Le tohu-bohu, le fruit défendu, la pomme d'Adam, vieux comme Mathusalem, avant le déluge, la tour de Babel... innombrables sont les expressions du langage plus ou moins courant qui évoquent le temps des origines : toutes proviennent de ce livre ! Premier livre du Pentateuque, donc de toute la Bible, la Genèse est bel et bien un récit de fondation. Dans la tradition juive, le livre est désigné par son premier mot : beréshit, « Au commencement ». La Septante le nomme d'après son contenu : genesis (livre qui débute par les origines du monde).
Le livre enchaîne mythes des origines (création du monde, Adam et Ève, le déluge, la tour de Babel), légendes patriarcales (Abraham, Isaac et Jacob) et roman (l'histoire de Joseph), ponctués de généalogie qui assurent le lien chronologique entre les héros. Il construit un cadre cosmogonique et cosmographique : la création du monde et de l'humanité par un Dieu unique distinct de ses créatures, la répartition des peuples.
C'est dans ce cadre que se déroule toute « l'histoire sainte », en particulier l'élection d'Abraham et de sa descendance et le don de la Terre promise. La Genèse est rythmée par des bénédictions et des promesses (après la chute ; après le déluge ; à chacun des patriarches) et des conclusions d'alliances (avec Adam ; avec Noé ; avec Abraham ; avec la famille d'Israël). Les promesses de Dieu (une postérité, une terre) se heurtent constamment aux résistances ou aux initiatives humaines. Comme tout le Pentateuque, ce premier livre montre en même temps la faiblesse humaine et la fidélité de Dieu.
La Genèse pose des fondations si profondes qu'elles imprègneront tout le Nouveau Testament. Elle fournit à ceux qui le composèrent les moules narratifs, ou « types », qui leur servirent à comprendre et à raconter Jésus comme nouvel Adam, comme plus grand que Melchisédech, comme nouveau Joseph, son œuvre de rédemption comme une nouvelle création, et la fondation de l'Église comme la refondation du peuple de Dieu. Nulle surprise, donc, à ce que la Genèse soit particulièrement présente au cœur de la Vigile pascale, source et sommet de l'année liturgique des chrétiens.
Le texte hébreu de la Genèse est bien transmis. Il existe cependant un écart important concernant la durée des généalogies données par les différents textes (Septante, Texte Massorétique et Pentateuque Samaritain).
Bien que le texte hébreu de la Genèse ait été bien transmis, la critique textuelle doit s'y appliquer. On dispose de fragments de Qumrân du début de notre ère, et de manuscrits hébreux du texte massorétique remontant jusqu'au 10e s. ap. J.-C.
Le Pentateuque samaritain (texte hébreu d'écriture archaïque), est une tradition indépendante, dont les manuscrits remontent jusqu'au 12e s. ap. J.-C. Le texte samaritain s'accorde souvent avec la Septante mais, dans la majorité des cas, l'avantage reste au texte hébreu massorétique.
Les plus anciens manuscrits syriaques datent du 5e s. ap. J.-C. La version syriaque s'accorde souvent avec la Septante contre l'hébreu.
La traduction arménienne a elle aussi été faite d’après le grec.
La Vulgate traduit l’hébreu assez fidèlement. Il existe aussi d’autres versions latines, entre autres le codex Lugdunensis (probablement du 6e s.).
Les Targums sont davantage des paraphrases que des versions.
et témoignent de variations, souvent intéressantes.
La Genèse est un récit de fondation. Ce livre raconte l'histoire ancestrale (GÉNÉALOGIE) en deux parties.
La Genèse se divise en deux parties inégales.
La composition de la Genèse, comme des autres livres du Pentateuque, est attribuée à Moïse, au moins dès le début de l’ère chrétienne, et Jésus comme les Apôtres se conforment à cette opinion (Jn 1,45 ; 5,45ss ; Rm 10,5). Cependant les traditions les plus anciennes n'ont jamais affirmé explicitement que Moïse fût le rédacteur de tout le Pentateuque. Le Pentateuque lui-même emploie l'expression « Moïse a écrit » seulement pour un certain nombre de passages limités.
De fait, l'étude moderne de ces livres fait ressortir des différences de style, des répétitions très nombreuses, surtout dans les lois, et des désordres dans les récits, qui empêchent d'y voir l'œuvre d'un seul auteur. Pour rendre compte de la progressive compilation et composition du Pentateuque, les critiques ont élaboré diverses « théories documentaires » sur le Pentateuque.
(voir la note de synthèse BEST (https://scroll.bibletraditions.org/bible/Gn/1) sur : « Bible et Archéologie IV : Le temps des Patriarches»)
La canonicité de la Genèse n’a jamais été contestée.
C’est l'un des livres les plus commentés de l'Ancien Testament. Des traités spéciaux sont consacrés à son premier chapitre, à « l'œuvre des six jours » de la création, l'Hexaëmeron ; en sont conservés de :
Parmi les commentaires plus ou moins complets du livre, les plus importants sont :
Beaucoup de Pères reconnaissent dans certains personnages ou épisodes, des préfigurations du Nouveau Testament. Ils développent des parallèles entre :
(voir la note de synthèse BEST (https://scroll.bibletraditions.org/bible/Gn/1) sur : « Immoralité des patriarches ? »)
ICI COMMENCE LE LIVRE « BRESITH »
C'EST-À-DIRE : GENÈSE
Au principe, Dieu créa le ciel et la terre.
Or, la terre était inane et vide
et les ténèbres sur la face de l’abysse
et l’esprit de Dieu se mouvait sur les eaux.
Et Dieu dit :
— Que la lumière soit et la lumière fut.
Et Dieu vit la lumière : qu'elle était bonne !
et il sépara la lumière et les ténèbres.
Et il nomma la lumière « jour » et les ténèbres « nuit ».
Et il y eut un soir et un matin : jour un.
Dieu dit aussi :
— Qu’il y ait un firmament au milieu des eaux
et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux.
Et Dieu fit le firmament
et il sépara les eaux qui étaient au-dessous du firmament d’avec les eaux qui étaient au-dessus du firmament
et il fut fait ainsi.
Et Dieu appela le firmament « ciel ».
Et il y eut un soir et un matin :
deuxième jour.
En vérité Dieu dit :
— Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un seul lieu et que paraisse le sec.
Et il fut fait ainsi.
Et Dieu appela le sec « terre »
et il nomma le rassemblement des eaux « mers ».
Et Dieu vit que c'était bon.
Et il dit :
— Que la terre fasse germer l'herbe verte portant semence
et l'arbre à fruit portant du fruit selon son genre ayant en soi sa semence, sur la terre.
Et il fut fait ainsi.
Et la terre fit sortir l'herbe verte portant semence selon son espèce
et l'arbre portant du fruit
et chacun portant semence selon son espèce.
Et Dieu vit que c'était bon.
Et il y eut un soir et un matin :
troisième jour.
Or, Dieu dit :
— Qu’il y ait des luminaires dans le firmament du ciel pour séparer le jour et la nuit
et qu’ils soient des signes [pour marquer] les époques, les jours et les années
qu’ils brillent dans le firmament du ciel pour illuminer la terre.
Et il fut fait ainsi.
Et Dieu fit les deux grands luminaires
le plus grand luminaire pour présider au jour
le plus petit luminaire pour présider à la nuit, et les étoiles.
Et il les plaça dans le firmament du ciel
pour qu'ils brillent sur la terre
et pour présider au jour et à la nuit
et pour séparer la lumière et les ténèbres.
Et Dieu vit que c'était bon.
Et il y eut un soir et un matin :
quatrième jour.
Dieu dit encore :
— Que les eaux produisent le reptile d'âme vivante
et le volatile sur la terre, sous le firmament du ciel.
Et Dieu créa les grands animaux aquatiques
et toute âme vivante et mobile
que produisirent les eaux, selon leur espèce
et tout volatile selon son genre.
Et Dieu vit que c'était bon.
Et il les bénit, disant :
— Croissez et multipliez-vous et remplissez les eaux de la mer
et que les oiseaux se multiplient sur la terre.
Et il y eut un soir et un matin :
cinquième jour.
Dieu dit aussi :
— Que la terre produise l'âme vivante selon son genre
les bêtes de somme et les reptiles et les bêtes de la terre selon leurs espèces.
Et il fut fait ainsi.
Et Dieu fit les bêtes de la terre selon leurs espèces
les bêtes de somme et tout reptile de la terre selon son genre.
Et Dieu vit que c'était bon.
Et il dit :
— Faisons l’homme à notre image et ressemblance
et qu’il domine sur les poissons de la mer et les volatiles du ciel
et les bêtes et toute la terre
et tout reptile qui se meut sur terre.
Et Dieu créa l’homme à son image
à l’image de Dieu il le créa
mâle et femelle, il les créa.
Et Dieu les bénit et leur dit :
— Croissez, multipliez-vous et remplissez la terre et soumettez-la
et dominez sur les poissons de la mer
les volatiles du ciel
et tous les [êtres] animés qui se meuvent sur la terre.
Et Dieu dit :
— Voici, je vous ai donné toute herbe porteuse de semence sur la terre
et tous les arbres qui ont en eux-mêmes la semence de leur genre
pour qu'ils vous soient une nourriture
ainsi qu'à la totalité des êtres animés de la terre
et à tout oiseau du ciel et à l'ensemble des êtres qui se meuvent sur la terre
et dans lesquels il y a une âme vivante : qu'ils en disposent pour se nourrir !
Et il fut fait ainsi.
ainsi qu'à la totalité des êtres animés de la terre
et à tout oiseau du ciel et à l'ensemble des êtres qui se meuvent sur la terre
et dans lesquels il y a une âme vivante : qu'ils en disposent pour se nourrir !
Et il fut fait ainsi.
Et Dieu vit toutes les choses qu’il avait faites : elles étaient très bonnes !
Et il y eut un soir et un matin : sixième jour.
Alors les cieux et la terre furent achevés et tout leur ornement.
Et Dieu compléta le septième jour son œuvre qu’il avait faite
et il se reposa le septième jour de toute son œuvre qu’il avait réalisée.
Et il bénit le septième jour et le sanctifia
parce qu’en ce jour-là, il s'était abstenu de toute œuvre sienne que Dieu créa pour qu'elle fût faite.
Voici les générations du ciel et de la terre quand elles furent créées
au jour où le Seigneur Dieu fit ciel et terre
et tout arbrisseau du champ avant qu'il ne levât en terre
et toute herbe de plaine avant qu'elle ne germât
car le Seigneur Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre
et il n’y avait pas d’homme qui travaillât la terre.
Mais une source montait de la terre irriguant la surface entière de la terre.
Le Seigneur Dieu façonna alors l’homme de la poussière de la terre
et il insuffla en sa face un souffle de vie
et l’homme devint une âme vivante.
Or, le Seigneur Dieu avait planté un paradis de volupté depuis le principe
et il y plaça l’homme qu’il avait façonné.
Et le Seigneur Dieu fit sortir du sol tout arbre agréable à voir et suave à manger
aussi l’arbre de la vie au milieu du paradis
et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
Et le Seigneur Dieu fit sortir du sol tout arbre agréable à voir et doux à manger
aussi l’arbre de la vie au milieu du paradis
et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
Et un fleuve sortait du lieu de volupté pour irriguer le paradis
et d'ici il se divisa en quatre têtes.
Le nom de l'un est « Phison » :
c’est celui qui encercle toute la terre de Évilat
où naît l'or
et l’or de cette terre est le meilleur
et ici sont le bdellium et la pierre d’onyx.
Et le nom du second fleuve est « Géhon » [Geon] :
c’est celui qui encercle toute la terre d'Éthiopie [Æthiopia].
Mais le nom du troisième est « Tigre » [Tigris] :
lui va vers les Assyriens.
Et le quatrième fleuve, c'est l’Euphrate.
Le Seigneur Dieu prit l’homme et le plaça dans le paradis de volupté
pour qu'il le travaillât et le gardât.
Et il lui prescrit, disant :
— De tout arbre du paradis : mange !
Quant à l’arbre de la connaissance du bien et du mal, n'en mange pas !
car au jour où tu en en auras mangé, de là tu mourras de mort.
Le Seigneur Dieu dit aussi :
— Il n’est pas bon que l’homme soit seul :
faisons-lui une aide semblable à lui.
Le Seigneur Dieu, après avoir donc façonné, du sol, l'ensemble des [êtres] animés de la terre et la totalité des volatiles du ciel
les amena à Adam pour voir comment il les appellerait :
en effet, tout [nom] par lequel Adam appela une âme vivante est son nom même.
Le Seigneur Dieu, après avoir donc façonné, du sol, l'ensemble des [êtres] animés de la terre et la totalité des volatiles du ciel
les amena à Adam pour voir comment il les appellerait :
en effet, tout [nom] par lequel Adam appela une âme vivante est son nom même.
Et Adam nomma par ses noms l'ensemble des [êtres] animés
et la totalité des volatiles du ciel et toutes les bêtes de la terre
mais pour Adam, il ne se trouva pas d'aide semblable à lui.
Et le Seigneur Dieu laissa entrer une torpeur en Adam
et alors qu'il s'était endormi, il prit une de ses côtes et remplit la chair à sa place.
Et le Seigneur Dieu construisit la côte qu’il avait prise d'Adam en femme
et il l'amena à Adam.
Et Adam dit :
— C'est à présent l'os de mes os et la chair de ma chair !
Celle-ci sera appelée « humaine » puisqu’elle a été tirée de l’homme.
C’est pourquoi l’homme laissera son père et sa mère
et s’attachera à sa femme et ils seront deux en une seule chair.
Or, ils étaient l'un et l'autre nus
à savoir Adam et sa femme, et ils ne rougissaient pas.
Mais encore le serpent était le plus rusé de l'ensemble des [êtres] animés de la terre que le Seigneur Dieu avait faits
et il dit à la femme :
— Pourquoi Dieu vous a-t-il prescrit de ne manger d'aucun arbre du paradis ?
À quoi la femme répondit :
— Du fruit des arbres du paradis, nous nous nourrissons
mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du paradis
Dieu nous a prescrit de ne pas en manger et de ne pas toucher à celui-là, de peur que nous ne mourions.
Or, le serpent dit à la femme :
— Nullement vous ne mourrez de mort !
car Dieu sait qu'au jour où vous en aurez mangé
vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal.
La femme vit alors que l’arbre était bon à manger
beau pour les yeux et délectable par son aspect
et elle prit de son fruit et mangea et [en] donna à son mari avec elle,
lequel mangea.
Et [leurs] yeux à [tous] deux s’ouvrirent
et ayant connu qu’ils étaient nus
ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes.
Et ayant entendu la voix du Seigneur Dieu passant dans le paradis à la brise, l'après-midi
Adam et sa femme se cachèrent de devant le Seigneur Dieu au milieu des arbres du paradis.
Et le Seigneur Dieu appela Adam et lui dit : — Où es-tu ?
Et il dit : — J’ai entendu ta voix dans le paradis et j’ai eu peur en ce que je suis nu, et je me suis caché.
Et il lui dit : — Qui, en effet, t’a montré que tu étais nu ?
à moins que tu n'aies mangé de l’arbre dont je t’avais prescrit de ne pas manger ?
Et Adam dit : — La femme que tu m'as donnée pour compagne m’a donné de cet arbre et j’ai mangé.
Et le Seigneur Dieu dit à la femme : — Pourquoi as-tu fait cela ?
Et elle répondit : — Le serpent m’a trompée et j’ai mangé.
Et le Seigneur Dieu dit au serpent :
— Parce que tu as fait cela, tu es maudit entre tous les [êtres] animés et les bêtes de la terre
tu avanceras sur ta poitrine
et tu mangeras la terre l'ensemble des jours de ta vie.
Je mettrai de l'inimitié entre toi et la femme
entre ta semence et sa semence :
elle écrasera ta tête
et tu épieras son talon.
À la femme il dit aussi :
— Je multiplierai tes épreuves et tes grossesses :
dans la douleur tu enfanteras des fils et tu seras sous le pouvoir du mari et il dominera sur toi.
Mais il dit à Adam :
— Parce que tu as écouté la voix de ta femme
et que tu as mangé de l’arbre dont je t'avais prescrit de ne pas manger :
maudite la terre à cause de ton œuvre !
Dans les efforts tu en mangeras l'ensemble des jours de ta vie !
Elle fera germer pour toi des épines et des chardons, et tu mangeras
les herbes de la terre.
C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain
jusqu’à retourner à la terre de laquelle tu as été tiré
parce que tu es poussière et qu'à la poussière tu retourneras.
Et Adam appela sa femme du nom d' « Ève » [Hava] en ce qu’elle serait la mère de l'ensemble des vivants.
Le Seigneur Dieu fit aussi à Adam et à sa femme des tuniques de peaux
et les vêtit
et dit :
— Voici, Adam est devenu comme l’un de nous pour connaître le bien et le mal !
À présent donc, de peur qu’il n’étende sa main
ne prenne aussi de l’arbre de vie
ne mange et ne vive pour toujours ...
et le Seigneur Dieu le renvoya du paradis de volupté
pour travailler la terre d’où il avait été tiré.
Et il éjecta Adam
et disposa devant le paradis de volupté
les Chérubins et le glaive flamboyant et tournoyant
pour garder la voie de l’arbre de vie.
Mais Adam connut Ève, sa femme
qui conçut et enfanta Caïn, disant :
— J’ai acquis un homme par le Seigneur.
Et elle enfanta encore Abel, son frère
et Abel fut pasteur de brebis et Caïn, paysan.
Or, il arriva, après de nombreux jours
que Caïn offrit des fruits de la terre en offrandes au Seigneur.
Abel aussi offrit des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse
et le Seigneur regarda vers Abel et ses offrandes.
Mais il ne regarda pas vers Caïn ni ses offrandes.
Caïn en fut violemment irrité et son visage abattu.
Et le Seigneur lui dit :
— Pourquoi es-tu triste et pourquoi ton visage est-il abattu ?
Si tu agis bien, ne recevras-tu pas [mon agrément] ?
Mais sinon, aussitôt le péché se présentera aux portes
mais le désir de le [commettre] te sera soumis et tu le domineras.
Et Caïn dit à Abel, son frère : — Sortons d'ici !
Et alors qu'ils étaient au champ
Caïn se dressa contre Abel, son frère, et le tua.
Et le Seigneur dit à Caïn : — Où est Abel, ton frère ?
Il répondit : — Je ne sais pas, suis-je le gardien de mon frère ?
Et il lui dit : — Qu’as-tu fait ?
La voix du sang de ton frère crie vers moi depuis la terre !
Désormais tu seras maudit sur la terre
qui a ouvert sa bouche et reçu le sang de ton frère de ta main :
quand tu l'auras travaillée, elle ne te donnera pas ses fruits
tu seras errant et fugitif sur la terre !
Caïn dit au Seigneur :
— Ma faute est trop grande pour que je mérite d'être pardonné.
Voici, tu me rejettes aujourd’hui de la face de la terre
et je serai caché de ta face
je serai errant et fugitif sur terre
alors quiconque m'aura trouvé m'occira.
Voici, tu me rejettes aujourd’hui de la face de la terre
et je serai caché de ta face
je serai errant et fugitif sur terre
alors quiconque m'aura trouvé m'occira.
Et le Seigneur lui dit :
— Nullement, cela n'arrivera pas
mais quiconque aura occis Caïn sera puni au septuple.
Et le Seigneur plaça sur Caïn un signe
afin que quiconque le rencontrerait ne le tuât pas.
Et Caïn s’éloigna de la face du Seigneur, il habita, fugitif sur la terre, vers la contrée orientale d’Éden.
Or, Caïn connut sa femme qui conçut et enfanta Hénoch [Enoch].
Et il construisit une cité et l'appela du nom de « Enôch », nom de son fils.
Et Hénoch engendra Irad
et Irad engendra Maviaël [Maviahel],
Maviaël engendra Mathusaël [Matusahel]
et Mathusaël engendra Lamec
qui reçut deux femmes :
le nom de l'une : « Ada», et le nom de la seconde : « Sella ».
Et Ada enfanta Jabel, qui fut le père de ceux qui habitent dans des tentes et des pasteurs.
Et le nom de son frère était « Jubal » :
il a été le père de ceux qui jouent de la cithare et de la flûte.
Sella aussi enfanta Thubalcaïn
qui fut forgeron et fabricant dans l'ensemble des travaux de l'airain et du fer.
Et la sœur de Thubalcain était Noéma [Noemma].
Et Lamec dit à ses femmes, Ada et Sella :
— Entendez ma voix, femmes de Lamec
écoutez mon propos
puisque j’ai occis un homme pour ma blessure
et un jeune homme pour ma meurtrissure.
Au septuple pour Caïn vengeance sera accordée
mais pour Lamec, soixante-dix fois sept fois.
Et Adam connut encore sa femme : elle enfanta un fils
et l’appela du nom de « Seth », disant :
— Dieu a placé pour moi une autre semence à la place d’Abel qu'a occis Caïn.
Mais de Seth aussi un fils naquit, qu'il appela « Énos ».
Celui-ci commença à invoquer le nom du Seigneur.
C'est le livre de la génération d’Adam
au jour où Dieu créa l'homme
à la ressemblance de Dieu il le fit.
Mâle et femelle il les créa
et il les bénit et il les appela du nom de « Adam » le jour où ils furent créés.
Or, Adam vécut cent trente ans
et il engendra à sa ressemblance et son image
et il l'appela du nom de « Seth ».
Et les jours d’Adam, après qu’il engendra Seth furent [de] huit cents ans
et il engendra des fils et des filles.
Et tout le temps qu’Adam vécut fut [de] neuf cent trente ans et il mourut.
Seth aussi vécut cent cinq ans
et il engendra Énos.
Et Seth vécut, après qu’il engendra Énos, huit cent sept ans
et il engendra des fils et des filles.
Et tous les jours de Seth furent [de] neuf cent douze ans et il mourut.
Mais Énos vécut quatre-vingt-dix ans et il engendra Caïnan
après la naissance duquel, il vécut huit cent quinze ans
et il engendra des fils et des filles.
Et tous les jours d’Énos furent de neuf cent cinq ans et il mourut.
Caïnan vécut aussi soixante-dix ans
et il engendra Malaléel [Malalehel].
Et Caïnan vécut, après qu’il engendra Malaléel, huit cent quarante ans
et il engendra des fils et des filles.
Et tous les jours de Caïnan furent de neuf cent dix ans et il mourut.
Or, Malaléel vécut soixante-cinq ans et il engendra Jared.
Et Malaléel vécut, après qu’il engendra Jared, huit cent trente ans
et il engendra des fils et des filles.
Et tous les jours de Malaléel furent de huit cent quatre-vingt-quinze ans et il mourut.
Et Jared vécut cent soixante-deux ans et il engendra Hénoch.
Et Jared, après qu’il engendra Hénoch, vécut huit cents ans
et il engendra des fils et des filles.
Et tous les jours de Jared furent de neuf cent soixante-deux ans et il mourut.
Ensuite Hénoch vécut soixante-cinq ans et il engendra Mathusala.
Et Hénoch marcha avec Dieu, après qu’il eut engendré Mathusala, trois cents ans
et il engendra des fils et des filles.
Et tous les jours d'Hénoch furent de trois cent soixante-cinq ans.
Et Hénok marcha avec Dieu et il n'apparut plus parce que Dieu le prit.
Mathusala vécut aussi cent quatre-vingt-sept ans et il engendra Lamec.
Et Mathusala vécut, après qu’il eut engendré Lamec, sept cent quatre-vingt-deux ans
et il engendra des fils et des filles.
Et tous les jours de Mathusala furent de neuf cent soixante-neuf ans et il mourut.
Or, Lamec vécut cent quatre-vingt-deux ans
et il engendra un fils
et il l'appela du nom de « Noé », disant :
— Celui-ci nous consolera des travaux et des efforts de nos mains sur la terre qu’a maudite le Seigneur.
Et Lamec vécut, après qu’il engendra Noé, cinq cent quatre-vingt-quinze ans
et il engendra des fils et des filles.
Et tous les jours de Lamec furent de sept cent soixante-dix-sept ans et il mourut.
Mais Noé, alors qu'il était âgé de cinq cents ans, engendra Sem, Cham [Ham] et Japheth [Iafeth].
Et alors que les hommes avaient commencé à se multiplier sur la terre et qu’ils avaient procréé des filles
les fils de Dieu, voyant que leurs filles [des hommes] étaient belles
reçurent pour eux des femmes de toutes celles qu'ils avaient choisies.
Et le Seigneur dit : — Mon esprit ne demeurera pas pour l'éternité en l’homme parce qu'il est chair
et ses jours seront de cent vingt ans.
Quant aux géants, ils étaient sur la terre en ces jours-là
après qu'en effet les fils de Dieu furent entrés chez les filles des hommes et qu’elles engendrèrent.
Ceux-ci sont les puissants séculaires, des hommes renommés.
Or, le Seigneur, voyant que la méchanceté des hommes était grande sur terre
et que l'ensemble des pensées du cœur se portait vers le mal en tout temps
il se repentit d’avoir fait l’homme sur terre
et [fut] touché de douleur au fond du cœur.
— J'effacerai, dit-il, l’homme que j’ai créé de la face de la terre
de l’homme aux [êtres] animés
du reptile aux oiseaux du ciel
car je me repens de les avoir faits.
Mais Noé trouva grâce devant le Seigneur.
Mais Noé trouva grâce devant le Seigneur.
Voici les générations de Noé :
Noé fut un homme juste, et parfait parmi ses générations :
avec Dieu il marcha.
Et il engendra trois fils : Sem, Cham et Japheth.
Or, la terre fut corrompue devant Dieu
et remplie d'iniquité.
Et alors que Dieu avait vu que la terre était corrompue
de fait, toute chair avait corrompu sa voie sur la terre
il dit à Noé : — La fin de toute chair vient devant moi :
la terre est remplie d'iniquité à cause d’eux
et moi, je [vais] les détruire avec la terre.
Fais-toi une arche de bois raboté
tu feras des loges dans l'arche
et tu la ligneras de bitume en dedans et en dehors.
Et c'est ainsi que tu la feras :
de trois cents coudées sera la longueur de l’arche
de cinquante coudées la largeur
et de trente coudées sa hauteur.
Tu feras une fenêtre à l’arche et tu termineras à une coudée son sommet
et tu placeras la porte de l’arche sur le côté, en-dessous
tu feras en elle un deuxième [étage] et un troisième.
Voici, moi, je conduirai les eaux du déluge sur la terre
pour tuer toute chair
en laquelle est le souffle de vie sous le ciel :
la totalité de ce qui est sur terre sera supprimée.
Et je placerai mon alliance avec toi
et tu entreras dans l’arche, toi et tes fils
ta femme et les femmes de tes fils avec toi.
Et de l'ensemble des [êtres] animés, de toute chair
deux de chaque [espèce] tu emmèneras dans l’arche pour qu'ils vivent avec toi
de sexes masculin et féminin.
Des oiseaux selon leur espèce
des bêtes de somme selon leur espèce
et de tout reptile de la terre selon son espèce :
deux de toutes entreront avec toi pour qu'ils puissent vivre.
Tu prélèveras alors de tous les aliments qui peuvent être mâchés et fais-en une provision auprès de toi
et, aussi bien toi qu'eux, vous [l']aurez en nourriture.
Noé fit donc tout ce que lui avait prescrit là Dieu.
Et le Seigneur lui dit :
— Entre dans l’arche, toi et toute ta maison :
en effet, je t’ai vu juste devant moi dans cette génération.
De tous les [êtres] animés purs, prélèves-en sept par sept, mâle et femelle
mais de tous les [êtres] animés qui ne sont pas purs, deux par deux, mâle et femelle
et des volatiles du ciel, sept par sept, mâle et femelle
pour que soit sauvée [leur] semence sur la face de toute la terre.
Encore sept jours, en effet, et, moi, je ferai pleuvoir sur la terre
quarante jours et quarante nuits
et j'effacerai toute substance que j’ai faite de la surface de la terre.
Noé fit donc tout ce que le Seigneur lui avait commandé.
Et il avait six cents ans quand les déluges d'eau inondèrent sur la terre.
Et Noé entra dans l’arche avec ses fils
sa femme et les femmes de ses fils, à cause des eaux du déluge.
Des [êtres] animés purs aussi et impurs
des oiseaux et de tout ce qui se meut sur la terre
deux par deux ils entrèrent près de Noé dans l’arche, mâle et femelle
comme l’avait prescrit Dieu à Noé.
Et alors qu'avaient passé sept jours, les eaux du déluge inondèrent sur la terre.
L’an six cent de la vie de Noé, au deuxième mois, le dix-septième jour du mois
se rompirent toutes les sources du grand abysse
et les cataractes du ciel s’ouvrirent
et il y eut la pluie sur la terre quarante jours et quarante nuits.
Au point de ce jour, Noé entra avec Sem, Cham et Japheth, ses fils
sa femme et les trois femmes de ses fils avec eux dans l’arche
eux et tout animal selon son espèce
la totalité des bêtes selon son espèce
tout ce qui se meut sur la terre selon son espèce
et l'ensemble des volatiles selon son espèce
la totalité des [êtres] ailés et tous les oiseaux.
Ils entrèrent près de Noé dans l’arche par deux par deux
de toute chair en laquelle était un souffle de vie.
Et ceux qui entrèrent mâle et femelle de toute chair
ils pénétrèrent comme lui avait prescrit Dieu.
Et le Seigneur referma de l'extérieur.
Et il y eut le déluge quarante jours sur la terre
et les eaux se multiplièrent et soulevèrent l’arche en hauteur depuis la terre.
Et elles inondèrent violemment et remplirent tout sur la surface de la terre
pourtant l’arche était portée sur les eaux.
Et les eaux prévalurent trop sur la terre
et furent couvertes toutes les montagnes élevées qui sont sous la totalité du ciel.
L'eau fut quinze coudées plus haute que les montagnes qu'elle avait couvertes.
Et fut consumée toute chair qui se mouvait sur la terre
[celle] des oiseaux, des [êtres animés], des bêtes et de tous les reptiles qui rampent sur la terre
et la totalité des hommes
et l'ensemble de ceux en lesquels il y a un léger souffle de vie sur terre moururent.
Et il effaça toute substance qui se trouve sur la terre, de l’homme au bétail
aussi bien reptile qu'oiseaux du ciel
et ils furent effacés de la terre
mais demeura seul Noé et [ceux] qui avec lui étaient dans l’arche.
Et les eaux se maintinrent sur la terre, cent cinquante jours.
Or, Dieu se rappela Noé, l'ensemble des [êtres] animés et toutes les bêtes domestiques qui étaient avec lui dans l’arche
et Dieu amena un esprit sur la terre et les eaux diminuèrent.
Et les sources de l’abysse et les cataractes du ciel furent fermées
et les pluies interdites [de tomber] du ciel.
Et les eaux s'[en] retournèrent de la terre, allant et venant
et elles commencèrent à diminuer après cent cinquante jours.
Et l’arche reposa au septième mois le vingt-septième jour du mois sur les montagnes d'Arménie.
Cependant les eaux allaient et décroissaient jusqu’au dixième mois
au dixième mois en effet, le premier jour du mois, apparurent les cîmes des montagnes.
Et alors qu'avaient passé quarante jours, Noé, ouvrant la fenêtre de l'arche qu’il avait faite, envoya le corbeau
qui sortait et retournait, jusqu’à ce que s'assèchent les eaux sur la terre.
Il envoya aussi la colombe après lui pour voir si les eaux avaient désormais cessé [d'inonder] sur la face de la terre.
Mais n'ayant pas trouvé où reposer sa patte, elle [s'en] retourna à lui dans l’arche
car les eaux étaient sur la totalité de la terre.
Et il étendit la main, et l'ayant attrapée l'emporta dans l’arche.
Or, après encore sept autres jours d'attente, il envoya de nouveau la colombe hors de l’arche
mais elle vint à lui le soir
portant un rameau d'olivier aux feuilles vertes dans son bec.
Noé comprit donc que les eaux avaient cessé [d'inonder] sur la terre.
Et il attendit néanmoins sept autres jours et il lâcha la colombe
qui ne [s'en] retourna plus vers lui.
Alors, l’an six cent un, au premier mois, le premier jour du mois
les eaux diminuèrent sur la terre.
Et Noé ouvrant le toit de l’arche regarda et vit que la surface de la terre avait séché.
Au second mois, le vingt-septième jour du mois, la terre fut mise à sec.
Or, Dieu parla à Noé, disant :
— Sors de l’arche, toi et ta femme
tes fils et les femmes de tes fils avec toi.
L'ensemble des [êtres] animés qui sont auprès de toi, de toute chair
aussi bien chez les volatiles que chez les bêtes
et chez la totalité des reptiles qui rampent sur la terre
emmène-les avec toi et entrez sur la terre
croissez et multipliez-vous sur elle !
Noé sortit donc, lui et ses fils
sa femme et les femmes de ses fils avec lui
et tous les [êtres] animés, bêtes domestiques et reptiles qui rampent sur la terre
[chacun] selon son genre sortirent de l’arche.
Or, Noé construisit un autel au Seigneur
et prélevant de l'ensemble du bétail et de tous les oiseaux purs, il offrit des holocaustes sur l’autel
et le Seigneur sentit une odeur de suavité et [se] dit à lui-même :
— Plus jamais je ne maudirai la terre à cause des hommes
en effet, le sens et la pensée du cœur humain sont enclins au mal dès sa jeunesse.
Je ne frapperai alors plus aucun [être] animé comme je l’ai fait !
Désormais tous les jours de la terre, semence ni moisson, froid ni chaud
été ni hiver, nuit ni jour ne se reposeront.
Et Dieu bénit Noé et ses fils et leur dit :
— Croissez, multipliez et emplissez la terre.
Et que la terreur et le tremblement face à vous soient sur l'ensemble des [êtres] animés de la terre
et sur tous les oiseaux du ciel avec la totalité de ce qui se meut sur terre
sur tous les poissons de la mer : ils sont livrés entre vos mains.
Et tout ce qui se meut et qui vit, vous l'aurez en nourriture
ainsi que les légumes verts : je vous ai tout livré
à l'exception de la chair avec le sang, vous n'en mangerez pas.
En effet, le sang de vos âmes, je le réclamerai de la main de l'ensemble des animaux et de la main de l’homme
de la main de l’homme et de son frère, je réclamerai l’âme de l’homme.
Quiconque aura versé le sang de l’homme, son sang sera versé
de fait, à l'image de Dieu a été fait l'homme.
Quant à vous, croissez et multipliez-vous et entrez sur la terre et emplissez-la.
Voici ce que Dieu dit aussi à Noé et à ses fils avec lui :
— Voici, moi, j'établirai mon pacte avec vous et avec votre semence après vous
et à toute âme vivante qui est avec vous
aussi bien chez les oiseaux que chez les bêtes domestiques et le bétail de la terre
l'ensemble de [ceux] qui sont sortis de l’arche
et l'ensemble des bêtes de la terre.
Et j'établirai mon pacte avec vous
et plus aucune chair ne sera retranchée par les eaux du déluge
et il n’y aura plus de déluge anéantissant la terre.
Et Dieu dit :
— Ceci est le signe de l’alliance que je place entre moi et vous
et jusqu'à toute âme vivante qui est avec vous pour [toutes] les générations à jamais :
je mets mon arc dans les nuées
et il sera signe d’alliance entre moi et la terre.
Et lorsque j’encombrerai le ciel de nuées
je placerai mon arc dans les nuées.
Et je me rappelerai mon alliance avec vous et avec toute âme vivante qui anime une chair
et il n'y aura plus d'eaux pour un déluge à effacer toute chair.
Et l’arc sera dans les nuées et je le regarderai et je me rappellerai l’alliance sempiternelle
qui a été conclue entre Dieu et toute âme vivante, de l'ensemble de la chair qui est sur la terre.
Et Dieu dit à Noé :
— Ce sera le signe de l’alliance que j’ai constituée entre moi et toute chair sur la terre.
Les fils de Noé qui sortirent de l’arche étaient alors Sem, Cham et Japheth
pourtant, Cham était le père de Chanaan.
Ces trois sont les fils de Noé
et de ceux-ci fut disséminé tout le genre humain sur la totalité de la terre.
Et Noé commença comme homme paysan à cultiver la terre
et il planta une vigne.
Et buvant du vin, il s’enivra et se dénuda dans sa tente.
Cham, père de Canaan, ayant vu que
les parties honteuses de son père était nues, [l']annonça à ses deux frères dehors.
Cependant, Sem et Japheth placèrent le manteau sur leurs épaules
et progressant à reculons couvrirent les parties honteuses de leur père.
Leurs faces étaient détournées : ils ne virent pas les parties viriles de [leur] père.
Or, au réveil de son vin Noé
apprenant ce que lui avait fait son jeune fils
dit :
— Maudit Canaan !
Il sera pour ses frères un esclave d'esclaves !
Et il dit :
— Béni le Seigneur, Dieu de Sem
que Canaan soit son esclave !
Que Dieu élargisse Japheth
qu’il habite dans les tentes de Sem
et que Canaan soit son esclave !
Or, Noé vécut après le déluge trois cent cinquante ans.
Et tous ses jours furent accomplis : neuf cent cinquante ans
et il mourut.
Et voici les générations des fils de Noé : Sem, Cham, Japheth.
Leur naquirent des fils après le déluge.
Fils de Japheth : Gomer, Magog et Madaï
Javan et Thubal et Mosoc et Thiras.
Ensuite les fils de Gomer : Aschenez et Rifath et Thogorma.
Quant aux fils de Javan : Élisa et Tharsis, les Quetites et les Dodanites.
C’est entre eux que furent divisées les îles des nations dans leurs régions
chacun selon sa langue, selon leurs tribus, dans leurs nations.
Quant aux fils de Cham : Cus et Mesraïm et Fut et Canaan.
Fils de Cus : Saba, Hévila, Sabatha, Regma et Sabathaca.
Fils de Regma : Saba et Dadan.
Ensuite, Cus engendra Nemrod
lui-même commença à être puissant sur terre.
Il était un vaillant chasseur devant le Seigneur
de là fut issu le proverbe : « Comme Nemrod, vaillant chasseur devant le Seigneur. »
Or, le principe de son royaume fut Babylone et Arac et Arcad et Calanné en terre de Sennaar.
De cette terre sortit Assur
et il construisit Ninive, et les rues de [cette] cité et Calé
Résen aussi entre Ninive et Calé — c’est la grande cité.
Cependant, Mesraïm engendra les Ludites et les Anamites et les Laabites, les Nephtuites
les Phétruites [Phetrusim] et les Cesluites [Cesluim] d’où sont sortis les Philistins [Philisthim] et les Caphtorites [Capthurim].
Canaan engendra Sidon, son premier-né, et l’héthéen [Ettheum]
ainsi que le Jébuséen et l'Amorrhéen et le Gergeséen
l’Évéen [Eveum] et l'Araquéen [Araceum] et le Sinéen [Sineum]
l'Aradius [Aradium], le Samarite [Samariten] et l'Amathéen [Amatheum] ;
après cela furent disséminés les peuples des Canaanéens.
et les bornes de Chanaan furent :
venant de Sidon à Gérara jusqu’à Gaza
jusqu’à ce qu’on entre dans Sodome, Gomorrhe, Adama et Séboïm, jusqu’à Lésa.
Voilà les fils de Cham dans leurs parentés et leurs langues et leurs générations, ainsi que dans leurs terres et leurs nations.
De Sem aussi naquirent des fils, lui le père de tous les fils Éber et le frère de Japheth, son aîné.
Fils de Sem : Elam et Assur et Arfaxad et Lud et Aram.
Fils d’Aram : Us et Hul et Géther et Mès.
Cependant, Arfaxad engendra Salé, de qui naquit Éber.
Et il naquit à Éber deux fils :
le nom de l’un était Faleg, en ce qu'en ses jours la terre fut divisée
et le nom de son frère était Jectan.
Et ce Jectan engendra Elmodad et Saleph et Asarmoth, Jaré
et Aduram et Uzal, Décla
et Ébal et Abimaël, Saba
Ophir et Hévila et Jobab.
Tous ceux-là sont fils de Jectan
et leur résidence fut : de Messa,
continuant jusqu'à Sephar, la montagne orientale.
Voilà les fils de Sem, selon leurs parentés, leurs langues, leurs régions, dans leurs nations.
Voilà les familles des fils de Noé selon leurs générations, selon leurs nations ;
c’est d’elles que se sont séparées les nations sur terre après le déluge.
Or, la terre était d'une seule lèvre
et des mêmes paroles.
Et étant partis de l’Orient
ils trouvèrent une plaine en terre de Sennaar et ils y habitèrent.
Et chacun dit à son prochain :
— Venez, faisons des briques, et cuisons-les au feu.
Et ils eurent des briques en guise de pierres
et du bitume en guise de ciment.
Et ils dirent : — Venez, faisons-nous une cité et une tour dont le faîte atteigne le ciel
et célébrons notre nom avant que nous ne soyons divisés sur la totalité de la terre.
Or, le Seigneur descendit pour voir la cité et la tour que bâtissaient les fils d'Adam
et dit :
— Voici, il y a un seul peuple et une seule langue pour tous
ils ont commencé à faire cet ouvrage et ne quitteront pas leurs pensées qu’ils ne les aient accomplies entièrement.
Venez alors, descendons, et confondons là leur langue
de sorte que nul n'entende plus la voix de son prochain.
C’est ainsi que le Seigneur les sépara de ce lieu sur la totalité de la terre
et ils cessèrent de construire la cité.
C’est pourquoi elle est appelée du nom de « Babel »
parce que c’est là que furent confondues les lèvres de la totalité de la terre
et c’est de là que le Seigneur les a séparées sur la face de l'ensemble des régions.
Voici les générations de Sem :
Sem était âgé de cent ans quand il engendra Arfaxad, deux ans après le déluge.
Et Sem vécut, après avoir engendré Arfaxad, cinq cents ans
et il engendra des fils et des filles.
Ensuite, Arfaxad vécut trente-cinq ans
et engendra Salé.
Et Arfaxad vécut, après avoir engendré Salé, trois cent trois ans
et il engendra des fils et des filles.
Salé vécut encore trente ans et engendra Éber.
Et Salé vécut, après avoir engendré Éber, quatre cent trois ans
et il engendra des fils et des filles.
Or, Éber vécut trente-quatre ans et engendra Faleg.
Et Éber vécut, après avoir engendré Faleg, quatre cent trente ans
et il engendra des fils et des filles.
Faleg vécut encore trente ans et engendra Réu.
Et Faleg vécut, après qu’il eut engendré Réu, deux cent neuf ans
et il engendra des fils et des filles.
Réu vécut encore trente-deux ans et engendra Sarug.
Et Réu vécut, après avoir engendré Sarug, deux cent sept ans
et il engendra des fils et des filles.
Et Sarug vécut trente ans et engendra Nahor.
Et Sarug vécut, après avoir engendré Nahor, deux cents ans
et il engendra des fils et des filles.
Or, Nahor vécut vingt-neuf ans et engendra Tharé.
Et Nahor vécut, après avoir engendré Tharé, cent dix-neuf ans
et il engendra des fils et des filles.
Et Tharé vécut soixante-dix ans et engendra Abram, Nahor et Aran.
Or, ce sont les générations de Tharé :
Tharé engendra Abram et Nahor et Aran
ensuite, Aran engendra Lot [Loth].
Et Aran mourut avant Tharé, son père
dans la terre de sa naissance, à Ur des Chaldéens.
Or, Abram et Nahor prirent des femmes
le nom de la femme d’Abram était Saraï
et le nom de la femme de Nahor, Melcha
fille d’Aran, père de Melcha et père de Iescha.
Or, Saraï était stérile :
elle n’avait pas d’enfants.
Ainsi, Térah prit Abram, son fils, et Lot, fils de Aran, le fils de son fils
et Saraï, sa belle-fille, la femme d’Abram, son fils
et il les fit sortir d’Ur des Chaldéens pour aller en terre de Canaan
et ils vinrent jusqu'à Haran et ils habitèrent là.
Et les jours de Tharé furent deux cent cinq ans et Tharé mourut à Haran.
Or, le Seigneur dit à Abram :
— Sors de ta terre, de ta famille et de la maison de ton père
vers la terre que je te montrerai
et je ferai de toi une grande nation
et je te bénirai et je rendrai grand ton nom, et tu seras béni !
Je je bénirai ceux qui te bénissent,
et ceux qui te maudissent je maudirai
et en toi seront bénies l'ensemble des tribus de la terre.
Ainsi, Abram sortit comme le Seigneur [le] lui avait prescrit
et Lot s’en alla avec lui.
Abram avait soixante-quinze ans alors qu'il était sorti de Haran.
Et il prit Saraï, sa femme, et Lot, fils de son frère
ainsi que l'ensemble des biens qu’ils avaient acquis
et les âmes qu'ils avaient acquises à Haran
et ils sortirent pour aller en Canaan.
Et y étant arrivés
Abram passa dans la terre jusqu’au lieu [de] Sichem [Sychem],
jusqu’à la vallée Illustre
Le Cananéen quant à lui était alors dans la terre.
Et le Seigneur apparut à Abram et lui dit :
— C'est à ta semence que j'accorderai cette terre.
Et là, il construisit un autel au Seigneur qui lui était apparu.
Et il traversant de là à la montagne qui était à l’orient de Béthel,
il étendit là sa tente
avec à l'Occident Béthel et à l’Orient Aï.
Il construisit là aussi un autel au Seigneur
et il invoqua son nom.
Et Abram continua, allant et avançant vers le midi.
Or, il y eut une famine sur terre
et Abram descendit en Égypte [Aegyptum] pour y séjourner
car la famine prévalait sur terre.
Et alors qu'il était près d’entrer en Égypte, il dit à Saraï, sa femme :
— Je sais que tu es une femme belle
et que, quand les Égyptiens t'auront vu, ils vont dire : — C’est sa femme.
Ils me tueront
et te réserveront [pour eux].
Dis donc, je te supplie, que tu es ma sœur
afin qu'on me [traite] bien à cause de toi
et que mon âme vive grâce à toi.
Ainsi, alors qu'Abram était entré en Égypte
les Égyptiens virent que sa femme était excessivement belle.
Les princes l'annoncèrent à Pharaon et ils la louèrent auprès de lui
et la femme fut emmenée dans la maison de Pharaon.
Mais ils traitèrent bien Abram à cause d’elle
et il eut des brebis, des bœufs, des ânes, des serviteurs et des servantes, des ânesses et des chameaux.
Or, le Seigneur cingla de très grandes plaies Pharaon et sa maison
à cause de Saraï, femme d’Abram.
Et Pharaon appela Abram et lui dit :
— Qu’est-ce que tu m’as fait ?
Pourquoi ne m’as-tu pas indiqué qu’elle était ta femme ?
Pour quelle raison as-tu dit : — C’est ma sœur, de sorte que je l’ai élevée pour moi au rang de femme ?
Maintenant alors, voici ton épouse : reçois-la et va-t’en !
Et Pharaon fit des prescriptions à [ses] hommes au sujet d’Abram
ils [le] raccompagnèrent, lui et sa femme, et tout ce qu'il possédait.
Abram monta donc d’Égypte vers la contrée australe
lui, sa femme et tout ce qu'il possédait
et Lot avec lui.
Or, Abram était fort riche, en possession d'argent et d'or.
Et il [s'en] retourna, par le chemin où il était venu, du midi
à Béthel
jusqu’au lieu où il avait en premier planté sa tente, entre Béthel et Aï
au lieu de l’autel qu’il avait fait en premier
et là, Abram invoqua le nom du Seigneur.
Mais Lot aussi, qui était avec Abram, avait troupeaux de brebis, de bœufs et des tentes
et la terre ne pouvait pas les contenir pour qu'ils habitent ensemble
leur biens étaient assurément grands
et ils n'étaient pas en mesure d'habiter en commun.
Et de là il y eut une querelle entre les bergers des troupeaux d’Abram et de Lot.
Or, en ce temps, le Cananéen [Chananeus] et le Férézien [Ferezeus] habitaient sur cette terre.
Abram dit donc à Lot : — Qu’il n’y ait pas, s'il te plaît, de dispute entre moi et toi
ni entre mes bergers et tes bergers
car nous sommes frères.
Voici, la totalité de la terre est devant toi.
Retire-toi de moi, je t'en supplie :
— Si tu est allé à gauche, moi, je tiendrai [ma] droite
si tu as choisi la droite, moi, je continuerai à gauche.
Ainsi Lot, après avoir levé les yeux
vit toute la région autour du Jourdain [Iordanis] qui était totalement arrosée
[c’était,] avant que le Seigneur eût renversé Sodome et Gomorrhe
comme un paradis du Seigneur et comme l’Égypte, quand on arrive à Ségor.
Et Lot choisit pour lui toute la région autour du Jourdain et se retira de l'orient
et ils se séparèrent l'un l'autre de son frère.
Abram habita en terre de Canaan
Lot s'attarda dans les bourgs qui étaient autour du Jourdain et habita à Sodome.
Quant aux hommes de Sodome, il étaient très mauvais et excessivement pécheurs devant le Seigneur.
Et le Seigneur dit à Abram, après que Lot se fut séparé de lui :
— Lève les yeux et vois, du lieu où maintenant tu es
vers l'aquilon et vers le midi, à l’orient, et à l'occident :
toute la terre que tu regardes, je l'accorderai à toi et à ta semence pour toujours.
Et je ferai de ta semence comme la poussière de la terre
tout ce qu'on peut compter de poussière
on pourra compter ta semence aussi.
Élève-toi et parcours la terre en sa longueur et en sa largeur, parce qu'à toi, je vais te l'accorder.
Alors, Abram déplaçant sa tente
vint et habita à côté de la vallée de Mambré qui est en Hébron
et il construisit là un autel au Seigneur.
Or, il arriva en ce temps-là qu'Amrafel, roi de Sennaar
d’Arioc, roi du Pont
Codorlahomor, roi des Élamites
et Thadal, roi des Nations
firent la guerre à Bara, roi des Sodomites
à Bersa, roi de Gomorrhe
à Sennaab, roi d’Adama
à Séméber, roi de Séboïm
et au roi de Bala, qui est Ségor.
Tous ceux-ci se réunirent dans la vallée Silvestre, qui est maintenant la mer du sel.
Douze ans en effet ils avaient servi Codorlahomor
et la treizième année ils se retirèrent [loin] de lui.
Alors la quatorzième année, Codorlahomor vint avec les rois qui étaient avec lui
et ils frappèrent les Raphaïtes [Rafaim] à Astharothcarnaïm
les Zuzites [Zuzim] avec eux
les Émites [Emim] à Savé-Cariathaïm [Savecariathaim]
et les Horrites dans les montagnes de Séir
jusqu’aux campagnes de Pharan, qui est dans la solitude.
Et ils s’en retournèrent et vinrent à la source de Mesfat, qui est Cadès
et ils frappèrent toute la région des Amalécites [Amalechitarum]
et l'Amorrhéen [Amorreum] qui habitait à Asasonthamar.
Alors sortirent le roi des Sodomites et le roi de Gomorrhe
le roi d’Adama, le roi de Séboïm
non sans le roi de Bala, qui est Ségor
et ils rangèrent leur ligne de front contre eux dans la vallée Silvestre
contre Codorlahomor, roi des Élamites
Thadal, roi des Nations
Amrafel, roi de Sennaar
et Arioc, roi du Pont :
quatre rois contre cinq.
Quant à la vallée Sylvestre, elle possédait de nombreux puits de bitume.
Ainsi, le roi des Sodomites et celui de Gomorrhe tournèrent le dos, et ils y tombèrent.
Et ceux qui étaient demeurés s'enfuirent dans la montagne.
Or, ils prirent tous les biens de Sodome et de Gomorrhe
et la totalité de ce qui touche à la nourriture, et ils s’en allèrent
non sans Lot et ses biens
le fils du frère d'Abram qui habitait à Sodome.
Et voici, un de ceux qui s'étaient évadés l'annonça à Abram l’Hébreu
qui habitait dans la vallée de Mambre l'Amorrhéen
frère d'Escol et frère d’Aner.
Ils avaient en effet fait alliance avec Abram.
Et Abram, ayant entendu que Lot, à savoir son frère, avait été fait captif
compta l'expédition de ceux de sa maison, trois cent dix-huit
et il les poursuivit jusqu’à Dan.
Et après avoir séparé sa troupe, il se jeta sur eux de nuit
il les frappa et les poursuivit jusqu’à Hoba qui est à gauche de Damas [Damascus].
Et il ramena tous les biens, et Lot son frère avec ses biens
les femmes et le peuple aussi.
Or, le roi des Sodomites sortit à sa rencontre
après qu'Abram [s'en] fut retourné du massacre de Codorlahomor et des rois qui étaient avec lui
dans la vallée de Savé : c’est la vallée du Roi.
Quant à Melchisédec, roi de Salem, apportant du pain et du vin
car il était prêtre du Dieu très-haut.
Il le bénit et dit : — Béni [soit] Abram par le Dieu d'en-haut, qui a créé le ciel et la terre !
Et béni [soit] le Dieu d'en-haut, par la protection duquel les ennemis sont entre tes mains !
Et [Abram] lui accorda les dîmes de tout.
Or, le roi des Sodomites dit à Abram :
— Donne-moi les âmes et prélève pour toi le reste.
Et Abram lui répondit : — Je lève ma main vers le Seigneur, le Dieu très-haut possesseur du ciel et de la terre
[jurant] que d’un fil de tissu à une courroie de sandale, je ne recevrai [rien] de tout ce est tien !
afin que tu ne puisses aller dire : — C'est moi qui ai enrichi Abram.
À l'exception de ce qu’ont mangé les jeunes gens
et de la part des hommes qui sont venus avec moi, Aner, Escol et Mambré :
eux, ils recevront leurs parts.
Après ces événements
il y eut une parole du Seigneur à Abram en vision, disant :
— Ne crains pas, Abram
moi, je suis ton protecteur : ta récompense sera excessivement grande !
Et Abram dit : — Seigneur Dieu, que m'accorderas-tu ?
Moi, je m’en vais sans enfants
et le fils de l'intendant de ma maison, c'est Éliézer de Damas.
Et Abram ajouta :
— Quant à moi, tu ne m’as pas accordé de semence : voici, mon domestique sera mon héritier.
Et aussitôt, il y eut une parole du Seigneur, disant :
— Ce n’est pas lui qui sera ton héritier ; mais celui qui sortira de tes entrailles, c'est lui qui possèdera ton héritage.
Et il le conduisit dehors, et lui dit : — Regarde le ciel et compte les étoiles si tu peux.
Et il lui dit : — Ainsi sera ta semence.
Il crut en le Seigneur et on [le] lui imputa à justice.
Et il lui dit :
— Moi, je suis le Seigneur qui t’a emmené d’Ur des Chaldéens
afin de t'accorder cette terre à acquérir.
Mais celui-ci répondit : — Seigneur Dieu, d'où puis-je savoir que je vais l'acquérir ?
Et répondant, le Seigneur :
— Prends, dit-il, une génisse de trois ans
une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans
une tourterelle et un jeune pigeon.
Et prélevant la totalité de cela, il les divisa par le milieu
plaça l'une et l'autre partie face à l’autre, mais quant aux [êtres] ailés, il ne les divisa pas.
Les oiseaux de proie descendirent sur les cadavres et Abram les repoussa.
Alors que le soleil se couchait, une profonde torpeur se précipita sur Abram
et une terreur grande et ténébreuse l'envahit.
Et il lui fut dit :
— Sache à l'avance que ta semence sera étrangère sur une terre qui ne sera pas leur
on les soumettra à l'esclavage et on les accablera quatre cents ans.
Toutefois, la nation à laquelle ils auront été asservis, moi, je la jugerai
et après cela, ils sortiront avec de grands biens.
Quant à toi, tu t’en iras en paix vers tes pères, mis en terre dans [ta] belle vieillesse.
Or, à la quatrième génération ils [s'en] retourneront ici
car les iniquités des Amorrhéens ne sont pas encore complètes.
Alors donc que le soleil s'était couché et qu'[il y avait] une ténébreuse obscurité
apparut un four fumant et une lampe de feu qui passaient entre ces moitiés [d'animaux].
En ce jour-là, Dieu fit une alliance avec Abram, disant :
— À ta semence j'accorderai cette terre
du fleuve d’Égypte jusqu’au grand fleuve, le cours de l’Euphrate :
le pays des Cinéens, des Cénézéens, des Cedmonéens
des Hettéens, des Féréziens et des Raphaïtes
des Amorrhéens, des Cananéens, des Gergéséens et des Jébuséens.
Alors, Saraï, femme d’Abram, n'avait pas engendré d’enfants
mais ayant une servante égyptienne du nom d'Agar
elle dit à son mari :
— Voici, le Seigneur m’a fermée, de sorte que je n'enfante pas.
Entre près de ma servante : peut-être recevrai-je de celle-là des fils.
Et alors qu'il s'était rendu à sa prière
Saraï, femme d’Abram, prit donc Agar l’Égyptienne, sa servante
après qu’ils eurent commencé à habiter dix années en terre de Canaan
et la donna à son mari pour [être] sa femme.
Il entra près d'elle
et quand elle vit qu’elle avait conçu, elle méprisa sa maîtresse.
Et Saraï dit à Abram :
— Tu agis injustement envers moi.
Moi, j’ai accordé ma servante à ton sein
et voyant qu’elle avait conçu, elle me tient en mépris.
Que le Seigneur juge entre moi et toi !
Abram lui répondant :
— Voici, dit-il, ta servante est en ta main, uses-en comme il te plaira.
Alors, Saraï l'accablant, elle prit la fuite.
L’ange du Seigneur l'ayant trouvée près d’une source d’eau dans le désert qui est sur la voie de Sur
il lui dit :
— Agar, servante de Saraï, d’où viens-tu et où vas-tu ?
Elle répondit : — Moi, je fuis [loin] de la face de Saraï, ma maîtresse.
L’ange du Seigneur lui dit :
— Retourne vers ta maîtresse et humilie-toi sous ses mains.
Et de nouveau :
— Je multiplierai, dit-il, [la] multipliant ta semence, on ne [la] comptera pas devant sa multitude.
Et derechef : — Voici, dit-il, tu as conçu et tu enfanteras un fils
et tu l'appelleras du nom d'« Ismaël »
en ce que le Seigneur a entendu ton accablement.
Ce sera un homme sauvage
sa main contre tous et la main de tous contre lui
et il plantera des tentes [hors] de la région de la totalité de ses frères.
Agar appela le Seigneur qui lui parlait du nom de « Toi, Dieu qui m'as vue »
car elle dit : — Pour sûr, j’ai vu ici par derrière celui qui me voit.
C’est pourquoi on a nommé ce puits-là « Puits-du-Vivant-qui-me-voit »
il est entre Cadès et Barad.
Et elle enfanta un fils à Abram qui l'appela du nom d’Ismaël.
Il avait quatre-vingt-six ans quand Agar lui enfanta Ismaël.
Mais après qu'Abram avait commencé d'avoir quatre-vingt-dix-neuf ans
le Seigneur lui apparut et lui dit :
— Moi, je suis le Dieu tout-puissant : marche devant moi et sois parfait.
Je placerai mon alliance entre moi et toi
et je te multiplierai fort à l'excès.
Abram tomba incliné sur sa face
et Dieu lui dit :
— Moi, je suis, mon pacte [est] avec toi :
tu seras père de nombre de nations.
Et on ne t'appellera plus « Abram »
mais tu seras nommé « Abraham »
parce que je t'ai établi père de nombre de nations.
Je te ferai croître très fortement
je mettrai en place des nations, et des rois sortiront de toi.
J’établirai mon pacte entre moi et toi
et parmi ta descendance après toi
au fil des générations, en une alliance sempiternelle
pour être ton Dieu et celui de ta semence après toi.
Je t'accorderai, à toi et à ta semence après toi, la terre de ton séjour comme étranger
toute la terre de Canaan, en possession éternelle, et je serai leur Dieu.
Dieu dit en outre à Abraham :
— Et toi, tu garderas donc mon pacte
et ta semence après toi, au fil des générations.
C'est le pacte que vous conserverez entre moi et vous et ta semence après toi :
Tout mâle parmi vous sera circoncis.
Et vous circoncirez la chair de votre prépuce
afin que ce soit signe de l’alliance entre moi et vous.
Au huitième jour de l'enfance, sera circoncis chez vous
tout mâle, au fils de vos générations
aussi bien le domestique que celui que tu as acheté
ainsi que quiconque n'aura pas été de votre souche
et mon pacte sera dans votre chair comme une alliance éternelle.
Le mâle dont la chair du prépuce n'aura pas été circoncise
cette âme sera effacée de son peuple
parce qu'il aura violé mon pacte.
Dieu dit encore à Abraham :
— Saraï, ta femme, tu ne l'appelleras pas Saraï mais Sara [Sarra].
Et je la bénirai et je te donnerai d’elle un fils que je vais bénir bénirai
et il deviendra des nations et des rois de peuples se lèveront de lui.
Abraham tomba sur sa face et il rit disant dans son cœur :
— Estimes-tu qu'un fils naîtra à un centenaire ? Et Sara, une nonnagénaire, enfantera ?
Et il dit à Dieu :— Oh ! qu’Ismaël vive devant toi !
Et Dieu dit à Abraham :
— Sara ta femme t’enfantera un fils et tu l'appelleras du nom d'Isaac
et j’établirai mon pacte avec lui en une alliance sempiternelle et avec sa semence après lui.
Sur Ismaël aussi, je t’ai écouté.
Voici, je l’ai béni, je l'augmenterai et je le multiplierai fortement :
il engendrera douze princes et je ferai de lui une grande nation.
Mais mon pacte, je l’établirai pour Isaac
que t’enfantera Sara l’année prochaine à même époque.
Et alors qu'était terminé le propos de celui qui parlait avec lui
Dieu monta d’auprès d’Abraham.
Or, Abraham prit Ismaël, son fils
ainsi que tous les domestiques de sa maison et la totalité de ceux qu’il avait achetés
l'ensemble des mâles parmi tous les gens de sa maison
et il circoncit la chair de leurs prépuces
aussitôt, en ce jour même, comme Dieu lui avait prescrit.
Abraham avait quatre-vingt-dix-neuf ans quand il circoncit la chair de son propre prépuce
et Ismaël, son fils, avait treize ans accomplis au temps de sa circoncision.
Ce même jour, Abraham fut circoncis ainsi qu’Ismaël, son fils
et tous tes hommes de sa maison
aussi bien les domestiques que ceux qui avaient été achetés et des étrangers pareillement furent circoncis.
Or, le Seigneur lui apparut dans la vallée de Mambré
alors qu'il était assis à l’entrée de sa tente, au fort de l'ardeur du jour.
Et, ayant élevé les yeux, lui apparurent trois hommes debout en face de lui.
Et les ayant vu, il courut à leur rencontre de l’entrée de la tente
et se prosterna à terre
et il dit :
— Seigneur, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, ne passe pas outre ton serviteur.
Mais je vous apporterai un petit peu d’eau, lavez vos pieds et reposez-vous sous l'arbre
je placerai un morceau de pain, fortifiez votre cœur
et vous passerez outre
car c’est pour cela que vous avez fait un détour vers votre serviteur.
Ils dirent : — Fais comme tu as dit.
Abraham se hâta vers la tente auprès de Sara et lui dit :
— Fais vite, mélange trois sata de fleur de farine, et fais des pains cuits sous la cendre !
Quant à lui, il courut vers le gros bétail
y prit un veau très tendre et excellent,
il le donna à un enfant qui se hâta de le cuire.
Il prit aussi du beurre et du lait avec le veau qu’on avait cuit et il le plaça devant eux.
Quant à lui, il se tenait près d’eux sous l’arbre.
Et ayant mangé, ils lui dirent :
— Où est Sara, ta femme ?
Lui répondit : — Voici, elle est dans la tente.
Et il lui dit :
— De retour, je viendrai chez toi à cette époque même tous deux en vie,
et elle aura un fils, Sara, ta femme !
À ces mots, Sara se mit à rire derrière l'entrée de la tente.
Or, ils étaient tous deux vieux et fort avancés en âge
ce qu'ont les femmes avaient laissé d'arriver à Sara.
Elle rit donc en secret, disant :
— À présent que j'ai vieilli et que mon seigneur est un petit vieux, je m'adonnerai à la volupté !
Le Seigneur dit à Abraham :
— Pourquoi Sara a-t-elle ri, disant : — Est-ce que vraiment je vais enfanter, moi la vieille ?
Y a-t-il rien qui soit difficile à Dieu ?
Comme promis , je m'en retournerai à toi
à cette même saison, tous deux en vie, et Sara aura un fils.
Sara nia, disant : — Je n’ai pas ri ! car elle était saisie d'une crainte terrible.
Quant au Seigneur : — Ce n'est pas ainsi, dit-il, et tu as ri !
Alors donc que les hommes s'étaient levé de là, ils dirigèrent leurs yeux contre Sodome
et Abraham marchait, les emmenant.
Et le Seigneur dit :
— Pourrai-je cacher à Abraham ce que je vais entreprendre
alors qu'Abraham va devenir une nation grande et très résistante
et que toutes les nations de la terre devront être bénies en lui ?
Je sais en effet ce qu’il va prescrire à ses fils et à sa maison après lui :
qu'ils gardent la voie du Seigneur et qu'ils rendent justice et jugement
que le Seigneur fasse venir en faveur d’Abraham tout ce dont il lui a parlé.
Ainsi le Seigneur dit :
— Le cri des Sodomites et de Gomorrhe s'est multiplié
et leur péché s'est aggravé à l'excès.
Je descendrai et je verrai s'ils ont agi entièrement selon le cri qui est venu jusqu’à moi
et sinon, je le saurai.
Les hommes se détournèrent de là et s’en allèrent vers Sodome.
Quant à Abraham, il se tenait devant le Seigneur.
Et s'approchant il dit :
— Est-ce que tu perdras le juste avec l'impie ?
S'il y a eu cinquante justes dans la cité, périront-ils en même temps
et n'épargneras-tu pas ce lieu à cause des cinquante justes s'ils y ont été ?
Loin de toi de faire cette chose et d'occire le juste avec l'impie
et que le juste soit comme l'impie !
Cela n'est pas de toi ! Toi qui juges toute la terre, tu ne rendras nullement jugement ?
Et le Seigneur lui dit :
— Si je trouve chez les Sodomites cinquante justes au milieu de la ville
je remettrai à tout le lieu à cause d’eux.
En réponse, Abraham dit :
— Parce qu'une fois, j'ai commencé à parler à mon Seigneur, alors que je suis poussière et cendre :
et s'il y a eu cinq justes en moins des cinquante ?
Effaceras-tu à cause de cinq la totalité de la ville ?
Et il dit : — Je n'effacerai pas, si j’en trouve ici quarante-cinq.
Il lui parla à nouveau :
— Or, si on en trouve quarante, que feras-tu ?
Il dit : — Je ne frapperai pas à cause des quarante.
— Je te demande, dit-il, ne t'indignes pas, Seigneur, si je parle :
et si on en a trouvé ici trente ?
Et il répondit : — Je ne le ferai pas, si j’en trouve ici trente.
— Parce qu'une fois, dit-il, j'ai commencé à parler à mon Seigneur :
et si on en a trouvé ici vingt ?
Et il dit : — Je ne tuerai pas à cause des vingt.
— Je te supplie, dit-il, ne te mets pas en colère, Seigneur, si je parle encore une fois !
et si on en a trouvé ici dix?
Il dit : — Je ne l'effacerai pas à cause des dix.
Le Seigneur s’en alla, après avoir cessé de parler à Abraham
et lui retourna en son lieu.
Les deux anges arrivèrent à Sodome le soir
Lot étant assis aux portes de la cité.
Et les ayant vus, il se leva et alla au-devant d’eux
et il se prosterna incliné à terre
et il dit :
— Je vous en supplie, seigneurs ! Descendez dans la maison de votre serviteur et demeurez-y :
lavez-vous les pieds, et demain vous partirez sur votre voie.
Ils répondirent : — En aucun cas, nous demeurerons sur la place.
Il les poussa fermement à faire un détour chez lui
et après leur entrée dans sa maison, il leur fit un festin
il cuisit des azymes et ils mangèrent.
Or, avant qu'ils n'allassent au lit
les hommes de la cité assiégèrent la maison
de l'enfant jusqu'au vieillard, tout le peuple en même temps.
Et ils appelèrent Lot et lui dirent :
— Où sont les hommes qui ont pénétré chez toi de nuit ?
Amène-les ici, que nous les connaissions.
Lot, sorti vers eux, fermant la porte derrière son dos, dit :
— Non, je vous le demande, mes frères, ne faites pas ce mal !
Je possède deux filles qui n’ont pas encore connu d’homme
je vous les amènerai et vous en abuserez selon qu'il vous plaira
pourvu que vous ne fassiez rien de mal à ces hommes parce qu' ils sont entrés à l'ombre de mon toit.
Mais eux dirent : — Retire-toi de là !
Et à nouveau : —Tu es entré, dirent-ils, comme étranger [parmi nous], est-ce pour juger ?
Nous t'infligerons donc à toi-même pis qu’à eux !
Et ils faisaient fortement violence à Lot
et déjà on était près de briser les portes.
Et voici, les hommes étendirent la main et firent rentrer Lot vers eux et fermèrent la porte.
Et ils frappèrent de cécité ceux qui étaient à aux portes de la maison, du plus petit jusqu'au plus grand
en sorte qu'ils ne pouvaient trouver la porte.
Or, ils dirent à Lot :
— Qui as-tu ici en ta possession ? Gendres, fils ou filles
tous ceux que tu as, emmène-les hors de cette ville.
Car nous effacerons ce lieu
en ce qu'il a crû, le cri [contre] eux devant le Seigneur
qui nous a envoyés pour les perdre.
Lot, ainsi sorti, parla à ses gendres, qui avaient reçu ses filles, et leur dit :
— Levez-vous , sortez de ce lieu
parce que le Seigneur effacera cette cité. Et il leur sembla parler pour plaisanter.
Alors au matin, les anges pressèrent Lot, disant :
— Lève-toi, prends ta femme et les deux filles que tu possèdes
afin que tu ne périsses pas pareillement dans le crime de la cité.
Malgré ses feintes, ils attrapèrent sa main, et la main de sa femme et de ses deux filles
du fait que le Seigneur voulait l’épargner
et il l'emmenèrent et le plaçèrent hors de la cité.
Là, lui parla :
— Sauve ton âme ! Ne regarde pas dans ton dos
et ne reste nulle part dans la région alentour
mais sauve-toi dans la montagne, de peur de périr aussi en même temps.
Et Lot leur dit :
— Je te demande, mon Seigneur !
Parce que ton serviteur a trouvé grâce devant toi
et que tu as magnifié ta miséricorde que tu m'as faite
en sauvant mon âme
et [parce] que je ne peux me sauver dans la montagne, sans risquer que ne m'atteigne le mal et que je ne meure
cette cité est assez proche que je puisse m’y réfugier, petite, et j'y serai sauvé.
N’est-elle pas modeste ? Et mon âme vivra !
Et il lui dit :
— Voici, j'ai recueilli tes prières aussi en cela
de ne pas renverser la ville en faveur de laquelle tu as parlé.
Hâte-toi de t’y sauver, parce que je ne pourrai rien faire que tu n’y sois entré.
C’est pourquoi on appela cette ville du nom de « Ségor ».
Le soleil sortit sur la terre et Lot entra à Ségor.
Alors, le Seigneur fit pleuvoir sur Sodome et Gomorrhe du soufre et du feu d’auprès
du Seigneur, du ciel.
Il renversa ces cités et toute la région alentour
et la totalité des habitants des villes et l'ensemble des plantes de la terre.
Sa femme, regardant derrière elle, fut changée en statue de sel.
Quant à Abraham, se levant au matin là où il s’était tenu auparavant avec le Seigneur
Il porta son regard sur Sodome et Gomorrhe
et sur la totalité de la terre de cette région
et il vit de la braise monter de la terre comme fumée de fournaise.
Alors qu'en effet Dieu renversait les cités de cette région
il se rappela Abraham et délivra Lot du renversement des villes où il avait habité.
Et Lot monta de Ségor et demeura dans la montagne
ses deux filles aussi avec lui car il avait craint de demeurer à Ségor
et il demeura dans une caverne, lui et ses deux filles.
Et l’aînée dit à la cadette :
— Notre père est vieux et nul homme n’est demeuré sur terre
qui puisse entrer chez nous selon les mœurs de la totalité de la terre.
Viens, enivrons-le avec du vin et dormons avec lui que nous puissions conserver de notre père une semence !
Elles donnèrent ainsi à boire à leur père du vin cette nuit-là
et l’aînée entra et dormit avec son père
mais lui ne s’aperçut ni quand [sa] fille se coucha ni quand elle se leva.
Le lendemain encore, l’aînée dit à la cadette :
— Voici, j’ai dormi hier avec mon père
donnons-lui à boire du vin encore cette nuit
et tu dormiras avec lui, que nous sauvions de notre père une semence.
Et elles donnèrent cette nuit-là encore à leur père du vin
et la fille cadette entra et dormit avec lui
et il ne s'aperçut pas plus ni quand elle s'était couchée ni quand elle s'était levée.
Les deux filles de Lot conçurent donc de leur père.
L’aînée enfanta un fils et l'appela du nom de Moab
c’est le père des Moabites [qui existent] jusqu’à aujourd'hui.
La cadette enfanta aussi un fils et elle l'appela du nom
d'Ammon, c'est-à-dire : « fils de mon peuple »
c’est le père des Ammanites [qui existent] jusqu’à aujoud'hui.
Abraham partit de là pour la terre australe
il habita entre Cadès et Sur.
Et il séjourna à Gérara.
Et Abraham dit de Sara, sa femme : — C’est ma sœur.
Abimélec, roi de Gérara, envoya donc la prendre.
Or, Dieu vint à Abimélec dans un songe de la nuit et lui dit :
— Voici, tu mourras à cause de la femme que tu as prise car elle a un mari.
Quant à Abimélec, il ne l'avait pas touchée
et il dit : — Seigneur, est-ce que tu tueras une nation ignorante et juste ?
Lui-même ne m’a-t-il pas dit : — C’est ma sœur
et elle-même dit : — C’est mon frère ?
C’est dans la simplicité de mon cœur et la pureté de mes mains que j’ai fait cela.
Et Dieu lui dit :
— Moi aussi, je sais que c’est avec un cœur simple que tu l'as fait.
Aussi t'ai-je gardé de pécher contre moi
et je n’ai pas permis que tu la touches.
Maintenant donc, rends la femme à son mari
parce qu'il est prophète, et il priera pour toi et tu vivras.
Or, si tu n'as pas voulu la rendre, sache que tu mourras de mort, toi et tout ce qui est tien !
Et aussitôt, Abimélec se levant de nuit appela tous ses serviteurs
et prononça la totalité de ces paroles à leurs oreilles
et tous les hommes furent pris d'une forte crainte.
Or, Abimélek appela aussi Abraham et lui dit :
— Que nous as-tu fait ? En quoi avons-nous péché contre toi
que tu aies amené sur moi et sur mon royaume un si grand péché ?
Tu nous as fait ce que tu n'aurais pas dû faire.
Et réclamant de nouveau il dit : — Qu'avais-tu en vue pour faire cela ?
Abraham répondit :
— J'ai eu ces pensées, disant en moi-même : — Il n’y a sans doute pas de crainte de Dieu en ce lieu
et l’on me tuera à cause de ma femme.
Et d’ailleurs, elle est vraiment ma sœur
fille de mon père, et non fille de ma mère, et je l'ai prise pour femme.
Or, après que Dieu m'a emmené de la maison de mon père, je lui dis :
— Voici la miséricorde que tu me feras :
en tout lieu où nous entrerons, tu diras que je suis ton frère.
Alors Abimélec prit des brebis et des bœufs, des serviteurs et des servantes et [les] donna à Abraham
et il lui rendit Sara, sa femme.
Et il dit :
— La terre est devant toi : habite où il t'aura plu.
Quant à Sara, il lui dit :
— Voici, j'ai donné mille [pièces] d’argent à ton frère :
cela te sera un voile sur les yeux
pour tous ceux qui sont avec toi et en tout lieu où tu auras continué
et souviens-toi que tu as été recouvrée.
Or, par la prière d'Abraham, Dieu guérit Abimélec, sa femme et ses servantes, et elles enfantèrent.
Car Dieu avait fermé toute vulve de la maison d’Abimélec
à cause de Sara, la femme d’Abraham.
Or, le Seigneur visita Sara comme il avait promis, et il accomplit les paroles qu'il avait dites.
Sara conçut et enfanta un fils dans sa vieillesse
au temps que Dieu lui avait prédit.
Et Abraham appela son fils, que Sara lui avait engendré, du nom d'Isaac.
Et Abraham le circoncit le huitième jour comme Dieu lui avait prescrit
ayant alors cent ans.
Ce fut de fait à cet âge de son père que naquit Isaac.
Et Sara dit : — Dieu m’a fait rire
quiconque l’apprendra rira avec moi !
Et elle dit de nouveau :
— Qui croirait, à entendre Abraham, que Sara allaiterait un fils
qu'elle aurait enfanté de lui, déjà vieillard ?
L’enfant grandit alors et fut sevré
et Abraham fit un important festin
le jour de son sevrage.
Et Sara, ayant vu le fils d’Agar, l’Égyptienne, jouer
dit à Abraham :
— Chasse cette servante et son fils
car le fils de la servante ne sera pas héritier avec mon fils, Isaac.
Abraham reçut cela durement au sujet de son fils.
Et Dieu lui dit :
— Que ce ne te semble rude pour l’enfant et ta servante !
Tout ce que t'aura dit Sara, écoute sa voix
parce qu'en Isaac te sera appelée une semence !
Mais du fils de la servante aussi, je ferai une grande nation
parce qu'il est ta semence.
Ainsi, Abraham se leva au matin
et prenant du pain et une outre d’eau, les mit sur son épaule
et lui remit l’enfant, et il la renvoya.
Et elle, s’en étant allé, errait dans le désert de Bersabée.
Et alors que l'eau dans l’outre était épuisée
elle jeta l’enfant sous l'un des arbres qui étaient là
et s’en alla et s’assit à l'opposé, au plus loin
d'une portée d’arc
car elle disait : — Je ne verrai pas mourir [mon] enfant !
Et s'asseyant en face, elle éleva la voix et pleura.
Or, Dieu entendit la voix de l’enfant
et l’ange de Dieu appela Agar du ciel, disant :
— Que fais-tu [là] Agar ? Ne crains pas
car Dieu a écouté la voix de l’enfant du lieu où il est.
Lève-toi, relève l’enfant et tiens-le par la main
parce que je ferai de lui une grande nation.
Et Dieu lui ouvrit les yeux
et elle, voyant un puits d’eau, s'en alla remplir l’outre et donna à boire à l’enfant.
Et il fut avec l’enfant
qui crût et s'attarda au désert, et devint un jeune sagittaire.
Il s'établit dans le désert de Pharan
et sa mère reçut pour lui une femme de la terre d’Égypte.
À cette même époque, Abimélec avec Ficol, chef de son armée, dit à Abraham :
— Dieu est avec toi dans la totalité de ce que tu fais.
Jure-moi donc par Dieu que tu ne me nuiras pas, et ni à ma postérité, ni à ma souche
mais que selon la miséricorde que j'ai eue pour toi
tu en feras [de même] pour moi et cette terre vers laquelle tu t'es tourné en étranger.
Et Abraham dit : — Je jurerai…
Et il éclata contre Abimélec
à cause d’un puits d’eau qu'avaient soustraits de force ses serviteurs.
Abimélech répondit :
— J’ignore qui a fait cette chose
mais toi-même, tu ne me l'as pas indiqué et moi, je n’en ai pas entendu parler avant aujourd’hui.
Ainsi, Abraham prit des brebis et des bœufs et les donna à Abimélec
et ils scellèrent tous deux une alliance.
Abraham fit mettre sept jeunes agnelles du troupeau à part
et Abimélec lui dit :
— Que leur veut-on, à ces sept agnelles que tu as fait mettre à part ?
Mais lui : — Tu recevras, dit-il, de ma main sept agnelles
que ce soit pour moi un témoignage, puisque c'est moi qui ai creusé ce puits.
C’est pourquoi on appela ce lieu « Bersabée »
parce que là, l'un et l'autre jurèrent.
Et ils s'engagèrent comme alliés au Puits-du-serment.
.
Or, Abimélec se leva avec Ficol, chef de sa troupe, et ils retournèrent vers la terre des Palestiniens.
Quant à Abraham, il planta un bois à Bersabée
et il invoqua là le nom du Seigneur Dieu éternel.
Et de nombreux jours il fut colon de la terre des Philistins.
Après que cela se fut passé
Dieu éprouva Abraham et lui dit :
— Abraham ! Lui répondit : — Me voici.
[Dieu] lui dit : — Lève ton fils, ton unique, que tu chéris, Isaac
et va-t’en vers la terre de la Vision et offre-le là en holocauste
sur une des montagnes que je te montrerai.
Alors Abraham, se levant de nuit, bâta son âne
emmenant avec lui deux jeunes hommes et Isaac, son fils
et ayant fendu le bois pour l'holocauste
il s'en alla au lieu que Dieu lui avait prescrit.
Or, le troisième jour, les yeux levés, il vit le lieu de loin
et dit à ses jeunes serviteurs :
— Attendez ici avec l’âne
moi et l’enfant allant jusque-là, après nous être prosterné, nous retournerons à vous.
Il prit aussi le bois de l’holocauste et le plaça sur Isaac, son fils.
Quant à lui, il portait dans ses mains le feu et le glaive.
Et alors qu'ils continuaient tous deux ensemble
Isaac dit à son père : — Mon père ! Mais lui répondit : — Que veux-tu, fils ?
— Voici, dit-il, le feu et le bois : où est la victime de l'holocauste ?
Abraham dit : — Dieu se pourvoira de la victime de l’holocauste, mon fils. Ils continuaient donc ensemble.
Et ils vinrent au lieu que Dieu lui avait présenté
et il y construisit un autel et disposa le bois au-dessus
et ayant lié Isaac, son fils
il le plaça sur l'autel au-dessus du tas de bois.
Et il étendit la main et se saisit du glaive pour immoler [son] fils.
Et voici, l’ange du Seigneur cria du ciel, disant :
— Abraham ! Abraham !
Et il répondit : — Me voici.
Et il lui dit : — N'étends pas ta main sur l'enfant et ne lui fais rien.
Maintenant je sais que tu crains le Seigneur et que tu n'as pas épargné ton fils unique à cause de moi.
Abraham leva les yeux et vit dans [son] dos un bélier entravé par les cornes entre les ronces.
Le prenant, il l’offrit en holocauste à la place de son fils.
Et Abraham donna à ce lieu le nom de « le Seigneur voit »
dont on dit jusqu'aujourd’hui : — En la montagne le Seigneur verra.
Or, l’ange du Seigneur appela Abraham une seconde fois du ciel, disant :
— Je l’ai juré par moi-même, dit le Seigneur
parce que tu as fait cette chose et que tu n'as pas épargné ton fils unique
je te bénirai et je multiplierai ta semence comme les étoiles du ciel et comme le sable qui est sur le rivage de la mer
et ta semence gagnera les portes de ses ennemis.
Et en ta semence seront bénies toutes les nations de la terre
parce que tu as obéi à ma voix.
Abraham retourna vers ses jeunes serviteurs
et ils s'en allèrent ensemble à Bersabée et il y habita.
Ainsi, après ces événements, on annonça à Abraham que Melcha aussi avait engendré des fils à Nahor, son frère.
Hus, son premier-né, et Buz, son frère
Camuël, père des Syriens
Cased et Azau
Pheldas et Jedlaph
et Bathuel, de qui est née Rébecca. Ce sont les huit fils que Melcha engendra à Nahor, frère d’Abraham.
Quant à sa concubine, du nom de Roma, elle enfanta Tabée, Gaom, Thaas et Maaca.
Or, Sara vécut cent vingt-sept ans.
Et Sara mourut dans la cité d'Arbée qui est Hébron, dans la terre de Canaan
et Abraham vint pour s'affliger et la pleurer.
Et s'étant levé de l'office funèbre
il parla aux fils de Heth, disant :
— Je suis un prosélyte et un étranger parmi vous
donnez-moi le droit d'un tombeau chez vous que j'ensevelisse mon mort.
Et les fils de Heth répondirent :
— Écoute-nous, seigneur, tu es un chef de Dieu auprès de nous :
dans un de nos tombeaux de choix, ensevelis ton mort
et nul ne pourra t'interdire d'ensevelir dans son monument ton mort.
Abraham se leva et se prosterna devant le peuple de [cette] terre
— à l'évidence, les fils de Heth.
Et il leur dit :
— S'il plaît à votre âme que j'ensevelisse mon mort
écoutez-moi et intercédez pour moi auprès d'Éphron, fils de Soor
pour qu'il me donne la caverne double qu'il possède à l'extrémité de son champ.
Pour sa valeur en argent, qu'il me la livre devant vous, comme possession du sépulcre.
Or, Ephron habitait au milieu des fils de Heth
et il répondit à Abraham aux oreilles de l'ensemble de ceux qui entraient par la porte de sa cité, disant :
— Qu'il n'en soit nullement ainsi, mon seigneur, mais prête plutôt l'oreille à ce dont je [te] parle :
— Je te livre le champ, et la caverne qui s’y trouve
en présence des fils de mon peuple :
ensevelis ton mort.
Abraham se prosterna devant le peuple de [cette] terre.
Et il parla à Éphron avec la foule autour :
— Je te demande de m'écouter, je te donnerai l'argent pour le champ
reçois-le de moi et ainsi j'ensevelirai mon mort dedans.
Éphron répondit à Abraham et lui dit :
— Mon seigneur, écoute :
la terre que tu demandes vaut quatre cents sicles d’argent
c'est son prix entre moi et toi
mais qu’est-ce que cela pour ensevelir ton mort ?
Et Abraham, ayant écouté cela, pesa l’argent qu’Éphron avait demandé aux oreilles des fils de Heth :
quatre cents sicles d’argent en monnaie publique.
Le champ, jadis à Ephron, dans lequel était la caverne double regardant Mambré
aussi bien [le champ] lui-même que la caverne et tous ses arbres dans l'ensemble des bornes du périmètre, fut assuré
comme possession à Abraham
aux yeux des enfants de Heth, de l'ensemble de ceux qui pénétraient par la porte de sa cité.
Et ainsi, Abraham ensevelit Sara, sa femme, dans la caverne du champ double
qui regardait Mambré : c'est Hébron, en terre de Canaan.
Et le champ et la caverne qui s’y trouvaient furent assurés à Abraham comme possession d'un sépulcre de la part des fils de Heth.
Or, Abraham était vieux et [âgé] de nombreux jours
et le Seigneur l'avait béni en tout.
Et il dit au plus vieux serviteur de sa maison
qui était à la tête de tout ce qu'il possédait :
— Place ta main sous ma cuisse
que je te fasse jurer par le Seigneur, Dieu du ciel et de la terre
que tu ne recevras pas de femme pour mon fils chez les filles des Cananéens, parmi lesquels j’habite
mais vers ma terre et vers ma parentèle tu partiras
et de là tu recevras une femme pour mon fils, Isaac.
Le serviteur lui répondit :
— Si la femme n'a pas voulu venir avec moi en cette terre
devrais-je ramener ton fils au lieu d’où tu es sorti ?
Abraham dit : — Garde-toi d'y jamais ramener mon fils !
Le Seigneur, Dieu du ciel, qui m’a pris de la maison de mon père et de la terre de ma naissance
qui m’a parlé et qui m’a juré, disant :
— À ta semence je donnerai cette terre
lui-même enverra son ange devant toi et tu recevras de là une femme pour mon fils.
Or, si la femme ne veut pas te suivre, tu ne seras pas tenu par ce serment
tant que tu ne ramènes là-bas mon fils.
Le serviteur plaça donc une main sous la cuisse d’Abraham, son seigneur
et lui jura sur cette parole.
Et il prit dix chameaux du troupeau de son seigneur et s'en alla
portant avec lui de tous les biens [de son maître]
et étant parti, il continua vers la Mésopotamie, jusqu'à la ville de Nahor.
Ayant fait s'agenouiller les chameaux
hors du bourg près d’un puits d'eau, le soir
au temps où les femmes sortent d'ordinaire pour puiser de l'eau
il dit :
— Seigneur, Dieu de mon seigneur Abraham
accours, je te supplie, vers moi aujourd’hui et fais miséricorde à mon seigneur, Abraham.
Voici, moi, je me tiens près de la source d’eau
et les filles des habitants de cette cité sortiront pour puiser de l’eau.
Alors, que la jeune fille à qui, moi, je dirai : — Penche ta cruche, que je boive !
et qui répondra : — Bois donc, et je donnerai à boire à tes chameaux ;
qu'elle-même soit celle que tu as préparée pour ton serviteur, Isaac
et par là je comprendrai que tu as fait miséricorde à mon seigneur.
Il n’avait pas encore achevé de parler en lui-même
et voici, Rébecca sortait
fille de Bethuel, fils de Melcha, femme de Nahor, frère d’Abraham
tenant une cruche sur son épaule.
La jeune fille était très jolie, vierge et très belle et connue d'aucun homme.
Or, elle était descendue à la source, avait rempli sa cruche et [s'en] retournait.
Le serviteur courut à elle et dit :
— Procure-moi un petit peu d'eau de ta cruche pour étancher ma soif.
Et elle répondit :
— Bois, mon seigneur.
Elle déposa rapidement sa cruche sur son coude et elle lui donna à boire.
Et alors qu'il avait bu, elle ajouta :
— Je puiserai aussi de l’eau pour tes chameaux, jusqu’à ce qu’ils aient tous bu.
Et répandant [l'eau] de sa cruche dans les abreuvoirs, elle revint en courant au puits pour puiser de l'eau
et elle donna ce qu'elle avait puisé à tous les chameaux.
Quant à lui, il la contemplait en silence
voulant savoir si le Seigneur avait rendu prospère son chemin, ou non.
Après que les chameaux burent
l’homme [lui] proposa des pendants d’or pesant deux sicles
et autant de bracelets d'un poids de dix sicles
et il lui dit : — De qui es-tu fille ? Indique-le-moi.
Y a-t-il dans la maison de ton père une place pour demeurer ?
Et elle répondit : — Je suis fille de Bathuel, fils de Melcha, qu’elle enfanta à Nahor.
Et elle ajouta, disant :
— Il y a chez nous de la paille et aussi du fourrage en très grande quantité
et un vaste lieu pour demeurer.
L'homme s’inclina et se prosterna devant le Seigneur
disant :
— Béni le Seigneur, le Dieu de mon seigneur Abraham
qui n’a pas soustrait sa miséricorde et sa vérité à mon seigneur
et m’a conduit par un droit chemin à la maison du frère de mon seigneur.
Ainsi, la jeune fille courut et annonça à la maison de sa mère tout ce qu'elle avait entendu.
Or, Rébecca avait un frère du nom de Laban
qui sortit en hâte vers l'homme, là où était la source.
Et ayant vu les boucles d'oreilles et les bracelets aux mains de sa sœur
et ayant entendu rapporter l'ensemble des paroles
: — Voici ce dont l’homme m’a parlé.
Il vint à l'homme qui se tenait auprès des chameaux, à côté de la source d'eau.
Et il lui dit :
— Entre, béni du Seigneur ! Pourquoi te tiens-tu dehors ?
J’ai préparé la maison et un lieu pour les chameaux.
Et il introduisit l’hôte et débâta les chameaux
et il donna de la paille et du fourrage et de l’eau pour laver les pieds des chameaux et les pieds des hommes qui étaient venus avec lui.
Et il fit placer à sa vue du pain
et il dit : — Je ne mangerai pas avant d'avoir parlé de mon propos.
Et il lui répondit : — Parle.
Mais lui : — Je suis, dit-il, serviteur d’Abraham.
Et le Seigneur a bien béni mon seigneur
et il l'a magnifié et il lui a donné des brebis et des bœufs, de l'argent et de l'or, des serviteurs et des servantes, des chameaux et des ânes.
Et Sara, la femme de mon seigneur, a enfanté un fils à mon seigneur dans sa vieillesse
et il lui a donné tout ce qu'il possédait.
Et mon seigneur m’a fait jurer, disant :
— Tu ne recevras pas de femme pour mon fils parmi les filles des Cananéens, dans la terre desquels j’habite.
Mais tu continueras jusqu'à la maison de mon père
et, de ma parentèle, tu recevras une femme pour mon fils.
Quant à moi, je répondis à mon maître :
— Et si la femme n'a pas voulu venir avec moi ?
— Le Seigneur, [me] dit-il, sous le regard de qui je marche
enverra son ange avec toi et dirigera ta voie
et tu recevras pour mon fils une femme de ma parentèle et de la maison de mon père.
Tu seras innocent de ma malédiction lorsque tu seras venu chez mes proches et et qu'ils ne te [l']auront pas accordée.
Je suis donc arrivé aujourd’hui à la source et j’ai dit :
— Seigneur, Dieu de mon seigneur Abraham
si tu as dirigé la voie dans laquelle je marche à présent
voici, je me tiens près de la source d’eau
et la vierge qui sortira pour puiser de l'eau [et qui] aura entendu de moi :
— Donne-moi un petit peu d'eau à boire de ta cruche
et [qui] m'aura dit : — Bois toi aussi, et je puiserai pour tes chameaux ;
c'est elle-même la femme que le Seigneur a préparée pour le fils de mon seigneur.
Le temps de rouler silencieusement en moi ces [pensées]
apparut Rébecca venant avec sa cruche, qu'elle portait à l'épaule
et elle descendit et puisa de l'eau
et je lui dis :
— Donne moi un peu à boire.
Et en hâte elle déposa la cruche de son épaule et me dit :
— Bois toi aussi, et je distribuerai à boire à tes chameaux.
Je bus et elle abreuva les chameaux.
Et je l'interrogeai et dis : — De qui es-tu fille ?
Et elle répondit : — Je suis fille de Bathuel, fils de Nahor, que lui a enfanté Melcha.
Et je suspendis des boucles d'oreilles pour orner sa face et je plaçai des bracelets à ses mains.
Et incliné, je me prosternai devant le Seigneur, bénissant le Seigneur, le Dieu de mon seigneur, Abraham
qui m'a conduit sur un droit chemin
pour prendre la fille du frère de mon seigneur pour son fils.
Pour cette raison, si vous faites [preuve] de miséricorde et de vérité envers mon seigneur, indiquez-le-moi.
Or, si autre chose vous plaît, dites-le pour que j'aille à droite ou à gauche.
Laban et Bathuel répondirent :
— La parole est sortie du Seigneur
nous ne pouvons te parler de rien d'autre hors de son avis.
Voici, Rébecca est devant toi, prends-la et pars
et qu’elle soit la femme du fils de ton seigneur, selon la parole du Seigneur.
Et le jeune serviteur d’Abraham, ayant entendu cela, se prosterna à terre devant le Seigneur.
Après avoir apporté des vases d’argent et d’or et des vêtements , il les donna à Rébecca en cadeau
et il offrit des présents à ses frères aussi et à sa mère.
Après le début du festin, mangeant et buvant ensemble, ils demeurèrent là.
Or, se levant au matin, le jeune serviteur parla :
— Renvoyez-moi, que j'aille auprès de mon seigneur.
Son frère et sa mère répondirent :
— Que la jeune fille demeure chez nous au moins dix jours, après cela elle partira.
— Ne me retenez pas, dit-il, parce que le Seigneur a dirigé ma voie.
Renvoyez-moi, que je continue jusqu'à mon seigneur.
Ils dirent : — Appelons la jeune fille et demandons-lui sa volonté.
Alors qu'elle était venue à leur appel, ils cherchèrent à savoir :
— Veux-tu aller avec cet homme ?
Et elle dit : — J'irai.
Ils la renvoyèrent donc et sa nourrice et le serviteur d’Abraham et ses compagnons
adressant des prières pour la prospérité de leur sœur et disant :
— Tu es notre sœur :
que tu croisses en milliers de myriades et que ta semence gagne les portes de ses ennemis !
Alors, Rébecca et ses jeunes filles montées sur les chameaux suivirent l'homme
qui retournait en hâte à son seigneur.
En ce temps-là, Isaac se promenait sur la voie qui mène au puits dont le nom est « du Vivant et du voyant »
car il habitait en terre australe.
Et il était sorti pour méditer dans un champ après le déclin du jour
et, ayant levé les yeux, il vit des chameaux venant au loin.
Et de même Rébecca, à la vue d'Isaac, descendit de chameau
et elle dit au jeune serviteur : — Qui est cet homme qui vient à travers champs à notre rencontre ?
Il lui dit : — C’est mon seigneur lui-même.
Mais elle, levant vivement son voile, se couvrit.
Quant au serviteur, il raconta à Isaac l'ensemble de ce qu’il avait mené à bien.
Il l'introduisit dans la tente de Sara, sa mère, et la reçut pour femme
et il la chérit tant que la douleur qui lui était venue de la mort de sa mère s'adoucît.
Mais Abraham prit une autre femme du nom de « Quétura » [Cetthura]
et elle lui enfanta Zamran, Jexan [Iexan], Madam, Madian, Jesboc [Iesboch] et Sué.
Jecsan aussi engendra Saba et Dadan
les fils de Dadan furent les Assurim et les Lathusites et les Loomites.
Et de Madian sont nés Épha, Opher, Hénoch, Abida et Eldaa .
Tous ceux-là [étaient] les fils de Cétura.
Et Abraham donna tout ce qu'il avait possédé à Isaac.
Quant aux fils de ses concubines, Abraham prodigua des dons
et il les sépara de son fils Isaac tant que lui-même vécut, vers la région orientale.
Les jours de sa vie furent cent soixante-quinze ans.
Et, perdant ses forces, Abraham mourut dans une vieillesse comblée
et d'un âge avancé et empli de jours
et il fut réuni à son peuple.
Et Isaac et Ismaël, ses fils, l’enterrèrent
dans la caverne double, qui est située dans le champ d’Éphron, fils de Soor l'Hettéen, de la région de de Mambré
qu’il avait acheté aux fils de Heth.
Là il fut enterré Abraham, avec Sara, sa femme.
Et après la mort de celui-ci, Dieu bénit Isaac, son fils
qui habitait près du puits du nom du Vivant-et-du-voyant.
Voici les générations d’Ismaël, fils d’Abraham
que lui enfanta Agar l’Égyptienne, servante de Sara.
Et voici les noms de ses fils, d'après ses noms et générations :
premier-né d’Ismaël, Nabaioth
ensuite Quédar et Abdeel et Mabsam
Et voici les noms de ses fils, d'après ses noms et générations :
premier-né d’Ismaël, Nabaioth
ensuite Quédar et Abdeel et Mabsam
Masma aussi et Duma et Massa
Adad et Thema
Itur et Naphis et Cédma.
Voilà les fils d’Ismaël
et voilà leurs noms selon leurs villages et leurs campements
ce furent les douze chefs de leurs tribus.
Les années de vie d’Ismaël : cent trente-sept
perdant ses forces, il mourut et il fut ajouté à son peuple.
Ses fils habitèrent depuis Hévila jusqu’à Sur qui regarde l’Égypte pour ceux qui entrent en Assyrie
en présence de tous ses frères, il mourut.
Voici aussi les générations d’Isaac, fils d’Abraham
Abraham engendra Isaac
qui, lorsqu'il avait quarante ans
prit pour femme Rébecca, fille de Bétuel le syrien, de Mésopotamie, et sœur de Laban.
Et il implora le Seigneur pour sa femme, parce qu'elle était stérile.
Et il l’exauça
et il donna à concevoir à Rébecca.
Mais les tout-petits se heurtaient dans son sein
et elle dit : — Si le futur devait être tel pour moi, pourquoi était-il nécessaire de concevoir ?
Et elle mena à son terme pour consulter le Seigneur
qui, répondant, dit :
— Deux nations sont dans ton sein
et deux peuples se sépareront hors de tes entrailles
et un peuple l'emportera sur un [autre] peuple et le plus grand servira le plus petit.
Déjà le temps d'enfanter arriva
et voici, il y avait des jumeaux dans son sein.
Celui qui sortit le premier était roux, tout velu comme un manteau de poil
et ils l’appelèrent « Ésaü »
après quoi, son frère sortit tenant dans sa main le talon d'Ésaü
on l'appela « Jacob »
Isaac était sexagénaire quand les tout-petits naquirent.
Lorsqu'ils furent adultes, Ésaü devint un homme habile à la chasse et un homme des champs
quant à Jacob, en un homme simple, il habitait dans les tentes.
Isaac aimait Ésaü parce qu’il se nourrissait des chasses de celui-ci
et Rébecca préférait Jacob.
Mais Jacob fit cuire un bouillon
et Ésaü, lorsqu'il revint fatigué du champ, lui dit :
— Donne-moi de la concotion, celle-là, rousse, car je suis extrêmement fatigué.
Pour cette raison, son nom est appelé Édom.
Et Jacob lui dit : — Vends-moi le droit d'aînesse
Celui-ci répondit : — Voici que je vais mourir : à quoi me servira mon droit d’aînesse ?
Jacob dit : — Dans ce cas, jure-le-moi.
Ésaü jura et vendit son droit d’aînesse.
Et ainsi, ayant reçu du pain et un plat de lentilles, il mangea et but
puis il s'en alla, faisant peu de cas de ce qu'il avait vendu son droit d'aînesse.
Et survint une famine sur la terre
après cette pénurie qui avait eu lieu aux jours d’Abraham
Isaac alla vers Abimélec, roi des Palestiniens, à Gérara.
Et le Seigneur lui apparut et dit :
— Ne descends pas en Égypte mais habite dans la terre que je te dirai
et réside en étranger en celle-là
et je serai avec toi et je te bénirai
car à toi et à ta semence, je donnerai toutes ces régions
accomplissant le serment que j’ai juré à Abraham, ton père.
Et je multiplierai ta semence comme les étoiles du ciel
et je donnerai à ta postérité toutes ces régions
et toutes les nations de la terre seront bénies en ta semence
parce qu’Abraham aura obéi à ma voix et aura gardé mes préceptes et mes commandements
et aura observé les cérémonies et les lois.
C'est pourquoi Isaac demeura à Gérara.
Et, comme il était interrogé par les hommes de ce lieu au sujet de sa femme, il répondit : — Elle est ma sœur.
Car il craignait de confesser qu'elle lui était attachée par le mariage
considérant qu'ils le tueraient sans doute
à cause de sa beauté.
Et quand des jours nombreux s'étaient passés et il demeurait là
Abimélech, rois des Palestiniens, regardant par la fenêtre
il le vit batifolant avec Rébecca, sa femme.
Et [l']ayant appelé, il dit :
— Il est clair qu'elle est ta femme
pourquoi as-tu prétendu qu'elle est ta sœur ?
Il répondit : — J'ai craint de mourir à cause d'elle.
Et Abimélech dit : — Qu’est-ce que tu nous as fait ?
Quelqu'un du peuple aurait pu coucher avec ta femme
et tu aurais induit sur nous un grand péché.
Et il ordonna à tout le peuple, disant :
— Celui qui aura touché la femme de cet homme mourra de mort.
Et Isaac sema dans cette terre et il récolta cette année-là le centuple
et le Seigneur le bénit
et l'homme s'est enrichi
et il allait en progressant et poussant
jusqu’à ce qu'il soit devenu très grand.
Il avait aussi une possession d'ovins et de bovins
et une quantité de domestiques
pour cela, les Palestiniens le jalousaient
et tous les puits qu'avaient creusés les serviteurs de son père Abraham en ce temps-là
ils [les] bouchèrent en [les] remplissant de terre
dans une telle quantité qu'Abimélech lui-même dit à Isaac :
— Va-t’en de chez nous car tu es devenu beaucoup plus puissant que nous.
Et celui-ci partant vint jusqu'à la vallée de Gérara et il habita là.
Et il creusa de nouveau d'autres puits que les serviteurs de son père Abraham avaient creusés
et qu'autrefois, à la mort de celui-ci, les Philistins avaient bouchés
et il les appela des même noms dont le père auparavant [les] avait appelés.
Ils creusèrent dans la vallée et ils trouvèrent de l'eau vive.
Mais là aussi il y eut une dispute des bergers de Gérara contre les bergers d'Isaac, disant : — L'eau est à nous.
Pour cette raison, il appela le nom du puits « Calomnie » à cause de ce qui était arrivé.
Ils creusèrent un autre et ils contestèrent aussi pour celui-là
et il l'appela « Inimitié ».
Avancé de là, il creusa un autre puits pour lequel ils ne rivalisèrent pas
et ainsi il appela son nom « Largeur » disant : — Maintenant le Seigneur nous a élargis et a fait croître sur la terre.
Et il monta de de ce lieu à Bersabée.
Là le Seigneur lui apparut cette nuit-là, disant :
— Je suis le Dieu d’Abraham ton père
ne crains pas car je suis avec toi
je te bénirai et je multiplierai ta semence à cause d’Abraham mon serviteur.
Et ainsi, il bâtit là un autel et ayant invoqué le nom du Seigneur, il dressa une tente
et il prescrivit à ses serviteurs de creuser un puits.
Quand ils furent venus en ce lieu-ci depuis Gérara
Abimélech et Ohozath, son ami, et Ficol, le chef des troupes
Isaac leur dit :
— Pourquoi êtes-vous venus vers moi, un homme que vous haïssez et avez renvoyé de chez vous ?
Ceux-ci répondirent : — Nous avons vu que le Seigneur est avec toi c'est pourquoi maintenant nous avons dit :
— Qu’il y ait un serment entre nous et que nous entrions dans une alliance
de sorte que tu ne nous feras aucun mal
comme nous aussi nous n'avons touché à rien de tes biens
et nous n'avons rien fait qui t'offense mais en paix nous [t']avons renvoyé, comblé de la bénédiction du Seigneur.
Il leur fit donc un festin et après avoir mangé et bu
se levant le matin, ils se firent serment mutuellement
et Isaac les renvoya en paix vers leur lieu.
Et voici, vinrent en ce même jour les serviteurs d’Isaac
en l'informant au sujet du puits qu’ils avaient creusé
et disant : — Nous avons trouvé de l’eau.
C'est pourquoi il l'appela « Abondance »
et le nom de « Bersabée » fut assigné à la ville jusqu'au jour présent.
Or Ésaü, quadragénaire, prit pour femmes
Judith, fille de Béer le Héttéen
et Basemath, fille d’Hélon du même lieu
qui toutes deux avaient offensé l'esprit d'Isaac et de Rébecca.
Or, Isaac était devenu vieux et ses yeux s'étaient obscurcis et il ne pouvait plus voir
et il appela Ésaü, son fils aîné et lui dit : — Mon fils
et lui répondit : — Je suis là.
Et le père lui dit : — Tu vois que je suis devenu vieux et j'ignore le jour de ma mort.
Prends tes armes, carquois et arc, et sors dehors
et lorsque tu auras pris quelque chose à la chasse
prépare-moi ensuite un bouillon comme tu sais que je [les] aime
et apporte[-le] afin que j'[en] mange et que mon âme te bénisse avant que je meure.
Quand Rébecca eut entendu cela
et que celui-ci s'en fut allé au champ pour accomplir le commandement de son père
Elle dit à Jacob son fils :
— J'ai entendu ton père qui parlait avec Ésaü ton frère et lui disait :
Apporte-moi ton gibier et fais-moi un plat afin que j'[en] mange
et je te bénisse devant le Seigneur avant que je meure.
Maintenant donc, mon fils, repose-toi sur mes conseils.
Et, te rendant au troupeau, apporte-moi deux chevreaux, les meilleurs
afin que j'en fasse un bon plat pour ton père un qu'il mange avec plaisir
et, quand tu l'auras apporté et qu'il en aura mangé, il te bénira avant qu'il meure.
Celui-ci lui répondit :
— Tu sais qu'Ésaü, mon frère, est un homme velu et moi [un homme] doux :
si mon père m'attire à lui et me touche
je crains qu'il ne pense que j'ai voulu le tromper
et il amènera sur moi la malédiction au lieu de la bénédiction.
Et la mère lui dit : — Que sur moi soit cette malédiction, mon fils.
Écoute seulement ma voix et va et apporte ce que j'ai dit.
Il s'en alla et [les] apporta et [les] donna à sa mère
celle-ci prépara un plat comme elle savait que le père de celui-ci aimerait.
Et, avec les très bons habits d’Ésaü qu’elle avait chez elle à la maison, elle le revêtit.
Et elle mit les petites peaux des chevreaux autour de ses mains et elle protégea les parties nues de son cou.
Elle donna le bouillon et elle remit les pains qu'elle avait cuits.
[Une fois] ceux-ci apportés, il dit : — Mon père.
Et celui-ci répondit : — J'écoute, qui es-tu, mon fils ?
Et Jacob dit : — Je suis Ésaü, ton premier-né,
j’ai fait comme tu m’as prescrit.
Lève-toi, assieds-toi et mange de mon gibier
pour que ton âme me bénisse.
Isaac dit encore à son fils :
— Comment, dit-il, as-tu pu [en] trouver aussi vite, mon fils ?
Celui-ci répondit : — Ce fut par la volonté de Dieu que ce que je voulais est survenu vite.
Et Isaac dit : — Avance ici afin que je te touche, mon fils
et que j'examine si tu es mon fils Ésaü ou non.
Celui-ci s'avança de son père et l'ayant tâté, Isaac lui dit :
— La voix est vraiment la voix de Jacob mais les mains sont les mains d'Ésaü.
Et il ne le reconnut pas car ses mains velues manifestaient la ressemblance [aux mains] de l'aîné.
Le bénissant donc
il lui dit :
— Es-tu mon fils Ésaü ?
Il répondit : — Je [le] suis.
Or, celui-là dit : — Apporte-moi le plat de ton gibier, mon fils
afin que mon âme te bénisse.
Après que [ce dernier] eut mangé ces offrandes, il lui apporta aussi du vin
qu'il but.
Il lui dit :
— Avance vers moi et donne-moi un baiser, mon fils.
Il s'avança et il l'embrassa.
Et aussitôt qu'il eut senti l’odeur de ses vêtements il dit en bénissant :
— Voici, l’odeur de mon fils [est] comme l’odeur d’un champ qu’a béni le Seigneur.
Que Dieu te donne de la rosée du ciel et de l'engrais de la terre
une abondance de froment et de vin.
Et que des peuples te servent et que des peuplades se prosternent devant toi.
Sois le chef de tes frères et que les fils de ta mère se courbent devant toi.
Celui qui te maudira, qu'il soit maudit et celui qui te bénira, qu'il soit comblé de bénédictions.
À peine Isaac avait-il achevé son discours
et Jacob étant sorti dehors qu'Ésaü arriva
et apporta le plat de gibier cuit à son père, disant :
— Lève-toi mon père et mange du gibier de ton fils, afin que ton âme me bénisse.
Et Isaac lui dit : — Qui es-tu donc ?
Celui-ci répondit : — Je suis ton fils premier-né, Ésaü.
Isaac s'effraya d'une stupeur véhémente et s'étonnant au-delà de ce qu'on peut croire, il dit :
— Qui donc est celui qui juste avant m'a apporté du gibier saisi ?
Et j'ai mangé de tout avant que tu ne viennes
et je l'ai béni et il sera béni.
Lorsqu’Ésaü entendit les paroles de père, il rugit d'un grand cri
et consterné, il dit :
— Bénis-moi aussi, mon père.
Et il dit : — Ton frère est venu par duperie et il a reçu ta bénédiction.
Et celui-ci ajouta :
— À juste titre on a appelé son nom Jacob
il m’a en effet supplanté deux fois !
Il a pris avant mon droit d’aînesse
et maintenant pour la deuxième fois, il a ravi ma bénédiction !
Et il dit à nouveau à son père :
— Ne m'as tu pas réservé une bénédiction pour moi aussi?
Et Isaac répondit et dit à Ésaü : — Je l’ai établi ton maître
et je lui ai soumis tous ses frères pour serviteurs
et je l’ai soutenu de froment et de vin
et pour toi, après cela, mon fils, que puis-je faire de plus ?
Ésaü lui dit : — N’as-tu qu'une seule bénédiction, père ?
Je [te] supplie de [me] bénir moi aussi !
Et avec un grand hurlement, il pleura.
Ému, Isaac lui dit :
— Dans l'engrais de la terre et dans la rosée du ciel d'en haut
sera ta bénédiction.
Tu vivras de l'épée et tu serviras ton frère
et le temps viendra que tu abattras et détacheras son joug de tes épaules.
Ainsi Ésaü haïssait toujours Jacob
pour la bénédiction dont père l'avait béni
et il dit en son cœur :
— Que viennent les jours du deuil de mon père pour que je tue Jacob, mon frère.
Cela fut annoncé à Rébecca
qui, envoyant et appelant son fils Jacob, lui dit :
— Voici, Ésaü, ton frère, menace de te tuer.
Donc maintenant, fils, écoute ma voix
et lève-toi, enfuis-toi chez Laban, mon frère, à Haran
et tu habiteras avec lui quelques jours jusqu’à ce que la folie furieuse de ton frère s'apaise
et que son indignation cesse
et qu'il oublie ce que tu lui as fait.
Ensuite, j'enverrai et je te conduirai de là-bas vers ici.
Pourquoi serai-je privée de deux fils en un jour ?
Rébecca dit aussi à Isaac :
— Ma vie me dégoûte à cause des filles de Heth.
Si Jacob prend une femme de la souche de cette terre, je ne veux pas vivre.
Isaac appela Jacob et le bénit et il lui fit cette prescription, disant :
— Ne prends pas de femme parmi la nation de Canaan.
Mais va et pars en Mésopotamie de Syrie
à la maison de Bathuel, père de ta mère
et prends pour toi de là une femme parmi les filles de Laban, ton oncle.
Que Dieu tout-puissant te bénisse
qu’il te fasse croître et multiplier
pour que tu sois dans les foules de peuples
et qu’il te donne les bénédictions d’Abraham à toi et à ta semence après toi
pour que tu possèdes la terre de ton séjour qui a été promis à ton grand-père.
Et quand Isaac l'eut renvoyé
s'en étant allé, il arriva en Mésopotamie de Syrie
chez Laban, fils de Bathuel le syrien, frère de Rébecca, sa mère.
Mais Ésaü, voyant que son père avait béni Jacob
et l'avait envoyé en Mésopotamie de Syrie pour qu'il y prenne une femme
et qu'après la bénédiction, il lui avait donné cette prescription disant :
— Tu ne prendras pas d'épouse parmi les filles de Canaan
et que Jacob, obéissant à ses parents, était allé en Syrie
considérant aussi que son père ne regardait pas avec plaisir les filles de Canaan
s’en alla vers Ismaël, et il prit pour femme, sans celles qu’il possédait avant
Mahéleth [Maeleth], fille d’Ismaël, fils d’Abraham, et sœur de Nabajoth.
Jacob sortit de Bersabée et s’en alla à Haran.
Comme il était arrivé en un lieu, et qu'il voulait s'y reposer après le coucher du soleil
il prit des pierres qui se trouvaient là
et, les plaçant sous sa tête, il dormit en ce lieu.
Il vit en songe une échelle posée sur la terre et son sommet touchait le ciel
et aussi des anges de Dieu qui montaient et descendaient par elle
et le Seigneur, appuyé sur l'échelle, qui lui disait :
— Moi, je suis le Seigneur, le Dieu d’Abraham, ton père, et le Dieu d’Isaac.
La terre sur laquelle tu es couché, je la donnerai à toi et à ta semence.
Ta progéniture sera comme la poussière de la terre
tu t’étendras à l’occident et à l’orient, au septentrion et au midi
et en toi et en ta semence l'ensemble des tribus de la terre seront bénies.
Et je serai ton gardien où que tu ailles
et je te conduirai à nouveau dans cette terre
et je ne t’abandonnerai pas avant d'avoir achevé la totalité de ce que j'ai dit.
Lorsque Jacob se réveilla de son sommeil, il dit :
— Certainement, le Seigneur est en ce lieu et moi, je ne le savais pas !
Et, pris d'effroi, il dit : — Comme ce lieu est terrible !
Ce n'est pas autre chose que la maison de Dieu et la porte des cieux.
Se levant donc le matin, il prit la pierre qu'il avait placée sous sa tête
et la dressa en stèle
versant de l’huile dessus.
Il nomma le nom de la ville « Béthel » qui auparavant s'appelait Luza.
Il fit encore un vœu disant :
— Si Dieu est avec moi et me garde dans ce chemin le long duquel je marche
s’il me donne du pain à manger et un vêtement pour me vêtir
et si je retourne heureusement à la maison de mon père
le Seigneur me sera pour Dieu.
Et cette pierre que j’ai dressée en monument sera nommée maison de Dieu
et l'ensemble de ce que tu me donneras, je t'en offrirai le dixième.
Jacob donc, s'en étant allé, vint en terre de l’orient.
Et il vit un puits dans un champ
et trois troupeaux de brebis qui étaient couchés à côté
car du bétail s'y abreuvait
et son ouverture était fermée par une grande pierre.
L'habitude était de rouler la pierre quand l'ensemble des brebis étaient rassemblées
et une fois que les troupeaux avaient repris des forces, de [la] placer à nouveau sur l'ouverture du puits.
Et il dit aux bergers :
— Mes frères, d’où êtes-vous ?
Ils répondirent : — de Haran.
Les interrogeant, il leur dit :
— Connaissez-vous Laban, fils de Nahor ?
Ils dirent : — Nous le connaissons.
Il leur demanda : — Est-il en bonne santé ?
Ils dirent : — Il va bien
et voici, Rachel, sa fille, vient avec son troupeau.
Et Jacob dit : — Il reste encore beaucoup [d'heures] de jour
ce n'est pas le moment de reconduire les troupeaux aux bergeries
donnez avant à boire aux brebis et ainsi ramenez-les à la pâture.
Et ils répondirent : — Nous ne pouvons pas jusqu'à ce que tout le bétail soit rassemblé
et que nous déplacions la pierre de l'ouverture du puits pour abreuver les troupeaux.
Ils parlaient encore
et voici, Rachel venait avec les brebis de son père
car elle faisait paître le troupeau elle-même.
Lorsque Jacob la vit et sut que c'était sa cousine et les brebis de Laban, son oncle
il déplaça la pierre avec laquelle le puits était fermé
et après avoir abreuvé le troupeau, il l'embrassa
il éleva la voix et il pleura.
Et il lui apprit qu’il était frère de son père et fils de Rébecca
et elle se hâta de l'annoncer à son père.
Lorsqu'il entendit qu'était venu Jacob, le fils de sa sœur, il courut à sa rencontre
et l'ayant étreint et le couvrant de baisers, il le conduisit à sa maison.
Ayant entendu les raisons de son voyage
il répondit :
— Tu es mon os et ma chair.
Et quand furent accomplis les jours d'un mois
il lui dit :
— Est-ce que, parce que tu es mon frère, tu me serviras gratuitement ?
Dis-moi quel salaire tu reçois [d’habitude].
Il avait deux filles, le nom de l’aînée était Lia, la plus jeune se nommait Rachel.
Lia avait les yeux chassieux
et Rachel était jolie de visage et d'aspect gracieux.
Et Jacob la préférant, dit :
— Je te servirai sept ans pour Rachel, ta plus jeune fille.
Laban répondit : — Il vaut mieux la donner à toi qu' à un autre homme
reste chez moi.
Ainsi Jacob servit pour Rachel sept années
et elles furent à ses yeux comme peu de jours, en raison de la grandeur de son amour.
Et il dit à Laban :
— Donne-moi ma femme car déjà le temps est accompli pour que j’aille vers elle.
Après avoir appelé une foule nombreuse d'amis pour le festin, il fit les noces.
Et le soir, il introduisit sa fille Lia, chez lui.
Donnant la servante de sa fille, du nom de Zelpha
et lorsque, selon la coutume, Jacob fut venu vers elle
le matin venu, il vit Lia.
Et il dit à son beau-père :
— Qu'as-tu voulu faire ?
N'est-ce pas pour Rachel que je t'ai servi ? Pourquoi m'as-tu trompé ?
Laban répondit : — Ce n'est pas la coutume, dans notre lieu, de donner les plus jeunes avant en noces.
Accomplis la semaine de jours de cette union
et celle-ci aussi, je te la donnerai pour le service que tu feras pour moi sept autres années.
Il consentit à son souhait et à la fin de la semaine, il prit Rachel pour femme.
Et son père lui donna la servante Bala.
Enfin, il s'empara des noces qu'il désirait et il montra un amour plus grand pour la seconde.
Il servit chez lui sept autres années.
Le Seigneur, voyant qu'il méprisait Lia, ouvrit sa matrice
sa sœur restant stérile.
Et elle enfanta, ayant conçu un fils, et lui donna pour nom « Ruben », disant :
— Le Seigneur a vu mon humiliation, maintenant, mon mari m'aimera.
Et elle conçut à nouveau et enfanta un fils et elle dit :
— Parce que le Seigneur a entendu que j’étais tenue en haine il m’a encore donné celui-là.
Et elle lui donna pour nom « Siméon [Symeon] »
Elle conçut une troisième fois et enfanta un autre et elle dit :
— Maintenant mon époux s’unira à moi
car je lui ai engendré trois fils.
C’est pourquoi on le nomma « Lévi ».
Elle conçut une quatrième fois et engendra un fils et elle dit :
— Cette fois je louerai le Seigneur.
C’est pourquoi elle lui donna le nom « Juda ». Et elle cessa d’engendrer.
Or, Rachel, voyant qu’elle était inféconde, fut jalouse de sa sœur et dit à son mari :
— Donne-moi des enfants, ou je meurs !
En colère, Jacob lui répondit :
— Est-ce que moi je suis à la place de Dieu, qui t’a privée du fruit du sein ?
Mais elle : — J'ai, dit-elle, une servante, Bala. Va vers elle
qu’elle enfante sur mes genoux, et que j'aie des enfants à travers elle !
Et elle lui donna Bala en mariage.
Et Jacob étant allé vers elle, elle conçut et enfanta un fils .
Et Rachel dit : — Dieu m’a rendu justice, et il a écouté ma voix en me donnant un fils
C’est pourquoi elle le nomma du nom de Dan.
Et Bala, concevant encore, enfanta un autre.
Et Rachel dit à son sujet :
— Le Seigneur m’a fait entrer en combat avec ma sœur, et j'ai gagné !
Et elle lui donna le nom de Nephthali.
Lorsque Lia vit qu’elle avait cessé d’enfanter
elle Zelpha, sa servante,remit à son mari.
Laquelle, après avoir conçu, accouchant d'un fils
dit : — Quelle bonne fortune !
et, pour cette raison, appela son nom Gad.
Zelpha enfanta un autre [fils]
et Lia dit :
— C'[est] pour mon bonheur !
car les femmes me diront bienheureuse.
C'est pourquoi elle le nomma Aser.
Ruben, sorti au temps de la moisson du froment
trouva des mandragores dans les champs et les apporta à Lia, sa mère.
Alors Rachel dit : — Donne-moi une partie des mandragores de ton fils.
Elle lui répondit : — Est-ce peu à tes yeux que tu m'aies arraché mon mari
pour que tu prennes encore les mandragores de mon fils ?
Et Rachel dit : — qu’il couche avec toi cette nuit en échange des mandragores de ton fils !
Le soir, comme Jacob revenait des champs
Lia sortit à sa rencontre et :
— C’est vers moi, dit-elle, que tu viendras, car je t’ai loué, et ce, au prix des mandragores de mon fils !
Et il coucha avec elle cette nuit-là.
Et Dieu écouta ses prières
et elle conçut et enfanta un cinquième fils
et Lia dit :
— Dieu m’a donné mon salaire, parce que j’ai donné ma servante à mon mari.
Et elle nomma son nom « Issachar » [Isachar].
Lia, concevant à nouveau, enfanta un sixième fils.
Et elle dit :
— Dieu m’a fait un beau don cette fois encore
mon mari sera avec moi, puisque je lui ai enfanté six fils.
Et, pour cette raison, elle nomma son nom Zabulon.
Et après lui elle enfanta une fille du nom de Dina.
Dieu, se souvenant aussi de Rachel
l'écouta et ouvrit sa matrice.
Et elle conçut et enfanta un fils, disant :
— Dieu a ôté mon opprobre.
Et elle appela son nom Joseph, disant :
— Que le Seigneur m’ajoute un autre fils !
Or, Joseph étant né, Jacob dit à son beau-père :
— Renvoie-moi, que je retourne vers ma patrie et vers ma terre.
Donne-moi mes femmes et mes enfants pour lesquels je t’ai servi, pour que je m'en aille :
tu sais de quelle servitude je t'ai servi !
Laban lui dit : — Que je trouve grâce à tes yeux.
J’ai appris d'expérience que le Seigneur m’a béni à cause de toi
fixe-moi ton salaire, et je te le donnerai.
Mais lui répondit :
— Tu sais toi-même comment je t’ai servi et combien ton bien s'est accru entre mes mains.
Tu avais peu avant que je ne vienne
et maintenant te voilà devenu riche
et le Seigneur t'a béni à mon entrée.
Il est donc juste que je songe aussi maintenant à [établir] ma maison.
Et Laban dit : — Que te donnerai-je ?
Et celui-ci dit : — Je ne veux rien.
Mais si tu fais ce que je vais dire
de nouveau je paîtrai et garderai ton bétail.
Fais le tour de tous tes troupeaux et mets à part l'ensemble des brebis mouchetées et de laine tachetée
et tout ce qui est noir et tacheté et moucheté aussi bien parmi les brebis que parmi les chèvres, ce sera mon salaire.
Et mon intégrité plaidera pour moi demain, quand le temps sera venu à tes yeux de mettre en œuvre notre accord
et toutes celles qui ne seront ni mouchetées ni tachetées ni noires,
tant les brebis que chèvres, me convaincront de larcin.
Laban dit : — J'accepte ce que tu demandes.
Et, ce jour-là, il sépara les chèvres des brebis, les boucs des béliers, les mouchetés et les tachetés.
Et l'ensemble du troupeau qui n’était que d’une couleur, c’est-à-dire, de toison blanche ou de toison noire
il le mit dans la main de ses fils.
Puis il mit l’espace de trois journées de chemin entre lui et son gendre
qui faisait paître le reste de ses troupeaux.
Jacob prenant donc des verges vertes de peuplier et d’amandier et de platane
en partie, en ôta l’écorce :
et l'écorce décortiquée, aux endroits qui avaient été dépouillés, apparut du blanc
mais [les endroits] qui étaient restés intacts demeurèrent verts :
et de cette manière, la couleur devint plurielle.
Et il les plaça dans les canaux où se répandait l'eau
pour que, lorsque les troupeaux venaient boire
ils aient sous les yeux les verges
et qu'à leur vue, ils conçoivent.
Et il advint que dans la chaleur même du coït, les brebis fixaient les verges
et elles engendraient [des petits] mouchetés, tachetés, et d'une couleur différente.
Et Jacob divisa le troupeau et plaça les verges sous les yeux des béliers
et les blancs et les noirs étaient pour Laban
et le reste pour Jacob, les troupeaux ayant été séparés entre eux.
Ainsi, quand dans les premiers temps, les brebis étaient montées
Jacob plaçait les verges dans les canaux des eaux, devant les yeux des béliers et des brebis
pour qu'à leur vue ils conçoivent.
Mais quand arrivaient les dernières de la saison et le dernier engendrement, il ne les plaçait pas
et il advint que celles qui étaient les dernières étaient pour Laban, et celles des premiers temps, pour Jacob.
Et l'homme s'enrichit ainsi démesurément
et il eut de nombreux troupeaux, des servantes et des serviteurs, des chameaux et des ânes.
Or, après avoir entendu les paroles des fils de Laban, disant :
— Jacob a pris tout ce qui était à notre père
et rendu riche par sa ressource, il est devenu illustre
il remarqua aussi que le visage de Laban n'était plus envers lui comme la veille et l'avant-veille.
Et par-dessus tout le Seigneur lui parlant alors :
— Rentre à la terre de tes pères, vers ta génération et je serai avec toi.
Et il envoya et appela Rachel et Léa au champ où il faisait paître son troupeau.
Il leur dit :
— Je vois que le visage de votre père n’est plus envers moi comme hier et avant-hier
mais le Dieu de mon père a été avec moi.
Vous savez vous-mêmes que de toutes mes forces j’ai servi votre père
et votre père m'a trompé
et a changé mon salaire dix fois
mais Dieu ne lui a pas permis de me nuire.
Si, quand il disait : — Les tachetées seront ton salaire
toutes les brebis engendraient des petits tachetés
et quand il disait au contraire : — Les blanches seront celles que tu recevras pour salaire
tous les troupeaux engendraient des blanches.
Et Dieu a pris le bien de votre père et me l’a donné.
En effet, après que vint le temps où conçoivent les brebis
je levai les yeux et je vis en songe
les mâles qui montaient sur les femelles [étaient] mouchetés, tachetés et de couleurs différentes.
Et un ange de Dieu me dit en songe : — Jacob ! Et moi, je répondis : — Je suis là.
Et il dit : — Lève les yeux et vois : la totalité des mâles montant sur les femelles
sont rayés, tachetés et marquetés
car j’ai vu tout ce que Laban t’a fait.
Moi, je suis le Dieu de Béthel, où tu as oint une pierre et où tu m’as fait un vœu
Maintenant donc, lève-toi et sors de cette terre, retournant à la terre de ta naissance.
Rachel et Lia répondirent :
— Est-ce que nous avons quelque reste dans les biens et l'héritage de la maison de notre père ?
Ne nous a-t-il pas considérées comme des étrangères ?
Il nous a vendues et il a dévoré notre prix.
Mais Dieu a pris les richesses de notre père et nous les a remises à nous et à nos fils.
Ainsi, tout ce qu'il t'a ordonné, fais-le.
Et ainsi Jacob se leva et après avoir fait monter ses enfants et ses femmes sur les chameaux, il partit.
Et il emporta tout son bien et ses troupeaux et ce qu'il avait acquis en Mésopotamie
partant vers Isaac son père, en terre de Canaan.
En ce temps-là, Laban était allé tondre ses brebis
et Rachel déroba les idoles de son père.
Jacob ne voulut pas avouer à son beau-père qu'il fuyait.
Et il s’enfuit, lui et tout ce qui était à lui de droit et il se leva
et après avoir traversé le fleuve il partit vers la montagne de Galaad.
On annonça à Laban, le troisième jour, que Jacob s’était enfui.
Ayant pris ses frères il le poursuivit sept jours
et il le rattrapa au mont Galaad.
Et il vit en songe le Seigneur, lui disant :
— Prends garde de ne rien dire de rude à Jacob.
Jacob avait déjà dressé sur la montagne sa tente
et [Laban,] lorsqu'il l'eut rejoint avec ses frères sur le même mont Galaad, fixa sa tente
et dit à Jacob :
— Pourquoi as-tu agi de sorte qu'en cachette tu m'as dérobé mes filles comme des captives par l'épée ?
Pourquoi as-tu voulu me fuir sans que je le sache
et ne m'as tu pas averti, pour que je t'escorte dans la joie et les chants, les tambours et les cithares ?
Tu n'as pas souffert que j'embrasse mes fils et filles
tu as agi inconsidérément.
Et maintenant
vraiment ma main a le pouvoir de te rendre le mal
mais le Dieu de votre père m’a dit hier :
— Garde-toi de dire à Jacob quelque chose de trop rude.
Soit, tu désirais aller chez les tiens et tu avais le regret de la maison de ton père
mais pourquoi as-tu dérobé mes dieux ?
Jacob répondit :
— [Ce qui fait] que je suis parti à ton insu
[c'est que] j'ai craint que tu n'enlèves tes filles de force.
Mais quant au larcin dont tu m'accuses
celui que tu trouveras avec tes dieux ne vivra pas en présence de nos frères
reconnais chez moi ce qui t’appartient et prends-le.
Disant cela, il ignorait que Rachel avait dérobé les idoles.
Et ainsi, Laban étant entré dans la tente de Jacob et de Lia et des deux servantes , ne trouva rien
Et lorsqu'il fut entré dans la tente de Rachel
Celle-ci, se hâtant, cacha les idoles sous la selle du chameau et s’assis dessus.
et à lui qui fouillait toute la tente mais ne trouvait rien
elle dit : — Que mon seigneur ne s’irrite point si je ne puis me lever devant toi
car j’ai maintenant ce qui arrive aux femmes.
Ainsi le soin mis à la fouille fut déjoué.
Jacob se mit en colère et dit d'un ton querelleur :
— Quel est mon délitet quelle est ma faute pour que tu fulmines ainsi contre moi ?
En fouillant tous mes effets,
qu’as-tu trouvé parmi l'ensemble des objets de ta maison ?
Produis-le ici en présence de mes frères et de tes frères
et qu’ils décident entre toi et moi.
Voilà vingt ans que je suis chez toi
tes brebis et tes chèvres n’ont pas été stériles
des béliers de ton troupeau, je n’en ai pas mangé.
Je ne t'ai pas montré la proie d'une bête
moi-même j'ai rendu toute perte
tout ce qui avait disparu par le vol, tu me le réclamais.
De jour et de nuit, j'étais brûlé par la chaleur et par le froid
et le sommeil fuyait loin de mes yeux.
Ainsi, pendant vingt ans je t'ai servi dans ta maison
quatorze ans pour tes filles et six ans pour tes troupeaux
et dix fois tu as changé mon salaire.
Si le Dieu de mon père, le Dieu d’Abraham et la Terreur d’Isaac, n’avait été présent pour moi
sans doute tu m’aurais renvoyé tout nu.
Dieu a vu ma misère et le labeur de mes mains et t'a dénoncé hier.
Laban lui répondit :
— Tes filles et tes fils et tes troupeaux et tout ce que tu vois, c'est à moi.
Que pourrais-je faire à mes enfants et mes petits-enfants ?
Viens donc et entrons dans une alliance pour qu’elle soit un témoin entre moi et toi.
Et ainsi, Jacob prit une pierre et la dressa en stèle.
Et il dit à ses frères : — Apportez des pierres.
Et eux, les ramassant, en firent un monticule, et ils mangèrent dessus.
Et Laban l'appela le Monticule du témoin
et Jacob le Monceau du témoignage
chacun selon la spécifité de son langage.
Et Laban dit :
— Ce monticule sera témoin entre moi et toi aujourd’hui
et pour cette raison son nom fut nommé Galaad, c'est-à-dire le « Monticule du témoin ».
Que le Seigneur observe et juge entre nous quand nous nous serons éloignés de nous.
Si tu maltraites mes filles
et si tu introduis d'autres femmes en plus d'elles
nul n'est témoin de notre parole excepté Dieu qui, présent, regarde.
Et il dit à nouveau à Jacob :
— Voici ce monticule et voici cette pierre que j’ai dressés entre moi et toi.
Ce sera un témoin.
Ce monceau et cette pierre, dis-je, qu'ils soient en témoignage :
si moi, je le dépasse en allant vers toi
ou si toi, tu vas au-delà en méditant le mal contre moi
que le Dieu d’Abraham et le Dieu de Nahor jugent entre nous, le Dieu de leur père.
Jacob jura par la Terreur de son père Isaac.
Ayant immolé des victimes sur la montagne, il appela ses frères pour qu'ils mangent le pain
et quand ils eurent mangé, ils demeurèrent là.
Mais Laban se levant, de nuit, embrassa ses fils et ses filles
et il les bénit, et retourna en son lieu.
Jacob aussi s'en alla sur le chemin qu'il avait commencé
et des anges de Dieu vinrent à sa rencontre.
Et il dit, lorsqu'il les vit : — C’est le camp de Dieu !
et il nomma le nom de ce lieu Mahanaïm, c'est-à-dire « Camp ».
Or, il envoya des messagers au-devant de lui vers Ésaü, son frère, en terre de Séir, dans la région d’Édom.
Il leur fit cette prescription, disant :
— Parlez ainsi à mon seigneur, Ésaü :
— Voici ce que dit ton frère Jacob :
— J'ai séjourné chez Laban et j'y ai été jusqu’au jour présent.
J’ai des bœufs et des ânes, des brebis et des serviteurs et des servantes
et j’envoie maintenant une ambassade à mon seigneur
pour que je trouve grâce à tes yeux.
Et les messagers retournèrent vers Jacob, disant :
— Nous sommes allés vers Ésaü, ton frère
et voici, il se hâte à ta rencontre, avec quatre cents hommes.
Jacob craignit beaucoup et, épouvanté, il partagea le peuple qui était avec lui
les troupeaux aussi, les brebis et les bœufs et les chameaux, en deux troupes
disant :
— Si Ésaü vient vers l'une des troupes et le frappe
l'autre troupe qui reste sera sauvé.
Et Jacob dit :
— Dieu de mon père Abraham et Dieu de mon père Isaac
Seigneur, [toi] qui m'as dit :
— Retourne vers ta terre et au lieu de ta naissance
et je te ferai du bien.
Je suis trop petit pour l'ensemble des miséricordes et de la vérité dont tu as comblé ton serviteur
j’ai passé ce Jourdain avec mon bâton
et maintenant je reviens avec deux camps.
Arrache-moi à la main de mon frère, de la main d’Ésaü
car je le crains fortement
de peur que venant, il ne frappe la mère avec les enfants.
Toi, tu as dit que tu me ferais du bien
et que tu étendrais ma semence comme le sable de la mer
qui ne peut pas se compter à cause de sa multitude.
Comme il avait dormi là, cette nuit
il mit à part parmi ce qu'il possédait des présents pour Ésaü son frère :
deux cents chèvres, vingt boucs
deux cents brebis , vingt béliers
trente chamelles ayant mis bas, et leurs petits
quarante vaches et vingt taureaux
vingt ânesses et leurs petits, dix.
Il les donna aux mains de ses serviteurs
troupeau par troupeau, à part
et il dit à ses serviteurs :
— Précédez-moi et qu'il y ait un intervalle entre troupeau et troupeau.
Et il prescrivit au premier, disant :
— Si tu trouves sur ta route Ésaü, mon frère
et s'il te demande : — À qui es-tu, où vas-tu et à qui ceux-là, que tu suis ?
Tu répondras : — À ton serviteur, à Jacob
il a envoyé des présents à mon seigneur Ésaü
lui-même aussi vient après nous.
Il donna ordre pareillement au deuxième, au troisième, et à l'ensemble de ceux qui suivaient les troupeaux, disant :
— Vous parlerez à Ésaü avec les mêmes mots quand vous le rencontrerez.
Et vous ajouterez : — Lui aussi ton serviteur Jacob suit notre chemin.
Car il a dit : — Je lui serai agréable par ces présents qui me précèdent et ensuite je verrai
peut-être me sera-t-il favorable.
Et ainsi les présents le précédèrent
et lui-même resta cette nuit-là dans le Camp.
Et lorsqu'il se fut levé tôt
il prit ses deux femmes et ses servantes du même nombre, avec ses onze enfants
et il traversa le gué de Jacob.
Ayant fait traverser tous ceux qui lui appartenaient
il resta seul
et voici, un homme luttait avec lui jusqu'au matin.
Comme il voyait qu'il ne pouvait pas l'emporter sur lui
il toucha le tendon de sa cuisse et aussitôt il se flétrit.
Et il lui dit : — Laisse-moi aller, car déjà l’aurore se lève.
Il répondit : — Je ne te laisserai pas aller sans que tu m’aies béni.
Il dit : — Quel est ton nom ?
Il répondit : — Jacob.
Et lui dit : — On ne nommera plus ton nom Jacob, mais Israël
car si contre Dieu tu as été fort, combien plus, contre des hommes tu l'emporteras.
Jacob lui demanda :
— Dis-moi par quel nom tu te nommes.
Il répondit : — Pourquoi demandes-tu mon nom ?
Et il le bénit en ce même lieu.
Et Jacob appela le nom de ce lieu Phanuel, disant :
— J'ai vu Dieu face à face, et mon âme fut rendue sauve.
Et le soleil se leva sur lui aussitôt après qu'il eut traversé Phanuel.
Quant à lui, il boitait du pied.
C’est pourquoi les enfants d’Israël ne mangent pas du tendon qui s'est flétri dans la cuisse de Jacob, jusqu'au jour présent
car il a touché le tendon de sa cuisse, et l'a engourdi.
Or, Jacob levant les yeux, vit Ésaü qui venait
et avec lui quatre cents hommes
et il sépara les enfants de Lia, de Rachel, et des deux servantes.
il plaça en tête l'une et l'autre servantes et leurs enfants
puis Lia avec ses enfants en deuxième
et Rachel avec Joseph les derniers.
Et lui-même, passant devant eux, se prosterna, incliné à la terre sept fois
jusqu’à ce que son frère approche.
Et ainsi Ésaü courant à la rencontre de son frère, l'étreignit
le serrant au cou et l'embrassa en pleurant.
Puis, levant les yeux, il vit les femmes et leurs tout-petits et dit :
— Qui sont ceux-là et sont-ils à toi ?
Il répondit : — Ce sont les tout-petits que Dieu m'a donnés à moi, ton serviteur.
Et s'approchant, les servantes et leurs enfants se courbèrent.
Et Lia s'avança avec ses enfants
et une fois qu'ils se furent prosternés pareillement,
en tout dernier, Joseph et Rachel se prosternèrent.
Et il dit : — Quelles sont ces troupes que j'ai trouvées sur ma route ?
Il répondit : — C’est pour trouver grâce devant mon seigneur.
Et il dit : — Je possède de très nombreux [biens], mon frère : que soit à toi ce qui est à toi !
Jacob dit : — Non, je t'en supplie,
mais si j’ai trouvé grâce à tes yeux, reçois ce menu présent de mes mains
car ainsi j’ai vu ta face comme si j'avais vu la face de Dieu
sois-moi favorable
Accepte donc la bénédiction que je t'ai amenée
et que j’ai reçue de Dieu qui donne toutes choses.
C'est avec peine, après ces instances de son frère, qu'il accepta.
Il dit : — Marchons ensemble, et je serai ton compagnon sur ton chemin.
Jacob dit : — Mon seigneur, tu sais que j'ai de jeunes tout-petits
et qu'avec moi [sont] des brebis et des vaches ayant mis bas
si je les faisais peiner en pressant leur marche
l'ensemble du troupeau mourrait en un seul jour.
Que mon seigneur prenne les devants sur son serviteur
et moi, je suivrai doucement ses traces, selon que je verrai que mes tout-petits le pourront
jusqu’à ce que j’arrive chez mon seigneur, à Séir.
Ésaü répondit : — Je t'en prie, que du peuple qui est avec moi, il reste au moins des compagnons pour ta route !
— Ce n'est pas nécessaire, dit-il
j'ai besoin de cela seul, [qui est] de trouver grâce aux yeux de mon seigneur.
Et ainsi Ésaü s’en retourna ce jour-là en Séir, par le chemin où il était venu.
Et Jacob arriva à Soccoth
où, ayant bâti une maison et dressé ses tentes,
il nomma ce lieu Soccoth, c'est-à-dire : « Tentes ».
Et il traversa jusqu’à Salem, ville des Sichimites qui est en terre de Canaan
après qu'il fut revenu de Mésopotamie de Syrie
et il habita près de ce bourg.
Et il acheta la part de terre où il avait dressé sa tente
aux fils de Émor, père de Sichem, pour cent agneaux
et, ayant dressé là un autel, il invoqua sur lui le Très-Fort Dieu d'Israël.
Or Dina, la fille de Lia, sortit pour voir les femmes de cette région.
Et lorsque Sichem, fils de Émor l’Evéen, prince de cette terre, la vit
il s'éprit d'elle et l’enleva et coucha avec elle, opprimant de sa violence une vierge.
Son âme s'attacha fortement à elle
et il tâcha de soulager la malheureuse par ses caresses.
Et allant trouver Émor, son père :
— Prends-moi, dit-il, cette jeune fille pour femme.
Lorsque Jacob apprit cela
comme ses fils étaient absents et s'occupaient des troupeaux dans le pâturage
il garda le silence jusqu’à leur retour.
Or, Émor, père de Sichem, sortit pour parler à Jacob.
Voici, ses fils arrivaient du champ
et, entendant ce qui était arrivé, ils s'irritèrent fortement
parce qu'il avait commis un acte infâme en Israël
et [qu']ayant violé la fille de Jacob, il avait perpétré un acte illicite.
C'est pourquoi Émor leur parla :
— L’âme de Sichem, mon fils, s’est attachée à votre fille
donnez-la-lui pour femme
et lions entre nous des mariages
remettez-nous vos filles, et recevez nos filles
et habitez avec nous
la terre qui est en votre possession, travaillez[-la], trafiquez, et possédez-la.
Mais Sichem dit à son père et à ses frères :
— Que je trouve grâce devant vous et ce que vous fixerez, je le donnerai.
Augmentez la dot [et] les présents, exigez, j'accorderai avec joie ce que vous aurez demandé
seulement donnez-moi cette jeune fille pour épouse.
Les fils de Jacob répondirent à Sichem et à son père avec ruse
enragés par le viol de leur sœur :
— Nous ne pouvons pas faire ce que vous demandez
et donner notre sœur à un homme incirconcis
car c'est illlicite et une impiété chez nous.
Mais en cela nous pourrons faire alliance
si vous voulez bien être pareils à nous,
et que soit circoncis parmi vous tout sexe de mâle.
Alors nous donnerons et recevrons mutuellement nos filles et les vôtres
et nous habiterons avec vous et nous serons un seul peuple.
Mais si vous ne voulez pas être circoncis, nous prendrons notre fille et partirons.
Leur offre plut à Émor et à Sichem, son fils.
Et le jeune homme ne différa pas, bien plus, il accomplit aussitôt ce qu'on lui demandait
car il aimait beaucoup la jeune fille
et lui-même était illustre dans toute la maison de son père.
Et, ayant passé la porte de la ville, ils parlèrent au peuple :
— Ces hommes sont pacifiques et veulent demeurer avec nous :
qu'ils trafiquent dans cette terre et la travaillent car elle est vaste et étendue et a besoin d'agriculteurs !
Nous prendrons leurs filles pour femmes et nous leur donnerons les nôtres.
Il est une seule chose qui diffère un si grand bien :
si nous circoncisons nos mâles, imitant le rite de leur nation,
leurs biens et leurs troupeaux et tout ce qu'ils possèdent seront à nous ;
consentons seulement à cela
et habitant ensemble, nous deviendrons un seul peuple !
Tous ayant donné leur assentiment, l'ensemble des mâles furent circoncis.
Et voici, le troisième jour, quand la douleur des blessures est la plus pénible
deux fils de Jacob, Siméon et Lévi, frères de Dina, ayant pris leur glaive
entrèrent sans crainte dans la ville
et ayant tué tous les mâles
ils firent périr également Hémor et Sichem
prenant Dina, leur sœur, de la maison de Sichem
Lesquels sortis, les fils de Jacob restants se jetèrent sur les occis
et dévastèrent la ville en vengeance du viol.
Leurs brebis et leur bétail et leurs ânes, saccageant l'ensemble de ce qui était dans les maisons et dans les champs.
Leurs tout-petits aussi et leurs femmes, ils les emmenèrent captifs.
Lorsqu'ils eurent achevé cela, Jacob dit hardiment à Siméon et à Lévi :
— Vous m’avez troublé et rendu odieux auprès des habitants de cette terre, des Cananéens [Chananeis] et des Féréziens [Ferezeis],
nous sommes un petit nombre et eux, s'étant rassemblés, me frapperont et je serai détruit, moi et ma maison.
Ils répondirent : — Est-ce qu'ils devaient abuser de notre sœur comme d'une prostituée ?
Pendant ce temps Dieu dit à Jacob :
— Lève-toi et monte à Béthel et habite là
et fais là un autel au Dieu qui t’est apparu quand tu fuyais Ésaü, ton frère.
Et Jacob, ayant convoqué toute sa maison, dit :
— Rejetez les dieux étrangers qui sont au milieu de vous
purifiez-vous et une fois vos vêtements changés
levez-vous et montons à Béthel
pour y faire un autel au Dieu
qui m’a écouté au jour de mon tourment
et qui a été le compagnon de mon voyage.
Ils donnèrent tous les dieux étrangers qu'ils possédaient
et les boucles d'oreilles qui étaient à leurs oreilles
et lui les enfouit sous le térébinthe qui est après la ville de Sichem.
Et lorsqu'ils s'en furent allés
la terreur de Dieu envahit toutes les villes d’alentour
et elles n'osèrent les poursuivre alors qu'ils partaient.
Jacob arriva alors à Luz qui est en terre de Canaan, au surnom de Béthel
lui-même et tout le peuple qui était avec lui.
Et il bâtit là un autel et il nomma le nom du lieu Maison de Dieu
car là Dieu lui était apparu lorsqu’il fuyait son frère.
En ce temps-là mourut Débora, la nourrice de Rébecca,
et elle fut enterrée aux racines de Béthel sous le chêne
et l'on appela le nom du lieu chêne des Pleurs.
Or, Dieu apparut à nouveau à Jacob
après son retour de Mésopotamie de Syrie
et il le bénit
disant :
— Tu ne seras plus appelé Jacob, mais Israël sera ton nom
et il lui donna le nom d'Israël.
Et il lui dit : — Je suis le Dieu tout-puissant, croîs et multiplie-toi
viendront de toi des races et des peuples de nations
et des rois sortiront de tes reins.
La terre que j’ai donnée à Abraham et à Isaac, je te le donnerai, à toi et à ta postérité après toi.
Et il repartit d’auprès de lui.
à l'endroit où il lui avait parlé.
Et lui dressa une stèle en pierre au lieu où Dieu lui avait parlé
faisant dessus une libation et versant de l’huile
et appelant le nom du lieu : Béthel.
Parti de là, il arriva au moment du printemps sur la terre qui mène à Éfrata
où Rachel, lorsqu'elle fut en travail
en raison de la difficulté de l'accouchement commença à être en danger de mort.
Et la sage-femme lui dit : — Ne crains pas, car c’est encore un fils que tu vas avoir.
Comme son âme sortait du fait de la douleur, et que déjà la mort était sur elle,
elle appela le nom de son fils « Bénoni », c'est-à-dire : « fils de ma douleur »
mais son père le nomma « Benjamin », c'est-à-dire : « fils de la droite ».
Rachel mourut donc et elle fut enterrée sur la route qui conduit à Éfrata, qui est Bethléem.
Jacob dressa une stèle sur sa tombe :
c’est la stèle du tombeau de Rachel jusqu'au jour présent.
Parti de là, il dressa sa tente au-delà de la tour du Troupeau.
Et comme il habitait dans cette région,
Ruben vint et coucha avec Bala, concubine de son père, et cela ne put lui être caché.
Les fils de Jacob étaient douze.
Fils de Lia : Ruben premier-né, Siméon, Lévi, Juda, Issachar et Zabulon.
Fils de Rachel : Joseph et Benjamin.
Fils de Bala, servante de Rachel : Dan et Nephthali.
Fils de Zelpha, servante de Lia : Gad et Aser.
Ce sont là les fils de Jacob, qui lui naquirent en Mésopotamie de Syrie.
Jacob arriva auprès d’Isaac, son père à Mambré, à la ville d'Arbée qui est Hébron
où avaient séjourné Abraham et Isaac.
Isaac avait alors cent quatre-vingts ans accomplis.
Épuisé par l'âge, il mourut, vieux et rassasié de jours, et il fut placé auprès de son peuple
et Ésaü et Jacob, ses fils, l’enterrèrent.
Et voici les générations d’Ésaü, qui est Édom.
Ésaü prit des femmes d'entre les filles de Canaan :
Ada, fille d’Élom l'Héttéen et Oolibama, fille d’Ana, fille de Sébéon l’Evéen
et aussi Basemath, fille d'Ismaël, sœur de Nabajoth.
Et Ada enfanta Éliphaz
et Basemath enfanta Rauhel
Oolibama enfanta Jeüs [Hieus] et Jélom [Hielom] et Coré.
Ceux-ci sont les fils d’Ésaü qui lui naquirent en terre de Canaan.
Or, Ésaü prit ses femmes et [ses] fils et [ses filles] et toute âme de sa maison
et [ses] biens et troupeaux et l'ensemble de ce qu’il avait pu acquérir en terre de Canaan
et il s'en alla dans une autre région et il s'éloigna de Jacob, son frère.
Car leurs richesses étaient grandes et ils ne pouvaient pas demeurer ensemble
et le pays de leur séjour ne pouvait pas les sustenter du fait de la multitude de leurs troupeaux.
Et Ésaü habita dans la montagne de Séir : celui-ci est Édom.
Et voici les générations d’Ésaü, père d’Édom, dans la montagne de Séir
Et voici les noms de ses fils :
Éliphaz, fils d’Ada, femme d’Ésaü
Rauhel, fils de Basemath, sa femme.
Et les fils d’Éliphaz furent Théman, Omar, Séphu et Gatham et Quenez [Cenez].
Or, Timna était concubine d’Éliphaz, fils d’Ésaü et elle lui enfanta Amalec [Amalech].
Ceux-ci sont les fils d’Ada, femme d’Ésaü.
Quant aux fils de Rauhel : Naath et Zara, Semma et Méza.
Ceux-ci sont les fils de Basemath, femme d’Ésaü.
Ceux-ci aussi étaient les fils d’Oolibama, fille d’Ana, fille de Sébéon, femme d’Ésaü qu'elle lui enfanta : Jeüs, Jélom et Coré.
Ceux-ci sont les chefs des fils d’Ésaü :
les fils d’Éliphaz, premier-né d’Ésaü :
le chef Théman, le chef Omar, le chef Séphu
le chef Quenez
le chef Coré, le chef Gatham, le chef Amaleq.
Ceux-ci sont les chefs [issus] d’Éliphaz, en terre d'Édom, et ceux-ci sont les fils d’Ada.
ceux-ci aussi [sont] les fils de Rauhel, fils d’Ésaü :
le chef Naath, le chef Zara, le chef Semma, le chef Méza.
Ceux-ci sont les chefs [issus] de Rauhel en terre d’Édom
ceux-là les fils de Basemath, femme d’Ésaü.
Et ceux-ci [sont] les fils d’Oolibama, femme d’Ésaü :
le chef Jeüs, le chef Jélom, le chef Coré.
Ceux-ci sont les chefs [issus] d’Oholibama, fille d’Ana, femme d’Ésaü.
Ceux-ci sont les fils d’Ésaü et ceux-ci sont leurs chefs : ceci même est Édom.
Ceux-ci sont les fils de Séir l'Horréen, habitants de cette terre :
Lotham et Sobal et Sébéon et Anan
Dison et Éser et Disan :
ceux-ci sont les chefs de l'Horréen, fils de Séir en terre d’Édom.
Et les fils de Lotham furent engendrés : Hori et Héman
et la sœur de Lotham était Timna.
Et ceux-ci sont les fils de Sobal : Alvam et Maneet et Hébal, Sépho et Onam.
Et ceux-ci sont les fils de Sébéon : Aïa [Ahaia] et Anam.
C’est cet Anam qui trouva les sources chaudes au désert
tandis qu'il paissait les ânes de Sébéon, son père.
Et il avait un fils : Dison, et une fille : Oolibama.
Et ceux-ci sont les fils de Dison : Amdan et Esban et Jéthran [Iethran] et Caran [Charan].
Ceux-ci aussi sont les fils d’Éser :
Balaan et Zevan et Acam.
Or, Disan eut des fils : Hus et Aran.
Ceux-ci sont les chefs des Horréens :
le chef Lotan, le chef Sobal, le chef Sébéon,
le chef Ana
le chef Dison, le chef Éser, le chef Disan.
Ceux-ci sont là les chefs des Horréens, qui commandèrent en terre de Séir.
Quant aux rois qui ont régné en terre d’Édom
avant que les fils d'Israël n'eussent un roi, ce furent :
Bale, fils de Béor
et le nom de sa ville était Dénaba.
Et Bêla mourut et à sa place régna Jobab, fils de Zara de Bosra.
Et quand Jobab fut mort, Husam de la terre des Thémanites régna à sa place.
Celui-ci étant mort aussi, à sa place régna Adad, fils de Badad
qui frappa Madian dans la région de Moab
et le nom de sa ville était Ahuith.
Et lorsqu'Adad fut mort, régna à sa place Semla de Masereca [Maserecha].
Celui-ci étant mort aussi, régna à sa place Saül du fleuve Rooboth.
Et lorsque lui aussi trépassa, lui succéda pour régner Baalanam, fils d’Acobor [Achobor].
Celui-là étant mort aussi, régna à sa place Adar [Adad]
et le nom de sa ville était Phaü
et sa femme s'appelait Meézabel [Meezabel], fille de Matred, fille de Mézaab [Mizaab].
Voici donc les noms d’Ésaü selon leurs clans et lieux et appellations :
le chef Timna, le chef Alva, le chef Jétheth [Ietheth]
le chef Oolibama, le chef Éla, le chef Phinon
le chef Quenez, le chef Théman, le chef Mabsar
le chef Mabdiel, le chef Hiram [Iram].
Ceux-là sont les chefs d’Édom habitant dans cette terre sous son commandement.
Cela même est Ésaü, père des Iduméens.
Or, Jacob habita en terre de Canaan, où son père avait séjourné comme étranger.
Et voici ses générations :
Joseph, alors qu'il était âgé de seize ans, faisait paître le troupeau avec ses frères [bien qu]'encore jeune
et il était avec les fils de Bala et les fils de Zelpha, les femmes de son père
et Joseph accusa ses frères auprès du père de la pire des fautes.
Or, Israël préférait Joseph à tous ses fils
car il l'avait engendré dans la vieillesse
et il lui fit une tunique damassée.
Et ses frères, voyant qu'il était aimé du père plus que l'ensemble de ses autres fils, le haïssaient
et ne pouvaient rien lui dire pacifiquement.
Il arriva aussi qu'il rapportât à ses frères la vision d'un rêve
qui fut l'origine d'un motif de haine plus grande.
Et il leur dit :
— Écoutez mon rêve que j’ai vu.
Je croyais que nous étions à lier des gerbes dans le champ
et voici, ma gerbe se dressa en quelque sorte et même se tint [ferme]
et voici, vos gerbes, se mettant autour, se prosternèrent devant ma gerbe.
Ses frères lui répondirent :
— Est-ce que tu seras notre roi ou nous soumettrons-nous à ton autorité ?
Ainsi, un tel sujet de rêves et de propos alimenta le feu de [leur] jalousie et de [leur] haine.
Il vit aussi un autre rêve et, le racontant à ses frères, il dit :
— J'ai vu à travers un rêve le soleil, la lune et onze étoiles se prosterner devant moi en quelque sorte.
Et lorsqu'il l'eut rapporté à son père et ses frères
son père le réprimanda et dit :
— Que veut dire ce rêve que tu as vu ?
Vraiment ? Moi et ta mère et tes frères, nous nous prostererons à terre devant toi ?
C'est pourquoi ses frères étaient jaloux de lui
mais son père, silencieux, méditait...
Et lorsque ses frères s'arrêtèrent à Sichem [Sychem] pour faire paître les troupeaux de leur père
Israël lui dit :
— Tes frères ne font-ils pas paître les brebis à Sichem ?
Viens, que je t'envoie vers eux.
Et lui, répondant, dit :
— Je suis prêt. Il [lui] dit :
— Va et vois si l'ensemble des choses sont prospères pour tes frères et les troupeaux
et reviens m'annoncer ce qui se passe.
Envoyé depuis la vallée d'Hébron, il vint à Sichem.
Et un homme le trouva errant dans le champ
et il lui demanda ce qu'il cherchait.
Et celui-là répondit :
— Je cherche mes frères :
indique-moi où ils font paître les troupeaux.
Et l’homme dit : — Ils se sont éloignés de ce lieu
mais je les ai entendus dire : — Allons donc à Dothaïn.
Et Joseph alla donc plus loin après ses frères et les trouva à Dothaïn.
Et eux, comme ils l'avaient vu de loin
avant qu'il approchât d'eux, ils projetèrent de l'occire.
Et ils se disaient mutuellement :
— Voici, le rêveur arrive.
Venez, tuons-le
et jetons-le dans une vieille citerne
et nous dirons qu'une bête très féroce l'a dévoré
et alors apparaîtra en quoi ses rêves lui sont utiles.
En entendant cela, Ruben s'efforçait de le délivrer de leurs mains et disait :
— Ne portons pas atteinte à sa vie, ne versez pas le sang
mais jetez-le dans cette citerne qui est dans le désert
et gardez vos mains sans reproche.
Or, il disait cela voulant l'arracher de leurs mains et [le] rendre à son père.
Donc aussitôt que [Joseph] arriva auprès de ses frères
ils le dépouillèrent de sa tunique longue et bigarrée
et l'envoyèrent dans la citerne qui n'avait pas d'eau.
Et s'asseyant pour manger le pain
ils virent des voyageurs Ismaélites arriver de Galaad
et leurs chameaux porter des aromates et de la résine et de la myrrhe en Égypte.
Juda dit donc à ses frères :
— Quel profit pour nous si nous tuons notre frère et dissimulons son sang ?
Mieux vaut qu'il soit vendu aux Ismaélites et que nos mains ne soient pas souillées
en effet il est [notre] frère et notre chair. Les frères acquiescèrent à ses paroles.
Et comme passaient des Madianites, des marchands, le tirant de la citerne
ils [le] vendirent vingt pièces d'argent aux Ismaélites
qui le menèrent en Égypte.
Et Ruben, revenu à la citerne, ne trouve pas l'enfant.
Et après avoir déchiré ses vêtements, se dirigeant vers ses frères, il dit :
— L'enfant n'est pas là et moi, où irai-je ?
Et ils emportèrent sa tunique et dans le sang d'un chevreau qu'ils avaient occis ils [la] trempèrent
l'envoyant pour qu'on l'apporte au père et qu'on [lui] dise :
— Nous avons trouvé ceci : vois si [c'est] la tunique de ton fils ou non.
Comme le père avait reconnu celle-ci, il dit :
— C'est la tunique de mon fils, une bête très féroce l'a mangé
une bête a dévoré Joseph.
Et après avoir déchiré ses vêtements, il se revêtit d'un habit en poil de chèvre, pleurant son fils fort longtemps.
Et l'ensemble de ses enfants s'étant rassemblés pour adoucir la douleur de leur père
il ne voulut pas recevoir de consolation et dit :
— Je descendrai en deuil vers mon fils dans l'enfer.
Et tandis qu'il persistait dans ses pleurs
les Madianites vendirent Joseph en Égypte
à Putiphar, eunuque de Pharaon, général en chef.
Et en ce temps-là Juda , descendant d'auprès de ses frères
se détourna d'eux pour un homme d'Odollamite [Odollamitem] du nom de « Hira ».
Et là il vit la fille d'un homme cananéen appelé « Sué »
et l'ayant prise pour épouse, il entra chez elle.
Celle-ci conçut et enfanta un fils et appela son nom « Her ».
Après avoir de nouveau conçu un embryon, elle prénomma le fils né « Onam ».
Elle enfanta aussi un troisième qu'elle nomma « Séla ».
Après qu'il fut né, elle cessa d'enfanter au-delà.
Or, Juda donna une épouse à son premier-né, Her, du nom de « Thamar ».
Et Her, le premier-né de Juda, fut déplaisant aux yeux du Seigneur et par lui il fut tué.
Alors, Juda dit à son fils Onam : — Entre chez la femme de ton frère et unis-toi à elle afin de faire lever une semence à ton frère.
Celui-là, sachant que les fils à naître ne [seraient] pas à lui
entrant chez la femme de son frère, répandait la semence à terre
pour que ne naissent pas d'enfants au nom de son frère.
Et c'est pourquoi le Seigneur le frappa à cause de la chose abominable qu'il avait faite.
Pour cette raison, Juda dit à Thamar, sa belle-fille :
— Reste veuve dans la maison de ton père jusqu’à ce que grandisse Séla, mon fils.
Car il craignait qu'il ne meure lui aussi comme ses frères.
Et elle s’en alla et habita dans la maison de son père.
Or, de nombreux jours s'étant écoulés, la fille de Sué, femme de Juda, mourut.
Celui-ci après son deuil, soutenu par la consolation
monta vers les tondeurs de ses brebis
lui-même et Hira l'Odollam, berger du troupeau, à Timna.
Et on annonça à Thamar que son beau-père montait à Timna pour tondre les brebis.
Après avoir déposé les vêtements du veuvage, elle prit pour elle un voile
et après avoir changé de tenue, elle s'assit à la croisée du chemin qui conduit à Timna
parce que Séla avait grandi et qu'elle ne l'avait pas reçu comme mari.
Et lorsque Juda la vit, il la soupçonna d'être une prostituée
car elle avait couvert son visage pour ne pas être reconnue.
Et s'avançant vers elle, il dit :
— Permets-moi de coucher avec toi.
En effet, il ne savait pas que c'était sa belle-fille.
Elle répondit : — Que me donneras-tu pour jouir de ma couche ?
Il dit : — Je t'enverrai un chevreau des troupeaux.
En retour, elle dit : — J'endurerai ce que tu veux si tu me donnes un gage jusqu'à ce que tu envoies ce que tu promets.
Juda dit : — Que veux-tu qu'il te soit donné comme gage ?
Elle répondit : — Ton anneau à cachet et ton bracelet et le bâton que tu tiens à la main.
Ainsi, au bout d'une seule union la femme conçut !
et, se levant, elle s'en alla
et après avoir déposé la tenue qu'elle avait prise pour elle, elle se revêtit des vêtements du veuvage.
Or, Juda envoya le chevreau par son berger d’Odollam
afin de récupérer les objets gagés qu'il avait donnés à la femme
et lui, comme il ne l'avait pas trouvée
il interrogea les hommes de ce lieu :
— Où est la femme qui était assise à la croisée des chemins ?
Et l'ensemble [des hommes] lui répondirent : — Il n'y a pas eu en ce lieu de courtisane.
il revint vers Juda et lui dit : — Je ne l’ai pas trouvée
mais même les hommes de ce lieu me dirent qu'il n'y a jamais eu de prostituée assise ici.
Juda dit : — Qu’elle [les] garde pour elle. Du moins on ne pourra pas nous accuser de mensonge :
moi, j'ai envoyé le chevreau que j'avais promis et toi, tu ne l'as pas trouvée.
Or voici, après trois mois, on annonça à Juda, disant :
— Tamar, ta belle-fille, s’est prostituée
et on voit son ventre s'enfler.
Juda dit : — Faites-la sortir afin qu’elle soit brûlée.
Alors qu'elle était conduite au châtiment
elle envoya dire à son beau-père :
— Ces [objets] sont à l'homme de qui j'ai conçu.
Reconnais à qui est cet anneau à cachet et ce bracelet et ce bâton.
Celui-ci, après avoir reconnu les présents, dit :
— Elle est plus juste que moi parce que je ne l'ai pas remise à Séla mon fils.
Et il ne la connut plus.
Or, l'enfantement étant imminent, apparurent des jumeaux en [son] sein,
et dans la délivrance même, un enfant étendit une main
à laquelle la sage-femme lia [un fil] écarlate, disant :
— Celui-ci sort le premier.
Mais lui ayant retiré la main, l'autre sortit
et la femme dit :
— Pourquoi le mur de clôture a-t-il été mis en brèche à cause de toi ?
Et pour cette raison, on appela son nom « Pharès ».
Et ensuite sortit son frère dans la main duquel était le [fil] écarlate, et on le nomma « Zara ».
Donc Joseph fut conduit en Égypte
et Putiphar, eunuque de Pharaon, chef de l'armée, un homme égyptien, l’acheta
de la main des Ismaélites qui l'avaient fait descendre là-bas.
Et le Seigneur était avec lui :
c'était un homme qui agissait en tout avec succès
et il habitait dans la maison de son maître
et il prenait pleinement connaissance que le Seigneur était avec lui
et que tout ce qu'il entreprenait était dirigé par celui-ci conformément à son projet.
Et Joseph trouva grâce devant son maître et il le servait
en charge de tout, il gouvernait la maison qui lui avait été confiée et la totalité de ce qui avait été remis en son pouvoir.
Et le Seigneur bénit la maison de l’Égyptien à cause de Joseph
et il multiplia l'ensemble de ses biens, tant dans les demeures qu'aux champs
il ne savait rien d'autre que le pain qu'il mangeait.
Or Joseph était [doté] d'un beau visage et d'une jolie apparence.
Et ainsi, après de nombreux jours, la maîtresse jeta les yeux sur Joseph et dit : — Couche avec moi.
Et lui, ne consentant nullement à un acte impie, lui dit :
— Voici, mon maître, m'ayant remis toutes choses, ignore ce qu'il a dans sa maison
et il n'est rien qui ne soit en mon pouvoir ni qu'il ne m'ait confié excepté toi, qui es sa femme
comment donc puis-je faire ce mal et pécher contre mon Dieu ?
Or, par de semblables paroles, la femme tourmentait chaque jour l'adolescent
et lui, refusait [cette] relation adultère.
Or il arriva qu'un certain jour Joseph entra dans la maison et accomplit quelque tâche sans témoins.
Et celle-ci, l'ayant saisi par le pan de son vêtement, dit : — Couche avec moi.
Et lui, abandonnant dans sa main le manteau, s'enfuit et sortit de là.
Et quand la femme vit le vêtement dans ses mains et qu’elle avait été méprisée
elle appela les gens de sa maison et leur dit :
— Voyez il a introduit un homme hébreu pour se moquer de nous
il est venu vers moi pour coucher avec moi
et lorsque moi, en réponse, j’ai crié
et qu'il a entendu ma voix
il a laissé le manteau que je tenais et il s'est enfui dehors.
Donc comme preuve de fidélité, elle montra le manteau [qu'elle avait] retenu à son mari qui revenait à la maison.
et elle dit :
— Il est venu vers moi, l'esclave hébreu que tu as amené pour qu'il se moquât de moi.
Et comme il m'a vu crier, il a laissé son manteau et s'est enfui dehors.
Le maître, ayant entendu cela et trop crédule aux paroles de son épouse, se mit très en colère.
Et il fit mettre Joseph en prison où les captifs du roi étaient détenus et il était enfermé là.
Et le Seigneur fut avec Joseph et compatissant envers lui et lui donna faveur aux yeux du chef de la prison.
Et il mit dans sa propre main la totalité des captifs qui étaient détenus dans la prison
et quoi qu'il se produise, [c']était sous son contrôle.
Et il ne savait rien de ce qui lui avait été confié
car le Seigneur était avec lui et dirigeait toutes ses œuvres.
Ces choses ainsi accomplies, il arriva que deux eunuques, l'échanson du roi d'Égypte et le panetier péchèrent envers leur maître.
Et Pharaon [fut] irrité contre eux
en effet, l'un présidait aux échansons et l'autre aux panetiers.
Il les mit dans la prison du général de ses troupes
où Joseph aussi était enchaîné.
Mais le garde de la prison les remit à Joseph et celui-ci les servait ;
un certain temps s'était écoulé et eux étaient détenus en prison.
Et ils virent tous deux un songe la même nuit selon l'interprétation propre à chacun.
Comme Joseph était entré chez eux au matin et les avait vus tristes
il [les] interrogea avec insistance en disant :
— Pourquoi votre visage est-il plus triste aujourd'hui qu'à l'ordinaire ?
Ils lui répondirent :
— Nous avons vu un songe et il n’y a personne pour nous l’interpréter.
Et Joseph leur dit :
— L'interprétation n'est-elle pas à Dieu ?
Rapportez-moi ce que vous avez vu.
L'intendant des échansons raconta le premier [son] songe :
— Je voyais devant moi un cep de vigne
dans lequel étaient trois provins,
faisant petit à petit croître des bourgeons et après les fleurs mûrissant en grappes.
Et le calice de Pharaon [était] dans ma main
je pris donc les raisins et [les] pressai dans le calice que je tenais et remis la coupe à Pharaon.
Joseph répondit :
— Voici l’interprétation du songe :
les trois provins sont ici trois jours
après lesquels Pharaon se souviendra de ta fonction
et te rétablira dans ton grade précédent
et tu lui donneras la coupe conformément à ta fonction comme tu avais coutume de le faire auparavant.
Seulement, souviens-toi de moi lorsqu'il te sera arrivé du bien
et tu me feras la miséricorde
de suggérer à Pharaon de me faire sortir de cette prison.
Car, par un larcin, j'ai été enlevé de la terre des Hébreux
et là, [bien qu']innocent, j'ai été jeté dans une citerne.
Le maître des panetiers, voyant que Joseph avait résolu le songe avec sagacité, dit :
— Moi aussi j'ai vu un songe : j'avais trois corbeilles de farine sur ma tête.
Et dans une corbeille, celle qui était au-dessus
je portais tous les mets qui sont faits par l'art de la boulangerie
et les oiseaux en mangeaient.
Joseph répondit :
— Voici l’interprétation du songe :
les trois corbeilles sont ici trois jours
après lesquels Pharaon t'arrachera la tête et te pendra à une croix
et les oiseaux lacéreront tes chairs.
De fait, le troisième jour était l'anniversaire de la naissance de Pharaon
qui, donnant un grand festin à ses serviteurs
se souvint au milieu du banquet du maître des échansons et du chef des panetiers.
Et il rétablit l'un dans sa place pour tendre le breuvage du roi
et il pendit l'autre à une potence, en sorte que fut accréditée la vérité du devin.
Et cependant, après cette heureuse issue, le chef des échansons oublia son interprète.
Après deux ans, Pharaon vit un songe :
il se pensait debout au-dessus du fleuve
d'où montaient sept vaches belles et grasses à l'excès
et elles paissaient dans les lieux marécageux.
Encore sept autres émergeaient du fleuve, laides et d'une maigreur achevée
et elles paissaient sur la même rive du fleuve en des lieux verdoyants.
Et elles dévorèrent celles dont étaient si beaux l'aspect et le maintien des corps.
Pharaon, tiré du sommeil
se rendormit et il vit un autre songe :
sept épis pullulaient sur une seule tige, pleins et beaux.
Encore d'autres épis, le même nombre, surgissaient chétifs et frappés par la nielle
dévorant toute la beauté des premiers.
[Pharaon] s’éveillant après [son] repos
et saisi de frayeur au matin, terrorisé
il envoya [chercher] les devins d'Égypte et l'ensemble des sages
et il raconta à ceux qu'il avait faits venir son songe, et il n'y avait personne pour l'interpréter.
Alors le chef des échansons se souvenant enfin, dit :
— Je confesse mon péché.
Le roi, irrité contre ses serviteurs, avait enjoint de me jeter moi et le chef des panetiers dans la prison du général des troupes
où la même nuit nous vîmes tous deux un songe, présage des événements futurs.
Il y avait là un jeune hébreu, valet du même chef des troupes,
et, lui ayant raconté nos songes
nous entendîmes tout ce que le cours des choses confirma ensuite :
car je fus rétabli dans mon poste et lui fut pendu à la croix.
Aussitôt, sur ordre du roi, on tondit Joseph, une fois mené hors de la prison
lui ayant fait changer de vêtements, on le présenta devant lui.
Et il lui dit :
— J'ai vu des songes que personne ne peut expliquer
j’ai entendu [dire] que tu les élucides avec grande sagacité.
Joseph répondit :
— Ce n’est pas moi, c’est Dieu qui donnera une réponse favorable à Pharaon.
Il lui raconta donc ce qu’il avait vu :
— Je me pensais debout sur la rive du fleuve
et [voici que] sept vaches montent du fleuve, belles à l'excès et aux chairs grasses
et elles broutaient les herbages verdoyants dans la pâture du marais.
Et voici, les suivaient sept autres vaches
si laides et maigres que je n’en avais jamais vu de pareilles dans la terre d’Égypte
qui, une fois les premières dévorées et consommées
ne donnèrent aucun signe d'en être rassasiées
au contraire, elles étaient abruties dans la même maigreur et saleté.
M’étant réveillé, je retombai dans le sommeil.
Je vis un songe :
sept épis pullulaient sur une seule tige, pleins et extrêmement beaux.
Encore sept autres, chétifs et frappés par la nielle, surgissaient de la tige
et ils dévorèrent la beauté des premiers.
J’ai raconté le songe aux devins et il n'y a personne pour me l'expliquer.
Joseph répondit : — Le songe du roi est unique.
Ce que Dieu va faire, il l'a montré à Pharaon.
Les sept belles vaches et les sept beaux épis pleins sont sept années d'abondance
et englobent le même sens du songe.
De même, les sept vaches chétives et maigres qui montaient après elles
et les sept épis chétifs et frappés par le vent brûlant
sont sept années de famine à venir.
Et cela s'accomplira dans cet ordre :
Voici, viennent sept années de grande fertilité dans la totalité de la terre d'Égypte.
et les suivront sept autres années d'une telle stérilité
que l'ensemble de la précédente abondance sera livré à l'oubli
et la famine consumera toute la terre
et la grandeur de l'indigence dissipera la grandeur de l'abondance.
Quant au songe que tu as vu en second, se référant à la même chose, c’est un indice de [sa] solidité :
la parole de Dieu se réalisera et s'accomplira au plus tôt.
Maintenant donc, que le roi prévoie un homme sage et zélé
et qu'il le mette à la tête de la terre d'Égypte
afin qu’il établisse des officiers dans chaque province
et qu'un cinquième des récoltes pendant les sept années d’abondance
qui viennent soit rassemblé dans les greniers publics
que tout le blé soit placé sous le pouvoir de Pharaon
et qu'il soit conservé dans les villes
afin qu’il soit préparé pour les sept années de la famine qui doit accabler l’ Égypte
et cette terre ne sera pas consumée par l'indigence.
Le conseil plut à Pharaon et à l'ensemble de ses serviteurs.
Et il leur dit :
— Aurions-nous pu trouver un homme pareil à celui-ci, qui soit plein de l’esprit de Dieu ?
Il dit donc à Joseph :
— Puisque Dieu t’a montré toutes ces choses que tu as dites
pourrai-je trouver quelqu'un de plus sage ou de semblable à toi ?
C’est toi qui seras sur ma maison
et l'ensemble du peuple obéira à l'autorité de ta bouche
par le trône seulement je serai plus grand que toi.
Et Pharaon dit encore en retour à Joseph :
— Voici, je t'ai établi sur la totalité de la terre d’Égypte.
Et il ôta son anneau de sa main et le mit à sa main
et il le fit revêtir d’une robe de fin lin et passa autour de son cou un collier d’or.
Il le fit monter sur son second char, et fit crier par un héraut
que tous fléchissent le genou devant lui
et sussent qu'il était établi sur la totalité de la terre d'Égypte.
Le roi dit aussi à Joseph : — Moi, je suis Pharaon
et sans ton commandement nul ne bougera la main ni le pied dans toute la terre d’Égypte.
Et il changea son nom et il l'appela en langue égyptienne « Sauveur du monde »
et lui donna aussi une épouse, Aseneth fille de Putipharé prêtre d'Héliopolis.
Et ainsi Joseph sortit vers le pays d'Égypte.
Or il était âgé de trente ans quand il se tint en présence du roi Pharaon
il parcourut toutes les régions d'Égypte.
Vint la fertilité pendant sept années et le blé mis en gerbes fut rassemblé dans les greniers de l’Égypte.
En outre, toute l'abondance des fruits fut gardée en réserve dans chaque ville.
Il y eut une si grande quantité de froment qu’elle égalait le sable de la mer
et que son abondance excédait la mesure.
Et naquirent à Joseph deux fils, avant que ne vienne la famine,
que lui enfanta Aseneth fille de Putipharé prêtre d’Héliopolis.
Et Joseph nomma le nom du premier-né « Manassé», disant : — Dieu m'a fait oublier toutes mes peines et la maison de mon père.
Et au second il donna le nom d'« Éphraïm » disant :
— Dieu m'a fait croître dans la terre de ma pauvreté.
Les sept années d’abondance qu’il y avait eu en Égypte étant donc achevées
commencèrent à venir les sept années d'indigence que Joseph avait prédites.
Et, dans la totalité du monde, la famine prévalut
tandis que dans l'ensemble de la terre d'Égypte, il y avait du pain. tout le pays d'Égypte.
laquelle une fois affamée, le peuple cria vers Pharaon, réclamant des vivres.
Il leur répondit :
— Allez à Joseph et faites tout ce qu'il vous dira.
Mais la famine augmentait chaque jour sur toute la terre
et Joseph ouvrit tous les greniers et il vendait aux Égyptiens
car la famine avait oppressé ceux-ci.
Et toutes les provinces venaient en Égypte pour acheter de la nourriture
et tempérer la rigueur de cette disette.
Et Jacob ayant ouï dire qu'on vendait de la nourriture en Égypte dit à ses fils :
— Pourquoi négligez-vous d'agir ?
Et il dit : — Voici j'ai entendu [dire] qu'on vend du froment en Égypte.
Descendez-y et achetez-nous le nécessaire de sorte que nous puissions vivre et que ne nous consume pas l'indigence.
Et dix des frères de Joseph descendirent donc acheter du blé en Égypte,
Benjamin ayant été retenu par Jacob qui avait dit à ses frères :
— de peur qu'il ne lui arrive malheur en chemin.
Ils entrèrent donc en terre d'Égypte avec d’autres qui s'y rendaient pour acheter
car la famine était en terre de Canaan.
Et Joseph, prince du pays, sur un signe de lui, se vendait le blé aux peuples
Et quand ses frères se furent prosternés devant lui,
et qu'il les eut reconnus
comme à des étrangers, il leur parlait assez rudement, [les] interrogeant : — D’où venez-vous ?
Ils répondirent : — De la terre de Canaan, pour acheter les vivres nécessaires.
Et pourtant alors que lui-même avait reconnu [ses] frères il ne fut pas reconnu d'eux.
Et au souvenir des songes qu'il avait vus autrefois il dit :
— Vous êtes des espions [c'est] pour examiner les points les plus faibles du pays [que] vous êtes venus.
Ceux-ci dirent : — Ce n'est pas le cas maître
mais tes serviteurs sont venus pour acheter de la nourriture.
Nous tous sommes fils d'un même homme, nous ;
nous venons en paix tes serviteurs ne machinent rien de mal.
Il leur répondit : — Il en va autrement
[ce sont] les lieux non fortifiés de cette terre [que] vous êtes venus reconnaître.
Et ils lui dirent : — Nous, tes serviteurs sommes douze frères fils d'un même homme en terre de Canaan
le plus jeune est avec notre père, l'autre n'est plus.
il dit : — C'est ce que j'ai dit vous êtes des espions.
Dès maintenant je vais vous infliger une épreuve
par la vie de Pharaon, vous ne sortirez pas d'ici jusqu'à ce que vienne votre plus jeune frère.
Envoyez l'un de vous et qu'il l'amène
quant à vous, vous serez dans les liens jusqu'à ce que soit confirmé ce que vous avez dit, si vos paroles sont vraies ou fausses
sans quoi, par la vie de Pharaon, vous êtes des espions.
Et il les remit à la prison trois jours.
Or le troisième jour, les ayant menés hors de prison, il dit :
— Faites ce que je dis et vous vivrez car je crains Dieu.
Si vous êtes pacifiques, qu'un de vos frères reste lié en prison.
Quant à vous, allez-vous en et portez dans vos maisons le blé que vous avez acheté.
Et amenez-moi votre plus petit frère
que je puisse vérifier vos dires et vous ne mourrez pas. ils firent comme il avait dit,
Et ils se dirent l'un à l'autre :
— [C'est] à juste titre [que] nous subissons cela car nous avons péché envers notre frère
en voyant l'angoisse de son âme lorsqu'il nous demandait grâce et nous n'avons pas écouté
voilà pourquoi est venu sur nous ce tourment.
L'un d'eux Ruben dit :
— Ne vous avais-je pas dit : — gardez-vous de pécher contre l'enfant et vous ne m'avez pas écouté
voici que son sang est réclamé.
Or ils ne savaient pas que Joseph comprenait parce qu'il leur parlait par l'intermédiaire d'un interprète.
Et il s’écarta un instant et pleura.
Et, étant revenu vers eux, il leur parla.
Prenant Siméon et le liant en leur présence
il ordonna à ses serviteurs de remplir leurs sacs de froment
et de rendre l’argent de chacun dans sa bourse après leur avoir donné en plus des provisions pour la route.
Ils firent ainsi.
De leur côté, transportant le blé sur [leurs] ânes, ils s'en allèrent.
Et l'un [d'eux], ayant ouvert son sac pour donner du fourrage à sa bête à l'hôtellerie,
vit son argent dans l'ouverture de sa bourse.
Il dit à ses frères :
— Mon argent a été restitué voici qu'il se trouve dans mon sac
et stupéfaits et troublés ils se dirent l'un à l'autre :
— Qu'est ce que Dieu nous a donc fait ?
Et ils arrivèrent chez Jacob leur père en terre de Canaan
et ils lui racontèrent tout ce qui leur était arrivé en disant :
— L'homme seigneur de [cette] terre nous a parlé durement
et a pensé que nous [étions] des espions de la province.
Et nous lui avons répondu :
— nous sommes pacifiques nous ne machinons aucunes embûches,
nous sommes douze frères engendrés d'un même père
l'un [de nous] n'est plus
le plus petit se trouve avec notre père en terre de Canaan.
Il nous a dit : — Ainsi je vérifierai que vous êtes pacifiques :
Laissez l'un de vos frères auprès de moi
et prenez les vivres nécessaires pour vos maisonnées et partez.
et amenez-moi votre frère, le plus petit,
afin que je sache que vous n’êtes pas des espions
que vous puissiez récupérer celui qui est retenu dans les chaînes
et même qu'à l’avenir, vous ayez licence d’acheter ce que vous voulez.
Après avoir dit cela, comme chacun répandait le blé [hors de son sac]
ils trouvèrent leur argent lié à l'ouverture du sac
et tous en même temps furent terrorisés.
Leur père Jacob dit :
— Vous m'avez réduit à être sans enfant
Joseph n'est plus Siméon est retenu dans les chaînes vous allez [m']enlever Benjamin
Tous ces maux sont retombés sur moi.
Ruben lui répondit :
— Fais mourir mes deux fils si je ne te le ramène pas
remets-le entre mes mains et moi je te le rendrai.
Mais lui : — Mon fils, dit-il, ne descendra pas avec vous
son frère est mort lui seul est resté
s'il lui arrivait quelque malheur dans la terre où vous allez
vous feriez descendre mes cheveux blancs avec douleur dans les enfers.
Entre temps la famine oppressait violemment toute la terre.
Une fois consommée la nourriture qu'ils avaient apportée d'Égypte Jacob dit à ses fils :
— Retournez et achetez un peu de nourriture.
Juda répondit :
— cet homme nous a déclaré jurant sous témoignage en disant :
— Vous ne verrez pas mon visage à moins que vous m'ameniez votre plus jeune frère avec vous.
Si donc tu veux bien l'envoyer avec nous, nous irons ensemble
et nous t’achèterons le nécessaire.
Mais si tu ne veux pas nous n'irons pas
car l'homme, nous l'avons dit à plusieurs reprises, nous a déclaré en disant :
— Vous ne verrez pas mon visage sans votre plus petit frère.
Israël leur dit :
— C'est pour mon malheur que vous avez fait cela : lui avoir indiqué que vous aviez encore un autre frère.
Mais eux répondirent :
— L'homme nous a interrogés par ordre sur notre parenté
[pour savoir] si notre père était vivant, si nous avions un [autre] frère
et nous lui avons répondu en conséquence selon ce qu'il avait demandé
Pouvions-nous savoir qu’il dirait : — Amenez avec vous votre frère ?
Juda dit aussi à son père :
— Envoie l’enfant avec moi que nous nous mettions en route et que nous puissions vivre
que nous ne mourrions pas nous toi et nos tout-petits.
Je prends l'enfant en charge, de ma main réclame-le :
si je ne te le ramène pas et ne te le remets pas j'aurai péché envers toi débiteur pour toujours.
Si un aternoiement n'était pas survenu nous serions revenus une seconde fois.
Alors Israël leur père leur dit :
— Si cela est à ce point nécessaire, faites ce que vous voulez :
prenez des meilleurs produits de la terre dans vos vases et faites descendre pour l'homme, comme présents,
un peu de résine et de miel et de storax et de myrrhe et de térébinthe, et des amandes.
Emportez avec vous le double d'argent
et ramenez celui que vous avez trouvé dans [vos] sacs de peur que cela n'ait été fait par erreur.
Mais emmenez aussi votre frère et allez vers l'homme.
Mais que mon Dieu tout-puissant vous fasse trouver grâce devant lui
et qu’il remette à votre garde votre frère qu'il détient, ainsi que Benjamin que voici
(quant à moi, comme privé d'enfant, je serai sans fils) !
Les hommes emportèrent donc les présents et le double d'argent et Benjamin
et descendirent en Égypte et se tinrent devant Joseph.
Quand celui-ci les vit et qui plus est Benjamin avec eux
il donna ces instructions à l'intendant de sa maison :
— Introduis [ces] hommes dans la maison et tue des victimes et apprête un festin
car ils mangeront avec moi à midi.
Et celui-ci fit comme on lui avait commandé
et il introduisit les hommes [dans la] maison.
Et là, pris de terreur, ils se dirent mutuellement :
— C'est à cause de l'argent que nous avons rapporté avant dans nos sacs que nous sommes introduits
pour qu'on nous précipite dans un piège
et qu'on nous soumette de force à l'esclavage, nous et nos ânes.
C'est pourquoi sur le seuil même s'avançant vers l'intendant,
ils dirent :
— Nous te prions seigneur d'écouter
nous sommes déjà descendus auparavant pour acheter de la nourriture.
après l'avoir achetée, lorsque nous arrivâmes à l'hôtellerie
nous ouvrîmes nos bourses et trouvâmes dans l'ouverture des sacs l'argent
que nous rapportons maintenant avec le même poids.
Mais nous avons aussi apporté d'autre argent pour acheter ce qui est nécessaire
nous n'avons pas connaissance de qui l'a mis dans nos bourses.
Mais celui-ci répondit : — Paix à vous ne craignez pas
votre Dieu et le Dieu de votre père vous a donné des trésors dans vos bourses
en effet l'argent bienvenu que vous m'avez donné moi je l'ai [avec moi]
et il fit sortir vers eux Siméon.
Et une fois introduits dans la maison il apporta de l'eau et ils se lavèrent les pieds
et il donna du fourrage à leurs ânes.
Quant à eux ils préparaient les présents jusqu'à ce que Joseph entre à midi
car ils avaient entendu qu’ils mangeraient là le pain.
Joseph entra alors dans sa maison
et ils lui offrirent les présents qu'ils tenaient dans leurs mains
et ils se prosternèrent inclinés jusqu'à terre.
Mais lui leur rendant leur salut avec indulgence les interrogea en disant :
— Votre vieux père dont vous m'aviez parlé est-il bien portant ? Vit-il encore maintenant ?
Et ils répondirent : — Ton serviteur notre père est sauf il vit encore.
Et s’inclinant ils se prosternèrent devant lui.
Or levant les yeux Joseph vit Benjamin son frère né de la même mère et il dit :
— Celui-ci est votre frère dont vous m’aviez parlé ?
Et de nouveau : — Que Dieu, dit-il, ait pitié de toi, mon fils.
Et il se hâta car ses entrailles étaient émues pour son frère et les larmes jaillissaient
et entrant dans la chambre il pleura.
Et après être sorti de nouveau, le visage lavé, il se contint et dit : — Servez les pains.
Et ils furent servis à part pour Joseph et à part pour ses frères
de même pour les Égyptiens qui mangeaient ensemble à part
car pour les Égyptiens il est interdit de manger avec les Hébreux et ils estiment qu'un repas de ce genre est impie.
Ils étaient assis en face de lui
l'aîné selon son droit d'aînesse
et le plus petit selon son âge
et ils s'étonnaient beaucoup.
Une fois les parts attribuées qu'ils avaient reçues de lui,
la plus grande part revint à Benjamin
si bien qu'elle dépassait [les autres] de cinq parts
et ils burent et s'enivrèrent avec lui.
Et Joseph donna ces instructions à l'intendant de sa maison :
— Remplis leurs sacs de blé autant qu'ils peuvent prendre
et mets l'argent de chacun sur le haut de son sac.
Quant à ma coupe d'argent et au prix du froment qu'il a donné, mets[-les] dans l'ouverture du sac du plus jeune. Et il fut fait ainsi.
Et une fois le matin levé ils furent renvoyés avec leurs ânes.
Et ils étaient sortis de la ville à l'instant et avaient très peu avancé.
A ce moment là Joseph ayant fait venir l'intendant de la maison :
— Lève-toi, dit-il, poursuis les hommes et une fois appréhendés dis-leur :
— Pourquoi avez-vous rendu le mal pour le bien ?
la coupe que vous avez dérobée c'est celle dans laquelle boit mon seigneur et dans laquelle il a l'habitude de faire des présages.
Vous avez commis le pire des actes.
Il fit ce qu'il [lui] avait ordonné
et une fois appréhendés il parla selon cet ordre.
Ceux-ci répondirent : — Pourquoi notre seigneur parle-t-il comme si tes serviteurs commettaient une telle abomination.
Voici l'argent que nous avons trouvé au sommet de sacs
nous te [l']avons rapporté la terre de Canaan
et comment s'ensuit-il que nous ayons dérobé de la maison de ton seigneur or ou argent ?
Quiconque de tes serviteurs chez qui aura été trouvé ce que tu cherches, qu'il meure
et nous, nous serons les esclaves de notre seigneur.
Il dit : — qu'il en soit selon votre avis :
celui chez qui aura été trouvé cela-même, sera mon esclave et vous, vous serez sans reproche.
Et ainsi déposant à la hâte leurs sacs à terre, ils [les] ouvrirent chacun séparément.
Il les fouilla en commençant par le plus grand jusqu'au plus petit.
Il trouva la coupe dans le sac de Benjamin.
Mais eux, ayant déchiré leurs vêtements et chargé à nouveau leurs ânes, retournèrent à la ville.
Et Juda le premier entra avec ses frères chez Joseph
et il n'était pas encore parti du lieu
et tous devant lui tombèrent ensemble à terre.
Il leur dit : — Pourquoi avez-voulu agir ainsi ?
Ignorez-vous qu'il n'y en a pas semblable à moi dans l'art de lire les présages ?
Juda lui dit :
— Que répondrons-nous à mon seigneur ? Ou comment parlerons-nous
et pourrons-nous nous opposer à la justice ?
Dieu a découvert l'iniquité de tes serviteurs
nous voilà tous serviteurs de mon seigneur et nous et celui sur qui on a trouvé la coupe.
Joseph répondit : — Loin de moi de faire cela !
Celui qui a dérobé la coupe, celui-là qu'il soit mon esclave
et vous, partez libres vers votre père.
Juda s'avançant plus près avec résolution dit :
— Je t'en prie mon seigneur que ton serviteur prononce une parole à tes oreilles et ne t'irrites pas contre ton esclave toi qui en effet es [juste] après Pharaon.
Mon seigneur tu as posé auparavant une question à tes serviteurs en disant :
— Avez-vous un père ou un frère ?
Et nous, mon seigneur nous t'avons répondu :
nous avons un vieux père et un enfant tout petit qui lui est né dans [sa] vieillesse
son frère issu de la même mère est mort
et lui-même [reste le] seul qu'a [eu] sa mère
de fait son père le chérit tendrement.
Alors tu as dit à tes serviteurs : — Amenez-le à moi
et que je pose mes yeux sur lui
Et nous avons dit à mon seigneur : — L'enfant ne peut pas abandonner son père
car s'il l' abandonne son il mourra.
Et tu as dit à tes serviteurs :
— Si votre frère le plus petit ne descend pas avec vous
vous ne verrez pas davantage mon visage.
Donc lorsque nous sommes montés chez ton esclave notre père
nous lui avons raconté tout ce qu'avait dit de mon seigneur.
Et notre père a dit :
— Retournez, et achetez-nous un peu de blé.
Et nous lui avons dit : — Nous ne pouvons pas nous en aller
si notre frère le plus petit descend avec nous, nous partirons ensemble
sans quoi si lui est absent nous n'osons pas voir le visage de l'homme.
Et celui-ci a répondu :
— Vous, vous savez que ma femme m'a enfanté deux [fils].
L'un parti et vous avez dit : — Une bête l'a dévoré. Et jusque maintenant il n'a pas paru depuis.
Et si vous emmenez aussi celui-ci et qu'il lui arrive quelque chose en chemin
vous ferez descendre mes cheveux blancs avec affliction aux enfers.
Donc, si j'entre chez ton serviteur notre père et que l'enfant est absent,
comme l'âme de celui-ci dépend de la sienne,
et s'il voit qu'il n'est pas avec nous, il mourra
et tes esclaves feront descendre ses cheveux blancs avec douleur vers les enfers.
C'est moi ton serviteur en personne qui ai pris celui-ci sous ma protection et me suis engagé en disant :
— Si je ne le ramène pas j'aurai péché, débiteur envers mon père pour toujours.
C'est pourquoi je resterai ton esclave à la place de l'enfant, au service de mon seigneur
et que l’enfant monte avec ses frères.
En effet je ne peux pas revenir vers mon père sans l'enfant
de peur d'assister en témoin aux malheurs dont mon père sera oppressé.
Joseph ne pouvait se contenir plus longtemps en présence du nombre de ceux qui se tenaient auprès de [lui]
c'est pourquoi il ordonna que tous sortent dehors
et aucun étranger n'assista à la reconnaissance mutuelle.
Et il éleva la voix mêlée de sanglots
que les Égyptiens entendirent ainsi que toute la maison de Pharaon.
Et il dit à ses frères :
— Moi, je suis Joseph
Mon père vit-il encore ?
Ses frères ne pouvaient pas répondre, épouvantés par un effroi extrème.
Lui, avec bonté : — approchez-vous de moi, leur dit-il
et comme ils approchaient plus près
il dit : — C'est moi Joseph votre frère que vous avez vendu en Égypte.
ne vous effrayez pas que ne vous paraisse pas dur le fait que vous m'avez vendu dans ces contrées
car [c'est] pour votre salut [que] Dieu m'a envoyé au devant de vous en Égypte.
Il y a deux ans que la famine a commencé à sévir sur terre
et il reste encore cinq ans pendant lesquels elle ne pourra être ni labourée ni moissonnée.
Et Dieu m'a envoyé devant vous afin que vous soyez préservés sur la terre
et puissiez avoir des aliments pour vivre.
J'ai été envoyé ici non par votre propre dessein mais par la volonté de Dieu
qui m'a constitué comme père de Pharaon
et maître de toute sa maison
et chef sur toute la terre.
Hâtez-vous et montez vers mon père et vous lui direz ceci :
— Ton fils Joseph [te] fait dire :
— Dieu m'a constitué maître de toute la terre d'Égypte
descends vers moi et ne t'attarde pas,
et habite en terre de Gessen
et tu seras près de moi et tes fils et les fils de tes fils
tes brebis et ton gros bétail et tout ce que tu possèdes.
Et là je te nourrirai
car ils reste encore cinq années de famine
de peur que tu ne périsses toi et ta maison et tout ce que tu possèdes.
Voilà, vos yeux et les yeux de mon frère Benjamin voient que ma bouche vous parle.
Annoncez à mon père toute ma gloire
et la totalité de ce que vous avez vu en Égypte
hâtez-vous et amenez-le à moi.
Et lorsque, l'ayant étreint, il se fut jeté au cou de Benjamin, son frère, il pleura
et lui aussi pleurait de même à son cou.
Et Joseph embrassa tous ses frères et pleura sur chacun
après quoi ils osèrent lui parler.
Et fut entendu et divulgué par une rumeur répandue dans le palais du roi : — Les frères de Joseph sont venus.
et Pharaon s'est réjouit ainsi que tous les gens de sa maison.
Et il dit à Joseph
de commander à ses frères en disant :
— Après avoir chargé les bêtes allez en terre de Canaan.
Et là-bas prenez votre père et votre parentèle venez chez moi
et moi je vous donnerai toutes les bonnes choses d'Égypte
afin que vous mangiez la moelle de [cette] terre.
Prescris aussi qu'ils prennent des chariots de la terre d’Égypte
pour le transport de leurs tout-petits et épouses et dis :
— Prenez votre père et hâtez-vous en venant au plus vite.
N'abandonnez aucun de vos meubles
car toutes les ressources d’Égypte seront vôtres
Les fils d'Israël firent comme il leur fut mandé,
Joseph leur donna des chariots selon l'ordre de Pharaon et des vivres pour le chemin.
Et pour chacun il ordonna que soit offert une paire de robes
quant à Benjamin il [lui] donna trois cents [pièces] d'argent avec cinq des plus belles robes,
envoyant autant d'argent et de vêtements à son père
y ajoutant dix ânes qui montaient de toutes les richesses d'Égypte
et autant d'ânesses portant du froment et des pains pour le chemin.
Et il envoya donc ses frères et comme ils partaient il dit :
— Ne vous mettez pas en colère en route.
En remontant d'Égypte ils vinrent en terre de Canaan chez Jacob, leur père.
Et ils lui annoncèrent en disant :
— Joseph vit et lui-même domine sur toute la terre d'Égypte.
Lui, ayant entendu comme se réveillant d'un lourd sommeil, cependant ne les croyait pas.
Ceux-ci rapportèrent au contraire l'enchaînement de l'affaire
et lorsqu'il vit les chariots et toutes les choses qu'il avait envoyées, son esprit revint à la vie,
et il dit :
— Cela me suffit si Joseph mon fils vit encore.
J’irai et je le verrai avant le jour où je mourai.
Et Israël, ayant pris la route avec tout ce qu'il avait, vint au puits du Serment
et là, une fois sacrifiées des victimes au Dieu de son père Isaac
Il l'entendit à travers une vision de nuit
qui l'appelait et lui disait : — Jacob ! Jacob !
à quoi il répondit : — Me voici !
Il lui dit : — Moi je suis le Dieu très puissant, Dieu de ton père.
Ne crains pas et descends en Égypte
car je ferai de toi un grand peuple là-bas.
moi, je descendrai avec toi là-bas
et moi, de là je te conduirai quand tu reviendras
Joseph posera même sa main sur tes yeux.
Jacob se leva du puits du Serment
et [ses] fils le portèrent avec leurs tout-petits et leurs épouses
sur les chariots que Pharaon avait envoyés pour transporter le vieil homme
ainsi que tout ce qu'il avait en sa possession en terre de Canaan
et il vint en Égypte avec toute sa descendance,
ses fils et petits-fils, ses filles, et la totalité de sa progéniture en même temps.
Or voici les noms des fils d’Israël qui entrèrent en Égypte, lui-même et ses enfants :
Premier-né Ruben.
Et les Fils de Ruben : Hénoch et Phallu et Esrom et Carmi.
Et les fils de Siméon :Jamuel [Iemuhel] et Jamin et Ahod et Jachin et Saher et Saül fils de la Cananéenne.
Et les fils de Lévi : Gerson, Caath et Mérari.
Et les fils de Juda : Her et Onan et Séla et Pharès et Zara
et Her et Onan moururent en terre de Canaan.
Et naquirent des fils à Pharès : Esrom et Amul.
Et les Fils d’Issachar : Thola et Phua et Job et Semron.
Et les Fils de Zabulon : Sared et Hélon et Jahélel
Ce sont là les fils de Lia qu'elle enfanta à Jacob en Mésopotamie de Syrie et Dina sa fille.
Toutes les âmes de ses fils et filles : trente-trois.
Et les Fils de Gad : Séphion et Haggi
Suni et Ésebon
Heri et Arodi et Aréli.
Et les fils d’Aser : Jamné et Jésua et Jessui et Béria
et Sara aussi leur sœur.
Fils de Béria : Héber et Melchiël [Melchihel].
Ce sont là les fils de Zelpha que Laban avait donnée à Lia, sa fille
et elle enfanta ceux-ci à Jacob : seize âmes.
19. Fils de Rachel, épouse de Jacob : Joseph et Benjamin.
Et naquirent à Joseph en terre d’Égypte des fils que lui enfanta Aseneth, fille de Putipharé, prêtre d'Héliopolis : Manassé et Éphraïm.
Et les fils de Benjamin : Béla et Bécor et Asbel
Géra et Naaman et Ehi et Ros
Mophim et Opphim et Ared.
Ce sont là les fils de Rachel qu'engendra Jacob : en tout quatorze âmes.
Et les fils de Dan : Usim.
Et les fils de Nephthali : Jasiël [Iasihel] et Guni et Jéser [Hieser] et Sallem.
Ce sont là les fils de Bala que Laban avait donnée à Rachel, sa fille
et Jacob les engendra : en tout sept âmes.
toutes les âmes qui entrèrent avec Jacob en Égypte
étant issues de sa cuisse, sans compter les femmes de ses fils : soixante-six .
Or, les fils de Joseph qui lui sont nés en terre d' Égypte étaient deux âmes.
Toute âme de la maison de Jacob qui entra en Égypte étaient soixante-dix.
Or il envoya Juda devant lui pour s'annoncer à lui et que celui-là aille au devant de lui à Gessen;
Lorqu'il y fut parvenu, son char attelé, Joseph monta au devant de [son] père au même lieu.
Et le voyant, il se rua sur son cou et pleura pendant qu'il l'embrassait.
Et [son] père dit à Joseph :
— Désormais je mourrai heureux puisque j’ai vu ton visage mon fils, et que je te laisse après moi.
Et Celui-là dit aux frères et à toute la maison de son père :
— Je vais monter et annoncerai à Pharaon et je lui dirai :
— Mes frères et la maison de mon père qui étaient en terre de Canaan sont venus vers moi.
Et les hommes sont pasteurs de brebis et ils prennent soin des troupeaux à nourrir
Ils ont amené avec eux les troupeaux de petit et de gros bétail et tout ce qu'ils pouvaient avoir.
Et quand il vous appellera et dira : — Quelle est votre tâche ?
Vous répondrez : — Tes serviteurs sont des hommes pasteurs depuis notre enfance jusqu'à présent et nous et nos pères
de fait vous direz ceci afin que vous puissiez habiter en terre de Gessen
car les Égyptiens détestent tous les pasteurs de brebis.
Étant donc entré, Joseph annonça à Pharaon en disant :
— Mon père et [mes] frères, leurs brebis et troupeaux de gros bétail et tout ce qu'ils possèdent sont venus de la terre de Canaan
et voici qu'ils séjournent en terre de Gessen.
Il mit aussi les cinq derniers hommes parmi ses frères en présence de Pharaon,
que celui-ci interrogea : — Qu'avez-vous pour tâches ?
Ils répondirent : — Nous sommes pasteurs de brebis, tes serviteurs ; et nous et nos pères.
Nous sommes venus séjourner sur ta terre
car il n’y a pas d'herbe pour les troupeaux de tes serviteurs
à cause de la famine qui s’appesantit au pays de Canaan
et nous désirerions que tu nous invites à être tes serviteurs en terre de Gessen.
C'est pourquoi le roi dit à Joseph :
— Ton père et tes frères sont venus vers toi.
La terre d'Égypte est sous tes yeux.
Fais-les habiter dans le meilleur endroit et remets-leurs la terre de Gessen
Et si tu sais qu'il y a parmi eux des hommes zélés, établis-les chefs de mes troupeaux.
Après cela Joseph introduisit son père auprès du roi et le plaça en sa présence, celui-là bénissant celui-ci.
et interrogé par celui-ci : — Combien sont les jours des années de ta vie?
Il répondit : — Les jours de pérégrination de ma vie : cent trente ans. Ils sont peu nombreux et mauvais
et n’ont pas atteint les jours de mes pères durant lesquels ils séjournèrent à l'étranger.
Et le roi ayant été béni, il sortit dehors.
Donc Joseph donna une propriété à son père et ses frères en Égypte
dans le meilleur endroit du pays, la contrée de Ramsès [Ramesses] comme l'avait prescrit Pharaon.
Et il les nourrissait ainsi que toute la maison de son père, présentant des vivres à chacun.
Car dans le monde entier, le pain manquait
et la famine avait oppressé principalement la terre d’Égypte et Canaan
dont il rassembla tout l’argent contre la vente de blé
et il le fit entrer dans le trésor du roi.
Et lorsque l'argent pour acheter manqua
toute l'Égypte vint à Joseph en disant :
— Donne-nous des pains. Pourquoi mourons-nous en ta présence par manque d’argent ?
Celui-ci leur répondit :
— Amenez vos troupeaux et je vous donnerai en échange des aliments si vous n'avez pas d'argent.
Comme ils les avaient amenés
il leur fournit des subsistances en échange de chevaux et de brebis et de bœufs et d'ânes
et il les sustenta cette année-là en réversion des troupeaux.
Et ils vinrent la deuxième année et lui dirent :
— Nous ne cacherons pas à notre seigneur que l'argent venant à manquer, que dans le même temps les troupeaux [t']ont été cédés
tu n'es pas sans savoir que nous n'avons rien si ce n'est nos corps et notre terre.
Pourquoi donc mourrons nous sous tes yeux ?
Et nous et notre terre seront à toi.
Achète-nous pour le service royal
et fournis-nous des semences, que la terre ne soit pas réduite à l'abandon.
Joseph acheta donc toute la terre d'Égypte,
chacun vendant ses possessions du fait de l'intensité de la famine et il l'assujettit à Pharaon,
ainsi que tous ses peuples
des extrêmes confins de l'Égypte jusquaux extrémités de son territoire.
Excepté la terre des prêtres qui leur fut léguée par le roi
et leur étaient fournis des vivres établis à partir des greniers publics
et pour cette raison ils ne furent pas poussés à vendre leurs possessions.
Donc Joseph dit aux peuples :
— Voici, comme vous voyez, Pharaon possède et vous-mêmes et votre terre.
Prenez des semences et ensemencez les champs,
afin que vous puissiez avoir des moissons.
Vous donnerez la cinquième partie au roi, je vous laisse les quatre restantes
en semences et en vivres pour vos serviteurs et vos enfants.
Ils répondirent : — Notre salut est dans ta main.
Que notre seigneur veille seulement sur nous et heureux, nous serons asservis à Pharaon.
Depuis ce temps-là jusqu’à ce jour dans la totalité de la terre d'Égypte, on paie aux rois la cinquième partie
et ceci est comme passé en loi
à l'exception de la terre sacerdotale qui fut affranchie de cette condition.
Israël habita donc en Égypte
c'est-à-dire dans la terre de Gessen et il en prit possession
et il s'accrut et se multiplia beaucoup.
Et il y vécu dix-sept ans
Et tous les jours de sa vie furent de cent quarante-sept ans.
Et lorsqu'il sentit approcher le jour de la mort
il appela son fils Joseph et dit :
— Si j'ai trouvé grâce à tes yeux mets la main sous ma cuisse
et tu useras envers moi de compassion et de justice
ne m'ensevelis pas en Égypte.
Et en outre je dormirai avec mes pères
et emporte-moi hors de cette terre et ensevelis-moi dans le sépulcre des ancêtres
Ce à quoi Joseph lui répondit : — Moi je ferai ce que tu as ordonné.
Et il lui dit : Jure-le-moi donc.
Pendant qu'il jurait, Israël se prosterna devant Dieu tourné vers la tête du lit.
Ainsi ces choses ayant été conclues on annonça à Joseph que son père était malade.
Celui-là, ayant pris ses deux fils Manassé et Éphraïm, se hâta d'y aller.
Et on dit au vieillard : — Voici, ton fils Joseph vient vers toi.
Celui-ci, ayant rassemblé ses forces, s’assit dans le lit.
Et une fois entré il lui dit :
— Le Dieu tout-puissant m’est apparu à Luz, qui est en terre de Canaan
et il m'a béni.
et il dit :
— Moi je te ferai croître et te multiplierai et te ferai foules de peuples
et je te donnerai cette terre et à ta descendance après toi en possession éternelle.
Ainsi donc tes deux fils qui te sont nés en terre d’Égypte avant que je vienne ici vers toi
Éphraïm et Manassé seront miens, comme Ruben et Siméon, ils seront pris en compte.
Mais ceux qui restent, que tu auras engendrés après eux seront tiens
et ils seront appelés du nom de leurs frères dans leurs possessions.
Pour moi en effet, quand je revenais de Mésopotamie, Rachel mourut en terre de Caanaan sur ce chemin même.
alors que C'était le printemps et j'allais entrer
à Éphrata
et je l’enterrai près de la route d’Éphrata, qui se nomme aussi d'un autre nom : « Bethléem ».
Et puis voyant ses fils il lui dit : — Qui sont ceux-ci ?
Il répondit : — Ce sont mes fils que Dieu m’a donnés en ce lieu.
Il dit : — Amène-les près de moi afin que je les bénisse
Car les yeux d’Israël étaient obscurcis par l’âge avancé et il ne pouvait pas voir clairement.
et les ayant pressés contre lui, embrassés et étreints,
il dit à [son] fils :
— Je n'ai pas été privé de ta vue
en plus, Dieu me fait voir ta descendance.
Et alors que Joseph les avait retirés des genoux de son père
il se prosterna incliné vers la terre.
Et il plaça Éphraïm à sa droite c'est-à-dire à la gauche d'Israël
quant à Manassé il le plaça à sa gauche c'est-à-dire, comme il se doit, à la droite de son père
et fit avancer les deux vers lui ;
celui-ci, étendant la main droite, [la] posa sur la tête d'Éphraïm le plus jeune frère
et la gauche sur la tête de Manassé qui était l'aîné, intervertissant ses mains.
Et il bénit Joseph son fils et dit :
— Dieu en présence duquel ont marché mes pères Abraham et Isaac
Dieu qui me fait paître depuis ma jeunesse et jusqu'au jour présent,
l'ange qui m'arrache à tous les maux
qu'il bénisse [ces] enfants et que soit appelé sur eux mon nom
aussi [ceux] de mes pères Abraham et Isaac
et qu'ils croissent en multitude sur la terre.
Mais Joseph voyant que son père avait la main droite sur la tête d'Éphraïm
en conçut de la peine et prenant la main de son père, tenta de l'enlever de la tête d'Éphraïm
et de la déplacer sur la tête de Manassé.
Et il dit à son père :
— Ceci ne convient pas mon père car c'est lui l'aîné
mets ta droite sur sa tête.
Lui refusant, dit : — Je sais mon fils je sais
certes celui-ci aussi deviendra des peuples et sera multiplié
mais son frère le plus jeune sera plus grand que lui
et sa descendance croîtra en nations.
Et il les bénit à l'instant même en disant :
— En toi Israël sera béni et on dira :
— Que Dieu t'établisse comme Éphraïm et comme Manassé
Et il plaça Éphraïm devant Manassé.
Et il dit à Joseph son fils :
— Voici que moi je meurs mais Dieu sera avec vous
et vous fera revenir à la terre de vos pères.
je te donne une part de plus qu'à tes frères
que j’ai prise de la main de l'Amorrhéen par le glaive et mon arc.
Or, Jacob appela ses fils et leur dit :
— Rassemblez-vous afin que j'annonce ce qui vous arrivera aux derniers jours.
Rssemblez-vous et écoutez fils de Jacob
écoutez Israël votre père :
Ruben mon premier-né,
toi, ma force et commencement de ma douleur
supériorité en dons et le plus grand en autorité.
Tu t'es répandu comme l'eau tu ne croitras pas
car tu es monté sur la couche de ton père et tu as souillé sa couche.
Siméon et Lévi frères vases d'iniquité belliqueuse.
À leur dessein que ne se rende pas mon âme
et que dans leur intrigue ne soit pas ma gloire
car dans leur folie furieuse ils ont tué un homme et dans leur volonté ils ont sapé un mur.
Maudite leur folie furieuse car opiniâtre
et leur irritation car cruelle
je les diviserai en Jacob et les disperserai en Israël.
Juda, tes frères te loueront
ta main sur les nuques de tes ennemis
les fils de ton père se prosterneront devant toi.
Petit d'un lion, Juda, d'une proie mon fils, tu es monté.
Te reposant, tu t'es couché comme un lion et comme une lionne. Qui le fera lever ?
Le sceptre ne sera pas enlevé de Juda et un chef issu de ses cuisses jusqu'à ce que vienne celui qui doit être envoyé et lui-même sera l'attente des peuples.
Liant à la vigne son petit et au cep, ô mon fils, son ânesse,
il lavera dans le vin sa robe et dans le sang de la grappe son manteau.
Plus beaux ses yeux que le vin et les dents plus blanches que le lait.
Zabulon habitera le rivage de la mer et au lieu de mouillage des navires s'étendant jusqu'à Sidon.
Issachar âne vigoureux étant couché entre des bornes.
il vit que le repos était bon et la terre excellente
et il soumit son épaule pour porter
et il s'est assujetti au tribut de serviteur.
Dan jugera son propre peuple qui plus est comme une autre tribu d'Israël.
Que Dan devienne une couleuvre sur le chemin une vipère cornue sur le sentier
mordant les sabots d'un cheval pour que tombe son cavalier en arrière.
Que Dan devienne une couleuvre sur le chemin un céraste sur le sentier
mordant les sabots d'un cheval pour que tombe son cavalier en arrière.
J'attendrai ton sauveur, Seigneur
Gad armé, combattra devant lui et lui-même sera armé en retour.
Aser, riche son pain et il présentera des délices aux rois.
Nephthali un cerf envoyé et donnant des paroles de beauté.
fils s'accroissant, Joseph, un fils s'accroissant et beau à voir
des filles ont couru ça et là sur un mur.
Mais ils l'ont exaspéré et ils l'ont querellé et jalousé ceux qui avaient des traits.
Son arc est établi dans le Très-Fort et les chaînes de ses bras et de ses mains ont été rompues par la main du Puissant de Jacob
de là le berger est sorti [lui], la pierre d'Israël.
Le Dieu de ton père sera ton aide et le Tout-Puissant te bénira
des bénédictions du ciel d'au-dessus
des bénédictions de l’abysse qui s'étend au-dessous
des bénédictions des seins et des entraillles.
Les bénédictions de ton père ont été renforcées comparé aux bénédictions de ses pères
jusqu’à ce que soit advenu le désir des collines éternelles
qu'elles s'accomplissent sur la tête de Joseph et sur le sommet de la tête du nazaréen parmi ses frères.
Benjamin, un loup rapace le matin il dévorera une proie le soir il partagera les dépouilles
Tous ceux-là, il s'agit des tribus d’Israël douze [en tout]
leur père leur a parlé en ces termes
et il a béni chacun selon sa propre bénédiction.
Et il leur donna des instructions en disant :
— Moi je vais être réuni à mon peuple
ensevelissez-moi avec mes pères dans la grotte double
qui est dans le champ d’Éphron l'Héttéen,
en face de Mambré en terre de Canaan qu’Abraham a achetée avec le champ, à Éphron l'Héthéen comme possession de sépulcre.
Là ils furent ensevelis lui et Sara sa femme
là qu'Isaac est enseveli avec Rébecca [son] épouse
là que Lia ensevelie, gît.
Après avoir achevé les ordres en vue desquels il informait ses fils
il rassembla ses pieds sur le lit et mourut
et il fut déposé auprès de son peuple.
Ø
Voyant cela, Joseph se jeta sur la face de son père pleurant et l'embrassant.
Et il prescrivit à ses serviteurs médecins d'embaumer son père avec des aromates.
Et pendant qu'ils accomplissaient les ordres, passèrent quarante jours
car c'est la coutume de l'embaumement des cadavres
et l'Égypte le pleura soixante-dix jours.
Et une fois accompli le temps des lamentations Joseph dit à la maison de Pharaon :
— Si j'ai trouvé grâce à vos yeux dites aux oreilles de Pharaon :
— Parce que mon père m'a fait jurer en disant :
— Voici que je me meurs ; dans le sépulcre que j'ai creusé pour moi en terre de Canaan tu m'enseveliras.
Maintenant donc je monterai et j'ensevelirai mon père et je reviendrai.
Et Pharaon lui dit :
— Monte et ensevelis ton père comme tu l'as juré.
Et comme il montait, vinrent avec lui tous les aînés de la maison de Pharaon
et l'ensemble des plus anciens de la terre d'Égypte,
la maison de Joseph avec ses frères et sans les tout-petits et les troupeaux et le gros bétail qu'ils avaient laissés en terre de Gessen.
Il avait aussi dans le convoi des chars et des cavaliers
et cela rendait la foule fort peu modérée.
Et ils arrivèrent à l’aire d’Atad qui est située au-delà du Jourdain
où, célébrant les funérailles avec grande et véhémente lamentation, ils employèrent sept jours.
Lorsqu'ils virent cela, les habitants de la terre de Canaan dirent :
— C'est une grande lamentation pour les Égyptiens.
Et c'est pourquoi ils nommèrent ce lieu « lamentation d'Égypte ».
Les fils de Jacob firent donc comme il leur avait prescrit.
Et le portant en terre de Canaan ils l'ensevelirent dans la grotte double
qu'Abraham avait achetée, avec le champ en possession du sépulcre, d'auprès Éphron l'Héthéen en face de Mambré.
Et Joseph retourna en Égypte avec ses frères et tous ceux qui l'avaient accompagnés, une fois son père enseveli.
Celui-ci mort, ses frères eurent peur et s'entretinrent mutuellement :
— Qu'il n'aille pas se souvenir de l'injustice qu'il a subie
et ne nous rende tout le mal que nous avons commis !
Ils chargèrent de lui dire : — Ton père a donné cette prescription avant de mourir,
que nous te disions ces mots de lui :
— Je te supplie d'oublier le crime de tes frères
et le péché et la malice qu'ils ont exercés contre toi.
Nous aussi, nous te prions de lever sur les serviteurs du Dieu de ton père cette iniquité.
Après avoir entendu ces paroles, Joseph pleura.
Et ses frères vinrent vers lui
et inclinés à terre, dirent : — Nous sommes tes serviteurs.
Et lui leur répondit :
— Ne craignez-pas : pouvons nous refuser la volonté de Dieu ?
Vous, vous avez médité du mal à mon sujet et Dieu l'a fait tourner en bien
afin de m'exalter, comme vous comprenez maintenant,
et rendre saufs de nombreux peuples.
Ne craignez pas, je vous ferai paître, vous et vos tout-petits.
Et il les consola et leur parla avec tendresse et douceur.
Et il habita en Égypte avec toute la maison de son père et vécut cent-dix ans.
Et il vit les fils d'Éphraïm jusqu'à la troisième génération
même les fils de Maquir, fils de Manassé, naquirent sur les genoux de Joseph.
Après cela, il dit à ses frères :
— Après ma mort, Dieu vous visitera et vous fera monter de cette terre
vers la terre qu’il promis par serment à Abraham, à Isaac et à Jacob.
Alors qu'il leur avait fait prêter serment, il leur avait dit : — Dieu vous visitera.
Emmenez mes ossements avec vous hors de ce lieu.
Il mourut après cent-dix années comblées durant sa vie
et fut embaumé avec des aromates et déposé dans un cercueil en Égypte.
ICI FINIT LE LIVRE « BRESHIT »
C'EST-À-DIRE : GENÈSE