« Le roi envoya donc rechercher qui était cette femme et on lui annonça que c'était Bethsabée, fille d’Héliam, femme d’Urie le Hittite. Aussi, ayant envoyé des messagers, David la prit elle et alors qu'elle était entrée chez lui, il dormit avec elle » (2S 11,3-4);
L’adultère du roi David le mène ensuite au meurtre d’Urie, son serviteur fidèle. Cet abus flagrant du pouvoir royal au centre de ce livre montre toute l'ambiguïté de la monarchie, donc de tout pouvoir humain.
Le livre porte le titre de « Samuel » seulement pour signaler la continuité avec 1 Samuel dans la collection des Prophètes antérieurs (Josué, Juges, Samuel & Rois. Le héros principal est ici David. Grâce à lui, Jérusalem devient une capitale politique et religieuse de ce premier État israélite (Bible et Archéologie VIIII : David et Salomon). Le péché de David déclenche cependant toute une série de troubles dans sa famille ainsi que des guerres civiles.
Le deuxième livre de Samuel peint le tableau d'une théocratie, dont le meilleur exemple est le règne de David, encadré par la faillite de Saül d'un côté et les erreurs des monarques suivants de l'autre. Reste cependant l'espérance des promesses messianiques liées à la souche davidique. Face au roi Saül rejeté, David apparaît comme le contre-point: fidèle à Dieu, c'est en lui qu'il place sa confiance. Dans le péché, David se tourne vers Dieu pour se repentir. Dieu fait alliance avec la lignée davidique en promettant un Messie issu de la famille de David, (Deux prophéties messianiques déterminantes pour l’Évangile).
Notons que Jésus est le descendant de David (Mt 1,1). Quand les gens reconnaissent Jésus comme « fils de David » (Mt 12,23; Mt 15,22; Mt 21,9), ils reconnaissent son identité messianique (Cf. la note BEST sur Jésus messie). De plus, dans la généalogie de Jésus, Mt 1,6, Bethsabée, est toujours mentionnée comme « la femme d'Urie ». C'est le nom de ce serviteur étranger, « Urie », le juste tué, qui entre ainsi dans la généalogie du Seigneur.
L’histoire textuelle est complexe : il n'est pas étonnant que, malgré tout le travail de la critique moderne, les textes restent souvent irréductiblement divers.
Il existait probablement plusieurs recensions hébraïques des livres de Samuel.
L'ancienne version latine apparentée à la recension de donne souvent, elle aussi, des leçons passionnantes pour la critique textuelle. La Vulgate suit fidèlement M.
1S et 2S enrichissent leur déroulement chronologique par bien des procédés littéraires : le parallèle ou le contraste, l’écho, l’alternance, l’inclusion, par exemple. Ils mettent tout particulièrement en relief les principaux changements de pouvoir :
David est présenté comme le héros idéal : il est beau, loyal envers ses amis, affectueux pour sa famille, juge impartial, valeureux, combattant et magnanime, berger musicien, fin stratège. Sa principale qualité demeure sa piété : conscient de l'onction royale, il n'a pas porté la main contre Saül à cause de cela.
La lecture la plus simple discerne cinq parties, centrées sur des protagonistes principaux, offrent chacune des épisodes célèbres :
1S 4-6 raconte l’histoire de l'arche et sa captivité chez les Philistins, en l'absence de Samuel. Mais ce récit fait suite à l'histoire de son enfance (1S 1-3) et est suivi de la mise en relief de celui-ci comme le dernier des Juges (1S 7). Il se poursuit en 2S 6.
C'est au moment de la mise en place de la royauté (1S 8-12) que Samuel est particulièrement actif. Suivent alors les descriptions des guerres de Saül contre les Philistins (1S 13-14), avant que le roi ne soit rejeté (1S 13,7b-15a). Ce rejet est expliqué une nouvelle fois (1S 15) avant la guerre contre les Amalécites, annonçant ainsi le choix de David oint par Samuel (1S 16,1-13).
Cette section (à partir de 1S 16,14) raconte les débuts de David et ses démêlés avec Saül.
David est alors solidement installé sur le trône, à partir de 2S 5,12, après le combat contre les Philistins et la conquête de Jérusalem (2S 2-5). La prophétie de Natân occupe 2S 7 et précède un bref résumé (2S 8). 2S 9 entame une longue suite de divisions au sein de la famille de David, de la naissance de Salomon (2S 9-12) à l'échec d'Adonias (1R 1-2).
Cette section réunit diverses pièces à propos du règne de David.
Les livres de Samuel présentent l'histoire d'Israël des derniers Juges à la fin du règne de David. Mais malgré leur classement chrétien traditionnel au nombre des « livres historiques », ils n’en constituent pas la chronique complète et suivie.
Pour en préciser le genre, on peut se laisser guider par leur classement rabbinique traditionnel comme Prophètes antérieurs (Josué, Juges, Samuel & Rois) (les « prophètes postérieurs » étant Isaïe, Jérémie, Ézéchiel et les Douze Petits Prophètes). La tradition attribue la composition de ces livres à des « prophètes » : Josué pour le livre qui porte son nom, Samuel pour les livres des Juges et de Samuel, Jérémie pour les Rois. La tradition a justifié cette désignation par le caractère religieux commun aux prophètes, tant « antérieurs » que « postérieurs ». Ces livres ont pour sujet principal l'histoire des rapports d'Israël avec YHWH, sa fidélité ou son infidélité envers la parole de Dieu, dont les prophètes sont les organes (notamment Samuel, Gad, Natân, Élie, Élisée, Isaïe, Jérémie). Que cette histoire soit présentée comme une « histoire sainte » ne diminue pas son intérêt pour l'historien et lui donne valeur pour le croyant. Celui-ci est invité à y percevoir comment la main de Dieu agit dans tous les événements du monde et à reconnaître la sollicitude exigeante de YHWH à l'égard de son peuple.
Le récit des livres de Samuel s'étend des débuts monarchiques à la mort de David : face au danger que représentent les Philistins en pleine expansion (cf. la bataille d'Apheq rapportée en 1S 4, vers 1050), la royauté apparaît comme le seul moyen de résistance.
Saül, vers 1030, commence comme un Juge, mais son autorité grandit et s'étend sur toutes les tribus qui le reconnaissent alors comme roi. Il mène une guerre de résistance aux Philistins, ramenés dans leur territoire (1S 14). Les derniers combats sont plus frontaliers (1S 17, vallée du Térébinthe, et 1S 28.31 Gelboé, où meurt Saül, vers 1010). Bible et Archéologie VIII : Saül
La mort de Saül remet en cause l'unité des tribus. David est d'abord reconnu par les Judéens puis, à la mort d'Ishboshet, fils de Saül, par Israël tout entier. Le règne de David est capital pour le renforcement d'Israël : tout danger de la part des Philistins est écarté, le territoire est désormais unifié avec Jérusalem pour capitale, s'étendant même sur la Transjordanie, et jusqu'en Syrie méridionale. Bible et Archéologie VIIII : David et Salomon
Mais cette unification reste fragile et même avant la mort de David, Nord et Sud s'opposent déjà. En témoigne par exemple l'exemple d'Absalom soutenu par les juifs du Nord.
Pour élaborer leur histoire de la monarchie, les écrivains sacrés ont organisé différentes sources, à diverses époques, que l'on pourrait caractériser à grands traits comme suit.
La réception canonique ancienne se manifeste par l’influence que les traditions recueillies dans les livres de Samuel ont eue à l’intérieur même de l’Ancien Testament.
C'est dans ces livres que prend naissance l'attente d'une Messie de la lignée de David, dont ce dernier est la préfiguration.
Les auteurs du Nouveau Testament montrent cette réalisation des prophéties messianiques en Jésus :
Paul (Rm 1,3 ; 2Tm 2,8 ) et l'Apocalypse (Ap 5,5 ; 22,16) soulignent également que Jésus descend de David.
Cependant, il n'y a que peu de références aux livres de Samuel eux-mêmes :
Dans l’antiquité chrétienne, les livres ont été commentés par :
Parmi les commentaires plus récents, se trouvent ceux de
L'épisode de la sorcière d'Endor a intéressé les Pères et de courts traités d', d', d' et de sont conservés à propos de cet épisode en particulier.
Les livres de Samuel sont surtout sous-jacents à chaque fois que les Pères évoquent David comme type du Messie. Les Pères mettent en parallèle les étapes de la vie de David et de celle de Jésus, le Christ, qui donne le salut à tous, roi du peuple spirituel de Dieu et victimes des persécutions des siens. Plusieurs titres christologiques sont tirés de ces livres, qui ont aussi donné lieu à des interprétations comme types de la Passion. Ainsi, voit dans Saül qui menace David et le manque (1S 19,10s), la distinction entre l'humanité de Jésus (le mur atteint par la lance) et sa divinité, qui ne subit aucun dommage.
Deux traits de David sont au centre de nombreuses représentations artistiques : le jeune David - souvent représenté en berger, poète, ou vainqueur de Goliath – et David âgé.
ROIS II. Après la mort de Saül
David était revenu de battre les Amalécites
et il demeurait depuis deux jours à Siquéleg.
Le troisième jour, voici qu’un homme arriva du camp de Saül
les vêtements déchirés et de la poussière sur la tête
et lorsqu’il arriva près de David, il tomba devant lui et se prosterna.
David lui dit : — D’où viens-tu ?
Et il lui dit : — Je me suis sauvé du camp d’Israël.
Et David lui dit :
— Ce qu'est le verbe qui s'est fait, révèle-le-moi !
Il dit : — Le peuple s’est enfui de la bataille
et un grand nombre parmi le peuple est tombé et a péri
Saül même et son fils Jonathan sont morts.
David dit au jeune homme qui lui apportait ces nouvelles :
— D'où sais-tu que Saül est mort ainsi que son fils Jonathan ?
Et le jeune homme qui lui apportait la nouvelle répondit :
— Je me trouvais par hasard sur la montagne de Gelboé
et Saül s’appuyait sur sa lance
tandis que les chars et les cavaliers étaient près de l’atteindre.
Il se retourna et, m’ayant vu, il m’appela
et je répondis : — Me voici.
Et il me dit : — Qui es-tu ?
Je lui répondis : — Je suis un Amalécite.
Et il me dit :
— Tiens-toi au-dessus de moi et tue-moi
car une angoisse me tient
et ma vie est encore tout entière en moi.
Je me tins au-dessus de lui et je lui donnai la mort
car je savais bien qu’il ne pourrait pas vivre après sa ruine
et j’ai pris le diadème qui était sur sa tête
et le bracelet qu’il avait au bras
et je les apporte ici à toi, mon seigneur.
David saisit ses vêtements et les déchira
ainsi que tous les hommes qui étaient auprès de lui.
Ils se lamentèrent, et pleurèrent et jeûnèrent jusqu’au soir
sur Saül, sur son fils Jonathan
sur le peuple du Seigneur
et sur la maison d’Israël, parce qu’ils étaient tombés par l’épée.
Et David dit au jeune homme qui lui avait apporté la nouvelle : — D’où es-tu ?
Il répondit : — Je suis fils d’un étranger, d’un Amalécite.
Et David lui dit :
— Comment n’as-tu pas craint d’étendre ta main pour tuer le christ du Seigneur ?
Et David, appelant un des jeunes gens, dit :
— Approche et jette-toi sur lui.
Celui-ci frappa l’Amalécite, et il mourut.
Et David lui dit :
— Que ton sang soit sur ta tête !
Car ta bouche a parlé contre toi quand tu as dit :
— C’est moi qui ai tué l’oint du Seigneur.
David chanta sur Saül et sur Jonathan, son fils, un chant funèbre de la manière suivante
et il ordonna d’apprendre « L'arc » aux fils de Juda
tel qu'il est écrit dans le Livre des Justes :
« La splendeur d’Israël a péri sur tes hauteurs.
Comment sont tombés les héros ?
Ne l’annoncez pas à Geth
ne le publiez pas dans les rues d’Ashkelon
de peur que ne se réjouissent les filles des Philistins
de peur que n'exultent les filles des incirconcis !
Montagnes de Gelboé, qu’il ne vienne sur vous ni rosée ni pluie
qu'il n'y ait pas de champs de prémices
car là fut jeté bas le bouclier des héros, le bouclier de Saül
comme s'il n'avait pas été oint d'huile
mais du sang des tués, de la graisse des héros.
L’arc de Jonathan ne recula jamais en arrière
et l’épée de Saül ne revenait pas inactive.
Saül et Jonathan, chéris et aimables pendant leur vie
dans la mort non plus ils ne furent point séparés
plus agiles que les aigles, plus forts que les lions.
Filles d’Israël, pleurez sur Saül
qui vous revêtait de pourpre au sein des délices
qui mettait des ornements d’or sur vos vêtements.
Comment les héros sont-ils tombés dans la bataille ?
Jonathan a été tué sur tes hauteurs.
Je souffre sur toi, mon frère Jonathan.
Tu étais très charmant pour moi, plus aimable que l’amour des femmes.
Comment les héros sont-ils tombés et les armes de guerre ont-elles péri ? »
Après cela, David consulta le Seigneur en disant :
— Monterai-je dans une des villes de Juda ?
Et le Seigneur lui répondit : — Monte.
David dit : — Où monterai-je ?
Le Seigneur répondit : — À Hébron.
David y monta avec ses deux femmes
Ahinoam la Jezraëlite et Abigaïl, femme de Nabal le Carmelite.
David fit aussi monter les hommes qui étaient avec lui, chacun avec sa famille
et ils habitèrent dans les villes d’Hébron.
Et les hommes de Juda vinrent et là ils oignirent David pour qu'il régnât sur la maison de Juda
et on informa David que c’étaient les hommes de Jabisgalaad, qui avaient enterré Saül.
Et David envoya des messagers aux gens de Jabisgalaad et leur dit :
— Soyez bénis du Seigneur
vous qui avez accompli cet acte de bonté envers votre seigneur Saül, et l'avez enterré !
Et maintenant, que le Seigneur use envers vous de bonté et de fidélité
et moi aussi je vous rendrai ce bien parce que vous avez fait cela.
Que vos mains s'affermissent, et soyez des fils de la fortitude
quoi que votre seigneur Saül soit mort,
cependant, la maison de Juda m’a oint pour être son roi.
Mais Abner, fils de Ner, chef de l’armée de Saül
prit Hisboseth, fils de Saül, et le fit passer à travers les Camps
et l’établit roi sur Galaad et sur Gessuri,
sur Jezraël et sur Éphraïm
sur Benjamin et sur tout Israël.
Hisboseth, fils de Saül, était âgé de quarante ans lorsqu’il commença à régner sur Israël
et il régna deux ans.
Seule la maison de Juda suivait David.
Le temps pendant lequel David régna à Hébron sur la maison de Juda :
sept ans et six mois.
Abner, fils de Ner, sortit
avec les serviteurs d’Hisboseth, fils de Saül, des Camps vers Gabaon.
Joab, fils de Sarvia, et les serviteurs de David sortirent aussi.
Ils se rencontrèrent près du bassin de Gabaon
et comme ils se rapprochaient, ils s'établirent
ceux-ci d’un côté du bassin, ceux-là de l’autre.
Abner dit à Joab :
— Que les jeunes gens se lèvent et jouent devant nous !
Joab répondit : — Qu’ils se lèvent !
Ils se levèrent et s’avancèrent au nombre de douze de Benjamin, pour la partie d'Hisboseth, fils de Saül
et de douze des serviteurs de David.
Chacun, saisissant son rival par la tête
enfonça son épée dans le flanc de son adversaire, et ils tombèrent tous ensemble.
Et l’on donna à ce lieu le nom de Champ des Forts, qui est à Gabaon.
Et le combat devint très rude en ce jour-là
et Abner et les hommes d’Israël s'enfuirent de devant les serviteurs de David.
Là se trouvaient les trois fils de Sarvia : Joab, Abisaï et Asaël.
Asaël était un coureur très rapide
comme une des gazelles qui sont dans les forêts.
Asaël poursuivit Abner
et il ne dévia pas en allant à droite ou à gauche, derrière Abner.
Abner se tourna derrière lui et dit :
— Est-ce toi, Asaël ?
Il répondit : — C’est moi.
Abner lui dit :
— Tourne à droite ou à gauche, saisis l’un des jeunes gens
et prends pour toi ses dépouilles.
Mais Asaël ne voulut pas cesser de le serrer de près.
Abner dit encore à Asaël :
— Détourne-toi et ne me poursuis plus, sinon je serai forcé de te faire disparaitre sous terre
et je ne pourrai plus lever mon visage vers Joab ton frère.
Il refusa d'écouter et ne voulut pas se détourner.
Alors Abner le frappa au ventre en retournant sa lance et il le transperça
et il mourut en ce lieu-même.
Tous ceux qui passaient au lieu où Asaël était tombé et était mort, s’arrêtaient.
Tandis que Joab et Abisaï poursuivaient Abner qui s'enfuyait, le soleil se coucha
et ils arrivèrent jusqu'à la colline de l'Aqueduc, qui est de l'autre côté de la vallée et du chemin du désert de Gabaon.
Les fils de Benjamin se rallièrent à Abner
et, réunis en un seul corps, ils s’arrêtèrent au sommet d’une colline.
Abner appela Joab et dit :
— Ton épée exercera-t-elle sa fureur jusqu'à l'extermination ?
Ignores-tu que le désespoir est dangereux ?
Jusqu'à quand ne diras-tu pas au peuple de cesser de poursuivre ses frères ?
Joab répondit :
— Dieu est vivant ! Si tu n’avais pas parlé, ce n’est qu’au matin que la troupe aurait renoncé à poursuivre chacun son frère.
Et Joab sonna de la trompette et tout le peuple s’arrêta.
Ils ne poursuivirent plus Israël et ils ne continuèrent pas à se battre.
Abner et ses hommes marchèrent toute cette nuit dans la plaine et traversèrent le Jourdain
et parcourant tout le Bethoron, ils arrivèrent aux Camps.
Joab cessa de poursuivre Abner et rassembla tout le peuple.
Il manquait dix-neuf hommes des serviteurs de David, et Asaël.
Les serviteurs de David avaient frappé des Benjaminites et des hommes qui étaient avec Abner.
Trois cent soixante moururent.
Ils emportèrent Asaël et l’enterrèrent dans le sépulcre de son père à Bethléem.
Joab et les hommes qui étaient avec lui marchèrent toute la nuit
et ils arrivèrent à Hébron au crépuscule.
La guerre fut longue entre la maison de Saül et la maison de David.
David se fortifiait de plus en plus
et la maison de Saül s’affaiblissait chaque jour.
Il naquit à David des fils à Hébron :
son premier-né fut Amnon, d’Ahinoam la Jezraëlite
son second Quéléab, d’Abigaïl femme de Nabal le Carmelite
le troisième Absalom, fils de Maaca, fille de Tholomaï, roi de Gessur ;
le quatrième Adonias, fils de Aggith
le cinquième Safathia, fils d’Abital
et le sixième Jethraam, d’Agla femme de David.
Tels sont les fils qui naquirent à David à Hébron.
Pendant qu’il y avait la guerre entre la maison de Saül et la maison de David
Abner fils de Ner gouvernait la maison de Saül.
Et Saül avait une concubine du nom de Respha fille d’Ahia.
Et Hisboseth dit à Abner :
— Pourquoi es-tu venu vers la concubine de mon père ?
Qui, très irrité à cause des paroles d'Hisboseth, dit :
— Suis-je donc une tête de chien contre Juda aujourd'hui
moi qui ai fait miséricorde à la maison de Saül ton père
et à l'égard de ses frères et de ses proches
et ne t’ai pas livré à la main de David ?
Et tu m'accuses aujourd'hui à cause d'une femme ?
Que Dieu fasse ceci à Abner et y ajoute cela :
si à l'avenir, ainsi que le Seigneur l'a juré à David, je n'agis pas de la sorte avec lui
qu’il enlèverait la royauté de la maison de Saül
et qu’il établirait le trône de David sur Israël et sur Juda, depuis Dan jusqu’à Bersabée.
Il ne put rien répondre parce qu’il le craignait.
Abner envoya des messagers à David à sa place pour lui dire : — À qui est le pays ?
Et ils dirent : — Fais alliance avec moi et ma main sera avec toi
et je tournerai vers toi tout Israël.
Il répondit : — Bien. Je ferai alliance avec toi
mais je te demande une chose :
tu ne verras pas ma face avant que tu m'aies amené Micol fille de Saül
alors tu viendras et tu me verras.
Et David envoya des messagers à Hisboseth fils de Saül pour lui dire :
— Donne-moi ma femme Micol
que j’ai épousée pour cent prépuces de Philistins.
Hisboseth l’envoya prendre à son mari Faltiël [Faltihel] fils de Laïs
et son mari l'accompagna, pleurant jusqu’à Bahurim [Baurim]
et Abner lui dit : — Va, retourne chez toi. Et il s’en retourna.
Abner eut un entretien avec les anciens d’Israël :
— Hier et avant-hier, vous cherchiez David pour qu'il règne sur vous.
Agissez donc maintenant car le Seigneur a dit à David :
— Par la main de David mon serviteur, je sauverai mon peuple Israël
de la main des Philistins et de tous ses ennemis.
Abner parla aussi à Benjamin
et alla dire à David à Hébron tout ce qui plaisait à Israël et à tout Benjamin.
Il vint à David à Hébron avec vingt hommes
et David fit un festin à Abner et aux hommes qui étaient venus avec lui.
Et Abner dit à David :
— Je vais me lever pour rassembler tout Israël vers toi, mon seigneur le roi
et je concluerai une alliance avec toi et tu régneras sur tout comme le désire ton âme.
David congédia Abner
et il s’en alla en paix.
Alors, les serviteurs de David et Joab revinrent avec un grand butin, après avoir frappé des voleurs.
Abner n’était plus avec David à Hébron
car il l’avait congédié et il s’en était allé en paix.
Joab et toute la troupe qui était avec lui arrivèrent
et il fut annoncé à Joab par des témoins :
— Abner fils de Ner est venu auprès du roi, il l’a congédié et s’en est allé en paix.
Joab se rendit chez le roi et dit:
— Qu’as-tu fait ? Voilà qu’Abner est venu vers toi. Pourquoi l’as-tu congédié et laissé partir ?
Ignores-tu qui est Abner, fils de Ner ? C’est pour te tromper qu’il est venu
pour qu'il connaisse tes allées et venues et sache tout ce que tu fais.
Joab quitta David
envoya des messagers derrière Abner et le ramena depuis la citerne de Sira, sans que David le sache.
Quand Abner fut de retour à Hébron
Joab le tira à l’écart au milieu de la porte pour lui parler trompeusement.
Là il le frappa au ventre et il mourut, pour venger le sang d’Asaël son frère.
David l'apprit quand la chose était déjà faite et dit :
— Je suis pur pour toujours devant le Seigneur, moi et mon royaume
du sang d’Abner, fils de Ner.
Que ce sang retombe sur la tête de Joab et sur toute la maison de son père !
Que dans la maison de Joab il ne cesse pas d'y avoir quelqu'un qui souffre d'un flux de semence et soit lépreux
quelqu'un qui tienne le fuseau, qui tombe par l’épée et qui manque de pain.
Ainsi Joab et Abisaï son frère tuèrent Abner
parce qu’il avait donné la mort à leur frère Asaël à Gabaon dans la bataille.
David dit à Joab et à tout le peuple qui était avec lui :
— Déchirez-vos vêtements et ceignez-vous de sacs
faites le deuil devant les restes mortels d'Abner.
Et le roi David suivait la litière.
Tandis qu'ils enterraient Abner à Hébron
le roi éleva la voix et pleura sur le tombeau d’Abner
et tout le peuple pleura.
Le roi pleura Abner et dit :
— Abner devait-il mourir comme meurent les insensés ?
Tes mains n'étaient pas liées et tes pieds n'étaient pas attachés par des chaînes.
Tu es tombé comme on tombe devant des fils d'iniquité.
Tout le peuple continua de se lamenter sur lui.
Tandis que tout le peuple était venu faire prendre de la nourriture à David lorsqu’il faisait encore jour, David fit ce serment :
— Que le Seigneur me fasse ceci et qu'il ajoute cela
si avant le coucher du soleil je goûte à du pain ou à quoi que ce soit.
Tout le peuple entendit et tout ce que le roi fit en face de tout le peuple leur plut.
Tout le peuple et tout Israël comprirent en ce jour
que ce n’était pas par le roi qu’Abner fils de Ner avait été tué.
Le roi dit à ses serviteurs :
— Ne savez-vous pas qu'un chef et un grand homme est tombé aujourd’hui en Israël ?
Moi je suis encore tendre et oint comme un roi
et ces hommes, fils de Sarvia, sont plus durs que moi.
Que le Seigneur rende à celui qui fait le mal selon sa méchanceté.
Le fils de Saül apprit qu’Abner était mort à Hébron.
Ses mains furent sans force et tout Israël fut bouleversé.
Deux chefs de bandes servaient le fils de Saül.
L'un s'appelait « Baana » et l'autre « Réchab »
fils de Remmon le Bérothite, des fils de Benjamin
car Béroth elle aussi est considérée comme étant en Benjamin
et les Bérothites s’étaient enfuis à Gethaïm où ils sont restés comme résidents jusqu'à ce jour.
Jonathan fils de Saül avait un fils perclus des pieds.
Il était âgé de cinq ans lorsque la nouvelle au sujet de Saül et de Jonathan arriva d'Jezraël
et en l'emportant, sa nourrice s’était enfuie.
Tandis qu'elle se dépêchait pour fuir, elle tomba et il devint boiteux.
Il s’appelait « Mifiboseth ».
Or en arrivant, les fils de Remmon le Bérothite, Réchab et Baana
entrèrent pendant la chaleur du jour dans la maison d’Hisboseth
qui dormait sur sa couche à midi ;
ils entrèrent dans la maison en emportant des épis de blé
et ils le frappèrent au ventre ;
puis Réchab et son frère Baana s'enfuirent.
Quand ils entrèrent dans la maison, il dormait sur sa couche dans sa chambre à coucher
et en le frappant, ils le tuèrent.
Lui ayant coupé la tête, ils marchèrent sur la route du désert toute la nuit ...
Ils apportèrent la tête d’Hisboseth à David à Hébron
et ils dirent au roi :
— Voici la tête d’Hisboseth fils de Saül ton ennemi qui en voulait à ta vie
mais le Seigneur a accordé aujourd’hui à mon seigneur le roi la vengeance, sur Saül et sur sa descendance !
David répondit à Réchab et à Baana son frère, fils de Remmon de Bérothite, et leur dit :
— Vive le Seigneur qui a délivré mon âme de toute angoisse !
Celui qui est venu me porter cette nouvelle et a dit : — Saül est mort
lui qui pensait être porteur d’une bonne nouvelle, je l’ai pris et tué à Siquéleg
alors qu'il croyait que je lui donnerais une récompense pour son message ;
combien plus, maintenant que des hommes impies ont assassiné un homme innocent dans sa maison sur sa propre couche :
ne réclamerai-je pas son sang de vos mains
et ne vous supprimerai-je pas de la terre ?
Et David donna un ordre aux jeunes gens et ils les tuèrent
ils leurs coupèrent les mains et les pieds
et les pendirent au dessus du bassin à Hébron.
Puis ils prirent la tête d’Hisboseth et ils l’enterrèrent dans le tombeau d’Abner à Hébron.
Toutes les tribus d’Israël vinrent auprès de David à Hébron et dirent :
— Nous voici, nous sommes tes os et ta chair ;
mais même hier et avant-hier quand Saül était roi sur nous
c’était toi qui faisais sortir et rentrer Israël ;
en outre, le Seigneur t’a dit : — C'est toi qui feras paître mon peuple d’Israël
et tu seras prince sur Israël !
Les anciens d’Israël vinrent aussi auprès du roi à Hébron
et le roi David conclut une alliance avec eux à Hébron devant le Seigneur
et ils oignirent David pour roi sur Israël.
David était un fils de trente ans lorsqu’il commença à régner
et il régna quarante ans :
à Hébron il régna sur Juda sept ans et six mois
puis à Jérusalem il régna trente-trois ans sur tout Israël et Juda.
Le roi et tous les hommes qui étaient avec lui marchèrent sur Jérusalem contre l'habitant Jébuséen de la terre ;
et l'on dit à David de leur part :
— Tu n’entreras ici que si tu écartes les aveugles et les boiteux, ce qui voulait dire :
« David n’entrera pas ici ».
Mais David prit la citadelle de Sion
(c’est la cité de David) :
en ce jour-là, en effet, il avait proposé une récompense
à quiconque aurait frappé le Jébuséen et atteint en vainqueur les gouttières des toits
(y compris les boiteux et les aveugles qui haïssaient l'âme de David) ;
c'est pourquoi on dit en proverbe :
— Aveugle ni boiteux au temple n'entrera !
David s’établit dans la citadelle et l’appela « cité de David »
et David bâtit à l’entour, à partir du Millo et à l’intérieur.
David devenait de plus en plus grand
et le Seigneur Dieu des armées était avec lui...
Hiram roi de Tyr envoya même des messagers à David avec des bois de cèdre,
des artisans du bois et des artisans de la pierre pour les murs
et ils édifièrent la maison de David.
Et David reconnut que le Seigneur l’avait affermi comme roi sur Israël
et qu'il avait exalté son règne sur son peuple Israël.
Il prit encore des concubines et des femmes de Jérusalem
après qu’il fut venu d’Hébron
et il naquit encore à David des fils et des filles.
Voici les noms de ceux qui lui naquirent à Jérusalem :
Samua, Sobab, Nathan, Salomon
Ibaar, Helisua, Népheg et Yāphi‘a
Jafia, Hélisama, Helida et Helifeleth.
Les Philistins apprirent qu’on avait oint David roi sur Israël
et tous montèrent pour chercher David.
Lorsque David l’apprit, il descendit à la forteresse.
Les Philistins, étant venus, se répandirent dans la vallée des Raphaïtes.
David consulta le Seigneur, en disant :
— Monterai-je contre les Philistins ? Les livreras-tu entre mes mains?
Et le Seigneur dit à David :
— Monte car je vais mettre les Philistins dans ta main en les abandonnant !
David vint donc à Baalpharasim et là il les battit.
Et il dit : — Le Seigneur a séparé mes ennemis devant moi comme se séparent les eaux.
C’est pourquoi on a donné à ce lieu le nom de « Baalpharasim ».
Ils laissèrent là leurs idoles, David et ses gens les emportèrent.
Les Philistins recommencèrent à monter et se répandirent dans la vallée des Raphaïtes.
Et David consulta le Seigneur
qui répondit : — Ne monte pas, tourne vers leurs arrières
et tu arriveras sur eux en face des poiriers ;
quand tu entendras le bruit d'un homme qui monte au sommet des poiriers alors tu entreras en combat
parce qu'alors le Seigneur sortira devant toi pour frapper l’armée des Philistins !
David fit ainsi, comme le Seigneur le lui avait ordonné,
et il frappa les Philistins depuis Gabée jusqu’à ce qu'on arrive à Gézer.
David rassembla encore toute l’élite d’Israël, trente mille hommes
il se leva et partit
avec toute la multitude qui était avec lui des hommes de Juda, pour faire monter l’arche de Dieu
sur laquelle est invoqué le nom du Seigneur des armées siégeant dans les Chérubins au-dessus d'elle.
Ils placèrent l’arche du Seigneur sur un chariot neuf
et l’emmenèrent de la maison d’Abinadab, qui était à Gabaa.
Oza et Haio fils d’Abinadab conduisaient le chariot neuf :
tandis qu'ils l’emmenaient de la maison d’Abinadab qui était à Gabaa, gardant l’arche de Dieu
Haio marchait devant l’arche.
David et tout Israël jouaient devant le Seigneur
de tous les bois, des cithares, des harpes, des tambourins, des sistres et des cymbales...
Mais après qu'ils arrivèrent à l’aire de Nacon
Oza étendit la main vers l’arche de Dieu et la saisit car les bœufs faisaient une ruade.
Le Seigneur s'emporta d'indignation contre Oza et Dieu le frappa pour sa témérité :
il mourut là, près de l’arche de Dieu.
David fut attristé car le Seigneur avait frappé Oza
et ce lieu a été appelé « Coup d'Oza » jusqu'à ce jour.
David s'épouvanta du Seigneur en ce jour-là, disant :
— Comment viendra-t-elle jusque chez moi, l’arche du Seigneur ?
Et il ne voulut pas transférer l’arche du Seigneur chez lui dans la cité de David
mais il la transféra dans la maison d’Obédédom le Géthéen.
L’arche du Seigneur resta trois mois dans la maison d’Obédédom le Géthéen
et le Seigneur bénit toute la maison d'Obédédom et tout ce qui lui appartenait.
On annonça au roi David :
— Le Seigneur a béni la maison d’Obédédom et tout ce qui est à lui à cause de l’arche de Dieu.
David alla et il fit monter l’arche de Dieu de la maison d’Obédédom à la cité de David dans la joie ;
Comme ceux qui portaient l'arche du Seigneur avaient gravi six pas
il immolait un bœuf et un mouton,
et comme ceux qui portaient l'arche du Seigneur avaient gravi six pas
il immolait un bœuf et un mouton.
David dansait de toute sa force devant le Seigneur
et David était ceint d’un éphod de lin.
David et toute la maison d’Israël
conduisaient l’arche de l'alliance du Seigneur
avec jubilation et au son du cor.
Lorsque l'arche du Seigneur entra dans la cité de David
Micol, fille de Saül, regardant par la fenêtre
vit le roi David sauter et danser devant le Seigneur
et elle le méprisa dans son cœur.
On fit entrer l’arche du Seigneur et on la posa à sa place
au milieu de la tente qu'avait dressée pour elle David
et David offrit des holocaustes devant le Seigneur et des sacrifices de paix.
Quand David eut achevé d’offrir les holocaustes et les sacrifices de paix
il bénit le peuple au nom du Seigneur des armées
et il distribua à toute la multitude d’Israël
tant hommes que femmes
à chacun un petit gâteau de pain
et une grillade de viande de bœuf
et de la fleur de farine grillée à l'huile
et tout le peuple s’en alla, chacun dans sa maison.
David lui aussi s’en retourna pour bénir sa maison.
Micol, fille de Saül, sortit à la rencontre de David et dit :
— Comme il fut glorieux aujourd'hui, le roi d’Israël,
en se découvrant devant les servantes de ses esclaves !
Il s'est dénudé comme se dénuderait un des bouffons !
David dit à Micol :
— Devant le Seigneur qui m'a choisi de préférence à ton père
et à toute sa maison
et m'a appris à être chef sur le peuple du Seigneur, Israël
et Juda, je me ferai encore plus vil que je ne me suis fait :
et je serai humble à mes propres yeux
et aux servantes dont tu as parlé, j'apparaîtrai encore plus glorieux !
et Juda, je me ferai encore plus vil que je ne me suis fait :
et je serai humble à mes propres yeux
et aux servantes dont tu as parlé, j'apparaîtrai encore plus glorieux !
En conséquence, Micol, fille de Saül, n’eut pas d’enfant jusqu’au jour de sa mort.
Et il arriva, alors que le roi était établi dans sa maison
et que le Seigneur lui avait donné répit de tous ses ennemis alentour
qu'il dit à Nathan le prophète :
— Ne vois-tu pas que j'habite dans une maison de cèdre
et que l’arche de Dieu est posée au milieu des tentes de peaux ?
Nathan répondit au roi :
— Tout ce qui est dans ton cœur, va et fais-le car le Seigneur est avec toi !
Or il arriva en cette nuit-là, que voici, la parole du Seigneur à Nathan disant :
— Va et dis à mon esclave David :
— Ainsi parle le Seigneur :
— Est-ce que c'est toi qui vas me bâtir une maison pour que j’y habite ?
Je n’ai, en effet, pas habité de maison
depuis le jour où j’ai fait sortir d’Égypte les fils d’Israël jusqu’à ce jour
mais j’allais et venais sous tente et tabernacle ;
à travers tous les lieux que j'ai traversés avec tous les fils d’Israël
ai-je jamais parlé à la seule des tribus d’Israël
à qui j’ai ordonné de faire paître mon peuple Israël en disant :
— Pourquoi ne me bâtissez-vous pas de maison de cèdre ?
Maintenant tu diras ceci à David mon esclave :
— Ainsi parle le Seigneur des armées :
— Je t’ai pris des pâturages quand tu suivais les troupeaux
pour que tu sois chef sur mon peuple Israël ;
j’ai été avec toi partout où tu es allé
j’ai tué tous tes ennemis devant ta face
et je t’ai fait un nom grand comme le nom des grands qui sont sur la terre.
Et j'établirai un lieu pour mon peuple Israël
et je l'y planterai et il y habitera
et il ne sera plus troublé
et les fils d’iniquité ne continueront plus à l’opprimer comme autrefois
au jour où j’ai établi des juges sur mon peuple Israël :
je te donnerai répit de tous tes ennemis
et le Seigneur te prédit qu'une maison, il va la construire pour toi, le Seigneur :
quand tes jours auront été accomplis et que tu auras été couché avec tes pères
je susciterai après toi ta semence qui sortira de ton sein
et j’affermirai son règne ;
c’est lui qui bâtira une maison pour mon nom
et je stabiliserai le trône de son règne jusqu'à l'éternité ;
je serai pour lui un père et lui sera pour moi un fils :
et s’il fait quoi que ce soit de mal
je le châtierai avec une verge d’hommes et à coups de fils d’hommes
mais ma miséricorde, je ne la lui retirerai pas
comme je l’ai retirée de Saül que j’ai écarté de ta face
et fidèle sera ta maison et ton règne, pour l'éternité devant ta face
et ton trône sera affermi à jamais.
Selon toutes ces paroles
et selon toute cette vision
ainsi parla Nathan à David.
Le roi David entra, s'assit devant le Seigneur et dit :
— Qui suis-je, moi, Seigneur Dieu
et quelle est ma maison
pour que tu m’aies conduit jusque-là ?
Mais même cela a paru bien peu devant toi, Seigneur Dieu,
à moins que tu ne parles aussi de la maison de ton esclave dans la longue durée
(telle est la loi d'Adam, Seigneur Dieu) !
Quelles paroles David pourrait-il donc ajouter ?
Tu connais bien ton esclave, Seigneur Dieu,
en raison de ta parole ;
et c'est en suivant ton cœur que tu as fait toutes ces merveilles,
afin de le faire connaître à ton esclave !
C’est pourquoi tu es magnifié, Seigneur Dieu
car nul n’est semblable à toi
et il n’y a pas d’autre dieu que toi,
en tout ce que nous avons entendu de nos oreilles :
quelle autre nation y a-t-il sur la terre comme ton peuple Israël
à cause de laquelle Dieu se dérangea pour se la racheter comme peuple
pour se faire un nom et accomplir pour eux des choses grandes et terribles sur la terre
à la face de ton peuple que tu t'es racheté d’Égypte,
la nation et son dieu ?
Et tu as affermi ton peuple Israël pour qu'il fût un peuple pour toujours à toi
et toi, Seigneur, tu t'es fait pour eux Dieu.
Maintenant donc Seigneur Dieu
la parole que tu as dite au sujet de ton esclave et au sujet de sa maison
maintiens-la à jamais, et agis selon ta parole
et que ton nom soit glorifié à jamais et que l’on dise :
— le Seigneur des armées est Dieu sur Israël !
Et la maison de ton esclave David sera affermie devant le Seigneur
parce que c'est toi, Seigneur des armées Dieu d’Israël, qui as fait cette révélation à l'oreille de ton esclave en disant :
— Je te bâtirai une maison !
C’est pourquoi ton serviteur a trouvé dans son cœur de te prier avec une prière pareille !
Maintenant donc, Seigneur Dieu
tu es Dieu et tes paroles seront vraies ;
tu as dit à ton esclave ces paroles bonnes :
commence donc à bénir la maison de ton esclave
pour qu'elle soit à jamais devant toi
car c’est toi, Seigneur Dieu, qui as parlé
et par ta bénédiction la maison de ton esclave sera bénie pour l'éternité !
Voici ce qui arriva ensuite :
David battit les Philistins et les humilia
et David retira le mors du tribut de la main des Philistins.
Il frappa Moab et il les mesura au cordeau en les faisant coucher par terre.
Il en mesura deux cordeaux
un pour le tuer et un pour le laisser vivre.
Et il arriva que Moab servit David par un tribut.
David battit Adarézer, fils de Roob, roi de Soba
lorsqu’il se mit en route pour dominer sur le fleuve de l’Euphrate.
Et David lui prit mille sept cents cavaliers et vingt mille hommes de pied
et il coupa les jarrets à tous les chevaux d’attelage
et n’en laissa que cent attelages.
La Syrie de Damas vint pour porter secours à Adarézer, roi de Soba
et David frappa vingt-deux mille hommes de Syrie.
David mit une garnison dans la Syrie de Damas
et la Syrie fut au service de David, soumise au tribut.
Le Seigneur protégeait David partout où il allait.
David prit les armes dorées qu'avaient les serviteurs d’Adarézer
et il les apporta à Jérusalem.
De Bété et de Béroth, villes d’Adarézer
le roi David prit une grande quantité d’airain.
Thoü, roi d'Émath, apprit que David avait battu toute la force d’Adarézer.
Et Thoü envoya Joram son fils vers le roi David
pour le saluer en le félicitant et pour rendre grâce
d’avoir attaqué Adarézer et de l’avoir battu
car Thoü était ennemi d'Adarézer.
Et il avait en sa main des vases d'argent, des vases d’or et des vases d’airain
que le roi David consacra aussi au Seigneur
avec l’argent et l’or qu’il avait consacré de tous les peuples qu'il avait soumis
de la Syrie, de Moab, des fils d’Ammon, des Philistins, d'Amalec
des butins d'Adarézer, fils de Roob, roi de Soba.
David se fit un nom lorsqu’il revint après avoir vaincu la Syrie
dans la vallée du Sel, douze mille fantassins étant tombés.
Il mit des gardes en Idumée et établit une garnison
et tout Idumée fut assujettie à David.
Et le Seigneur protégeait David partout où il allait.
David régna sur tout Israël
et David administrait la justice et l'équité à tout son peuple.
Joab, fils de Sarvia avait la charge de l’armée
Josaphat, fils d’Ahilud, celle des registres
Sadoc, fils d’Ahitob, et Ahimélec, fils d’Abiathar, étaient prêtres
Saraïas était scribe
Banaïas, fils de Joïada, avait la charge des Kéréthiens et des Féléthiens
et les fils de David étaient prêtres.
Et David dit :
— Reste-t-il encore quelqu’un de la maison de Saül
pour que je pratique avec lui la miséricorde à cause de Jonathan ?
Il y avait un serviteur de la maison de Saül nommé Siba.
Le roi le fit venir à lui et dit : — Es-tu Siba ?
Et il répondit : — Je suis ton serviteur.
Le roi dit : — Reste-t-il encore quelqu'un de la maison de Saül
pour que je pratique avec lui la miséricorde de Dieu ?
Et Siba répondit au roi :
— Il y a encore un fils de Jonathan perclus des pieds.
— Où est-il?
Et Siba répondit au roi :
— Voici qu’il est dans la maison de Maquir fils d’Amiel à Lodabar.
Le roi David l’envoya chercher de la maison de Maquir fils d’Amiel de Lodabar.
Arrivé auprès de David, Mifiboseth, fils de Jonathan, fils de Saül
tomba sur sa face et adora.
Et David dit : — Mifiboseth !
Il répondit : — Voici ton serviteur.
Et David lui dit : — Ne crains pas car je veux pratiquer avec toi la miséricorde
à cause de Jonathan ton père.
Je te rendrai toutes les terres de Saül ton père
et toi tu prendras toujours ta nourriture à ma table.
Il adora et dit :
— Qui suis-je moi ton serviteur
pour que tu te tournes vers un chien mort tel que moi ?
Le roi appela Siba serviteur de Saül et lui dit :
— Tout ce qui était à Saül et à toute sa maison, je le donne au fils de ton maître.
Tu cultiveras pour lui les terres, toi, tes fils et tes serviteurs
et tu apporteras au fils de ton maître les vivres pour qu'il se nourrisse.
Mais Mifiboseth le fils de ton maître prendra toujours sa nourriture à ma table.
Or Siba avait quinze fils et vingt serviteurs.
Et Siba dit au roi :
— Comme mon seigneur le roi a ordonné à ton serviteur, ainsi fera son serviteur.
Et Mifiboseth mangera à ta table comme l’un des fils du roi.
Mifiboseth avait un jeune fils nommé Micha
et tous les résidents de la maison de Siba servaient Mifiboseth.
Mifiboseth habitait à Jérusalem
car il mangeait toujours à la table du roi
et il était boiteux des deux pieds.
Il arriva après cela que mourut le roi des fils d'Ammon
et que son fils Anon devint roi à sa place.
David dit : — Je ferai œuvre de miséricorde envers Anon, fils de Naas,
comme son père a fait œuvre de miséricorde envers moi.
Et David l’envoya consoler ses serviteurs au sujet de la mort de son père.
Lorsque les serviteurs de David furent arrivés dans le pays des fils d’Ammon
les princes des fils d’Ammon dirent à Anon leur maître :
— Penses-tu que ce soit pour honorer ton père que David t’envoie des consolateurs ?
N’est-ce pas pour reconnaître et explorer la ville et la détruire
que David a envoyé ses serviteurs vers toi ?
Alors Anon saisit les serviteurs de David
et rasa la moitié de leur barbe
et coupa leurs habits à moitié jusqu’aux fesses et il les renvoya.
On informa David et il envoya des gens à leur rencontre,
car ces hommes étaient dans une grande confusion,
et le roi leur ordonna :
— Restez à Jéricho jusqu’à ce que votre barbe ait repoussé et vous reviendrez ensuite.
Les fils d’Ammon, voyant qu’ils avaient fait injure à David
envoyèrent prendre à leur solde les Syriens de Roob et les Syriens de Soba, soit vingt mille hommes de pied
du roi de Maaca, mille hommes
et d'Histob, douze mille hommes.
David l’apprit et il fit partir contre eux Joab et toute l'armée des guerriers.
Les fils d’Ammon sortirent et se rangèrent en bataille devant lui à l'entrée de la porte.
La Syrie de Soba, de Roob, les gens d'Histob et de Maaca étaient à part dans la campagne.
Lorsque Joab vit que la bataille était prête contre lui par devant et par derrière
il choisit une élite parmi tous les preux d’Israël
et établit une ligne en face de la Syrie
et il mit le reste du peuple dans la main de son frère Abisaï
qui établit une ligne en face des fils d’Ammon.
Joab dit : — Si les Syriens sont plus forts que moi, tu viendras à mon secours
si les fils d’Ammon sont plus forts que toi, j’irai à ton secours.
Sois fort et combattons pour notre peuple et pour la ville de notre Dieu
et que le Seigneur fasse ce qui est bon à ses yeux.
Joab s’avança avec le peuple qui était avec lui pour attaquer les Syriens
et ils s’enfuirent devant lui.
Les fils d’Ammon, voyant que les Syriens avaient fui
s’enfuirent aussi devant Abisaï et rentrèrent dans la ville.
Et Joab s’en revint de chez les fils d’Ammon et rentra dans Jérusalem.
Les Syriens, voyant qu’ils avaient été battus devant Israël
se réunirent ensemble.
Adarézer envoya chercher les Syriens qui étaient de l’autre côté du Fleuve
et il fit venir leur armée.
Sobac, chef de l’armée d’Adarézer, était à leur tête.
Lorsqu'on l'annonça à David
il rassembla tout Israël, passa le Jourdain et arriva à Héléma.
Les Syriens se mirent en ligne face à David et ils lui livrèrent bataille.
Mais les Syriens s'enfuirent devant Israël
et David tua aux Syriens sept cents chars et quarante mille cavaliers.
Il frappa aussi Sobac le chef de leur armée, qui mourut là.
Tous les rois qui étaient au service de Adarézer
se voyant battus par Israël
firent la paix avec Israël et le servirent.
Les Syriens eurent peur de revenir au secours des fils d’Ammon.
Il arriva donc au retour de l'année
au moment où les rois ont coutume de partir en campagne
que David envoya Joab et ses serviteurs avec lui et tout Israël
et ils massacrèrent les fils d’Ammon et assiégèrent Rabba
mais David resta à Jérusalem.
Pendant ces événements il advint que David se leva de sa couche au moment du soir ;
il se promenait sur le toit de la maison royale
et il aperçut une femme qui se lavait en face
or cette femme était très belle.
Le roi envoya donc rechercher qui était cette femme
et on lui annonça que c'était Bethsabée, fille d’Héliam, femme d’Urie l’Héttéen.
Aussi, ayant envoyé des messagers, David la prit-elle
et alors qu'elle était entrée chez lui, il coucha avec elle
et aussitôt elle fut sanctifiée de son impureté.
Et elle retourna à sa maison ayant conçu un petit
et envoyant annoncer à David, elle dit : — J'ai conçu.
Et David envoya dire à Joab :
— Envoie-moi Urie le Hittite.
Et Joab envoya Urie à David.
Urie vint chez David
et David demanda ce que faisaient de bon Joab et le peuple
et comment la guerre était dirigée.
Et David dit à Urie :
— Descends dans ta maison et lave-toi les pieds.
Et Urie sortit de la maison du roi
et un mets royal le suivait.
Mais Urie dormit devant la porte de la maison royale
avec tous les serviteurs de son seigneur
et il ne descendit pas dans sa maison.
Cela fut rapporté à David par ceux qui disaient :
— Urie n’est pas allé dans sa propre maison !
et David dit à Urie :
— N'arrives-tu pas de voyage ?
Pour quelle raison n’es-tu pas descendu dans ta maison ?
Et Urie dit à David: — L'arche et Israël et Juda habitent dans les pavillons
et mon seigneur Joab et les esclaves de mon seigneur passent la nuit à même le sol
et moi j'irais dans ma maison
manger et boire et coucher avec ma femme ?
Par ton salut et par le salut de ton âme, je ne ferai pas cette chose-là !
Et David dit à Urie :
— Reste ici encore aujourd’hui et demain je te renverrai.
Et Urie resta à Jérusalem ce jour-là.
Et David le convia et il mangea en sa présence et il but et il l’enivra ;
le soir il sortit pour dormir dans son lit avec des esclaves de son maître
et il ne descendit pas dans sa maison.
Le matin arriva donc et David écrivit une missive à Joab
et il l’envoya par la main d’Urie
écrivant dans la missive :
— Placez Urie au plus fort de la bataille, là où le combat est le plus rude
et l'y abandonnez : que d'un coup il meure !
Ainsi donc comme Joab assiégeait la ville
il plaça Urie au lieu où il savait que se trouvaient les hommes les plus forts :
ayant fait une sortie hors de la ville, ces hommes combattaient contre Joab,
il firent un massacre du peuple des esclaves de David
et mourut aussi Urie l’Héttéen.
Alors Joab envoya raconter à David tous les événements du combat
et il il donna ordre au messager, en disant :
— Quand tu auras achevé l'ensemble du récit de la guerre pour le roi,
si tu le voyais s'indigner et s'il disait :
— Pourquoi vous êtes-vous approchés du mur pour combattre ?
Ignoriez-vous que de nombreux traits sont lancés du haut du mur ?
Qui a frappé Abimélec, fils de Jéroboseth ?
N'est-ce pas une femme qui a lancé sur lui un morceau de meule du haut du mur
et l'a tué à Thèbes ?
Pourquoi vous êtes-vous approchés tout près du mur ?
tu diras : — Ton esclave Urie l’Héttéen, lui aussi, est mort.
Le messager s'en alla et vint et raconta à David tout ce que lui avait ordonné Joab.
Et le messager dit à David :
— Ces hommes l'ont emporté sur nous
et sont sortis vers nous en rase campagne
mais dans un assaut nous les avons poursuivis jusqu’à la porte de la ville
les archers ont dirigé leurs traits sur tes esclaves depuis le haut du mur
et des esclaves du roi sont morts,
il est sûr que ton esclave Urie l’Héttéen est mort aussi.
Et David dit au messager : — Dis ceci à Joab :
— Ne sois pas brisé à cause de cette affaire
car changeante est l’issue du combat
et l'épée dévore tantôt l'un tantôt l'autre...
Affermis tes guerriers contre la ville
afin de la détruire et encourage-les !
Or la femme d’Urie entendit qu'Urie son mari était mort et elle le pleura.
Le deuil passé, David l'envoya chercher et l'accueillit dans sa maison
et elle devint sa femme et lui enfanta un fils
et elle déplut, cette chose que David avait faite, devant le Seigneur.
Ainsi donc, le Seigneur envoya Nathan à David
et lorsqu'il vint à lui, il lui dit :
— Il y avait deux hommes dans une ville
un riche et un pauvre.
Le riche avait des brebis et des bœufs en très grand nombre
mais le pauvre n’avait absolument rien, excepté une très petite brebis
qu’il avait achetée et qu'il avait nourrie et qui avait grandi auprès de lui avec ses fils ensemble
mangeant de son pain et buvant de sa coupe
et dormant sur son sein
et elle était pour lui comme une fille.
Mais comme un certain étranger était venu chez le riche
celui-ci, s'abstenant de prendre de ses brebis et de ses bœufs pour apprêter le repas pour cet étranger qui était venu chez lui
prit la brebis de l'homme pauvre et prépara des mets à l'homme qui était venu chez lui.
David s'enflamma d'une forte colère contre cet homme et il dit à Nathan :
— Aussi vrai que vit le Seigneur, il est fils de la mort l'homme qui a fait cela !
il remboursera la brebis au quadruple pour avoir fait une chose pareille et n'avoir pas eu pitié.
Mais Nathan dit à David : — Toi tu es cet homme.
Ainsi parle le Seigneur le Dieu d’Israël :
— Moi, je t’ai oint comme roi sur Israël
et moi, je t’ai arraché de la main de Saül ;
et je t’ai donné la maison de ton maître
et les femmes de ton maître sur ton sein
je t’ai aussi donné la maison d’Israël et de Juda
et si ce sont peu de choses, j'ajouterai pour toi de plus grandes choses, en quantité :
pourquoi donc as-tu méprisé la parole du Seigneur au point de faire ce qui est mal à mes yeux ?
Urie l’Héttéen, tu l'as frappé par l'épée, et sa femme, tu l'a prise pour femme
et lui tu l’as fait tuer par l’épée des fils d’Ammon !
C'est pourquoi l’épée ne s'écartera à jamais de ta maison
parce que tu m’as méprisé et que tu as pris la femme d’Urie l’Héttéen pour qu'elle fût ta femme.
Ainsi parle le Seigneur :
— Voici que je ferai lever de ta maison le malheur contre toi
et je prendrai tes femmes sous tes yeux et les donnerai à ton prochain
et il couchera avec tes femmes sous les yeux de ce soleil.
C'est que toi, tu as agi dans le secret
moi, en vérité, je ferai cette chose à la vue de tout Israël et à la vue du soleil.
Et David dit à Nathan : — J’ai péché contre le Seigneur.
et Nathan dit à David :
— Le Seigneur aussi a remis ton péché, tu ne mourras pas !
Néanmoins, parce que tu as fait blasphémer les ennemis du Seigneur par cette parole
le fils qui t'est né mourra de mort.
Et Nathan s’en alla dans sa maison
et le Seigneur frappa l’enfant qu'avait enfanté la femme d'Urie à David et son état fut désespéré.
Et David supplia Dieu pour le tout petit
et David jeûna de jeûne et s'étant retiré à l'écart, il resta couché à terre.
Les anciens de sa maison l'incitant à se lever de terre
il ne voulut pas et ne mangea pas de nourriture avec eux.
Mais il arriva qu'au septième jour le jeune enfant mourût
et les serviteurs de David craignaient de lui annoncer que le tout petit était mort
car ils disaient, en effet : — Voici, lorsque le tout petit vivait encore
nous lui parlions et il n’entendait pas notre voix.
Combien va-t-il se laisser davantage abattre si nous lui disons que l'enfant est mort ?
Alors donc que David voyaient que ses serviteurs parlaient entre eux tout bas
il comprit que l’enfant était mort
et dit à ses serviteurs :
— L’enfant est-il mort ?
Ils répondirent : — Il est mort.
Ainsi donc David se leva de terre et se baigna et se frotta d'huile
et changea ses vêtements et il vint [à] la maison du Seigneur et se prosterna et vint à sa maison
et il demanda qu'on lui serve du pain et il mangea.
Mais ses serviteurs lui dirent :
— Que signifie ce que tu as fait pour le jeune enfant
lorsqu'il vivait encore ? Tu jeûnais et tu pleurais.
Mais pour l'enfant mort, tu t'es levé et tu as mangé du pain.
Et celui-ci dit : — Le temps où l'enfant vivait encore j'ai jeûné et j'ai pleuré.
Je disais en effet : — Si d'aventure le Seigneur me le donne, et que l'enfant vive !
Mais maintenant [qu]'il est mort, pourquoi donc continuerais-je à jeûner ?
Serais-je capable de le faire encore revenir ?
[c'est] moi [qui] irai vers lui et lui ne reviendra pas vers moi.
Et David consola Bethsabée sa femme
et il vint vers elle et il dormit avec elle
et elle engendra un fils et elle [lui] donna un nom : « Salomon »
et le Seigneur l'aima.
Et il envoya par la main de Nathan le prophète
et il l'appela de son nom d'« Aimé du Seigneur »
parce que le Seigneur l'aimait.
Ainsi donc Joab combattait contre Rabbath des fils d'Ammon
et s'emparait de la ville royale.
Et Joab envoya des messagers à David en disant :
— J'ai combattu contre Rabbath et on est en train de s'emparer de la ville des Eaux.
Maintenant donc, rassemble la partie qui reste du peuple
et assiège la ville et empare-toi d'elle
de peur qu'une fois que j'aurai dévasté la ville
la victoire ne soit inscrite à mon nom.
Alors David rassembla tout le peuple
et il marcha contre Rabbath
et après qu'il eut combattu, il s'en empara.
Et il prit la couronne de la tête de leur roi, d'un poids d'un talent d'or
avec des pierres de très grand prix
et elle fut mise sur la tête de David
mais il emporta aussi le butin de la ville en très grande quantité.
Amenant aussi sa population il [la] scia
et fit passer sur eux des objets en fer tranchants
et [les] coupa en morceaux au moyen de couteaux et [les] fit passer dans un four à briques.
Il fit ainsi pour toutes les villes des fils d'Ammon
et David et l'armée retournèrent à Jérusalem.
Or il arriva après cela
qu'Absalom, fils de David, ayant une sœur très belle du nom de Thamar
Amnon, fils de David, l’aima.
Amnon se tourmentait à son sujet
jusqu’à être malade à cause de son amour
car comme elle était vierge, il lui semblait difficile de ne rien lui faire de malhonnête.
Amnon avait un ami nommé Jonadab, fils de Semaa, frère de David
qui était un homme très avisé.
Il lui dit :
— Pourquoi maigris-tu ainsi, fils de roi, chaque jour ?
Pourquoi ne me le dis-tu pas ?
Et Amnon lui dit :
— J’aime Thamar, sœur d'Absalom mon frère.
Jonadab lui répondit :
— Couche-toi sur ton lit et feins la douleur.
Quand ton père viendra te voir, dis-lui :
— Que vienne, je t'en prie, Thamar ma sœur pour me donner à manger
et qu’elle prépare le mets pour que je mange de sa main.
Alors Amnon se coucha et commença de faire le malade.
Le roi vint le voir
et Amnon dit au roi :
— Que vienne, je t'en prie, Thamar ma sœur
pour qu'elle fasse sous mes yeux deux gâteaux et que je mange le repas de sa main.
David envoya donc dire à Thamar dans la maison :
— Va, je te prie, à la maison de ton frère Amnon et prépare-lui un mets.
Et Thamar vint à la maison d'Amnon son frère
et il était couché
et elle prit de la pâte, elle la pétrit
et fit les gâteaux sous ses yeux et les fit cuire.
Elle prit ensuite ce qui avait cuit et le versa devant lui
et il refusa de manger.
Et Amnon dit : — Faites sortir tout homme d'auprès de moi.
Et lorsque tous furent sortis
Amnon dit à Thamar :
— Apporte le mets dans la chambre et que je le mange de ta main.
Tamar prit les gâteaux qu’elle avait faits
et les apporta à son frère Amnon dans la chambre.
Alors qu'elle lui présentait le mets, il la saisit et lui dit :
— Viens, couche avec moi, ma sœur.
Elle lui répondit :
— Non mon frère, ne me déshonore pas
car on ne fait pas ainsi en Israël
ne commets pas cette infamie.
Moi, je ne pourrais pas porter ma honte.
Et toi, tu serais comme l'un des infâmes en Israël
mais parles-en plutôt au roi, car il ne me refusera pas à toi.
Mais il ne voulut pas consentir à sa prière
et l'emportant sur elle, il la violenta et coucha avec elle.
Et Amnon la tint en haine d'une haine extrême
et telle que la haine dont il la haïssait était plus grande que l'amour dont il l'avait aimée avant
et Amnon lui dit : — Lève-toi, va-t-en !
Et elle lui répondit :
— En me chassant, plus grand est ce mal que tu fais maintenant contre moi que celui que tu m'as fait.
Il ne voulut pas l'écouter.
Mais il appela le garçon qui le servait et dit :
— Jette celle-là dehors, loin de moi et ferme la porte après elle.
Elle était vêtue d'une longue robe
car c'est de cette manière que les filles du roi qui étaient vierges portaient leur robe
et son serviteur la jeta dehors et ferma les portes après elle.
Elle répandit des cendres sur sa tête
déchira la longue robe
mit les mains sur sa tête
et elle s’en alla en marchant et en poussant des cris.
Absalom, son frère, lui dit :
— Ton frère Amnon a-t-il été avec toi ?
Maintenant ma sœur, tais-toi, c’est ton frère
ne prends pas cette affaire à cœur.
Alors Thamar demeura désolée dans la maison d'Absalom, son frère.
Or lorsque le roi David apprit toutes ces choses, il fut très irrité.
Absalom ne parla plus à Amnon, ni en mal, ni en bien
car Absalom haïssait Amnon, parce qu'il avait violé Thamar, sa sœur.
Or il arriva, après deux années entières
qu'on tondait les brebis d'Absalom à Baalasor qui est près d'Éphraïm
et qu'Absalom rassembla tous les fils du roi
et il vint vers le roi et lui dit :
— Voici que sont tondues les brebis de ton serviteur
que vienne le roi et ses serviteurs avec ton serviteur.
Et le roi dit à Absalom :
— Non, mon fils, ne veuille pas demander que nous venions et que nous t'accablions.
Comme il le pressait et [que lui] ne voulait pas venir, il le bénit.
Alors Absalom dit : — Si tu ne veux pas venir, que vienne au moins avec moi, je t'en prie, Amnon, mon frère.
Et le roi lui dit : — Il n'est pas nécessaire qu'il vienne avec toi.
Et Absalom le pressa et il envoya avec lui Amnon et tous les fils du roi.
Or Absalom ordonna à ses serviteurs en disant :
— Regardez quand Amnon sera enivré de vin
et je vous dirai : — Frappez-le, tuez-le, n'ayez pas peur
car n'est-ce pas moi qui vous ordonne ?
Soyez fermes et soyez des hommes vaillants !
Les serviteurs d’Absalom firent donc à Amnon comme Absalom leur avait ordonné
et tous les fils du roi se levant, montèrent chacun sur sa mule et s’enfuirent.
Et alors qu'ils étaient en chemin
la rumeur arriva à David, disant :
— Absalom a tué tous les fils du roi,
et il n’en est pas resté un seul.
Le roi se leva alors, déchira ses vêtements et se coucha par terre
et tous ses serviteurs qui étaient là déchirèrent leurs vêtements.
Mais Jonadab, fils de Semaa, frère de David, prit la parole et dit :
— Que mon seigneur ne pense pas que tous les jeunes hommes, fils du roi, sont morts
car Amnon seul est mort.
Car c’est une chose qui était sur les lèvres d’Absalom, déterminée depuis le jour où il a violenté Thamar, sa sœur.
Et maintenant, que mon seigneur le roi ne prenne pas cela à cœur en disant
que tous les fils du roi sont morts
car Amnon seul est mort.
Or Absalom s'enfuit.
Et le jeune garçon, le guetteur leva ses yeux et regarda
et voici qu'un grand peuple venait par la route déviée, du côté de la montagne.
Mais Jonadab dit au roi :
— Voici les fils du roi qui arrivent, selon la parole de ton serviteur, ainsi il en est arrivé.
Alors qu'il achevait de parler apparurent les fils du roi.
Ils arrivèrent et ils élevèrent leur voix et pleurèrent
et le roi et tous ses serviteurs pleurèrent des larmes abondantes.
Mais Absalom s’enfuit et s’en alla chez Tholomaï, fils d’Amaiur, roi de Gessur,
et David fit le deuil de son fils tous les jours.
Comme Absalom s’était enfuit et s'en était allé à Gessur, il y fut trois ans.
Et David le roi s'arrêta de poursuivre Absalom
car il était consolé à l'égard de la mort d’Amnon.
Et Joab, fils de Sarvia, comprenant que le cœur du roi se commençait à se tourner vers Absalom
envoya [chercher] à Thécua, y prit une femme sage, et lui dit :
— Feins d’être dans le deuil et de porter des habits de deuil, ne t’oins pas d’huile
et sois comme une femme qui depuis longtemps pleure un mort
puis tu viendras vers le roi et lui diras des discours de ce genre :
(et Joab lui mit les verbes à la bouche).
Alors, la femme du Thecuïte étant entrée auprès du roi,
elle tomba à terre devant lui, se prosterna et dit : — Sauve-moi, ô roi, !
Et le roi lui dit : — Qu’as-tu ?
Elle répondit : — Hélas, femme et veuve que je suis !
En effet, mon mari est mort
et ta servante avait deux fils
qui se sont querellés entre eux dans un champ :
il n’y avait personne qui pût les en empêcher
et l’un a frappé l’autre et l’a tué...
Et voici que toute la famille s’est levée contre ta servante, en disant :
— Livre le meurtrier de son frère !
Nous le ferons mourir pour la vie de son frère qu’il a tué
et nous détruirons aussi l’héritier !
Et ils cherchent à éteindre ainsi l'étincelle qui me reste
pour ne laisser à mon mari ni nom, ni reste, sur la face de la terre.
Le roi dit à la femme :
— Va à ta maison et moi, je donnerai des ordres à ton sujet.
La femme du Thecuïte dit au roi :
— Sur moi, seigneur mon roi, l'iniquité, et sur la maison de mon père,
mais que le roi et son trône restent irréprochables !
Et le roi dit : — Celui qui parle contre toi, amène-le-moi et il n'en rajoutera plus, à essayer de te toucher.
Elle dit : — Que le roi se souvienne du Seigneur son Dieu
pour que les proches de sang ne se multiplient pas pour venger,
et qu’on n'assassine pas mon fils !
Il répondit : — Aussi vrai que le Seigneur est vivant, il ne tombera pas à terre un seul cheveu de ton fils !
La femme dit donc : — Puisse ta servante dire un verbe à mon seigneur le roi...
Et il dit : — Parle !
Et la femme dit :
— Pourquoi as-tu médité une chose pareille contre le peuple de Dieu ?
Le roi vient de prononcer un verbe tel qu'il pèche, à ne pas faire revenir celui qu'il a lui-même banni !
Tous, nous allons mourir et comme les eaux qui ne reviennent pas, nous coulerons sur la terre ;
mais Dieu ne veut pas que l'âme périsse :
il se rétracte en méditant d'éviter que périsse tout-à-fait celui qui a été banni...
Maintenant donc, je suis venue pour dire ce verbe à mon seigneur le roi en présence du peuple :
ta servante a dit : — Je vais parler au roi !
Et si le roi trouvait moyen de réaliser le verbe
de sa servante ?
Et le roi a écouté, au point qu'il a libéré sa servante
de la main tous ceux qui voulaient nous éliminer d'un coup, mon fils et moi, de l’héritage de Dieu !
Puisse donc ta servante le dire : — Que le verbe de mon seigneur le roi advienne comme un sacrifice [d'apaisement] !
En effet, tel un ange de Dieu, tel est mon seigneur le roi
au point que ni bénédiction ni malédiction ne l'ébranlent. C'est pourquoi le Seigneur ton Dieu est avec toi !
Et le roi répondant dit à la femme :
— Ne me cache pas le verbe que je te demande.
Et la femme dit : — Parle, mon seigneur le roi !
Et le roi dit : — La main de Joab est-elle avec toi dans tout cela ?
La femme répondit et dit :
— Par le salut de ton âme, mon seigneur le roi
il n'y a rien, ni à droite ni à gauche, en plus de tout ce qu'a dit mon seigneur le roi !
C'est bien ton esclave Joab qui me l'a ordonné
et qui a mis dans la bouche de ta servante tous ces verbes.
C’est pour que j'inverse le cours de cette rumeur
que Joab ton esclave a ordonné cela,
mais toi, mon seigneur, tu es sage comme un ange de Dieu ayant la sagesse
si bien que tu comprennes tout sur la terre !
Et le roi dit à Joab : — Voici, je suis apaisé, j'ai
réalisé ton verbe :
va et ramène le jeune homme Absalom !
Joab tombant la face contre terre
se prosterna et bénit le roi
et Joab dit :
— Aujourd'hui ton esclave se rend compte que j’ai trouvé grâce à tes yeux, mon seigneur le roi
car tu as réalisé la parole de ton esclave.
Joab se leva donc et alla à Gessur
et il ramena Absalom à Jérusalem.
Mais le roi dit : — Qu’il se retire dans sa maison et qu’il ne voie pas ma face.
Et Absalom se retira dans sa maison et il ne vit pas la face du roi.
Il n'y avait pas d'homme beau comme Absalom, dans tout Israël, et extraordinairement bien fait
de la plante du pied jusqu'à la tête, il n’y avait en lui aucun défaut.
Et quand il se rasait la tête
(une fois par an il se rasait car sa chevelure lui pesait)
il pesait les cheveux de sa tête : deux cents sicles de poids public.
Il naquit à Absalom trois fils
et une fille nommée « Thamar », de belle apparence.
Et Absalom demeura deux ans à Jérusalem et il ne vit pas la face du roi.
Alors il manda Joab pour qu'il le mène au roi mais [Joab] ne voulut pas venir à lui
et l'ayant mandé une seconde fois il ne voulut pas venir.
Il dit à ses esclaves :
— Vous connaissez le champ de Joab à côté de mon champ, il a de l'orge récolté.
Allez-y et mettez-y le feu.
Les esclaves d'Absalom mirent donc le feu au champ.
Joab se leva et vint à Absalom, dans sa maison, et dit :
— Pourquoi tes esclaves ont-ils mis le feu à mon champ ?
Absalom répondit à Joab :
— Je t'ai mandé en te suppliant : — Viens vers moi que je t'envoie au roi pour que tu lui dises : — Pourquoi suis-je revenu de Gessur ?
Il serait mieux pour moi d'être là-bas.
Je prie maintenant de voir la face du roi
et s'il se souvient de mon iniquité, qu'il me tue.
Joab entra chez le roi et le lui annonça.
Il l'appela et Absalom entra devant le roi
il se prosterna la face contre terre, devant lui
et le roi embrassa Absalom.
Pourtant, après cela Absalom se fit faire un char et des chevaux, et cinquante hommes qui couraient devant lui ;
et s'étant levé tôt, Absalom se tenait à côté de l'entrée de la porte
et tout homme qui avait une affaire telle qu'il venait pour le jugement du roi
Absalom l’appelait à lui et disait :
— De quelle ville es-tu ?
Celui-ci répondait en disant : — Moi ton esclave, je suis d'une tribu d'Israël.
Et Absalom lui répondait :
— Tes arguments me semblent bons et justes
mais il n'y a personne d'institué par le roi pour t'écouter !
Et Absalom disait :
— Qui m'instituera juge dans le pays
pour que viennent à moi tous ceux qui ont une affaire, et que je juge justement ?
Davantage, lorsque s’approchait vers lui un homme pour le saluer
il tendait la main et, l'attirant, il l'embrassait.
Il agissait ainsi envers tout Israël qui venait en jugement pour être entendu du roi
et il cherchait à séduire le cœur des hommes d’Israël...
Au bout de quatre ans Absalom dit au roi :
— Que j'aille, et m'acquitte des vœux que j’ai faits au Seigneur à Hébron ;
en effet, ton serviteur a bien fait un vœu, alors qu'il était à Gessur de Syrie en disant :
— Si le Seigneur me ramène à Jérusalem, j'offrirai un sacrifice au Seigneur.
Le roi lui dit : — Va en paix !
Et il se leva et s'en alla à Hébron.
Mais Absalom envoya des émissaires dans toutes les tribus d’Israël, pour dire :
— Dès que vous entendrez le son des trompettes, dites : — Absalom règne à Hébron !
Avec Absalom partirent deux cents hommes de Jérusalem invités ;
ils allaient le cœur simple et totalement ignorants de la cause.
Absalom fit aussi venir Ahitofel le Gilonite, conseiller de David, de sa ville Gilo
alors qu'il immolait les victimes...
Et la conjuration devint puissante
car le peuple se ralliant à Absalom augmentait.
Ainsi un messager l'annonça David, en disant :
— D'un seul cœur, tout Israël suit Absalom.
Et David dit à ses serviteurs qui étaient avec lui à Jérusalem :
— Levez-vous, fuyons, car il n’y aura pas pour nous de refuge devant Absalom.
Hâtez-vous de partir, de peur que, se hâtant, il ne nous prenne
et ne fasse tomber sur nous le malheur
et qu’il ne frappe la ville du glaive dévorant.
Les serviteurs du roi lui dirent :
— Tout ce qu'ordonnera notre seigneur le roi nous l'accompliront volontiers, voici tes serviteurs.
Le roi partit donc et toute sa maison, à pied
et il laissa dix concubines pour garder la maison.
Le roi sortit et tout Israël, à pied
et il s’arrêta à la maison la plus lointaine
tous ses serviteurs marchaient à ses côtés :
les légions Kéréthiennes et les Féléthiennes
et tous les Gethéennes (six cents hommes qui étaient venus de Geth le suivaient) marchaient devant le roi.
Mais le roi dit à Ethaï le Géthéen :
— Pourquoi viens-tu avec nous ?
Retourne et reste avec le roi
car tu es étranger et tu as émigré de ton lieu !
D'hier tu es venu, et aujourd’hui tu serais forcé à sortir avec nous ?
Moi, au contraire, je marcherai où je dois aller...
Retourne et ramène avec toi tes frères :
tu as montré grâce et fidélité !
Et Ethaï répondit au roi disant :
— Le Seigneur vit et mon seigneur le roi vit :
en quelque lieu que tu seras, mon seigneur le roi,
à la vie à la mort
là sera ton esclave !
Et David dit à Ethaï : — Va, passe !
Et Ethaï le Géthéen passa
et tous les hommes qui étaient avec lui
et le reste de la foule ;
et tous pleuraient à grand cri
et tout le peuple passait
et le roi aussi traversait le torrent du Cédron
et tout le peuple défilait vers le chemin qui donne vers le désert...
Or vint aussi Sadoc et tous les Lévites avec lui
qui portaient l’arche de l’alliance de Dieu :
ils déposèrent l’arche de Dieu
et Abiathar monta
jusqu’à ce que fut au complet tout le peuple qui était sorti hors de la ville.
Et le roi dit à Sadoc :
— Rapporte l’arche de Dieu dans la ville.
Si je trouve grâce aux yeux du Seigneur
il me ramènera et me la montrera ainsi que sa demeure.
Mais s’il dit : — Tu ne m'es pas agréable
me voici, qu’il me fasse ce qui est bon à ses yeux.
Et le roi dit à Sadoc, le prêtre :
— Ô voyant ! Retourne à la ville, en paix
et Ahimaas, ton fils, et Jonathan, fils d’Abiathar
que vos deux fils soient avec vous.
Voici, moi je me cacherai dans les plaines du désert
jusqu’à ce qu’il m’arrive un mot de vous, pour m'informer.
Sadoc et Abiathar rapportèrent ainsi l’arche de Dieu à Jérusalem et y restèrent.
David montait la colline des Oliviers, il pleurait en montant
la tête couverte et il allait pieds nus
et tout le peuple qui était avec lui
la tête couverte montait en pleurant.
Mais il fut rapporté à David qu'Ahitofel aussi était dans la conjuration avec Absalom. Et David dit : — Je te prie Seigneur, abrutis le conseil d’Ahitofel !
Et David arrivant au sommet du mont
là où l'on venait adorer le Seigneur
voici que vint à lui Husaî l'Arachite
la tunique déchirée et de la poussière sur la tête.
Et David lui dit :
— Si tu viens avec moi, tu seras pour moi un fardeau.
Mais si tu retournes dans la ville et tu dis à Absalom : — Je suis ton serviteur, roi :
comme j’ai été le serviteur de ton père autrefois, je serai maintenant ton serviteur !
tu déjoueras le conseil d’Ahitofel.
Tu as avec toi Sadoc et Abiathar, les prêtres
et toute parole que tu auras entendue de la maison du roi
tu la diras à Sadoc et Abiathar, les prêtres ;
et ils ont avec eux leurs deux fils
Ahimaas, pour Sadoc, et Jonathan, pour Abiathar :
vous m’enverrez par eux toute parole que vous aurez entendue !
Husaî, ami de David, vint donc à la ville
et Absalom aussi entra à Jérusalem.
Et alors que David avait dépassé un peu le sommet
et voici qu'apparut Siba, jeune homme de Mifiboseth, à sa rencontre avec une paire d’ânes
qui étaient chargés de deux cents pains
cent masses de raisins secs
cent fruits mûrs et des outres de vin.
Le roi dit à Siba : — Que veulent dire ces choses ?
Et Siba répondit : — Les ânes sont pour la maison du roi, pour les monter
et le pain et les fruits sont pour que les jeunes hommes les mangent
et le vin pour que boive celui qui sera fatigué dans le désert.
Le roi dit : — Et où est le fils de ton seigneur ?
Et Siba répondit au roi :
— Il est resté à Jérusalem, en disant :
— Aujourd’hui la maison d’Israël me rendra le royaume de mon père.
Le roi dit à Siba :
— Que soit à toi tout ce qui était à Mifiboseth.
Et Siba dit : — Je me prosterne :
que je trouve grâce à tes yeux, mon seigneur le roi !
Le roi arriva donc jusqu'à Bahurim
et voici que sortait de là un homme de la même famille que la maison de Saül et son nom [était] Séméi, fils de Géra
il sortait, et en marchant il le maudissait.
Et il jetait des pierres à David et à tous les serviteurs du roi David
et tout le peuple et tous les hommes vaillants
étaient à sa droite et à sa gauche.
Ainsi parlait Séméi en le maudissant :
— Sors, sors, homme de sang et homme de Bélial !
Le Seigneur a fait retomber sur toi tout le sang de la maison de Saül
car tu as pris le royaume à sa place
et le Seigneur a mis le royaume dans la main d’Absalom, ton fils.
Que tes maux t'oppressent
car tu es un homme de sang !
Or Abisaï, fils de Sarvia, dit au roi :
— Pourquoi ce chien moribond maudit-il mon seigneur, le roi ?
J'irai lui couper la tête !
Le roi répondit :
— Qu’y a-t-il entre moi et vous, fils de Sarvia ?
Laissez-le, qu’il maudisse !
Car le Seigneur lui a ordonné de maudire David !
Et quel est celui qui oserait lui dire : — Pourquoi fais-tu cela ?
Et le roi dit à Abisaï et à tous ses serviteurs :
— Voici que mon fils qui est sorti de mes entrailles, cherche ma vie
et combien plus maintenant ce fils de Jamin !
Laissez-le, qu'il maudisse selon le commandement du Seigneur.
Peut-être le Seigneur regardera mon affliction
et me fera du bien en retour de cette malédiction d’aujourd’hui.
Alors David marchait — ses hommes sur le chemin avec lui.
Séméi quant à lui allait sur le flanc de la montagne en face de lui, et en marchant, le maudissait
lançant contre lui des pierres et jetant de la poussière.
Alors le roi arriva et tout le peuple qui était avec lui, fatigué, et là ils prirent du repos.
Absalom quant à lui, et tout le peuple, le peuple d’Israël, entrèrent à Jérusalem
et Ahitofel avec lui.
Or, lorsque Husaî l’Arachite, ami de David, était arrivé vers Absalom
il lui dit : — Vive le roi ! Vive le roi !
Absalom lui dit :
— Voilà ta faveur pour ton ami ?
Pourquoi n’es-tu pas allé avec ton ami ?
Et Husaî répondit à Absalom :
— Non, car je serai avec celui qu'a choisi le Seigneur
avec tout le peuple et tous les hommes d'Israël
je serai et je demeurerai avec lui.
D’ailleurs, qui servirai-je, sinon le fils du roi ?
Comme j’ai servi ton père, ainsi je te servirai !
Mais Absalom dit à Ahitofel :
— Organisez un conseil sur ce que nous devons faire.
Et Ahitofel dit à Absalom :
— Va vers les concubines de ton père qu'il a laissées pour garder sa maison.
Ainsi, lorsque tout Israël apprendra que tu as déshonoré ton père
ceux qui sont avec toi se fortifieront.
Ainsi on dressa pour Absalom une tente sur le toit
et Absalom vint vers les concubines de son père, aux yeux de tout Israël.
Le conseil que donnait Ahitofel en ces jours-là
comme un homme qui consulte Dieu, tel était tout conseil d'Ahitofel
que ce soit pour pour David, ou pour Absalom.
Ahitofel dit ainsi à Absalom :
— Je me choisirai douze mille hommes
et je me lèverai et je poursuivrai David cette nuit
j'arriverai sur lui pendant qu’il est fatigué et faible de ses mains, je le frapperai
et lorsque tout le peuple qui est avec lui se sera enfui, je frapperai le roi abandonné
et je ramènerai à toi tout le peuple, ils reviendront chacun comme à leur habitude
car tu ne recherche que la vie d'un seul homme
et tout le peuple sera en paix.
Sa parole plut à Absalom et à tous les anciens d’Israël.
Mais Absalom dit :
— Appelez aussi Husaî l’Arachite
et entendons ce que lui-même dit aussi.
Et alors que Husaî était venu à Absalom
Absalom lui dit :
— Ahitofel a parlé ainsi.
Devons-nous faire ce qu’il a dit ?
Sinon, donne ton conseil.
Et Husaî dit à Absalom :
— Le conseil qu'a donné Ahitofel n’est pas bon, pour cette fois.
Et Husaî dit de nouveau :
— Tu sais que ton père et ses hommes sont fort vaillants et ils ont l'âme amère
comme une ourse privée de ses petits dans la campagne ;
ton père est un homme de guerre
et il ne restera pas la nuit avec son peuple.
Peut-être que maintenant il se cache dans un fossé ou dans un autre lieu qu'il a choisi.
Et lorsqu'il en tombera parmi eux, dès le commencement
quiconque aura entendu dira :
— Il y a eu une défaite dans le peuple qui suit Absalom.
Même le plus vaillant dont le cœur est comme le cœur d'un lion sera saisi d'épouvante
car tout Israël sait
que ton père est un homme fort, et que les hommes qui sont avec lui sont vaillants.
Mais ce conseil me semble bon :
que tout Israël se rassemble autour de toi, depuis Dan jusqu’à Bersabée, multitude pareille au sable qui est sur le bord de la mer
et toi, tu seras au milieu d'eux.
Nous arriverons sur lui dans quelque lieu qu’il se trouve
et nous agirons contre lui comme la rosée tombe sur le sol
et nous ne laisserons pas un seul des hommes qui sont avec lui.
S’il se retire dans une ville
tout Israël entourera cette ville de cordes
et nous la tirerons dans un torrent
pour qu'on n'en retrouve pas même une pierre.
Absalom et tous les hommes d’Israël dirent :
— Le conseil de Husaî l’Arachite vaut mieux que le conseil d’Ahitofel.
Le Seigneur avait commandé de briser le bon conseil d’Ahitofel
afin que le Seigneur amenât le malheur sur Absalom.
Husaî dit à Sadoc et Abiathar, les prêtres :
— Ahitofel a donné tel et tel conseil à Absalom et aux anciens d’Israël
et moi j’ai donné tel et tel conseil.
Envoyez tout de suite et avertissez David en disant :
— Ne passe pas la nuit dans les plaines du désert
mais traverse sans tarder
de peur qu’on ne détruise le roi et tout le peuple qui est avec lui.
Jonathan et Ahimaas se tenaient à la source de Roguel.
La servante vint et les avertit
et eux-mêmes vinrent avertir le roi David
car ils ne pouvaient être vus en entrant dans la ville.
Or un jeune homme les vit et le rapporta à Absalom
mais d'un pas pressé ils entrèrent dans la maison d'un homme à Bahurim
qui avait une citerne dans sa cour
et ils y descendirent.
Et la femme apporta et étendit une couverture sur la bouche de la citerne, et l'assécha avec du grain pilé
et ainsi la chose était dissimulée.
Alors que les serviteurs d'Absalom étaient venus chez la femme dans la maison
ils dirent : — Où sont Ahimaas et Jonathan ?
Et la femme leur répondit :
— Ils ont passé avec un petit peu d'eau goûtée.
Ils cherchèrent mais ne les trouvèrent pas et ils retournèrent à Jérusalem.
Et alors qu'ils étaient partis, eux remontèrent de la citerne
et allèrent avertir le roi David et ils dirent :
— Lève-toi et traverse sans tarder le fleuve
car Ahitofel a donné tel conseil contre vous.
David se leva donc et tout le peuple qui était avec lui
et ils traversèrent le Jourdain jusqu'au lever du jour
et il n’en restait pas un seul qui n’eût traversé le Jourdain.
Mais Ahitofel voyant que son conseil n’était pas suivi
sella son âne et se leva et s’en alla dans sa maison et dans sa ville
et ayant donné les ordres pour sa maison, il se pendit et mourut
et on l’enterra dans le tombeau de son père.
Mais Ahitofel voyant que son conseil n’était pas suivi
sella son âne et se leva et s’en alla dans sa maison et dans sa ville
et ayant donné les ordres pour sa maison, il se pendit et mourut
et on l’enterra dans le tombeau de son père.
Quant à David, il arriva à Camps
et Absalom passa le Jourdain
lui et tous les hommes d’Israël avec lui.
Or Absalom avait placé Amasa à la place de Joab sur l'armée.
Amasa était le fils d’un homme appelé Jéthra l'Hisraëlite,
qui était allé vers Abigaïl, fille de Naas,
sœur de Sarvia qui fut la mère de Joab.
Et Israël campait avec Absalom dans le pays de Galaad.
Lorsque David fut arrivé à Camps
Sobi, fils de Naas, de Rabbath des fils d’Ammon
Maquir, fils d’Ammiel, de Lodabar
et Berzellaï le Galaadite, de Roguelim
lui offrirent des lits, des bassines, des vases d'argile
du froment, de l’orge, de la farine
de la farine bouillie, des fèves, des lentilles
du grain grillé
du miel et du beurre
des brebis et des graisses de veau.
Ils les donnèrent à manger à David et au peuple qui était avec lui
car ils se disaient que le peuple avait souffert de la faim, de la soif et de la fatigue dans le désert.
Alors David après avoir passé en revue son peuple
établit sur eux des tribuns et des centurions
et il remit un tiers du peuple aux mains de Joab
un tiers aux mains d’Abisaï, fils de Sarvia, frère de Joab
et un tiers aux mains d’Ethaï, de Geth
puis le roi dit au peuple :
— Je vais sortir et moi aussi, je serai avec vous.
Mais le peuple dit : — Tu ne sortiras pas !
car si nous sommes mis en fuite, ils ne feront pas grand cas de nous
et même si la moitié d’entre nous meurt, ils ne prendront pas garde à nous
car à toi seul tu vaux dix mille soldats :
il vaut donc mieux que tu sois pour nous en renfort dans la ville.
Le roi leur répondit :
— Ce qui vous semble bon, je vais le faire !
Le roi se tint donc à côté de la porte
et le peuple sortait par groupes de cent et de mille.
Le roi donna cet ordre à Joab, à Abisaï et à Ethaï et dit :
— Préservez-moi le jeune Absalom !
et le peuple entier pouvait entendre le roi qui donnait cet ordre à tous les chefs en faveur d’Absalom.
Alors le peuple sortit dans la campagne à la rencontre d’Israël
et le combat eut lieu dans la forêt d’Éphraïm :
là, le peuple d’Israël fut battu par l'armée de David
et il y eut là en ce jour un grand massacre de vingt mille hommes.
De là, le combat s’étendit à la surface de tout le pays
mais beaucoup plus nombreux étaient ceux que la forêt avait englouti parmi le peuple
que ceux que l'épée dévora, ce jour là.
Il arriva qu'Absalom se portait au devant des serviteurs de David, monté sur un mulet
et comme le mulet avait pénétré sous la frondaison touffue d’un grand chêne,
sa tête s'accrocha au chêne
et lui, suspendu entre le ciel et la terre,
le mulet sur lequel il était assis passa outre.
Quelqu'un le vit et avertit Joab en disant :
— J'ai vu Absalom suspendu à un chêne.
Joab dit à l’homme qui l'avait averti :
— Si tu l’as vu, pourquoi ne l’as-tu pas planté à terre ?
Moi-même, je t’aurais donné dix sicles d’argent et une ceinture !
Il dit à Joab :
— Si même tu me soupesais en mains mille sicles d’argent
je n’étendrais absolument pas la main contre le fils du roi
car nous étions tout ouïe quand le roi vous a donné son ordre, à toi, à Abisaï et à Ethaï, en disant :
« — Préservez-moi le jeune Absalom ! »
Mais si j’avais agis hardiment, au risque de ma vie,
rien n’aurait pu être caché au roi, et même toi, tu te dresserais contre moi !
Et Joab dit : — Certainement pas comme tu veux : je vais l'aggresser sur le champ !
Il donc prit trois lances en main et les enfonça dans le cœur d’Absalom
alors que celui-ci palpitait encore, accroché au chêne.
Accoururent dix jeunes gens qui portaient les armes de Joab
et ils le frappèrent et le tuèrent.
Joab sonna de la trompette
et retint le peuple de poursuivre Israël en fuite
car il voulait épargner la multitude.
Et ils portèrent Absalom et le jetèrent dans un grand fossé dans la forêt
et ils élevèrent sur lui un très grand monceau de pierres
et tout Israël s’enfuit chacun sous sa tente.
Absalom s’était érigé, quand il vivait encore, un monument qui est dans la vallée du Roi
car il avait dit : — Je n’ai pas de fils et cela sera un monument pour mon nom !
et il l'appela de son nom
et on l’appela « la Main d’Absalom », jusqu’à ce jour.
Quant à Achimaas, fils de Sadoc, il dit :
— Je vais courir annoncer au roi
que le Seigneur lui a fait justice de la main de ses ennemis.
Joab rétorqua :
— Tu ne porteras pas le message aujourd’hui, tu le porteras un autre jour
je ne veux pas que tu l'annonces aujourd'hui
car c'est le fils du roi qui est mort !
Et Joab dit au Cusite : — Va, et annonce au roi ce que tu as vu.
Le Cusite se prosterna devant Joab et courut.
Mais Ahimaas, fils de Sadoc, dit encore à Joab :
— Qu'est-ce qui m'empêche de courir après le Cusite ?
Et Joab dit :
— Pourquoi veux-tu courir, mon fils ?
Tu ne seras pas porteur d'une bonne nouvelle.
Il répondit : — Qu'est-ce que ça peut faire, que j'aie couru ?
Et il lui dit : — Cours !
Ahimaas courut par le chemin de la Plaine et devança le Cusite.
Quant à David, il était assis entre les deux portes
et la sentinelle qui était en faction au-dessus du mur de la porte
leva les yeux et vit un homme qui courait seul.
Il cria et prévint le roi.
Et le roi dit : — S’il est seul, la nouvelle qui est dans sa bouche est bonne.
Et il avançait et s'approchait.
La sentinelle vit un autre homme courir
et elle cria en haut et dit :
— Je vois un homme qui court seul.
Le roi dit : — Cette nouvelle aussi est bonne.
La sentinelle dit : — Je vois que la course du premier est comme la course d’Ahimaas, fils de Sadoc.
Et le roi dit : — C’est un homme de bien, et c'est en portant une bonne nouvelle qu'il vient.
Ahimaas cria et dit au roi : — Salut !
Puis il se prosterna devant le roi, face contre terre, et dit :
— Béni soit le Seigneur ton Dieu qui a arrêté les hommes qui ont levé la main contre mon seigneur le roi !
Le roi dit : — La paix est-elle avec le jeune Absalom ?
Ahimaas répondit :
— J’ai vu une grande foule au moment où Joab ton serviteur, ô roi, m'a envoyé, ton serviteur, et je ne sais rien d'autre.
Et le roi dit : — Écarte-toi et tiens-toi ici.
Il s’écarta et se tint là.
Le Cusite apparut et venant, dit :
— J'apporte une bonne nouvelle au seigneur mon roi !
En effet, le Seigneur t’a fait justice aujourd'hui
de la main de tous ceux qui se sont levés contre toi.
Or le roi dit au Cusite :
— La paix est-elle avec le jeune Absalom ?
Le Cusite répondit et dit :
— Que soient comme le jeune les ennemis de mon seigneur le roi
ainsi que tous ceux qui se sont levés contre lui pour le mal !
Alors, triste, le roi monta dans la chambre au-dessus de la porte.
Il pleura et il parlait ainsi en marchant :
— Mon fils Absalom ! mon fils Absalom !
Qui me donnera la mort, à moi, à ta place,
Absalom mon fils, mon fils !
On vint dire à Joab que le roi pleurait et portait le deuil de son fils.
Et la victoire, ce jour-là, fut changée en deuil pour tout le peuple
car le peuple, ce jour-là, entendit dire : — Le roi est affligé à cause de son fils.
Et le peuple, ce jour-là, entra dans la ville à la dérobée
comme entre à la dérobée un peuple honteux d'avoir fui dans la bataille.
Le roi couvrit son visage, et cria d'une voix forte :
— Mon fils Absalom ! Absalom, mon fils, mon fils !
Joab entra donc auprès du roi dans sa maison, et dit :
— Tu couvres de honte aujourd'hui le visage de tous tes serviteurs
qui ont sauvé ta vie aujourd'hui
et la vie de tes fils et de tes filles
la vie de tes femmes et la vie de tes concubines ;
tu aimes ceux qui te haïssent et tu hais ceux qui t’aiment
car tu as montré aujourd’hui que chefs et serviteurs ne sont rien pour toi
car je vois aujourd’hui que si Absalom vivait et que nous fussions tous morts en ce jour, cela serait heureux à tes yeux.
Maintenant donc lève-toi, sors et en parlant, donne satisfaction à tes serviteurs
car par le Seigneur je jure que, si tu ne sors pas, pas un homme ne restera avec toi cette nuit
et ce sera pour toi un mal pire que tous les maux qui te sont arrivés depuis ta jeunesse jusqu’à maintenant.
Le roi se leva donc et s’assit à la porte.
Et on annonça à tout le peuple que le roi était assis à la porte.
Et toute la multitude vint devant le roi
puis Israël s’enfuit chacun dans sa tente.
Tout le peuple aussi débattait, dans toutes les tribus d'Israël, en disant :
— Le roi nous a délivrés de la main de nos ennemis
c’est lui-même qui nous a sauvés de la main des Philistins
et maintenant il a fui du pays devant Absalom.
Mais Absalom que nous avons oint [pour régner] sur nous est mort dans le combat
et maintenant pourquoi gardez-vous le silence et ne faites-vous pas revenir le roi ?
Or le roi David envoya à Sadoc et Abiathar, les prêtres, en disant :
— Parlez aux anciens de Juda en disant :
— Pourquoi venez-vous en dernier pour faire revenir le roi jusque dans sa maison ?
Et la parole de tout Israël parvint au roi, dans sa maison.
Vous êtes mes frères, vous êtes mes os et ma chair :
pourquoi seriez-vous les derniers à faire revenir le roi ?
Et à Amasa vous direz : — N’es-tu pas mon os et ma chair ?
Que Dieu me fasse ainsi et qu'il y ajoute ainsi
si tu ne deviens chef de l'armée devant moi pour toujours à la place de Joab !
Et il fléchit le cœur de tous les hommes de Juda comme un seul homme
et ils envoyèrent dire au roi :
— Reviens, toi et tous tes serviteurs.
Et le roi revint et arriva jusqu’au Jourdain
et Juda vint à Galgal
pour aller à la rencontre du roi et lui faire traverser le Jourdain.
Séméi, fils de Géra, fils de Jamin de Bahurim, se hâta
et descendit avec les hommes de Juda à la rencontre du roi David.
Mille hommes de Benjamin étaient avec lui
et Siba, jeune homme de la maison de Saül, et ses quinze fils et ses vingt serviteurs avec lui
ils allèrent droit au Jourdain devant le roi.
Ils traversèrent à gué
pour faire passer la maison du roi, et pour faire selon son commandement ;
et Séméi, fils de Géra, se prosterna devant le roi alors qu'il passait le Jourdain
et il lui dit :
— Ne m'impute pas, mon seigneur, d'iniquité
ne te souviens pas de l’offense commise par ton serviteur le jour où tu sortis, mon seigneur le roi, de Jérusalem
pour que tu ne le prennes à cœur, ô roi.
Car, moi, ton serviteur je reconnais mon péché
et c'est pourquoi je suis venu aujourd’hui, le premier de toute la maison de Joseph
pour descendre à la rencontre de mon seigneur, le roi.
Abisaï, fils de Sarvia, répondit et dit :
— Au contraire, Séméi ne doit-il pas être mis à mort pour avoir maudit l’oint du Seigneur ?
Et David dit : — Qu’ai-je à faire avec vous, fils de Sarvia ?
Car vous agissez aujourd'hui envers moi en Satan.
Mettrait-on à mort aujourd'hui un homme en Israël ?
Est-ce que je ne sais pas qu'aujourd'hui je suis roi sur Israël ?
Et le roi dit à Séméi : — Tu ne mourras point. Et il le lui jura.
Mifiboseth, fils de Saül, descendit aussi à la rencontre du roi, les pieds sales et la barbe longue
et ses vêtements, il ne les avait pas lavés depuis le jour où le roi était parti, jusqu’au jour où il revenait dans la paix.
Et alors qu'il était venu à Jérusalem à la rencontre du roi, le roi lui dit :
— Pourquoi n’es-tu pas venu avec moi, Mifiboseth ?
Et il répondit :
— Mon seigneur le roi, mon serviteur m’a trompé
car ton serviteur s’était dit : — Je me sellerai l’âne, je le monterai et j'irai avec le roi
car ton serviteur est boiteux.
Et il m'a accusé, moi, ton serviteur, devant mon seigneur le roi
mais toi mon seigneur le roi tu es comme un ange de Dieu
fais ce qui t'est agréable.
Car toute la maison de mon père n’était rien d'autre que coupable de mort pour mon seigneur le roi
et toi, tu m'as invité, ton serviteur, parmi les convives de ta table.
Qu'ai-je de juste à quereller
et que puis-je encore crier au roi ?
Le roi lui dit :
— Pourquoi parles-tu encore ? Ce que j’ai dit est fixé,
toi et Siba, partagez les biens.
Et Mifiboseth répondit au roi :
— Qu’il prenne encore le tout, puisque mon seigneur le roi est rentré en paix dans sa maison.
Berzellaï le Galaadite descendant aussi de Roguelim, fit traverser le Jourdain au roi
disposé à le suivre au-delà du Jourdain.
Or Berzellaï était très vieux, âgé de quatre-vingt ans
il fournit des aliments au roi quand il séjourna aux Camps
car c’était un homme très riche.
Le roi dit à Berzellaï :
— Toi, passe avec moi tu te reposeras en sécurité avec moi à Jérusalem.
Et Berzellaï dit au roi :
— Combien de jours aux années de ma vie
pour que je monte avec le roi à Jérusalem ?
J'ai quatre-vingts ans aujourd'hui.
Mes sens ont-ils la force de discerner le doux de l'amer ?
Ton serviteur peut-il se délecter de nourriture et de boisson ?
Puis-je entendre encore la voix des chanteurs et des chanteuses ?
Et pourquoi ton serviteur serait-il encore un fardeau pour mon seigneur le roi ?
Ton serviteur passera un peu au delà du Jourdain avec toi.
Mais je n'ai pas besoin de cette vicissitude.
Je t'en prie, que je rentre, moi ton serviteur
et que je meure dans ma ville, près de la tombe de mon père et de ma mère.
Mais voici ton serviteur Chamaam :
que lui aille avec toi mon seigneur le roi
et fais pour lui ce que bon te semblera.
Le roi dit : — Que Chamaam passe avec moi
et moi je ferai pour lui ce qui te plaira
et tout ce que tu désireras de moi, tu l'obtiendras.
Et alors que tout le peuple avait passé le Jourdain, le roi passa
et le roi embrassa Berzellaï et le bénit
et lui retourna chez lui.
Le roi passa donc à Galgal, et Chamaam passa avec lui
et tout le peuple de Juda
fit passer le roi , et la moitié du peuple d'Israël était présente.
Alors tous les hommes d’Israël vinrent auprès du roi et dirent au roi :
— Pourquoi nos frères, hommes de Juda, t’ont-ils enlevé
et ont-ils fait passer le Jourdain au roi, à sa maison
et à tous les gens de David avec lui ?
Tous les hommes de Juda répondirent aux hommes d’Israël :
— C’est que le roi est plus proche de moi.
Pourquoi te mets-tu en colère pour cela ?
Avons-nous mangé quelque chose qui venait du roi
ou avons-nous reçu des présents ?
Les hommes d’Israël répondirent aux hommes de Juda et dirent :
— J’ai dix parts sur le roi
et David m'appartient plus qu'à toi.
Pourquoi m’as-tu fait cette offense ?
Ma parole n’a-t-elle pas été la première pour rétablir mon roi ?
Et la parole des hommes de Juda fut plus dure que la parole des hommes d’Israël.
Il se trouvait aussi là un homme Bélial nommé « Séba », fils de Bocri, homme de Benjamin.
Il sonna de la trompette et dit :
— Nous n’avons rien en partage avec David, ni d’héritage avec le fils de Jessé :
chacun sous tes tentes, Israël !
Et tout homme d’Israël s’éloigna de David
et suivit Séba, fils de Bocri.
Mais les hommes de Juda s’attachèrent à leur roi, depuis le Jourdain jusqu’à Jérusalem.
Et David étant venu dans sa maison à Jérusalem
le roi prit les dix concubines qu’il avait laissées pour garder la maison
et les abandonna dans une maison gardée leur fournissant de quoi vivre
et il n’alla plus vers elles
mais elles furent enfermées jusqu’au jour de leur mort, vivant comme des veuves.
Le roi dit à Amasa :
— Convoque-moi tous les hommes de Juda en trois jours ; et toi, sois présent ici.
Amasa partit donc pour convoquer Juda
et il tarda au-delà de la décision qui lui avait été fixée.
Alors David dit à Abisaï :
— Maintenant Séba, fils de Bocri, va nous faire plus de mal qu’Absalom.
Prends donc les serviteurs de ton maître et poursuis-le
de peur qu’il ne trouve des villes fortes et ne nous échappe.
Sortirent donc avec lui les hommes de Joab ainsi que
les Kerétiens et les Pelétiens et tous les hommes vigoureux sortirent de Jérusalem
pour poursuivre Séba, fils de Bocri.
Alors qu'ils étaient tout près de la grande pierrre qui est à Gabaon
Amasa, survenant, vint à leur rencontre ;
de son côté, Joab était vêtu d'une tunique ajustée à sa taille
et ceint par-dessus d'un glaive dans son fourrreau lui pendant jusqu'aux reins
habilement forgé pour pouvoir être brandi d'un simple mouvement et frapper.
Alors Joab dit à Amasa : — Salut, mon frère.
Et il saisit de la main droite le menton d'Amasa, comme pour l'embrasser.
Mais Amasa ne prit pas garde au glaive que tenait Joab
et il l'en frappa au flanc et répandit ses entrailles sur la terre
sans porter de second coup.
Alors Joab et Abisaï, son frère, poursuivirent Séba, fils de Bocri.
Pendant ce temps, des hommes de la société de Joab, comme ils se tenaient tout près du cadavre d'Amasa, dirent :
— Voici celui qui a voulu être avant Joab le compagnon de David : avant Joab !
Mais Amasa gisait baignant dans son sang, au milieu de la route.
Un homme vit que tout le peuple s’arrêtait pour le voir
et il tira Amasa hors de la route dans un champ
et jeta sur lui un vêtement pour que ne s'arrêtent pas ceux qui passaient devant lui.
Après qu’il fut tiré de la route
chacun passa en suivant Joab
pour poursuivre Séba, fils de Bocri.
Or il traversa toutes les tribus d’Israël jusqu’à Abéla et en Bethmacha
et tous les hommes d’élite se rassemblèrent vers lui.
Alors ils ils vinrent et l'assiégèrent dans Abéla et Bethmaca
et ils entourèrent la cité de fortifications et la ville fut bloquée
tandis que toute la foule qui était avec Joab
s'efforçait de détruire les murs.
Et une femme avisée cria de la ville :
— Écoutez, écoutez ! Dites, je vous prie, à Joab : — Approche jusqu'ici et je parlerai avec toi.
Alors qu'il s'était avancé vers elle, elle lui dit :
— Es-tu Joab ? Il répondit : — C’est moi.
Et elle lui dit :
— Écoute les paroles de ta servante.
Il répondit : — J’écoute.
Et elle, à son tour :
— On utilisait, disait-elle, un dicton dans un vieux proverbe :
— Que ceux qui posent des questions les posent à Abéla. Et ils s’arrangeaient ainsi.
Ne suis-je pas moi celle qui témoigne de la vérité d'Israël ?
Et toi, tu cherches à détruire une ville et à chasser une mère en Israël.
Pourquoi abats-tu l’héritage du Seigneur ?
En réponse, Joab dit :
— Loin, loin de moi cette idée
je n'abattrai ni ne jeterai à bas !
Ce n'est pas comme tu le dis
mais un homme de la montagne d’Éphraïm nommé Séba, fils de Bocri
a levé la main contre le roi, David.
Livrez-le, lui seul, et nous nous éloignerons de la ville.
La femme dit à Joab :
— Voici que sa tête te sera jetée par-dessus les murs.
La femme alla donc vers tout le peuple
et lui parla sagement
et ils coupèrent la tête de Séba, fils de Bocri, et la jetèrent à Joab.
Il sonna de la trompette, ils se dispersèrent loin de la ville, chacun vers ses tentes
et Joab retourna à Jérusalem vers le roi.
Joab était sur toute l’armée d’Israël
Banaïas, fils de Joïada, sur les Kéréthiens et les Féléthiens.
Aduram sur les tributs
et Josaphat, fils d’Ahilud, archiviste
Sia était scribe
Sadoc et Abiathar, prêtres
et Hira le Jaïrite était prêtre de David.
Il y eut aussi une famine dans les jours de David pendant trois ans de suite
et David consulta l'oracle du Seigneur
et le Seigneur dit : — C’est à cause de Saül et de sa maison et à cause du sang
parce qu’il a tué les Gabaonites.
Après avoir donc appelé les Gabaonites, le roi leur dit :
— Les Gabaonites ne sont pas issus des fils d’Israël
mais du reste des Amorrhéens ;
et les fils d’Israël avaient bel et bien lié serment avec eux
et Saül voulut les frapper dans son zèle pour les fils d’Israël et de Juda.
David dit donc aux Gabaonites :
— Que ferai-je pour vous, et quelle expiation vous [conviendrez]
afin que vous bénissiez l’héritage du Seigneur ?
Les Gabaonites lui dirent :
— Il ne s'agit pas pour nous d'argent ni d'or avec Saül et avec sa maison
et nous ne voulons pas que meure un homme en Israël.
Et le roi dit : — Que voulez-vous que je fasse pour vous ?
Ils dirent au roi :
— L'homme qui nous a détruits et qui a projeté de nous exterminer avec iniquité
pour que nous disparaissions, que pas un ne reste de sa souche dans tout le territoire d’Israël.
Qu’on nous livre sept hommes d’entre ses fils, pour que nous les crucifions devant le Seigneur à Gabaon de Saül, l’élu du Seigneur.
Et le roi dit : — C'est moi qui vous les livrerai.
Le roi épargna Mifiboseth, fils de Jonathan, fils de Saül
à cause du serment par le Seigneur qui était entre David et Jonathan, fils de Saül.
Le roi prit alors les deux fils de Respha, fille d’Ahia, qu'elle avait enfantés à Saül, Armoni et Mifiboseth
et les cinq fils de Micol, fille de Saül, qu'elle avait enfantés à Hadriel, fils de Berzellaï, de Molathi.
Et il les livra dans les mains des Gabaonites
ils les crucifièrent sur la montagne, devant le Seigneur
les sept tombèrent ensemble
et ils furent mis à mort aux premiers jours de la moisson, au commencement de la moisson des orges.
Or Respha, fille d’Ahia, ayant pris un sac, se l’étendit sur le rocher
depuis le commencement de la moisson jusqu’à ce que l'eau tombât du ciel sur eux
et elle ne laissa pas les oiseaux du ciel se poser sur eux le jour, ni les bêtes des champs la nuit.
On avertit David de ce qu’avait fait Respha, fille d’Ahia, concubine de Saül
Et David alla prendre les os de Saül et les os de Jonathan son fils
chez les habitants de Jabisgalaad, qui les avaient enlevés de la place de Bet-Shân là où les Philistins les avaient suspendus
lorsque ils avaient frappé Saül à Gelboé.
Et il emporta de là les os de Saül et les os de Jonathan son fils
et recueillit les os de ceux qui avaient été cloués.
On les enterra avec les os de Saül et de son fils Jonathan
dans le pays de Benjamin, sur le côté, dans le sépulcre de Quis, son père
et l’on fit tout ce que le roi avait ordonné.
Et après cela, Dieu exauça le pays.
Il y eut à nouveau un combat des Philistins contre Israël
et David descendit et ses serviteurs avec lui, et ils combattirent les Philistins
et David fut fatigué.
Et Jesbibénob qui était de la race de Arafa
dont le fer de la lance pesait trois cents onces
et qui était ceint d'une épée neuve
s'efforçai de frapper David.
Abisaï, fils de Sarvia, vint à son secours
et il frappa le Philistin et le tua.
Alors les hommes de David lui firent serment, en disant :
— Tu ne sortiras plus avec nous pour combattre
de peur que tu n'éteignes le flambeau d’Israël.
Il arriva aussi après cela qu'il y eut encore un combat à Gob avec les Philistins
où Sobbocaï d'Usathi, frappa Seph, qui était de la souche de Arafa.
Il y eut un troisième combat à Gob avec les Philistins
dans lequel Dieudonné, fils de Silve le tisserand Bethléemite, tua Goliath le Géthéen
et la hampe de sa lance était comme un pieu de tisserand.
Il y eut un quatrième combat à Geth
dans lequel il y avait un homme de haute taille, et les doigts de ses mains et les doigts de ses pieds étaient six et six, c'est-à-dire vingt-quatre
et il était de la lignée de Arafa.
Il insulta Israël
et Jonathan, fils de Sammaa, frère de David, le frappa.
Ces quatre hommes étaient nés de Arapha, à Geth
et ils périrent par la main de David et par la main de ses serviteurs.
David adressa au Seigneur les paroles de ce cantique
le jour où le Seigneur le délivra de la main de tous ses ennemis
et de la main de Saül.
Et il dit :
— Le Seigneur est mon rocher, ma robustesse, mon sauveur.
Mon Dieu, ma force, j'espèrerai en lui
mon bouclier et la corne de mon salut
mon soutien et mon refuge
mon sauveur, de l'iniquité tu me sauveras !
J’invoquerai le Seigneur digne de louange et de mes ennemis je serai sauvé
car les ruines de la mort m’environnèrent, les torrents de Bélial m’épouvantèrent
les liens de l'enfer m’environnèrent, les filets de la mort m'entourèrent.
Dans ma détresse j’invoquai le Seigneur et je criai vers mon Dieu
et de son temple il entendit ma voix et mon cri parvint à ses oreilles.
La terre fut agitée et trembla
les fondements des montagnes furent secoués et ébranlés parce qu’il était en colère.
Une fumée montait de ses narines et un feu sortait rapidement de sa bouche
des charbons en étaient embrasés.
Et il abaissa les cieux et descendit et il y avait une obscurité profonde sous ses pieds.
Et il monta sur un chérubin et vola et il se laissa aller sur les ailes du vent.
Il plaça les ténèbres autour de lui comme une cachette
criblant les eaux qui tombent des nuages des cieux.
De l'éclat qui était devant lui jaillirent des charbons de feu.
Le Seigneur tonnera des cieux et le Très-Haut donnera à entendre sa voix.
Il lança des flèches, l'éclair les dispersa et les consuma.
Et le lit de la mer apparut, les fondements du monde furent mis à nu
par le reproche du Seigneur, par la respiration du souffle de sa fureur.
Il étendit d’en haut [sa main], me saisit et me retira des grandes eaux.
Il me délivra de mon ennemi le plus puissant
de ceux qui me haïssaient car ils étaient plus forts que moi.
Il m’avait surpris au jour de mon malheur et le Seigneur fut mon appui.
Il m’a conduit au large, il m’a sauvé parce qu’il a pris son plaisir en moi.
Le Seigneur m’a récompensé selon ma justice
il m’a rendu selon la pureté de mes mains.
Car j’ai gardé les voies du Seigneur et je ne me suis pas détourné, par impiété, de mon Dieu.
Car tous ses jugements étaient devant moi
et je ne me suis pas écarté de ses préceptes.
Et je serai sans reproche envers lui et je me garderai de mon iniquité.
Et le Seigneur me rendra selon ma justice
et selon la pureté de mes mains devant ses yeux.
Avec celui qui est saint, tu te montreras saint et avec le fort, tu te montreras parfait.
Et avec celui qui est excellent, tu te montreras excellent et avec le pervers, tu agiras avec perversité.
Et tu sauveras le peuple des pauvres et de ton regard tu abaisseras ceux qui sont élevés.
Car toi tu es ma lumière, Seigneur, et Seigneur, tu illumineras mes ténèbres !
Car avec toi je courrai armé, avec mon Dieu je franchirai les murailles.
Dieu, tes voies sont sans tache
la parole du Seigneur est éprouvée par le feu, c'est un bouclier pour tous ceux qui espèrent en lui.
Car qui est Dieu sinon le Seigneur, et qui est fort sinon notre Dieu ?
C'est Dieu qui m'arme dans sa force et il aplanit mon chemin pour le rendre parfait
rendant mes pieds semblables à ceux des biches et me faisant tenir debout sur mes hauteurs
formant mes mains au combat et disposant mes bras comme un arc d’airain.
Tu m’as donné le bouclier de ton salut et ta mansuétude m'a fait grandir
tu élargiras mes pas sous moi et mes chevilles ne chancelleront pas.
Je poursuivrai mes ennemis, je les détruirai et je ne reviendrai pas sans les avoir anéantis.
Je les anéantirai et je les briserai pour qu'ils ne se relèvent pas ; ils tomberont sous mes pieds.
Tu m'as armé de force pour le combat, tu feras plier sous moi ceux qui se sont levés contre moi.
Mes ennemis, tu leur fis me tourner le dos, ceux qui me haïssent je les détruirai aussi.
Ils crieront et il n'y aura personne pour les sauver, [ils crieront] vers le Seigneur et il ne les exaucera pas.
Je les détruirai comme la poussière de la terre
comme la boue des rues, je les affaiblirai, je les enfermerai.
Tu me sauveras des révoltes de mon peuple
tu me conserveras à la tête des nations
un peuple que je ne connais pas me servira.
Les fils de l’étranger me résisteront, leur oreille est attentive, ils m’obéiront.
Les fils de l’étranger se sont éloignés et ils se regrouperont dans leurs détroits.
Le Seigneur est vivant et béni [soit] mon Dieu ! Et Dieu sera exalté, force de mon salut !
Dieu, [toi] qui me donnes des vengeances et précipites les peuples sous mes pieds
qui m'as fait sortir du milieu de mes ennemis, qui m’élèves au-dessus de ceux qui se sont élevés contre moi
qui me libèreras de l’homme de violence.
C’est pourquoi je te célèbrerai, Seigneur, parmi les nations et je chanterai pour ton nom.
Lui qui a accordé de grandes délivrances à son roi et a fait miséricorde à son oint
à David et sa descendance à jamais.
Voici les dernières paroles
que prononça David, fils de Jessé
que prononça l’homme qui a été établi l’oint du Dieu de Jacob
l'extraordinaire psalmiste d’Israël :
— L’Esprit du Seigneur a parlé par moi et sa parole par ma langue.
Le Dieu d’Israël m'a dit, le Vaillant d’Israël m'a parlé :
— Un juste dominant sur les hommes
dominant dans la crainte de Dieu
est comme la lumière de l'aurore, au lever du soleil, un matin sans nuages, qui brille
et comme l'herbe qui germe de la terre après la pluie.
Il n'en est pas ainsi de ma maison avec Dieu
car il a établi une alliance éternelle avec moi
ordonnée en tout et assurée
car il est tout mon salut et tout ce que je veux et il n'en est rien qu'il ne ferait germer.
Mais les traîtres sont tous comme des épines que l’on rejette
car on ne les prend pas avec la main.
Et si quelqu'un veut y toucher
il s’armera de fer et d’un bois de lance
et dans le feu elles brûleront jusqu'à la fin.
Voici les noms des vaillants de David :
« Siégeant-à-la-chaire », le chef le plus sage des trois
celui-là est comme un très doux vermisseau de bois
qui a tué huit cent hommes d'un seul coup.
Et après lui Eléazar, fils de l'oncle paternel de celui-ci, Ahohite.
Il était parmi les trois vaillants qui étaient avec David
lorsqu’ils défièrent les Philistins
et se rassemblèrent là pour combattre.
Tandis que montaient les hommes d'Israël
il se leva et frappa les Philistins jusqu’à ce que sa main fut lasse et qu'elle resta attachée à l’épée
et le Seigneur opéra un grand salut ce jour-là
et le peuple qui s'était enfui revint après lui pour piller les dépouilles des cadavres.
Ensuite, Semma, fils d’Agé d'Arari :
les Philistins s’étaient rassemblés en troupe
il y avait là un champ plein de lentilles
et le peuple avait fui devant les Philistins.
Il se plaça au milieu du champ et défendit ;
il frappa les Philistins et le Seigneur opéra un grand salut.
Et auparavant les trois qui étaient les chefs parmi les trente chefs étaient descendus
et étaient venus au temps de la moisson vers David à la caverne d’Odollam
et un campement de Philistins était stationnée dans la vallée des Géants.
David était alors dans la forteresse
et il y avait une troupe de Philistins à Bethléem.
Et David désira et dit :
— Qui me fera boire de l’eau de la citerne de Bethléem qui est à côté de la porte ?
Les trois braves traversèrent le camp des Philistins
ils puisèrent de l’eau de la citerne de Bethléem qui est à côté de la porte et l’apportèrent à David
mais il ne voulut pas la boire et il en fit une libation au Seigneur
en disant : — Loin de moi, Seigneur, de faire cela !
Boirai-je le sang de ces hommes qui sont allés au péril de leur vie ?
Il ne voulut donc pas boire.
Voilà ce que firent les trois vaillants.
Abisaï, frère de Joab, fils de Sarvia, était le chef des trois
il brandit sa lance contre trois cents hommes et les tua
et il eut un nom parmi les trois.
Il était le plus honoré des trois
et il fut leur chef
mais il ne s'éleva pas jusqu'aux trois [premiers].
Banaïas, fils de Joïada, fils d’un homme fort aux grands exploits, de Capséel
lui, frappa les deux lions de Moab
lui, descendit et frappa le lion au milieu de la citerne aux jours de neige.
C'est lui qui tua un Égyptien
un homme impressionant à voir
qui avait dans la main une lance.
C'est pourquoi, après être descendu vers lui avec un bâton
il arracha avec force la lance de la main de l’Égyptien
et le tua de sa propre lance.
Voilà ce que fit Banaïas, fils de Joïada.
Il se fit un nom parmi les trois hommes forts qui étaient les plus nobles parmi les trente
mais il ne s'éleva pas jusqu'aux trois
et David l'établit dans son conseil secret.
Asaël, frère de Joab, était des trente
Éléhanan, fils de son oncle paternel, de Bethléem
Semma, d’Arari
Hélica, d'Arodi
Hélas de Felthi
Hira, fils d’Accès, de Thécua
Abiézer d’Anathoth
Mobonnaï de Usathi
Selmon l’Ahohite
Maharaï le Nétophathite
Héled, fils de Banaa, le Nétophathite
Hithaï, fils de Ribaï, de Gebeeth, fils de Benjamin
Banahi l'Aüfrathonite
Heddaï des torrents de Gaas
Abialbon l'Arbathite
Azmaveth de Béromi
Éliaba de Salbon
fils d'Jasen, Jonathan
Semma de Orori
Haïam, fils de Sarar de Horodi
Eliphélet, fils d’Aasbaï, fils du Maachati
Héliam, fils d’Ahitofel, le Guélonite
Esraï du Carmel
Faraï d’Arbi
Igaal, fils de Nathan de Soba
Bonni de Gadi
Selech d’Ammoni
Naharaï le Bérothite écuyer de Joab, fils de Sarvia
Hira, le Jethrite
Gareb lui-même, le Jethrite
Urie, l’Héttéen.
En tout trente-sept.
À nouveau la colère du Seigneur s’enflamma contre Israël
et il excita David contre eux en disant :
— Va, dénombre Israël et Juda.
Le roi dit à Joab, chef de son armée :
— Parcours, je te prie, toutes les tribus d’Israël, depuis Dan jusqu’à Bersabée
et dénombrez le peuple pour que je sache son nombre.
Joab dit au roi :
— Que le Seigneur ton Dieu ajoute au peuple autant qu’il y en a maintenant
et qu'il le multiplie au centuple à la face de mon seigneur le roi
mais à quoi le seigneur mon roi veut-il en venir avec une affaire de cette sorte ?
Mais la parole du roi prévalut contre les propos de Joab, et des chefs de l’armée
et Joab et les chefs des soldats sortirent de devant le roi pour dénombrer le peuple d’Israël.
Ils traversèrent le Jourdain et ils arrivèrent à Aroër
à droite de la ville qui est au milieu de la vallée de Gad.
Et en passant par Jazer, ils parvinrent à Galaad et dans le bas-pays de Hodsi
puis ils vinrent à la forêt de Dan et passèrent près de Sidon en en faisant le tour
ils passèrent à côté des murailles de Tyr
ainsi que par toute la terre de l’Hévéen et du Cananéen
et ils arrivèrent au sud de Juda, à Bersabée.
Ils parcoururent tout le pays et revinrent à Jérusalem au bout de neuf mois et vingt jours.
Joab donna au roi le nombre du dénombrement du peuple :
il y avait en Israël huit cent mille hommes vaillants tirant l’épée
et en Juda, cinq cent mille combattants.
Le cœur de David battit avec lui après avoir ainsi compté le peuple,
et David dit au Seigneur :
— J’ai grandement péché en ce que j’ai fait !
Maintenant, Seigneur, je t'en prie, fais passer l’iniquité de ton serviteur, car j’ai agi de manière tout à fait insensée.
David se leva le lendemain
et la parole du Seigneur fut adressée à Gad, le prophète, le voyant de David, en disant :
— Va et dis à David :
— Ainsi parle le Seigneur :
— Je te présente trois choses
choisis-en une, celle que tu voudras, et je te la ferai.
Et quand Gad fut venu vers David, il lui rapporta en disant :
— Soit pendant sept années une famine viendra vers toi dans ton pays
soit pendant trois mois tu fuiras devant tes ennemis et ils te poursuivront
soit pendant pas moins de trois jours il y aura la peste dans ton pays.
Maintenant donc délibère et vois quelle parole je répondrai à celui qui m’a envoyé.
Et David dit à Gad : — Je suis accablé !
Mais il vaut mieux que je tombe dans la main du Seigneur
car ses miséricordes sont grandes
que dans la main des hommes.
Et le Seigneur envoya une peste en Israël
depuis le matin jusqu’au temps fixé
et il mourut parmi le peuple, de Dan à Bersabée, soixante-dix mille hommes.
L’ange de Dieu étendit sa main sur Jérusalem pour la détruire
et le Seigneur se repentit de ce mal
et il dit à l’ange qui frappait le peuple :
— Assez ! Retire maintenant ta main.
L’ange du Seigneur était près de l’aire d’Aréuna, le Jébuséen.
Et David dit au Seigneur à la vue de l’ange qui tuait le peuple :
— Voici, c’est moi qui ai péché, c’est moi qui ai agi iniquement
mais ceux-là qui sont des brebis, qu'ont-ils fait ?
Que ta main, je t'en prie, se tourne contre moi et contre la maison de mon père !
Gad vint alors auprès de David ce jour-là et lui dit :
— Monte et élève au Seigneur un autel sur l’aire d’Aréuna, le Jébuséen.
Et David monta, selon la parole de Gad, comme l’avait ordonné le Seigneur.
Aréuna leva les yeux et vit le roi et ses serviteurs qui passaient vers lui
et il sortit et adora le roi, la face contre terre
et il dit :
— Pourquoi mon seigneur le roi vient-il vers son serviteur ?
David lui répondit :
— Pour acheter de toi cette aire et bâtir un autel au Seigneur
pour que la Meurtrière qui s'avance au milieu du peuple soit arrêtée.
Aréuna dit à David :
— Que mon seigneur le roi prenne et qu’il offre ce qui sera bon à ses yeux !
Vois les bœufs pour l’holocauste
les traîneaux et le joug des bœufs pour le bois.
Tout cela, ô roi, Aréuna le donne au roi.
Et Aréuna dit au roi :
— Que le Seigneur ton Dieu, reçoive ta prière !
Et le roi dit à Aréuna :
— Non, pas comme tu veux, mais je te l’achèterai à un prix
et je n’offrirai pas au Seigneur mon Dieu des holocaustes qui ne me coûtent rien.
David acheta donc l’aire et les bœufs pour cinquante sicles d’argent.
Et David bâtit là un autel au Seigneur
et offrit des holocaustes et des sacrifices pacifiques.
Et le Seigneur fut favorable envers le pays, et la plaie se retira d’Israël.
ICI FINIT LE LIVRE DE SAMUEL
C'EST-À-DIRE LE PREMIER ET LE DEUXIÈME DES ROIS