L'expression « David contre Goliath » évoque une situation où quelqu'un l'emporte sur un ennemi beaucoup plus fort que lui, une victoire contre toute attente. Ce combat appartient à l’histoire des conflits entre Israël et les Philistins. Il présente le jeune David comme un héros choisi par Dieu et appelé à devenir roi (1S 17). A partir de cette scène, David devient un personnage de plus en plus important.
Le premier livre de Samuel fait partie de l'histoire décrite dans les Prophètes antérieurs (Josué, Juges, Samuel & Rois). Le personnage éponyme, Samuel, est à la charnière de deux époques: il est le dernier des Juges et le premier des prophètes royaux. Le passage vers la période de la monarchie (Royauté dans l'AT : idéal et applications) – et donc des commencements de l’État – est très ambigu théologiquement (Bible et Archéologie VIII : Saül). Effectivement, le désir du peuple d’avoir un roi humain est un péché car Dieu seul est le roi d'Israël. Le premier messie d’Israël, Saül, préfigure le sort tragique de toute la monarchie en Israël : Saül est rejeté par Dieu, fou de jalousie, il est finalement tué au combat. David sera son remplaçant : humble, persécuté par les siens, un roi malgré lui. Les livres de Samuel dépeignent une théocratie, dont le meilleur exemple est le règne de David, encadré par la faillite de Saül d'un côté et les erreurs des monarques suivants de l'autre.
Trois figures emblématiques des livres de Samuel sont devenus trois exemples de typologie biblique :
L’histoire textuelle est complexe : il n'est pas étonnant que, malgré tout le travail de la critique moderne, les textes restent souvent irréductiblement divers.
Il existait probablement plusieurs recensions hébraïques des livres de Samuel.
L'ancienne version latine apparentée à la recension de donne souvent, elle aussi, des leçons passionnantes pour la critique textuelle. La Vulgate suit fidèlement M.
1S et 2S enrichissent leur déroulement chronologique par bien des procédés littéraires : le parallèle ou le contraste, l’écho, l’alternance, l’inclusion, par exemple. Ils mettent tout particulièrement en relief les principaux changements de pouvoir :
David est présenté comme le héros idéal : il est beau, loyal envers ses amis, affectueux pour sa famille, juge impartial, valeureux, combattant et magnanime, berger musicien, fin stratège. Sa principale qualité demeure sa piété : conscient de l'onction royale, il n'a pas porté la main contre Saül à cause de cela.
La lecture la plus simple discerne cinq parties, centrées sur des protagonistes principaux, qui offrent chacune des épisodes célèbres :
1S 4-6 raconte l’histoire de l'arche et sa captivité chez les Philistins, en l'absence de Samuel. Mais ce récit fait suite à l'histoire de son enfance (1S 1-3) et est suivi de la mise en relief de celui-ci comme le dernier des Juges (1S 7). Il se poursuit en 2S 6.
C'est au moment de la mise en place de la royauté (1S 8-12) que Samuel est particulièrement actif. Suivent alors les descriptions des guerres de Saül contre les Philistins (1S 13-14), avant que le roi ne soit rejeté (1S 13,7b-15a). Ce rejet est expliqué une nouvelle fois (1S 15) avant la guerre contre les Amalécites, annonçant ainsi le choix de David oint par Samuel (1S 16,1-13).
Cette section (à partir de 1S 16,14) raconte les débuts de David et ses démêlés avec Saül.
David est alors solidement installé sur le trône, à partir de 2S 5,12, après le combat contre les Philistins et la conquête de Jérusalem (2S 2-5). La prophétie de Natân occupe 2S 7 et précède un bref résumé (2S 8). 2S 9 entame une longue suite de divisions au sein de la famille de David, de la naissance de Salomon (2S 9-12) à l'échec d'Adonias (1R 1-2).
Cette section réunit diverses pièces à propos du règne de David.
Les livres de Samuel présentent l'histoire d'Israël des derniers Juges à la fin du règne de David. Mais malgré leur classement chrétien traditionnel au nombre des « livres historiques », ils n’en constituent pas la chronique complète et suivie.
Pour en préciser le genre, on peut se laisser guider par leur classement rabbinique traditionnel comme Prophètes antérieurs (Josué, Juges, Samuel & Rois) (les « prophètes postérieurs » étant Isaïe, Jérémie, Ézéchiel et les Douze Petits Prophètes). La tradition attribue la composition de ces livres à des « prophètes » : Josué pour le livre qui porte son nom, Samuel pour les livres des Juges et de Samuel, Jérémie pour les Rois. La tradition a justifié cette désignation par le caractère religieux commun aux prophètes, tant « antérieurs » que « postérieurs ». Ces livres ont pour sujet principal l'histoire des rapports d'Israël avec YHWH, sa fidélité ou son infidélité envers la parole de Dieu, dont les prophètes sont les organes (notamment Samuel, Gad, Natân, Élie, Élisée, Isaïe, Jérémie). Que cette histoire soit présentée comme une « histoire sainte » ne diminue pas son intérêt pour l'historien et lui donne valeur pour le croyant. Celui-ci est invité à y percevoir comment la main de Dieu agit dans tous les événements du monde et à reconnaître la sollicitude exigeante de YHWH à l'égard de son peuple.
Le récit des livres de Samuel s'étend des débuts monarchiques à la mort de David : face au danger que représentent les Philistins en pleine expansion (cf. la bataille d'Apheq rapportée en 1S 4, vers 1050), la royauté apparaît comme le seul moyen de résistance.
Saül, vers 1030, commence comme un Juge, mais son autorité grandit et s'étend sur toutes les tribus qui le reconnaissent alors comme roi. Il mène une guerre de résistance aux Philistins, ramenés dans leur territoire (1S 14). Les derniers combats sont plus frontaliers (1S 17, vallée du Térébinthe, et 1S 28.31 Gelboé, où meurt Saül, vers 1010) (Bible et Archéologie VIII : Saül).
La mort de Saül remet en cause l'unité des tribus. David est d'abord reconnu par les Judéens puis, à la mort d'Ishboshet, fils de Saül, par Israël tout entier. Le règne de David est capital pour l’affermissement d'Israël : tout danger de la part des Philistins est écarté, le territoire est désormais unifié avec Jérusalem pour capitale, s'étendant même sur la Transjordanie, et jusqu'en Syrie méridionale (Bible et Archéologie VIIII : David et Salomon).
Mais cette unification reste fragile et même avant la mort de David, Nord et Sud s'opposent déjà. En témoigne par exemple l'exemple d'Absalom soutenu par les juifs du Nord.
Pour faire leur histoire de la monarchie, les écrivains sacrés ont organisé différentes sources, à diverses époques, que l'on pourrait caractériser à grands traits comme suit.
La réception canonique ancienne se manifeste par l’influence que les traditions recueillies dans les livres de Samuel ont eue à l’intérieur même de l’Ancien Testament.
C'est dans ces livres que prend naissance l'attente d'une Messie de la lignée de David, dont ce dernier est la préfiguration.
Les auteurs du Nouveau Testament montrent cette réalisation des prophéties messianiques en Jésus :
Paul (Rm 1,3 ; 2Tm 2,8 ) et l'Apocalypse (Ap 5,5 ; 22,16) soulignent également que Jésus descend de David.
Cependant, il n'y a que peu de références aux livres de Samuel eux-mêmes :
Dans l’antiquité chrétienne, les livres ont été commentés par :
Parmi les commentaires plus récents, se trouvent ceux de
L'épisode de la sorcière d'Endor a intéressé les Pères et de petits traités d', d', d' et de sont conservés à propos de cet épisode en particulier.
Les livres de Samuel sont surtout sous-jacents à chaque fois que les Pères évoquent David comme type du Messie. Les Pères mettent en parallèle les étapes de la vie de David et de celle de Jésus, le Christ, qui donne le salut à tous, roi du peuple spirituel de Dieu et victimes des persécutions des siens. Plusieurs titres christologiques sont tirés de ces livres, qui ont aussi donné lieu à des interprétations comme types de la Passion. Ainsi, voit dans Saül qui menace David et le manque (1S 19,10s), la distinction entre l'humanité de Jésus (le mur atteint par la lance) et sa divinité, qui ne subit aucun dommage.
Deux traits de David sont au centre de nombreuses représentations artistiques : le jeune David - souvent représenté en berger, poète, ou vainqueur de Goliath – et David âgé.
ICI COMMENCE LE LIVRE DE SAMUEL
C'EST-À-DIRE LE PREMIER ET LE DEUXIÈME DES ROIS
Il y avait un homme de Ramathaimsophim de la montagne d’Éphraïm
son nom était « Helcana »
fils de Jéroam, fils d’Héliu, fils de Thau, fils de Suph, éphratéen.
Il avait deux femmes
dont l’une s’appelait « Anne » et l’autre
« Fénenna »
et Fénenna avait des fils
mais Anne était sans enfant.
Cet homme montait aux jours fixés de sa ville
pour adorer le Seigneur des armées et lui offrir des sacrifices à Silo.
Là étaient les deux fils d'Héli, Ofni et Finéès, prêtres du Seigneur.
Vint donc le jour où Helcana offrit son sacrifice
et il donna des portions à Fénenna sa femme et à tous ses fils et à toutes ses filles
et il donna à Anne une seule portion avec tristesse
car il aimait Anne et le Seigneur avait fermé son sein.
Sa rivale l’affligeait aussi et la faisait souffrir violemment
au point de lui reprocher que le Seigneur eût fermé ses entrailles.
Et chaque année elle faisait ainsi :
toutes les fois qu’elles montaient au Temple du Seigneur
Phénenna la mortifiait de la même manière.
Alors elle pleurait et ne mangeait pas.
Et Helcana son mari lui dit :
— Anne pourquoi pleures-tu et pourquoi ne manges-tu pas ?
Pourquoi ton cœur est-il triste ?
Ne suis-je pas pour toi mieux que dix fils ?
Et Anne se leva après qu’il eut mangé et bu à Silo.
Héli le prêtre était assis sur un siège devant les poteaux du temple du Seigneur.
Alors qu'elle avait l’âme pleine d’amertume
elle pria le Seigneur en pleurant abondamment
et elle fit un vœu en disant :
— Seigneur des armées
si tu te retournes pour regarder l’humiliation de ta servante
si tu te souviens de moi et n’oublies pas ta servante
et si tu donnes à ton esclave une descendance mâle
je le donnerai au Seigneur pour tous les jours de sa vie
et le rasoir ne passera pas sur sa tête.
Il arriva tandis qu'elle multipliait ses prières devant le Seigneur
que le prêtre Héli observa sa bouche.
Anne parlait en son cœur
seules ses lèvres remuaient
et sa voix ne se faisait pas entendre.
Héli pensa donc qu’elle était ivre
et il lui dit : — Jusqu'à quand seras-tu ivre ?
Digère quelque temps le vin dont tu es imbibée.
Et Anne répondit et dit : — Pas du tout, mon seigneur,
je suis en réalité une femme extrêmement malheureuse
je n’ai bu ni vin ni rien qui puisse enivrer
mais j’ai épanché mon âme devant le Seigneur.
Ne prends pas ta servante pour l'une des filles de Bélial
car c’est de l’excès de ma peine et de ma douleur que j’ai parlé jusqu’à présent.
Alors Héli lui dit :
— Va en paix et que le Dieu d’Israël t'accorde la demande que tu lui as faite !
Elle dit : — Que ta servante trouve grâce à tes yeux.
Et la femme alla son chemin, elle mangea avec son mari
et les traits de son visage ne furent pas plus longtemps déformés.
Ils se levèrent de bon matin et se prosternèrent devant le Seigneur
et ils s’en retournèrent et revinrent dans leur maison à Ramatha.
Helcana connut Anne, sa femme
et le Seigneur se souvint d’elle.
Et il arriva dans le cours des jours
qu'Anne conçut et elle enfanta un fils
elle l'appela du nom de « Samuel » parce qu'elle l'avait demandé au Seigneur.
Et l'homme, Helcana, monta ainsi que toute sa maison
pour offrir au Seigneur le sacrifice solennel et son vœu.
Mais Anne ne monta pas
car elle dit à son mari :
— Je n'irai pas jusqu'à ce que l'enfant soit sevré, et je le mènerai afin qu'il paraisse devant le Seigneur et qu’il demeure là pour toujours.
Et Helcana son mari lui dit :
— Fais ce qui te semblera bon
reste [ici] jusqu’à ce que tu l’aies sevré.
Je prie le Seigneur d'accomplir sa parole !
Et la femme resta et allaita son fils jusqu’à ce qu’elle l'eût sevré.
Quand elle l’eut sevré, elle l'emmena avec elle
avec trois jeunes taureaux et trois boisseaux de farine et une outre de vin
et elle le mena à la maison du Seigneur à Silo
et l’enfant était jusqu'ici tout jeune.
Et ils égorgèrent le jeune taureau et ils présentèrent l’enfant à Héli.
Et elle dit : — Je t'en prie, mon seigneur.
Ton âme vit, seigneur.
Je suis la femme qui me tenais ici devant toi priant le Seigneur.
C’est pour cet enfant que je priais
et le Seigneur m’a accordé la demande que je lui avais faite.
C'est pourquoi moi aussi je l'ai prêté au Seigneur ; tous les jours de sa vie il sera prêté au Seigneur.
Et ils se prosternèrent là devant le Seigneur.
Et Anne pria et dit :
— Mon cœur a exulté dans le Seigneur
ma corne a été exaltée par le Seigneur
ma bouche s'est élargie sur mes ennemis
car je me suis réjouie de ton salut.
Il n'est pas de saint comme le Seigneur
car il n’y a personne hormis toi
et il n'y a pas de fort comme notre Dieu.
Ne multipliez pas les paroles hautaines en vous glorifiant !
Que celles du passé se retirent de votre bouche !
Car le Seigneur est Dieu des sciences
et par lui sont préparées les pensées.
L’arc des puissants a été vaincu
et les faibles se sont ceints de force.
Ceux qui étaient rassasiés auparavant se sont loués pour du pain
et ceux qui étaient affamés ont été rassasiés
aussi longtemps que la stérile engendra de nombreux enfants
et celle qui avait beaucoup de fils a été affaiblie.
Le Seigneur fait mourir et fait vivre
il fait descendre en enfer et en fait remonter.
Le Seigneur appauvrit et enrichit
il abaisse et élève.
De la poussière il retire le pauvre, du fumier il relève l’indigent
pour qu'il s'assoie avec les princes et occupe un trône de gloire.
Car au Seigneur sont les colonnes de la terre et sur elles il a posé le monde.
Il gardera les pas de ses saints
mais les impies seront réduits au silence dans les ténèbres
car ce n'est pas par la force que l’homme se consolidera.
Ses ennemis craindront le Seigneur, dans les cieux il tonnera sur eux !
Le Seigneur jugera les extrémités de la terre et il donnera pouvoir à son roi
et il exaltera la corne de son oint.
Helcana s’en alla dans sa maison à Ramatha
et l’enfant était au service du Seigneur devant le prêtre Héli.
Et les fils d'Héli étaient des fils de Bélial
ne connaissant ni le Seigneur
ni les devoirs des prêtres à l’égard du peuple.
Mais lorsque quelqu’un offrait un sacrifice
le serviteur du prêtre venait pendant que les chairs cuisaient
et il tenait une fourchette à trois dents dans sa main
il la frappait dans la chaudière, dans le chaudron
dans la marmite ou dans le pot
et tout ce que la fourchette faisait remonter, le prêtre le prenait pour lui.
C’est ainsi qu’ils agissaient à l’égard de tous ceux d'Israël qui venaient à Silo.
Même avant qu’ils fissent brûler la graisse
le serviteur du prêtre venait et disait à celui qui offrait le sacrifice :
— Donne-moi de la viande pour que je la fasse cuire pour le prêtre.
En effet, je n'accepterai pas de toi de la viande bouillie mais crue.
Et celui qui immolait lui disait :
— Qu’aujourd'hui la graisse brûle d'abord selon la coutume
puis prends pour toi autant que ton âme désire.
[Le serviteur] disait : — Pas du tout
en effet tu donneras maintenant, sinon je prendrai de force.
Le péché des serviteurs était donc très grand devant le Seigneur
parce qu'ils détournaient les hommes du sacrifice du Seigneur.
Et l'enfant Samuel faisait le service devant le Seigneur
revêtu d’un éphod de lin.
Sa mère lui faisait une petite tunique
qu’elle lui apportait aux jours fixés en montant avec son mari pour immoler la victime sacrée.
Héli bénit Helcana et sa femme
en disant : — Que le Seigneur t'accorde une descendance de cette femme
pour le prêt que tu as fait au Seigneur !
Et ils s’en retournèrent chez eux.
Et le Seigneur visita donc Anne
et elle conçut et enfanta trois fils et deux filles
et le jeune Samuel grandissait auprès du Seigneur.
Et Héli était très vieux
et il apprit tout ce que ses fils faisaient à tout Israël
et qu’ils couchaient avec les femmes qui veillaient à l’entrée de la tente.
Et il leur dit : — Pourquoi faites-vous de telles choses
les pires choses, que j’apprends de tout le peuple ?
Arrêtez, mes fils,
car elle n'est pas bonne la rumeur que moi j’entends :
vous faites transgresser le peuple du Seigneur !
Si un homme pèche contre un homme, Dieu peut lui être favorable
mais si c’est contre le Seigneur qu’un homme pèche, qui priera pour lui ?
Et ils n’écoutèrent point la voix de leur père
car le Seigneur voulait les faire mourir.
Le jeune Samuel continuait à grandir
et il plaisait autant au Seigneur qu'aux hommes.
Un homme de Dieu vint vers Héli
et lui dit : — Ainsi parle le Seigneur :
— Ne me suis-je pas clairement révélé à la maison de ton père
lorsqu’ils étaient en Égypte dans la maison de Pharaon ?
Et je l’ai choisie d’entre toutes les tribus d’Israël pour être mon prêtre
pour monter à mon autel, pour faire fumer l’encens pour moi
pour porter l’éphod devant moi
et j’ai donné à la maison de ton père toutes les offrandes des fils d’Israël.
Pourquoi avez-vous foulé aux pieds mon sacrifice
et mes présents que j’ai ordonné d’offrir dans le temple ?
Et pourquoi as-tu honoré tes fils plus que moi
de sorte que vous mangiez les prémices de tout sacrifice d’Israël mon peuple ?
C’est pourquoi le Seigneur Dieu d'Israël dit :
— J’ai parlé en disant
que ta maison et la maison de ton père
serviraient devant moi à perpétuité.
Mais maintenant, dit le Seigneur, que cela soit loin de moi !
Car quiconque me glorifiera je le glorifierai
et ceux qui me méprisent seront méprisés.
Voici que des jours viennent
où je trancherai ton bras et le bras de la maison de ton père
en sorte qu’il n’y aura plus de vieillard dans ta maison.
Et tu verras ton adversaire dans le temple, dans toutes les prospérités d'Israël
et il n’y aura plus jamais de vieillard dans ta maison.
Cependant je n'éloignerai pas à tout jamais de mon autel l'un des tiens
afin que se consument tes yeux et que se putréfie ton âme
et une grande partie de ta maison mourra lorsqu'elle arrivera à l'âge d'homme.
Et tu auras pour signe
ce qui arrivera à tes deux fils Ofni et Finéès :
en un jour ils mourront tous deux.
Et je ferai se lever pour moi un prêtre sûr
qui agira selon ce qui est dans mon cœur et dans mon âme.
Je lui bâtirai une maison sûre
et il marchera tous les jours devant mon christ.
Or il arrivera que quiconque survivra dans ta maison
viendra pour le supplier
de lui procurer une pièce d’argent et une boule de pain
et il dira : — Mets-moi, je te prie, à une des fonctions sacerdotales
pour que je mange une bouchée de pain.
Or le jeune Samuel servait le Seigneur devant Héli.
Et la parole du Seigneur était précieuse en ces jours-là :
il n'y avait pas de vision claire.
Il arriva donc un jour
qu’Héli était couché à sa place
et ses yeux s'étaient obscurcis et il ne pouvait plus voir.
La lampe de Dieu ne s’était pas encore éteinte
et Samuel était couché dans le temple du Seigneur où était l’arche de Dieu.
Le Seigneur appela Samuel
qui répondant, dit : — Me voici.
Et il courut auprès d’Héli et dit :
— Me voici car tu m’as appelé.
Celui-ci dit : — Je n’ai pas appelé, retourne, couche-toi.
Et il s'en alla et se coucha.
Et le Seigneur recommença à appeler de nouveau Samuel
et se levant, Samuel s'en alla vers Héli et dit :
— Me voici car tu m’as appelé.
Celui-ci répondit : — Je n’ai pas appelé, mon fils,
retourne et couche-toi.
Or Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur
et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée.
Et le Seigneur recommença à appeler de nouveau Samuel pour la troisième fois.
Celui-ci se levant, s'en alla vers Héli
et il dit :
— Me voici car tu m'as appelé.
Éli comprit alors que c'était le Seigneur qui appelait l'enfant.
Et il dit à Samuel : — Va et couche-toi
et s'il t’appelle encore
tu diras : — Parle, Seigneur, car ton serviteur écoute.
Samuel s’en alla donc et se coucha en son lieu.
Et le Seigneur vint et se tint là
et il appela comme il avait appelé, deux fois : — Samuel ! Samuel !
Et Samuel dit : — Parle car ton serviteur écoute.
Et le Seigneur dit à Samuel :
— Voici que je vais dire une parole en Israël
telle que quiconque l’entendra, ses deux oreilles [lui] tinteront.
En ce jour-là je provoquerai contre Héli tout ce que j’ai dit contre sa maison
je commencerai et j’achèverai.
Puisque je lui ai prédit que je jugerais sa maison pour toujours à cause de son iniquité
en ceci qu'il savait que ses fils agissaient de manière indigne et il ne les a pas réprimandés.
C’est pourquoi j’ai juré à la maison d’Héli
que jamais le crime de sa maison ne sera expié ni par des sacrifices ni par des présents.
Et Samuel dormit jusqu’au matin
puis il ouvrit les portes de la maison du Seigneur.
Et Samuel craignait de raconter la vision à Héli.
Et Héli appela Samuel et dit :
— Samuel, mon fils,
et répondant, il dit : — Je suis à [ta] disposition.
Et il l'interrogea :
— Quelle est la parole qu'il t’a dite ?
Je te prie ne me [la] cache pas.
Que le Seigneur te fasse ceci et rajoute cela
si tu me caches un mot de toutes les paroles qui t’ont été dites !
Alors Samuel lui raconta toutes les paroles
et il ne [les] lui cacha pas.
Et il répondit : — C’est le Seigneur, ce qui est bon à ses yeux, qu’il le fasse !
Samuel devint grand et le Seigneur était avec lui
et aucune de ses paroles ne tomba à terre.
Et tout Israël, depuis Dan jusqu’à Bersabée reconnut
que Samuel était un fidèle prophète du Seigneur.
Et le Seigneur continua d’apparaître à Silo
car le Seigneur s'était révélé à Samuel à Silo par la parole du Seigneur.
Et la parole de Samuel arriva à tout Israël.
Et Israël sortit à la rencontre des Philistins pour le combat
et il campa près de la pierre du Secours.
Quant aux Philistins, ils vinrent à Afec.
Et ils se rangèrent en bataille contre Israël
puis le combat étant engagé, Israël fuit devant les Philistins
et environ quatre mille hommes furent tués dans ce combat partout à travers les champs.
Et le peuple rentra au camp
et les anciens d’Israël dirent :
— Pourquoi le Seigneur nous a-t-il frappés aujourd’hui à la face des Philistins ?
Faisons-nous porter de Silo l’arche de l’alliance du Seigneur
et qu’elle vienne au milieu de nous
pour qu'elle nous sauve de la main de nos ennemis.
Le peuple envoya donc [des gens] à Silo
et ils en rapportèrent l’arche de l’alliance du Seigneur des armées qui siège sur les chérubins.
Les deux fils d’Héli, Ofni et Finéès, étaient avec l’arche de l’alliance du Seigneur.
Et il arriva, lorsque l’arche de l’alliance du Seigneur fut entrée dans le camp
que tout Israël poussa une grande clameur et la terre en retentit.
Les Philistins entendirent le bruit de l'acclamation
et ils dirent : — Quelle est donc la voix de cette grande acclamation au camp des Hébreux ?
Et ils apprirent que l’arche du Seigneur était arrivée au camp.
Et les Philistins eurent peur et dirent : — Dieu est venu dans le camp !
Et ils gémirent :
— Malheur à nous !
Car il n'y eut pas une si grande joie hier et avant-hier.
Malheur à nous ! Qui nous délivrera de la main de ces dieux puissants ?
Ce sont ces dieux qui ont frappé l'Égypte de toute plaie dans le désert.
Montrez-vous forts et soyez des hommes, Philistins,
de peur que vous ne soyez asservis aux Hébreux comme ils vous ont été asservis.
Montrez-vous forts et combattez !
Les Philistins combattirent et Israël fut massacré
et chacun s’enfuit dans sa tente
ce fut un coup énorme
et il tomba du côté d’Israël trente mille hommes de pied.
Et l’arche de Dieu fut prise
et les deux fils d’Héli, Ofni et Finéès, périrent.
Un homme de Benjamin accourant du champ de bataille
vint à Silo le même jour, son vêtement déchiré
et la tête couverte de poussière.
Lorsqu’il arriva, Éli était assis sur un siège, attentif à la route
car son cœur était tremblant à cause de l’arche de Dieu.
Or cet homme après être entré, porta la nouvelle à la ville
et toute la ville poussa des cris.
Et Éli entendit le bruit de la clameur
et il dit : — Quel est ce bruit de tumulte ?
Et l'homme se hâta et vint apporter la nouvelle à Héli.
Or Héli était âgé de quatre-vingt-dix-huit ans
ses yeux s'étaient obscurcis et il ne pouvait plus voir.
Et il dit à Héli :
— C'est moi qui suis arrivé du combat
et c’est moi qui du champ de bataille me suis enfui aujourd’hui.
Et il lui dit : — Que s’est-il passé mon fils ?
Et celui qui portait la nouvelle répondit
et dit : — Israël a fui devant les Philistins
et le désastre a été très grand dans le peuple
même tes deux fils Ofni et Finéès sont morts
et l’arche de Dieu a été prise.
Et il arriva lorsqu'il eut mentionné l’arche de Dieu
qu'il tomba de son siège à la renverse à côté de la porte
et s'étant rompu la nuque il mourut
car c’était un homme vieux et avancé en âge.
Il avait jugé Israël pendant quarante ans.
Et sa belle-fille, femme de Finéès, était enceinte et près d’accoucher.
Et en entendant la nouvelle que l’arche de Dieu avait été prise
que son beau-père était mort ainsi que son mari
elle se courba et enfanta
car les douleurs l'avaient subitement assaillie.
Et au moment même de sa mort
celles qui se trouvaient près d’elle lui dirent :
— Ne crains point car tu as enfanté un fils.
Mais elle ne leur répondit pas et n’y fit pas attention.
Elle appela l’enfant Hicabod
disant : — La gloire a été transportée loin d’Israël
parce que l'arche de Dieu a été prise
et à cause de son beau-père et à cause de son mari.
Et elle dit : — La gloire a été transportée loin d’Israël
car l’arche de Dieu avait été prise.
Et les Philistins prirent l’arche de Dieu
et la transportèrent de la pierre du Secours à Ashdod [Azot].
Les Philistins prirent l’arche de Dieu et la portèrent dans le temple de Dagon
et la placèrent à côté de Dagon.
Et le lendemain, lorsque les Ashdodites se levèrent de bon matin
voici que Dagon était étendu prosterné contre terre devant l’arche du Seigneur.
Et ils prirent Dagon et le remirent à sa place.
Et le jour suivant, s'étant levés à nouveau de bon matin
ils trouvèrent Dagon étendu sur sa face, contre terre, devant l'arche du Seigneur
et la tête de Dagon et les deux paumes de ses mains coupées étaient sur le seuil.
Mais seul le tronc de Dagon était demeuré en sa place.
C’est pourquoi les prêtres de Dagôn et tous ceux qui entrent dans son temple ne marchent pas
sur le seuil de Dagon à Ashdod jusqu'à aujourd'hui.
Et la main du Seigneur fut lourde contre les Ashdodites et les détruisit
et il frappa à la raie des fesses Ashdod et ses territoires.
Mais voyant une telle plaie, les Ashdodites dirent :
— Que l’arche du Dieu d’Israël ne reste pas chez nous
car dure est sa main sur nous et sur Dagon notre dieu.
Et envoyant [chercher], ils rassemblèrent auprès d'eux tous les princes des Philistins et ils dirent :
— Que ferons-nous de l’arche du Dieu d’Israël ?
Et les Gethéens répondirent :
— Que l’arche du Dieu d’Israël soit transportée !
Et ils transportèrent l’arche du Dieu d’Israël.
Alors qu'ils la promenaient partout
la main de Dieu agissait de cités en cités en un immense massacre
et elle frappait les hommes de chaque ville depuis le plus petit jusqu’au plus grand
et leurs rectums, proéminents, pourrissaient.
Ils envoyèrent donc l’arche de Dieu à Accaron.
Et lorsque l’arche de Dieu entra dans Accaron
les Accaronites poussèrent des cris, disant :
— Ils ont transporté vers nous l’arche du Dieu d’Israël
pour nous tuer, nous et notre peuple.
Et ils envoyèrent [chercher] et rassemblèrent tous les princes des Philistins
et ils dirent : — Renvoyez l’arche du Dieu d’Israël et qu’elle retourne en son lieu
et qu’elle ne nous fasse pas mourir, nous et notre peuple.
Car il y avait une frayeur de mort dans chaque ville
et la main de Dieu était très pesante
et les hommes qui ne mouraient pas
étaient frappés à la raie des fesses
et le cri de détresse de chaque cité montait vers le ciel.
Et l’arche du Seigneur fut sept mois dans le pays des Philistins.
Et les Philistins appelèrent les prêtres et les devins, leur disant :
— Que ferons-nous de l’arche du Seigneur ? Indiquez-nous
comment nous la renverrons en son lieu.
Et ils dirent :
— Si vous renvoyez l’arche du Dieu d’Israël
ne la renvoyez pas vide
mais rendez-lui ce que vous lui devez pour le péché
et vous guérirez alors
et vous saurez pourquoi sa main ne s’est pas retirée de vous.
Et ils dirent : — Que devons-nous lui rendre en réparation ?
Et ils répondirent :
— Selon le nombre des provinces des Philistins
vous ferez cinq anus d'or
et cinq souris d'or
car une même plaie a été sur vous tous et sur vos princes ;
vous ferez des images de vos anus
et des images des souris qui ont ravagé le pays
et vous rendrez gloire au Dieu d'Israël :
peut-être retirera-t-il sa main de vous, de vos dieux et de votre terre ?
Pourquoi endurciriez-vous votre cœur
comme l’Égypte et Pharaon ont endurci le leur ?
Ne les a-t-il pas laissés partir après avoir été frappés et ne sont-ils pas partis ?
Et maintenant prenez et apprêtez un chariot neuf
et attelez au chariot deux vaches qui allaitent sur lesquelles le joug n'a pas été posé
et ramenez leurs petits à l’étable.
Puis vous prendrez l’arche du Seigneur et vous la mettrez sur le chariot
et les objets d’or que vous lui avez payés en réparation
vous les mettrez dans un coffret à côté d'elle
et renvoyez-la pour qu'elle s'en aille.
Et vous regarderez :
si elle monte par le chemin de son territoire vers Beth-Shemesh
c’est lui qui nous a fait ce grand mal ;
mais si pas du tout
nous saurons que ce n’est pas sa main qui nous a frappés mais que cela est arrivé par accident.
Ils firent donc ainsi
et ayant pris deux vaches qui allaitaient leurs petits, ils les attelèrent au chariot
et ils enfermèrent leurs petits dans l’étable.
Et ils mirent sur le chariot l’arche du Seigneur
et le coffret qui contenait les souris d’or et l'image de leurs anneaux.
Et les vaches allèrent tout droit par le chemin qui mène à Bet-Shémesh
elles avancèrent par la même route, marchant et mugissant,
elles ne se détournaient ni à droite ni à gauche
et les princes des Philistins les suivaient jusqu’aux frontières de Beth-Shemesh.
Quant à ceux de Beth-Shemesh, ils moissonnaient le blé dans la vallée...
Levant les yeux, ils virent l’arche
et se réjouirent lorsqu'ils la virent.
Et le chariot vint dans le champ de Josué de Beth-Shemesh et s’y arrêta.
Il y avait là une grande pierre.
Ils fendirent les bois du chariot
et ils placèrent les vaches dessus, en holocauste au Seigneur.
Et les lévites descendirent l’arche du Seigneur
et le coffret qui était à côté d'elle, dans lequel étaient les objets d’or
et les posèrent sur la grande pierre.
Et les hommes de Beth-Shemesh offrirent des holocaustes
et immolèrent en ce jour-là des victimes au Seigneur.
Et les cinq princes des Philistins virent cela
et retournèrent ce jour-là à Accaron.
Et voici les anus d’or que les Philistins rendirent au Seigneur en sacrifice de réparation :
une pour Ashdod, une pour Gaza, une pour Ashkelon, une pour Geth, une pour Accaron.
Et les souris d’or selon le nombre des villes des cinq provinces des Philistins
depuis la ville fortifiée jusqu'au village qui était sans mur :
et jusqu'à Abel, la grande, sur laquelle ils posèrent l'arche du Seigneur
qui était jusqu’à ce jour dans le champ de Josué de Beth-Shemesh.
Il frappa les hommes de Beth-Shemesh parce qu’ils avaient regardé l’arche du Seigneur ;
il frappa soixante-dix hommes parmi le peuple et cinquante mille du petit peuple.
Et le peuple prit le deuil parce que le Seigneur avait frappé le peuple d’une grande plaie.
Et les hommes de Beth-Shemesh dirent :
— Qui pourra tenir en présence du Seigneur, ce Dieu saint ?
Et vers qui va-t-il monter, loin de nous ?
Et ils envoyèrent des messagers aux habitants de Cariathiarim, disant :
— Les Philistins ont ramené l’arche du Seigneur
descendez et conduisez-la vers vous.
Et les hommes de Cariathiarim vinrent et conduisirent l’arche du Seigneur
et ils l'introduisirent dans la maison d’Abinadab à Gabaa
et ils consacrèrent son fils Eléazar pour garder l’arche du Seigneur.
Et il arriva que, depuis le jour où l’arche demeura à Cariathiarim
c'était en effet déjà la vingtième année
et toute la maison d’Israël se reposa dans le Seigneur.
Et Samuel dit à toute la maison d’Israël :
— Si c’est de tout votre cœur que vous revenez au Seigneur
ôtez du milieu de vous les dieux étrangers et Astharoth
préparez votre cœur pour le Seigneur et servez-le lui seul
et il vous délivrera de la main des Philistins.
Alors les fils d’Israël ôtèrent les Baals et Astarthé
et ils servirent le Seigneur seul.
Et Samuel dit :
— Assemblez tout Israël à Masphath
afin que je prie le Seigneur pour vous.
Et ils s’assemblèrent à Masphath
et ils puisèrent de l’eau et ils la répandirent devant le Seigneur
et ils jeûnèrent ce jour-là
et ils dirent là : — Nous avons péché devant le Seigneur.
Et Samuel jugea les fils d’Israël à Masphath.
Et les Philistins apprirent que les fils d’Israël s’étaient assemblés à Masphath
et les princes des Philistins montèrent contre Israël.
Lorsque les fils d’Israël l’apprirent ils eurent peur devant la face des Philistins.
Ils dirent à Samuel :
— Ne cesse pas de crier pour nous vers notre Dieu
afin qu’il nous sauve de la main des Philistins.
Et Samuel prit un agneau de lait
et l’offrit tout entier en holocauste au Seigneur
et Samuel cria vers le Seigneur pour Israël
et le Seigneur l’exauça.
Et il arriva que pendant que Samuel offrait l’holocauste
les Philistins engagèrent le combat contre Israël.
Mais le Seigneur tonna en ce jour-là à grand fracas sur les Philistins
et les effraya et ils furent battus par les fils d'Israël.
Les hommes d’Israël sortis de Masphath poursuivirent les Philistins
et les frappèrent jusqu’au lieu qui était au-dessous de Bethcar.
Et Samuel prit une pierre
et la plaça entre Masphath et Sen
et il lui donna le nom de « pierre du Secours »
et il dit : — Jusqu’ici le Seigneur nous a secourus.
Et les Philistins furent humiliés
et ne recommencèrent plus à venir sur le territoire d’Israël :
c'est pourquoi la main du Seigneur fut sur les Philistins tous les jours de Samuel.
Et les villes que les Philistins avaient prises à Israël furent rendues à Israël
depuis Accaron jusqu’à Geth
et Israël délivra ses frontières de la main des Philistins.
Et il y eut la paix entre Israël et l'Amorrhéen .
Et Samuel jugeait Israël tous les jours de sa vie.
Et il allait chaque année, faisant le tour par Béthel et Galgal et Masphath
et il jugeait Israël dans tous ces lieux.
Et il revenait à Ramatha
car là était sa maison
et là il jugeait Israël
et il y bâtit aussi un autel au Seigneur.
Et il arriva que lorsque Samuel fut devenu vieux
il établit ses fils juges pour Israël.
Et le nom de son fils premier-né était Joël
et le nom du second Abia, juges à Bersabée.
Et ses fils ne marchèrent pas dans ses voies
mais ils se détournèrent par avarice
et reçurent des présents et pervertirent la justice.
Et tous les anciens d’Israël s’assemblèrent
et vinrent vers Samuel à Ramatha.
Et ils lui dirent :
— Voilà que tu es devenu vieux et tes fils ne marchent pas dans tes voies.
Établis sur nous un roi pour nous juger comme en ont toutes les nations.
Et ce langage déplut aux yeux de Samuel
parce qu’ils avaient dit : — Donne-nous un roi pour nous juger.
Et Samuel pria le Seigneur.
Et le Seigneur dit à Samuel :
— Écoute la voix du peuple dans tout ce qu’ils te disent
car ce n’est pas toi qu’ils ont rejeté mais moi qu’ils ont rejeté pour que je ne règne pas sur eux.
Selon toutes les œuvres qu'ils ont faites
depuis le jour où je les ai fait sortir d’Égypte jusqu’à ce jour
comme ils m'ont délaissé et ont servi d’autres dieux
ainsi ils font envers toi aussi.
Et maintenant écoute leur voix
mais prends-les à témoin
et déclare-leur le droit du roi qui régnera sur eux.
Et Samuel rapporta toutes les paroles du Seigneur au peuple qui lui demandait un roi.
Et il dit :
— Ceci sera le droit du roi qui régnera sur vous :
Il prendra vos fils et il les mettra sur son char
et parmi ses cavaliers et ceux qui courent devant ses quadriges.
Et il s'en fera des tribuns et des centurions
et les laboureurs de ses champs et les moissonneurs de ses récoltes
et les forgeurs de ses armes et de l'attirail de ses chars.
Il fera aussi de vos filles des parfumeuses et des cuisinières et des boulangères.
Il prendra aussi vos champs et vos vignes et les meilleurs oliviers et les donnera à ses serviteurs.
Et il lèvera la dîme sur vos récoltes et sur le revenu de vos vignes
pour la donner à ses eunuques et à ses serviteurs.
Et il prendra vos serviteurs et vos servantes et vos meilleurs jeunes gens et vos ânes et les emploiera à son ouvrage.
Il lèvera la dîme sur vos troupeaux de petit bétail
et vous, vous serez ses serviteurs.
Vous crierez en ce jour-là à cause de votre roi que vous vous serez choisi
mais le Seigneur ne vous exaucera pas ce jour-là.
Et le peuple ne voulut pas écouter la voix de Samuel
et ils dirent : — Non, mais il y aura un roi sur nous
et nous serons nous aussi comme toutes les nations
et notre roi nous jugera
et il sortira devant nous et il combattra pour nous toutes nos guerres.
Et Samuel entendit toutes les paroles du peuple et les dit aux oreilles du Seigneur.
Et le Seigneur dit à Samuel :
— Écoute leur voix et établis sur eux un roi.
Et Samuel dit aux hommes d’Israël :
— Que chacun s’en aille à sa ville.
Et il y avait un homme de Benjamin du nom de « Quis », fils d’Abiel,
fils de Séror, fils de Bécoreth
fils d’Afia
fils d’un homme de Jamin, courageux et vaillant.
Et il avait un fils du nom de « Saül », homme d'élite et homme de bien
et aucun des fils d’Israël n'était meilleur que lui
depuis l'épaule et au-dessus il dépassait tout le peuple.
Or les ânesses de Quis, père de Saül, s’étaient égarées
et Quis dit à Saül son fils :
— Prends avec toi un des serviteurs et debout ! Va, et cherche les ânesses !
Et comme ils avaient traversé la montagne d'Éphraïm
et le pays de Salisa, et qu'ils ne les avaient pas trouvées
ils passèrent aussi par le pays de Salim et elles n'y étaient pas
et par le pays de Jamin et ils ne les trouvèrent pas davantage.
Lorsqu’ils furent parvenus dans le pays de Suph
Saül dit à son serviteur qui était avec lui :
— Viens et rentrons, de peur que mon père ait laissé tomber les ânesses et ne soit en train de s'inquiéter pour nous !
Et il lui dit : — Il se trouve qu'il y a un homme de Dieu dans cette ville, un homme célèbre,
tout ce qu’il dit arrive infailliblement.
Allons-y donc maintenant
peut-être nous informera-t-il sur le chemin pour lequel nous sommes venus ?
Et Saül dit à son serviteur :
— Bon, nous y allons : qu’apporterons-nous à l’homme ?
Le pain manque dans nos sacs
et même un petit cadeau, nous n'en avons pas à offrir à l’homme de Dieu ni quoi que ce soit.
Le serviteur répondit de nouveau à Saül et dit :
— Voici que j'ai en main un quart de sicle d’argent
donnons-le à l’homme de Dieu pour qu'il nous indique le chemin !
Autrefois en Israël chacun disait en allant consulter Dieu :
— Venez et allons chez le voyant !
En effet, celui qu’on appelle aujourd'hui « prophète » était appelé autrefois « voyant ».
Et Saül dit à son serviteur :
— Très bien parlé. Viens, allons.
Et ils allèrent à la ville où était l’homme de Dieu.
Comme ils gravissaient la montée de la ville
ils rencontrèrent des jeunes filles sorties pour puiser de l’eau
et ils leur dirent : — Le voyant est-il ici ?
Et répondant elles leur dirent : — Il est là
voici, devant toi, hâte-toi maintenant
car aujourd’hui il est venu à la ville
parce qu'aujourd'hui il y a un sacrifice pour le peuple sur le haut lieu.
Aussitôt en entrant dans la ville vous le trouverez avant qu’il ne monte au haut lieu pour manger
car le peuple ne mangera pas jusqu'à ce qu’il soit arrivé
parce que c'est lui qui bénit le sacrifice et ensuite les conviés mangeront.
Montez donc maintenant car vous le trouverez aujourd’hui.
Et ils montèrent à la ville.
Et comme ils marchaient au milieu de la ville
voici que Samuel apparut, sortant à leur rencontre pour monter au haut lieu.
Or le Seigneur avait fait une révélation à l'oreille de Samuel un jour avant que Saül vînt, disant :
— Au même moment demain je t’enverrai un homme du pays de Benjamin
et tu l’oindras pour chef de mon peuple Israël
et il sauvera mon peuple de la main des Philistins
parce que j’ai regardé mon peuple
car leur cri est venu jusqu’à moi.
Et quand Samuel eut vu Saül
le Seigneur lui dit : — Voici l’homme dont je t’ai parlé : celui-là sera chef de mon peuple.
Et Saül s’approcha de Samuel au milieu de la porte et dit :
— Indique-moi, je te prie, où est la maison du voyant.
Et Samuel répondit à Saül, disant :
— C’est moi qui suis le voyant, monte devant moi au haut lieu
pour que vous mangiez aujourd’hui avec moi et je te laisserai partir le matin
et tout ce qu’il y a dans ton cœur, je te l'indiquerai.
Et quant aux ânesses que tu as perdues il y a trois jours
n'en sois pas inquiet parce qu'elles sont retrouvées.
Et à qui [sera] tout ce qu'il y a de meilleur en Israël ?
N’est-ce pas à toi et à toute la maison de ton père ?
Et Saül répondit et dit :
— Ne suis-je pas, moi, un fils de Jamin de la plus petite tribu d'Israël ?
Et ma parenté n’est-elle pas la dernière de toutes les familles de la tribu de Benjamin ?
Pourquoi donc m'as-tu dit une telle parole ?
Et Samuel ayant pris Saül et son serviteur
les fit entrer dans la salle à manger
et leur donna une place à la tête de ceux qui avaient été conviés
car ils étaient environ trente hommes.
Et Samuel dit au cuisinier :
— Donne la portion que je t’ai donnée et que je t’ai commandé de mettre à part près de toi.
Et le cuisinier leva l’épaule et la posa devant Saül.
Et Samuel dit à Saül : — Voici ce qui reste, mets-le devant toi et mange
parce qu'elle a été gardée exprès pour toi lorsque j’ai convié le peuple.
Et Saül mangea avec Samuel ce jour-là.
Et ils descendirent du haut lieu dans la ville
et il parla avec Saül sur le toit.
Et alors qu'ils s'étaient levés au matin et qu'il commençait à faire jour
Samuel appela Saül sur la terrasse en disant :
— Lève-toi que je te laisse aller.
Et Saül se leva et ils sortirent tous les deux
c'est-à-dire lui-même et Samuel.
Et alors qu'ils descendaient à l’extrémité de la ville
Samuel dit à Saül :
— Dis à ton serviteur de passer et de marcher devant nous.
Et toi arrête-toi un peu et écoute la parole du Seigneur.
Et Samuel prit une petite fiole d’huile et la versa sur sa tête
puis il l'embrassa et dit :
— Voici que le Seigneur t'a oint pour chef sur son héritage.
Quand tu seras parti loin de moi aujourd’hui
tu trouveras deux hommes près du sépulcre de Rachel dans le territoire de Benjamin à midi
et ils te diront : — Les ânesses que tu étais allé chercher sont retrouvées
et ton père ayant délaissé les ânesses est inquiet pour vous
disant : — Que dois-je faire au sujet de mon fils ?
Et lorsque tu seras parti de là et que tu passeras au-delà
et que tu arriveras au chêne de Thabor
là trois hommes te rejoindront montant vers Dieu à Béthel
l’un portant trois chevreaux
l’autre trois pains ronds
et l’autre portant une outre de vin.
Et lorsqu’ils t’auront salué, ils te donneront deux pains
et tu les recevras de leur main.
Après cela, tu arriveras à la colline du Seigneur où se trouve une garnison de Philistins.
Et lorsque tu seras entré là, dans la ville,
tu rencontreras une troupe de prophètes descendant du haut lieu
et devant eux un luth et un tambourin
et une flûte et une harpe, et eux-mêmes prophétisant.
Et l’esprit du Seigneur s'élancera sur toi et tu prophétiseras avec eux
et tu seras changé en un autre homme.
Quand donc tous ces signes te seront arrivés
fais tout ce que ta main trouvera car le Seigneur est avec toi.
Et tu descendras devant moi à Galgal
car moi je descendrai vers toi
pour que tu offres un sacrifice et que tu immoles des victimes de paix.
Tu attendras sept jours jusqu’à ce que je vienne vers toi
et je te ferai savoir ce que tu dois faire.
C'est pourquoi lorsqu'il eut tourné le dos pour s'éloigner de Samuel
Dieu lui changea son cœur en un autre
et tous ces signes arrivèrent ce jour-là.
Et ils arrivèrent à la colline indiquée
et voici un bataillon de prophètes venant à sa rencontre
et l’esprit de Dieu s'élança sur lui et il prophétisa au milieu d’eux.
Et tous ceux qui l'avaient connu hier et avant-hier virent
qu’il était avec les prophètes et qu'il prophétisait
ils se dirent l’un à l’autre :
— Qu’est-il arrivé au fils de Quis ? Saül est-il aussi parmi les prophètes ?
L'un répondit à l'autre en disant :
— Et qui est leur père ?
C’est pourquoi cela passa en proverbe : « — Saül est-il aussi parmi les prophètes ? »
Et il cessa de prophétiser et vint au haut lieu.
Et l’oncle de Saül [leur] dit, à lui et à son serviteur : — Où êtes-vous partis ?
Et ils répondirent : — Chercher les ânesses
mais comme nous ne les avons pas trouvées, nous sommes venus vers Samuel.
Et son oncle lui dit :
— Raconte-moi ce que t'a dit Samuel.
Et Saül dit à son oncle :
— Il nous a indiqué que les ânesses étaient retrouvées.
Mais concernant la parole sur la royauté, il ne lui rapporta pas ce que Samuel lui avait dit.
Et Samuel convoqua le peuple devant le Seigneur à Maspha
et il dit aux fils d’Israël :
— Ainsi dit le Seigneur Dieu d’Israël :
— C'est moi qui ai fait sortir Israël d’Égypte
et qui vous ai arrachés de la main des Égyptiens
et de la main de tous les rois qui vous affligeaient.
Et vous, aujourd’hui, vous avez rejeté votre Dieu
qui est le sauveur même de tous vos maux et tribulations
et vous lui avez dit : — Non
mais établis un roi sur nous.
Tenez-vous donc maintenant devant le Seigneur selon vos tribus et selon vos familles.
Et Samuel fit approcher toutes les tribus d’Israël
et le sort tomba sur la tribu de Benjamin.
Il fit approcher la tribu de Benjamin et sa famille
et le sort tomba sur la famille de Métri et parvint jusqu'à Saül, fils de Quis.
Et ils le cherchèrent et il ne fut pas trouvé.
Et après cela ils interrogèrent le Seigneur :
— Allait-il venir ici ?
Et le Seigneur répondit : — Voici, il est caché dans sa maison.
Ils coururent donc et le prirent de là
et il se tint au milieu du peuple
et il était plus grand que tout le peuple depuis l’épaule et au-dessus.
Et Samuel dit à tout le peuple :
— Vous voyez en tout cas celui qu'a choisi le Seigneur
car il n’y en a pas de semblable à lui dans tout le peuple.
Et tout le peuple cria et dit : — Vive le roi !
Alors Samuel dit au peuple la loi du royaume
et il l’écrivit dans le livre et le déposa devant le Seigneur
et Samuel renvoya tout le peuple, chacun chez soi.
Et Saül aussi s’en alla dans sa maison à Gabaath
et s'en alla avec lui une partie de l'armée dont Dieu avait touché le cœur.
Mais les fils de Bélial dirent :
— Celui-là pourra-t-il nous sauver ?
Et ils le méprisèrent et ne lui apportèrent pas de présents.
Mais il négligeait de les écouter.
Naas l’Ammonite monta et commença à combattre contre Jabisgalaad.
Et tous les hommes de Jabès dirent à Naas :
— Considère-nous comme tes alliés et nous te servirons.
Et Naas l’Ammonite leur répondit :
— Je conclurai une alliance avec vous à condition
que je vous crève à tous l’œil droit
et que je mette un opprobre sur tout Israël.
Et les anciens de Jabès lui dirent :
— Accorde-nous sept jours pour que nous envoyions des messagers dans tout le territoire d’Israël
et s’il n’y a personne qui nous défende, nous sortirons vers toi.
Et les messagers vinrent à Gabaath de Saül
et dirent ces paroles au peuple qui écoutait
et tout le peuple éleva sa voix et pleura.
Et voici que Saül revenait de [son] champ suivant [ses] bœufs
et il dit : — Pourquoi le peuple pleure-t-il ?
Et ils lui rapportèrent les paroles des hommes de Jabès.
Et l'esprit du Seigneur s'élança sur Saül lorsqu’il eut entendu ces paroles
et sa colère s'irrita fortement.
Et il prit deux bœufs et les coupa en morceau
et les envoya par la main de messagers dans tout le territoire d’Israël en disant :
— Quiconque ne sortira pas à la suite de Saül et de Samuel
ainsi sera-t-il fait à ses bœufs.
L'effroi du Seigneur s'abattit sur le peuple et ils sortirent comme un seul homme.
Et il les passa en revue à Bézec :
les enfants d’Israël furent trois cent mille
et les hommes de Juda trente mille.
Et ils dirent aux messagers qui étaient venus :
— Vous direz ainsi aux hommes qui sont à Jabisgalaad :
— Demain ce sera pour vous le salut quand le soleil sera devenu chaud.
Et les messagers vinrent et portèrent la nouvelle aux hommes de Jabès
et ils se réjouirent.
Et ils dirent : — Au matin nous sortirons vers vous
et vous nous ferez tout ce qui vous plaira.
Et comme le jour suivant était arrivé
Saül disposa le peuple en trois corps
et il entra au milieu du camp à la veille du matin
et il frappa Ammon jusqu’à ce que le jour fût devenu chaud.
Ceux qui restèrent furent dispersés si bien qu’il n’en resta pas deux ensemble.
Et le peuple dit à Samuel :
— Quel est celui qui a dit : — Saül ne régnera pas sur nous ?
Livrez ces hommes et nous les tuerons.
Et Saül dit : — Personne ne sera tué en ce jour
car aujourd'hui le Seigneur a opéré le salut en Israël.
Et Samuel dit au peuple :
— Venez et allons à Galgal et là, renouvelons la royauté.
Et tout le peuple alla à Galgal
et là ils firent de Saül leur roi devant le Seigneur à Galgal
et là ils offrirent des sacrifices de paix devant le Seigneur
et là Saül se réjouit beaucoup ainsi que tous les hommes d’Israël.
Et Samuel dit à tout Israël :
— Voici que j’ai écouté votre voix pour tout ce que vous m’avez dit et j’ai établi un roi sur vous.
Et maintenant le roi marche devant vous.
Pour moi j'ai vieilli et j'ai blanchi
mais mes fils sont avec vous.
C'est pourquoi ayant vécu devant vous depuis ma jeunesse jusqu'à ce jour : voici, je suis prêt.
Parlez de moi devant le Seigneur et devant son oint
si j'ai pris le bœuf ou l'âne de quelqu'un
si j'ai calomnié quelqu'un
si j'ai opprimé quelqu'un
si j'ai accepté un présent de la main de quelqu'un
je le mépriserai aujourd'hui et vous le rendrai.
Et ils dirent : — Tu ne nous as point calomniés
et tu ne nous as pas opprimés
et tu n’as rien pris de la main de personne.
Et il leur dit :
— Le Seigneur est témoin contre vous et son oint est témoin en ce jour
que vous n’avez rien trouvé dans ma main.
Et ils dirent : — Témoin !
Et Samuel dit au peuple :
— C'est le Seigneur qui a fait Moïse et Aaron
et qui a fait sortir nos pères du pays d’Égypte.
Et maintenant présentez-vous pour que, dans un jugement, je rivalise contre vous devant le Seigneur
au sujet de toutes les miséricordes du Seigneur, qu'il a opérées envers vous et envers vos pères.
Quand Jacob fut entré en Égypte
vos pères crièrent vers le Seigneur
et le Seigneur envoya Moïse et Aaron
et il fit sortir vos pères d’Égypte
et les établit dans ce lieu.
Mais ils oublièrent le Seigneur leur Dieu
et il les livra en la main de Sisara chef de l'armée d’Asor
et en la main des Philistins et en la main du roi de Moab
et ils combattirent contre eux.
Et ensuite ils crièrent vers le Seigneur et dirent :
— Nous avons péché car nous avons abandonné le Seigneur
et nous avons servi les Baals et Astharoth
maintenant délivre-nous donc de la main de nos ennemis et nous te servirons.
Et le Seigneur envoya Jérobaal, Bedan, Jephté et Samuel
et il vous délivra de la main de vos ennemis d'alentour
et vous demeurâtes sans crainte.
Et voyant que Naas, roi des fils d’Ammon, venait contre vous
vous m’avez dit : — Non, mais un roi régnera sur nous !
alors que le Seigneur votre Dieu régnait sur vous.
Maintenant le voici donc votre roi que vous avez choisi et que vous avez demandé :
et voici que le Seigneur a établi sur vous un roi.
Si vous craignez le Seigneur, servez-le
et obéissez à sa voix et ne vous rendez pas rebelles à la bouche du Seigneur
vous serez, vous et le roi qui règne sur vous, à la suite du Seigneur votre Dieu.
Mais si vous n’écoutez pas la voix du Seigneur
et vous rendez rebelles à la bouche du Seigneur
la main du Seigneur sera contre vous et contre vos pères.
Mais maintenant aussi tenez-vous [là] et voyez cette grande chose que le Seigneur va opérer devant vos yeux.
N’est-ce pas aujourd'hui la moisson du froment ?
J'invoquerai le Seigneur et il donnera des tonnerres et des pluies
et vous saurez et vous verrez qu'il est grand le mal que vous aurez fait au regard du Seigneur en demandant sur vous un roi.
Samuel cria vers le Seigneur
et le Seigneur donna de la voix et de la pluie ce jour-là.
Et tout le peuple craignit beaucoup le Seigneur et Samuel.
Et tout le peuple dit à Samuel :
— Prie pour tes serviteurs le Seigneur ton Dieu afin que nous ne mourions pas
car nous avons ajouté à tous nos péchés le mal de demander pour nous un roi.
Et Samuel dit au peuple : — Ne craignez pas.
Vous, vous avez fait tout ce mal
cependant ne vous détournez pas du Seigneur
et servez le Seigneur de tout votre cœur.
Ne vous en détournez pas pour suivre des choses vaines
qui ne vous profiteront pas
ni ne vous délivreront, parce qu'elles sont vaines.
Car le Seigneur n'abandonnera pas son peuple à cause de son grand nom
car le Seigneur a juré de faire de vous son peuple.
Loin de moi ce péché contre le Seigneur que je cesse de prier pour vous !
Je vous enseignerai le bon et droit chemin.
Craignez donc le Seigneur et servez-le en vérité et de tout votre cœur
car vous avez vu les grandes choses qu'il a faites pour vous.
Aussi si vous persévérez à faire le mal
vous et votre roi ensemble vous périrez.
Saül [était comme] un fils d'un an lorsqu’il commença à régner
et il régna deux ans sur Israël.
Saül se choisit trois mille hommes d’Israël :
deux mille étaient avec Saül à Macmas et sur la montagne de Béthel
et mille étaient avec Jonathan à Gabaath de Benjamin.
Quant au reste du peuple, il renvoya chacun dans sa tente.
Jonathan frappa le poste des Philistins qui était à Gabaa
et lorsque les Philistins l’apprirent
Saül sonna de la trompette dans tout le pays en disant : — Que les Hébreux entendent !
Tout Israël entendit la nouvelle de cette manière :
— Saül a frappé le poste des Philistins
et même Israël s’est dressé contre les Philistins !
Et le peuple cria derrière Saül à Galgal.
Et les Philistins ont été rassemblés pour combattre contre Israël :
trente mille chars et six mille cavaliers
et le reste du peuple très nombreux comme le sable qui est sur le bord de la mer.
Et montant, ils campèrent à Macmas à l’orient de Bethaven.
Quand les hommes d'Israël se virent situés dans [lieu] escarpé
le peuple s'affligea.
Ils se cachèrent dans les cavernes et dans les tanières
ainsi que dans les rochers, dans les grottes et dans les citernes.
Et des Hébreux traversèrent le Jourdain vers la terre de Gad et de Galaad.
Et alors que Saül était encore à Galgal
tout le peuple à sa suite fut épouvanté.
Il attendit sept jours selon la volonté de Samuel.
Mais Samuel ne vint pas à Galgal
et le peuple se dispersa loin de lui.
Saül dit donc : — Apportez-moi l’holocauste et les offrandes de paix.
Et il offrit l’holocauste.
Et il advint, comme il achevait d’offrir l’holocauste
que Samuel arriva
et Saül sortit à sa rencontre pour le saluer.
Et Samuel lui dit : — Qu’as-tu fait ?
Saül répondit :
— Parce que j’ai vu que le peuple s'était dispersé loin de moi
et que tu n’étais pas venu selon les jours fixés
et que les Philistins s'étaient assemblés à Macmas
j'ai dit : — Maintenant les Philistins descendront contre moi à Galgal
et je n’ai pas apaisé la face du Seigneur.
Poussé par la nécessité, j’ai offert l’holocauste.
Et Samuel dit à Saül :
— Tu as agi follement et tu n’as pas observé les commandements du Seigneur ton Dieu qu'il t’avait prescrit
car si tu n'avais pas fait cela le Seigneur aurait maintenant établi ton règne sur Israël pour toujours.
Mais maintenant ton règne ne subsistera pas plus longtemps.
Le Seigneur s’est cherché un homme selon son cœur
et le Seigneur lui a ordonné d'être le chef de son peuple
parce que tu n’as pas observé ce que t'avait ordonné le Seigneur.
Et Samuel se leva et il monta de Galgal à Gabaa de Benjamin.
Et Saül passa en revue le peuple qui se trouvait avec lui : environ six cents hommes.
Et Saül et Jonathan son fils
et le peuple qui se trouvait avec eux étaient à Gabaa de Benjamin
et les Philistins s'étaient établis à Macmas.
Et ils sortirent pour piller du camp des Philistins en trois corps :
un corps se dirigeait vers le chemin d'Éphra vers le pays de Saül
et un autre corps marchait par le chemin de Bethoron
et le troisième tournait vers le chemin de la frontière dominant la vallée de Séboïm contre le désert.
Et il ne se trouvait aucun forgeron dans tout le pays d’Israël
car les Philistins avaient été attentifs à ce que les Hébreux par hasard ne fassent ni épée ni lance.
Et tout Israël descendait chez les Philistins
pour aiguiser chacun son soc et sa houe et sa hache et son sarcloir.
C'est pourquoi le tranchant des socs, des hoyaux, des tridents et des haches était émoussé au point qu'il fallait redresser l'aiguillon.
Et il arriva qu'au jour du combat
il ne se trouvait ni épée ni lance dans la main de tout le peuple qui était avec Saül et avec Jonathan
sauf pour Saül et Jonathan son fils.
Or un poste des Philistins sortit pour monter vers Macmas.
Et il arriva qu'un jour Jonathan fils de Saül dit au jeune homme qui portait ses armes :
— Viens et traversons jusqu'au poste des Philistins qui est de l'autre côté de ce lieu.
Mais il n’en informa pas son père.
Saül demeurait à l’extrêmité de Gabaa
sous le grenadier qui était à Magron
et le peuple qui était avec lui était d'environ six cents hommes.
Et Ahias, fils d’Ahitob, frère d’Icabod, fils de Finéès
qui était né d’Héli, prêtre du Seigneur à Silo, portait l’éphod.
Mais le peuple ne savait pas que Jonathan s’en était allé.
Dans les passages entre lesquels Jonathan cherchait à s'infiltrer vers le poste des Philistins
il y avait des roches saillantes des deux côtés
un peu comme des dents en pierre acérées de part et d'autre :
le nom de l'une « Bosès » et le nom de l’autre « Séné ».
Un rocher s'avançait vers le nord vis-à-vis de Macmas
et l’autre du côté du midi vis-à-vis de Gabaa.
Et Jonathan dit au jeune homme qui portait ses armes :
— Viens et traversons jusqu'au poste de ces incirconcis !
Peut-être le Seigneur agira-t-il pour nous
car il n'est pas difficile au Seigneur de sauver soit par un grand nombre soit par un petit nombre ?
Et celui qui portait ses armes lui dit :
— Fais tout ce qui plaît à ton cœur
va où tu désires, je serai avec toi partout où tu voudras.
Et Jonathan dit : — Voici, nous traversons vers ces hommes
et alors que nous nous montrerons à eux
s’ils nous parlent ainsi : « — Ne bougez pas jusqu’à ce que nous montions à vous »
nous resterons à notre place et nous ne monterons pas vers eux ;
mais s’ils disent ceci : « — Montez vers nous »
nous monterons car le Seigneur les aura livrés entre nos mains.
Tel sera pour nous le signe.
Ils se montrèrent l'un et l'autre au poste des Philistins
et les Philistins dirent :
— Voici les Hébreux qui sortent des trous où ils s’étaient cachés.
Et les hommes du poste parlèrent à Jonathan et à celui qui portait ses armes
et dirent : — Montez vers nous et nous vous ferons savoir quelque chose.
Et Jonathan dit à celui qui portait ses armes :
— Monte après moi
car le Seigneur les a livrés dans la main d'Israël.
Et Jonathan monta en grimpant avec ses mains et avec ses pieds
et celui qui portait ses armes derrière lui.
Et ainsi les uns tombaient devant Jonathan
et celui qui portait ses armes tuait les autres en le suivant.
Ce fut le premier massacre par lequel Jonathan et celui qui portait ses armes frappèrent :
presque vingt hommes sur la moitié d'un arpent de terre
qu'une paire de bœufs a l'habitude de labourer en un jour.
Et l’étonnement fut dans le camp, à travers les champs
et tout le peuple de leur poste qui allaient pour piller
furent frappés de stupeur et la terre fut troublée :
il arriva comme un prodige de Dieu.
Et les sentinelles de Saül qui étaient à Gabaa de Benjamin regardèrent
et voici la multitude dispersée et fuyant çà et là.
Et Saül dit au peuple qui était avec lui :
— Cherchez et voyez qui de nous s’en est allé.
Et quand ils eurent cherché, on découvrit que Jonathan et celui qui portait ses armes n'étaient pas là.
Et Saül dit à Ahia : — Approche l’arche de Dieu.
En effet l’arche de Dieu était là en ce jour-là avec les fils d’Israël.
Et il arriva, alors que Saül parlait au prêtre
que le tumulte se leva dans le camp des Philistins
et augmentait peu à peu et retentissait plus clairement
et Saül dit au prêtre :
— Retire ta main.
Puis Saül cria et tout le peuple qui était avec lui
et ils vinrent jusqu’au lieu du combat
et voici, l’épée de chacun fut contre son prochain :
le carnage était extrême.
Les Hébreux qui étaient avec les Philistins hier et avant-hier
et étaient montés avec eux au camp
se tournèrent pour être avec Israël qui était avec Saül et Jonathan.
Et tous ceux d’Israël qui s’étaient cachés dans la montagne d’Éphraïm
apprenant que les Philistins avaient fui
se joignirent à eux dans le combat.
Et le Seigneur sauva Israël en ce jour-là.
Et le combat parvint jusqu’à Bethaven.
Et l'homme d’Israël fut uni en ce jour-là.
Or Saül adjura le peuple, disant :
— Maudit soit l'homme qui mangera du pain jusqu’au soir
jusqu’à ce que je me sois vengé de mes ennemis.
Et le peuple entier ne mangea pas de pain.
Tout le peuple du pays vint dans la forêt
où il y avait du miel à la surface du champ.
Et le peuple entra dans la forêt et apparut du miel qui coulait
mais nul ne porta la main à sa bouche
car le peuple craignait le serment.
Mais Jonathan n’avait pas entendu lorsque son père avait fait prêter serment au peuple
il étendit l’extrémité du bâton qu’il avait à la main
et le trempa dans un rayon de miel
et il ramena sa main à sa bouche et ses yeux furent illuminés.
Alors quelqu’un du peuple répondit et dit :
— Ton père a lié par un serment le peuple en disant :
— Maudit soit l’homme qui mangera du pain aujourd’hui.
Et le peuple était épuisé.
Et Jonathan dit :
— Mon père a troublé le pays.
Vous voyez vous-mêmes que mes yeux sont illuminés
parce que j’ai goûté un peu de ce miel.
Combien plus, si le peuple avait mangé du butin de ses ennemis qu'il a trouvé
la défaite n’aurait-elle pas été plus grande chez les Philistins ?
Ils frappèrent donc ce jour-là les Philistins depuis Macmas jusqu’à Aïalon
et le peuple fut très fatigué.
Le peuple se jeta sur le butin et il prit des brebis et des bœufs et des veaux
et il les immolèrent sur la terre et le peuple mangea avec le sang.
Ils portèrent la nouvelle à Saül en disant :
— Le peuple avait péché contre le Seigneur en mangeant avec le sang.
Et il dit : — Vous avez transgressé, roulez dès maintenant vers moi une grande pierre.
Et Saül dit : — Dispersez-vous parmi le peuple et dites-leur
— Que chacun m'amène son bœuf et sa brebis.
Égorgez dessus et mangez
et vous ne pécherez pas contre le Seigneur en mangeant avec le sang.
Et tout le peuple amena chacun son bœuf par la main jusqu'à la nuit et ils égorgèrent là.
Saül bâtit un autel au Seigneur
et ce fut alors le premier autel qu’il commença à bâtir au Seigneur.
Et Saül dit : — Précipitons-nous de nuit contre les Philistins
pillons-les jusqu’à ce que luise le matin
et ne laissons pas [réchapper] un seul d'entre eux.
Et tout le peuple dit : — Tout ce qui semble bon à tes yeux fais-le.
Mais le prêtre dit : — Approchons-nous ici de Dieu.
Et Saül consulta Dieu :
— Poursuivrai-je les Philistins ?
Les livreras-tu en la main d’Israël ?
Et il ne lui répondit pas ce jour-là.
Saül dit : — Approchez ici, tous les chefs du peuple
et sachez et voyez par qui ce péché est arrivé aujourd’hui.
Il est vivant le Seigneur le sauveur d’Israël parce que si c'est par mon fils Jonathan que c'est arrivé
il mourra sans hésitation.
Et en cela personne de tout le peuple ne le contredit.
Et il dit à tout Israël :
— Séparez-vous d’un côté
et moi avec mon fils Jonathan je serai de l’autre côté.
Et le peuple répondit à Saül :
— Ce qui semble bon à tes yeux fais-le.
Et Saül dit au Seigneur le Dieu d’Israël :
— Donne une indication !
Et c'est Jonathan qui fut pris, ainsi que Saül
et le peuple sortit.
Et Saül dit : — Jetez le sort entre moi et entre Jonathan mon fils !
Et Jonathan fut pris.
Et Saül dit à Jonathan : — Déclare-moi ce que tu as fait.
Jonathan le lui déclara, il dit :
— Pour goûter, j'ai vraiment goûté, du bout du bâton
que j’avais à la main, un tout petit peu de miel
et voici, je meurs ?
Et Saül dit : — Que Dieu me fasse ceci et y rajoute cela :
pour mourir, tu vas mourir, Jonathan !
Et le peuple dit à Saül :
— Jonathan mourra-t-il donc, lui qui a opéré ce grand salut en Israël ?
Cela est injuste !
Le Seigneur est vivant si un cheveu de sa tête tombe à terre
car c’est avec Dieu qu’il a agi aujourd'hui.
Et le peuple délivra Jonathan pour qu'il ne meure pas.
Et Saül se retira et ne poursuivit pas les Philistins
et les Philistins s'en allèrent en leur lieu.
Mais Saül ayant affermi la royauté sur Israël
combattit aux alentours contre tous ses ennemis
contre Moab et les fils d’Ammon
et contre Édom et les rois de Suba et les Philistins
et partout où il se tournait il l’emportait.
Et ayant rassemblé une armée, il frappa Amalec
et délivra Israël de la main de ceux qui le pillaient.
Et les fils de Saül étaient Jonathan et Jessui et Melquisua
le nom de ses deux filles :
le nom de l’aînée Mérob et le nom de la plus jeune Micol.
Et le nom de la femme de Saül était Ahinoam fille d’Ahimaas.
Le nom du chef de son armée
était Abner, fils de Ner, cousin du côté paternel de Saül.
Et Cis était père de Saül et Ner père d’Abner, fils d’Abiel.
Et la guerre était forte contre les Philistins tous les jours de Saül
car tout homme fort et apte au combat que Saül voyait, il se l'associait.
Et Samuel dit à Saül :
— C’est moi que le Seigneur a envoyé pour t’oindre comme roi sur son peuple Israël
et maintenant écoute donc la voix du Seigneur.
Ainsi dit le Seigneur des armées :
— J’ai passé en revue tout ce qu’Amalec a fait à Israël
comment il s’est opposé à lui sur le chemin quand il montait d’Égypte.
Va donc maintenant et frappe Amalec et démolis tous ses biens
ne l'épargne pas mais tue de l'homme jusqu'à la femme
ainsi que l'enfant et le nourrisson
le bœuf et la brebis, le chameau et l'âne.
Et Saül le fit savoir au peuple
et il les passa en revue comme des agneaux :
deux cent mille hommes de pied et dix mille hommes de Juda.
Et lorsque Saül fut arrivé jusqu’à la ville d’Amalec
il tendit une embuscade dans le torrent.
Et Saül dit au Cinéen :
— Allez, retirez-vous et descendez d’Amalec
de peur que je ne t'enveloppe avec lui
car tu usas de miséricorde envers tous les fils d’Israël lorsqu’ils montèrent d’Égypte.
Et le Cinéen se retira du milieu d’Amalec.
Et Saül frappa Amalec
depuis Évila jusqu’en allant à Sur qui est de la région de l’Égypte.
Il prit vivant Agag roi d’Amalec
et il tua tout le peuple avec le glaive dévorant.
Mais Saül et le peuple épargnèrent Agag
ainsi que les meilleurs parmi les troupeaux de brebis et de bœufs
les vêtements et les béliers et tout ce qui était beau
et ils ne voulurent pas les détruire entièrement
mais tout ce qui était vil et sans valeur ils le détruisirent .
Advint alors à Samuel le verbe du Seigneur, disant :
— Je me repens d’avoir établi Saül pour roi
car il m'a abandonné et il n’a pas observé mes paroles par un acte.
Samuel fut attristé et il cria vers le Seigneur toute la nuit.
Et Samuel se leva de nuit pour aller vers Saül le matin
et on avertit Samuel en disant : — Saül est allé à Carmel
et il s’est érigé un arc de triomphe
puis il s’en est retourné et est passé plus loin, et il est descendu à Galgal.
Samuel vint donc vers Saül.
et Saül lui dit :
— Sois béni du Seigneur ! J’ai accompli la parole du Seigneur.
Et Samuel dit :
— Quel est donc ce bruit de troupeaux qui résonne à mes oreilles
et des bœufs que moi j’entends ?
Saül dit : — Ils les ont amenés d'Amalec
car le peuple a épargné les meilleurs des brebis et des bœufs
pour les immoler au Seigneur ton Dieu
mais le reste nous l’avons tué.
Et Samuel dit à Saül :
— Laisse-moi et je te révèlerai ce que le Seigneur m’a dit cette nuit.
Et il lui dit : — Parle.
Et Samuel dit :
— Alors que tu étais petit à tes yeux
n’es-tu pas devenu le chef des tribus d’Israël
et le Seigneur ne t’a-t-il pas oint comme roi sur Israël ?
Et le Seigneur t’a envoyé sur le chemin et a dit :
— Va et détruis les pécheurs d'Amalec,
et tu combattras contre eux jusqu’à leur anéantissement.
Pourquoi donc n’as-tu pas écouté la voix du Seigneur
mais t’es-tu jeté sur le butin
et as-tu fait ce qui est mal aux yeux du Seigneur ?
Et Saül dit à Samuel :
— Au contraire j’ai écouté la voix du Seigneur et j’ai marché dans le chemin par lequel le Seigneur m'a envoyé
et j’ai amené Agag roi d’Amalec et j’ai détruit Amalec.
Et le peuple a pris sur le butin des troupeaux de brebis et des troupeaux de bœufs
prémices de ceux qui furent tués
pour les sacrifier au Seigneur leur Dieu à Galgal.
Et Samuel dit :
— Le Seigneur veut-il des holocaustes et des sacrifices
et non pas plutôt qu'on obéisse à la voix du Seigneur ?
Car l’obéissance est meilleure que les sacrifices
et écouter, mieux que d'offrir la graisse des béliers.
Puisque résister est comme le péché de divination
et ne pas vouloir obéir comme un crime d'idolâtrie .
Puisque tu as rejeté la parole du Seigneur
il t'a rejeté pour que tu ne sois plus roi.
Alors Saül dit à Samuel :
— J’ai péché car j’ai transgressé la parole du Seigneur et tes mots
craignant le peuple et obéissant à leur voix.
Mais maintenant porte, je te prie, mon péché,
reviens avec moi pour que j’adore le Seigneur.
Et Samuel dit à Saül :
— Je ne reviendrai pas avec toi car tu as rejeté la parole du Seigneur
et le Seigneur t'a rejeté afin que tu ne sois plus roi sur Israël.
Et Samuel se tourna pour s’en aller
mais celui-ci saisit le haut de son manteau qui fut ainsi déchiré.
Et Samuel lui dit :
— Le Seigneur a déchiré la royauté d’Israël de dessus toi aujourd’hui
et l’a donnée à ton voisin qui est meilleur que toi.
Pourtant le triomphateur en Israël ne pardonnera pas
et ne fléchira pas par repentir
car il n’est pas un homme pour se repentir.
Et il dit : — J’ai péché mais honore-moi maintenant devant les anciens de mon peuple et devant Israël
et reviens avec moi pour que j'adore le Seigneur ton Dieu.
Et donc Samuel retourna à la suite de Saül
et Saül adora le Seigneur.
Et Samuel dit : — Amenez-moi Agag, roi d’Amalec.
Et Agag lui fut présenté, très gras,
et Agag dit :
— Est-ce ainsi qu'une mort amère sépare ?
Et Samuel dit :
— De même que ton glaive a rendu des femmes sans enfants
ainsi ta mère, parmi les femmes, sera rendue sans enfant.
Et Samuel coupa Agag en morceaux devant le Seigneur à Galgal.
Samuel s'en alla à Ramatha
et Saül monta dans sa maison à Gabaath .
Et Samuel ne revit plus Saül jusqu’au jour de sa mort.
Mais Samuel pleurait Saül
puisque le Seigneur s'était repenti d'avoir établi Saül roi sur Israël.
Et le Seigneur dit à Samuel :
— Jusqu'à quand pleureras-tu, toi, sur Saül alors que moi je l’ai rejeté afin qu’il ne règne plus sur Israël ?
Remplis ta corne d’huile et viens afin que je t’envoie chez Jessé le Bethléemite
car j’ai prévu parmi ses fils un roi pour moi.
Et Samuel dit : — Comment irai-je ?
Car Saül l’apprendra et me tuera.
Et le Seigneur dit : — Tu prendras à la main un petit du troupeau
et tu diras : — C’est pour sacrifier au Seigneur que je suis venu.
Et tu appeleras Jessé au sacrifice
et moi je te montrerai ce que tu feras
et tu oindras celui que je te ferai voir.
Samuel fit donc comme le Seigneur lui avait dit
et vint à Bethléem.
et les anciens de la ville furent étonnés en allant à sa rencontre
et dirent : — Ton arrivée est-elle pacifique ?
Et il dit : — Pacifique.
C'est pour sacrifier au Seigneur que je suis venu.
Sanctifiez-vous et venez avec moi afin que je sacrifie.
Et il sanctifia Jessé et ses fils et les appela au sacrifice.
lorsqu’ils furent entrés, il aperçut Heliab et dit :
— Est-ce son oint devant le Seigneur ?
Et le Seigneur dit à Samuel :
— Ne regarde pas sa figure ni la hauteur de sa taille
parce que je l’ai rejeté
et que je ne juge pas selon le regard de l'homme
car l’homme voit ce qui apparaît
mais le Seigneur examine le cœur.
Et Jessé appela Abinadab
et l'amena devant Samuel
qui dit : — Celui-ci non plus le Seigneur ne l'a pas choisi.
Jessé amena Samma au sujet duquel il dit :
— Celui-ci non plus le Seigneur ne l'a pas choisi.
Et Jessé amena ses sept fils devant Samuel
et Samuel dit à Jessé :
— Le Seigneur n’a choisi aucun de ceux-ci.
Et Samuel dit à Jessé :
— Les fils sont-ils désormais au complet ?
Et il dit : — Il reste encore le petit et il fait paître les brebis.
Et Samuel dit à Jessé :
— Envoie et amène-le
car nous ne nous mettrons pas à table avant qu’il ne vienne ici.
Il envoya donc et l'amena.
Or il était roux, beau d'apparence et avec un visage gracieux.
Et le Seigneur dit :
— Lève-toi, oins-le, car c’est lui.
Et Samuel prit donc la corne d’huile
et l’oignit au milieu de ses frères
et l’esprit du Seigneur fondit sur David à partir de ce jour et dans la suite.
Et Samuel se leva et s’en alla à Ramatha.
Et l’esprit du Seigneur se retira de Saül
et un mauvais esprit venant du Seigneur le tourmentait.
Et les serviteurs de Saül lui dirent :
— Voici qu’un mauvais esprit de Dieu te tourmente.
Que notre seigneur parle donc !
Que tes serviteurs qui sont devant toi
cherchent un homme sachant jouer de la cithare
afin que quand le mauvais esprit de Dieu t'aura saisi
il joue de sa main et que tu supportes plus facilement.
Saül dit à ses serviteurs :
— Trouvez-moi donc quelqu'un sachant bien jouer et amenez-le vers moi.
Et répondant, l’un des serviteurs dit :
— Voici, j’ai vu un fils de Jessé le Bethléemite
il sait jouer et c'est un homme très fort
c'est un homme de guerre et sage en paroles
c'est un bel homme et le Seigneur est avec lui.
Saül envoya donc des messagers auprès de Jessé, disant :
— Envoie vers moi David ton fils qui est dans les pâturages.
Et Jessé prit un âne plein de pains et une outre de vin et un chevreau parmi les chèvres
et les envoya à Saül par la main de David son fils.
Et David vint vers Saül et se tint devant lui
et il l'aima fortement
et il devint son porteur d'armes.
Et Saül envoya vers Jessé, disant :
— Que David se tienne devant moi
car il a trouvé grâce à mes yeux.
Donc, à chaque fois que l’esprit de Dieu saisissait Saül
David prenait la cithare et jouait de sa main
et Saül était réconforté et se portait mieux
car le mauvais esprit se retirait de lui.
Les Philistins ayant rassemblé leurs armées pour le combat se réunirent à Soccho de Juda
et ils campèrent entre Soccho et Azéca dans le territoire de Dommin.
Et Saül et les hommes d’Israël s'étant rassemblés, vinrent dans la vallée du Térébinthe
et ils mirent leur armée en ligne de bataille pour combattre contre les Philistins.
Les Philistins se tenaient sur la montagne d’un côté
et Israël se tenait sur la montagne de l’autre côté
et la vallée était entre eux.
Alors sortit du camp des Philistins un bâtard
du nom de « Goliath » de Geth :
six coudées et une palme de haut,
un casque d’airain sur la tête,
il était revêtu d'une cuirasse à écailles
et le poids de sa cuirasse [était] de cinq mille sicles de bronze ;
il avait des jambières de bronze aux jambes
et un bouclier de bronze couvrait ses épaules ;
le bois de sa lance était comme une ensouple de tisserands
et la pointe elle-même pesait six cents sicles de fer ;
et celui qui portait son bouclier le précédait ...
S’arrêtant, il criait vers les bataillons d’Israël et leur disait :
— Pourquoi venez-vous prêts pour la bataille ?
Ne suis-je pas moi le Philistin et vous, les esclaves de Saül ?
Choisissez parmi vous un homme et qu'il descende pour un combat singulier :
s’il est capable de combattre avec moi et qu’il me tue, nous serons pour vous des esclaves
mais si c'est moi qui l'emporte sur lui et que je le tue, c'est vous qui serez pour nous des esclaves et qui nous servirez !
Et le Philistin disait :
— J'ai outragé les troupes d’Israël aujourd’hui
donnez-moi un homme et qu'il entre en combat singulier avec moi.
Et Saül et tous les hommes d'Israël entendant des discours du Philistin de ce genre
étaient stupéfaits et dans une grande crainte ...
Or David était fils de cet éphratéen, dont on a parlé plus haut, de Bethléem de Juda
dont le nom était « Jessé »,
qui avait huit fils
et, aux jours de Saül, était un vieil homme, avancé en âge parmi les hommes.
Les trois fils aînés de Jessé étaient partis au combat derrière Saül
et les noms de ses trois fils qui étaient allés à la guerre :
« Heliab », l’aîné, et le deuxième « Abinadab », et le troisième « Samma » ;
David était le plus jeune ;
les trois aînés ayant donc suivi Saül
David s'en alla et revint d’auprès de Saül pour faire paître les brebis de son père à Bethléem...
Mais le Philistin s’avançait le matin et le soir et il se se tenait debout, quarante jours durant ...
Et Jessé dit à David son fils :
— Prends pour tes frères cet épha de grain rôti et ces dix pains
et cours au camp vers tes frères !
Et ces dix morceaux de fromage, porte-les au tribun.
Tu visiteras tes frères pour voir s’ils se portent bien
et tâche d'apprendre avec qui ils sont rangés.
Or Saül et eux et tous les fils d’Israël combattaient contre les Philistins dans la vallée du Térébinthe.
Aussi David se leva-t-il de bon matin, confia le troupeau à un gardien
et chargé, s'en alla comme Jessé le lui avait commandé.
Il arriva au lieu de Magala
et près de l’armée qui était sortie pour la bataille et poussait des cris de guerre.
Car Israël avait rangé l'armée en ligne de bataille
et les Philistins s'étaient préparés face à l'adversaire.
Et David laissa les objets qu'il avait apportés
entre les mains du gardien des bagages
courut vers le lieu du combat
et il demandait à ses frères si tout se passait bien.
Et comme il leur parlait encore
apparut cet homceme bâtard
du nom de « Goliath », le Philistin de Geth, montant hors des rangs des Philistins
et comme il parlait, David entendit exactement les mêmes paroles ...
Et tous les Israélites, lorsqu'ils virent l'homme, fuirent devant lui car ils le craignaient fortement.
Et quelqu'un d'Israël dit :
— Avez-vous vu cet homme qui monte ?
C’est pour outrager Israël qu’il monte !
L'homme donc qui le frappera, le roi l'enrichira de grandes richesses
et il lui donnera sa fille
et il rendra la maison de son père exempte de tribut en Israël.
Et David s'adressa aux hommes qui se tenaient avec lui, disant :
— Que donnera-t-on à l'homme qui aura frappé ce Philistin
et qui aura ôté l’opprobre d'Israël ?
C'est qui, enfin, ce Philistin incirconcis
qui a outragé les troupes du Dieu vivant ?
Mais le peuple lui répétait le même discours, en disant :
— Voilà ce qu'on donnera à celui qui l'aura frappé...
Et comme Heliab, son frère aîné, l'avait entendu
qui parlait avec d'autres, il se mit en colère contre David et dit :
— Pourquoi es-tu venu et pourquoi as-tu laissé ces quelques brebis dans le désert ?
Je connais, moi, ta superbe et ta négligence
car c’est bien pour voir la bataille que tu es descendu !
Et David dit : — Qu’ai-je fait ? Est-ce qu'en quoi que ce soit, ce n'est pas le verbe ?
Puis il s'écarta à quelques pas de lui vers un autre
et tint le même discours
et le peuple lui répondit la même parole que la première fois.
Or les paroles que David avait dites furent entendues
elles furent racontées en présence de Saül
et comme on l'avait conduit jusqu'à lui, il lui dit :
— Que personne ne perde cœur à cause de lui !
C'est moi, ton esclave, qui vais combattre contre ce Philistin !
Et Saül dit à David :
— Tu n'es pas capable de résister à ce Philistin
ni de combattre contre lui parce que tu es un enfant
et lui, un homme de guerre depuis sa jeunesse.
Et David dit à Saül :
— Ton serviteur faisait paître le troupeau de son père
et un lion ou un ours venait
et il enlevait une brebis du milieu du troupeau
et je les suivais et les frappais
et je l'arrachais de leur gueule
et ils se dressaient contre moi
et je les saisissais à leur gorge
et je les étranglais et les tuais !
Alors le lion et l'ours, moi, ton esclave, je les ai abattus :
donc ce Philistin incirconcis lui aussi sera comme l’un d’eux
car il a osé maudire l'armée du Dieu vivant !
Et David dit :
— Le Seigneur qui m’a délivré de la griffe du lion et de la patte de l’ours
me délivrera lui-même de celle de ce Philistin !
Et Saül dit à David :
— Va et que le Seigneur soit avec toi !
Et Saül revêtit David de ses vêtements
et mit sur sa tête un casque d’airain
et le couvrit d’une cuirasse.
David, donc, ceint du glaive de Saul par-dessus son vêtement
essaya de voir s'il pouvait avancer en armes
car il n'en avait pas l'habitude
et David dit à Saül :
— Je ne peux pas avancer ainsi parce que je n'ai aucun entraînement
et il les déposa.
Il prit son bâton , qu'il avait toujours dans les mains,
et se choisit du torrent cinq pierres extrêmement lisses
et les mit dans la besace de berger qu'il avait avec lui,
il prit sa fronde à la main
et s’avança contre le Philistin.
Et le Philistin allait, s’avançant et s'approchant de David
et celui qui portait ses armes devant lui.
Et comme le Philistin avait regardé et qu'il avait vu David, il le méprisa
car c'était un jeune homme et il était roux et beau de visage.
Et le Philistin dit à David :
— Suis-je un chien, moi, pour que tu viennes à moi avec un bâton ?
Et le Philistin maudit David par ses dieux.
Et le Philistin dit à David :
— Viens à moi ! que je donne tes chairs aux oiseaux du ciel et aux bêtes de la terre !
Et David dit au Philistin :
— Toi, tu viens à moi avec l’épée et la lance et le javelot
et moi je viens à toi au nom du Seigneur des armées, du Dieu des troupes d’Israël que tu as outragées 46. aujourd'hui
le Seigneur te livrera dans ma main
et je te frapperai et je t'arracherai la tête
et je donnerai les cadavres du camp des Philistins en ce jour aux oiseaux du ciel et aux bêtes de la terre
et toute la terre saura qu’il y a un Dieu en Israël
et toute cette assemblée reconnaîtra
que ce n’est ni par l’épée ni par la lance que le Seigneur sauve
car à lui est la guerre et il vous livrera entre nos mains !
Et comme le Philistin s'était levé et qu'il venait et s’approchait contre David
David se hâta et courut vers le champ de bataille à la rencontre du Philistin.
Et il tendit sa main vers la besace
et prit une pierre et la lança avec sa fronde
et frappa le Philistin au front
et la pierre s’enfonça à travers le casque dans son front
et il tomba sur sa face contre terre.
Et David l'emporta contre le Philistin avec une fronde et une pierre
et tua le Philistin frappé ;
et alors que David n’avait pas d’épée dans la main
il courut et se tint sur le Philistin
et prit son épée et la tira de son fourreau
et il le tua et lui coupa la tête.
Et les Philistins, voyant que le plus fort d'entre eux était mort, s'enfuirent.
Et les hommes d’Israël et de Juda s'étant levés
ils poussèrent des cris et poursuivirent les Philistins jusqu’à ce qu'ils arrivent à la vallée
et jusqu’aux portes d’Accaron.
Et les blessés des Philistins tombèrent sur le chemin de Sarim jusqu’à Geth et jusqu’à Accaron.
Et les fils d’Israël étant revenus après avoir poursuivi les Philistins
ils pillèrent leur camp.
Et David prenant la tête du Philistin
la porta à Jérusalem
et il mit ses armes dans sa tente.
Et au moment où Saül avait vu David sortant contre le Philistin
il dit à Abner chef de l’armée :
— De quelle lignée ce jeune homme descend-il, Abner ?
Et Abner dit :
— Ton âme est vivante, ô roi, je ne sais pas.
Et le roi dit : — Demande, toi, de qui ce garçon est le fils.
Et alors que David était de retour après avoir frappé le Philistin
Abner le prit et l'introduisit devant Saül
ayant à la main la tête du Philistin.
Et Saül lui dit :
— De quelle famille es-tu, jeune homme ?
Et David dit :
— Je suis fils de ton esclave Jessé, le Bethléemite.
Et il arriva, comme il achevait de parler à Saül
que l’âme de Jonathan s’attacha à l’âme de David
et Jonathan l’aima comme son âme.
Et Saül le prit ce jour-là
et ne lui permit pas de retourner dans la maison de son père.
Et Jonathan et David firent alliance
car il l’aimait comme son âme.
Et Jonathan se dépouilla de la tunique dont il était vêtu
et la donna à David
et le reste de ses vêtements jusqu’à son épée et son arc et jusqu’à sa ceinture.
Et David sortait partout où l’envoyait Saül et il se conduisait avec prudence
et Saül l'établit sur les hommes de guerre
et il était agréable aux yeux de tout le peuple
et surtout devant les serviteurs de Saül.
Et alors que David revenait après qu'il eut frappé le Philistin
les femmes sortirent de toutes les villes d’Israël
en chantant et en conduisant des danses à la rencontre du roi Saül
joyeuses avec des tambourins et des sistres.
Et les femmes jouaient de la musique, chantant et disant :
— Saül en a frappé mille et David dix mille.
Et Saül fut très irrité
et ce langage déplut à ses yeux
et il dit : — Elles en ont donné dix mille à David et à moi elles en ont donné mille :
que lui reste-t-il sinon la royauté seule ?
Et Saül ne regardait pas David d'un bon œil à partir de ce jour-là et par la suite.
Et le lendemain, le mauvais esprit de Dieu assaillit Saül
et il prophétisait au milieu de sa maison
et David jouait de sa main comme chaque jour
et Saül tenait sa lance.
Et Saül la jeta pensant qu'il pourrait clouer David avec la paroi
et David se détourna de lui deux fois.
Et Saül craignit David parce que le Seigneur était avec lui et s’était retiré de lui[-même].
Et Saül l’éloigna de lui
et il l’établit chef de mille hommes
et il sortait et entrait devant le peuple.
Et dans toutes ses voies, David agissait avec sagesse et le Seigneur était avec lui.
Et Saül vit qu’il était très sage
et il commença à le craindre.
Et tout Israël et Juda aimaient David
car c'était lui qui sortait et entrait devant eux.
Et Saül dit à David :
— Voici ma fille aînée, Mérob,
je te la donnerai pour femme.
Seulement, sois un homme fort et combats les guerres du Seigneur !
Or Saül réfléchissait, disant :
— Que ma main ne soit pas sur lui mais que sur lui soit la main des Philistins !
Et David dit à Saül :
— Qui suis-je et quelle est ma vie et quelle est la famille de mon père en Israël
pour que je devienne le gendre du roi ?
Et il arriva qu'au moment où Mérob, fille de Saül, devait être donnée à David
elle fut donnée pour femme à Hadriel le Molathite.
Or Micol, seconde fille de Saül aima David.
Et on l'annonça à Saül et cela lui plut.
Et Saül dit : — Je la lui donnerai afin qu'elle soit pour lui un piège
et que la main des Philistins soit sur lui.
Et Saül dit à David :
— En deux choses tu seras aujourd'hui mon gendre.
Et Saül commanda à ses serviteurs :
— Parlez à mon insu à David en disant :
— Tu plais au roi et tous ses serviteurs t’aiment
sois maintenant donc le gendre du roi.
Et les serviteurs de Saül dirent toutes ces paroles aux oreilles de David
et David dit :
— Est-ce que cela vous semble peu que d'être le gendre du roi ?
Moi, je suis un homme pauvre et de peu d'importance.
Et les serviteurs de Saül lui rapportèrent, disant :
— David a dit des paroles de cette sorte.
Et Saül dit : — Vous parlerez ainsi à David :
— Le roi n'a pas besoin de dot
si ce n'est seulement cent prépuces de Philistins
pour que s'accomplisse la vengeance des ennemis du roi.
Mais Saül de son côté délibérait de livrer David aux mains des Philistins.
Et alors que ses serviteurs rapportèrent à David les paroles que nous avons dites
ce langage fut agréable aux yeux de David de devenir le gendre du roi.
Et après quelques jours David, se levant, s'en alla avec les hommes qui étaient sous lui
et ayant frappé deux cents hommes des Philistins
il apporta leurs prépuces et les compta au roi pour devenir son gendre
et Saül lui donna Micol sa fille pour femme.
Et Saül vit et comprit que le Seigneur était avec David
et Micol fille de Saül l'aimait.
Et Saül commença à craindre davantage David
et Saül devint l'ennemi de David tous les jours.
Et les princes des Philistins se mirent en route
et dès le début de leur sortie
David se conduisait avec plus de sagesse que tous les serviteurs de Saül
et son nom devint très célèbre.
Et Saül parla à Jonathan, son fils,
et à tous ses serviteurs de faire mourir David.
Et Jonathan, fils de Saül, quant à lui aimait beaucoup David.
Et Jonathan informa David en disant :
— Saül, mon père, cherche à te faire mourir.
C'est pourquoi, je t'en prie, sois sur tes gardes demain au matin
et tu demeureras à l’écart et tu te cacheras.
Et moi en sortant je me tiendrai à côté de mon père dans le champ où tu seras
et moi je parlerai de toi à mon père
et ce que je verrai je te le rapporterai.
Et Jonathan parla en bien de David à Saül son père
et il lui dit :
— Ô roi, ne pèche pas contre ton serviteur David
car il n’a pas péché contre toi
et ses actions sont très bonnes pour toi
et il a mis sa vie en sa main
et a frappé le Philistin
et le Seigneur a opéré un grand salut pour tout Israël.
Tu as vu et tu t’es réjoui,
pourquoi pèches-tu contre un sang innocent
en faisant mourir David qui est sans faute ?
Et alors que Saül écoutait apaisé la voix de Jonathan il jura :
— Le Seigneur est vivant parce qu'il ne sera pas tué.
Et Jonathan appela David
et lui rapporta toutes ces paroles
et Jonathan amena David auprès de Saül
et il fut en sa présence comme il avait été hier et avant-hier.
Et la guerre fut à nouveau engagée
et David, étant sorti, combattit contre les Philistins
et les frappa d'un grand coup et ils s’enfuirent de devant lui.
Alors le mauvais esprit du Seigneur fut sur Saül
et il était assis dans sa maison et tenait sa lance.
David de son côté jouait de la harpe avec sa main.
Et Saül chercha à clouer David avec sa lance contre la paroi.
Et David se détourna de devant Saül
et le coup ayant été vain, la lance donna dans la paroi.
Et David s'enfuit et se sauva cette nuit-là.
Saül envoya donc ses messagers à la maison de David pour qu'ils le surveillent et qu'il soit tué au matin.
Et alors que Micol sa femme en avait informé David disant :
— Si tu ne sauves pas ta vie cette nuit, demain tu mourras !
elle le mit à terre par la fenêtre
quant à lui, il s'en alla et s'enfuit et il fut sauvé.
Micol quant à elle prit une statue et la mit sur le lit
et elle mit à sa tête une peau poilue de chèvre et la couvrit de couvertures.
Or Saül envoya des messagers pour s'emparer de David
et elle répondit qu'il était malade.
Et Saül envoya à nouveau les messagers pour voir David disant :
— Portez-le vers moi dans son lit afin qu'il soit tué.
Et alors que les messagers étaient revenus
on trouva le simulacre sur le lit
et une peau de chèvre à sa tête.
Et Saül dit à Micol :
— Pourquoi m’as-tu trompé ainsi
et as-tu laissé aller mon ennemi pour qu’il s'enfuie ?
Et Micol répondit à Saül :
— Parce qu'il m’a dit : — Laisse-moi aller, autrement je te tuerai.
Quant à David, s'enfuyant, il fut sauvé et il vint vers Samuel à Ramatha
et lui rapporta tout ce que Saül lui avait fait.
Et ils s'en allèrent, lui et Samuel et ils demeurèrent à Naïoth.
Or on informa Saül par ceux qui disaient :
— Voici, David est à Naïoth en Rama.
Saül envoya donc des licteurs pour s'emparer de David
et ayant vu la troupe des prophètes qui prophétisaient
et Samuel se tenant au-dessus d'eux
l’esprit de Dieu fut sur eux
et ils commencèrent à prophétiser eux aussi.
Et alors qu'on avait informé Saül, il envoya d’autres messagers
et eux aussi prophétisèrent.
Saül envoya à nouveau un troisième groupe de messagers
et ils prophétisèrent eux aussi.
Quant à lui-même, il s'en alla aussi à Ramatha
et vint jusqu'à la grande citerne qui est à Soccho
et il demanda et dit :
— En quel lieu sont Samuel et David ?
Et on lui dit : — Voici qu'ils sont à Naïoth en Rama.
Et il s'en alla vers Naïoth en Rama
et un esprit de Dieu fut aussi sur lui
et il allait en marchant et il prophétisait jusqu’à ce qu'il fut arrivé à Naïoth en Rama.
Et il se dépouilla lui aussi de ses vêtements
et il prophétisa avec les autres devant Samuel
et il tomba nu tout ce jour et cette nuit.
De là vint le proverbe :
— Saül est-il aussi parmi les prophètes ?
Or David s’enfuit de Naïoth qui était à Rama
et arrivant, il dit en présence de Jonathan :
— Qu’ai-je fait ? Quelle est mon iniquité
et quel est mon péché contre ton père
pour qu’il en veuille en ma vie ?
Et il lui dit : — Mais il n'en est pas question ! Tu ne mourras pas :
en effet, mon père ne fait aucune chose, grande ou petite, sans m’en avoir informer avant.
Ce projet seulement, mon père me l'aurait donc caché ?
Cela n'arrivera absolument pas !
Et David jura à nouveau
et il dit :
— Ton père sait certainement que j’ai trouvé grâce à tes yeux
si bien qu'il va dire : — Que Jonathan n'en sache rien pour ne pas l'attrister.
Mais aussi vrai que le Seigneur est vivant et que ton âme est vivante :
un seul pas, pour ainsi dire, me sépare de la mort...
Et Jonathan dit à David :— Tout ce que tu m'aura dit, je le ferai pour toi.
Et David dit à Jonathan :
— Par exemple demain c'est les calendes
et d'habitude j'ai coutume de m'asseoir auprès du roi pour manger.
Laisse-moi donc aller me cacher dans un champ jusqu’au soir du troisième jour.
Si ton père me cherche, tu lui répondras :
— David m'a demandé à se rendre en hâte à à sa ville de Bethléem
parce qu’il y a des sacrifices solennels pour tous ceux de sa tribu !
S’il dit : — Bien, alors ton esclave aura la paix
mais s’il se met en colère, tu sauras que sa malveillance est à son comble.
Fais donc miséricorde à ton esclave
parce que c'est dans une alliance du Seigneur, que moi ton serviteur, tu m'as fait entrer avec toi.
Et s’il y a en moi la moindre faute, tue-moi toi-même
mais ne me fais pas comparaître chez ton père !
Et Jonathan dit : — Loin de toi cela !
Car il n'est pas possible que
dans le cas où j’apprends avec certitude que la malveillance de mon père contre toi est complète
je ne t’informe pas.
Et David répondit à Jonathan :
— Qui m'informera si par hasard ton père te répond quelque chose durement ?
Et Jonathan dit à David :
— Viens, sortons dans le champ.
Et alors qu'ils sortaient tous les deux dans le champ
Jonathan dit à David :
— Seigneur Dieu d’Israël !
Si je découvre le dessein de mon père demain ou après-demain
et s'il y a quelque chose de bon pour David
et que je n’envoie pas vers toi aussitôt et ne te le fais pas savoir
qu'ainsi fasse le Seigneur à Jonathan et ainsi y ajoute !
Si la malveillance de mon père persévère contre toi
je découvrirai ton oreille et je te laisserai aller afin que tu ailles en paix
et que le Seigneur soit avec toi comme il fut avec mon père !
Et si je suis vainqueur, tu useras envers moi de la miséricorde du Seigneur.
Mais si je meurs
tu ne retireras pas ta miséricorde de ma maison pour toujours
pas même quand le Seigneur aura exterminé chacun des ennemis de David de la terre.
Jonathan conclut donc une alliance avec la maison de David
et le Seigneur le demanda de la main des ennemis de David.
Et Jonathan fit encore jurer David parce qu’il l'avait aimé
car il l'aimait ainsi comme son âme.
Et Jonathan lui dit :
— Demain c'est les calendes et tu seras recherché
car ta présence à ta place est requise jusqu'à après-demain ;
tu descendras donc vite et iras là où tu dois te cacher, le jour où il est permis de travailler
et tu t'assiéras à côté de la pierre dont le nom est « Ézel ».
Et moi je lancerai trois flèches à côté d'elle
et je tirerai comme si je m'entraînais au but.
J’enverrai un serviteur aussi, en lui disant :
— Va et rapporte-moi les flèches !
Et si je dis au serviteur : — Voici, les flèches sont derrière toi, prends-les !
Toi, viens vers moi parce que la paix est avec toi et il n’y a aucun danger, [aussi vrai que] le Seigneur est vivant.
Mais si je parle ainsi au serviteur :
— Voici, les flèches sont devant toi !
Va-t-en, parce que le Seigneur t'a renvoyé !
Et quant à la parole que nous avons dite toi et moi,
que le Seigneur soit à jamais entre toi et moi.
David se cacha donc dans le champ
et ce furent les calendes
et le roi s'assit pour manger le pain.
Et comme le roi était assis selon la coutume
sur son siège qui était à côté de la paroi
Jonathan se leva et Abner s'assit au côté de Saül
et la place de David apparut vide.
Et Saül ne dit rien ce jour-là
car il pensait qu'il lui était arrivé par hasard de ne pas être pur ni purifié.
Et alors qu'avait resplendi le second jour après les calendes
la place de David apparut encore vide
et Saül dit à Jonathan son fils :
— Pourquoi le fils de Jessé n’est-il pas venu manger ni hier ni aujourd’hui ?
Et Jonathan répondit à Saül :
— Il m’a demandé obstinément d’aller à Bethléem
et il a dit : — Laisse-moi aller parce qu'il y a un sacrifice solennel dans la ville
et un de mes frères m'a appelé
et donc, si maintenant j’ai trouvé grâce à tes yeux
j'irai vite et je verrai mes frères.
C’est pour cette raison qu'il n’est pas venu à la table du roi.
Alors Saül irrité contre Jonathan lui dit :
— Fils d'une salope !
Est-ce que j'ignore que tu aimes le fils de Jessé
à ta honte et à la honte de ta mère ignominieuse ?
Car tous les jours que le fils de Jessé sera vivant sur la terre
tu ne seras pas établi ni toi ni ton règne.
Et maintenant envoie et amène-le vers moi parce que celui-ci est fils de la mort.
Et Jonathan répondit à Saül son père et lui dit :
— Pourquoi mourra-t-il ? Qu’a-t-il fait ?
Et Saül prit sa lance pour le frapper.
Et Jonathan comprit que son père était déterminé de tuer David.
Jonathan se leva donc de table dans une violente colère
et ne mangea pas de pain le second jour des calendes
car il était attristé au sujet de David
parce que son père l’avait outragé.
Et alors qu'il faisait jour le matin
Jonathan vint dans le champ selon le souhait de David
et un petit serviteur avec lui.
Et il dit à son garçon :
— Va et apporte-moi les flèches que je tire.
Et, alors que le serviteur avait couru, Jonathan tira une autre flèche au-delà du garçon.
Et le serviteur vint au lieu à l’endroit du javelot que Jonathan avait lancée.
Et Jonathan cria derrière le serviteur et dit :
— Voici que la flèche est là plus loin.
Et Jonathan cria derrière le serviteur :
— Vite, hâte-toi, ne t’arrête pas !
Et le serviteur de Jonathan ramassa les flèches et les apporta à son maître.
Et le serviteur ignorait totalement ce qui se faisait.
En effet, Jonathan et David seuls savaient l'affaire.
Jonathan donna donc ses armes au serviteur
et lui dit : — Va, porte-les à la ville.
Et alors que le garçon s'en était allé
David se leva du lieu qui regardait vers le midi
et tombant incliné vers la terre il se prosterna trois fois
et s'embrassant l'un l'autre ils pleurèrent ensemble
mais David encore plus.
Et Jonathan dit à David :
— Va en paix
après que nous avons juré tous les deux au nom du Seigneur disant :
— Que le Seigneur soit entre toi et moi et entre ma postérité et ta postérité à jamais !
Quant à David, il se leva et s’en alla
et Jonathan entra dans la ville.
Et David vint à Nobé auprès du prêtre Ahimélec
et Ahimélec s'étonna de ce que David était venu et lui dit :
— Pourquoi es-tu seul et n’y a-t-il personne avec toi ?
Et David dit au prêtre Ahimélec :
— Le roi m’a ordonné une chose et a dit :
— Que personne ne sache la raison pour laquelle je t'ai envoyé
et quels ordres je t'ai donnés.
J’ai convenu avec mes hommes de tel et tel lieu.
Et maintenant si tu as quelque chose sous la main, donne-moi cinq pains, par exemple, ou bien ce que tu trouveras.
Et le prêtre répondant à David lui dit :
— Je n’ai pas sous la main de pains ordinaires mais seulement du pain consacré
à condition que les hommes soient purs, surtout en ce qui concerne les femmes.
David répondit au prêtre et lui dit :
— Je peux te dire qu'en ce qui concerne les femmes
nous nous sommes abstenus hier et depuis trois jours que nous sommes partis
et mes hommes ont gardé leurs paquetages saints.
La voie dans laquelle nous nous trouvons, quant à elle, est corrompue
mais même elle, en ce jour, sera sanctifiée par [la pureté] de nos paquetages.
Et le prêtre lui donna du pain consacré
car il n’y avait là aucun pain, si ce n'est les pains de présentation
qui avaient été retirés de devant la face du Seigneur
pour qu'y soient déposés les pains chauds [à leur place].
Or il y avait là un homme, un des serviteurs de Saül, qui en ce jour était à l'intérieur, dans le tabernacle du Seigneur
son nom était Doëc l'Iduméen
le plus puissant des bergers de Saül.
Et David dit à Ahimélec :
— As-tu là sous la main une lance ou une épée ?
Parce que je n’ai pas pris avec moi mon épée ni mes armes
car la parole du roi était pressante.
Et le prêtre dit :
— L’épée de Goliath le Philistin que tu as frappé dans la vallée du Térébinthe
est enveloppée dans le manteau derrière l’éphod.
Si tu veux la prendre, prends-la
car il n’y en a pas d’autre ici hormis celle-là.
Et David dit : — Il n'y en a pas d'autre semblable à celle-là, donne-la-moi.
Et David se leva et s’enfuit ce jour-là de devant Saül
et vint chez Achis, roi de Geth.
Et les serviteurs d’Achis lui dirent :
— N’est-ce pas David, le roi du pays ?
N’est-ce pas pour lui que l'on chantait par des danses en disant :
— Saül a frappé mille et David dix mille ?
Et David mit ces paroles dans son cœur
et il eut très peur devant Achis roi de Gath.
Et David mit ces paroles dans son cœur
et il eut très peur devant Achis roi de Geth.
Et David mit ces paroles dans son cœur
et il eut très peur devant Achis roi de Geth.
Et il changea son visage devant eux
et s'écroulait entre leurs mains
et frappait contre les battants des portes
et sa salive coulait sur sa barbe.
Et Achis dit à ses serviteurs :
— Vous voyez que l'homme est insensé, pourquoi me l’avez-vous amené ?
Nous manque-t-il des fous
que vous m’ayez amené celui-ci pour qu’il fasse le fou en ma présence ?
Entrera-t-il dans ma maison ?
David partit de là et se sauva dans la caverne d’Odollam.
Ses frères et toute la maison de son père l’ayant appris
ils descendirent là vers lui.
Et s'assemblèrent auprès de lui tous ceux qui étaient établis dans l'insuffisance
et qui étaient accablés par les dettes et par une âme amère
et il devint leur chef.
Et ils furent avec lui environ quatre cents hommes.
Et David s’en alla de là à Maspha qui est à Moab
et il dit au roi de Moab :
— Je te prie, que mon père et ma mère demeurent avec vous
jusqu’à ce que je sache ce que Dieu me fera.
Et il les laissa devant le roi de Moab
et ils demeurèrent chez lui tous les jours que David fut dans la forteresse.
Et Gad le prophète dit à David : — Ne reste pas dans la forteresse
va-t’en et rends-toi dans le pays de Juda.
Et David s’en allant vint dans la forêt de Haret.
Et Saül apprit que David s'était montré, ainsi que les hommes qui étaient avec lui.
Or Saül, alors qu'il demeurait à Gabaa
qu'il était dans un bois qui est à Rama
tenant sa lance à la main
et que tous ses serviteurs se tenaient auprès de lui
dit à ses serviteurs qui se tenaient debout auprès de lui :
— Écoutez, fils de Jamin,
le fils de Jessé vous donnera-t-il à tous des champs et des vignes
et vous fera-t-il tous tribuns et centeniers
parce que vous avez tous conspiré contre moi
et qu’il n’y a personne qui m’ait averti
surtout quand mon fils a fait alliance avec le fils de Jessé
et qu'il n'y a personne d'entre vous qui ne s'afflige de mon sort
et qui m'ait averti
que mon fils a soulevé mon serviteur contre moi me dressant des embûches jusqu'aujourd’hui ?
Et Doëc l’Iduméen répondit
lui qui se tenait debout et qui était le premier des serviteurs de Saül :
— J’ai vu dit-il, le fils de Jessé à Nobé auprès d’Ahimélec, fils d’Ahitob
qui a consulté pour lui le Seigneur et il lui a donné des vivres
il lui a aussi donné l’épée de Goliath le Philistin.
Le roi envoya donc appeler le prêtre Ahimélec fils d’Ahitob
et toute la maison de son père, les prêtres qui étaient à Nobé
et ils vinrent tous vers le roi.
Et Saül dit :
— Écoute maintenant, fils d’Ahitob.
Et il répondit : — Je suis prêt, seigneur.
Et Saül lui dit :
— Pourquoi avez-vous conspiré contre moi, toi et le fils de Jessé
et lui as-tu donné des pains et une épée
et as-tu consulté Dieu pour lui
pour qu’il se dresse contre moi en traître persistant jusqu'à aujourd’hui ?
Et Ahimélec répondant au roi dit :
— Et qui, parmi tous tes serviteurs, [est] comme David, fidèle,
gendre du roi qui accomplit entièrement ton ordre
et glorieux dans ta maison ?
Est-ce aujourd'hui que j'ai commencé à consulter Dieu pour lui ?
Loin de là !
Que le roi ne soupçonne aucune chose de cette sorte contre son serviteur dans toute la maison de mon père
car ton serviteur n'a rien su sur cette affaire, ni peu ni beaucoup.
Et le roi dit : — Tu mourras de mort Ahimélec, toi et toute la maison de ton père.
Et le roi dit aux émissaires qui se tenaient autour de lui :
— Tournez-vous et tuez les prêtres du Seigneur
parce que leur main est avec David :
sachant qu’il fuyait, ils ne m’ont pas informé.
Mais les serviteurs du roi ne voulurent pas étendre leur main sur les prêtres du Seigneur.
Et le roi dit à Doëc :
— Toi, tourne-toi et jette-toi sur les prêtres.
Et Doëc l'Iduméen se tournant, se jeta sur les prêtres
et ce jour-là il massacra quatre-vingt-cinq hommes portant en main l’éphod de lin.
Et Nobé la ville des prêtres, il la frappa avec le glaive dévorant
hommes et femmes, petits enfants et nourrissons
bœuf et âne et brebis avec le glaive dévorant.
Un seul fils d’Ahimélec, fils d’Ahitob,
dont le nom était Abiathar s'étant sauvé, s'enfuit auprès de David.
Et il lui annonça que Saül avait tué les prêtres du Seigneur.
Et David dit à Abiathar :
— Je savais en ce jour-là que Doëc l’Iduméen étant là, il informerait certainement Saül.
C’est moi qui suis responsable de toutes les âmes de [la maison] de ton père.
Reste avec moi, ne crains pas
car celui qui cherche ma vie cherche ta vie et avec moi tu seras gardé.
Et ils rapportèrent à David, en disant :
— Voici que les Philistins attaquent Queila et pillent les plaines.
David consulta donc le Seigneur en disant :
— Irai-je et frapperai-je ces Philistins ?
Et le Seigneur dit à David :
— Va et tu frapperas les Philistins et tu sauveras Queila.
Et les hommes qui étaient avec David lui dirent :
— Voici que déja, demeurant ici en Judée, nous craignons ;
combien plus si nous allons à Queila contre les troupes des Philistins !
David consulta donc de nouveau le Seigneur
qui, lui répondant, dit :
— Lève-toi et rends-toi à Queila
car moi je livrerai les Philistins en ta main.
David s'en alla ainsi que ses hommes à Queila
et combattit contre les Philistins
et il emmena leurs troupeaux et les frappa d'un grand coup
et David sauva les habitants de Queila.
De son côté, au moment où Ébyatar, fils d’Ahimélec, s’enfuyait vers David à Queila
et qu'il était descendu ayant l’éphod avec lui
on annonça à Saül que David était venu à Queila
et Saül dit :
— Dieu l'a livré entre mes mains
et il s’est enfermé en entrant dans une ville où il y a portes et barres.
Et Saül commanda à tout le peuple de descendre pour le combat à Queila
et d’assiéger David et ses hommes.
Mais quand David sut que Saül lui préparait du mal en cachette
il dit au prêtre Abiathar :
— Apporte l’éphod.
Et David dit :
— Seigneur Dieu d’Israël
ton serviteur a entendu la rumeur
que Saül prévoit de venir à Queila pour détruire la ville à cause de moi.
Si les hommes de Queila me livreront en sa main
et si Saül descendra comme ton serviteur l’a entendu [dire]
Seigneur Dieu d’Israël indique-le à ton serviteur.
Et le Seigneur dit : — Il descendra.
Et David dit :
— Les hommes de Queila nous livreront-ils, moi et les hommes qui sont avec moi, en la main de Saül ?
Et le Seigneur dit : — Ils [te] livreront.
Alors David se leva avec ses hommes, environ six cents,
et sortis de Queila, ils erraient çà et là incertains.
Et on rapporta à Saül que David s'était enfui de Queila
et il consentit à partir.
Et David demeurait dans le désert, dans les lieux les plus sûrs
et il resta dans la montagne du désert de Ziph.
Saül cependant le cherchait tous les jours
mais Dieu ne le livra pas entre ses mains.
David vit que Saül était sorti pour chercher sa vie
et David était alors dans le désert de Ziph dans la forêt.
Et Jonathan fils de Saül se leva
et s'en alla vers David dans la forêt
et renforça sa main en Dieu
et lui dit :
— Ne crains pas
car la main de Saül mon père ne te trouvera pas.
Et toi tu régneras sur Israël
et moi je serai pour toi un second
mais Saül mon père sait aussi cela.
L'un et l'autre conclurent une alliance devant le Seigneur
et David resta dans la forêt
mais Jonathan retourna à sa maison.
Et les Ziphites montèrent de la région sèche vers Saül à Gabaa disant :
— David ne se cache-t-il pas chez nous dans des lieux très protégés de la forêt
sur la colline d'Aquila qui est à la droite du désert ?
Et maintenant comme ton âme a désiré que tu descendes, descends
puis il nous appartiendra que nous le livrions entre les mains du roi.
Et Saül dit :
— Vous, [Soyez] bénis par le Seigneur parce que vous avez eu pitié de mon sort !
Allez je vous prie et préparez plus attentivement et examinez avec plus de soin
et observez le lieu où est son pied
et qui l’y a vu.
En effet, il pense de moi que, avec ruse, je l'épie.
Observez et voyez tous ses refuges dans lesquels il est caché
et revenez vers moi avec quelque chose de sûr pour que j'aille avec vous.
Même s’il s'est dissimulé dans le pays
je le chercherai parmi tous les milliers [d'hommes] de Juda.
Et se levant, ils s'en allèrent à Ziph avant Saül.
Mais David et ses hommes étaient dans le désert de Maon dans la plaine à la droite de Jésimuth.
Saül et ses gens allèrent donc pour le chercher
et David fut averti.
Et aussitôt il descendit vers le rocher et il séjournait dans le désert de Maon
parce que, Saül l'ayant appris, poursuivit David au désert de Maon.
Et Saül allait sur un versant de la montagne d'un côté
David et ses hommes étaient sur un versant de la montagne de l'autre côté.
Quant à David il désespérait de pouvoir échapper de devant Saül
car Saül et ses hommes
à la manière d'une couronne entouraient David et ses hommes pour les prendre.
Et un messager vint vers Saül disant : — Hâte-toi et viens
car les Philistins se sont répandus sur le pays.
Saül revint sur ses pas, cessant de poursuivre David
et alla à la rencontre des Philistins.
C’est pourquoi ce lieu fut appelé « la roche Divisante ».
David monta donc de là et demeura dans les lieux très sûrs d’Engaddi.
Et alors que Saül était revenu après avoir frappé les Philistins
on lui rapporta, en disant :
— Voici que David est au désert d’Engaddi.
Saül prenant donc trois mille hommes choisis de tout Israël
continua à chercher David et ses hommes
sur les rochers les plus escarpés qui sont accessibles aux bouquetins seuls.
Et il vint aux parcs de brebis qui se présentaient au voyageur
et il y avait là une caverne où Saül entra pour libérer son ventre.
David et ses hommes étaient cachés dans la partie plus profonde de la caverne.
Et les serviteurs de David lui dirent :
— Voici le jour dont le Seigneur t’a dit :
— Voici que je te livrerai ton ennemi en ta main pour que tu lui fasses comme il sera bon à tes yeux.
David se leva donc et coupa le pan du manteau de Saül en silence.
Après cela le cœur de David lui battit parce qu’il avait coupé le pan du manteau de Saül.
Et il dit à ses hommes :
— Que le Seigneur me soit favorable pour que je ne fasse pas une telle chose à mon seigneur, l’oint du Seigneur,
de mettre ma main sur lui puisqu'il est l’oint du Seigneur.
Et David réprima ses hommes par ses paroles
et ne leur permit pas de se jeter sur Saül.
Et Saül se levant de la caverne continua par le chemin commencé.
Or David après cela se leva aussi
et sorti de la caverne il cria derrière Saül disant :
— Mon seigneur le roi !
Et Saül regarda derrière lui
et David s’inclinant penché vers la terre se prosterna.
Et il dit à Saül :
— Pourquoi écoutes-tu les paroles des hommes qui disent :
— David cherche du mal contre toi ?
Voici : aujourd’hui tes yeux ont vu que le Seigneur t’a livré en ma main dans la caverne.
J'ai pensé à te tuer mais mon œil t'a épargné
et j’ai dit : — Je n'étendrai pas ma main sur mon seigneur car il est l’oint du Seigneur.
Mais plutôt, mon père,
vois et reconnais dans ma main le pan de ton manteau.
Puisque alors que j’ai coupé le pan de ton manteau, je ne t’ai pas tué
remarque et vois qu’il n’y a pas de mal en ma main, ni injustice et que je n’ai pas péché contre toi.
Mais toi, tu tends des embûches à ma vie pour la prendre.
Que le Seigneur soit juge entre toi et moi
et que le Seigneur me venge de toi !
Mais que ma main ne soit pas sur toi !
Et comme il est dit dans l'ancien proverbe :
« Des méchants sortira la méchanceté. »
Que ma main donc ne soit pas sur toi !
Qui suis-tu, roi d’Israël ? Qui poursuis-tu ?
Tu suis un chien mort et une seule puce !
Que le Seigneur soit arbitre et juge entre toi et moi
et qu’il voie, défende ma cause
et qu'il m'arrache de ta main.
Et lorsque David eut achevé de dire des paroles de cette sorte à Saül
Saül dit : — Est-ce là ta voix mon fils David ?
Et Saül éleva la voix et pleura.
Il dit à David :
— Tu es plus juste que moi
car toi tu m’as fait du bien mais moi je t’ai rendu du mal.
Et toi, tu as montré aujourd’hui le bien que tu m'as fait :
comment le Seigneur m’avait livré en ta main et que tu ne m’as pas tué.
Car qui, s'il a trouvé son ennemi, le laisse aller sur un bon chemin ?
Que le Seigneur te rende en échange
pour ce que tu as fait pour moi aujourd'hui.
Et maintenant parce que je sais que très certainement tu règneras en roi
et que tu tiendras le royaume d’Israël en ta main
jure-moi donc par le Seigneur que tu n'extermineras pas ma descendance après moi
et que tu n'enlèveras pas mon nom de la maison de mon père.
David jura à Saül.
Saül s’en alla donc dans sa maison
et David et ses hommes montèrent vers des lieux plus sûrs.
Or Samuel mourut
et tout Israël s’assembla
et ils le pleurèrent et l’enterrèrent dans sa maison à Rama.
Et David se levant, descendit au désert de Pharan.
Or il y avait un homme dans le désert de Maon
ses biens étaient à Carmel
et cet homme était très important
et avait trois mille brebis et mille chèvres
et il se trouva que son troupeau fut tondu à Carmel.
Quant à cet homme, son nom était Nabal
et le nom de sa femme Abigaïl.
Et cette femme était très intelligente et très belle
mais son mari était dur et très méchant et mauvais
et il était de la race de Caleb.
Quand David apprit dans le désert
que Nabal tondait son troupeau
il envoya dix garçons et leur dit :
— Montez à Carmel et vous arriverez vers Nabal
et vous le saluerez en mon nom pacifiquement
et vous direz ainsi : — À mes frères et à toi, paix ! Et à ta maison, paix !
Et sur tout ce que tu possèdes que soit la paix.
J’ai appris que tes pasteurs qui étaient avec nous dans le désert tondent.
Nous n'avons jamais été pénibles pour eux
et rien du troupeau ne leur a jamais manqué tout le temps qu’ils ont été avec nous à Carmel.
Interroge tes garçons et ils t'informeront.
Maintenant que les garçons trouvent donc grâce à tes yeux
car nous sommes venus dans un bon jour.
Ce que ta main trouvera, donne-le à tes garçons et à ton fils David.
Et alors que les serviteurs de David étaient arrivés
ils dirent à Nabal toutes ces paroles au nom de David et ils se tinrent tranquilles.
Et Nabal répondant aux serviteurs de David dit :
— Qui est David et qui est le fils de Jessé ?
Aujourd’hui ils augmentent les serviteurs qui fuient leurs seigneurs.
Je prendrai donc mon pain et mon eau et les chairs des troupeaux que j’ai tuées pour mes tondeurs
et je les donnerai à des hommes dont je ne sais d’où ils sont ?
Et les serviteurs de David revinrent en arrière par leur chemin
et s’en retournant, ils vinrent et lui rapportèrent toutes les paroles qu'il avait dites.
Alors David dit à ses hommes :
— Que chacun ceigne son épée.
Et ils ceignirent chacun leur épée
et David aussi ceignit son épée
et environ quatre cents hommes suivirent David
et deux cents demeurèrent près des bagages.
Quant à Abigaïl femme de Nabal, un des serviteurs l'informa en disant :
— Voici que David a envoyé du désert des messagers pour bénir notre seigneur
et il leur a été hostile.
Et ces hommes ont été assez bons pour nous et non désagréables
et rien n'a péri tout le temps où nous avons vécu avec eux au désert.
Ils ont été pour nous une muraille tant de nuit que de jour
tous les jours où nous avons fait paître auprès d'eux les troupeaux.
C'est pourquoi reconnais et vois ce que tu as à faire
car la méchanceté est complète contre ton mari et contre ta maison
et lui-même est un fils de Bélial
à tel point que personne ne peut lui parler.
Abigayil se hâta donc
et prit deux cents pains
deux outres de vin
cinq moutons cuits
cinq mesures de bouillie d'orge
cent paquets de raisin sec
deux cents masses de figues
et les mit sur des ânes
et elle dit à ses serviteurs :
— Passez devant moi, voici que moi je vous suivrai derrière.
Mais elle n'informa pas son mari Nabal.
Alors donc qu'elle était montée sur un âne et qu'elle descendait vers les racines de la montagne
David et ses hommes descendaient à sa rencontre
et elle les rencontra.
Et David dit :
— C’est vraiment en vain que j’ai gardé tout ce que ce qui était à lui dans le désert
et que rien n’a péri de tout ce qui lui appartenait :
il m'a rendu le mal pour le bien.
Que Dieu fasse cela aux ennemis de David et ajoute cela
si je laisse subsister de tout ce qui lui appartient jusqu’au matin un [seul être] pissant au mur.
Et lorsqu’Abigaïl eut aperçu David
elle se hâta et descendit de l’âne
et elle tomba sur sa face devant David
et elle se prosterna contre terre.
Et elle tomba à ses pieds et dit :
— À moi soit la faute, mon seigneur !
Je te prie, que ta servante parle à tes oreilles
et écoute les paroles de ton esclave !
Que mon seigneur le roi, je te prie, ne prenne pas garde à cet homme de Bélial, à Nabal,
car selon son nom il est fou
et la folie est avec lui.
Mais moi ta servante je n’ai pas vu tes serviteurs, que tu as envoyés.
Maintenant, mon seigneur, le Seigneur est vivant et ton âme est vivante
qui t’a empêché d'en venir au sang
et qui t'a sauvé par ta main.
Maintenant qu'ils soient comme Nabal, tes ennemis
et ceux qui cherchent du mal à mon seigneur.
Maintenant reçois cette bénédiction
que ta servante t'apporte, mon seigneur
et donne-la aux garçons qui te suivent, mon seigneur.
Enlève l'injustice de ta servante
car ce faisant, le Seigneur te fera, mon seigneur, une maison sûre
car mon seigneur, tu combats les combats du Seigneur
et puisse la méchanceté ne jamais se trouver en toi tous les jours de ta vie.
Car si un jour s'élève un homme qui poursuive et cherche ton âme
l'âme de mon seigneur sera gardée comme dans le faisceau des vivants auprès du Seigneur ton Dieu ;
et l'âme de tes ennemis sera roulée au loin comme par l'élan et le mouvement circulaire de la fronde.
Et lorsque le Seigneur t'aura fait, mon seigneur, tout le bien qu’il a dit à ton sujet
et qu’il t’aura établi chef sur Israël
ce ne deviendra pas pour toi une occasion de sanglot ni un scrupule de cœur, mon seigneur
d’avoir répandu le sang innocent
et de t'être vengé toi-même.
Et lorsque le Seigneur aura fait du bien à mon seigneur
souviens-toi de ta servante.
Et David dit à Abigaïl :
— Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël,
qui t’a envoyée aujourd’hui à ma rencontre !
Et bénie soit ta parole
et bénie sois-tu, toi qui m’as empêché aujourd'hui d'en venir au sang
et de me venger de ma main !
Autrement, il est vivant le Seigneur le Dieu d’Israël
qui m’a empêché de te faire du mal
si tu n'étais pas venue promptement à ma rencontre
il ne serait resté à Nabal jusqu'à la lumière du matin nul [être] pissant au mur.
Et David prit de sa main tout ce qu’elle lui avait apporté
et lui dit : — Va en paix dans ta maison.
Voici que j’ai écouté ta voix et honoré ton visage.
Et Abigaïl vint vers Nabal
et voici qu'il y avait pour lui dans sa maison un festin comme un festin de roi
et le cœur de Nabal était heureux
car il était ivre à l'excès.
Et elle ne lui rapporta aucune parole ni petite ni grande jusqu’au matin.
Mais au point du jour quand Nabal eut digéré son vin
sa femme lui rapporta ces paroles
et son cœur mourut au-dedans et il devint comme une pierre.
Et alors que dix jours avaient passé
le Seigneur frappa Nabal et il mourut.
Et alors que David avait appris que Nabal était mort, il dit :
— Béni soit le Seigneur qui a jugé la cause de mon outrage de la main de Nabal
et qui a gardé son serviteur loin du mal.
Le Seigneur a fait retomber la méchanceté de Nabal sur sa tête.
David envoya donc et parla à Abigaïl
afin de la prendre pour femme.
Et les serviteurs de David vinrent vers Abigaïl au Carmel
et lui parlèrent disant :
— David nous a envoyés vers toi afin de te prendre pour sa femme.
Et se levant, elle se prosterna inclinée contre terre et elle dit :
— Voici ta servante : qu'elle devienne une esclave pour laver les pieds des serviteurs de mon seigneur.
Et Abigaïl se hâta et se leva
et monta sur un âne
et cinq jeunes filles, ses servantes, allèrent avec elle
et elle suivit les messagers de David
et elle devint sa femme.
Et David prit aussi Ahinoam de Jezraël
et toutes deux étaient ses femmes.
Mais Saül donna sa fille Micol, femme de David,
à Falti, fils de Laïs, qui était de Gallim.
Les Ziphites vinrent vers Saül à Gabaa en disant :
— Voici que David est caché sur la colline d’Aquila qui est en face de la steppe !
Et Saül se leva et descendit au désert de Ziph
et avec lui trois mille des hommes choisis d’Israël
pour chercher David au désert de Ziph
et Saül campa à Gabaa d’Aquila qui était en face de la steppe, sur le chemin.
David, quant à lui, habitait dans le désert ;
or voyant que Saül était venu après lui dans le désert
il envoya des espions et il eut pleine confirmation qu'il était arrivé.
Et David se leva et vint au lieu où Saül était.
Comme il avait vu le lieu où dormait Saül
ainsi qu'Abner, fils de Ner, chef de son armée,
Saül dormant dans sa tente et le reste du peuple autour de lui,
David parla à Ahimélec le Héthéen et à Abisaï fils de Sarvia, frère de Joab, disant :
— Qui descendra avec moi vers Saül dans le camp ?
Et Abisaï dit : — Moi ! je vais descendre avec toi.
Donc David et Abisaï vinrent vers le peuple de nuit
et trouvèrent Saül couché et dormant dans sa tente
et sa lance fixée en terre à son chevet
et Abner et le peuple dormant autour de lui...
Et Abisaï dit à David :
— Dieu a arrêté aujourd’hui ton ennemi entre tes mains
maintenant donc, que je le cloue en terre d'un seul coup avec la lance ! il n'y en aura pas besoin d'un second !
Et David dit à Abisaï : — Ne le tue pas !
Qui, en effet, pourrait porter la main sur le christ du Seigneur et rester innocent ?
Et David dit :
— Aussi vrai que vit le Seigneur, c'est le Seigneur qui l'aura frappé
soit que soit arrivé le jour où il devait mourir
soit que descendant au combat il y ait péri !
Que le Seigneur me soit favorable afin que je n'étende pas la main sur le christ du Seigneur !
Maintenant donc prends la lance qui est à son chevet
et la cruche d’eau et allons-nous-en !
David fit donc prendre la lance et la cruche d’eau qui étaient au chevet de Saül et ils s’en allèrent :
et il n'y avait personne qui vît ni comprît ni se réveillât
mais tous dormaient car une torpeur du Seigneur avait fondu sur eux.
Et alors que David était passé de l’autre côté
et s'était arrêté sur le sommet de la montagne au loin
et que la distance était grande entre eux
David cria au peuple
et à Abner, fils de Ner, disant :
— Ne répondras-tu pas Abner ?
Abner répondant, dit :
— Qui es-tu, toi qui cries et déranges le roi ?
Et David dit à Abner :
— N’es-tu pas un homme ? Et y a-t-il quelqu'un d'autre de semblable à toi en Israël ?
Pourquoi donc n’as-tu pas gardé ton seigneur le roi ?
Car il est venu quelqu'un du peuple pour tuer le roi ton seigneur.
Ce n'est pas bien ce que tu as fait.
Le Seigneur est vivant : vous êtes des fils de la mort, vous
qui n'avez pas gardé votre seigneur, l’oint le christ du Seigneur.
Maintenant donc, vois où est la lance du roi
et où est la cruche d’eau qui était près de sa tête.
Et Saül reconnut la voix de David et dit :
— Est-ce ta voix David mon fils ?
Et David répondit : — C’est ma voix, mon seigneur le roi.
Et il dit : — Pour quelle raison mon seigneur poursuit-il son serviteur ?
Qu’ai-je fait ou quel mal y a-t-il dans ma main ?
Maintenant donc mon seigneur le roi écoute, je te prie, les paroles de ton serviteur :
si c’est le Seigneur qui t’incite contre moi, qu’il accepte un sacrifice
mais si ce sont des fils des hommes, ils sont maudits devant le Seigneur
parce qu’ils m’ont chassé aujourd'hui pour que je n'habite pas dans l’héritage du Seigneur en disant :
— Va servir d'autres dieux !
Et maintenant que mon sang ne se répande pas sur la terre devant le Seigneur !
Car le roi d’Israël est sorti pour chercher une seule puce
comme on poursuit une perdrix dans les montagnes.
Et Saül dit : — J’ai péché ! reviens, David mon fils,
car je ne te ferai plus du tout de mal
puisque mon âme a été précieuse aujourd'hui à tes yeux :
il est clair que j'ai agi en insensé et que je n'ai pas voulu reconnaître bien trop de choses.
Et David répondant, dit :
— Voici la lance du roi, que l’un de tes serviteurs passe et la prenne
et le Seigneur rendra à chacun selon sa justice et sa fidélité
car le Seigneur t’a livré aujourd’hui dans ma main
et je n’ai pas voulu élever la main sur le christ du Seigneur
et comme ton âme a été aujourd’hui magnifiée à mes yeux
qu'ainsi mon âme soit magnifiée aux yeux du Seigneur
et il me délivrera de toute angoisse !
Saül dit donc à David :
— Béni sois-tu, mon fils David !
Oui : faisant tu feras et pouvant tu pourras !
David alors s'en alla sur son chemin
et Saül retourna en son lieu.
Et David dit en son cœur :
— Un jour, je vais tomber dans la main de Saül :
ne vaut-il pas mieux que je fuie et me sauve au pays des Philistins,
que Saül se décourage et cesse de me chercher dans tout le territoire d’Israël ?
Que j'échappe donc à ses mains !
David se leva et passa, lui et les six cents hommes avec lui
chez Achis, fils de Maoc, roi de Geth.
Et David demeura avec Achis à Geth, lui-même et ses hommes, [chaque] homme avec sa maison,
David et ses deux femmes,
Ahinoam la Jezraëlite et Abigaïl, femme de Nabal le Carmelite.
On annonça à Saül que David s’était enfui à Geth
et il cessa de le chercher.
Et David dit à Achis :
— Si j’ai trouvé grâce à tes yeux
qu’on me donne un lieu dans l’une des villes de cette région pour que j'y habite
car pourquoi ton serviteur habiterait-il dans une ville de roi avec toi ?
Et ce jour-là Achis lui donna Siquéleg [Siceleg] :
c’est pourquoi Siquéleg a été aux rois de Juda jusqu’à ce jour.
Le nombre des jours où David habita au pays des Philistins fut de quatre mois.
David monta ainsi que ses hommes
et ils faisaient des raids chez les Gessuri, les Gedri et les Amalécites
car ces villages étaient habités dans le pays, dès les temps anciens
quand on vient de Sur jusqu’en terre d’Égypte.
David frappait tout le pays
et il ne laissait vivant ni homme ni femme ;
enlevant brebis et bœufs, ânes et chameaux, et vêtements,
il revenait et rentrait chez Achis.
Et Achis disait :
— Qui as-tu attaqué aujourd’hui ?
Et David répondait : — Vers le midi, Juda
et vers le midi, Jéraméel [Hiramel]
et vers le midi, Céni.
Et David ne laissait en vie ni homme ni femme et ne les ramenait pas à Geth, se disant :
— De peur qu’ils parlent contre nous : — Ainsi a agi David !
Et ce fut sa décision pour tous les jours où il habita dans la région des Philistins.
Achis crut donc David, disant :
— Il a commis beaucoup de mal contre son propre peuple Israël
il sera donc mon serviteur pour toujours !
Et il arriva en ces jours-là
que les Philistins rassemblèrent leurs troupes
pour se préparer à la guerre contre Israël
et Achis dit à David :
— Maintenant tu sais à quoi t'en tenir : tu vas sortir avec moi pour le camp, toi et tes hommes !
Et David répondit à Achis :
— Maintenant tu sauras ce que va faire ton serviteur.
Et Achis dit à David :
— Et moi je t’établirai pour toujours mon garde du corps.
Samuel quant à lui était mort et tout Israël s'était lamenté
et ils l’avaient enterré à Rama dans sa ville.
Saül avait ôté du pays les magiciens et les devins.
Et les Philistins se rassemblèrent
et ils vinrent et campèrent à Sunam.
Quant à Saül, il rassembla tout Israël
et vint à Gelboé.
Et Saül vit le camp des Philistins, il eut peur et son cœur s'épouvanta beaucoup.
Et il consulta le Seigneur et il ne lui répondit pas
ni par les songes ni par les prêtres ni par les prophètes.
Et Saül dit à ses serviteurs :
— Cherchez-moi une femme ayant un esprit prophétique
et j’irai chez elle et je m'informerai par elle.
Et ses serviteurs lui dirent :
— Il y a à Aendor une femme qui a un esprit prophétique.
Saül changea donc son habit et revêtit d’autres vêtements
et il s'en alla lui et deux hommes avec lui.
Et ils vinrent de nuit chez la femme
et il lui dit : — Prédis-moi par un python
et fais-moi monter celui que je te dirai.
Et la femme lui dit :
— Voici, tu sais, toi, tout ce qu’a fait Saül
et comment il a éliminé du pays les magiciens et les devins.
Pourquoi donc tends-tu un piège à mon âme pour que je meure ?
Et Saül lui jura par le Seigneur en disant :
— Le Seigneur est vivant : il ne t’arrivera rien de mal à cause de cela.
Et la femme lui dit :
— Qui ferai-je monter pour toi ?
et il dit : — Fais monter pour moi Samuel.
Et alors que la femme avait vu Samuel
elle s'exclama d'une grande voix et dit à Saül :
— Pourquoi m'as-tu trompée car tu es Saül ?
Et le roi lui dit : — Ne crains pas, qu’as-tu vu ?
Et la femme dit à Saül :
— J'ai vu des dieux monter de la terre.
Et il lui dit : — Quelle est sa forme ?
Et elle dit : — Un homme vieux qui monte et il est enveloppé d’un manteau.
Saül comprit que c’était Samuel
et il s'inclina face contre terre et se prosterna.
Et Samuel dit à Saül :
— Pourquoi m’as-tu troublé pour me faire monter ?
Et Saül dit :
— Je suis dans une grande détresse puisque les Philistins combattent contre moi
et Dieu s’est retiré de moi et il ne m’a répondu
ni par la main des prophètes ni par les songes.
Je t’ai donc appelé pour que tu me fasses savoir ce que je dois faire.
Et Samuel dit :
— Pourquoi m'interroges-tu alors que le Seigneur s’est retiré de toi
et qu’il est passé à ton adversaire ?
Car le Seigneur te fera comme il l'a dit par ma main
et il arrachera le royaume de ta main
et le donnera à ton proche, David.
Parce que tu n’as pas obéi à la voix du Seigneur
et que tu n’as pas exécuté l'ardeur de sa colère contre Amalec.
C’est pour cela que le Seigneur t'a donné cela à souffrir aujourd'hui.
Et le Seigneur livrera aussi Israël avec toi en la main des Philistins.
Et demain toi et tes fils vous serez avec moi
et le Seigneur livrera aussi le camp d’Israël à la main des Philistins.
Et aussitôt Saül tomba à terre de tout son long
car il avait eu grand peur des paroles de Samuel
et il n'y avait pas de force en lui
car il n’avait pas mangé de pain de tout ce jour-là.
Et la femme vint vers Saül et parla
car il était tout bouleversé
et elle lui dit :
— Voici que ta servante a obéi à ta voix
j’ai mis ma vie en ma main
et j'ai écouté les paroles que tu m’as dites.
Et maintenant écoute toi aussi la voix de ta servante
pour que je mette devant toi une bouchée de pain
et en mangeant tu reprendras de la force
pour pouvoir aller ton chemin.
Et il refusa et dit : — Je ne mangerai pas.
Et ses serviteurs et la femme le pressèrent
et écoutant finalement leur voix
il se leva de terre et s’assit sur le lit.
Or cette femme avait dans sa maison un veau gras
et elle se hâta de le tuer
et prenant de la farine elle la pétrit et en cuisit des pains sans levain.
Et elle les mit devant Saül et devant ses serviteurs qui, une fois qu'ils eurent mangé se levèrent
et ils marchèrent toute cette nuit-là.
Les Philistins rassemblèrent donc toutes leurs troupes à Afec
et Israël campa près de la source qui était à Jezraël.
Et les satrapes des Philistins passèrent par centaines et par milliers
et David et ses hommes étaient à l’arrière-garde avec Achis.
Et les chefs des Philistins dirent :
— Que veulent ces Hébreux ?
Et Achis dit aux chefs des Philistins :
— Ne connaissez-vous pas David qui fut serviteur de Saül roi d’Israël
et qui est avec moi depuis de nombreux jours et années ?
Je n'ai rien trouvé en lui
depuis le jour où il s'est refugié auprès de moi jusqu’à ce jour.
Mais les chefs des Philistins s’irritèrent contre lui
et ils lui dirent :
— Que cet homme s'en retourne et qu’il demeure en son lieu où tu l’as établi
et qu’il ne descende pas avec nous à la bataille
de peur qu’il ne soit pour nous un adversaire quand nous aurons commencé à combattre.
Car comment pourrait-il apaiser son seigneur
sinon avec nos têtes ?
N’est-ce pas ce David pour qui ils chantaient dans une danse en disant :
— Saül a frappé ses mille
et David ses dix mille ?
Et Achis appela David et lui dit :
— Le Seigneur est vivant parce que tu es droit
et elle est bonne devant moi
ta sortie ainsi que ton entrée avec moi dans le camp
car je n’ai rien trouvé de mal en toi
depuis le jour où tu es venu vers moi jusqu’à ce jour
mais tu ne plais pas aux satrapes.
Retourne donc et va en paix
et tu n'offenseras pas les yeux des satrapes des Philistins.
Et David dit à Achis :
— Qu'ai-je donc fait et qu’as-tu trouvé en moi, ton serviteur
depuis le jour où je fus devant toi jusqu’à ce jour
pour que je ne vienne pas et ne combatte pas contre les ennemis de mon seigneur le roi ?
Mais Achis répondant, dit à David :
— Je sais que tu es bon à mes yeux comme un ange de Dieu
mais les chefs des Philistins ont dit : — Il ne montera pas avec nous au combat.
Ainsi donc lève-toi de bon matin, toi et les serviteurs de ton seigneur qui sont venus avec toi
et quand vous vous serez levés de nuit et qu'il commencera à faire jour, marchez.
C'est pourquoi David se leva de nuit
lui et ses hommes pour partir le matin
et retourner au pays des Philistins.
Les Philistins, quant à eux, montèrent à Jezraël.
Et alors que David et ses hommes étaient venus à Siquéleg le troisième jour
les Amalécites avaient fait une attaque du côté du midi à Siquéleg
et avaient frappé Siquéleg
et l’avaient brûlée par le feu.
Et ils en avaient emmené captives les femmes
et [tout] depuis le plus petit jusqu'au plus grand
et ils n'avaient tué personne
mais ils les avaient emmenés avec eux et ils avaient continué leur chemin.
Alors donc que David et ses hommes étaient venus à la ville
et qu'ils l'avaient trouvée brûlée par le feu
et que leurs femmes et leurs fils et leurs filles étaient emmenés captifs
David et le peuple qui était avec lui élevèrent leurs voix
et pleurèrent jusqu’à ce que leurs larmes s'épuisent en eux.
Et en effet les deux femmes de David avaient été emmenées captives
Ahinoam la Jezraëlite et Abigaïl femme de Nabal le Carmelite.
Et David fut très attristé
car le peuple voulait le lapider
parce que l'âme de chaque homme était amère au sujet de ses fils et de ses filles.
Mais David se fortifia dans le Seigneur son Dieu.
Et il dit au prêtre Abiathar fils d’Ahimélec :
— Apporte-moi l’éphod.
Et Ébyatar apporta l’éphod à David.
Et David consulta le Seigneur disant :
— Poursuivrai-je ces brigands et les prendrai-je ?
Et il lui dit : — Poursuis-les !
Car indubitablement tu les prendras et tu arracheras le butin.
David s'en alla donc lui et les six cents hommes qui étaient avec lui
et ils vinrent jusqu'au torrent de Bésor
et quelques-uns fatigués demeurèrent.
Quant à David, il continua lui et quatre cents hommes
car deux cents hommes s’arrêtèrent qui fatigués, ne pouvaient pas passer le torrent de Bésor.
Et ils trouvèrent un homme égyptien dans un champ
ils l'amenèrent à David
ils lui donnèrent du pain pour qu'il mange et pour qu'il boive de l'eau
et ils lui donnèrent un morceau d'une masse de figues sèches
et deux paquets de raisins secs.
Et alors qu'il avait mangé son esprit revint et il se rétablit
car il n’avait pas mangé de pain et n'avait pas bu d’eau pendant trois jours et trois nuits.
Ainsi David lui dit :
— À qui es-tu et d’où viens-tu ?
et il lui dit : — Moi je suis un garçon égyptien serviteur d’un homme amalécite
et mon seigneur m’a abandonné parce que j’ai commencé à être malade il y a trois jours.
Car nous avons fait irruption vers la région australe du Kérethien
et vers Juda et vers le midi de Caleb
et nous avons brûlé Siquéleg par le feu.
Et David lui dit :
— Peux-tu me conduire vers cette troupe ?
Et il dit : — Jure-moi par Dieu que tu ne me tueras pas
et que tu ne me livreras pas en la main de mon seigneur
et je te conduirai vers cette troupe.
Et alors qu’il l’avait conduit, voici qu'ils étaient couchés sur la face de tout le pays
mangeant et buvant et célébrant comme un jour de fête
pour tout le butin et les dépouilles qu’ils avaient pris au pays des Philistins et au pays de Juda.
Et David les frappa depuis le soir jusqu’au soir du lendemain
et aucun d’entre eux ne s'échappa
excepté quatre cents jeunes hommes
qui étaient montés sur des chameaux et s'étaient enfuis.
David sauva tout ce que les Amalécites avaient pris
et il sauva ses deux femmes.
Et rien ne manqua depuis le petit jusqu'au grand
tant des fils que des filles et des dépouilles
et David ramena tout ce dont ils s'étaient emparés.
Et il prit tous les troupeaux et les bœufs
et il les poussa devant lui
et ils dirent : — C’est le butin de David.
Mais David vint vers les deux cents hommes
qui, étant fatigués, s'étaient arrêtés et n'avaient pas pu suivre David
et à qu’il avait ordonné de demeurer au torrent de Bésor.
Ils sortirent à la rencontre de David et du peuple qui était avec lui
et s’approchant du peuple, David les salua pacifiquement.
Et tout homme méchant et inique
parmi ceux qui étaient allés avec David, répondit en disant :
— Parce qu’ils ne sont pas venus avec nous
nous ne leur donnerons rien du butin que nous avons sauvé
mais que chacun se contente de sa femme et de ses fils
et quand ils les auront pris qu'ils s’en aillent.
Mais David dit :
— Vous ne ferez pas ainsi mes frères de ce que le Seigneur nous a confié
car il nous a gardés et il a livré les bandits qui s'étaient dressés contre nous en notre main.
Et personne ne vous écoutera au sujet de cette parole
car la part doit être égale
de celui qui descend au combat et de celui qui demeure près des bagages
et ils partageront également.
Et il advint depuis ce jour et dans la suite
que cela fut institué et établi comme une loi en Israël jusqu’à ce jour.
David vint donc à Siquéleg et envoya des dons du butin aux anciens de Juda et à ses proches en disant :
— Recevez la bénédiction du butin des ennemis du Seigneur.
À ceux qui étaient à Béthel et à ceux de Ramoth au midi
à ceux de Jéther
et à ceux d’Aroër
et à ceux de Séphamoth et à ceux d’Esthama
et à ceux de Racal et à ceux des villes de Jéraméel et à ceux des villes de Céni
et à ceux d’Arama et à ceux du lac d'Asan
et à ceux d’Athac
et à ceux d’Hébron
et aux autres qui étaient dans ces lieux
où David avait séjourné lui et ses hommes.
Les Philistins combattaient contre Israël
et les hommes d’Israël s'enfuirent de devant les Philistins
et tombèrent tués sur la montagne de Gelboé.
Les Philistins quant à eux se précipitèrent sur Saül et ses fils
et ils frappèrent Jonathan et Abinadab et Melquisua, fils de Saül.
Et tout le poids du combat se porta sur Saül
et les archers l’atteignirent
et il fut gravement blessé par les archers.
Et Saül dit à celui qui portait ses armes :
— Tire ton épée et transperce-moi
de peur que ces incirconcis ne viennent, me tuent en m’outrageant.
Et celui qui portait ses armes ne voulut pas
car il était terrifié d'une très grande peur.
Alors Saül prit son épée et se jeta dessus.
Et alors que celui qui portait ses armes avait vu
avec évidence que Saül était mort
il se jeta aussi sur son épée et mourut avec lui.
Moururent donc Saül et ses trois fils
et celui qui portait ses armes et tous ses hommes ensemble ce jour-là.
Quant aux hommes d’Israël qui étaient au-delà de la vallée et ceux qui étaient au-delà du Jourdain
voyant que les hommes d’Israël s’étaient enfuis
et que Saül était mort ainsi que ses fils
ils abandonnèrent leurs villes et s'enfuirent
et les Philistins vinrent et y habitèrent.
Or il arriva que le lendemain les Philistins vinrent pour dépouiller les tués
et ils trouvèrent Saül et ses trois fils gisant sur la montagne de Gelboé.
Et ils coupèrent la tête de Saül et le dépouillèrent de ses armes
et les envoyèrent à la ronde dans le pays des Philistins
pour porter la nouvelle dans le temple des idoles et parmi le peuple.
Ils déposèrent ses armes dans le temple d’Astharoth
et attachèrent son corps au mur de Beth-Shéan [Bethsan].
Alors que les habitants de Jabisgalaad avaient appris
tout ce que les Philistins avaient fait à Saül
tous les hommes les plus vaillants se levèrent et marchèrent toute la nuit
et ils prirent le cadavre de Saül et les cadavres de ses fils du mur de Beth-Shéan
et ils vinrent à Jabès et ils les brûlèrent là
puis ils prirent leurs os et les enterrèrent sous le tamarisque à Jabès
et ils jeûnèrent sept jours...