« Et toi, Bethléem Ephrata, tu es toute petite entre les mille de Juda, de toi sortira pour moi celui qui sera maître en Israël, et sa sortie remontera au commencement, aux jours d’éternité » (Mi 5,1).
C'est ainsi que Jérôme traduit la prophétie de Michée, l'un des Prophètes mineurs, évoquant Bethléem non seulement comme la ville natale du roi David, mais aussi comme un lieu d'espérance future. Michée, comme son contemporain Isaïe, avait exercé une activité prophétique dans le royaume de Juda au cours de la seconde moitié du 8e s. av. J.-C.
La prophétie se déroule en trois parties. Dans la première (Mi 1-3), les thèmes de la critique sociale prédominent : avec audace et parfois violence, le prophète reproche à Israël ses péchés et sa rébellion (Mi 3,8) : l'accaparement des terres, la corruption des tribunaux et le malheur des pauvres. Michée polémique aussi avec les faux prophètes (Mi 3,5-7) et dénonce la présomption de ceux qui disent : « Le Seigneur est avec nous, rien de mal ne peut nous arriver » (Mi 3,11). La menace qui pointe ici n'est rien moins que la destruction de Jérusalem et du Temple (Mi 3,12).
La deuxième partie du livre (Mi 4-5) ajoute aux prophéties de malheur (Mi 4,1-5 ; 4,6-8 ; 5,8-14) des messages d'espérance et des annonces de salut (Mi 4,9-14 ; 5,1-7). Jérusalem, une fois détruite, sera restaurée et toutes les nations y afflueront pour rencontrer le vrai Dieu et être instruites par sa Parole (Mi 4,1-2). De Bethléem viendra un roi qui régnera par la puissance de Dieu et apportera personnellement la paix (Mi 5,1-5).
Dans la troisième partie (Mi 6-7), le Seigneur adresse à Israël une réprimande qui compte parmi les passages les plus émouvants de toute la Bible (Mi 6,3-5) et qui arrivera jusqu’au chant des Impropères (ou : « Réprimandes ») du Vendredi Saint. On y trouve aussi une brève instruction sur ce que le Seigneur attend de ses fidèles : « pratiquer la justice, rechercher le bien et s'appliquer à marcher avec Dieu » (Mi 6,8), et une autre référence au « petit reste » du peuple de Dieu, c'est-à-dire à ceux qui resteront après l'épreuve que le Seigneur imposera à Israël pour le purifier de ses péchés et de ses infidélités (Mi 2,12 ; 4,6s ; 5,7s ; 7,18). Le livre se termine par une prière adressée au Seigneur, pour qu'il pardonne les péchés de son peuple, renouvelle les merveilles du passé et lui assure un avenir heureux (Mi 7,14-17). Le Nouveau Testament reprendra deux fois deux reprises le texte de Michée sur l'origine du Messie à Bethléem-Ephrata en l'appliquant à Jésus (Mi 5,1 ; Mt 2,6 ; Jn 7,42).
Des grottes du désert de Juda ont révélé des fragments de Michée (1Q14 = 1QpMic, 4Q168 = 4QpMic?, Mur 88 = MurXII). Le texte hébreu n’est pas bien conservé. Plusieurs passages sont abîmés au point que le sens en est obscurci (ainsi Mi 1,11 ; 2,4.7s.10 ; 4,14 ; 6,9s ; 7,3s) ; d'autres ont été sans doute transposés (ce qui semble le cas de Mi 5,4b-5a.12b ; 6,12ss ; 7,4) ; des lacunes peuvent être dépistées (en Mi 6,5 ; 7,4).
La version grecque des Septante offre parfois des éléments qui permettent de remonter à un meilleur texte, ainsi que la paraphrase du Targum, et les versions syriaque et latine.
Pour remédier à ces difficultés, les critiques ont proposé de nombreuses conjectures.
Ils ont en commun l'aversion pour les grandes cités, un vocabulaire concret voire brutal (Mi 2,6 ; 3,3.5 ; etc.), des images brèves (qui peuvent tenir en un seul mot, Mi 1,4.7s.10-15 ; 4,8.10 ; 7,1.4 ; etc.) et des jeux de mots.
Ils vont de la simple assonance (Mi 2,4 ; 6,3s ; 7,1.4), à l'explication d'un terme (Mi 2,11), d'un nom de lieu (Mi 1,10-15 ; 4,8.14 ; 5,1). Selon l'expression « nomen est omen », chaque nom exprime une idée.
Michée ne développe pas jusqu'au bout ses images (Mi 1,2ss ; 5,1ss ; 6,1s ; etc.), mais s'interrompt et revient sans transition de la figure à la réalité (Mi 4,7.10.13 ; etc.) ou à une nouvelle image (Mi 5,6s ; 6,5s ; etc.). Les oracles alternent les personnes, comme souvent dans la poésie hébraïque (Mi 1,8-16 ; 2,3s.6-11 ; 3,1ss.5ss.9-12 ; 4,7.13 ; 5,1s ; 7,3-6 - devant le nombre, on ne peut s'en tenir à des erreurs de transmission du texte) et ils s'achèvent avec brièveté (Mi 2,11 ; 3,4.12 ; 6,8 ; 7,4).
Quatre parties se distinguent, entre menace et promesse :
Présent et avenir sont intimement mêlés. Le jugement final est présenté avec les images théophaniques traditionnelles (Mi 1,2ss ; 6,1). Mais cette prophétie recouvre l'épreuve historique de l'assaut assyrien, fléau divin du temps présent. Après le châtiment, les promesses retrouvent les images messianiques royales.
Ce thème du jugement est profondément relié, comme chez Isaïe, à celui du Reste qui survivra au châtiment (Mi 4,7 ; 5,2.6s). Au cœur du Royaume à venir, le Messie royal, fils de David, est annoncé (Mi 4,8 ; 5,1-5), mettant ainsi en lumière le véritable message prophétique : la confiance dans le Salut qui viendra de Dieu.
Nul ne sait comment le prophète Michée, dont le nom est l'abréviation de la question « qui est comme Yhwh ? », à bien distinguer de Michée Ben Yimla sous le règne d'Achab (874-853) (1R 22) fut appelé par Dieu. Né à Moréshèt (près d'Hébron), il prêche sous Yotam (sans preuve certaine), Achaz et Ézéchias (Mi 1,1), entre la prise de Samarie (721) et l'invasion de Sennachérib (701), ou, selon certains, jusqu'au règne de Manassé, jusqu'en 680.
L'alternance entre les promesses (Mi 4,1-5,14) et les menaces résulte probablement d'un remaniement ultérieur. On estime que certains versets (Mi 2,12s ; 4,6s ; 5,6s ; 7,8-20 ) se rapprochent plus de la période postexilique, et que Mi 4,1-5 (= Is 2,2-5) est une addition. Les oracles des chap. 4 et 5 datent environ de l'exil.
L'influence de Michée est durable.
Quelques fragments découverts dans la grotte 1 de Qumrân (1Q14 = 1QpMic) montrent que ses habitants se servaient d'un pesher de Michée (sur les passages Mi 1,2-9 ; 6,14ss ; 7,17; et peut-être Mi 4,13 ; 7,6.8s).
Plusieurs Pères l'ont commenté parmi les douze prophètes et leur lecture se fait dans plusieurs perspectives : christologique, trinitaire, éthique, ecclésiologique et eschatologique (lorsque Sion renvoie à la Jérusalem céleste).
Plus tard, le livre fut commenté, entre autres, par :
Voir supra : les commentaires sur l’ensemble des douze Prophètes mineurs.
Dans la liturgie latine, la plainte de Dieu (Mi 6,3s) est utilisée dans les Impropères dès le 7e s.
L’ oracle messianique sur le descendant de David (Mi 5,1s) appelle dès le Moyen-Âge la représentation du prophète Michée dans l’iconographie du mystère de l’Incarnation.
ICI COMMENCE LE PROPHÈTE MICHÉE
Parole du Seigneur, qui fut adressée à Michée le Morasthi [Morasthiten],
dans les jours de Joatham, d’Ahaz et d’Ézéchias, rois de Juda,
ce qu'il vit au sujet de Samarie et de Jérusalem [Hierusalem].
Écoutez, tous les peuples, que la terre soit attentive, avec ce qui l'emplit.
Que le Seigneur Dieu soit témoin contre vous,
le Seigneur de son temple saint.
Car voici que le Seigneur sort de son lieu.
Il descendra et il marchera sur les hauteurs de la terre.
Les montagnes seront consumées sous lui,
les vallées se fendront,
comme la cire en face du feu,
comme les eaux qui se précipitent vers l'abîme.
Tout cela, à cause du crime de Jacob,
à cause des péchés de la maison d’Israël. Qu'est-ce que
le crime de Jacob ? N’est-ce pas Samarie ?
Et quelles sont les hauteurs de Juda ? N’est-ce pas Jérusalem ?
Je ferai de Samarie un tas de pierres dans un champ, quand on plante la vigne,
et je ferai rouler ses pierres dans la vallée,
et je mettrai à nu ses fondements.
Toutes ses statues seront brisées,
et tous ses récompenses seront brûlées par le feu,
et de toutes ses idoles, je ferai une ruine,
car elles ont été amassées avec le salaire de prostituée,
et elles redeviendront un salaire de prostituée.
À cause de cela je me lamenterai et je hurlerai,
je marcherai dépouillé et nu,
je pousserai ma lamentation comme les dragons,
et ma plainte comme les autruches.
Car sa plaie est incurable,
car elle est venue jusqu’à Juda,
elle a touché la porte de mon peuple, jusqu’à Jérusalem.
Ne l’annoncez pas dans Geth,
ne pleurez pas de larmes.
Dans la maison de la poussière, couvrez-vous de poussière.
Passez pour vous, belle demeure, où se répand l'ignominie,
elle n'est pas sortie, celle qui habite à la sortie.
La maison voisine recevra de vous une lamentation, elle qui s'est soutenue elle-même.
Car elle est affaiblie pour le bien,
celle qui habite dans les amertumes,
car le malheur est descendu d’auprès du Seigneur, jusqu'à la porte de Jérusalem.
Le tumulte du quadrige est cause de stupeur pour l'habitant de Lakish,
il est principe de péché pour la fille de Sion,
car on a trouvé en toi les crimes d’Israël.
Pour cela, il enverra des émissaires sur l'héritage de Geth.
C'est une maison du mensonge, pour tromper les rois d'Israël.
Je t’amènerai encore un héritier, toi qui habites à Marésa.
La gloire d’Israël arrivera jusqu’à Adollam.
Tonds tes cheveux, rase-les, à cause des fils de tes délices,
accrois ta calvitie, comme un aigle,
car en captivité, ils s’en vont loin de toi.
Malheur à vous, qui méditez d'inutiles desseins, et qui préparez le mal sur vos couches !
Au point du jour ils s’exécutent,
car c’est contre Dieu qu'est leur main.
Ils ont convoité les champs et les ont pris avec violence, et les maisons, ils s’en sont emparés.
Ils calomniaient l'homme et sa maison, l'homme et son héritage.
C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur :
— Voici que je médite contre cette engeance un mal dont vous ne dégagerez pas votre cou,
et vous ne marcherez plus d'un air fier,
parce que le temps est très mauvais.
En ce jour-là, on prononcera sur vous une parabole,
et on chantera un chant, avec la douceur de ceux qui disent :
— Nous sommes dévastés par les pillages.
Une part de ce qu'avait mon peuple est changée.
Comment s'éloignera-t-il de moi, alors même qu'il est de retour, celui qui divise nos pays ?
C’est pourquoi tu n'auras personne, qui jette le cordeau du sort, dans l’assemblée du Seigneur.
N'allez pas dire, mais vous le dites :
— Il ne distillera pas sur eux, le trouble ne les prendra pas.
Elle dit, la maison de Jacob :
— L'esprit du Seigneur est-il au bout de sa patience ?
A-t-il de semblables pensées ?
Mes paroles ne sont-elles pas bonnes, pour celui qui marche avec droiture ?
Et mon peuple au contraire s'est soulevé en ennemi.
De dessus la tunique, vous avez arraché le manteau.
Ceux qui passaient ingénument vous les avez converti à la guerre.
Les femmes de mon peuple, vous les avez chassées de la maison de leurs délices.
À leurs tout-petits, vous ôtez ma louange pour l'éternité.
Levez-vous et partez, car vous n'aurez pas ici de repos.
À cause de l'impureté du lieu, il sera corrompu par la pire pourriture.
Si seulement je n'étais pas un homme inspiré !
Si je disais plutôt le mensonge !
Je vais te distiller le vin et l'ivresse,
et ce sera sur ce peuple qu'il sera distillé.
Dans un rassemblement je te rassemblerai, ô Jacob,
je recueillerai en un lieu les restes d’Israël,
je les mettrai comme des brebis dans la bergerie,
comme du bétail au milieu du parc,
elles seront agitées, à cause de la multitude des hommes.
Celui qui ouvre le chemin montera devant eux,
ils diviseront, ils franchiront la porte et par elle ils sortiront.
Leur roi passera devant eux,
et le Seigneur est à leur tête.
J'ai dit : — Écoutez donc, princes de Jacob et seigneurs de la maison d’Israël !
Se peut-il qu'il soit à vous de savoir ce qui est juste ?
À vous, qui avez le bien en haine et qui aimez le mal ?
Et vous arrachez avec violence la peau de dessus eux,
et la chair de dessus leurs os.
Ils ont dévoré la chair de mon peuple
et leur peau, ils l'ont arrachée de dessus eux,
et leurs os, ils les ont brisés
ils les ont mis en pièces, comme dans un chaudron,
et comme de la viande au milieu d'une marmite.
Alors, ils crieront au Seigneur, et il ne les exaucera pas.
Il leur cachera sa face en ce temps-là,
de même qu'ils ont mal agi dans leurs inventions.
Ainsi parle le Seigneur contre les prophètes qui séduisent mon peuple
eux qui mordent avec leurs dents et proclament la paix,
et quand quelqu'un ne leur met rien dans la bouche, ils lui déclarent la guerre.
C’est pourquoi vous aurez la nuit, au lieu de visions
et vous aurez les ténèbres, au lieu de divination
et le soleil tombera sur les prophètes,
et le jour s’obscurcira sur eux.
Ceux qui voient des visions seront confondus,
et les devins seront confondus,
et tous se couvriront le visage,
parce qu'il n’y a pas de réponse de Dieu.
Mais moi, je suis rempli de la force de l’esprit du Seigneur, et de justice et de courage,
pour annoncer à Jacob son crime,
et à Israël son péché.
Écoutez donc ces mots, princes de la maison de Jacob et juges de la maison d’Israël,
vous qui avez la justice en horreur, et qui pervertissez tout ce qui est droit,
vous qui bâtissez Sion dans le sang,
et Jérusalem dans l’iniquité.
Ses princes jugeaient pour des présents,
et ses prêtres enseignaient pour un salaire,
et ses prophètes exerçaient la divination pour de l’argent,
et ils se reposaient sur le Seigneur, en disant :
— Le Seigneur n’est-il pas au milieu de nous ?
Les maux ne viendront pas sur nous.
C’est pourquoi, à cause de vous, Sion comme un champ sera labouré,
et Jérusalem sera comme un tas de pierres,
et la montagne du temple ne sera que une haute forêt.
Et il arrivera, au dernier des jours : la montagne de la maison du Seigneur sera établie au sommet des montagnes,
et élevée au-dessus des collines.
Et les peuples afflueront vers elle.
Et des nations nombreuses se hâteront et diront :
— Venez, montons à la montagne du Seigneur, et à la maison du Dieu de Jacob,
et il nous instruira de ses voies,
et nous irons dans ses sentiers,
car de Sion sortira la loi
et de Jérusalem, la parole du Seigneur.
Il sera juge entre des peuples nombreux,
et châtiera des nations puissantes, jusqu’au loin.
Ils couperont leurs glaives en socs de charrue,
et leurs lances, en hoyaux.
Une nation ne tirera plus contre l’autre son glaive,
et l’on n’apprendra plus à combattre.
Chaque homme sera assis, sous sa vigne et sous son figuier, et il n'y aura personne pour l'inquiéter,
car la bouche du Seigneur des armées a parlé.
Car tous les peuples marcheront, chacun au nom de son dieu,
mais nous, nous marcherons au nom du Seigneur notre Dieu, dans l'éternité et au-delà.
En ce jour-là, dit le Seigneur, je rassemblerai celle qui boite,
et je réunirai celle que j'avais rejetée et celle que j'avais affligée.
Et je ferai de celle qui boite un reste,
et de celle qui avait souffert, une nation puissante,
et le Seigneur régnera sur eux, sur la montagne de Sion, dès maintenant et à jamais.
Et toi, tour du troupeau, tour embrumée de la fille de Sion,
elle viendra jusqu’à toi et elle viendra, l'ancienne domination, la royauté de la fille de Jérusalem.
Pourquoi, maintenant, te livres-tu à la tristesse ?
N’y a-t-il pas de roi chez toi, ou ton conseiller a-t-il péri,
pour que la douleur te saisisse comme une femme qui enfante ?
Souffre et mets-toi en peine, fille de Sion, comme la femme qui enfante,
car à présent, tu vas sortir de la ville,
tu demeureras dans les champs,
et tu iras jusqu’à Babylone,
là tu seras délivrée, là le Seigneur te rachètera de la main de tes ennemis.
Et maintenant, se sont rassemblées contre toi des nations nombreuses,
qui disent : — Qu’elle soit lapidée, et que notre œil contemple Sion !
Mais ils n'ont pas connu les pensées du Seigneur,
et ils n'ont pas compris son dessein :
car il les a rassemblés comme du foin sur l’aire.
Lève-toi et foule la récolte, fille de Sion,
car ta corne, je la ferai de fer,
et tes sabots, je les ferai de bronze,
et tu écraseras des peuples nombreux,
tu détruiras pour le Seigneur leurs rapines,
et leur force au Seigneur de toute la terre.
Maintenant, tu seras dévastée, fille d'un voleur.
On mettra le siège contre nous, à coups de bâton, on frappera la mâchoire du juge d’Israël.
Et toi, Bethléem Éphrata, tu es petite parmi les milliers de Juda,
de toi sortira pour moi celui qui sera maître en Israël,
et sa sortie remontera au commencement, depuis les jours de l'éternité.
C’est pourquoi il les abandonnera, jusqu’au temps où celle qui doit enfanter enfantera,
et le reste de ses frères reviendra vers les fils d’Israël.
Il se tiendra debout et fera paître son troupeau, par la force du Seigneur,
par la majesté du nom du Seigneur son Dieu.
Ils reviendront, car maintenant il sera magnifié, jusqu’aux confins de la terre.
Et lui-même, il sera la paix.
L'Assyrien, quand il viendra dans notre terre et qu'il mettra le pied dans nos maisons,
nous dresserons contre lui sept bergers et huit princes humains.
Ils feront paître la terre d’Assur avec le glaive,
et la terre de Nemrod avec ses lances.
Il nous délivrera de l’Assur quand il viendra dans notre terre,
et quand il marchera dans nos frontières.
Alors le reste de Jacob sera parmi les nations, au milieu de peuples nombreux,
comme une rosée qui vient du Seigneur, comme des gouttes de pluie sur l'herbe,
qui n'espère personne et n'attend pas dans les fils des hommes.
Et le reste de Jacob sera aussi parmi les nations, au milieu de peuples nombreux,
comme un lion parmi les bêtes des forêts,
comme un lionceau parmi les troupeaux de brebis,
et lorsqu’il passera, foulera et saisira, et il n'y aura personne qui puisse délivrer sa proie.
Ta main se lèvera au-dessus de tes adversaires,
et tous tes ennemis périront.
Et il arrivera en ce jour-là, dit le Seigneur :
j’arracherai tes chevaux du milieu de toi,
et je détruirai tes quadriges,
je ruinerai les villes de ton pays,
et je démolirai toutes tes forteresses,
j'arracherai de ta main les sortilèges
et il n’y aura pas de discours de divination chez toi.
Et je ferai périr tes sculptures
et tes statues du milieu de toi,
et tu ne te prosterneras plus devant les œuvres de tes mains.
J’arracherai tes bois sacrés du milieu de toi,
j'accablerai tes villes,
et dans ma fureur et dans mon indignation, je tirerai vengeance de toutes les nations qui n'ont pas obéi.
Écoutez ce que dit le Seigneur :
— Lève-toi, engage un procès contre les montagnes
et que les collines entendent ta voix !
Que les montagnes écoutent le jugement du Seigneur, et les solides fondements de la terre,
car il y a jugement du Seigneur avec son peuple,
et le différend sera tranché en justice avec Israël.
Mon peuple, que t’ai-je fait ? Et en quoi t’ai-je été pénible ? Réponds-moi.
Car je t’ai fait monter de la terre d’Égypte,
et je t'ai libéré de la maison des esclaves,
et j’ai envoyé devant ta face Moïse, Aaron et Marie.
Mon peuple, souviens-toi, je t'en prie, de ce que méditait Balac, roi de Moab,
et de ce que lui répondit Balaam, fils de Béor,
de Settim jusqu’à Galgala,
pour qu'il connaisse les justes œuvres du Seigneur.
Qu'offrirais-je au Seigneur qui soit digne de lui ?
Fléchirais-je le genou devant le Dieu très haut ?
Lui offrirais-je des holocaustes et des veaux d'un an ?
Le Seigneur peut-il être apaisé avec mille béliers, ou avec mille boucs engraissés ?
Donnerai-je mon premier-né pour ma faute,
le fruit de mes entrailles, pour le péché de mon âme ?
Je te ferai connaître, ô homme, ce qui est bon et ce que le Seigneur demande de toi :
c’est de pratiquer la justice, d’aimer la miséricorde
et d'être soucieux à marcher avec ton Dieu.
La voix du Seigneur crie vers la ville,
et ceux qui craignent ton nom auront le salut :
— Écoutez, tribus, mais qui approuvera cela ?
Les trésors de l'iniquité sont encore un feu dans la maison de l'impie, et la mesure trop petite est pleine de colère.
Pourrais-je rendre justes une balance impie, et des poids truqués dans le sac ?
Et parmi eux, les riches sont pleins d'iniquité,
et les habitants dans cette ville disaient le mensonge,
et leur langue était trompeuse dans leur bouche.
Alors moi, je me suis mis à te frapper à mort, à cause de tes péchés.
Et toi, tu mangeras sans te rassasier,
et ton humiliation sera au-dedans de toi,
tu saisiras et tu ne sauveras pas
et ceux que tu sauveras, je les livrerai au glaive.
Toi, tu sèmeras et tu ne moissonneras pas,
toi, tu fouleras l’olive et tu ne t’oindras pas d’huile
et tu fouleras le moût et tu ne boiras pas le vin.
Tu as gardé les ordonnances d’Amri et toute l'œuvre de la maison d’Ahab [Achab],
et tu as marché selon leurs volontés,
si bien que je te livre à ta perte,
et ceux qui y habitent au sifflement des railleurs,
et vous porterez l’opprobre de mon peuple.
Malheur à moi, car je suis devenu comme celui qui réunit en automne les raisins de la vendange :
il n'y a pas une grappe à manger.
Mon âme a désiré des figues précoces.
Le saint a disparu de la terre,
et il n’y a pas un être droit parmi les hommes.
Tous sont en embuscade pour répandre le sang,
l'homme chasse son frère jusqu'à mort .
Ils appellent bien le mal fait par leurs mains.
Le prince exige et le juge est à vendre,
un grand a exprimé le désir de son âme, et ils ont bouleversé la terre.
Le meilleur d’entre eux est comme une ronce,
et celui qui est droit, est comme l'épine d'une haie.
Le jour de ta tour de garde,
ton châtiment est venu en visite.
Maintenant, ce sera leur dévastation.
Ne croyez pas en un ami,
ne vous fiez pas à un chef,
devant celle qui repose sur ton sein, garde les portes de ta bouche.
Car le fils fait outrage à son père,
la fille se dresse contre sa mère,
la belle-fille contre sa belle-mère.
Les ennemis d'un homme sont les gens de sa maison.
Mais moi, je regarderai vers le Seigneur,
j'attendrai en Dieu mon sauveur,
mon Dieu m’entendra.
Ne te réjouis pas à mon sujet, ô mon ennemie,
parce que je suis tombée, je me relèverai,
quand je serai assise dans les ténèbres, le Seigneur est ma lumière.
La colère du Seigneur, je la porterai, puisque j’ai péché contre lui,
jusqu’à ce qu’il juge ma cause et qu’il rende son jugement pour moi.
Il me fera sortir à la lumière,
je verrai dans sa justice.
Et mon ennemie verra, et la honte la couvrira,
elle qui me dit : — Où est le Seigneur ton Dieu ?
Mes yeux la verront,
maintenant, elle sera foulée aux pieds comme la boue des places.
Le jour de rebâtir tes murs,
en ce jour-là, ta loi s'étendra au loin.
Ce jour-là, l’Assur viendra jusqu’à toi
et jusqu'au villes fortifiées,
et des villes fortifiées jusqu’au fleuve,
de la mer à la mer, et de la montagne à la montagne.
La terre deviendra désert, à cause de ses habitants, pour fruit de leurs pensées.
Pais ton peuple avec ta houlette, le troupeau de ton héritage,
qui habite solitaire, dans la forêt au milieu du Carmel.
Qu’ils paissent en Basan et en Galaad, comme aux jours anciens.
Comme au jour de ta sortie de la terre d’Égypte,
je lui ferai voir des merveilles.
Les nations le verront, et auront honte en dépit de toute leur force.
Elles mettront la main sur la bouche,
leurs oreilles seront assourdies.
Elles lécheront la poussière comme le serpent.
Comme les reptiles de la terre, elles seront chassées du fond de leurs maisons.
Elles désireront le Seigneur notre Dieu, et elles auront peur de toi.
Quel Dieu est semblable à toi, qui enlèves l’iniquité
et qui passes sur le péché du reste de ton héritage ?
Il n'enverra plus sa fureur, car il veut la miséricorde.
Il aura encore pitié de nous,
il déposera nos iniquités,
et jettera au fond de la mer tous nos péchés.
Tu donneras à Jacob la vérité, à Abraham la miséricorde,
que tu as jurées à nos pères dès les jours anciens.
ICI FINIT LE PROPHÈTE MICHÉE