écrite vraisemblablement après les débuts de la prédication apostolique, en la présentant comme déjà advenue, peut-être avant la chute de Jérusalem (aucune allusion à la destruction du Temple, mais aucune non plus au Temple). Les données sont très minces et peu précises, et les commentateurs la datent depuis une date très ancienne, avant les grandes épîtres, jusqu’au-delà du 1er s.
L'épître évoque principalement le danger de l'apostasie (He 6,4-8 ; 10,19-39) et cherche a rassurer de jeunes convertis. On estime donc qu'elle était destinée à des juifs devenus chrétiens vivant dans un milieu hellénistique ou à des païens intéressés par le judaïsme. Quoi qu'il en soit, ils connaissent la Septante, ainsi que certaines traditions d'interprétation.
On estime généralement que l'épître résulte de la réunion de deux homélies.
L’épître est admise très tôt comme canonique par l'Église d'Orient, bien que des doutes subsistent sur son attribution à Paul.
L’épître aux Hébreux est extrêmement citée et commentée par les exégètes, critiques et théologiens en raison de sa doctrine, de sa forme littéraire ou des questions qu’elle soulève. Parmi les auteurs patristiques, on peut citer :
Bon nombre d’interprétations de Pères grecs sont également connues par les scholies des chaînes :
Au Moyen Âge, les commentaires de :
Le temps de la Réformation connaît les œuvres, entre autres, de :
ICI COMMENCE L'ÉPÎTRE AUX HÉBREUX
Après avoir à diverses reprises et de diverses manières parlé autrefois à nos pères dans les Prophètes, Dieu
tout dernièrement, en ces jours-ci, nous a parlé dans le Fils
qu’il a établi héritier de toute chose
et par lequel il a fait même les siècles.
Puisqu'il est le rayonnement de sa gloire et l’empreinte de sa substance
soutenant toute chose par sa parole de puissance,
faisant la purification des péchés,
il s’est assis à la droite de la Majesté au plus haut des cieux
rendu d’autant plus parfait que les anges,
qu'est plus excellent que le leur le nom dont il a hérité.
Auquel des anges, en effet, a-t-il jamais dit :
« — Toi, tu es mon fils, moi, aujourd’hui je t’ai engendré » ?
Et encore :
« — Moi, je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils » ?
Et lorsqu'une deuxième fois, il introduit le Premier-né dans le cercle de la terre, il dit :
« — Qu'ils l’adorent aussi, tous les anges de Dieu ! »
De plus, tandis qu’aux anges il dit :
« — Lui qui a fait de ses anges des esprits et de ses ministres une flamme de feu »,
au Fils, en revanche, il dit :
« — Ton trône, Dieu : pour les siècles des siècles
et c'est un sceptre d'équité, le sceptre de ta royauté !
Tu as choisi d'aimer la justice et tu as haï l’iniquité :
c’est pourquoi Dieu, ton Dieu, t’a oint
d’une huile d’allégresse devant tes compagnons ! »
Et : « — C’est toi au commencement, Seigneur, qui as fondé la terre
et les cieux sont l’ouvrage de tes mains :
quant à eux, ils périront, mais toi, tu demeureras ;
et tous vieilliront comme un vêtement
et comme un manteau tu les rouleras et ils seront changés
mais toi tu es le même
et tes années ne s’épuiseront pas. »
Et auquel des anges a-t-il jamais dit :
« — Assieds-toi à ma droite jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis un escabeau pour tes pieds » ?
Ne sont-ils pas tous des esprits ministres, envoyés pour exercer un ministère
en faveur de ceux qui recevront l'héritage du salut ?
Par conséquent, il nous faut examiner avec encore plus de soin ce que nous avons entendu
de peur d'être entraînés à la dérive.
Si, en effet, la parole promulguée par des anges a été affermie
et si toute prévarication et toute désobéissance ont reçu une juste rétribution
comment nous échapperons-nous, si nous en venions à négliger un si grand salut
qui, dans un premier temps raconté au nom du Seigneur par ceux qui l'entendirent, nous a été confirmé
Dieu aussi portant témoignage par signes, prodiges et toutes sortes de miracles,
et par des distributions de l'Esprit Saint selon sa volonté ?
En effet, ce n’est pas à des anges qu'il a soumis le monde à venir dont nous parlons ;
aussi quelqu'un a-t-il rendu quelque part ce témoignage disant :
« — Qu'est-ce que l’homme pour que tu te souviennes de lui
ou le fils de l’homme pour que tu le visites ?
Tu l'as abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges
tu l'as couronné de gloire et d’honneur
et tu l'as établi sur les ouvrages de tes mains
tu as tout soumis sous ses pieds. »
En lui soumettant toutes choses, en effet,
il n’a rien laissé qui ne lui fût soumis ;
maintenant, pourtant, nous ne voyons pas encore que toutes choses lui soient soumises ;
et pourtant, celui qui a été un peu abaissé au-dessous des anges
nous le voyons, Jésus, à cause de la souffrance de la mort, couronné de gloire et d’honneur
afin que par la grâce de Dieu pour tous il goûtât la mort.
En effet, il convenait que, devant conduire à la gloire un grand nombre de fils
celui pour qui et par qui sont toutes choses
rendît parfait par des souffrances l'auteur de leur salut
car celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous issus d’un seul.
C’est pour ce motif qu'il ne rougit pas de les appeler « frères », disant :
« — J’annoncerai ton nom à mes frères
je te louerai au milieu de l’assemblée. »
Et encore :
« — Moi, je mettrai ma confiance en lui. »
Et encore :
« — Me voici, moi, et les enfants que Dieu m’a donnés. »
Ainsi donc, puisque les enfants ont en commun le sang et la chair
lui aussi, pareillement, y a participé
afin de détruire par la mort celui qui avait l’empire de la mort
c’est-à-dire le diable
et de délivrer ceux qui par crainte de la mort étaient toute leur vie tenus en esclavage.
Jamais, en effet, il n'appréhende les anges
mais c'est la descendance d'Abraham qu'il appréhende.
En conséquence, il devait se faire en tout semblable à ses frères
afin de devenir un pontife miséricordieux et fidèle auprès de Dieu
pour expier les péchés du peuple ;
car puisqu'il a souffert lui-même l'épreuve
il peut venir au secours de ceux qui sont éprouvés.
En conséquence, frères saints
vous qui avez en partage une vocation céleste
considérez l’apôtre et le pontife de notre confession, Jésus
qui est fidèle à Celui qui l’a établi
comme Moïse le fut dans toute sa maison.
Car il a été jugé digne d'une gloire supérieure à celle de Moïse
autant que le constructeur de la maison a plus d’honneur que la maison elle-même.
Toute maison en effet est construite par quelqu’un
mais celui qui a tout créé, c’est Dieu.
Et Moïse a été fidèle dans toute sa maison comme serviteur
en témoignage des choses qui devaient être dites ;
mais le Christ l'a été comme un fils dans sa propre maison,
maison que nous sommes, nous,
si nous retenons ferme jusqu’à la fin l'assurance et la gloire de l'espérance !
C’est pourquoi, comme dit l'Esprit Saint :
« — Aujourd’hui si vous entendez sa voix
n’endurcissez pas vos cœurs
comme lors de l'exaspération, au jour de la tentation dans le désert
où vos pères me tentèrent
me mirent à l'épreuve et virent mes œuvres
pendant quarante ans !
C'est pourquoi je me suis irrité contre cette génération
et je dis : — Toujours leur cœur s’égare
et ils n'ont pas connu mes voies
aussi je le jurai dans ma colère :
— Ils n’entreront pas dans mon repos. »
Prenez garde, frères, qu’il ne se trouve, en quelqu’un de vous, un cœur mauvais que l'incrédulité détache du Dieu vivant
mais exhortez-vous les uns les autres chaque jour, tant que ce jour est appelé du nom d'« aujourd’hui »,
pour que personne d’entre vous ne s’endurcisse par la duperie du péché.
En effet, nous sommes devenus participants du Christ
si nous tenons ferme jusqu'à la fin le commencement de sa substance
pendant qu’il est dit :
« — Aujourd’hui, si vous entendez sa voix n’endurcissez pas vos cœurs
comme lors de cette exaspération » .
Et quels sont ceux qui, après l'avoir entendu, l'exaspérèrent ?
Mais n'est-ce pas tous ceux qui étaient sortis d'Égypte grâce à Moïse ?
Et contre qui s'irrita-t-il durant quarante ans ?
N'est-ce pas contre ceux qui avaient péché
dont les cadavres jonchèrent le désert ?
Et à qui jura-t-il qu’ils n’entreraient pas dans son repos
sinon à ceux qui avaient été incrédules ?
Et nous voyons qu’ils ne purent entrer à cause de leur incrédulité .
Craignons donc
(à moins de négliger l'offre d'entrer dans son repos)
qu'aucun d'entre vous ne soit estimé en défaut.
Car nous aussi avons reçu l'annonce, tout comme eux
mais la parole entendue ne leur fut pas utile
à eux qui ne s'étaient pas unis à la foi née des choses qu'ils entendirent.
C'est nous, en effet, qui avons cru, qui entrerons dans ce repos
selon ce qu’il a dit :
« — Ainsi j’ai juré dans ma colère : — Ils n’entreront pas dans mon repos ! »
ses œuvres, cependant, ayant été réalisées depuis la fondation du monde.
Car il a dit quelque part au sujet du septième jour :
« — Et Dieu se reposa le septième jour de toutes ses œuvres »
et de nouveau dans ce passage :
« — Ils n’entreront pas dans mon repos. »
Puisqu'il reste donc à certains d'y entrer
et que les premiers à avoir reçu la bonne nouvelle n'y entrèrent pas à cause de leur incrédulité
Dieu fixa de nouveau un jour
« aujourd’hui », disant beaucoup plus tard, dans David
comme il a été dit plus haut :
« — Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs ! »
Car si Jésus leur avait donné le repos
il n'aurait pas parlé ensuite d'un autre jour.
C'est donc qu'est réservé un repos sabbatique pour le peuple de Dieu.
Car celui qui est entré dans son repos
se repose lui aussi de ses œuvres
comme Dieu des siennes.
Empressons-nous donc d’entrer dans ce repos
de peur que quelqu'un ne tombe, dans ce même exemple d'incrédulité.
Vivante, en effet, est la parole de Dieu et efficace,
plus pénétrante qu’aucun glaive à double tranchant ;
elle pénètre jusqu’à séparation de l’âme et de l’esprit,
des jointures et des moelles aussi
et elle discerne les pensées et les intentions du cœur.
Et il n'est pas de créature invisible devant elle :
tout est à nu et à découvert aux yeux
de celui à qui nous devons rendre compte.
Ayant donc un pontife éminent qui a pénétré les cieux, Jésus, Fils de Dieu
tenons ferme la confession de foi.
Nous n’avons pas en effet un pontife incapable de compatir à nos faiblesses
car il a été éprouvé en tout d'une manière semblable, hormis le péché.
Avançons donc avec assurance vers le trône de la grâce
pour obtenir miséricorde
et trouver la grâce d'un secours opportun.
Tout pontife en effet, pris d’entre les hommes,
est établi pour les hommes dans le service de Dieu,
afin d’offrir des dons et des sacrifices pour les péchés.
Il peut compatir avec les ignorants et les égarés
puisqu’il est lui-même enveloppé de faiblesse
et qu'il doit, à cause d'elle, offrir des sacrifices pour les péchés
autant pour lui-même que pour le peuple.
Et on ne s’attribue pas à soi-même cet honneur ; mais on est appelé par Dieu
comme Aaron.
C'est ainsi que le Christ non plus ne s’est pas donné lui-même la gloire de devenir pontife
mais c'est celui qui lui a dit :
« — Tu es mon Fils, c'est moi, aujourd’hui, qui t’ai engendré »
comme il dit encore ailleurs :
« — Tu es prêtre pour l'éternité selon l’ordre de Melchisédec. »
C’est lui qui, aux jours de sa vie de chair, ayant offert des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort
avec un cri puissant et des larmes
ayant été exaucé en raison de sa crainte révérentielle
tout Fils qu’il était, il apprit l'obéissance par ce qu'il souffrit
et, parvenu à son accomplissement, il devint, pour tous ceux qui lui obéissent, cause du salut éternel
ayant été proclamé par Dieu pontife « selon l’ordre de Melchisédec ».
Sur ce sujet, nous avons bien des choses à dire, et difficiles à expliquer
parce que vous êtes devenus lents à comprendre.
Vous devriez être, depuis le temps, des maîtres
et vous avez encore besoin qu’on vous enseigne
les tout premiers éléments des paroles de Dieu
et vous en êtes venus à avoir besoin de lait, non de nourriture solide.
En effet, quiconque en est encore au lait n'a pas l'expérience de la parole de justice
car c’est un enfant.
Mais la nourriture solide est pour les parfaits,
eux qui, par la pratique, ont les sens exercés au discernement du bien et du mal.
C’est pourquoi, laissant l’enseignement initial sur le Christ, portons-nous vers ce qui est parfait
sans poser de nouveau le fondement du repentir des œuvres mortes
et de la foi en Dieu
de la doctrine des baptêmes
et de l'imposition des mains
de la résurrection des morts
et du jugement éternel :
nous allons le faire, si du moins Dieu le permet.
Il est impossible, en effet, pour ceux qui ont été une fois illuminés
qui ont goûté au don céleste
qui ont eu part à l'Esprit Saint
qui ont également goûté le bon verbe de Dieu
et les vertus du siècle à venir
et qui sont tombés
d'être rénovés une seconde fois en vue de la pénitence
alors que, pour leur compte, ils crucifient une seconde fois le Fils de Dieu et l'exposent aux injures.
Lorsqu’une terre boit les fréquentes pluies qui tombent sur elle
et produit une végétation utile à ceux qui la cultivent
elle reçoit de Dieu sa part de bénédiction
mais produit-elle épines et chardons, elle est réprouvée et proche de la malédiction :
sa consommation sera la combustion !
Mais nous nous promettons de vous, très chers, des choses meilleures et qui vous rapprochent davantage du salut,
quoique nous parlions ainsi.
Car Dieu n’est pas injuste
pour oublier votre œuvre
et la charité que vous avez montrée en son nom
ayant servi les saints et en les servant encore.
Mais nous désirons que chacun de vous montre le même empressement
jusqu’à la fin pour que votre espérance soit complète
en sorte que vous ne deveniez pas indolents
mais que vous imitiez ceux qui, par la foi et la patience, hériteront des promesses.
Car faisant promesse à Abraham Dieu,
comme il n'avait personne de plus grand par qui jurer,
jura par lui-même
disant :
« — Oui, je te bénirai en te bénissant
et je te multiplierai en te multipliant ! »
et ainsi, ayant patiemment attendu, il obtint ce qui avait été promis.
Les hommes jurent, en effet, par un plus grand qu’eux
et de toute contestation entre eux la fin se trouve dans la confirmation du serment :
aussi Dieu, voulant montrer davantage aux héritiers de la promesse l’immutabilité de son dessein,
fit-il intervenir le serment
afin que par deux réalités immuables
par lesquelles il est impossible que Dieu mente
nous ayons le plus puissant réconfort, nous qui avons trouvé refuge en tenant ferme l’espérance qui nous est proposée.
Nous la gardons comme une ancre de l’âme, sûre et ferme
et qui pénètre jusqu’à l'intérieur du voile
là où Jésus est entré pour nous en précurseur
devenu pontife pour l'éternité selon l’ordre de Melchisédec.
Ce Melchisédec, roi de Salem
prêtre du Dieu Très-haut
qui alla au-devant d’Abraham à son retour de la défaite des rois
et qui le bénit
et à qui Abraham remit la dîme de tout,
dont le nom d’abord se traduit « roi de justice »
et ensuite aussi « roi de Salem », c’est-à-dire « roi de paix »
sans père
sans mère
sans généalogie
qui n’a ni commencement de jours ni fin de vie
ce Melchisédech, assimilé au Fils de Dieu demeure prêtre à perpétuité.
Considérez combien il est grand, celui à qui Abraham a donné la dîme de la meilleure part du butin, lui, le patriarche !
Ceux des fils de Lévi qui reçoivent le sacerdoce
ont l’ordre, selon la Loi, de lever la dîme sur le peuple
c’est-à-dire sur leurs frères
qui sont pourtant sortis des reins d’Abraham
mais lui dont la génération n'est pas comptée parmi eux
a levé la dîme sur Abraham
et il a béni celui qui avait les promesses.
Or, sans conteste
c'est l’inférieur qui est béni par le supérieur.
Et ici, ceux qui perçoivent les dîmes sont des mortels
mais là c’est quelqu'un dont on atteste qu’il vit.
Et pour ainsi dire
en la personne d'Abraham, même Lévi, qui perçoit les dîmes, a été soumis à la dîme.
Car il était encore dans les reins de son aïeul lorsque Melchisédec vint à sa rencontre.
Si donc le parfait accomplissement avait été atteint par le sacerdoce lévitique,
car c’est sur lui que se fonde la Loi donnée au peuple,
quel besoin encore que se lève un autre prêtre « selon l’ordre de Melchisédec »,
au lieu de le dire « selon l'ordre d’Aaron » ?
Car une fois changé le sacerdoce
nécessairement se produit aussi un changement de loi.
De fait, celui dont ces choses sont dites appartient à une autre tribu
dont aucun membre n’a été affecté au service de l’autel.
Il est notoire, en effet, que notre Seigneur est issu de Juda
tribu dont Moïse n’a rien dit à propos du sacerdoce.
Cela devient encore plus évident
si, à la ressemblance de Melchisédech, se lève un autre prêtre
qui l'est devenu, non selon la loi d'une prescription charnelle
mais selon la puissance d’une vie indestructible.
Il est en effet attesté :
« — Tu es prêtre pour l'éternité selon l’ordre de Melchisédec. »
Ainsi survient, d'une part, l'abrogation de la prescription antérieure
en raison de sa faiblesse et de son inutilité
car la Loi n’a rien amené à la perfection
et, d'autre part, l'introduction d'une espérance meilleure
par laquelle nous approchons de Dieu.
Et pour autant que ce n’est pas sans serment
car ceux-là sont devenus prêtres sans serment
mais lui, c'est avec serment, par celui qui lui a dit :
« — Le Seigneur l’a juré, et il ne s’en repentira pas : — Tu es prêtre pour l'éternité »
pour autant donc, c'est d'une meilleure alliance que Jésus est devenu garant.
De plus, ceux-là sont devenus prêtres en grand nombre
parce que la mort les empêchait de durer ;
mais lui, parce qu’il demeure pour l'éternité
possède un sacerdoce sempiternel.
En conséquence, il peut sauver définitivement ceux qui par lui s’approchent de Dieu
puisqu’il est toujours vivant pour intercéder en leur faveur.
Tel est en effet le pontife qui nous convenait :
saint, innocent, sans souillure,
séparé des pécheurs
et élevé au-dessus des cieux,
qui n’a pas besoin comme les grands prêtres
d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés,
ensuite pour ceux du peuple,
car cela, il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même.
La Loi, en effet, établit pour prêtres des hommes sujets à la faiblesse
mais la parole du serment qui intervient après la Loi
établit un Fils parfait pour l'éternité.
Or, point capital sur ce qui vient d'être dit,
un tel pontife, nous l'avons :
il s’est assis à la droite du trône de la Majesté, dans les cieux
ministre des choses saintes et du tabernacle véritable
celui qu'a planté le Seigneur et non un homme !
En effet, tout pontife est établi pour offrir des dons et des sacrifices ;
d’où il est nécessaire qu'il ait, lui aussi, quelque chose à offrir.
Si donc il était sur terre il ne serait pas même prêtre
puisqu’il y aurait des hommes qui offriraient les dons conformément à la Loi ;
ceux-ci desservent une copie et une ombre des choses célestes
selon qu'il fut répondu à Moïse alors qu'il parachevait le Tabernacle :
« — Vois ! dit-il, fabrique tout d’après la copie qui t’a été montrée sur la montagne. »
Or maintenant il a obtenu un ministère d’autant meilleur
qu’il est le médiateur d’un testament lui aussi meilleur
parce qu'il est ratifié par des promesses meilleures.
En vérité, si ce premier avait été sans reproche
il n’y aurait pas eu lieu d'en chercher un second ;
or c’est bien en les blâmant qu'il dit :
« — Voici, des jours viennent, dit le Seigneur
où je parachèverai pour la maison d’Israël et la maison de Juda un testament nouveau
non selon le testament que je fis pour leurs pères
au jour où je les pris par la main pour les faire sortir de la terre d’Égypte :
— Puisque ceux-là ne sont pas restés dans mon testament
moi aussi je les ai négligés, dit le Seigneur.
Tel sera le testament que j'établirai pour la maison d’Israël après ces jours-là, dit le Seigneur :
en donnant mes lois dans leur pensée
je les inscrirai même sur leurs cœurs
et je serai Dieu pour eux
et eux seront pour moi un peuple ;
et aucun d'eux n’enseignera plus son prochain, ni aucun son frère, disant :
— Connais le Seigneur !
puisque tous me connaîtront
depuis le plus petit jusqu'au plus grand d'entre eux
car je serai indulgent pour leurs iniquités
et de leurs péchés je ne me souviendrai plus. »
Or en disant « nouveau » il a déclaré vieilli le premier,
or ce qui devient ancien et se décatit
est proche de la fin.
La première alliance aussi avait des règlements cultuels
et un sanctuaire terrestre.
En effet, on a construit une première tente
où se trouvaient les chandeliers, la table et les pains de proposition, qui est appelée « Saint »,
et derrière le second voile, une tente qui est appelée « Saint des Saints »
contenant un encensoir d'or
et l'arche de l'Alliance toute recouverte d'or
dans laquelle se trouvait une urne d’or renfermant la manne
et la verge d’Aaron qui avait fleuri
et les tables de l’Alliance.
Au-dessus étaient des chérubins de gloire, obombrant le propitiatoire.
Mais ce n’est pas ici le lieu de parler de ces choses en détail.
Ces choses étant ainsi disposées
les prêtres entrent en tout temps dans la première tente
lorsqu'ils accomplissent le service des sacrifices
dans la seconde, en revanche,
une seule fois par an, seul entre le pontife
et non sans le sang
qu’il offre pour sa propre ignorance et celle du peuple.
Le Saint-Esprit montre ainsi
que la voie du sanctuaire n'est pas encore ouverte
tant que la première tente est debout.
C’est une parabole du temps présent
selon laquelle sont offerts des présents et des victimes
qui ne peuvent rendre parfait, jusque dans sa conscience, celui qui observe ce culte
où il n'est question que de nourritures, de boissons, de divers baptêmes,
et sont des prescriptions selon la chair valables jusqu'au temps de la correction.
Mais le Christ, advenant comme pontife des biens futurs
à travers une tente plus vaste et plus parfaite, non faite de main d’homme
(c’est-à-dire ne relevant pas de cette création-ci)
et par le sang, non de boucs et de jeunes taureaux
mais par son propre sang, est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire
après avoir acquis une rédemption éternelle.
Car si le sang de boucs et de taureaux
et si la cendre de génisse, dont on asperge ceux qui sont souillés, sanctifient pour la pureté de la chair
combien plus le sang du Christ
qui, par l’Esprit Saint s’est offert lui-même sans tache à Dieu
purifiera-t-il notre conscience des œuvres mortes, pour servir le Dieu vivant !
Et voilà pourquoi il est médiateur d’une nouvelle alliance
afin que, sa mort étant intervenue
pour la rédemption des prévarications commises sous la première alliance
ceux qui sont appelés reçoivent l’héritage éternel promis.
Car là où il y a un testament
il est nécessaire qu'intervienne la mort du testateur :
un testament, en effet, n’est ferme qu’en cas de mort
puisqu'il reste sans force tant que vit le testateur.
En conséquence, la première alliance elle-même n’a pas été inaugurée sans effusion de sang.
Moïse, en effet, après avoir proclamé à tout le peuple tous les commandements de la Loi
prit le sang des veaux et des boucs
avec de l’eau, de la laine écarlate et de l’hysope
puis il aspergea le livre lui-même et tout le peuple
en disant :
« — Ceci est le sang de l’alliance que Dieu a prescrite pour vous. »
Puis, de la même manière
il aspergea de sang la tente et tous les objets du culte.
Et, selon la Loi, presque tout est purifié par le sang
et sans effusion de sang il n’y a pas de rémission.
Il est donc nécessaire que les copies des réalités célestes soient purifiées par ces rites
mais les réalités célestes elles-mêmes par des sacrifices meilleurs que ceux-là.
Ce n'est pas, en effet, dans un sanctuaire fait de main d’homme
réplique du véritable, que Jésus est entré
mais dans le ciel même
pour paraître maintenant devant la face de Dieu en notre faveur.
Et ce n’est pas non plus afin de s’offrir lui-même maintes fois
comme le pontife qui entre chaque année dans le sanctuaire avec un sang étranger ;
autrement il aurait dû souffrir maintes fois depuis le commencement du monde ;
mais maintenant il s’est manifesté une seule fois à la fin des âges
pour abolir le péché par son sacrifice.
Et de même qu'il est établi que les hommes meurent une seule fois
après quoi c'est le jugement
de même aussi le Christ, après s’être offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude
apparaîtra une seconde fois, sans plus de rapport avec le péché, pour donner le salut à ceux qui l’attendent.
Ne possédant, en effet, que l'ombre des biens à venir
non l'image même des réalités
la Loi, avec ces mêmes sacrifices que l’on offre toujours chaque année
ne peut jamais rendre parfaits ceux qui en approchent.
Autrement n’auraient-ils pas cessé d'être offerts
du fait que n’auraient plus aucune conscience d'aucun péché ceux qui rendent ce culte,
purifiés une fois pour toutes ?
Mais par ces sacrifices mêmes, on fait mémoire des péchés chaque année :
il est impossible, en effet, par du sang de taureaux et de boucs que soient enlevés les péchés...
C’est pourquoi, entrant dans le monde, il dit :
« — Sacrifice et oblation, tu n'en as pas voulu
mais tu m’as modelé un corps ;
holocaustes en échange du péché ne t'ont pas plu
alors j’ai dit : — Voici, je viens
(en tête du livre c'est écrit de moi)
pour faire, ô Dieu, ta volonté ! »
Disant ci-dessus :
que « — Sacrifices, et offrandes, et holocaustes en échange du péché », tu n’en as pas voulu
et que ne t'a « pas plu » ce qu'on offre selon la Loi,
il dit alors :
« — Voici, je viens pour faire, Dieu, ta volonté » :
il enlève la première chose pour établir la seconde.
C’est en vertu de cette volonté que nous avons été sanctifiés
par l’oblation du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes.
Et tandis que tout prêtre se tient chaque jour debout, faisant le service
et offrant plusieurs fois les mêmes sacrifices
qui ne peuvent jamais enlever les péchés
lui, en revanche, après avoir offert pour les péchés un sacrifice unique,
pour toujours s’est assis à la droite de Dieu,
attendant désormais que ses « ennemis » soient mis comme « escabeau sous ses pieds » :
c'est par une oblation unique, en effet, qu'il a rendu parfaits pour toujours ceux qui sont sanctifiés.
C’est ce que nous atteste aussi l’Esprit Saint
car après avoir dit :
« — Tel sera le testament que j'établirai pour eux
après ces jours-là, dit le Seigneur :
en donnant mes lois dans leurs cœurs
dans leur esprit aussi je les inscrirai
et de leurs péchés et de leurs iniquités je ne me souviendrai plus. »
Or, là où il y a rémission des péchés
il n’y a plus d'oblation pour le péché.
Ayant donc, frères, l'assurance d'une voie d'accès au sanctuaire par le sang du Christ
(voie qu’il a inaugurée pour nous, nouvelle et vivante
à travers le voile, c’est-à-dire sa chair)
et un prêtre éminent établi sur la maison de Dieu,
approchons-nous avec un cœur vrai, dans la plénitude de la foi
le cœur purifié de la mauvaise conscience
et le corps lavé par une eau pure ;
gardons inflexible la confession de notre espérance
car il est fidèle celui qui a promis.
Considérons-nous les uns les autres pour nous stimuler à la charité et aux bonnes œuvres
ne désertant pas notre assemblée
comme c'est devenu une habitude chez certains,
mais en apportant des encouragements,
et ce, d’autant plus
que vous aurez vu approcher le jour.
En effet, pour nous qui aurions péché volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité
il ne reste plus de sacrifice pour les péchés
mais une terrible attente du jugement
et l'ardeur d'un feu qui doit dévorer les ennemis.
Quelqu'un violera-t-il la Loi de Moïse ?
Sans aucune miséricorde il est mis à mort sur la déposition de deux ou trois témoins ;
de quel pire châtiment pensez-vous que sera jugé digne
celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu,
tenu pour souillé le sang de l’alliance par lequel il a été sanctifié
et aura outragé l’Esprit de la grâce ?
Nous le connaissons bien, en effet, celui qui a dit :
« — À moi la vengeance ! C’est moi qui rétribuerai ! »
et encore : « — Le Seigneur jugera son peuple » ...
C'est effrayant de tomber aux mains du Dieu vivant !
Mais rappelez-vous les premiers jours
où, après avoir été illuminés, vous avez soutenu un grand assaut de souffrances,
tantôt exposés en spectacle pour les opprobres et les tribulations,
tantôt vous associant à ceux qui étaient ainsi traités.
Et en effet, vous avez pris part aux souffrances de mes chaînes
et vous avez accepté avec joie la spoliation de vos biens
sachant que vous possédez une richesse meilleure et qui reste.
Ne perdez donc pas votre assurance
laquelle possède une grande récompense
car la patience vous est nécessaire
afin qu'ayant fait la volonté de Dieu, vous obteniez ce qui vous est promis ;
car « encore un peu, bien peu,
celui qui doit venir viendra et ne tardera pas »
or « mon juste vit par la foi »
mais « une fois qu'il se sera dérobé, mon âme ne se complaira pas en lui » !
Au contraire nous, nous ne relevons pas de la dérobade pour la perdition
mais de la foi pour le rachat de l'âme.
Or la foi est la substance des choses que l'on doit espérer
l'argument des choses qui ne sont pas apparentes.
Car c'est par elle que les anciens ont reçu témoignage.
C’est par la foi que nous comprenons que les mondes furent organisés par le verbe de Dieu
le visible provenant ainsi des choses qui sont invisibles.
C’est par la foi qu’Abel offrit à Dieu un sacrifice meilleur que celui de Caïn,
par elle qu'il reçut le témoignage qu’il était juste,
Dieu lui-même rendant témoignage à ses dons
et c'est par elle que, mort, il parle encore.
C’est par la foi qu’Hénoch fut translaté pour ne pas voir la mort
et on ne le trouvait plus parce que Dieu le translata :
avant sa translation, en effet, il avait reçu le témoignage qu’il avait plu à Dieu.
Or, sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu
car celui qui s’approche de Dieu doit croire qu’il existe
et qu’il se fait le rémunérateur de ceux qui le cherchent.
Par la foi, Noé, ayant accueilli un oracle touchant ce qui n'était pas encore visible,
avec crainte, construisit pour le salut de sa maison une arche
par laquelle il condamna le monde
et de la justice selon la foi fut institué l'héritier.
Par la foi, Abraham, étant appelé
obéit pour partir vers un lieu qu’il devait recevoir en héritage
et il partit sans savoir où il allait.
Par la foi, il séjourna en terre promise
comme dans une terre étrangère
habitant sous des tentes avec Isaac et Jacob les cohéritiers de la même promesse.
Car il attendait la cité munie de fondations
dont Dieu est l’architecte et le bâtisseur.
C’est aussi pourquoi, d’un seul homme, déjà marqué par la mort, sont sortis des fils
semblables en multitude aux étoiles du ciel
et comme le sable innombrable sur le bord de la mer.
C’est dans la foi qu'ils moururent tous
sans avoir reçu les biens promis
mais les voyant de loin et les saluant
et confessant qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre.
En effet, ceux qui parlent ainsi
montrent clairement qu’ils sont à la recherche d'une patrie.
Et s’ils avaient gardé le souvenir de celle d’où ils étaient sortis
ils auraient eu le temps d’y retourner.
Mais maintenant, c’est à une patrie meilleure qu'ils aspirent, c'est-à-dire une patrie céleste ;
c’est pourquoi Dieu n’a pas honte d'être appelé leur Dieu.
Il leur a, en effet, préparé une cité.
C’est par la foi qu’Abraham, mis à l’épreuve, offrit Isaac
et c'est son fils unique qu'il offrait, lui qui avait reçu les promesses
lui à qui il avait été dit :
« — C'est en Isaac que ta postérité sera appelée »
estimant que Dieu est assez puissant pour ressusciter même quelqu'un d'entre les morts.
En conséquence il recouvra son fils et ce fut une parabole.
Et c’est par la foi et en vue de l'avenir qu’Isaac bénit Jacob et Ésaü.
C’est par la foi que Jacob, mourant, bénit chacun des fils de Joseph
et s'inclina profondément devant le sommet de son bâton.
C’est par la foi que Joseph, mourant, fit mention de l'exode des fils d’Israël
et donna des ordres au sujet de ses ossements.
C’est par la foi que Moïse à sa naissance, fut caché pendant trois mois par ses parents
parce qu’ils virent que l’enfant était beau
et ils ne craignirent pas l’édit du roi.
C’est par la foi que Moïse, devenu grand, nia qu'il fût fils de la fille de Pharaon
préférant être maltraité avec le peuple de Dieu
que d'avoir une jouissance temporaire du péché
estimant l’opprobre du Christ une richesse plus grande que les trésors de l’Égypte
car il avait les yeux fixés sur la récompense.
C’est par la foi qu’il quitta l’Égypte
sans redouter la fureur du roi
comme s’il voyait l'invisible, il tint ferme.
C’est par la foi qu’il célébra la Pâque et fit l’aspersion du sang
afin que l’exterminateur ne touchât pas aux premiers-nés des Israélites.
C’est par la foi qu’ils passèrent la mer Rouge comme une terre sèche
tandis que les Égyptiens, qui s'y risquèrent, furent engloutis.
C’est par la foi que les murs de Jéricho tombèrent après qu’on en eut fait le tour pendant sept jours.
C’est par la foi que Raab, la prostituée, ne périt pas avec les incrédules
parce qu'elle avait accueilli pacifiquement les espions.
Et que dirai-je encore ?
Le temps me manquerait pour parler en détail
de Gédéon, Barac, Samson, Jephté, de David et de Samuel et des prophètes
qui par la foi vainquirent des royaumes
exercèrent la justice
obtinrent des promesses
fermèrent la gueule des lions
éteignirent la violence du feu
échappèrent au tranchant du glaive
triomphèrent de la maladie
ont été vaillants à la guerre
repoussèrent les assauts des étrangers.
Des femmes retrouvèrent leurs morts par résurrection
d'autres subirent l'écartèlement
refusant la délivrance
afin de trouver un bien meilleur : la résurrection ;
d’autres subirent l'épreuve des moqueries et des fouets
et même encore des chaines et des prisons ;
ils furent lapidés
ils furent sciés
ils furent éprouvés
ils moururent tués par le glaive
ils ont erré çà et là, couverts de peaux de brebis
et de peaux de chèvres
dénués de tout, opprimés, affligés,
eux dont le monde n’était pas digne
errant dans les déserts
les montagnes, les grottes et les antres de la terre.
Et tous ceux-là, bien qu'ils aient reçu un bon témoignage à cause de leur foi
ne bénéficièrent pas de la promesse ;
Dieu prévoyant pour nous quelque chose de meilleur
afin qu'ils n'arrivent pas sans nous à l'accomplissement.
Ainsi donc, nous aussi, ayant une si grande nuée de témoins posée sur nous
déposant tout fardeau et le péché qui nous entoure
courons avec endurance l'épreuve qui nous est proposée,
les yeux fixés sur l’auteur et le consommateur de la foi, Jésus
qui, au lieu de la joie qui lui était proposée, a enduré la croix
au mépris de la honte
et siège à la droite du siège de Dieu !
Songez, en effet, à celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle opposition contre lui : eux-mêmes !
afin de ne pas vous laisser accabler par le découragement :
vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang en combattant contre le péché
et vous avez oublié la consolation
qui vous est adressée comme à des fils :
« — Mon fils, ne néglige pas la correction du Seigneur
et ne te décourage pas quand il te reprend :
car celui qu'aime le Seigneur, il le corrige
et il fouette tout fils qu’il accueille. »
Dans la discipline, persévérez :
c'est en fils que Dieu vous traite ;
quel est, en effet, le fils que son père ne corrige pas ?
Si vous êtes exempts de discipline à laquelle tous ont part
c'est que vous êtes des bâtards et non des fils !
Et puis, nous avions bien nos pères selon la chair pour nous éduquer et nous les respections :
à plus forte raison n'allons-nous pas nous soumettre au Père des esprits, pour avoir la vie ?
Ceux-là, en effet, pour peu de jours nous corrigeaient à leur gré ;
lui, c'est pour ce qui est utile à notre réception de la sanctification qui vient de lui !
Toute correction, sur le moment, ne semble pas sujet de joie, mais de tristesse ;
plus tard, cependant, elle rapporte à ceux qu'elle a exercés le fruit si pacifique de la justice !
C'est pourquoi redressez mains défaillantes et genoux chancelants !
et faites des pistes droites pour vos pieds
afin que celui qui claudique n'aille pas errer
mais plutôt guérisse !
Recherchez la paix avec tous
et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur.
Considérez avec attention que personne ne soit privé de la grâce de Dieu
à ce qu’aucune racine amère, poussant des rejetons, n'empêche la bonne semence
et que, par elle, le grand nombre ne soit infecté.
Qu’il n’y ait pas de fornicateur ni de profanateur comme Ésaü
qui, pour un seul mets vendit son propre droit d’aînesse.
Car sachez qu'ensuite, voulant hériter de la bénédiction, il fut rejeté
car il ne trouva pas place pour le repentir
bien qu'il l'eût recherché avec larmes.
Vous n'avez pas accédé, en effet, au feu palpable et ardent
ni au tourbillon ni à la nuée ténébreuse ni à la tempête
ni au son de la trompette ni à la voix qui disait les paroles,
que ceux qui l'entendirent évitèrent par des excuses, pour que le verbe ne leur advienne pas
(car ils ne supportaient pas ce qui leur était dit :
« — Quiconque, fût-ce un animal, touchera la montagne sera lapidé. »
et si terrible était ce spectacle, que Moïse dit :
« — Je suis effrayé et tremblant ! ») ;
mais vous avez accédé au mont Sion, Jérusalem céleste, cité du Dieu vivant
et d'une affluence d'anges par milliers,
et à l'Église des premiers-nés qui sont inscrits dans les cieux,
et au Dieu juge de tous,
et aux esprits des justes rendus parfaits,
et à Jésus médiateur du nouveau testament
et à l'aspersion d'un sang qui parle mieux que celui d’Abel !
Prenez garde de ne pas repousser celui qui parle
car s'ils n’ont pas échappé, ceux qui repoussaient celui qui parlait sur terre,
à combien plus forte raison n'échapperons-nous pas, si nous nous détournons de celui qui nous parle des cieux.
Celui dont la voix ébranla alors la terre
a fait maintenant cette promesse, disant :
« — Encore une fois j’ébranlerai non seulement la terre mais aussi le ciel. »
Or en disant : « — Encore une fois »
il indique le changement des choses muables comme étant créées
afin que demeurent celles qui sont immuables.
Ainsi, recevant un royaume immuable
nous avons la grâce afin que nous puissions par elle, plaisant à Dieu, le servir
avec crainte et respect.
Car notre Dieu est un feu dévorant.
Que la charité de la fraternité demeure.
N’oubliez pas l’hospitalité
car, grâce à elle, certains, sans le savoir, ont donné l'hospitalité à des anges.
Souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez prisonniers avec eux
et de ceux qui sont maltraités comme demeurant vous-mêmes dans un corps.
Que le mariage soit honoré de tous, et le lit conjugal exempt de souillure
car Dieu jugera fornicateurs et adultères.
Que vos mœurs soit sans avarice
soyez contents de ce que vous avez
car lui-même a dit :
« — Je ne te laisserai ni ne t’abandonnerai »
de sorte que nous pouvons dire avec confiance :
« — Le Seigneur est mon secours : je ne craindrai pas. Que peut me faire un homme ? »
Souvenez-vous de vos préposés
eux qui vous ont annoncé le verbe de Dieu ;
considérant l’issue de leur conduite
imitez leur foi.
Jésus-Christ est le même hier et aujourd’hui et dans tous les siècles.
Ne vous laissez pas entraîner par des doctrines diverses et étrangères
car il vaut mieux que le cœur soit affermi par la grâce que par des aliments
qui n’ont servi de rien à ceux qui en font une règle de vie.
Nous avons un autel
dont ceux qui rendent un culte à la tente n’ont pas le droit de se nourrir.
En effet, les animaux dont le sang est porté dans le sanctuaire par le pontife, en vue de l'expiation du péché
leurs corps sont brûlés en dehors du camp.
Et c’est pour cela que Jésus, pour sanctifier le peuple par son sang
a souffert en dehors de la porte.
Sortons donc vers lui, hors du camp
en portant son opprobre.
Car nous n’avons pas ici-bas de cité permanente
mais nous recherchons la cité future.
Par lui donc offrons à Dieu en tout temps un sacrifice de louange
c’est-à-dire le fruit de lèvres qui confessent son nom.
N’oubliez pas la bienfaisance et la mise en commun des biens
car c'est par de tels sacrifices qu'on se concilie Dieu.
Obéissez à vos préposés et soyez-leur soumis
car ils sont vigilants pour vos âmes comme devant en rendre compte
afin qu’ils le fassent avec joie et non en gémissant
ce qui vous serait sans profit.
Priez pour nous.
Certes nous nous convainquons d’avoir bonne conscience
voulant en toutes choses bien nous conduire.
Mais je vous exhorte instamment à le faire
afin que je vous sois plus vite rendu.
Que le Dieu de la paix,
qui a ramené des morts par le sang d’une alliance éternelle
le grand pasteur des brebis
notre Seigneur Jésus,
vous rende aptes à tout bien pour faire sa volonté,
en faisant en vous ce qui est agréable à ses yeux par Jésus-Christ,
à qui est la gloire dans les siècles des siècles. Amen !
Je vous exhorte, frères, à supporter cette parole d’exhortation !
D'ailleurs je ne vous ai écrit qu'en peu de mots.
Apprenez que notre frère Timothée a été libéré.
S’il vient assez vite, j’irai vous voir avec lui.
Saluez tous vos préposés et tous les saints.
Ceux d’Italie vous saluent.
25. La grâce soit avec vous tous ! Amen !
ICI FINIT L'ÉPÎTRE AUX HÉBREUX