Parmi les célèbres représentations des quatre évangélistes comme quatre animaux ou « vivants », venues des visions d'Ezéchiel et de l'Apocalypse, c'est la figure de l'homme qui représente Matthieu. L'Évangile selon saint Matthieu, en effet, constitue une Vie de Jésus qui rend celui-ci profondément humain. Matthieu est le seul à commencer par donner sa généalogie, et à insister autant sur les circonstances de sa naissance (lui seul nous raconte la merveilleuse histoire des rois-mages !), de son enfance et de ses relations avec sa famille.
Arc triomphal intérieur (détail), Basilique de Sant'Apollinare in Classe, Ravenne, Italie © CC-BY-SA-4.0
Dans sa « vie de Jésus », Matthieu enchâsse 6 grands enseignements. Juif écrivant probablement en hébreu pour des juifs, et peut-être lui-même « scribe devenu disciple du royaume qui tire de son trésor du neuf et du vieux » comme il semble se décrire en plein cœur de son évangile (Mt 13,51-52, cf. Mt 9,9 ; 23,34), il place un accent particulier sur l'enseignement du nouveau Moïse que Jésus est à ses yeux. Jésus promulgue à nouveau la Tora mosaïque dans sa pureté (Mt 5,17-20), rejette diverses innovations pharisiennes, insiste sur le Décalogue et les grands commandements de l'amour de Dieu et du prochain et aborde d'autres sujets (comme le divorce, Mt 5,31s ; 19,1-10) dans la mesure où ils relèvent de ces commandements. Il suggère que les actes de ses disciples correspondent au véritable culte. Il compare ceux qui le suivent au sel de la terre, à la lumière sur une montagne, ou à la lampe sur son support (Mt 5,13-16). Autant de symboles qui évoquent la « maison bâtie sur le roc » (Mt 7,24), qu'est le Temple de Jérusalem.
Surtout, Jésus, tel un nouveau Josué, fait entrer ses disciples dans la Terre promise véritable qu'est le « Royaume des Cieux ». Il l'inaugure (Mt 3,2 ; 4,7) en restaurant l'autorité souveraine de Dieu comme Roi reconnu, servi et aimé. Pleine d'humanité est sa compassion dans les célébrissimes béatitudes qui annoncent le bonheur de ce Royaume aux plus pauvres dans le premier enseignement, le fameux « Sermon sur la Montagne ». L'importance accordée à la justice est profondément humaine : dans le Royaume, chacun doit poursuivre la justice (Mt 3,15 ; 5,6.10.20 ; 6,1.33 ; 21,32), qui est l'obéissance à la Loi comprise comme réponse humaine à la bienveillance du Père.
Ce Royaume des Cieux a été préparé et annoncé par les Écritures. Matthieu s'attache particulièrement à montrer en Jésus leur « accomplissement ». Il les cite expressément 14 fois et ne cesse d'y faire allusion. Jésus est pour lui le messie qu'elles annoncent. Dès le début de son évangile, Jésus est à la fois « fils de Dieu » comme tous les rois de la dynastie davidique et, beaucoup plus mystérieusement, l'« Emmanuel » (Dieu-avec-nous) annoncé dans les antiques prophéties d'Isaïe. À la fin de l'évangile, Jésus en tant que « fils de l'homme » est doté de toute autorité divine sur le Royaume, aux cieux comme sur la terre, à l'instar du jeune dieu qui s'approchait du trône du Vieillard dans la prophétie de Daniel.
Il n'est donc pas étonnant qu'avec Jean, l'évangile de Matthieu ait été de loin le plus populaire des quatre dans les premières générations chrétiennes. D'ailleurs, ne leur fournissait-il pas un véritable manuel de vie en commun ? Parmi les évangélistes, Matthieu se distingue aussi par son intérêt explicite pour l'Église ; il est le seul à employer le terme d’ekklesia (Mt 16,18 ; 18,17). Outre les principes d'une conduite juste qu'il fixe pour la communauté, il rappelle à ses chefs à la fois l'origine divine de leur autorité (Mt 16,18 : le fameux « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église » dont se prévalent les papes) et leur faiblesse (la trahison les menaçant dès l'origine : Mt 26,69-75). Matthieu était sans illusion : son évangile demeure plus pertinent que jamais.
Avec celui de Jean, l’évangile de Matthieu est l’évangile le plus représenté dans les manuscrits d’avant le 3e s. publiés à ce jour, en raison, probablement, de leur popularité dans la liturgie comme dans la dévotion privée. Indices de la faveur du premier évangile (le plus souvent cité par la tradition de l’Église), les manuscrits de Marc et de Luc présentent de nombreuses variantes correspondant à des harmonisations faites d’après Matthieu. La prédominance de cet évangile peut avoir contribué à la stabilité de son texte et à la qualité de sa transmission : sur les 1071 versets qu’il comporte, 642 ne présentent pas de variantes et très peu de conjectures ont été proposées par les spécialistes de critique textuelle.
On distingue onze sections dans le récit de Matthieu : cinq sections à dominante discursive (chap. 5-7 ; 10 ; 13 ; 18 ; 23-25, chacune terminée par une formule du type « et il advint, quand Jésus eut achevé ce discours »), encadrées par 6 sections à dominante narrative (chap. 1-4 ; 8-9 ; 11-12 ; 14-17 ; 19-22 ; 26-28). Récits et discours alternent ainsi :
récit : enfance et début du ministère (1-4)
discours : enseignement de Jésus, le sermon sur la montagne (5-7)
récit : dix miracles montrant l'autorité de Jésus, invitation aux disciples (8-9)
discours missionnaire (10)
récit : Jésus rejeté par « cette génération » (11-12)
discours : sept paraboles sur la parole, moyen d'entrer dans le Royaume (13)
récit : Jésus reconnu par les disciples (14-17)
discours : la vie communautaire dans l'Église (18)
récit : autorité de Jésus, dernière invitation (19-22)
discours apocalyptique : malheurs, venue du Royaume (23-25)
récit : mort et résurrection (26-28).
On remarquera la correspondance des récits (nativité et vie nouvelle, autorité et invitation, refus et reconnaissance), et le rapport entre le premier et le cinquième discours, et entre le deuxième et le quatrième ; le troisième discours forme le centre de la composition.
La ponctuation par la formule « à partir de ce jour, Jésus commença à dire/montrer … » (Mt 4,17 ; 16,21) permet de repérer trois parties dans l’évangile en tant que proclamation de Jésus comme Messie :
La grande composition circulaire autour du chapitre 13 proposée ci-dessus est relayée par d'innombrables constructions en chiasmes, à tous les degrés de la textualité du premier évangile. D'autres dynamiques structurent puissamment la prose matthéenne.
Ces principes sont évoqués dans les grands discours, surtout au chap. 18 qui contient des principes en vue de prendre des décisions et de résoudre des conflits : la sollicitude pour la brebis égarée et pour les petits, le pardon et l'humilité. Les apôtres, avec Pierre à leur tête (Mt 10,2) participent à l'autorité de Jésus lui-même (Mt 9,8 ; 10,40) ; il mentionne aussi les prophètes, les scribes, les sages (Mt 10,41 ; 13,52 ; 23,34), Pierre étant juge de dernière instance (Mt 16,19). Et puisque le pouvoir, bien que nécessaire, est dangereux, les chefs ont besoin de l'humilité (Mt 18,1-9). Les portes de l'Hadès ne prévaudront pas contre l'Église (Mt 16,18), et elle est envoyée en mission au monde entier (Mt 28,18ss). Le style de vie apostolique ou missionnaire est lui-aussi décrit (Mt 9,36-11,1). Cependant, Matthieu ne se fait aucune illusion au sujet de l'Église. N'importe qui peut échouer (même Pierre, Mt 26,69-75) ; les prophètes peuvent dire le faux (Mt 7,15) ; dans l'Église saints et pécheurs sont mélangés jusqu'au dernier jugement, (Mt 13,36-43 ; Mt 22,11-14 ; 25). Tout l'évangile est encadré par le principe selon lequel Dieu est uni avec son peuple par Jésus Christ (Mt 1,23 ; 28,18ss). Il est compréhensible que cet évangile si complet et si bien organisé ait été reçu et employé par l'Église naissante avec une grande faveur.
D’après la plus ancienne tradition écrite, Matthieu a été le premier à organiser les souvenirs traditionnels de Jésus en un texte suivi :
Les données traditionnelles ont pu être mises en doute.
L’élégante « théorie des deux sources », nom que l'on donne à cette hypothèse, ne jouit cependant plus du consensus passé.
Avec plusieurs grands interprètes d’aujourd’hui, nous lisons les évangiles synoptiques autant comme les résultats de diverses performances orales de la mémoire traditionnelle sur Jésus, que comme un travail d’édition d’un livre à partir d’autres livres. Marc et les paroles partagées avec Luc purent être connus de Matthieu à la fois comme sources orales et comme sources écrites.
Il s'agit des traditions populaires (récits d’enfance; cycle de Judas ou de Pilate dans la Passion) ou des souvenirs plus particulièrement liés à un témoin (peut-être Pierre : Mt 14,28-31 ; 16,17ss ; 17,24-27), plutôt que de pures créations de l’évangéliste.
Une majorité de savants identifie les destinataires de Matthieu comme membres d'une communauté juive, peut-être de tendance pharisienne, apocalyptique et messianisante, au contact d’autres Juifs qu’il fallait convaincre de la messianité de Jésus.
Plusieurs Pères affirment que Matthieu a composé en hébreu : au 2e s. , puis les deux grands philologues du 4e s., (de langue maternelle araméenne) et (lisant l'hébreu et l'araméen, qui semble avoir consulté un Matthieu en hébreu, exemplaire de la bibliothèque de Césarée de Palestine ou manuscrit des Nazaréens de Bérée).
Matthieu a certainement été produit dans un milieu scribal (cf. Mt 13,51s ; 23,34). Si l’on ne veut pas identifier le scribe habile responsable du texte canonique comme un disciple de Jésus, on peut au moins situer avec vraisemblance la rédaction de cet évangile dans un milieu judéo-chrétien.
Du fait de sa place dans le canon, le premier évangile a connu une réception particulièrement importante dans les commentaires et les traités théologiques depuis l’Antiquité tardive. Matthieu est cité
Matthieu est ensuite commenté par
Suivent encore les commentaires, entre autres, de :
L’influence de Matthieu se fait sentir dans toutes les formes d’art : cinéma, musique, littérature. Le Sermon sur la montagne, a fortement marqué de nombreux courants de pensée, bien au-delà des frontières du christianisme. Il a inspiré, entre autres, , et .
ICI COMMENCE L'ÉVANGILE SELON MATTHIEU
Livre de la génération de Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham.
Abraham engendra Isaac
Isaac engendra Jacob
Jacob engendra Juda et ses frères
Juda engendra Pharès et Zara de Thamar
Pharès engendra Esrom
Esrom engendra Aram.
Aram engendra Aminadab
Aminadab engendra Naasson
Naasson engendra Salmon
Salmon engendra Booz de Rahab
Booz engendra Jessé de Ruth
Obed engendra Jessé
Jessé engendra le roi David.
Le roi David engendra Salomon de celle qui fut [femme] d’Urie
Salomon engendra Roboam
Roboam engendra Abia
Abias engendra Asa
Asa engendra Josaphat
Josaphat engendra Joram
Joram engendra Ozias
Ozias engendra Joatham
Joatham engendra Ahaz
Ahaz engendra Ézéchias
Ézéchias engendra Manassé
Manassé engendra Amon
Amon engendra Josias
Josias engendra Jéconias et ses frères au temps de la déportation de Babylone.
Après la déportation de Babylone
Jéconias engendra Salathiel
Salathiel engendra Zorobabel
Zorobabel engendra Abiud
Abiud engendra Éliaquim
Éliaquim engendra Azor
Azor engendra Saddoc
Saddoc engendra Achim
Achim engendra Éliud
Éliud engendra Éléazar
Éléazar engendra Mathan
Mathan engendra Jacob
Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qu'on appelle « Christ ».
Donc toutes les générations depuis Abraham jusqu’à David : quatorze générations
depuis David jusqu’à la déportation de Babylone : quatorze générations
depuis la déportation à Babylone jusqu’au Christ : quatorze générations.
Or, la génération du Christ se fit ainsi :
comme Marie, sa mère, avait été fiancée à Joseph
il se trouva, avant qu’ils eussent habité ensemble, qu’elle [l']avait dans ses entrailles de par l'Esprit Saint.
Joseph, son époux, qui était juste et ne voulait pas la traduire [en justice]
voulut la renvoyer secrètement.
Comme il méditait cela
voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit :
— Joseph, fils de David, ne crains pas d'accueillir Marie ton épouse
car certes ce qui est né en elle est de l'Esprit Saint.
Et elle enfantera un fils et tu l'appelleras du nom de « Jésus »
car lui-même sauvera son peuple de ses péchés.
Tout cela arriva
pour que s'accomplît ce qui a été dit par le Seigneur à travers le prophète qui disait :
« Voici, la Vierge sera enceinte et enfantera un fils, et on l'appellera du nom d'"Emmanuel" »
ce qui se traduit : « Dieu avec nous ».
Réveillé de son sommeil, Joseph fit comme l’ange du Seigneur lui avait prescrit
et il accueillit son épouse.
Et il ne la connut pas jusqu’à ce qu’elle eût enfanté son fils premier-né
et il l'appela de son nom « Jésus ».
Comme Jésus était né à Bethléem de Judée aux jours du roi Hérode
voici, des mages d’Orient vinrent à Jérusalem
disant :
— Où est le roi des Juifs qui est né ?
Car nous avons vu son étoile à l’orient
et nous sommes venus l’adorer.
En entendant [cela] le roi Hérode fut troublé, et tout Jérusalem avec lui.
Et, rassemblant tous les chefs des prêtres et les scribes du peuple,
il s'enquit auprès d'eux : — où le Christ devait naître ?
Ils lui dirent : — À Bethléem de Judée
car ainsi a-t-il été écrit par le prophète :
« Et toi Bethléem, terre de Juda, tu n’es pas la moindre parmi les chefs-lieux de Juda
car de toi sortira un prince qui régira mon peuple Israël. »
Alors Hérode, ayant secrètement appelé les mages, se renseigna avec soin auprès d'eux sur le moment où l’étoile était apparue.
Et, les envoyant à Bethléem, il dit :
— Allez, informez-vous avec soin au sujet de l’enfant.
Et quand vous aurez trouvé, faites-moi un rapport
afin que moi aussi j’aille l’adorer.
Quand ils eurent entendu le roi, ils partirent.
Et voici, l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient marchait devant eux
jusqu’à ce qu' elle vienne s'arrêter au-dessus de là où était l'enfant.
En voyant l'étoile, ils se réjouirent d'une très grande joie.
En entrant dans la maison, ils trouvèrent l’enfant avec Marie, sa mère,
et, se prosternant, l’adorèrent ;
et, leurs trésors ouverts, ils lui offrirent des dons : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
Et ayant reçu dans des songes l'oracle de ne pas retourner vers Hérode
par un autre chemin regagnèrent leur région.
Alors qu'ils s'en étaient retournés
voici, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, disant :
— Lève-toi, prends l’enfant et sa mère
et fuis en Égypte
et reste là-bas jusqu’à ce que je te dise
car il arrivera qu'Hérode cherchera l’enfant pour le perdre.
Lui, s'étant levé, prit avec lui l'enfant et sa mère de nuit et se retira en Égypte.
Et il fut là-bas jusqu’à la mort d’Hérode
afin que fût accompli ce qui avait été dit par le Seigneur à travers le prophète, disant :
« D'Égypte j'ai appelé mon fils. »
Alors Hérode, voyant que les mages s'étaient joués de lui, fut très en colère
et il envoya tuer tous les enfants qui étaient dans Bethléem et dans toute sa région
depuis l’âge de deux ans et au-dessous, d’après le temps qu'il s'était fait préciser par les mages.
Alors s'accomplit ce qui a été dit par Jérémie le prophète disant :
« Une voix en Rama a été entendue, pleurs et plaintes nombreuses :
Rachel pleure ses enfants ; et elle ne voulut pas être consolée, parce qu’ils ne sont plus. »
Hérode étant mort
voici, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph en Égypte
disant :
— Lève-toi, prends l’enfant et sa mère
et va en terre d’Israël
car ils sont morts, ceux qui recherchaient la vie de l’enfant.
Lui, s’étant levé, prit l’enfant et sa mère, et vint en terre d’Israël.
Entendant qu’Archélaüs régnait en Judée à la place d’Hérode son père, il craignit de s'y rendre
et, averti en songe, il se retira dans la région de la Galilée
et il vint habiter dans une ville appelée « Nazareth »
afin que s'accomplît ce qui a été dit par les prophètes :
Il sera appelé « Nazaréen ».
En ces jours-là vint Jean-Baptiste, prêchant dans le désert de Judée
et disant :
— Faites pénitence, car le royaume des cieux s'est approché.
C'est lui en effet qui a été annoncé par le prophète Isaïe, disant :
« Voix de celui qui crie dans le désert : — Préparez le chemin du Seigneur ! Rendez droits ses sentiers ! »
Ce même Jean avait un vêtement en poil de chameau
et une ceinture de cuir autour de ses reins
sa nourriture était des sauterelles et du miel sauvage.
Alors sortaient vers lui Jérusalem, toute la Judée et toute la région autour du Jourdain.
Et ils étaient baptisés dans le Jourdain par lui, en confessant leurs péchés.
Voyant beaucoup de pharisiens et de Sadducéens venir à son baptême, il leur dit :
— Engeance de vipères, qui vous a montré comment fuir devant la colère qui vient ?
Faites donc un fruit digne de la pénitence.
Et ne prétendez pas dire en vous-mêmes : Nous avons pour père Abraham
car je vous dis que Dieu peut, de ces pierres, susciter des enfants à Abraham.
Déjà, la hache est posée à la racine des arbres
tout arbre donc qui ne fait pas de bon fruit est coupé et jeté au feu.
Pour moi, je vous baptise dans l’eau pour la pénitence
mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi
[lui] dont je ne suis pas digne de porter les sandales
lui-même vous baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu.
Il a le van dans sa main
et il nettoiera son aire
et il rassemblera son froment dans le grenier ;
quant aux bales, il les brûlera dans le feu qui ne s'éteint pas.
Alors vint Jésus de la Galilée au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui.
Mais Jean l'en empêchait en lui disant :
— C’est moi qui dois être baptisé par toi
et c'est toi qui viens à moi !
Mais Jésus, répondant, lui dit :
— Laisse [faire] maintenant
car c'est ainsi qu'il convient que nous accomplissions toute justice.
Alors il le laissa [faire].
Baptisé, il monta aussitôt de l’eau
et voici, les cieux lui furent ouverts
et il vit l’Esprit de Dieu descendant comme une colombe
et venant sur lui.
Et voici une voix des cieux qui disait :
— Celui-ci est mon Fils, le Bien-aimé, en qui je me suis complu.
Alors Jésus fut conduit dans le désert par l’Esprit pour être tenté par le diable.
Alors qu'il avait jeûné quarante jours et quarante nuits, après cela, il eut faim.
Et s'approchant , le tentateur lui dit :
— Si tu es Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains.
Répondant, il dit :
— Il est écrit :
« Ce n'est pas de pain seul que l'homme vivra, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
Alors le diable le prend dans la ville sainte
et le plaça sur le pinacle du temple
et lui dit :
— Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas
car il est écrit :
« À ses anges, il donnera des ordres à ton sujet, et dans [leurs] mains ils te porteront, de peur que tu ne heurtes ton pied contre une pierre. »
Jésus lui dit :
— Encore une fois il est écrit :
« Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu. »
De nouveau le diable le prend sur une montagne très élevée
et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire
et il lui dit :
— Toutes ces choses je te les donnerai, si en tombant tu m'adores.
Alors Jésus lui dit :
— Va-t-en Satan
il est écrit :
« Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et de lui seul te feras l'esclave. »
Alors le diable le laissa
et voici, des anges s’approchèrent et ils le servaient.
Quand il entendit que Jean avait été livré, il se retira en Galilée.
Et quittant la ville de Nazareth
il vint habiter à Capharnaüm, au bord de la mer, dans les régions de Zabulon et de Nephtali
afin que s'accomplît ce qui avait été dit par Isaïe le prophète :
« Pays de Zabulon et pays de Nephtali, chemin de la mer, au-delà du Jourdain, Galilée des nations.
Le peuple qui était assis dans les ténèbres a vu une grande lumière
et pour ceux qui étaient assis dans la région et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée pour eux. »
Dès lors Jésus commença à prêcher et à dire :
— Faites pénitence car le royaume des cieux s'est approché.
Or en marchant le long de la mer de Galilée il vit deux frères
Simon, appelé « Pierre », et André son frère
qui jetaient un filet dans la mer, car ils étaient pêcheurs.
Et il leur dit :
— Venez derrière moi, et je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes.
Eux incontinent, laissant les filets, le suivirent.
Et, avançant à partir de là, il vit deux autres frères
Jacques, [le fils] de Zébédée, et Jean son frère
dans la barque, avec Zébédée leur père, réparant leurs filets
et il les appela.
Eux, aussitôt, laissant filets et père, le suivirent.
Et Jésus circulait dans toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues,
prêchant l'évangile du Royaume
et guérissant toute maladie et toute infirmité dans le peuple.
Et sa renommée se répandit dans toute la Syrie
et ils lui présentèrent tous ceux qui allaient mal, qui étaient pris de diverses maladies et de tourments
et qui avaient des démons, et des lunatiques et des paralytiques
et il les guérissait.
Et des foules nombreuses le suivirent de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée et d'au-delà du Jourdain.
Voyant les foules, il monta sur la montagne
et, s'étant assis, ses disciples s'approchèrent de lui
et ouvrant sa bouche il les enseignait en disant :
— Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux.
Heureux les doux, car ils posséderont la terre.
Heureux ceux qui s'affligent, car ils seront consolés.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu.
Heureux les pacifiques, car ils seront appelés « fils de Dieu ».
Heureux ceux qui souffrent persécution à cause de la justice, car le royaume des cieux est à eux.
Heureux êtes-vous quand on vous insultera, vous persécutera
et dira toute sorte de mal contre vous en mentant, à cause de moi.
Réjouissez-vous et exultez, car votre salaire est copieux dans les cieux
car c’est ainsi qu'on a persécuté les prophètes, qui furent avant vous.
Vous, vous êtes le sel de la terre.
Si le sel se perd, avec quoi salera-t-on ?
Il n'est plus bon à rien si ce n'est à être jeté dehors, et à être piétiné par les hommes.
Vous, vous êtes la lumière du monde.
Une ville ne peut être cachée, située sur une montagne.
Et on n’allume pas une lampe et la met sous le boisseau
mais sur le chandelier
afin qu' elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.
Que brille ainsi votre lumière devant les hommes
en sorte qu'ils voient vos œuvres bonnes
et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux.
Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les prophètes
je ne suis pas venu abolir mais accomplir.
Amen, certes je vous le dis
jusqu’à ce que passent le ciel et la terre
pas un iota ni un seul trait de la Loi ne sera omis jusqu'à ce que tout arrive.
Celui donc qui aura enfreint l'un de ces plus petits commandements et enseigné ainsi aux hommes
sera appelé « le plus petit » dans le royaume des cieux
mais celui qui [les] aura pratiqués et enseignés
celui-là sera appelé « grand » dans le royaume des cieux.
Car je vous dis que si votre justice n'abonde pas plus que celle des scribes et des pharisiens
vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux.
Vous avez entendu qu’il a été dit aux ancêtres : « Tu ne tueras pas
celui qui tuera sera passible de jugement. »
Moi, je vous dis :
que quiconque se met en colère contre son frère sera passible du jugement
et celui qui dira à son frère : — « Raca », sera passible du conseil
celui qui lui dira : — « Fou » sera passible de la géhenne du feu.
Si donc tu présentes ton offrande sur l’autel
et là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi
laisse là ton offrande devant l’autel
et va d'abord te réconcilier avec ton frère
et alors viens présenter ton offrande.
Mets-toi d'accord avec ton adversaire au plus tôt tant que tu es encore avec lui en chemin
de peur que l'adversaire ne te livre au juge
et que le juge ne te livre au fonctionnaire et que tu ne sois jeté en prison.
Amen, je te le dis, tu ne sortiras pas de là que tu n’aies rendu le dernier quadrant.
Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens : « Tu ne commettras pas d’adultère. »
Moi, je vous dis :
— Quiconque regarde une femme pour la convoiter
a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur.
Que si donc ton œil droit te scandalise
arrache-le et jette-le loin de toi :
car mieux vaut pour toi que périsse un seul de tes membres
et que ton corps tout entier ne soit jeté dans la géhenne.
Et si ta main droite te scandalise
coupe-la et jette-la loin de toi
car mieux vaut pour toi que périsse un seul de tes membres
plutôt que tout ton corps ne s'en aille pas dans la géhenne.
Moi, je vous dis :
— Tout homme qui répudie sa femme, sauf pour cause de fornication,
la rend adultère
et celui qui épouse une répudiée commet l’adultère.
Vous avez encore entendu qu’il a été dit aux anciens : « Tu ne te parjureras pas
tu t’acquitteras envers le Seigneur de tes serments. »
Moi, je vous dis de ne pas jurer du tout
ni « par le ciel », parce que c'est le trône de Dieu
ni « par la terre », parce que c'est l'escabeau de ses pieds
ni « par Jérusalem », parce que c'est la ville du grand Roi
ni « par ta tête » tu jureras
parce que tu ne peux pas rendre un seul cheveu blanc ou noir ;
au contraire, que votre parole soit : OUI ? OUI ! , NON ? NON !
ce qui est plus long vient du mauvais.
Vous avez entendu qu’il a été dit :
« Œil pour œil et dent pour dent. »
Moi, je vous dis de ne pas résister au mauvais
mais celui qui te frappera sur ta mâchoire droite, tends-lui aussi l’autre.
Et à celui qui veut te citer en justice et prendre ta tunique, laisse-lui aussi le manteau.
Et quiconque te contraindra à mille pas, va avec lui pour deux autres.
À celui qui te demande, donne -lui
et de celui qui veut t'emprunter ne te détourne pas.
Vous avez entendu qu’il a été dit :
« Tu aimeras ton prochain et tu auras en haine ton ennemi. »
Moi, je vous dis :
— Aimez vos ennemis
faites du bien à ceux qui vous haïssent
et priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient
afin que vous soyez des fils de votre Père qui est dans les cieux
il fait lever son soleil sur les bons et les méchants
et pleuvoir sur les justes et les injustes.
Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quel salaire aurez-vous ?
Les publicains eux-mêmes ne font-ils pas de même ?
Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous en surplus ?
Les païens eux-mêmes ne font-ils pas de même ?
Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.
Gardez-vous de faire votre justice devant les hommes pour être remarqués d'eux
sinon vous n'aurez pas de salaire auprès de votre Père qui est dans les cieux.
Quand donc tu fais l’aumône, ne fais pas sonner de la trompette devant toi
comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d’être honorés par les hommes.
Amen, je vous le dis, ils ont reçu leur salaire.
Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta gauche ignore ce que fait ta droite
afin que ton aumône soit dans le secret
et ton Père, qui voit dans le secret, te [le] rendra .
Et quand vous priez, vous ne serez pas comme les hypocrites
qui aiment prier debout dans les synagogues et aux angles des places
pour être vus des hommes.
Amen, je vous le dis, ils ont reçu leur salaire.
Mais toi, quand tu pries, entre dans ta chambre
et, ayant fermé ta porte, prie ton Père dans le secret
et ton Père, qui voit dans le secret, te [le] rendra .
Quand vous priez, ne parlez pas beaucoup comme les païens
car ils pensent que dans l'abondance de leurs paroles ils seront exaucés.
Ne les imitez donc pas,
car votre Père sait ce dont vous avez besoin avant que vous ne le lui demandiez.
C'est donc ainsi que vous prierez :
— Notre Père qui es aux cieux
que ton nom soit sanctifié
que vienne ton règne
qu' advienne ta volonté et au ciel, et sur terre.
Donne-nous aujourd'hui notre pain supersubstantiel
et remets-nous nos dettes, comme nous aussi nous avons remis à nos débiteurs
et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du mal.
Car si vous avez remis aux hommes leurs péchés
votre Père céleste vous remettra aussi vos offenses.
Mais si vous n'avez pas remis aux hommes
votre Père non plus ne remettra pas vos péchés.
Et quand vous jeûnez, ne soyez pas tristes comme les hypocrites
qui abattent leur visage, pour [faire] paraître aux hommes qu'ils jeûnent.
Amen, je vous le dis, ils ont reçu leur salaire.
Mais toi, quand tu jeûnes, oins ta tête et lave ton visage,
afin que tu ne paraisses pas jeûnant aux hommes
mais à ton Père qui est dans le secret
et ton Père, qui voit dans le secret, te [le] rendra .
Ne thésaurisez pas pour vous des trésors sur la terre
où rouille et mite ne détruisent
et où voleurs ne percent et ne volent,
mais thésaurisez pour vous des trésors dans le ciel
où ni rouille ni mite ne détruisent
et où voleurs ne percent ni ne volent.
Car là où est ton trésor, là est aussi ton cœur.
La lampe du corps, c’est l’œil.
Si donc ton œil est simple
tout ton corps sera lumineux
mais si ton œil est mauvais
tout ton corps sera ténébreux.
Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres
combien grandes seront les ténèbres !
Nul ne peut servir deux maîtres
car ou il haïra l’un et aimera l’autre
ou il soutiendra l’un et combattra l’autre.
Vous ne pouvez servir Dieu et mamon.
C'est pourquoi je vous dis :
Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez
ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez.
La vie n'est-elle pas plus que la nourriture
et le corps plus que le vêtement ?
Observez les oiseaux du ciel :
ils ne sèment, ni ne moissonnent, ni ne ramassent dans des greniers
et votre Père céleste les nourrit
est-ce que vous n'êtes pas beaucoup plus qu'eux?
Qui de vous, en pensant, peut ajouter une seule coudée à sa taille ?
Et au sujet du vêtement de quoi vous soucier ?
Considérez les lis du champ, comment ils croissent :
ils ne travaillent ni ne filent.
Or je vous dis :
— Pas même Salomon, dans toute sa gloire, n’a été vêtu comme l’un d’eux.
Si l’herbe du champ, qui est aujourd’hui et demain sera jetée au four, Dieu l'habille ainsi,
combien plus pour vous, [hommes] de peu de foi !
Ne vous souciez donc pas en disant :
— Que mangerons-nous ? ou : — Que boirons-nous ? ou : — De quoi nous vêtirons-nous ?
Tout cela en effet les païens le recherchent
car votre Père sait que vous avez besoin de tout cela.
Cherchez d'abord le Royaume et sa justice
et tout cela vous sera ajouté.
Ne vous souciez donc pas pour demain
demain en effet se souciera de lui-même :
à [chaque] jour suffit son mal.
Ne jugez pas pour ne pas être jugés
car du jugement dont vous jugerez vous serez jugés
et de la mesure dont vous mesurerez on mesurera pour vous.
Pourquoi vois-tu la paille dans l’œil de ton frère
et la poutre dans ton œil tu ne la vois pas ?
Ou comment dis-tu à ton frère :
— Laisse, que j'enlève la paille de ton œil
alors que la poutre est dans ton œil ?
Hypocrite, enlève d’abord de ton œil la poutre
et alors tu verras pour enlever la paille de l’œil de ton frère.
Ne donnez pas ce qui est saint aux chiens
ne jetez pas vos perles devant les porcs
de peur qu’ils ne les foulent de leurs pieds
et que, se retournant, ils ne vous déchirent.
Demandez et il vous sera donné
cherchez et vous trouverez
frappez et il vous sera ouvert.
En effet quiconque demande reçoit
et qui cherche trouve
et à qui frappe il sera ouvert.
Ou bien quel est parmi vous l'homme qui, si son fils lui demande du pain,
lui présentera alors une pierre ?
Ou, s'il lui demande un poisson,
lui présentera alors un serpent ?
Si donc vous, alors que vous êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos fils
combien plus votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui [les] lui demandent.
Donc tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, vous aussi faites [-le] pour eux
car c'est cela la Loi et les Prophètes.
Entrez par la porte étroite
car elle est large, la porte, et spacieuse, la voie qui conduit à la perdition
et ils sont nombreux, ceux qui entrent par elle
comme elle est étroite, la porte, et resserrée, la voie qui conduit à la vie
et ils sont peu nombreux, ceux qui la trouvent.
Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent vers vous dans des vêtements de brebis
mais à l'intérieur sont des loups rapaces.
À leurs fruits vous les reconnaîtrez
ramasse-t-on du raisin sur des épines ou des figues sur les ronces ?
Ainsi tout arbre bon fait de bons fruits
et l'arbre mauvais fait de mauvais fruits.
Un arbre bon ne peut faire de mauvais fruits
ni un arbre mauvais faire de bons fruits.
Tout arbre qui ne fait pas de bon fruit est coupé et jeté au feu.
Ainsi donc à leurs fruits vous les reconnaîtrez.
Ce n’est pas tout homme qui me dit : — Seigneur, Seigneur ! qui entrera dans le royaume des cieux
mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux
celui-là entrera dans le royaume des cieux.
Beaucoup me diront en ce jour-là : — Seigneur, Seigneur !
en ton nom n'avons-nous pas prophétisé
et en ton nom expulsé des démons
et en ton nom fait de nombreux miracles ?
Alors je leur déclarerai : — Je ne vous ai jamais connus.
Éloignez-vous de moi, vous qui œuvrez l'iniquité.
Quiconque donc entend ces paroles que je dis et les fait
sera comparé à un homme sage qui a bâti sa maison sur la pierre
et la pluie est descendue
et les fleuves sont venus
et les vents ont soufflé
et se sont précipités sur cette maison et elle n'est pas tombée
car elle avait été fondée sur la pierre.
Et quiconque entend ces paroles que je dis et ne les fait pas
sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable
et la pluie est descendue
et les fleuves sont venus
et les vents ont soufflé
et se sont précipités sur cette maison et elle est tombée et sa chute a été grande.
Et il advint que lorsque Jésus eut achevé ces paroles
les foules étaient dans l'admiration de son enseignement.
En effet il les enseignait comme ayant autorité
et non comme leurs scribes et les Pharisiens.
Comme il était descendu de la montagne, des foules nombreuses le suivirent.
Et voici, un lépreux venant [à lui], l'adorait en disant :
— Seigneur, si tu veux, tu peux me purifier.
Et, étendant la main, Jésus le toucha, en disant :
— Je veux, sois purifié.
Et aussitôt sa lèpre fut purifiée.
Et Jésus lui dit :
— Vois, ne [le] dis à personne
mais va, montre-toi au prêtre
et offre le don que Moïse a prescrit en témoignage pour eux.
Comme il était entré dans Capharnaüm
un centurion s'approcha de lui, le suppliant
en disant :
— Seigneur, mon serviteur est couché à la maison, paralysé, gravement tourmenté.
Jésus lui dit :
— Moi, je viendrai et je le guérirai.
Et répondant le centurion dit :
— Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit
mais dis seulement une parole, et mon serviteur sera guéri
car moi je suis un homme sous une autorité
ayant sous moi des soldats
et je dis à l'un : — Va, et il va
et à un autre : — Viens, et il vient
et à mon esclave : — Fais ceci, et il fait.
En entendant, Jésus admira
et dit à ceux qui suivaient :
— Amen, je vous dis : — Je n'ai pas trouvé une telle foi en Israël.
Je vous dis :
— Beaucoup viendront du Levant et du Couchant
et se mettront à table avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des cieux
les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures
là seront le pleur et le grincement de dents.
Et Jésus dit au centurion :
— Va et qu’il te soit fait comme tu as cru !
Et à cette heure-là le serviteur fut guéri.
Jésus étant venu dans la maison de Pierre
vit sa belle-mère alitée et fiévreuse
et il toucha sa main et la fièvre la laissa
elle se leva et elle les servait.
Le soir venu on lui amena beaucoup de gens ayant des démons
et il chassait les esprits par une parole
et tous ceux qui avaient un mal, il les guérit
afin que s'accomplît ce qui avait été dit par le prophète Isaïe, disant :
« Lui-même a pris nos faiblesses et s’est chargé de nos maladies. »
Jésus, voyant de grandes foules autour de lui, ordonna de s'en aller sur l’autre rive.
Et un scribe s'approchant lui dit :
— Maître, je te suivrai où que tu ailles,
et Jésus lui dit :
— Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel des tentes
mais le fils de l’homme n’a pas où reposer la tête.
Un autre de ses disciples lui dit :
— Seigneur, permets-moi d’abord de m'en aller et d'ensevelir mon père.
Mais Jésus lui dit :
— Suis-moi
et laisse les morts ensevelir leurs propres morts.
Et comme il était monté dans la barque ses disciples le suivirent.
Et voici, survint une grande secousse dans la mer
au point que la barque était couverte par les vagues
mais lui dormait
et ils s’approchèrent, le réveillèrent en disant :
— Seigneur, sauve-nous, nous périssons !
Il leur dit :
— Pourquoi êtes-vous craintifs, [hommes] de peu de foi ?
Alors, s'étant levé, il commanda aux vents et à la mer
et il se fit un grand calme.
Après, les hommes furent étonnés en disant :
— Quel est celui-ci que même les vents et la mer lui obéissent ?
Étant venu sur l'autre rive, dans le pays des Géraséniens,
deux hommes ayant des démons vinrent à sa rencontre
sortant des tombeaux
et ils étaient très violents, de sorte que personne n'était capable de passer par ce chemin-là
et voici, ils crièrent en disant :
— Qu'en est-il de nous et de toi, Fils de Dieu ?
Es-tu venu ici avant le temps pour nous tourmenter ?
Il y avait non loin d’eux un troupeau de porcs nombreux paissant.
Et les démons le priaient en disant :
— Si tu nous expulses, envoie-nous dans le troupeau de porcs.
Et il leur dit : — Allez !
Étant sortis, ils partirent vers les porcs
et voici, tout le troupeau s'en alla d'un élan du haut de l'escarpement dans la mer
et ils périrent dans les eaux.
Les pasteurs s'enfuirent
et étant allés dans la ville ils annoncèrent tout
et ce qui était arrivé à ceux qui avaient des démons.
Et voici, toute la ville sortit à la rencontre de Jésus
et, le voyant, ils le priaient de s'éloigner de leur région.
Et, étant monté dans la barque, il fit la traversée et vint dans sa ville
et voici qu'ils lui présentaient un paralytique étendu sur un lit et
Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique :
— Confiance, mon enfant, tes péchés te sont remis.
Et voici, quelques scribes se dirent en eux-mêmes :
— Celui-ci blasphème.
Et Jésus, voyant leurs pensées, dit :
— Pourquoi pensez-vous de mauvaises choses dans vos cœurs ?
Qu'est-ce qui est le plus facile ? dire : — Les péchés te sont remis ?
ou dire : — Lève-toi et marche ?
Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a pouvoir sur la terre de remettre les péchés ;
alors il dit au paralytique :
— Lève-toi, prends ton lit et va dans ta maison.
Il se leva et il s'en alla dans sa maison.
Alors, voyant [cela], les foules eurent peur
et elles glorifièrent Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes.
En passant plus loin, Jésus
vit un homme assis au bureau des impôts,
du nom de Matthieu
et il lui dit : — Suis-moi.
Et, se levant, il le suivit.
Il advint, comme il était à table dans la maison,
voici, beaucoup de publicains et de pécheurs, étant venus, se mettaient à table avec Jésus et ses disciples
et, voyant cela, les Pharisiens disaient à ses disciples :
— Pourquoi est-ce avec les publicains et les pécheurs que votre maître mange ?
Mais Jésus, entendant [cela], dit :
— Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin de médecin, mais les mal portants.
Allez apprendre ce qu'est : « Je veux la miséricorde et non le sacrifice ».
Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs.
Alors les disciples de Jean vinrent à lui en disant :
— Pourquoi nous et les Pharisiens jeûnons-nous souvent
mais tes disciples ne jeûnent pas ?
Et Jésus leur dit :
— Les compagnons de l'époux peuvent-ils se lamenter tant que l'époux est avec eux ?
Viendront des jours où l'époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront.
Personne ne superpose un ajout d’étoffe brute à un vieux vêtement
car elle enlève l'intégrité au vêtement et une déchirure pire se produit
et on ne met pas un vin nouveau dans des outres vieilles :
sinon les outres se déchirent, le vin se répand et les outres sont perdues
mais on met un vin nouveau dans des outres neuves et les deux sont gardés ensemble.
Comme il leur disait ces choses
voici, un chef s'approcha et l'adorait en disant :
— Ma fille est morte à l'instant
mais viens imposer la main sur elle et elle vivra.
Et, se levant, Jésus le suivait, ainsi que ses disciples.
Voici, une femme qui souffrait d'un flux de sang depuis douze ans
s'approcha par derrière, et toucha la frange de son manteau
car elle disait en elle-même :
— Si seulement je touche son manteau, je serai sauvée.
Jésus se retournant et la voyant dit :
— Confiance, ma fille, ta foi t'a sauvée.
Et la femme fut sauvée dès cette heure-là.
Jésus, en venant à la maison du chef,
et voyant les joueurs de flûte et la foule agitée
disait :
— Retirez-vous, car la jeune fille n’est pas morte, mais elle dort
et ils se moquaient de lui.
Lorsque la foule fut expulsée
il entra et il prit sa main et la jeune fille se leva.
Et cette rumeur se répandit dans tout ce pays-là.
Et comme Jésus passait plus loin, deux aveugles le suivirent, criant, et disaient :
— Aie pitié de nous, fils de David !
Comme il arrivait à la maison, les aveugles s’approchèrent de lui
et Jésus leur dit :
— Croyez-vous que je peux faire cela pour vous ?
Ils lui disent : — Oui, Seigneur.
Alors il toucha leurs yeux en disant :
— Selon votre foi qu'il vous soit fait !
Et leurs yeux s’ouvrirent
et Jésus les menaça en disant :
— Voyez, que personne ne [le] sache.
Mais eux, étant sortis, répandirent cette rumeur à son sujet dans tout ce pays-là.
Comme Jésus sortait,
on lui présenta un muet qui avait un démon.
Le démon ayant été expulsé, le muet parla
et les foules furent dans l'admiration, disant :
— Jamais rien de semblable n'a paru en Israël.
Mais les Pharisiens disaient :
— Par le chef des démons il expulse les démons.
Et Jésus circulait dans toutes les villes et les villages
enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’évangile du Royaume
et guérissant toute maladie et toute infirmité.
En voyant les foules, il fut saisi de pitié
parce qu'elles étaient mal traitées et abandonnées comme des brebis qui n'ont pas de berger.
Alors il dit à ses disciples :
— La moisson est abondante mais les ouvriers peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson de faire sortir des ouvriers pour sa moisson.
Puis, ayant appelé ses douze disciples
il leur donna pouvoir sur les esprits impurs pour les expulser
et pour guérir toute maladie et toute infirmité.
Et voici les noms des douze apôtres :
premier, Simon, qui est appelé Pierre, et André, son frère
Jacques, [le fils] de Zébédée et Jean son frère
Philippe et Barthélemy
Thomas et Matthieu le publicain
et Jacques [le fils] d’Alphée et Thaddée
Simon le Cananéen et Judas Iscariote, celui qui le livra.
Ces douze, Jésus les envoya en leur commandant et disant :
— N'allez pas sur le chemin des nations
et n’entrez pas dans les villes des Samaritains
allez plutôt vers les brebis de la maison d’Israël qui ont disparu.
En [y] allant, proclamez en disant :
— Le royaume des cieux approche.
Guérissez les malades
ressuscitez les morts
purifiez les lépreux
expulsez les démons.
Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement.
Ne possédez or ni argent
ni monnaie pour vos ceintures
ni besace pour la route
ni deux tuniques
ni sandales
ni bâton
car l’ouvrier est digne de sa nourriture.
En quelque ville ou quelque village où vous entrerez
demandez qui y est digne
et demeurez là jusqu’à ce que vous partiez.
En entrant dans la maison, saluez-la.
Si la maison est digne
que votre paix vienne sur elle
mais si elle n’est pas digne
que votre paix retourne vers vous.
Celui qui ne vous accueillerait pas et n'écouterait pas vos paroles,
en sortant hors de la maison ou de la ville secouezavec force la poussière de vos pieds.
Amen, je vous dis :
— Ce sera plus tolérable pour la terre de Sodome et de Gomorrhe au jour du jugement que pour cette ville.
Voici, moi je vous envoie comme des brebis au milieu des loups
soyez donc prudents comme les serpents
et simples comme les colombes.
Méfiez-vous des hommes
car ils vous livreront aux conseils
et dans leurs synagogues vous flagelleront.
Vous serez amenés devant des gouverneurs et des rois à cause de moi en témoignage pour eux et les nations.
Lorsqu’on vous livrera
ne pensez pas à comment ou bien à ce que vous direz
car ce que vous direz vous sera donné à cette heure-là.
Car ce n’est pas vous qui parlez
mais l’Esprit de votre Père qui parle en vous.
Le frère livrera son frère à la mort
le père son fils
les fils se dresseront contre les parents et leur feront subir la mort.
Vous serez haïs de tous à cause de mon nom
celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé.
Lorsqu’on vous persécutera dans cette ville
fuyez dans l'autre
Amen, je vous dis :
— Vous n’aurez pas fini [de parcourir] les villes d’Israël
avant que vienne le Fils de l’homme.
Le disciple n'est pas au-dessus du maître
ni l'esclave au-dessus de son seigneur.
Il suffit pour le disciple qu'il soit comme son maître
et l'esclave comme son seigneur.
S'ils ont appelé Béelzébub le père de famille
[ils appelleront] bien davantage ceux de sa maison !
Ne les craignez donc pas
car il n’y a rien de caché qui ne sera dévoilé
et de secret qui ne sera connu.
Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites[-le] à la lumière
et ce que vous entendez dans l’oreille, proclamez[-le] sur les toits.
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps
mais ne peuvent tuer l’âme
craignez plutôt celui qui peut perdre à la fois l’âme et le corps dans la géhenne.
Est-ce que deux moineaux ne se vendent pas pour un as ?
Et pas un d’entre eux ne tombera à terre sans votre Père.
Pour vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
Ne craignez donc pas
vous valez mieux que beaucoup de moineaux.
Quiconque donc me confessera devant les hommes
moi aussi je le confesserai devant mon Père qui est dans les cieux
celui qui me reniera devant les hommes
moi aussi, je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux.
Ne pensez pas que je sois venu jeter la paix sur la terre
je ne suis pas venu jeter la paix mais le glaive.
Car je suis venu séparer l'homme contre son père
la fille contre sa mère
la belle-fille contre sa belle-mère
et les ennemis de l'homme [seront] ceux de sa maison.
Qui aime père ou mère plus que moi
n’est pas digne de moi
et qui aime fils ou fille plus que moi
n’est pas digne de moi
celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas
n’est pas digne de moi.
Qui trouve sa vie la perdra
et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera.
Celui qui vous reçoit me reçoit
et celui qui me reçoit reçoit celui qui m’a envoyé.
Celui qui reçoit un prophète en qualité de prophète recevra un salaire de prophète
et celui qui reçoit un juste en qualité de juste recevra un salaire de juste.
Et quiconque aura donné à boire seulement un verre d'eau fraîche à l'un de ces petits en qualité de disciple,
amen, je vous dis : — Il ne perdra pas son salaire.
Il advint que lorsque Jésus eut fini de donner ses prescriptions à ses douze disciples
il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes.
Jean, quand il eut entendu, [pris] dans les chaînes, les œuvres du Christ
envoya deux de ses disciples,
et lui dit :
— Toi, es-tu celui qui doit venir ou est-ce un autre que nous attendons ?
Et répondant Jésus leur dit :
— Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez :
les aveugles voient
les boiteux marchent
les lépreux sont purifiés
les sourds entendent
les morts ressuscitent
les pauvres sont évangélisés.
Heureux celui qui ne sera pas scandalisé à mon sujet !
Comme ils s’en allaient
Jésus commença à dire aux foules au sujet de Jean :
— Qu'êtes-vous sortis voir au désert ?
Un roseau agité par le vent ?
Mais qu’êtes-vous sortis voir ?
Un homme vêtu de façon délicate ?
Voici, ceux qui sont vêtus de façon délicate sont dans les maisons des rois
mais qu'êtes-vous sortis voir ?
Un prophète ?
Oui, je vous dis, et plus qu’un prophète.
Car c'est celui dont il est écrit :
« Voici, moi, j’envoie devant ta face mon messager qui préparera ton chemin devant toi. »
Amen, je vous dis :
— Il ne s'est pas levé, parmi ceux qui sont nés des femmes, de plus grand que Jean-Baptiste
mais le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui.
Depuis les jours de Jean-Baptiste jusqu’à maintenant, le royaume des cieux souffre violence
et des violents le ravissent.
Car tous les prophètes et la Loi ont prophétisé jusqu’à Jean
et si vous voulez accueillir [ceci] : lui-même c'est Élie qui doit venir
que celui qui a des oreilles pour entendre entende !
À qui estimerai-je semblable cette génération ?
Elle est semblable à des enfants assis sur la place publique
qui, criant aux camarades,
disent :
— Nous avons chanté pour vous et vous n’avez pas dansé
nous nous sommes lamentés et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine.
Jean en effet est venu sans manger ni boire
et ils disent : — Il a un démon !
Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant
et ils disent :
— Voici un homme glouton et un buveur de vin
un ami des publicains et des pécheurs
mais la sagesse a été justifiée par ses fils.
Alors il se mit à faire des reproches aux villes où avaient été faits le plus grand nombre de ses miracles
parce qu’elles n’avaient pas fait pénitence :
— Malheur à toi, Corazaïn !
Malheur à toi, Bethsaïde !
Car si les miracles qui ont été faits au milieu de vous avaient été faits dans Tyr et Sidon
il y a longtemps qu’elles auraient fait pénitence dans le cilice et la cendre.
Cependant je vous dis :
— Pour Tyr et Sidon ce sera plus supportable au jour du jugement que pour vous.
Et toi, Capharnaüm, est-ce que tu seras élevée jusqu’au ciel ?
Tu descendras jusqu'en Enfer
parce que si les miracles qui ont été faits au milieu de toi avaient été faits dans Sodome
elle aurait peut-être subsisté jusqu’à ce jour.
Mais cependant je vous dis :
— Ce sera plus supportable pour le pays de Sodome au jour du jugement que pour toi.
En ce temps-là, prenant la parole, Jésus dit :
— Je te confesse, Père, Seigneur du ciel et de la terre
parce que tu as caché ces choses aux sages et aux prudents
et les as révélées aux petits enfants.
Oui, Père, parce que tel a été ton bon plaisir.
Tout m'a été livré par mon Père
et personne ne connaît le Fils si ce n’est le Père
et personne ne connaît le Père si ce n’est le Fils
et celui à qui le Fils aura voulu le révéler.
Venez à moi, vous tous qui peinez et êtes accablés
et moi, je vous donnerai du repos.
Prenez mon joug sur vous
et apprenez de moi car je suis doux et humble de cœur
et vous trouverez du repos pour vos âmes
car mon joug est suave et mon fardeau léger.
En ce temps-là, le sabbat, Jésus alla à travers les plantations
et ses disciples, ayant faim, se mirent à arracher des épis et à manger.
Les pharisiens, voyant [cela], lui dirent :
— Voici, tes disciples font ce qu'il ne leur est pas permis de faire, un sabbat !
Mais il leur dit :
— N’avez-vous pas lu ce que fit David lorsqu’il eut faim, et ceux qui étaient avec lui
comment il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de proposition
qu'il ne lui était pas permis de manger, ni à ses compagnons
mais aux prêtres seuls ?
Ou n’avez-vous pas lu dans la Loi
que, le jour du sabbat, les prêtres dans le temple profanent le sabbat sans être en faute ?
Or je vous dis qu’il y a ici plus grand que le temple.
Si vous aviez su ce que signifie : « — Je veux la miséricorde et non le sacrifice »
jamais vous n’auriez condamné les innocents.
En effet, il est le maître, le Fils de l’homme, même du sabbat.
Et, partant de là, il vint dans leur synagogue
et voici un homme qui avait une main sèche
et ils l'interrogeaient en demandant s'il est permis de guérir le sabbat
afin de l’accuser.
Combien un homme vaut bien plus qu’une brebis !
Ainsi il est permis de faire du bien le sabbat.
Alors il dit à l’homme :
— Étends ta main.
Et il l’étendit
et elle redevint saine comme l’autre.
Sortant, les Pharisiens tenaient conseil contre lui
sur la manière de le faire périr.
Mais Jésus, le sachant, se retira de là
et beaucoup le suivirent, et il les guérit tous
et il leur ordonna de ne pas le faire connaître
afin que s’accomplît ce qui fut dit par le prophète Isaïe disant :
« — Voici mon serviteur que j’ai choisi
mon bien-aimé en qui mon âme a trouvé son bon plaisir.
Je placerai mon Esprit sur lui et il annoncera le jugement aux nations.
Il ne disputera pas, ni ne criera, et personne n’entendra sa voix sur les places.
Il ne brisera pas le roseau broyé et n’éteindra pas la mèche de lin qui fume
jusqu’à ce qu’il ait mené le jugement à la victoire
et en son nom les nations espéreront. »
On lui présenta alors un homme, ayant un démon, aveugle et muet et il le guérit
de sorte qu'il parlait et voyait.
Et toutes les foules étaient frappées de stupeur et disaient :
— Celui-ci n'est-il pas le Fils de David ?
Mais les Pharisiens, entendant [cela], dirent :
— Celui-ci n'expulse les démons que par Béelzébub le chef des démons.
Et, connaissant leurs pensées, Jésus leur dit :
— Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté
et toute ville ou maison
divisée contre elle-même ne se maintiendra pas.
Si Satan expulse Satan, il est divisé contre lui-même.
Comment donc se maintiendra son royaume ?
Et si moi c'est par Béelzébub que j'expulse les démons,
vos fils, par qui les expulsent-ils ?
C’est pourquoi eux-mêmes seront vos juges.
Mais si moi c’est par l’Esprit de Dieu que j'expulse les démons
c'est donc qu'est arrivé jusqu'à vous le royaume de Dieu.
Ou bien comment quelqu’un peut-il entrer dans la maison du fort
et piller son équipement
s'il n'a pas d'abord lié le fort ?
Et alors il pillera sa maison.
Qui n’est pas avec moi est contre moi
et qui ne rassemble pas avec moi disperse.
C’est pourquoi je vous dis :
— Tout péché et blasphème sera remis aux hommes
mais le blasphème de l’Esprit ne sera pas remis .
Et quiconque aura dit une parole contre le Fils de l’homme, il lui sera remis
mais qui aura dit [une parole] contre l’Esprit Saint, il ne lui sera pas remis ni dans ce siècle ni dans celui qui vient.
Ou faites que l’arbre soit bon et son fruit [sera] bon
ou faites que l’arbre soit mauvais et son fruit [sera] mauvais
car c’est au fruit qu’on connaît l’arbre.
Engeance de vipères, comment pouvez-vous dire de bonnes choses alors que vous êtes mauvais ?
Car c'est de l’abondance du cœur que la bouche parle.
L’homme bon tire de son bon trésor de bonnes choses
et l’homme mauvais tire de son mauvais trésor de mauvaises choses.
Or je vous le dis :
— De toute parole oisive que les hommes auront proférée
ils en rendront compte au jour du jugement.
C’est en effet d’après tes paroles que tu seras justifié
et d’après tes paroles que tu seras condamné.
Alors quelques-uns des scribes et des Pharisiens prirent la parole et lui dirent :
— Maître, nous voulons voir de toi un signe.
Prenant la parole, il leur dit :
— Génération mauvaise et adultère, elle recherche un signe
et de signe, il ne lui sera pas donné, sinon le signe de Jonas le prophète
car de même que Jonas fut dans le ventre du monstre marin trois jours et trois nuits
ainsi le Fils de l’homme sera dans le cœur de la terre trois jours et trois nuits.
Les hommes de Ninive se lèveront au jugement avec cette génération
et la condamneront
parce qu'ils firent pénitence à la prédication de Jonas
et voici, il y a ici plus que Jonas.
La reine du Midi se dressera au jugement avec cette génération
et la condamnera
parce qu'elle est venue des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon
et voici, il y a ici plus que Salomon.
Lorsque l’esprit impur est sorti de l'homme
il parcourt des lieux arides cherchant du repos et il n'en trouve pas.
Alors il dit :
— Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti.
Et, en arrivant, il la trouve vacante
balayée et ornée.
Alors il dit :
— Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti.
Et, en arrivant, il la trouve vacante
purifiée à coups de balai et ornée.
Alors il s’en va et prend avec lui sept autres esprits plus mauvais que lui
et ils entrent et habitent là
et le dernier [état] de cet homme devient pire que le premier.
Ainsi en sera-t-il aussi pour cette génération très mauvaise.
Comme il était encore en train de parler aux foules
voici, sa mère et ses frères se tenaient dehors, cherchant à lui parler.
Quelqu’un lui dit :
— Voici, ta mère et tes frères se tiennent dehors te cherchant.
Mais lui, répondant, dit à celui qui lui parlait :
— Qui est ma mère et qui sont mes frères ?
Et étendant la main sur ses disciples il dit :
— Voici ma mère et mes frères
car quiconque fera la volonté de mon Père qui est dans les cieux,
celui-là est pour moi un frère et une sœur et une mère !
En ce jour-là, sortant de la maison, Jésus était assis au bord de la mer
et des foules nombreuses s’assemblèrent près de lui
si bien que lui, montant dans une barque, s'assit
et toute la foule se tenait debout sur le rivage.
Et il leur parla de beaucoup de choses en paraboles, disant :
— Voici, le semeur sortit pour semer.
Et pendant qu’il sème
il en tomba au bord du chemin
et vinrent les oiseaux et ils les dévorèrent
d’autres tombèrent sur la pierraille où ils n’avaient pas de terre abondante
et aussitôt ils levèrent parce qu’ils n’avaient guère de profondeur de terre
le soleil une fois levé, ils furent brûlés
et pour n’avoir pas de racine furent desséchés.
D’autres encore tombèrent sur les épines
et elles montèrent, ces épines, à les étouffer.
D’autres enfin tombèrent sur la terre, la bonne,
et ils donnaient du fruit
celui-ci cent
celui-là soixante
celui-là trente.
Que celui qui a des oreilles pour entendre entende !
Et, s’étant approchés, les disciples lui dirent :
— Pourquoi est-ce en paraboles que tu leur parles ?
Répondant, il leur dit :
— Parce qu’à vous il a été donné de connaître les mystères du royaume des cieux
mais à eux [cela] n’a pas été donné.
Car celui qui a, il lui sera donné et il sera dans l'abondance
mais celui qui n’a pas, même ce qu’il a lui sera enlevé.
C’est pourquoi je leur parle en paraboles parce qu'en regardant ils ne regardent pas
et en entendant il n’entendent pas ni ne comprennent.
Et pour eux s’accomplit la prophétie d’Isaïe disant :
— Vous entendrez de vos oreilles et vous ne comprendrez pas
et en regardant vous regarderez mais vous ne verrez pas.
Car le cœur de ce peuple s'est engraissé
et des oreilles ils ont entendu pesamment
et leurs yeux ils les ont fermés
de peur qu’ils ne voient des yeux
que des oreilles ils n’entendent
que de cœur ils comprennent
qu’ils ne se convertissent et que je les guérisse.
Quant à vous, heureux vos yeux, parce qu'ils voient
et vos oreilles parce qu'elles entendent.
Amen, je vous dis en effet :
— Beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez et n'ont pas vu
et entendre ce que vous entendez et n'ont pas entendu.
Écoutez donc, vous, la parabole de celui qui a semé :
Quiconque écoute la parole du Royaume et ne comprend pas,
survient le malin, et il dérobe ce qui a été semé dans son cœur :
c’est celui qui a été semé le long du chemin.
Quant à celui qui a été semé sur la pierraille
c’est celui qui écoute la parole et aussitôt l’accueille avec joie
mais il n’a pas de racine en lui-même, il est au contraire l'homme d'un moment ;
que survienne une oppression et une persécution à cause de la Parole
aussitôt il est scandalisé.
Quant à celui qui a été semé dans les épines
c’est celui qui écoute la parole
mais le souci de ce monde et la séduction des richesses étouffent la parole
et il devient infructueux.
Mais celui qui a été semé sur la bonne terre
c’est celui qui écoute la parole et comprend
et il porte du fruit
et produit, l'un cent
l’autre soixante
l’autre trente.
Il leur proposa une autre parabole, disant :
— Le royaume des cieux a été fait semblable à un homme semant de la bonne semence dans son champ.
Pendant le sommeil des hommes vint son ennemi
par-dessus il sema des zizanes au milieu du blé et partit.
Lorsque l’herbe poussa et qu’elle fit du fruit
alors apparurent aussi les zizanes.
Alors, s’étant approchés, les serviteurs du père de famille lui dirent :
— Seigneur n’est-ce pas de la bonne semence que tu as semé dans ton champ ?
D’où vient donc qu’il a des zizanes ?
Et lui leur affirma :
— Un homme ennemi a fait cela.
Alors les serviteurs lui dirent :
— Veux-tu que nous allions les ramasser ?
Mais il dit : — Non
de peur qu’en ramassant les zizanes vous ne déraciniez en même temps avec elles le blé.
Laissez grandir ensemble les deux jusqu’à la moisson
et au temps de la moisson je dirai aux moissonneurs :
— Ramassez d’abord les zizanes et liez-les en bottes pour les brûler ;
quant au blé, rassemblez-le dans mon grenier.
Il leur proposa une autre parabole, disant :
— Le royaume des cieux est semblable à un grain de moutarde
qu’en prenant un homme a semé dans son champ :
c’est certes la plus petite de toutes les semences
mais lorsqu'elle a poussé, c’est la plus grande des plantes potagères
et elle devient un arbre
si bien que les oiseaux du ciel viennent nicher dans ses branches.
Il leur dit une autre parabole :
— Le royaume des cieux est semblable à du levain
qu’ayant pris, une femme a enfoui dans trois mesures de farine
jusqu’à ce que le tout ait levé.
Tout cela Jésus le parla en paraboles aux foules
et sans paraboles il ne leur parlait de rien
afin que fût accompli ce qui avait été dit par le prophète disant :
«— J’ouvrirai ma bouche en paraboles
je proférerai des choses cachées depuis la création du monde. »
Alors, ayant congédié les foules, il vint dans la maison
et ses disciples s’approchèrent de lui et dirent :
— Explique-nous la parabole des zizanies du champ.
Répondant, il dit :
— Celui qui sème la bonne semence c'est le Fils de l’homme
le champ, c’est le monde
la bonne semence, ce sont les fils du royaume
les zizanies, les fils du mauvais
l’ennemi qui les a semées, c'est le diable
la moisson, c'est la consommation du siècle
et les moissonneurs, ce sont les anges.
De même donc qu’on ramasse les zizanies et qu’on les brûle au feu
ainsi en sera-t-il à la consommation du siècle :
le Fils de l’homme enverra ses anges
et ils ramasseront de son royaume tous les scandales
et ceux qui commettent l'iniquité
et les jetteront dans la fournaise du feu
là seront le pleur et le grincement des dents
alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur père.
Que celui qui a des oreilles entende !
Le royaume des cieux est semblable à un trésor caché dans le champ :
un homme, l'ayant trouvé, le cache
et, dans sa joie, il s’en va et vend tout ce qu’il a et il achète ce champ.
Le royaume des cieux est encore semblable à un marchand qui cherche de bonnes perles :
ayant trouvé une perle précieuse,
il s’en alla et vendit tout ce qu’il avait et l’acheta.
Le royaume des cieux est encore semblable à un filet jeté dans la mer et ramassant toute espèce [de poissons] :
une fois qu’il a été rempli, l’ayant tiré [hors de l'eau] et s’étant assis sur le bord du rivage,
ils [les pécheurs] ont choisi les bons [pour les mettre] dans des vases
mais les mauvais, ils les ont jetés dehors .
Ainsi en sera-t-il à la consommation du siècle :
les anges sortiront et ils sépareront les méchants du milieu des justes
et ils les jetteront dans la fournaise du feu.
Là seront le pleur et le grincement des dents.
: — Avez-vous compris tout cela ?
Ils lui disent : — Oui .
Il leur dit :
— C’est pourquoi tout scribe instruit au sujet du royaume des cieux
est semblable à un homme père de famille
qui tire de son trésor du neuf et du vieux.
Et il advint, lorsque Jésus eut terminé ces paraboles, qu’il partit de là
et, arrivant dans sa patrie, il les enseignait dans leurs synagogues
de telle sorte qu’ils étaient frappés d'étonnement et disaient :
— D’où lui viennent cette sagesse et les miracles ?
Celui-ci n'est-il pas le fils du charpentier ?
Est-ce que sa mère ne s’appelle pas « Marie»
et ses frères « Jacques », « Joseph », « Simon » et « Juda » ?
Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes chez nous ?
D’où lui vient donc tout cela ?
Et ils se scandalisaient à son sujet.
Mais Jésus leur dit :
— Un prophète n'est sans honneur que dans sa patrie et dans sa maison
et il ne fit pas là beaucoup de miracles à cause de leur incrédulité.
En ce temps-là Hérode le tétrarque entendit [parler] de la renommée de Jésus
et il dit à ses serviteurs :
— Celui-ci est Jean-Baptiste.
Lui, il est ressuscité des morts
voilà pourquoi les miracles agissent en lui.
Car Hérode avait saisi Jean et l’avait lié et mis en prison
à cause d’Hérodiade la femme de son frère,
car Jean lui disait :
— Il ne t’est pas permis de l’avoir.
Et tout en voulant le tuer, il craignit le peuple
parce qu'il le tenait pour un prophète.
Au jour de l'anniversaire d’Hérode la fille d’Hérodiade dansa au milieu et plut à Hérode
aussi il promit avec serment de lui donner tout ce qu’elle demanderait de lui
mais elle, prévenue par sa mère :
— Donne-moi, dit-elle, ici, dans un plat rond, la tête de Jean le Baptiste
et le roi fut attristé
à cause du serment et de ceux qui étaient attablés ensemble [avec lui], il ordonna qu'elle [lui] soit donnée
et il envoya décapiter Jean dans la prison
et sa tête fut apportée dans un plat rond
et fut donnée à la jeune fille et elle la porta à sa mère
et s'approchant, ses disciples prirent le corps et l'ensevelirent
puis ils vinrent l'annoncer à Jésus.
L'ayant appris, Jésus se retira de là dans une barque vers un lieu désert à l'écart
et les foules l'ayant appris, le suivirent à pied des villes [voisines]
et en sortant il vit une foule nombreuse
et fut saisi de pitié pour eux et il guérit leurs malades.
Le soir venu ses disciples s'approchèrent de lui en disant :
— L'endroit est désert et l'heure est déjà passée
renvoie les foules afin qu'elles aillent dans les villages et s'achètent de la nourriture.
Jésus leur dit :
— Ils n'ont pas besoin de s'en aller
donnez-leur vous-mêmes à manger.
Ils lui répondirent :
— Nous n’avons rien ici si ce n'est cinq pains et deux poissons.
Et Il leur dit :
— Apportez-les-moi ici.
Et après avoir ordonné aux foules de s'allonger sur le foin
ayant pris les cinq pains et les deux poissons
tourné les yeux vers le ciel il bénit et rompit
et il donna aux disciples les pains
et les disciples aux foules.
Tous mangèrent et furent rassasiés
ils emportèrent les restes : douze paniers pleins de morceaux.
Or ceux qui mangèrent étaient : cinq mille hommes
sans les femmes et les enfants.
Et aussitôt il ordonna aux disciples de monter dans la barque
et de le précéder au-delà des flots jusqu'à ce qu'il ait renvoyé les foules.
Ayant renvoyé la foule il monta dans la montagne seul pour prier.
Le soir étant venu il était là seul
la barque était au milieu de la mer tourmentée par les vagues
le vent en effet était contraire.
À la quatrième veille de la nuit il vint vers eux en marchant sur la mer
et en le voyant marcher sur la mer ils furent troublés et dirent :
— C’est un fantôme !
et de peur ils crièrent
et aussitôt Jésus leur parla en disant :
— Ayez confiance, moi je suis, ne craignez pas.
Pierre répondant dit :
— Seigneur, si toi tu es, ordonne que je vienne vers toi sur les eaux
et il dit : — Viens !
et descendant de la barque Pierre marchait sur l'eau pour venir vers Jésus.
Mais voyant la violence du vent il prit peur
et comme il commençait à couler, il s'écria disant :
— Seigneur, sauve-moi !
Et aussitôt Jésus étendant la main le saisit
et lui dit :
— Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?
Et comme ils montaient dans la barque le vent cessa.
Ceux qui étaient dans la barque vinrent et l'adorèrent en disant :
Vraiment tu es Fils de Dieu.
Ayant traversé ils vinrent dans la terre de Génésar.
Les hommes de ce lieu le reconnaissant
envoyèrent [prévenir] dans toute cette région
et ils lui présentèrent tous ceux qui se portaient mal
et ils le priaient de toucher seulement la frange de son manteau
et tous ceux qui touchèrent furent sauvés.
Alors des pharisiens et des scribes de Jérusalem s’approchèrent de lui en disant :
— Pourquoi tes disciples transgressent-ils la tradition des anciens ?
En effet ils ne lavent pas leurs mains lorsqu’ils mangent du pain.
Répondant il leur dit :
— Pourquoi vous aussi transgressez-vous le commandement de Dieu à cause de votre tradition ?
Dieu en effet a dit :
« — Honore le père et la mère »,
et : « — Celui qui maudit père ou mère qu'il soit mis à mort. »
Mais vous, vous dites :
— Quiconque dit au père ou à la mère : — Ce qui vient de moi [et] qui t'est utile est une offrande
et il n'honorera pas son père ou sa mère
et vous avez transgressé le commandement de Dieu à cause de votre tradition.
Hypocrites, Isaïe a bien prophétisé de vous en disant :
« — Ce peuple m’honore des lèvres mais leur cœur est loin de moi. »
C'est en vain qu'ils m'honorent
enseignant des doctrines préceptes d’hommes.
Ayant appelé à lui les foules il leur dit :
— Écoutez et comprenez !
Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme
mais ce qui sort de la bouche c'est cela qui souille l’homme.
Alors s'approchant ses disciples lui dirent :
— Sais-tu que les Pharisiens en entendant la parole ont été scandalisés ?
Répondant il dit :
— Toute plante que n’a pas plantée mon Père céleste sera arrachée.
Laissez-les : ils sont aveugles guides d'aveugles.
Un aveugle s'il est guidé par un aveugle, tous deux tombent dans une fosse.
Pierre répondant lui dit :
— Explique-nous cette parabole.
Il dit :
— Vous aussi vous êtes encore sans intelligence ?
Ne comprenez-vous pas que tout ce qui entre dans la bouche va dans le ventre et est rejeté dans un lieu retiré ?
Ce qui sort de la bouche vient du cœur
c’est cela qui souille l’homme.
En effet, c'est du cœur que sortent des pensées mauvaises :
meurtres, adultères
fornications, vols
faux témoignages, blasphèmes.
C'est cela qui souille l’homme
mais manger avec des mains non lavées ne souille pas l’homme
et sortant de là Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon
et voici, une femme cananéenne, sortant de cette contrée, cria en lui disant :
— Prends pitié de moi, Seigneur, Fils de David
ma fille est sévèrement tourmentée par un démon.
Il ne lui répondit pas une parole
et s'approchant, ses disciples le priaient en disant :
— Renvoie-la car elle crie après nous.
Répondant il dit :
— Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël.
Elle vint et l'adora en disant :
— Seigneur aide-moi !
Prenant la parole il dit :
— Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et le jeter aux chiens.
Elle dit :
— Oui Seigneur !
En effet les petits chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres !
Alors Jésus répondant lui dit :
— O femme ta foi est grande qu’il advienne pour toi comme tu veux.
Et sa fille fut guérie dès cette heure-là.
Jésus partant de là vint au bord de la mer de Galilée
et montant sur la montagne il s'assit là
et des foules nombreuses s'approchèrent de lui
ayant avec elles des muets, des boiteux, des aveugles, des estropiés et beaucoup d'autres
ils les jetèrent à ses pieds et il les guérit
de sorte que les foules s'émerveillèrent
en voyant des muets parler
des boiteux marcher
et des aveugles voir
et ils glorifiaient le Dieu d'Israël.
Jésus ayant appelé ses disciples dit :
— J’ai pitié de la foule
car depuis trois jours déjà qu’ils restent près de moi et ils n’ont rien à manger.
Je ne veux pas les renvoyer à jeun de peur qu'ils ne défaillent en chemin.
Les disciples lui disent :
— Comment donc aurions-nous dans un désert assez de pains pour rassasier une telle foule ?
Et Jésus leur dit :
— Combien de pains avez-vous ?
Ils dirent :
— Sept et quelques petits poissons.
Alors il ordonna à la foule de s'étendre par terre
et prenant les sept pains et les poissons
et rendant grâces il [les] rompit et [les] donna à ses disciples
et les disciples donnèrent au peuple
et tous mangèrent et furent rassasiés
et ce qui restaient des morceaux ils enlevèrent sept corbeilles pleines.
Ceux qui avaient mangé étaient quatre mille hommes
sans les enfants et les femmes
et renvoyant la foule il monta dans la barque
et vint dans le territoire de Magédan.
Et s'approchant de lui les Pharisiens et les Sadducéens en l'éprouvant
lui demandèrent de leur montrer un signe [venant] du ciel.
Répondant il leur dit :
— Le soir venu vous dites : — il fera beau car le ciel est rouge,
et le matin : — aujourd'hui tempête
car le ciel rougit sombre.
L'apparence du ciel vous savez [la] discerner
mais les signes des temps, vous ne pouvez pas ?
Une génération mauvaise et adultère réclame un signe
et de signe il ne lui sera pas donné sinon le signe de Jonas
et les laissant, il s’en alla.
En allant sur l'autre rive ses disciples oublièrent de prendre des pains.
Il leur dit :
— Voyez et méfiez-vous du levain des Pharisiens et des Sadducéens.
Ils réfléchissaient en eux-mêmes en disant :
— Nous n’avons pas pris de pains.
[Le] sachant Jésus dit :
— Pourquoi pensez-vous en vous-mêmes, hommes de peu de foi, que vous n'avez pas de pains ?
Vous ne comprenez pas encore et vous ne vous rappelez pas les cinq pains des cinq mille hommes
et combien de couffins vous avez emportés ?
Ni les sept pains des quatre mille hommes
et combien de corbeilles vous avez emportées ?
Comment ne comprenez-vous pas que ce n'est pas à propos du pain que je vous ai dit :
— Méfiez-vous du levain des Pharisiens et des Sadducéens !
Alors ils comprirent qu’il n'avait pas dit de se méfier du levain des pains
mais de la doctrine des Pharisiens et des Sadducéens.
Jésus vint aux environs de Césarée de Philippe
et il interrogeait ses disciples, disant :
— Qui, disent les hommes, est « le Fils de l’homme » ?
Eux dirent alors :
— Les uns Jean-Baptiste,
d'autres Élie,
d'autres encore Jérémie ou un des prophètes.
Il leur dit :
— Mais vous, qui dites-vous que je suis ?
Répondant, Simon Pierre dit :
— Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant.
Répondant Jésus lui dit :
— Heureux es-tu Simon bar Jona
car chair et sang ne t'a pas fait cette révélation,
mais mon Père qui est dans les cieux
et moi je te dis que tu es « Pierre »
et sur cette pierre je bâtirai mon Église
et les portes de l'Enfer ne prévaudront pas sur elle
et je te donnerai les clefs du royaume des cieux,
ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux
et ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux.
Alors il ordonna à ses disciples qu'ils ne disent à personne qu'il était, lui Jésus, le Christ.
À partir de là, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait s'en aller à Jérusalem,
y souffrir beaucoup de la part des anciens, des scribes et des grands prêtres,
être tué et, le troisième jour, ressusciter.
Pierre, le prenant à part, se mit à le réprimander en disant :
— Dieu t'en garde Seigneur ! Cela ne t'arrivera pas.
Se retournant il dit à Pierre :
— Va-t’en derrière moi Satan, tu es un scandale pour moi
car tu ne goûtes pas les choses de Dieu, mais celles des hommes.
Alors Jésus dit à ses disciples :
— Si quelqu’un veut venir derrière moi, qu’il se renie lui-même
et qu’il prenne sa croix et qu'il me suive.
En effet celui qui voudra sauver sa vie la perdra
celui qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera.
En quoi est-il utile à l’homme s'il gagne l'univers entier
mais souffre de la perte de sa vie ?
Ou que donnera l’homme en échange de sa vie ?
En effet, le Fils de l'homme va venir dans la gloire de son Père avec ses anges,
alors il rendra à chacun selon ses oeuvres.
Amen je vous dis :
— Il y en a certains de ceux qui se tiennent ici
qui ne goûteront pas la mort avant d'avoir vu le Fils de l’homme venant dans son royaume.
Six jours après, Jésus prend Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l’écart sur une haute montagne
et il fut transfiguré devant eux
son visage resplendit comme le soleil
et ses vêtements devinrent blancs comme la neige.
Et voici, Moïse et Élie leur apparurent parlant avec lui.
Pierre intervenant dit à Jésus :
— Seigneur, il est bon que nous soyons ici
si tu veux faisons ici trois tentes
une pour toi et une pour Moïse et une pour Élie.
Comme il parlait encore
voici, une nuée lumineuse les couvrit de son ombre
et voici une voix de la nuée disant :
— Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je me suis complu : écoutez-le.
En entendant [cela] les disciples tombèrent sur leur face et craignirent beaucoup
et Jésus s'approcha et les toucha et leur dit :
— Levez-vous et ne craignez pas.
Levant leurs yeux, ils ne virent personne sinon Jésus seul.
Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur ordonna en disant :
— Ne dites à personne cette vision, jusqu’à ce que le Fils de l’homme ressuscite des morts.
Les disciples l’interrogèrent en disant :
— Pourquoi donc les scribes disent-ils qu’il faut qu’Élie vienne d’abord ?
Répondant il leur dit :
— Assurément Élie doit venir et il restaurera toutes choses.
Je vous dis qu’Élie est déjà venu ; ils ne l’ont pas reconnu
mais ils lui ont fait tout ce qu'ils ont voulu.
De même aussi, le Fils de l’homme aura à souffrir par eux.
Alors les disciples comprirent qu’il leur avait parlé de Jean-Baptiste.
Quand il fut arrivé près de la foule
un homme s’approcha de lui et tombant à genoux devant lui en disant :
— Seigneur, aie pitié de mon fils
parce qu'il est lunatique et il va très mal
en effet il tombe souvent dans le feu et fréquemment dans l'eau.
Je l'ai présenté à tes disciples et ils n'ont pas été capables de le guérir.
Répondant, Jésus dit :
— O génération incrédule et perverse,
jusques à quand serai-je avec vous ?
Jusques à quand vous supporterai-je ?
Amenez-le moi ici.
Jésus le menaça,
le démon sortit de lui,
et l'enfant fut guéri dès cette heure-là.
Alors les disciples s'approchèrent de Jésus en secret et dirent :
— Pourquoi n'avons-nous pas été capables de l'expulser ?
Il leur dit :
— À cause de votre incrédulité.
Amen, je vous dis en effet,
si vous avez de la foi comme une graine de moutarde
vous direz à cette montagne : passe d'ici et elle passera
et rien ne vous sera impossible.
Ce genre [de démon] n'est pas expulsé, si ce n'est par la prière et le jeûne.
Pendant qu'ils se trouvaient en Galilée, Jésus leur dit :
— Le Fils de l'homme doit être livré aux mains des hommes
et ils le tueront et le troisième jour il ressuscitera
et ils furent vivement attristés.
Comme ils étaient venus à Capharnaüm,
ceux qui perçoivent la didrachme s'approchèrent de Pierre et dirent :
— Votre maître ne s'acquitte-t-il pas des didrachmes ?
Il dit : — Oui.
Et lorsqu'il entra dans la maison, Jésus le devança en disant :
— Qu'en penses-tu Simon ?
Les rois de la terre de qui reçoivent-ils le tribut ou le cens ?
De leurs fils ou des étrangers ?
Il dit : — Des étrangers.
Jésus dit :
— Donc les fils sont libres.
Afin que nous ne les scandalisions pas,
va à la mer et jette l'hameçon ;
le premier poisson qui montera : prends-le ;
en ouvrant sa bouche tu trouveras un statère.
L'ayant pris, donne-le-leur pour moi et toi.
Ø
À cette heure-là, les disciples s'approchèrent de Jésus en disant :
— Qui considères-tu le plus grand dans le royaume des cieux ?
Jésus appelant un petit enfant il le plaça au milieu d'eux
et dit :
— Amen je vous dis :
Si vous ne changez pas et ne devenez pas comme les petits enfants,
vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux.
Celui donc qui se sera humilié comme ce petit enfant
celui-là est le plus grand dans le royaume des cieux
et celui qui aura accueilli en mon nom un tel petit enfant, c’est moi qu’il accueille.
Celui qui aura scandalisé un de ces petits qui croient en moi
il est préférable pour lui que lui soit suspendue une meule d'âne au cou
et qu'il soit coulé dans la profondeur de la mer.
Malheur au monde à cause des scandales.
Il est nécessaire en effet qu'arrivent des scandales,
cependant malheur à l’ homme par lequel le scandale arrive.
Si ta main ou ton pied te scandalise, coupe-le et jette loin de toi :
il est mieux pour toi d'entrer dans la vie estropié ou boiteux
que d'être jeté ayant deux mains ou deux pieds dans le feu éternel
et si ton œil te scandalise, arrache-le et jette loin de toi :
il est mieux pour toi d'entrer borgne dans la vie
que d’être jeté ayant deux yeux dans la géhenne du feu.
Veillez à ne pas mépriser un de ces petits,
car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient sans cesse le visage de mon Père qui est dans les cieux
car le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu.
Que vous en semble ?
Si un homme avait cent brebis
et que se perdait l'une d'elles
est-ce qu'il ne laisserait pas les quatre-vingt-dix-neuf dans les montagnes,
et il irait chercher celle qui était perdue ?
Et s’il arrive qu'il la retrouve,
amen, je vous dis qu'il se réjouira pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas perdues.
Ainsi ce n'est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu'un seul de ces petits périsse.
Si ton frère pèche contre toi,
va, réprimande-le entre toi et lui seul :
s’il t’écoute, tu auras gagné ton frère ;
s’il ne t'écoute pas, prends avec toi encore un ou deux
afin que toute sentence soit fondée sur la bouche de deux ou trois témoins;
s’il ne les écoute pas, dis-le à l’Église ;
et s'il n'écoute pas non plus l’Église, qu’il soit pour toi comme le païen et le publicain.
Amen je vous dis :
— Tout ce que vous aurez lié sur la terre sera aussi lié dans le ciel
et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera aussi délié dans le ciel.
De nouveau, je vous dis :
— Si deux d'entre vous s'accordent sur la terre
sur toute chose qu'ils demandent, cela leur adviendra de la part de mon Père qui est dans les cieux.
Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom,
je suis là au milieu d’eux.
Alors Pierre, s’approchant de lui , dit :
— Seigneur combien de fois mon frère péchera contre moi et lui pardonnerai-je ?
Jusqu’à sept fois ?
Jésus lui dit :
— Je ne te dis pas « jusqu’à sept fois », mais : jusqu’à soixante-dix fois sept fois.
C’est pourquoi le royaume des cieux est semblable à un homme roi
qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs
et en commençant à régler les comptes
lui fut amené quelqu'un qui devait dix mille talents.
Comme il n’avait pas de quoi rendre
le seigneur ordonna qu'il soit vendu
avec sa femme et les enfants et tout ce qu’il avait et que [cela lui] soit rendu.
Tombant alors à ses pieds, ce serviteur le priait en disant :
— Sois patient envers moi et je te rendrai tout.
Saisi de pitié, le seigneur de ce serviteur le renvoya et il lui remit la dette.
En sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent deniers ;
le saisissant il l'étranglait en disant :
— Rends ce que tu dois.
Tombant , son compagnon de service le priait en disant :
— Sois patient envers moi, et je te rendrai tout.
Lui ne voulut pas
mais, partant, il le jeta en prison jusqu'à ce qu'il eût rendu la dette.
Voyant donc ce qui était arrivé, ses compagnons furent très attristés ;
ils vinrent et rapportèrent à leur seigneur tout ce qui était arrivé.
En le convoquant, son seigneur lui dit :
— Serviteur mauvais : toute cette dette je te l'ai remise parce que tu m'avais supplié.
Ne fallait-il pas que tu aies pitié de ton compagnon comme moi aussi j'ai eu pitié de toi ?
En colère, son seigneur le livra aux bourreaux, jusqu’à ce qu’il eût rendu toute la dette.
C'est ainsi que mon Père céleste fera lui aussi pour vous,
si vous ne remettez pas chacun à son frère de [tout] votre coeur ses offenses.
Il advint quand Jésus eut achevé ces paroles
il partit de la Galilée
et vint dans le territoire de la Judée de l'autre côté du Jourdain.
Des foules nombreuses le suivirent et là il les guérit.
Des Pharisiens s'approchèrent de lui en le mettant à l'épreuve et en disant :
— Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme pour n'importe quel motif ?
Répondant, il leur dit :
— N’avez-vous pas lu que celui qui fit dès le commencement les fit mâle et femelle ?
Et il dit :
— À cause de cela l’homme quittera père et mère et il s'attachera à sa femme
et ils seront les deux en une seule chair.
Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair.
Donc, ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas.
Ils lui disent :
— Pourquoi donc Moïse a-t-il commandé de donner un certificat de répudiation et de renvoyer ?
Il leur dit :
— Moïse vous a permis de renvoyer vos femmes à cause de votre dureté de coeur,
mais au commencement il n'en fut pas ainsi.
Je vous dis que celui qui aura renvoyé sa femme, si ce n’est pour fornication,
et aura épousé une autre est adultère.
Et celui qui aura épousé une renvoyée est adultère.
Ses disciples lui disent :
— Si telle est la condition de l’homme avec la femme, il n'est pas avantageux de se marier.
Il dit :
— Tous ne comprennent pas cette parole mais ceux à qui [cela] a été donné.
Il y a en effet des eunuques qui sont nés ainsi du ventre de leur mère ;
il y a des eunuques qui ont été rendus [tels] par les hommes ;
il y a des eunuques qui se sont castrés à cause du royaume des cieux.
Celui qui peut comprendre, qu'il comprenne !
Alors lui furent présentés des petits enfants pour qu’il leur impose les mains et prie.
Mais les disciples les rabrouaient.
Mais Jésus leur dit :
— Laissez les petits enfants et ne les empêchez pas de venir à moi,
car le royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent.
Et leur ayant imposé les mains, il partit de là.
Et voici, quelqu'un s'approchant lui dit :
— Bon maître, que ferai-je de bon pour avoir la vie éternelle ?
Il lui dit :
— Pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon ?
Un seul est bon : Dieu.
Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements.
Il lui dit : — Lesquels ?
Jésus dit :
— Tu ne commettras pas de meurtre,
tu ne commettras pas l’adultère,
tu ne commettras pas de vol,
tu ne porteras pas de faux témoignage,
honore père et mère,
tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Le jeune homme lui dit :
— Tout cela je l'ai gardé
que me manque-t-il encore ?
Jésus lui dit :
— Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu as et donne aux pauvres :
tu auras un trésor dans le ciel ;
et viens, suis-moi.
Entendant la parole, le jeune homme s'en alla triste,
car il avait en effet beaucoup de possessions.
Jésus dit à ses disciples :
— Amen je vous dis : un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux.
De nouveau je vous dis :
— Il est plus facile à un chameau d'entrer dans un trou d’aiguille
qu'à un riche d’entrer dans le royaume des cieux.
Les disciples ayant entendu cela étaient très étonnés et dirent :
— Qui donc pourra être sauvé ?
Fixant son regard Jésus leur dit :
— Pour les hommes c'est impossible
mais pour Dieu tout est possible.
Fixant son regard Jésus leur dit :
— Pour les hommes c'est impossible
pour Dieu tout est possible.
Alors, répondant, Pierre lui dit :
— Voici, nous avons tout quitté et nous t'avons suivi :
qu’en sera-t-il alors pour nous ?
Jésus leur dit alors :
— Amen je vous dis : vous qui m'avez suivi,
au temps de la regénération, lorsque le Fils de l'homme siègera sur le trône de sa majesté,
vous siègerez vous aussi sur douze trônes,
jugeant les douze tribus d'Israël.
Quiconque a laissé maison ou frères, ou sœurs, ou père, ou mère
ou femme, ou enfants, ou champs, à cause de mon nom
recevra le centuple et il possèdera la vie éternelle.
Beaucoup de premiers seront derniers et de derniers premiers.
Car le royaume des cieux est semblable à un homme père de famille
qui sortit tôt le matin pour embaucher des ouvriers pour sa vigne.
Étant convenu avec les ouvriers d'un denier par jour,
il les envoya dans sa vigne.
Étant sorti vers la troisième heure,
il en vit d’autres qui se tenaient oisifs sur la place publique
il leur dit :
— Allez vous aussi à la vigne,
je vous donnerai ce qui sera juste.
Ils allèrent.
De nouveau étant sorti vers la sixième et la neuvième heure il fit de même.
Vers la onzième il sortit et il en trouva d’autres qui se tenaient là et leur dit :
— Pourquoi vous tenez-vous ici tout le jour oisifs ?
Ils lui disent :
— Parce que personne ne nous a embauchés.
Il leur dit :
— Allez vous aussi à la vigne
Lorsqu'il se fit soir,
le seigneur de la vigne dit à son intendant :
— Appelle les ouvriers et rends-leur le salaire,
en commençant par les derniers jusqu’aux premiers.
Lorsque vinrent ceux qui étaient venus vers la onzième heure
ils reçurent chacun un denier.
Et en venant, les premiers pensèrent qu’ils recevraient plus,
mais ils reçurent eux aussi chacun un denier.
En [le] recevant ils murmuraient contre le père de famille
en disant :
— Ces derniers ont fait une heure
et tu les as faits égaux à nous qui avons avons porté le poids du jour et de la chaleur.
Mais, répondant à l'un d'entre eux, il dit :
— Ami, je ne te fais pas de tort.
N'es-tu pas convenu d'un denier avec moi ?
Prends ce qui est à toi et va.
Je veux aussi donner à ce dernier comme à toi.
Ou ne m’est-il pas permis de faire ce que je veux ?
ou ton oeil est-il mauvais parce que moi je suis bon ?
Ainsi les derniers seront premiers et les premiers derniers.
Car beaucoup sont appelés mais peu élus.
Et montant à Jérusalem, Jésus prit à part les douze disciples et leur dit :
— Voici, nous montons à Jérusalem :
le Fils de l’homme sera livré aux chefs des prêtres et aux scribes,
et ils le condamneront à mort,
et ils le livreront aux païens pour être moqué et flagellé et crucifié,
et le troisième jour il ressuscitera.
Alors s'approcha de lui la mère des fils de Zébédée avec ses fils,
se prosternant et lui demandant quelque chose.
Il lui dit :
— Que veux-tu ?
Elle lui dit :
— Dis que mes deux fils que voici siègent un à ta droite et un à gauche dans ton royaume.
Répondant Jésus dit :
— Vous ne savez pas ce que vous demandez.
Pouvez-vous boire la coupe que moi je vais boire
?
Ils lui disent : — Nous pouvons.
Il leur dit :
— Ma coupe vous la boirez
Quant à siéger à ma droite ou à gauche,
ce n'est pas à moi de vous le donner,
mais à ceux pour qui [cela] a été préparé par mon père.
Entendant [cela], les dix s’indignèrent contre les deux frères.
Mais Jésus les appela à lui, et dit :
— Vous savez que les chefs des nations les dominent,
et ceux qui sont grands exercent leur pouvoir sur elles.
Il n’en sera pas ainsi parmi vous
mais celui qui voudra devenir le plus grand parmi vous
qu'il soit votre serviteur,
celui qui voudra parmi vous être premier
sera votre esclave.
De même que le Fils de l’homme n'est pas venu pour être servi mais pour servir
et donner sa vie en rédemption pour une multitude.
Comme ils sortaient de Jéricho, une foule nombreuse le suivit.
Voici : deux aveugles assis au bord du chemin
entendirent que Jésus passait
crièrent en disant :
— Seigneur, aie pitié de nous, Fils de David !
La foule les réprimandait pour qu'ils se taisent ;
mais eux criaient plus fort disant :
— Seigneur, aie pitié de nous, Fils de David !
S’arrêtant Jésus les appela et dit :
— Que voulez-vous que je fasse pour vous ?
Ils lui disent :
— Seigneur, que nos yeux s'ouvrent !
Saisi de pitié pour eux, Jésus
toucha leurs yeux ;
et, aussitôt, ils virent et ils le suivirent.
Quand ils approchèrent de Jérusalem
et qu'ils furent venus à Bethphagé au mont des Oliviers,
alors Jésus envoya deux disciples
en leur disant :
— Allez au village qui est en face de vous.
Aussitôt vous trouverez une ânesse attachée et un petit avec elle,
détachez-les et amenez-les-moi.
Et si quelqu’un vous dit quelque chose
dites : — Le Seigneur en a besoin,
et immédiatement il les enverra.
ceci arriva
afin que soit accompli ce qui a été dit par le prophète disant :
« Dites à la fille de Sion :
— Voici que ton roi vient à toi doux et assis sur une ânesse et sur un petit fils de bête de somme. »
Les disciples allèrent et firent comme Jésus leur avait prescrit.
Ils amenèrent l’ânesse et le petit,
posèrent sur eux leurs manteaux et ils le firent asseoir dessus.
La foule très nombreuse étendit ses manteaux sur le chemin,
d’autres coupaient des rameaux des arbres et les étendaient sur le chemin.
Les foules qui précédaient et qui suivaient criaient en disant :
— Hosanna au Fils de David !
Béni celui qui va venir au nom du Seigneur !
Hosanna dans les hauteurs !
Comme il entrait dans Jérusalem, toute la ville fut secouée, disant :
— Qui est celui-ci ?
Les foules disaient :
— Celui-ci c'est Jésus le prophète de Nazareth en Galilée.
Jésus entra dans le temple de Dieu
et chassait tous les vendeurs et acheteurs dans le temple,
et les tables des changeurs il les renversa ainsi que les sièges des vendeurs de colombes.
il leur dit :
— Il est écrit : « Ma maison sera appelée maison de prière »
mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs.
Des aveugles et des boiteux s'approchèrent de lui dans le temple et il les guérit.
Les chefs des prêtres et les scribes en voyant les merveilles qu’il avait faites
et les enfants qui criaient dans le temple en disant :
— Hosanna au Fils de David,
s’indignèrent.
Ils lui disent :
— Tu entends ce qu’ils disent ?
Jésus leur dit :
— Oui. N’avez-vous jamais lu : « De la bouche des petits enfants et des nourrissons tu as tiré une louange parfaite ? »
Et les laissant, il s'en alla hors de la ville vers Béthanie, et il demeura là.
Le matin, en revenant à la ville, il eut faim.
Voyant un figuier près du chemin, il vint près de lui
et il ne trouva rien en lui si ce n'est des feuilles, seulement
et il lui dit :
— que jamais de toi ne naisse de fruit, pour toujours !
Et le figuier se dessécha en un instant.
Voyant [cela], les disciples furent étonnés, disant :
— Comment en un instant s'est-il desséché ?
Tout ce que vous demanderez dans la prière, en croyant, vous [le] recevrez.
Comme il vint dans le temple, les chefs des prêtres et les anciens du peuple s’approchèrent de lui, alors qu'il enseignait, disant :
— Par quel pouvoir fais-tu cela ?
Et qui t'a donné ce pouvoir ?
Répondant, Jésus leur dit :
— Je vous poserai, moi aussi, une question :
si vous y répondez pour moi,
moi aussi je vous dirai par quel pouvoir je fais cela.
Le baptême de Jean, d'où était-il ?
Du ciel ou des hommes ?
Ils raisonnaient en eux-mêmes en disant :
— Si nous disons : — Du Ciel !
Il nous dira : — Pourquoi donc ne l'avez-vous pas cru ?
Si nous disons : — Des hommes !
Nous craignons la foule,
car tous considèrent Jean comme un prophète.
Et répondant ils dirent à Jésus : — Nous ne savons pas.
Lui aussi leur dit :
— Moi non plus je ne vous dis pas par quel pouvoir je fais cela.
Que vous en semble ?
Un homme avait deux fils.
S'approchant du premier il dit :
— Mon fils, va aujourd’hui travailler dans
ma vigne.
Répondant, il dit : — Je ne veux pas
Mais après, touché de repentir, il y alla.
S'approchant du second, il dit de même.
Répondant, celui-ci dit : — J'y vais, Seigneur. Et il n'y alla pas.
Qui des deux a fait la volonté du père ?
Ils disent : — Le dernier.
Jésus leur dit :
— Amen, je vous dis,
les publicains et les prostituées vous précèdent dans le Royaume de Dieu.
Car Jean est venu à vous dans un chemin de justice et vous ne l’avez pas cru ;
les publicains et les prostituées l'ont cru ;
vous, en voyant [cela], vous ne vous êtes pas repentis après pour le croire.
Ecoutez une autre parabole :
Il y avait un homme, père de famille,
qui planta une vigne
l’entoura d’une clôture
creusa en elle un pressoir
construisit une tour
la loua à des fermiers
et partit à l'étranger.
Quand s'approcha le temps des fruits
il envoya ses serviteurs aux fermiers pour en recevoir les fruits
et les fermiers, saisissant ses serviteurs
battirent l'un
tuèrent l'autre
et lapidèrent même un autre.
De nouveau il envoya d'autres serviteurs plus nombreux que les premiers :
ils leur firent de même.
Enfin, il envoya vers eux son fils en disant :
— Ils respecteront mon fils.
Voyant le fils, les fermiers se dirent entre eux :
— Celui-ci est l’héritier ;
venez, tuons-le et nous aurons son héritage !
Et s'étant saisi de lui, ils [le] jetèrent hors de la vigne et [le] tuèrent.
Quand donc viendra le seigneur de la vigne
que fera-t-il à ces fermiers ?
Ils lui dirent : — Il fera périr de male mort ces mauvais,
et il louera la vigne à d’autres fermiers qui lui remettront le fruit en leur temps.
Jésus leur dit :
— N’avez-vous jamais lu dans les Écritures :
« La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs c'est elle qui est devenue tête d’angle :
par le Seigneur cela a été fait et c’est une merveille à nos yeux » ?
C’est pourquoi je vous dis :
— Le royaume de Dieu vous sera enlevé
et sera donné à une nation qui en fera le fruit.
Celui qui tombera sur cette pierre sera brisé,
celui sur qui elle tombera elle l’écrasera.
En entendant ses paraboles, les chefs des prêtres et les Pharisiens
reconnurent qu'il parlait d'eux
mais en cherchant à le saisir ils craignirent les foules
car elles le considéraient comme un prophète.
Et répliquant, Jésus leur parla de nouveau en paraboles, disant :
— Le royaume des cieux est semblable à un homme, un roi qui fit des noces pour son fils
et il envoya ses serviteurs appeler les invités aux noces :
ils ne voulaient pas venir.
Il envoya encore d’autres serviteurs en disant :
— Dites aux invités : voici j'ai préparé mon banquet ;
mes taureaux et volailles engraissées ont été égorgées, et tout est prêt, venez aux noces !
Eux, négligeant [l'invitation], s'en allèrent
l'un dans sa ferme,
l'autre à son commerce,
les autres, saisissant ses serviteurs,
après les avoir outragés, les tuèrent.
Entendant cela le roi fut pris de colère
et, envoyant ses armées, il fit périr ces meurtriers
et il incendia leur ville.
Alors il dit à ses serviteurs :
— Vraiment, les noces sont prêtes
mais ceux qui étaient invités ne furent pas dignes.
Allez donc aux sorties des chemins
et tous ceux que vous trouverez, appelez-les aux noces.
Ses serviteurs, étant sortis sur les chemins,
rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, mauvais et bons :
les noces furent remplies de convives.
Or en entrant pour voir les convives,
le roi vit là un homme non vêtu d’un vêtement de noce.
Il lui dit :
— Ami, comment es-tu entré ici sans avoir un vêtement de noce ?
Lui demeura muet.
Alors le roi dit aux domestiques :
— Après lui avoir lié pieds et mains, jetez-le dans les ténèbres extérieures :
là sera le pleur et le grincement de dents.
Beaucoup en effet sont appelés
mais peu élus.
Alors, s'en étant allés, les Pharisiens tinrent conseil afin de le surprendre dans une parole
et ils lui envoient leurs disciples, avec des hérodiens, en disant :
— Maître nous savons que tu es vrai
que tu enseignes en vérité le chemin de Dieu
que tu ne te soucies de qui que ce soit :
en effet, tu ne regardes pas à la personne des hommes.
Dis-nous donc ce qu’il te semble :
— Est-il permis de donner l'impôt à César, ou non ?
Jésus, connaissant leur malice, dit :
— Pourquoi m'éprouvez-vous, hypocrites ?
Montrez-moi la monnaie de l'impôt
et ils lui présentèrent un denier.
Jésus leur dit :
— De qui est cette image et l'inscription ?
Ils disent : — De César
Alors il leur dit :
— Rendez donc ce qui est à César, à César
et ce qui est à Dieu, à Dieu.
En entendant [cela], ils furent étonnés,
et, le laissant, ils partirent.
En ce jour-là, s'approchèrent de lui des Sadducéens qui disent
qu'il n'y a pas de résurrection,
et ils l'interrogèrent
en disant :
— Maître, Moïse a dit :
— Si quelqu’un meurt n'ayant pas d’enfant, que son frère épouse sa femme
et qu'il suscite une descendance à son frère.
Il y avait parmi nous sept frères.
Le premier s'étant marié, mourut ;
n'ayant pas de descendance, il laissa sa femme à son frère.
Semblablement le deuxième et le troisième, jusqu'au septième.
Enfin après tous, la femme mourut aussi.
À la résurrection donc, duquel des sept sera-t-elle femme ?
Car tous l’ont eue.
Répondant, Jésus leur dit :
— Vous êtes dans l'erreur, ne connaissant ni les Écritures ni la puissance de Dieu.
À la résurrection en effet, on ne se marie pas et on n'est pas marié,
mais on est comme des anges de Dieu dans le ciel.
Quant à la résurrection des morts, n’avez-vous pas lu la parole de Dieu pour vous, disant :
— Moi, je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob.
Il n’est pas un Dieu des morts, mais des vivants.
Entendant [cela], les foules étaient frappées d'admiration par son enseignement.
Les Pharisiens, apprenant qu'il avait réduit au silence les Sadducéens,
se réunirent ensemble.
L'un d’eux, docteur de la loi, le questionna en l'éprouvant :
— Maître, quel est le grand commandement dans la loi ?
Jésus lui dit :
— Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, avec toute ton âme et avec tout ton esprit.
C’est le plus grand et le premier commandement.
Un deuxième lui est semblable :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
À ces deux commandements est suspendue toute la loi et les prophètes.
Les Pharisiens s'étant rassemblés, Jésus interrogea
en disant :
— Que vous semble-t-il du Christ ?
De qui est-il le fils ?
Ils lui disent : — De David.
Il leur dit :
— Comment donc David dans l'esprit l'appelle-t-il Seigneur en disant :
« Le Seigneur a dit à mon Seigneur : — Siège à ma droite, jusqu'à ce que je mette tes ennemis comme escabeau de tes pieds. »
Si donc David l’appelle Seigneur, comment est-il son fils ?
Et personne ne pouvait lui répondre une parole,
et nul depuis ce jour-là n'osa plus l'interroger.
Alors Jésus parla aux foules et à ses disciples
en disant :
— Les scribes et les Pharisiens se sont assis sur la chaire de Moïse.
Donc, tout ce qu'ils vous diront, gardez-le et faites-le,
mais ne faites pas selon leurs oeuvres :
en effet, ils disent et ne font pas.
En effet ils lient des fardeaux lourds et insupportables et les posent sur les épaules des hommes,
mais, de leur doigt, ils ne veulent pas les remuer.
Toutes leurs œuvres, ils les font pour être vus des hommes.
En effet ils élargissent leurs phylactères,
agrandissent les franges.
Ils aiment les premières places dans les repas,
et les premiers sièges dans les synagogues,
les salutations sur la place publique,
et être appelés par les hommes Rabbi.
Vous, ne vous faites pas appeler Rabbi
car unique est votre maître,
vous êtes tous frères.
N'appelez personne sur la terre votre père :
en effet, unique est votre Père qui est dans les cieux.
Ne vous faites pas appeler maîtres,
car votre maître est unique : le Christ.
Celui qui est le plus grand d’entre vous sera votre serviteur.
Celui qui s’élèvera sera humilié
celui qui s'humiliera sera élevé.
Malheur à vous scribes et Pharisiens hypocrites
parce que vous fermez le royaume des cieux devant les hommes.
Vous, en effet, vous n’entrez pas, et vous ne laissez pas entrer ceux qui entrent.
Malheur à vous scribes et Pharisiens hypocrites
parce que vous parcourez la mer et la terre ferme pour faire un prosélyte :
quand il l'est devenu, vous en faites un fils de géhenne deux fois plus que vous !
Malheur à vous guides aveugles
qui dites : — quiconque aura juré par le sanctuaire, ce n'est rien,
mais celui qui aura juré par l'or du sanctuaire, il doit [s'acquitter de son serment].
Fous et aveugles !
En effet, qu'est-ce qui est le plus grand : l'or ou le sanctuaire qui sanctifie l'or ?
Et quiconque aura juré par l'autel : ce n'est rien ;
mais quiconque aura juré par le don qui est dessus, doit [s'acquitter de son serment].
Aveugles ! En effet qu'est-ce qui est le plus grand :
le don ou l'autel qui sanctifie le don ?
Celui qui jure par l'autel jure par lui et par tout ce qui est dessus
et celui qui aura juré par le sanctuaire, jure par lui et par celui qui y habite
et celui qui jure par le ciel, jure par le trône de Dieu et par celui qui est assis dessus.
Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites,
parce que vous payez la dîme de la menthe, de l'aneth et du cumin,
et vous avez laissé ce qui a le plus de poids dans la loi : la justice, la miséricorde et la foi !
Il fallait faire ceci et ne pas omettre cela.
Guides aveugles
qui filtrez le moucheron
et avalez le chameau !
Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites,
parce que vous purifiez ce qui est à l'extérieur de la coupe et du plat,
mais à l'intérieur ils sont remplis de rapine et d'impureté !
Pharisien aveugle
purifie d’abord l'intérieur de la coupe et du plat
afin que ce qui est à l'extérieur aussi devienne pur.
Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites,
parce que vous ressemblez à des tombeaux blanchis
qui, à l'extérieur, paraissent magnifiques aux hommes,
mais, à l'intérieur, sont remplis d'ossements de morts et de toute immondice.
Ainsi vous aussi, à l'extérieur, vous paraissez justes aux hommes
mais, à l'intérieur, vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquité.
Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites,
parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes
et ornez les monuments des justes,
et vous dites : — Si nous avions été [là] aux jours de nos pères,
nous ne nous serions pas joints avec eux dans le sang des prophètes.
Ainsi donc, vous témoignez contre vous-mêmes
que vous êtes les fils de ceux qui ont tué les prophètes
et vous, vous comblez la mesure de vos pères !
Serpents, engeance de vipères,
comment échapperez-vous au jugement de la géhenne ?
C’est pourquoi : voici que j'envoie vers vous des prophètes, des sages et des scribes
vous en tuerez et en crucifierez
vous en flagellerez dans vos synagogues
vous en persécuterez de ville en ville
afin que vienne sur vous tout le sang juste répandu sur la terre
depuis le sang d'Abel le juste jusqu’au sang de Zacharie, fils de Baraquias,
que vous avez tué entre le sanctuaire et l’autel.
Amen je vous dis : — Tout cela viendra sur cette génération.
— Jérusalem, Jérusalem qui tues les prophètes
et lapides ceux qui te sont envoyés !
Combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants
à la manière dont une poule rassemble ses petits sous ses ailes, et tu n’as pas voulu !
Voici : votre maison vous est laissée déserte.
Je vous dis en effet :
— Vous ne me verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous disiez :
— Béni celui qui vient au nom du Seigneur !
Jésus, étant sorti du Temple, s'en allait
et ses disciples s'approchèrent pour lui montrer les constructions du Temple.
Mais répondant, il leur dit :
— Vous voyez tout cela.
Amen, je vous dis :
— Il ne sera pas laissé ici pierre sur pierre qui ne soit détruite.
Comme il était assis sur le mont des Oliviers,
les disciples s’approchèrent de lui, à l'écart, disant :
— Dis-nous quand cela aura lieu
et quel sera le signe de ton avènement et de la consommation du siècle.
Prenant la parole, Jésus leur dit :
— Prenez garde que personne ne vous séduise.
Car beaucoup viendront en mon nom, disant : — Moi je suis le Christ
et ils en séduiront beaucoup.
Vous allez entendre [parler] des guerres et des rumeurs de guerre
Gardez-vous de vous troubler
Il faut en effet que cela advienne
mais ce n'est pas encore la fin.
En effet se lèvera nation contre nation
royaume contre royaume
il y aura des pestes, des famines et des tremblements de terre par endroits.
tout cela est le commencement des douleurs.
Alors ils vous livreront à la tribulation, ils vous tueront
vous serez haïs de toutes les nations à cause de mon nom.
Alors beaucoup seront scandalisés, et ils se livreront les uns les autres et se haïront les uns les autres.
Beaucoup de faux prophètes se lèveront et ils en séduiront beaucoup.
Et parce que l'iniquité abondera, la charité du grand nombre se refroidira.
Mais celui qui persévérera jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé.
Cet évangile du Royaume sera proclamé dans le monde entier en témoignage pour toutes les nations,
alors viendra la consommation [du siècle].
Quand donc vous verrez l’abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel,
se tenant dans un lieu saint,
que le lecteur comprenne !
alors, que ceux qui sont en Judée fuient dans les montagnes,
que celui [qui sera] sur le toit ne descende pas prendre quelque chose de sa maison,
celui dans le champ qu'il ne retourne pas en arrière prendre sa tunique.
Malheur aux femmes enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là !
Priez pour que votre fuite n’arrive pas en hiver ni pendant le sabbat
car il y aura alors une grande tribulation telle qu’il n’y en a point eu depuis le commencement du monde jusqu’à maintenant et qu’il n’y en aura plus.
Si ces jours n'avaient été écourtés, aucune chair ne serait sauvée
mais à cause des élus, ces jours seront écourtés.
Alors si quelqu'un vous dit : — Voici : ici est le Christ ou : là,
ne [le] croyez pas.
En effet se lèveront de faux christs et de faux prophètes,
et ils donneront de grands signes et des prodiges,
en sorte que soient induits en erreur, si possible, même les élus.
Voilà : je vous ai prédit.
Si donc ils vous disent : — Voici : il est dans le désert
ne sortez pas ;
— [Le] voici dans les pièces retirées
ne croyez pas.
En effet comme l'éclair sort de l'orient et paraît jusqu'à l'occident
ainsi sera aussi l'avènement du Fils de l'homme.
Partout où sera le corps
là se rassembleront les aigles.
Aussitôt après la tribulation de ces jours-là, le soleil sera obscurci
la lune ne donnera pas sa lumière
les étoiles tomberont du ciel
et les puissances du ciel seront ébranlées.
Alors paraîtra le signe du Fils de l’homme dans le ciel
et alors toutes les tribus de la terre se lamenteront
et elles verront le Fils de l’homme venant sur les nuées du ciel avec beaucoup de puissance et de majesté.
Il enverra ses anges avec une trompette et une grande voix
ils rassembleront ses élus des quatre vents
des hauteurs des cieux à leurs extrémités.
Du figuier apprenez la parabole :
quand déjà sa branche devient tendre et ses feuillent naissent
vous savez que l'été est proche.
Ainsi, vous aussi, quand vous verrez tout cela
sachez qu'il est proche aux portes.
Amen je vous dis : — Cette génération ne passera pas que tout cela n'advienne.
Le ciel et la terre passeront
mes paroles ne passeront pas.
Quant à ce jour-là et l'heure, personne ne les connaît :
ni les anges des cieux
sinon le Père seul.
Comme aux jours de Noé
ainsi sera aussi l'avènement du Fils de l'homme.
En effet comme dans les jours d'avant le déluge
ils mangeaient, buvaient
se mariaient et donnaient en mariage
jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche ;
ils ne surent rien jusqu'à ce que vienne le déluge et qu'il les enlève tous :
ainsi sera-t-il de l'avènement du Fils de l'homme.
Alors deux seront dans le champ :
l'un sera pris et l'autre sera laissé ;
deux moudront à la meule :
l'une sera prise et l'autre sera laissée.
Veillez donc, parce que vous ne savez pas à quelle heure votre Seigneur viendra.
Sachez cela : Si le père de famille savait à quelle heure le voleur viendrait
il veillerait certainement et il ne laisserait pas percer sa maison.
C'est pourquoi, vous aussi, soyez prêts :
parce que c'est à l'heure que vous ne connaissez pas que le Fils de l'homme viendra.
Quel est, penses-tu, le serviteur fidèle et prudent
que son seigneur a établi sur sa maisonnée
pour leur donner la nourriture en temps [voulu] ?
Heureux ce serviteur que son maître, quand il viendra, aura trouvé faisant ainsi.
Amen, je vous dis qu'il l'établira sur tous ses biens.
Mais si ce mauvais serviteur dit en son coeur :
— Mon maître tarde à venir
et s'il commence à frapper ses compagnons
s'il mange et boit avec les ivrognes
le seigneur de ce serviteur viendra au jour où il ne s'y attend pas et à une heure qu’il ignore
et il le et mettra sa part avec les hypocrites :
là sera le pleur et le grincement de dents.
Alors le royaume des cieux sera semblable à dix vierges
qui ayant pris leurs lampes sortirent à la rencontre de l’époux et de l'épouse.
Cinq d’entre elles étaient folles et cinq étaient prudentes.
Les cinq folles en prenant leurs lampes n’avaient pas pris d’huile avec elles ;
les prudentes en revanche avaient pris de l’huile dans leurs fioles avec leurs lampes.
L’époux tardant
elles s'endormirent toutes et dormirent.
Au milieu de la nuit, un cri survint :
— Voici l’époux , il vient ! Sortez à sa rencontre !
Alors toutes ces vierges se levèrent
et elles garnirent leurs lampes.
Les folles dirent aux sages :
— Donnez-nous de votre huile
car nos lampes s’éteignent.
Les prudentes répondirent en disant :
— De peur que cela ne puisse pas suffire pour nous et pour vous
allez plutôt à ceux qui vendent et achetez-vous[-en].
Mais pendant qu'elles allaient acheter, vint l’époux :
celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui aux noces
et la porte fut fermée.
Finalement viennent aussi les autres vierges en disant :
— Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !
Mais, répondant, il dit :
— Amen je vous dis : je ne vous connais pas.
Veillez donc car vous ne savez pas le jour ni l'heure
C'est comme un homme qui, partant en voyage, appela ses serviteurs
et leur remit ses biens.
À l’un il donna cinq talents
à l'autre deux
à l'autre un seul
à chacun selon sa propre capacité
et il partit aussitôt.
Alors, celui qui avait reçu les cinq talents s'en alla
et travailla sur eux et en gagna cinq autres ;
de même celui qui en avait reçut deux en gagna deux autres ;
celui qui en avait reçu un,
en s'en allant, creusa dans la terre, et cacha l'argent de son seigneur.
Après beaucoup de temps le seigneur de ces serviteurs vint
et régla ses comptes avec eux.
Son seigneur lui dit :
— Bravo serviteur bon et fidèle
parce qu'en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t'établirai;
entre dans la joie de ton seigneur.
Son maître lui dit :
— Bravo, serviteur bon et fidèle,
parce qu' en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t'établirai;
entre dans la joie de ton seigneur.
S'approchant aussi, celui qui avait reçu un talent dit :
— Seigneur, je sais que tu es un homme dur
moissonnant où tu n'as pas semé
ramassant là où tu n'as pas répandu
et ayant peur, je suis parti cacher ton talent dans la terre :
voici, tu as ce qui est tien.
Répondant, son seigneur lui dit :
— Serviteur mauvais et paresseux
tu savais que je moissonne là où je ne sème pas
et que je ramasse là où je n’ai pas répandu :
il te fallait donc mettre mon argent chez les banquiers;
en venant, moi j'aurais reçu ce qui est mien avec un intérêt.
Enlevez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents.
En effet à tout homme qui a, il sera donné et il sera dans l'abondance;
mais à celui qui n'a pas, même ce qu'il semble avoir lui sera enlevé.
Le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres extérieures :
là sera le pleur et le grincement de dents.
Quand viendra le Fils de l'homme dans sa majesté et tous les anges avec lui
alors il siègera sur le trône de sa majesté.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui
il les séparera les uns des autres
comme le berger sépare les brebis des boucs
et il placera les brebis à sa droite
les boucs à sa gauche.
Alors le roi dira à ceux qui seront à
sa droite :
— Venez, les bénis de mon père,
possédez le royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde.
En effet, j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger
j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire
j'étais étranger et vous m'avez accueilli
nu et vous m'avez vêtu
malade et vous m'avez visité
j'étais en prison et vous êtes venus à moi.
Alors les justes lui répondront en disant :
— Seigneur, quand t'avons-nous vu avoir faim et nous t'avons nourri ?
avoir soif et nous t'avons donné à boire ?
Quand t'avons-nous vu étranger et nous t'avons accueilli ?
Ou nu et nous t'avons vêtu ?
Ou quand t'avons-nous vu malade ou en prison et nous sommes venus à toi ?
Répondant, le roi leur dira :
— Amen je vous dis :
chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait.
Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
— Éloignez-vous de moi maudits dans le feu éternel
qui a été préparé pour le diable et ses anges.
En effet j'ai eu faim et vous ne m'avez pas donné à manger
j'ai eu soif et vous ne m'avez pas donné à boire
j'étais étranger et vous ne m'avez pas accueilli
nu et vous ne m'avez pas habillé
malade et en prison et vous ne m'avez pas visité.
Alors ils répondront eux aussi en disant :
— Seigneur quand t'avons-nous vu avoir faim ou soif
étranger ou nu
malade ou en prison
et nous ne t'avons pas servi ?
Alors il leur répondra en disant :
— Amen je vous dis :
chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait.
Ils partiront, ceux-ci au châtiment éternel,
mais les justes à la vie éternelle.
Et il advint lorsque Jésus eut achevé toutes ces paroles
qu’il dit à ses disciples :
— Vous savez que dans deux jours la Pâque arrivera
et le fils de l’homme sera livré pour être crucifié.
Alors s’assemblèrent les princes des prêtres et les anciens du peuple
dans la cour du prince des prêtres nommé « Caïphe »
et ils tinrent conseil en vue de s’emparer de Jésus par ruse et de le tuer,
mais ils disaient : — Pas pendant la fête ;
que tumulte n’advienne dans le peuple !
Or Jésus se trouvant à Béthanie dans la maison de Simon le lépreux,
une femme l’approcha, ayant [un flacon d’]albâtre d’une huile de parfum de grand prix
et la lui versa sur la tête alors qu’il était allongé.
Voyant cela, les disciples s'indignèrent disant :
— Pourquoi cette perte ?
Car cela pouvait se vendre très cher et être donné à des pauvres !
S’en étant aperçu, Jésus leur dit :
— Pourquoi faites-vous de la peine à la femme ?
Car c’est une bonne œuvre qu’elle a accomplie envers moi.
Car toujours vous avez les pauvres avec vous ;
mais moi, vous ne m’avez pas toujours.
Car elle, quand elle a répandu cette huile de parfum sur mon corps, c’est pour me mettre au tombeau qu’elle l’a fait.
Amen je vous dis :
— Partout où sera proclamé cet évangile, dans le monde entier,
sera raconté aussi ce qu’elle a fait, en mémoire d’elle.
Alors, s’étant rendu chez les princes des prêtres, l’un des douze, appelé Judas Iscariote,
leur dit :
— Que voulez-vous me donner, que moi, je vous le livre ?
Eux lui fixèrent trente pièces d’argent.
Et de ce moment il était en quête d’une opportunité pour le livrer.
Or le premier jour des Azymes les disciples approchèrent Jésus, disant :
— Où veux-tu que nous fassions les préparatifs pour que tu manges la Pâque ?
Et Jésus dit :
— Allez en ville chez un tel et dites-lui :
— Le maître dit :
— Mon temps est proche,
c’est chez toi que je vais faire la Pâque avec mes disciples.
Les disciples firent comme le leur avait fixé Jésus
et préparèrent la Pâque.
Le soir venu, il était allongé avec les douze disciples
et pendant qu'ils mangeaient, il dit :
— Amen je vous dis :
— Un de vous est sur le point de me livrer.
Extrêmement attristés, ils commencèrent à lui dire, un par un :
— Ce n'est pas moi, Seigneur ?
Or lui, répondant, dit :
— Qui plonge avec moi la main dans l'assiette, celui-là me livrera.
Le fils de l’homme s’en va comme c’est écrit de lui,
mais malheur à cet homme par qui le fils de l’homme est livré.
Cet homme-là, il lui eût été bon de ne pas être né.
Répondant, Judas, qui le livra, dit :
— Ce n'est pas moi, rabbi ?
Il lui dit : — Tu as dit.
Pendant qu’ils mangeaient, Jésus, ayant pris du pain et dit une bénédiction, le rompit
et il le donna à ses disciples et dit :
— Prenez et mangez, ceci est mon corps.
Et ayant pris un calice, il rendit grâce, il le leur donna disant :
— Buvez-en tous,
car ceci est mon sang, de l’alliance nouvelle,
qui est répandu pour une multitude en rémission des péchés.
Mais je vous dis :
— Je ne boirai plus désormais de ce produit de la vigne
jusqu'à ce jour où je le boirai avec vous, nouveau, dans le royaume de mon Père.
Et après avoir dit l'hymne, ils sortirent vers le mont des Oliviers.
Alors Jésus leur dit :
— Tous vous souffrirez un scandale à mon sujet cette nuit,
car il est écrit :
— Je frapperai le pasteur et les brebis du troupeau seront dispersées.
Mais après que j'aurai ressuscité, je vous précéderai en Galilée.
Répondant, Pierre lui dit :
— Même si tous viennent à être scandalisés à ton sujet,
moi jamais je ne serai scandalisé.
Jésus lui déclara :
— Amen je te dis
que cette nuit même, avant que le coq chante, trois fois tu me renieras.
Pierre lui répond :
— Me faudrait-il avec toi mourir, non, je ne te renierai pas.
Autant en dirent tous les disciples.
Alors Jésus vient avec eux dans un domaine appelé « Gethsémani ».
Et il dit à ses disciples :
— Asseyez-vous ici pendant que j'irai là-bas et que je prie.
Et prenant Pierre et les deux fils de Zébédée,
il commença à ressentir tristesse et affliction.
Alors il leur dit :
— Mon âme est triste jusqu’à la mort ;
attendez ici et veillez avec moi.
Et s’étant avancé un peu, il tomba sur la face, priant et disant :
— Mon Père, si c’est possible, que passe loin de moi ce calice ;
cependant, non pas comme je veux, moi, mais comme toi…
Il vient vers les disciples et les trouve endormis
et il dit à Pierre :
— Ainsi vous n’avez pas pu veiller une heure avec moi !
Veillez et priez, afin que vous n'entriez pas en tentation :
l'esprit est prompt,
mais la chair est faible.
S’en étant allé de nouveau, une deuxième fois, il pria en disant :
— Mon Père, si ce calice ne peut passer sans que je le boive, que ta volonté soit faite.
Et il vint de nouveau et il les trouva endormis,
car leurs yeux étaient appesantis.
Il les laissa et, s’en étant allé de nouveau, il pria une troisième fois, disant la même parole.
Alors il vient vers ses disciples et leur dit :
— Dormez maintenant et reposez-vous.
Voici : est arrivée l’heure
et le fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs.
Levez-vous ! Allons !
Voici : est arrivé celui qui me livre.
Il parlait encore,
voici : Judas, l'un des douze, arriva
et avec lui une foule nombreuse
avec des épées et des bâtons de la part des princes des prêtres et des anciens du peuple.
Or celui qui le livra leur avait donné un signe en disant :
— Celui que j'embrasserai, c'est lui, saisissez-le !
Et aussitôt, s'approchant de Jésus, il dit :
— Salut rabbi !
Et il lui donna un baiser.
Jésus lui dit :
— Ami, pour quoi tu es venu !?
Alors ils s'avancèrent, mirent les mains sur Jésus
et le saisirent.
Voici : l'un de ceux qui étaient avec Jésus,
étendant la main, tira son épée
et, frappant le serviteur du prince des prêtres, lui arracha l'oreille.
Alors Jésus lui dit :
— Remets ton épée à sa place,
car tous ceux qui auront pris l'épée, par l'épée périront.
Ou bien penses-tu que je ne puisse prier mon Père
et il me fournira sur le champ plus de douze légions d'anges ?
Comment donc s'accompliront alors les Écritures [disant] qu'il doit en être ainsi ?
À cette heure-là Jésus dit aux foules :
— Comme après un brigand vous êtes sortis avec des épées et des bâtons pour m'arrêter !
Tous les jours je siégeais chez vous, enseignant au Temple, et vous ne m'avez pas saisi.
Mais tout cela est arrivé
pour que fussent accomplies les Écritures des prophètes.
Alors les disciples, tous le laissant, s'enfuirent.
Ceux qui avaient mis la main sur Jésus le conduisirent chez Caïphe le prince des prêtres
où les scribes et les anciens s'étaient rassemblés.
Quant à Pierre, il le suivait de loin,
jusqu’à la cour du prince des prêtres,
et, entré à l'intérieur, il se tenait assis avec les serviteurs pour voir la fin.
Les princes des prêtres et tout le conseil cherchaient un faux témoignage contre Jésus
afin de le livrer à la mort
et ils n'en trouvèrent pas,
bien que beaucoup de faux témoins se fussent présentés.
Mais finalement il se présenta deux faux témoins
pour dire :
— Celui-ci a affirmé : — Je peux détruire le Temple de Dieu et en trois jours le reconstruire.
S'étant levé, le prince des prêtres lui dit :
— Tu n'as rien à répondre à ce que ceux-ci témoignent contre toi ?
Mais Jésus gardait le silence.
Et le prince des prêtres lui dit :
— Je t’adjure par le Dieu vivant
de nous dire si toi tu es le christ, le fils de Dieu.
Jésus lui dit : — Tu as dit.
Mais je vous dis :
— Désormais vous verrez le fils de l’homme assis à la droite de la Puissance
et venant sur les nuées du ciel.
Alors le prince des prêtres déchira ses vêtements en disant :
— Il a blasphémé !
Qu’avons-nous encore besoin de témoins ?
Voici : maintenant vous venez d’entendre le blasphème.
Quel est votre avis ?
Et eux, répondant, dirent :
— Il mérite la mort.
Alors ils lui crachèrent au visage
et le frappèrent à coups de poing ;
certains le giflèrent au visage
en disant :
— Prophétise-nous, christ : qui est-ce qui t’a frappé ?
Quant à Pierre, il était assis au-dehors dans la cour
lorsque s’approcha de lui une servante disant :
— Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen !
Mais lui nia devant tous disant :
— Je ne sais pas ce que tu dis.
Comme il se retirait vers le porche, une autre le vit
et dit à ceux qui étaient là :
— Celui-là aussi était avec Jésus le Nazaréen.
Et de nouveau il nia avec serment :
— Je ne connais pas l’homme.
Un peu après, s’approchant, ceux qui se trouvaient là dirent à Pierre :
— Vraiment, toi aussi, tu es des leurs !
D’ailleurs ton langage te rend clair.
Alors il se mit à maudire et à jurer qu'il ne connaissait pas l’homme !
Et aussitôt un coq chanta.
Et Pierre se souvint de la parole de Jésus qui avait dit :
— Avant que le coq n'ait chanté, trois fois tu me renieras.
Et, sortant dehors, il pleura amèrement.
Le matin venu
tous les princes des prêtres et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus
en sorte de le livrer à la mort
et, l'ayant entravé, l'emmenèrent
et [le] livrèrent à Ponce Pilate, le gouverneur.
Alors Judas, qui le livra, voyant qu’il avait été condamné,
poussé par le repentir, rapporta les trente pièces d’argent aux princes des prêtres et aux anciens
en disant :
— J’ai péché en livrant un sang juste.
Mais eux dirent :
— Que nous importe ? À toi de voir.
Ayant jeté les pièces d’argent dans le Temple
et s’étant retiré, il se pendit à une corde.
Mais les princes des prêtres, ayant pris les pièces d'argent, dirent :
— Il n’est pas permis de les mettre au korbane puisque c’est le prix du sang.
Et après avoir tenu conseil, ils achetèrent avec elles le champ du potier pour la sépulture des étrangers.
C’est pourquoi on a appelé ce champ Haceldama — champ de sang — jusqu’à aujourd’hui.
Alors s'accomplit ce qui fut dit à travers Jérémie le prophète disant :
— Et ils prirent les trente pièces d'argent, le prix du mis à prix, qu'ont mis à prix des fils d'Israël,
et ils les ont données pour le champ du potier comme me l'indiqua le Seigneur.
Quant à Jésus, il se tint debout devant le gouverneur
et le gouverneur l’interrogea disant :
— Tu es le roi des Juifs ?
Jésus lui dit : — Tu dis.
Et tandis qu'il était accusé par les princes des prêtres et les anciens, il ne répondit rien.
Alors Pilate lui dit :
— Est-ce que tu n’entends pas combien de témoignages ils portent contre toi ?
Et il ne lui répondit pas à un seul mot,
si bien que le gouverneur s'étonna à l'extrême.
À chaque fête, le gouverneur avait coutume de relâcher au peuple un prisonnier, celui qu’ils voulaient.
Il avait alors un prisonnier fameux, nommé Barabbas.
Comme ils étaient rassemblés, Pilate leur dit :
— Lequel voulez-vous que je vous relâche ?
Barabbas ou Jésus qui est dit christ ?
Il savait que c’était par jalousie qu’ils l’avaient livré.
Or, tandis qu’il était assis sur la tribune,
sa femme lui envoya dire :
— Rien entre toi et ce juste,
car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en vision à cause de lui.
Mais les princes des prêtres et les anciens persuadèrent le peuple de réclamer Barabbas
et de faire supprimer Jésus.
Répondant encore, le gouverneur leur dit :
— Lequel des deux voulez-vous voir relâcher ?
Mais eux dirent : — Barabbas.
Pilate leur dit :
— Que ferai-je donc de Jésus qui est appelé christ ?
Tous disent : — Qu’il soit crucifié !
Le gouverneur leur rétorqua :
— Qu’a-t-il donc fait de mal ?
Eux de plus belle criaient en disant : — Qu’il soit crucifié !
Alors Pilate, quand il vit que cela ne sert à rien mais augmente le tumulte,
prenant de l’eau, se lava les mains en présence du peuple disant :
— Je suis innocent du sang de ce juste. À vous de voir.
Répondant tout le peuple dit :
— Son sang, sur nous et sur nos enfants !
Alors il leur libéra Barabbas.
Quant à Jésus, une fois flagellé, il le leur livra pour qu’il fût crucifié.
Alors les soldats du gouverneur prenant Jésus dans le prétoire,
rassemblèrent contre lui la cohorte entière
et l’ayant déshabillé l’enveloppèrent d’une chlamyde écarlate.
Et tressant une couronne avec des épines, ils la posèrent sur sa tête
et un roseau dans sa [main] droite
et faisant des génuflexions devant lui, ils se moquaient de lui disant :
— Salut roi des Juifs !
Et, lui crachant dessus, ils prirent le roseau et frappaient sa tête
et lorsqu’ils se furent moqués de lui, ils le déshabillèrent de la chlamyde
et l’habillèrent de ses vêtements
et ils l’emmenèrent pour le crucifier.
Et en sortant, ils trouvèrent un homme, un Cyrénéen du nom de « Simon ».
C’est lui qu’ils contraignirent pour qu'il portât sa croix.
Et ils arrivèrent à un lieu dit « Golgotha »
(ce qui veut dire « lieu du calvaire »)
et ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel.
Et [l’]ayant goûté, il ne voulut pas boire.
L’ayant crucifié, ils divisèrent ses vêtements, les tirant au sort.
Et assis, ils le gardaient.
Et ils disposèrent au-dessus de sa tête [la] cause [de] sa [condamnation] écrite :
« Ici est Jésus le roi des Juifs ».
Alors sont crucifiés avec lui deux brigands,
un à droite et un à gauche.
Et ceux qui passaient le blasphémaient
en remuant la tête
et disaient :
— [L’homme] qui détruit le Temple et en trois jours le rebâtit,
sauve-toi toi-même
si tu es le fils de Dieu, descends de la croix !
Semblablement, les princes des prêtres, se gaussant avec les scribes et les anciens, disaient :
— Il en a sauvé d’autres et lui-même il n’arrive pas à se sauver !
S'il est roi d'Israël, qu’il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui !
Il se confiera en Dieu ; qu’il le délivre maintenant s’il veut,
car il a dit : — De Dieu je suis fils.
Or de même aussi les brigands crucifiés avec lui l’accablaient de reproches.
À partir de la sixième heure, il y eut des ténèbres sur toute la terre, jusqu’à la neuvième heure.
Vers la neuvième heure, Jésus clama d’une voix forte disant :
— Éli, Éli, lema sabacthani ?
C’est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pour quoi m’as-tu abandonné !?
[L']ayant entendu, certains de ceux qui se tenaient là disaient :
— C’est Élie qu’il appelle, celui-ci.
Et accourant aussitôt, l’un d’eux,
ayant pris une éponge, il la gorgea de vinaigre et la fixa à un roseau et essayait de le faire boire.
Mais les autres disaient :
— Laisse, que nous voyions si Élie vient le libérer !
Mais Jésus, criant de nouveau d’une voix forte, remit l’esprit.
Et voici : le voile du Temple fut déchiré en deux
de haut en bas
et la terre fut ébranlée
et les rochers furent déchirés
et les tombeaux furent ouverts
et beaucoup de corps des saints endormis ressuscitèrent
et sortant des tombeaux après sa résurrection,
ils vinrent dans la ville sainte et apparurent à beaucoup.
Le centurion et ceux qui avec lui gardaient Jésus,
voyant le tremblement de terre et ce qui était arrivé, furent effrayés à l’extrême disant :
— En vérité, celui-ci était le fils de Dieu.
Étaient là aussi de nombreuses femmes à distance,
qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée en le servant,
parmi lesquelles se trouvaient Marie-Madeleine
et Marie, mère de Jacques et de Joseph,
et la mère des fils de Zébédée.
Le soir venu,
vint un homme riche d'Arimathie, nommé « Joseph »,
qui lui aussi était disciple de Jésus.
Celui-ci, s'étant rendu chez Pilate, lui demanda le corps de Jésus.
Alors Pilate ordonna que fût rendu le corps.
Et ayant pris le corps, Joseph l’enveloppa d'un drap pur
et il le plaça dans le tombeau neuf qu'il s'était fait tailler dans le roc
et il roula une grande pierre à l'entrée du tombeau et il partit.
Étaient là : Marie-Magdeleine et l'autre Marie, assises en face du sépulcre.
Le jour suivant, c'est-à-dire le jour d'après la préparation du sabbat,
les princes des prêtres et les Pharisiens s'assemblèrent auprès de Pilate
disant :
— Seigneur, nous nous sommes souvenus que ce séducteur a dit quand il était encore vivant :
— Après trois jours, je ressusciterai.
Ordonne donc de garder le sépulcre jusqu’au troisième jour,
de crainte que ses disciples ne viennent pour le dérober
et qu'ils ne disent au peuple : — Il est ressuscité des morts.
Cet égarement ultime sera pire que le premier.
Pilate leur dit :
— Vous avez une garde.
Allez, gardez comme vous le savez.
Et s'en étant allés, ils s'assurèrent du sépulcre,
en scellant la pierre avec les gardes.
Or, le soir du sabbat, alors que [ça] luisait vers le premier [jour] de la semaine,
Marie la Magdeleine et l’autre Marie vinrent pour voir le sépulcre
et voici : il se fit un grand tremblement de terre,
car un ange du Seigneur descendit du ciel
et, s’étant approché, roula la pierre et se tenait assis sur elle.
Son aspect était comme un éclair
et son vêtement comme la neige.
Par crainte de lui, les gardes furent épouvantés et devinrent comme des morts.
L’ange répondit et dit aux femmes :
— Ne craignez pas, vous,
car je sais que vous cherchez Jésus, qui a été crucifié.
Il n'est pas ici,
car il est ressuscité, comme il [l']a dit.
Venez, voyez le lieu où le Seigneur avait été déposé
et, vous en allant vite, dites à ses disciples qu'il est ressuscité
et voici : il vous précède en Galilée ;
là vous le verrez.
Voilà, je vous [l']ai prédit.
Et elles sortirent vite du tombeau avec crainte et grande joie,
courant [l']annoncer à ses disciples.
Et voici : Jésus les rencontra disant : — Salut !
Et elles s'approchèrent, tinrent ses pieds et l'adorèrent.
Alors Jésus leur dit :
— Ne craignez pas,
partez, annoncez à mes frères qu’ils aillent en Galilée, là ils me verront.
Quand elles étaient parties,
voici : quelques-uns des gardes vinrent à la ville
et annoncèrent aux princes des prêtres tout ce qui s'était passé.
Et s'étant assemblés avec les anciens et un conseil ayant été tenu, ils donnèrent une importante [somme] d'argent aux soldats
disant :
— Dites : — Ses disciples sont venus de nuit et l’ont dérobé quand nous dormions.
Et si cela était entendu du gouverneur,
c'est nous qui le persuaderons et nous vous rendrons libres de tout souci.
Eux donc — argent pris — firent comme ils avaient été enseignés
et cette parole s'est diffusée parmi les Juifs jusqu'au jour d'hui.
Quant aux onze disciples, ils allèrent en Galilée à la montagne que Jésus leur avait fixée.
Et le voyant, ils adorèrent,
mais certains doutèrent.
Et s'avançant, Jésus leur parla disant :
— Il m'a été donné tout pouvoir au ciel et sur terre.
Allant donc, enseignez toutes les nations,
les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,
leur enseignant à observer tout ce que je vous ai commandé.
Et voici : moi je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation du siècle.
ICI FINIT L'ÉVANGILE SELON MATTHIEU