C'est le lion, roi des animaux et maître du désert, qui représente Marc dans le tétramorphe des Vivants apocalyptiques, symbole des quatre évangélistes canaux de l'unique Verbe. De fait, Marc est le seul à faire commencer explicitement son récit au désert (Mc 1,6). Depuis ce désert, on peut ensuite suivre les mouvements de Jésus en quatre parties, selon la géographie : (1) son ministère en Galilée (Mc 1,14-7,23) ; (2) ses déplacements hors de la Terre sainte (Mc 7,24-9,29) ; (3) son itinéraire de la Galilée vers Jérusalem (Mc 9,30-10,52) ; (4) la passion à Jérusalem et les témoignages de rencontres avec le Ressuscité (Mc 11,1-16,8).
Arc triomphal intérieur (détail), Basilique de Sant'Apollinare in Classe, Ravenne, Italie
Marc est le plus court des évangiles : 16 brefs chapitres, lisibles à l'oral en deux heures et demie ! Sa brièveté et son apparente simplicité en font un évangile très populaire aujourd'hui. Ce ne fut pas le cas dans les premières générations chrétiennes, où il fut beaucoup moins copié que Jean ou Matthieu : il faut même attendre le 5e s. pour trouver un premier commentaire complet qui subsiste. Ce qui séduit notre époque, plus friande de témoignages que d'enseignements, c'est le dynamisme de Marc. Dans une langue très sobre, parfois à la limite de l'âpreté, il présente peu de longs enseignements de Jésus, et se concentre sur l'action...
Et quelle action ! L'Envoyé de Dieu y est de moins en moins compris par des foules au départ enthousiastes, jusqu'à ce qu'il semble se contenter de former un petit groupe de disciples fervents malgré leurs esprits bouchés, et se résigner à finir torturé en croix, abandonné de tous, à l'exception de quelques femmes qui accompagnent son corps jusqu'au tombeau...
On aurait cependant bien tort de penser que Marc, parce qu'il est le plus court et le plus narratif, fût le plus simple... C'est un texte très maîtrisé qui se désigne d'emblée comme « évangile » (Mc 1,1) et fait proclamer par Jésus lui-même une parole nommée l’« évangile » (Mc 1,14).
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Si le lion symbolise Marc, c'est aussi parce que d'emblée, il rugit : l'évangéliste fait entendre, en ouverture de l'Évangile, sa « voix qui crie dans le désert » et qui vibre puissamment tout au long de l'œuvre.
Les premiers mots résonnent comme un véritable programme théologique pour l'ensemble de l'Évangile. En effet, Mc 1,1-3 se donne à lire comme un prologue au ciel sous forme de dialogue intradivin : la suscription « Évangile de Jésus-Christ, fils de Dieu » (Mc 1,1) suggère que la bonne nouvelle en question est celle de Jésus-Christ, car c'est d'abord à lui que s'adresse la voix mentionnée juste après (Mc 1,2). Cette voix qui combine Ml 3,1, Ex 23,20 et Is 40,1-11, semble émaner d'une origine sans origine, pour faire entendre une sorte de parole du Père à son Fils avant même que celui-ci paraisse sur la terre.
Plus simplement les premiers mots, « évangile de Jésus : messie, fils de Dieu » fonctionnent comme un titre qui donne au lecteur le programme du récit qui va suivre. Il est animé par le suspense noétique d'une intrigue de reconnaissance : le lecteur est invité à se demander comment, en quoi « Jésus » est « Christ » (c'est-à-dire : messie) et « fils de Dieu » ?
C'est que le Jésus de Marc est un messie souffrant, qui finit crucifié. Le contraste entre la dignité éminente de Jésus et sa condition méprisée et souffrante est comme la clef du second évangile. Même la résurrection, contenu essentiel de la bonne nouvelle en quoi consiste l'évangile, est enveloppée de silence : Marc semble presque s'amuser à souligner combien le mot « ressusciter » ou l'expression « ressusciter des morts » (Mc 9,8) sont objets de l'incompréhension des disciples. Le sens de ces mots semble suspendu jusqu'à la toute fin du récit, qui se terminait peut-être, à l'origine, sur la mention de la peur des femmes venues visiter le tombeau de Jésus et sur leur... silence (Mc 16,8). C'est ce qu'on appelle « le finale court de Marc »), qui suggère un moment précoce dans la circulation du récit évangélique, quand l'évangile était moins lu que récité de mémoire, devant des assistances qui pouvaient réagir sur le champ, en l'occurrence éclater de rire devant le témoin-prédicateur qui leur assurait qu'elles n'avaient rien dit à personne... de toute l'histoire qu'il venait de raconter ! C'est par la suite, quand il fut diffusé plus largement par écrit au risque de devenir lettre morte sur papyrus inerte, que l'évangile aurait dû être supplémenté par la compilation des témoignages de rencontres avec le Ressuscité qui termine le chapitre 16.
Quoi qu'il en soit de cette hypothèse, son constant appel aux réactions de son auditoire, avec la domination de l'écrit par l'oral et de la transmission par la célébration qu'il suppose, fait de l'évangile de Marc un texte presque liturgique, dont le titre (Mc 1,1) peut encore se lire comme une espèce de « rubrique ». Un exégète contemporain propose même que Marc ait été, au départ, la haggadah (livret rituel) de la Pâque telle que la célébraient les juifs devenus disciples de Jésus ? (cf. Benoît , Évangile selon Marc : commentaire, « Études bibliques,ns 61 », Pendé : Gabalda, 2010).
Par sa sobriété à la limite de l'énigme, l'évangile selon Marc est une véritable « machine à fabriquer de l'obscurité », comme l'a proposé le philosophe Paul . Là où le scribe Matthieu peint un portrait des disciples en enseignants qui savent et qui comprennent, à la limite de la prétention ridicule (cf. Mt 13,38.51!), Marc en fait des esprits bouchés qui comprennent de moins en moins (Mc 8,14-21) jusqu'à ce que le ressuscité lui-même se manifeste au-delà de toute incompréhension ou peur. En lisant Marc, nous sommes invités à traverser l'obscurité pour déceler la lumière, à embrasser l'incompréhension pour recevoir l'intelligence.
La différence la plus notable entre les manuscrits est concentrée à la fin de l’évangile, où deux finale sont possibles.
On peut suivre une partition du livre en quatre parties, selon la géographie :
L'évangile de Marc s'ouvre sur trois versets d'une extraordinaire complexité (Mc 1,1-3), où semblent s'entendre trois voix imbriquées, celle d'un Je (divin, comme dans Ml 3,1 ici cité ?) à un tu (divin ?) évoquant un il (messager du premier) auquel il semble donner la parole, non sans la thématiser comme « voix de celui qui crie... ». Après ce qui semble une sorte de prologue au ciel, le Baptême de Jésus constitue son investiture royale. Cet épisode (Mc 1,2-20) introduit les deux thèmes qui parcourent l'ensemble de l'évangile : comme serviteur de Dieu, Jésus enseigne les foules, comme roi, il exorcise les esprits impurs.
L'évangile de Marc est structuré en deux parties :
Comme une forme de prologue, cette première partie se structure assez facilement en chiasme :
A/ Témoignage du Baptiste et Baptême du Christ (Mc 1,2-20), enseignement et exorcismes (Mc 1,21-39)
B/ Controverse avec les pharisiens (Mc 2,1-3,6)
C/ Appel des Douze (Mc 3,13-19)
D/ Incrédulité des proches de Jésus (Mc 3,20-35)
E/ Enseignement et exorcismes (Mc 4,1-5,43)
D'/ Incrédulité des proches de Jésus (Mc 6,1-6)
C'/ Envoi en mission des Douze (Mc 6,7-13.30)
B'/ Hostilité des pharisiens — Appel des païens au Salut (Mc 7-8
A'/ Profession de foi de Pierre (Mc 8,27-30) et Transfiguration (Mc 9,2-10).
Cette partie développe deux thèmes connexes : le paradoxe du passage de Jésus par la mort avant de régner et les conditions nécessaires pour entrer dans le Royaume.
On peut la subdiviser comme suit :
Selon Irénée de Lyon, Marc a écrit son évangile après la mort de Pierre et Paul. La date de rédaction la plus probable se situe donc entre 64 et 69. Qui plus est, alors que Matthieu et Luc ont vraisemblablement connu les événements de la guerre juive de 66-70, il n'y a chez Marc aucun indice clair d'une telle connaissance (voir Mt 22,7 ; Lc 21,20 vs Mc 13,14).
La recherche actuelle s'entend généralement pour reconnaître Marc comme l'évangile le plus ancien, Matthieu et Luc s'en étant en partie inspirés.
Rien dans le texte n'indique de façon certaine l'identité de son auteur. Une tradition des années 100-150 (l'évêque Papias, cité par Hist. eccl.3,39,15-16) le rattache au disciple Marc, qui était en relation avec Pierre (Ac 12,12 ; 1P 5,13), puis aux côtés de Paul (Ac 12,25 ; 13,13 ; Col 4,10 ; 2Tm 4,11).
L'évangile de Marc n'indique pas à quels lecteurs il s'adresse. Il ne semble pas avoir été écrit pour répondre aux problèmes d'une communauté spécifique, mais plutôt à l'intention d'un large public qu'il s'agit d'ouvrir à une foi nouvelle. Marc destine vraisemblablement son livre à des pagano-chrétiens, ce qui explique notamment la manière dont il décrit en détail les coutumes juives (Mc 2,3-4 ; 14,12 ; 15,42), précise les indications géographiques (Mc 1,9 ; 11,1), traduit pour des lecteurs de langue grecque les quelques mots araméens mis dans la bouche de Jésus (Mc 3,17.22) et souligne souvent que la bonne nouvelle concerne aussi les païens (Mc 7,27-29 ; 11,17 ; 13,10). La plupart des spécialistes situent les premiers destinataires de l'évangile de Marc à Rome — des traditions primitives, telles que Papias, faisant de Marc l'assistant de Pierre à Rome — d'autres à Antioche de Syrie.
Même si les commentateurs ont été intrigués par l’épisode du jeune homme qui s’enfuit tout nu au moment de l’arrestation de Jésus (Mc 14,51s), l’évangile de Marc a été relégué au second rang dans les premiers temps de l’Église. considérait que Marc avait « abrégé » Matthieu.
Mais, encore au 12e s., (†1120) observe que Marc ne demande guère un commentaire séparé, car il est très proche du premier évangile, qui, lui, est plus complet.
Suivent, entre autres, les commentaires de
Le siècle des Lumières favorise un renouveau d’intérêt pour cet évangile, cherchant, en particulier, à mieux comprendre le Jésus historique. Les premières synopses critiques, plaçant son texte en vis à vis de celui des autres évangiles, ont également contribué à le remettre à l’honneur.
Dès le début du 2e s., à Rome et Alexandrie, les liturgies de la vigile pascale comportent le récit du tombeau vide, que reprennent souvent les spectacles du Moyen Âge sur la résurrection.
ICI COMMENCE L'EVANGILE SELON MARC
Commencement de l'évangile de Jésus Christ Fils de Dieu.
Comme il est écrit dans Isaïe le prophète :
« — Voici, j’envoie mon messager devant ta face qui préparera ton chemin. »
Voix de celui qui crie dans le désert : « — Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. »
Jean était dans le désert, baptisant et prêchant un baptême de pénitence
pour la rémission des péchés.
Et sortaient vers lui tout le pays de Judée et tous les habitants de Jérusalem
et ils étaient baptisés par lui dans le fleuve du Jourdain, en confessant leurs péchés.
Jean était vêtu de poils de chameau
et une ceinture de peau autour de ses reins
et il mangeait des sauterelles et du miel sauvage.
Et il prêchait, disant :
— Vient un plus fort que moi après moi
dont je ne suis pas digne de délier, en me baissant, la courroie de ses sandales.
Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau
mais lui vous baptisera dans l’Esprit Saint.
Et il arriva en ces jours-là
que Jésus vint de Nazareth de Galilée
et fut baptisé dans le Jourdain par Jean.
Et, remontant aussitôt de l’eau,
il vit les cieux ouverts
et l’Esprit comme une colombe descendant et demeurant sur lui.
Et il y eut une voix des cieux :
— Tu es mon Fils bien-aimé, en toi je me suis complu.
Et aussitôt l’Esprit le poussa au désert.
Et il était dans le désert durant quarante jours et quarante nuits
et il était tenté par le Satan.
Et il était avec les bêtes sauvages
et les anges le servaient.
Après que Jean eut été livré
Jésus vint en Galilée
prêchant l'Évangile du royaume de Dieu
et disant :
— Le temps est accompli et le royaume de Dieu s'est approché
repentez-vous et croyez à l'Évangile.
Et en passant le long de la mer de Galilée
il vit Simon et André son frère qui jetaient les filets dans la mer
en effet ils étaient pêcheurs.
Et Jésus leur dit :
— Venez à ma suite
et je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes.
Aussitôt, laissant les filets, ils le suivirent.
Et de là, ayant un peu avancé,
il vit Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère
eux aussi dans la barque en train d’arranger les filets
et aussitôt il les appela
et après avoir laissé leur père Zébédée dans la barque avec les ouvriers
ils le suivirent.
Ils pénètrent à Capharnaüm. Et aussitôt, le jour du sabbat, étant entré dans la synagogue, il les enseignait.
Et ils étaient stupéfaits de son enseignement :
en effet il les enseignait comme ayant autorité
et non comme les scribes.
Et il y avait dans leur synagogue un homme [possédé] d'un esprit impur
et il cria
disant :
— Qu’[y a-t-il] entre nous et toi, Jésus le Nazaréen ?
Tu es venu nous perdre ?
Je sais qui tu es : le Saint de Dieu.
Et Jésus le menaça, disant :
— Deviens muet et sors de l'homme.
Et l’esprit impur, le déchirant
et criant à pleine voix, sortit de lui.
Et tous furent surpris
de sorte qu’ils se demandaient entre eux, disant :
— Qu’est-ce que ceci ?
Quel est cet enseignement nouveau ?
Parce qu'il commande avec autorité même aux esprits impurs et ils lui obéissent.
Et, sortant immédiatement de la synagogue,
ils vinrent dans la maison de Simon et d’André
avec Jacques et Jean.
Or, la belle-mère de Simon était au lit, ayant la fièvre
et aussitôt ils lui parlent d’elle.
S'approchant, il la fit se lever en la prenant par la main.
Et incontinent la fièvre la quitta, et elle les servait.
Et le soir venu, comme le soleil s'était couché
on lui amenait tous les malades et ceux qui avaient des démons
et toute la ville était rassemblée à la porte.
Et il en guérit beaucoup qui étaient tourmentés par divers maux
et il chassait beaucoup de démons
et il ne leur permettait pas de parler
parce qu’ils le connaissaient.
Le matin, bien avant le jour, il se leva sortit et s'en alla dans un lieu désert, et là il priait.
Et Simon et ceux qui étaient avec lui le cherchèrent instamment
et, quand ils l'eurent trouvé, ils lui dirent :
— Tous te cherchent.
Et il leur dit :
— Allons dans les bourgs et dans les villes voisines afin que j'y prêche aussi
car c'est pour cela que je suis venu.
Et il prêchait dans leurs synagogues à travers toute la Galilée,
et chassant les démons.
Et un lépreux vint à lui, le suppliant
et fléchissant le genou, il dit :
— Si tu veux, tu peux me purifier.
Et Jésus, ému de compassion, étendit sa main
et le touchant lui dit :
— Je [le] veux, sois purifié.
Et comme il parlait, aussitôt le quitta la lèpre et il fut purifié.
Et, l'ayant menacé aussitôt, il le chassa
et lui dit :
— Vois, ne dis [rien] à personne
mais va, montre-toi au chef des prêtres
et offre pour ta guérison ce que Moïse a prescrit en témoignage pour eux.
Mais lui, étant sorti, commença à proclamer et à répandre la parole
de sorte qu'il ne pouvait plus désormais entrer ouvertement dans une ville
mais il se tenait dehors dans des lieux déserts
et ils venaient à lui de toutes parts.
Et il entra de nouveau à Capharnaüm quelques jours après
et l'on entendit qu'il était dans une maison :
y convergèrent alors plein de gens au point que ça n'allait plus tenir, jusque contre la porte,
et il exposait pour eux le verbe ...
Vinrent des gens lui apportant un paralytique qui se transportait à quatre
et comme ils ne pouvaient pas le lui présenter à cause de la foule
ils découvrirent le toit là où il était
et ouvrant tout grand, ils descendirent le grabat dans lequel le paralytique gisait.
Comme Jésus avait vu la foi qui était la leur, il dit au paralytique :
— Fiston, les péchés te sont remis !
Or étaient là certains des scribes, assis et cogitant en leurs cœurs :
Pourquoi celui-là parle-t-il ainsi ? Il blasphème ! Qui peut remettre les péchés, sinon Dieu seul ?
Et aussitôt Jésus, ayant connu dans son esprit qu’ils pensaient ainsi en eux-mêmes,
leur dit :
— Pourquoi pensez-vous ces choses dans vos cœurs ?
Qu'est-ce qui est plus facile :
dire au paralytique : «— Les péchés te sont remis »
ou dire : — Lève-toi et prends ton grabat et marche ?
Mais pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir de remettre les péchés sur la terre
il dit au paralytique :
— Je te dis : « — Lève-toi, prends ton grabat et » va dans ta maison !
Et aussitôt il se leva et, ayant soulevé le grabat, il sortit devant tous
si bien que tous étaient en admiration et honoraient Dieu en disant :
— Jamais nous n’avons rien vu de semblable !
Et il sortit encore le long de la mer
et toute la foule venait vers lui et il les enseignait.
Et comme il passait il vit Lévi [fils] d’Alphée assis au bureau du fisc
et il lui dit : — Suis-moi.
Et, se levant, il le suivit.
Et il arriva, lorsqu'il était allongé dans la maison de celui-ci,
[que] beaucoup de publicains et de pécheurs étaient allongés ensemble [à table] avec Jésus et ses disciples
car ils étaient nombreux ,ceux qui l'avaient aussi suivi.
Les scribes et les Pharisiens, le voyant manger avec les pécheurs et les publicains, disaient à ses disciples :
— Quoi ? votre maître mange et boit avec les publicains et les pécheurs ?
Ayant entendu cela, Jésus leur dit :
— Ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin de médecin mais les malades.
Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs.
Et les disciples de Jean et les Pharisiens jeûnaient.
Et ils viennent et lui disent :
— Pourquoi les disciples de Jean et des Pharisiens jeûnent-ils
alors que tes disciples ne jeûnent pas ?
Et Jésus leur dit :
— Est-ce que les fils des noces peuvent jeûner quand l’époux est avec eux ?
Aussi longtemps qu’ils ont l’époux avec eux ils ne peuvent pas jeûner.
Mais des jours viendront où l’époux leur sera enlevé et alors ils jeûneront en ce jour-là.
Personne ne coud une pièce d’étoffe neuve à un vêtement vieux
autrement l'ajout neuf emporte [encore une partie du] vieux
et la déchirure devient plus grande.
Et personne ne met du vin nouveau dans des outres vieilles
autrement le vin fera éclater les outres
et le vin se répand et les outres seront perdues.
Mais du vin nouveau doit être mis dans des outres neuves.
Et il arriva de nouveau qu'un jour de sabbat il traversait des champs ensemencés
et ses disciples se mirent à marcher devant et à arracher des épis.
Mais les Pharisiens lui dirent :
— Regarde ! Pourquoi font-ils, le jour du sabbat, ce qui n’est pas permis ?
Et il leur dit :
— N’avez-vous jamais lu ce que fit David lorsqu’il fut dans le besoin
et eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui,
comment il entra dans la maison de Dieu au temps d'Abiathar le chef des prêtres
et mangea les pains de proposition qu’il n’est pas permis de manger sauf pour les prêtres
et en donna à ceux qui étaient avec lui ?
Et il leur dit :
— Le sabbat a été fait pour l’homme
et non l’homme pour sabbat.
Ainsi le Fils de l’homme est seigneur même du sabbat.
Et il entra de nouveau dans la synagogue
et il y avait là un homme ayant la main desséchée.
Et ils l'observaient [pour voir] s’il guérirait pendant les sabbats afin de l'accuser.
Et il dit à l’homme qui avait la main sèche :
— Lève-toi au milieu.
Et il leur dit :
— Est-il permis pendant les sabbats de faire du bien ou du mal ?
de sauver une vie ou de perdre ?
Mais eux se taisaient.
Et, les regardant à l'entour avec colère,
contristé de la cécité de leur cœur
il dit à l’homme :
— Étends ta main.
Et il [l']étendit et sa main lui fut rendue.
Mais les Pharisiens, sortant aussitôt avec les Hérodiens,
faisaient conseil contre lui : comment le perdre.
Et Jésus avec ses disciples se retira vers la mer
et une foule nombreuse de la Galilée et de la Judée le suivit
et de Jérusalem et de l’Idumée et d’au-delà du Jourdain
et ceux des environs de Tyr et de Sidon, une grande multitude,
apprenant ce qu’il faisait, vinrent à lui.
Et il dit à ses disciples
qu'une petite barque fût à sa disposition à cause de la foule afin qu'ils ne le serrent pas.
Car il soignait beaucoup de gens
si bien que se ruaient sur lui pour le toucher
tous ceux qui avaient des plaies.
Et les esprits impurs,
quand ils le voyaient, se jetaient devant lui
et s’écriaient en disant :
— Tu es le fils de Dieu !
Et il les menaçait avec véhémence : qu'ils ne le manifestent pas !
Et gravissant la montagne, il appela à lui ceux que lui-même voulut
et ils vinrent à lui.
Et il en établit douze pour être avec lui
et pour les envoyer prêcher.
Et il leur donna le pouvoir de guérir les maladies et de chasser les démons.
Et il imposa à Simon le nom de « Pierre »
et Jacques, le fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques,
et il leur imposa le nom de « Boanergès » c’est-à-dire « Fils-du-tonnerre »
et André et Philippe
et Barthélemy et Matthieu et Thomas
et Jacques d’Alphée et Thaddée
et Simon le Cananéen
et Judas Iscariote celui-là même qui le livra.
Et ils viennent à la maison
et une foule s’assembla de nouveau de sorte qu’ils ne pouvaient pas même manger de pain.
Quand les siens l'eurent entendu, ils sortirent pour s'emparer de lui
car ils disaient : — Il a été pris de folie.
Et les scribes qui étaient descendus de Jérusalem disaient : — Il a Béelzébub.
et : — C'est par le chef des démons qu'il chasse les démons.
Et après les avoir appelés, il leur disait en paraboles :
— Comment Satan peut-il chasser Satan ?
Et si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut rester debout
et si une maison est dispersée au-dessus d'elle-même,
elle ne pourra tenir, cette maison-là !
Et si le Satan s’est dressé contre lui-même, il est dispersé
il ne peut rester debout mais il touche à sa fin.
Personne, entré dans sa maison, ne peut piller l'équipement de l'homme fort
sauf s'il a d'abord ligoté l'homme fort
et alors il pillera sa maison.
Amen, je vous dis
que tous les péchés seront remis aux fils des hommes et les blasphèmes par lesquels ils auront blasphémé.
Mais celui qui aura blasphémé contre l’Esprit Saint
n'a pas de rémission pour l'éternité
mais sera coupable d'un péché éternel.
Parce qu’ils disaient : — Il a un esprit impur.
Et arrivent sa mère et ses frères
et, se tenant dehors, ils envoyèrent [quelqu'un] vers lui pour l'appeler.
Et une foule était assise autour de lui et ils lui disent :
— Voici, ta mère et tes frères dehors te cherchent.
Et, répondant, il leur dit :
— Qui sont ma mère et mes frères ?
Et, regardant à l'entour ceux qui étaient assis autour de lui, il dit :
— Voici ma mère et mes frères.
Car celui qui aura fait la volonté de Dieu,
celui-là est mon frère et ma sœur et mère.
Et à nouveau il se mit à enseigner au bord de la mer
et une si grande foule s’assembla auprès de lui
qu’il monta s'asseoir sur une barque en mer
et toute la foule était à terre, sur le rivage.
Et il leur enseignait en paraboles beaucoup de choses
et il leur disait dans son enseignement :
— Écoutez !
Voici qu'est sorti le semeur pour semer.
Pendant qu’il semait
il en tomba au bord du chemin
et les oiseaux du ciel vinrent et le dévorèrent.
Il en tomba d'autre sur un endroit pierreux, où il n’y avait pas beaucoup de terre,
et aussitôt ça leva parce qu'il n'y avait pas de profondeur de terre
mais quand le soleil se leva, ça brûla
et du fait qu’il n’y avait pas de racine, se dessécha.
D'autre tomba dans les épines
et les épines montèrent et l’étouffèrent
et ça ne donna pas de fruit.
Et il en tomba d'autre dans la bonne terre
et il portait fruit poussant et croissant
et rapportait l'un trente
l'autre soixante
et l'autre cent.
Et il disait :
— Qui a des oreilles pour entendre, entende !
Lorsqu’il se trouva seul
ceux qui étaient avec lui, avec les douze, l’interrogèrent sur les paraboles.
Et il leur disait :
— À vous a été donné le mystère du royaume de Dieu
mais à ceux qui sont dehors, tout arrive en paraboles
pour qu'en regardant, ils regardent mais ne regardent pas,
et qu'en écoutant, ils écoutent mais ne comprennent pas
de peur qu’ils ne se convertissent et que les péchés ne leur soient pardonnés.
Et il leur dit :
— Vous méconnaissez cette parabole-ci ?
et comment connaîtrez-vous toutes les paraboles ?
Celui qui sème sème le verbe.
Les uns sont ceux qui sont au bord du chemin où est semé le verbe
et quand ils l'ont entendu, aussitôt vient Satan et il emporte le verbe qui a été semé en leurs cœurs.
Les autres sont semblables à ceux qui sont semés sur la pierraille
et lorsqu'ils ont entendu le verbe, sur le champ avec joie ils le reçoivent
et ils n'ont pas de racines en eux-mêmes mais ils sont fugaces :
alors, venue la tribulation ou la persécution à cause du verbe, tout de suite ils sont scandalisés.
Et il y en a d’autres qui sont semés dans les épines :
ce sont ceux qui entendent le verbe
mais les soucis du monde et l'illusion des richesses
et les convoitises d’autres sortes s'introduisent et étouffent le verbe
et il est rendu sans fruit.
Et les autres ont été semés sur la bonne terre :
ceux qui entendent le verbe et l'accueillent et fructifient
un trente
et un soixante
et un cent.
Et il leur disait :
— La lampe vient-elle pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ?
N’est-ce pas pour être mise sur le chandelier ?
Car il n’est rien de caché qui ne sera manifesté
et rien n'est fait en secret que pour venir au grand jour.
Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende !
Et il leur disait :
— Prenez garde à ce que vous entendez :
de la mesure dont vous aurez mesuré, il vous sera mesuré et il vous sera remis et il vous sera ajouté ;
en effet, celui qui a il lui sera donné
et celui qui n’a pas même ce qu’il a lui sera enlevé !
Et il disait :
— Ainsi en est-il du royaume de Dieu :
c'est comme si un homme jetait la semaille sur la terre
et dormait et se levait, la nuit et le jour,
et la semence germe et croît, pendant que lui n'en n'a aucune idée :
spontanément en effet, la terre donne du fruit
d'abord l'herbe
ensuite l'épi
ensuite plein de froment dans l'épi,
et lorsque le fruit se sera manifesté, aussitôt il y met la faux puisque la moisson est là.
Et il disait :
— À quoi assimilerons-nous le royaume de Dieu
et en quelle parabole le comparerons-nous ?
C'est comme le grain de sénevé
qui, quand il a été semé en terre,
est la plus petite de toutes les semences qui sont en terre
et quand il a été semé, monte et devient plus grand que toutes les plantes potagères
et fait des branches, grandes
au point que puissent sous son ombre habiter les oiseaux du ciel !
Et par de nombreuses paraboles de ce genre il leur communiquait le verbe
selon ce qu'ils pouvaient entendre
sans parabole il ne leur communiquait rien
mais à l'écart, pour ses disciples, il dissertait de tout.
Et il leur dit ce jour-là, le soir venu :
— Traversons en face.
Et laissant la foule, ils l’emmenèrent tel qu’il était dans la barque
et d’autres barques étaient avec lui.
Et il survint une grande tempête de vent et elle jetait les vagues dans la barque
de sorte que la barque se remplissait
et lui était à la poupe, dormant sur le coussin,
et ils le réveillent et lui disent :
— Maître, cela ne fait rien que nous périssions ?
et, s'étant réveillé, il menaça le vent
et dit à la mer : — Tais-toi ! Deviens muette !
Et le vent cessa et il se fit un grand calme.
Et il leur dit :
— Pourquoi êtes-vous craintifs ?
N'avez-vous pas encore de foi ?
Et ils craignirent d'une grande crainte
et ils se disaient l'un à l'autre :
— Qui penses-tu qu'il puisse être, celui-ci, que même vent et mer lui obéissent ?
Et ils vinrent à l'autre rive de la mer, au pays des Géraséniens.
Et, comme il sortait de la barque, vint aussitôt à sa rencontre, des tombeaux, un homme avec un esprit impur
qui avait sa demeure dans les tombeaux
et personne ne pouvait plus le lier, même avec des chaînes
car, souvent lié par des entraves et des chaînes, il avait rompu les chaînes et brisé les entraves
et personne ne pouvait le dompter
et continuellement, de nuit et de jour, il était dans les tombeaux et sur les montagnes
poussant des cris et se meurtrissant avec des pierres.
Et, voyant Jésus de loin, il accourut et se prosterna devant lui
et, criant d’une voix forte, il dit :
— Qu'y a-t-il entre moi et toi, Jésus, Fils du Dieu Très-Haut ?
Je t'adjure par Dieu : ne me tourmente pas !
Car il lui disait :
— Sors de l'homme, esprit impur !
Et il l'interrogeait :
— Quel est ton nom ?
Et il lui dit :
— « Légion » est mon nom, parce que nous sommes nombreux !
et il le priait instamment de ne pas l'expulser hors du pays.
Or, il y avait là près de la montagne un grand troupeau de porcs qui paissait
et les esprits le priaient, disant :
— Envoie-nous dans les porcs afin que nous entrions en eux.
Et Jésus leur permit aussitôt
et les esprits impurs, sortant, entrèrent dans les porcs
et dans un grand élan le troupeau se précipita dans la mer, environ deux mille
et ils s'étouffèrent dans la mer.
Or, ceux qui les nourrissaient s’enfuirent
et ils annoncèrent [la chose] dans la ville et dans la campagne
et ils sortirent voir ce qui s'était passé.
Et ils viennent à Jésus
et voient celui qui était tourmenté par le démon assis, vêtu et sain d'esprit
et ils eurent peur
et ceux qui avaient vu [la chose] leur racontèrent comment cela était arrivé pour celui qui avait eu un démon et au sujet des porcs
et ils se mirent à le prier de s’éloigner de leur territoire.
Et comme il montait dans la barque
celui qui avait été tourmenté par le démon commença à le supplier d'être avec lui.
Pourtant il ne l'admit pas,
mais il lui dit :
— Va dans ta maison auprès des tiens
et annonce-leur quelles grandes choses a faites pour toi le Seigneur, et qu'il a eu pitié de toi.
Et il s’en alla et se mit à proclamer dans la Décapole les grandes choses que Jésus avait faites pour lui
et tous étaient dans l’étonnement.
Et comme Jésus avait traversé en barque
de nouveau sur l'autre rive convergea vers lui une foule nombreuse
alors qu'il était encore au bord de la mer.
Et arrive un des chefs de synagogue du nom de « Jaïre »
le voyant, il tomba à ses pieds
et il le priait instamment, disant :
— Puisque ma fille est à l’extrémité
viens ! Impose les mains sur elle afin qu’elle soit sauvée et qu'elle vive !
Et il partit avec lui,
et la foule nombreuse le suivait, qui le pressait de tous côtés.
Et une femme qui avait un flux de sang depuis douze ans
et avait beaucoup souffert du fait de nombreux médecins
et avait dépensé tout ses biens
et n'en avait retiré aucun profit mais allait plutôt plus mal,
ayant entendu parler de Jésus, vint dans la foule par derrière et toucha son vêtement,
car elle disait : — Si je touche seulement son vêtement je serai sauvée.
Et immédiatement, la source de son sang fut asséchée
et elle sentit en son corps qu’elle était guérie de sa blessure.
Et aussitôt Jésus, prenant connaissance en lui-même de la puissance qui était sortie de lui
et s'étant retourné vers la foule, disait :
— Qui a touché mes vêtements ?
Et ses disciples lui disaient :
— Tu vois la foule qui te presse et tu dis : — Qui m’a touché ?
Et il regardait autour de lui pour voir celle qui avait fait cela.
Or la femme, saisie de peur et tremblante, sachant ce qui était arrivé en elle,
vint et tomba devant lui et lui dit toute la vérité.
Il lui dit :
— [Ma] fille, ta foi t’a sauvée, va en paix et sois guérie de ta blessure.
Alors qu'il parlait encore, viennent de chez le chef de synagogue [des gens,] disant :
— Ta fille est morte, pourquoi tourmentes-tu encore le maître ?
Mais Jésus, ayant entendu la parole qui venait d’être prononcée, dit au chef de synagogue :
— Ne crains pas, crois seulement.
Et il ne laissa personne le suivre
si ce n’est Pierre, Jacques et Jean le frère de Jacques.
Et ils arrivent à la maison du chef de synagogue
et il voit du tumulte et des gens qui pleurent et et se lamentent en criant.
Et une fois entré, il leur dit :
— Pourquoi vous êtes-vous troublés et pleurez-vous ?
La jeune fille n’est pas morte mais elle dort.
Et ils se moquaient de lui.
Mais lui, les ayant tous chassés, prend avec lui le père et la mère de la jeune fille et ceux qui étaient avec lui
et il entre là où était couchée la jeune fille.
Et, tenant la main de la jeune fille, il lui dit :
— Talitha qoumi, ce qui se traduit : — Jeune fille, je te dis, lève-toi !
Et immédiatement la jeune fille se leva et elle marchait,
elle avait quant à elle douze ans,
et ils furent frappés d'une très grande stupeur.
Et il leur ordonna expressément que personne ne le sût
et il dit de lui donner à manger.
Et une fois le sabbat arrivé, il se mit à enseigner dans la synagogue
et beaucoup, l'écoutant, étaient frappés d'admiration par son enseignement, disant :
— D'où lui viennent toutes ces choses et quelle est la sagesse qui lui a été donnée ?
Et de tels miracles qui arrivent par ses mains ?
Celui-ci n'est-il pas l'artisan fils de Marie, le frère de Jacques, Joseph, Jude et Simon ?
Et ses sœurs ne sont-elles pas ici avec nous ?
Et ils étaient scandalisés à cause de lui.
Et Jésus leur disait :
— Il n'est de prophète sans honneur que dans sa patrie, dans sa parenté et dans sa maison.
Et il ne pouvait faire là aucun miracle
si ce n’est qu’ayant imposé les mains à un petit nombre de malades, il les guérit.
Et il s'étonnait de leur incrédulité.
Et il faisait le tour des villages à la ronde, enseignant.
Et il appela à lui les douze et se mit à les envoyer deux par deux
et il leur donnait la domination des esprits impurs
et il leur ordonna de ne rien prendre pour la route, si ce n'est un bâton seulement :
ni besace, ni pain, ni argent à la ceinture
mais [d'être] chaussés de sandales
et de ne pas s'attribuer deux tuniques.
Et il leur disait :
— Partout où vous serez entrés dans une maison, demeurez là jusqu’à ce que vous partiez de là.
Et tous ceux qui ne vous auront pas reçus ni entendus,
en sortant de là, chassez la poussière de vos pieds en témoignage contre eux.
Et, en partant, ils prêchaient de faire pénitence
et chassaient de nombreux démons
et oignaient d'huile de nombreux malades et ils guérissaient.
Et le roi Hérode entendit [cela]
car son nom était devenu célèbre
et il disait :
— Jean-Baptiste est ressuscité des morts
et c'est pourquoi des miracles s'opèrent par lui.
Or, d’autres disaient que c'est Élie
mais d’autres disaient que c’est un prophète, comme l’un des prophètes.
Ayant entendu cela, Hérode dit :
— Celui que moi j'ai fait décapiter, Jean, il est ressuscité des morts.
En effet, Hérode lui-même avait envoyé arrêter Jean, l'avait fait enchaîner en prison
à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe, parce qu’il l'avait épousée.
Jean en effet disait à Hérode :
— Il ne t’est pas permis d’avoir la femme de ton frère.
Or, Hérodiade lui tendait des pièges et voulait le faire mourir et elle ne le pouvait pas.
Hérode en effet craignait Jean
sachant qu'il était un homme juste et saint
et il le gardait
et une fois qu'il l'avait écouté, il faisait beaucoup de choses et l’écoutait avec plaisir.
Et comme le jour propice était arrivé
Hérode, pour l’anniversaire de sa naissance, fit un repas pour ses grands, les tribuns et les principaux de la Galilée.
Et, alors que la fille d'Hérodiade elle-même était entrée et avait dansé
et avait plu à Hérode et à ceux qui étaient à table avec lui,
le roi dit à la jeune fille :
— Demande-moi ce que tu veux et je te le donnerai.
Et il lui fit un serment : — Tout ce que tu demanderas, je te le donnerai,
jusqu'à la moitié de mon royaume !
Et comme elle était sortie, elle dit à sa mère :
— Que demanderai-je ?
Et celle-ci dit :
— La tête de Jean-Baptiste.
Et comme elle était entrée, allant aussitôt en hâte vers le roi, elle lui fit sa requête, disant :
— Je veux que tu me donnes tout de suite sur un plateau la tête de Jean-Baptiste.
Et, profondément attristé, le roi, à cause du serment prêté et à cause aussi de ceux qui étaient à table avec lui, ne voulut pas profondément l'attrister
mais ayant envoyé un garde, il commanda
que sa tête soit apportée sur un plateau
et il le décapita dans la prison
et il apporta sa tête sur un plateau
et il la donna à la jeune fille
et la jeune fille la donna à sa mère.
L’ayant appris, ses disciples vinrent et emportèrent son corps et le mirent dans un tombeau.
Et les apôtres se rassemblèrent tous auprès de Jésus et lui rapportèrent tout ce qu’ils avaient fait et tout ce qu’ils avaient enseigné.
Et il leur dit :
— Venez vous-mêmes dans un lieu désert et reposez-vous un petit peu.
En effet, ceux qui arrivaient et ceux qui repartaient étaient nombreux
et ils n’avaient pas même un intervalle pour manger.
Et montant dans la barque, ils partirent vers un lieu désert, à l'écart.
Les voyant s'éloigner, beaucoup comprirent :
de toutes les villes ils accoururent là-bas à pied et les devancèrent.
En débarquant, Jésus vit une foule nombreuse
et il eut pitié d'eux
parce qu'ils étaient comme des brebis qui n'ont pas de pasteur
et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses.
Et comme l’heure était déjà bien avancée
ses disciples s’approchèrent de lui, disant :
— Ce lieu est désert
et l'heure est déjà passée :
renvoie-les pour qu’ils aillent dans les hameaux et les bourgs les plus proches s’acheter de la nourriture à manger.
Et leur répondant, il dit :
— Donnez-leur à manger.
Et ils lui dirent :
— Devons-nous aller acheter des pains pour deux cents deniers
et leur donnerons-nous à manger ?
Et il leur dit :
— Combien de pains avez-vous ? Allez voir.
Et comme ils en avaient pris connaissance, ils disent :
— Cinq, et deux poissons.
Alors il leur commanda de s'allonger, bataillon par bataillon, sur l’herbe verte ;
et ils s’étendirent carrés par carrés de cent et de cinquante.
Et ayant pris les cinq pains et les deux poissons,
regardant vers le ciel, il bénit et rompit les pains
et les donna à ses disciples, pour qu’ils les missent devant eux
et il partagea les deux poissons entre tous.
Et ils mangèrent tous et furent rassasiés
et ils emportèrent les restes des morceaux, douze paniers pleins, et de ce qui restait des poissons.
Or ceux qui avaient mangé les pains étaient cinq mille hommes.
Et aussitôt il obligea ses disciples à monter dans la barque, à [le] précéder sur l’autre rive vers Bethsaïde
pendant que lui-même renverrait le peuple.
Et après les avoir renvoyés, il s'en alla dans la montagne pour prier.
Et comme le soir était venu, la barque était au milieu de la mer
et lui seul à terre
et voyant qu’ils peinaient à ramer
car le vent leur était contraire
et vers la quatrième veille de la nuit, il vient vers eux
en marchant sur la mer
et il voulait les dépasser.
Mais eux quand ils le virent marcher sur la mer
crurent que c’était un fantôme
et poussèrent des cris.
Tous en effet le virent et furent profondément troublés
et aussitôt il parla avec eux et leur dit :
— Ayez confiance, moi je suis, n'ayez pas peur !
Puis il monta auprès d'eux dans la barque et le vent tomba.
Et ils étaient intérieurement au comble de la stupeur :
en effet, ils n'avaient pas compris au sujet des pains
en effet, leur cœur était aveuglé.
Et comme ils avaient fait la traversée, ils abordèrent en terre de Génésareth et accostèrent
et alors qu'ils étaient sortis de la barque, incontinent on le reconnut
et courant à travers l'ensemble de la région,
on se mit à porter autour de lui sur des grabats ceux qui étaient malades, là où l'on entendait dire qu’il était ;
et partout où il entrait, dans les bourgs, les fermes ou les villes, sur les places, on déposait les infirmes
et le priait instamment de les laisser toucher ne fût-ce que la frange de son vêtement
et tous ceux qui le touchaient étaient sauvés.
Alors convergent vers lui des Pharisiens et quelques-uns des scribes, venant de Jérusalem,
et comme ils avaient vu quelques-uns de ses disciples manger les pains avec des mains souillées, c’est-à-dire non lavées,
ils vitupérèrent.
En effet, les Pharisiens et tous les Juifs, s'ils ne se lavent pas les mains souvent, ne mangent pas,
gardant la tradition des anciens
et rentrés de la place publique ils ne mangent pas s'ils ne se sont pas purifiés ;
ils observèrent aussi bien d'autres usages qui leur furent transmis :
purifications des coupes, des cruches, des vases d'airain et des lits.
Et les Pharisiens et les scribes l'interrogent :
— Pourquoi tes disciples ne marchent-ils pas selon la tradition des anciens
mais mangent-ils le pain avec les mains souillées ?
Répondant, il leur dit :
— Isaïe a bien prophétisé sur vous, hypocrites
comme il est écrit :
« Ce peuple m’honore des lèvres mais leur cœur est loin de moi.
En vain ils me rendent un culte,
enseignant comme doctrines des préceptes d'hommes. »
En effet, laissant le commandement de Dieu, vous observez la tradition des hommes :
purifications de cruches et de coupes, et vous faites beaucoup d'autres choses semblables à celles-ci.
Et il leur disait :
— Vous abrogez bel et bien le précepte de Dieu pour observer votre tradition !
En effet Moïse a dit :
« Honore ton père et ta mère »
et : « Que celui qui aura maudit père ou mère meure de mort. »
Mais vous, vous dites :
— Si un homme dit au père ou à la mère : — est qorban, c'est-à-dire offrande [sacrée], tout ce qui de mon bien aurait pu t'être utile.
Et vous ne le laissez plus rien faire pour son père ou sa mère,
abrogeant le verbe de Dieu par votre tradition que vous avez transmise
et vous faites beaucoup d’autres choses semblables de ce genre.
Et appelant de nouveau la foule, il leur disait :
— Écoutez-moi tous et comprenez.
Il n'y a rien d'extérieur à l’homme qui en entrant en lui puisse le contaminer
mais ce qui sort de l’homme c'est ce qui souille l’homme.
Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende !
Et alors qu'il était entré dans une maison loin de la foule,
ses disciples l’interrogeaient sur la parabole.
Et il leur dit :
— Ainsi vous aussi, vous êtes ignorants ?
Ne comprenez-vous pas que tout ce qui du dehors entre dans l’homme ne peut le souiller
parce que cela n’entre pas dans son cœur
mais dans le ventre et s'en va dans le lieu secret, purifiant tous les aliments.
Et il disait :
— Ce qui sort de l’homme, voilà ce qui souille l’homme.
Car c’est du dedans, du cœur des hommes, que sortent les pensées mauvaises :
adultères, fornications, meurtres,
vols, cupidités, méchancetés
fraude, débauche, mauvais œil,
blasphème, superbe, sottise.
Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et souillent l’homme.
Partant de là, il s'en alla dans le territoire de Tyr et de Sidon.
Et étant entré dans une maison, il voulait que personne ne le sût, mais il ne put se cacher.
Car aussitôt qu'elle entendit parler de lui, une femme,
dont la fille avait un esprit impur,
entra et tomba à ses pieds.
Or cette femme était païenne, syrophénicienne de naissance,
et elle le priait d'expulser le démon hors de sa fille.
Et il lui dit :
— Laisse d’abord les enfants être rassasiés
car il n’est pas bon de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens.
Mais elle répondit et lui dit :
— Tout à fait, Seigneur,
car les petits chiens aussi, sous la table, mangent des miettes des enfants.
Il lui dit :
— À cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille !
Elle retourna dans sa maison et trouva l'enfant étendue sur le lit et le démon sorti.
S'en retournant du territoire de Tyr,
il vint par Sidon vers la mer de Galilée, à travers le territoire de la Décapole.
Et on lui amène un sourd-muet
et on le prie de lui imposer la main.
Et, le prenant à part hors de la foule,
il mit ses doigts dans ses oreilles
et crachant, il toucha sa langue
puis, levant les yeux au ciel, il poussa un gémissement et lui dit :
— Ephatha, c’est-à-dire : Ouvre-toi !
Et aussitôt ses oreilles s’ouvrirent
et le lien de sa langue se délia
et il parlait correctement.
Et il leur ordonna de ne le dire à personne
mais plus il le leur ordonnait, plus ils le proclamaient.
Et d'autant plus ils étaient frappés de stupeur, disant :
— Il a bien fait toutes choses, et il fait entendre les sourds et parler les muets.
En ces jours-là, comme il y avait de nouveau une nombreuse foule et qu'ils n'avaient pas de quoi manger,
les disciples ayant été appelés, il leur dit :
— J’ai pitié de la foule parce que voici déjà trois jours qu’ils tiennent bon auprès de moi
et ils n’ont pas de quoi manger :
si je les renvoie à jeun dans leurs maisons, ils défailleront en chemin :
en effet certains d’entre eux sont venus de loin.
Ses disciples lui répondirent :
— Comment quelqu'un pourra-t-il ici, dans le désert, les rassasier de pains ?
Et il les interrogea :
— Combien de pains avez-vous ?
Et ils dirent : — Sept.
Alors il ordonna à la foule de s'asseoir par terre
et prenant les sept pains et rendant grâces, les rompit ;
et il les donnait à ses disciples pour qu'ils les distribuent
et ils les distribuèrent à la foule.
Ils avaient aussi quelques petits poissons
et même eux, il les bénit et ordonna de les distribuer.
Et ils mangèrent et furent rassasiés
et ils emportèrent ce qui était resté des morceaux : sept corbeilles.
Or, ceux qui avaient mangé étaient presque quatre mille.
Et il les renvoya.
Et aussitôt, montant dans la barque avec ses disciples, il vint dans le coin de Dalmanutha.
Et les Pharisiens sortirent et ils commencèrent à le chercher,
cherchant à obtenir de lui un signe du ciel, le mettant à l’épreuve.
Et gémissant en esprit, il dit :
— Pourquoi cette génération cherche-t-elle un signe ?
Amen, je vous dis :
[Que le Ciel m'abandonne] si jamais il est donné un signe à cette génération !
Et les laissant, montant de nouveau, il alla sur l’autre rive.
Et ils oublièrent de prendre des pains
et ils n'avaient qu'un seul pain avec eux dans la barque.
Et il leur faisait des prescriptions, disant :
— Voyez, prenez garde au levain des pharisiens et au levain d’Hérode.
Et ils réfléchissaient, se disant les uns aux autres :
— Nous n’avons pas de pains.
L'ayant compris, Jésus leur dit :
— Pourquoi pensez-vous que vous n’avez pas de pains ?
Vous ne saisissez pas encore et ne comprenez pas,
vous avez votre cœur encore aveugle.
Tout en ayant des yeux vous ne voyez pas
et tout en ayant des oreilles vous n'entendez pas
et vous ne vous rappelez pas
lorsque j’ai rompu cinq pains pour les cinq mille
et la quantité de paniers pleins de morceaux que vous avez emportés ?
Ils lui disent : — Douze.
— Et lorsque [j’ai rompu] les sept pains pour les quatre mille
combien de corbeilles [pleines] de morceaux avez-vous emportées ?
Et ils lui disent : — Sept.
Il leur disait :
— Comment, vous ne comprenez pas encore ?
Et ils viennent à Bethsaïde
et ils lui amènent un aveugle
et ils lui demandaient de le toucher.
Prenant la main de l’aveugle, il le conduisit hors du bourg
et lui crachant dans les yeux, après avoir imposé les mains, il lui demanda s’il voyait quelque chose.
Et commençant à apercevoir, il dit :
— Je vois des hommes, comme des arbres ambulants !
Alors, il lui imposa une seconde fois les mains sur les yeux et il commença à voir
et il fut rétabli de sorte qu'il voyait clairement toutes choses.
Et il le renvoya dans sa maison, disant :
— Rentre chez toi
et si tu dois entrer dans le bourg, ne parle à personne !
Et Jésus sortit ainsi que ses disciples, vers les bourgs de Césarée de Philippe
et en chemin il interrogeait ses disciples, leur disant :
— Qui les gens disent-ils que je suis ?
Ils lui répondirent, disant :
— Jean-Baptiste
d’autres, Élie
d’autres encore, comme un des prophètes.
Et il leur dit :
— Et vous, qui dites-vous que je suis ?
Pierre lui répondit en disant :
— Tu es le Christ.
Et il les menaça : qu'ils ne parlent de lui à personne
et il commença à leur enseigner
qu’il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup,
qu’il soit rejeté par les anciens, par les grands prêtres et les scribes
qu’il soit mis à mort et qu’après trois jours il ressuscite.
Et il tenait ouvertement ce discours.
Et le prenant à part, Pierre se mit à lui faire des reproches.
Lui, s'étant retourné et voyant ses disciples, menaça Pierre en disant :
— Va-t'en derrière moi, Satan !
parce que tu n'as pas le goût de ce qui est de Dieu mais de ce qui est des hommes.
Puis, ayant appelé la foule avec ses disciples, il leur dit :
— Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même
qu’il prenne sa croix et qu'il me suive.
Car qui aura voulu sauver sa vie la perdra
mais celui qui aura perdu sa vie à cause de moi et de l'Évangile la sauvera.
Car que servira-t-il à l'homme s'il gagne le monde entier
et fait la perte de sa vie ?
Ou que donnera un homme en échange de sa vie ?
Celui en effet qui aura eu honte de moi et de mes paroles dans cette génération adultère et pécheresse,
le Fils de l’homme aussi aura honte de lui quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges.
[v.39] Et il leur disait :
— Amen, je vous dis
qu'il y a quelques-uns de ceux qui se tiennent ici
qui ne goûteront pas la mort avant d'avoir vu le règne de Dieu venir avec puissance.
Et, six jours après, Jésus prend Pierre et Jacques et Jean
et il les conduit sur une haute montagne, à l'écart, seuls
et il fut transfiguré devant eux.
Et ses vêtements devinrent resplendissants, extrêmement blancs comme la neige
tels que foulon sur la terre n'en peut faire d'aussi blancs.
Et Élie leur apparut avec Moïse
et ils parlaient avec Jésus.
Et prenant la parole, Pierre dit à Jésus :
— Rabbi, il nous est bon d'être ici :
faisons trois tentes
une pour toi et une pour Moïse et une pour Élie.
Il ne savait pas en effet ce qu'il disait
car ils étaient saisis de crainte.
Et il advint une nuée les couvrant de son ombre
et vint une voix de la nuée, disant :
— Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le.
Et aussitôt, regardant tout autour, ils ne virent plus personne si ce n'est Jésus seul avec eux.
Et comme ils descendaient de la montagne
il leur ordonna de ne raconter à personne ce qu'ils avaient vu
sinon quand le Fils de l'homme serait ressuscité des morts.
Et ils retinrent la parole, discutant entre eux ce qu'était : quand il serait ressuscité des morts.
Et ils l'interrogeaient, disant :
— Pourquoi donc les Pharisiens et les scribes disent qu'il faut qu'Élie vienne d'abord ?
Et répondant, il leur dit :
— Élie, quand il viendra d'abord, rétablira toutes choses.
Et comment est-il écrit sur le Fils de l'homme qu'il doit beaucoup souffrir et être méprisé ?
Mais je vous dis qu'Élie est venu
et ils lui ont fait tout ce qu'ils ont voulu
comme il est écrit de lui.
Et, venant vers ses disciples, il vit une grande foule autour d'eux
et des scribes discutant avec eux.
Et immédiatement tout le peuple en le voyant fut stupéfait
et, accourant, ils le saluaient.
Et il les interrogea :
— De quoi discutez-vous entre vous ?
Et, répondant, un homme de la foule dit :
— Maître je t'ai amené mon fils qui a un esprit muet,
lequel, partout où il le saisit, il le jette [à terre]
et il écume et grince des dents et se dessèche
et j'ai dit à tes disciples de le chasser et ils n'ont pas pu.
Lequel, répondant, leur dit :
— Ô génération incrédule
Jusques à quand serai-je avec vous ?
Jusques à quand vous supporterai-je ?
Amenez-le-moi.
Et ils l'amenèrent
et quand il le vit aussitôt l'esprit le tourmenta
et, brisé contre terre, il se roulait en écumant.
Et il interrogea son père :
— Combien y a-t-il de temps que cela lui arrive ?
Celui-ci dit :
— Depuis l'enfance.
Et souvent il l'a jeté dans le feu et dans les eaux pour le faire périr
mais si tu peux quelque chose secours-nous, par pitié pour nous.
Mais Jésus lui dit :
— Si tu peux croire, tout est possible à celui qui croit.
Et, incontinent, le père de l'enfant, s'écriant avec larmes, disait :
— Je crois, viens au secours de mon incrédulité.
Et lorsque Jésus vit accourir la foule,
il menaça l'esprit impur en lui disant :
— Esprit sourd et muet,
moi, je te l'ordonne : sors de lui et n'entre plus en lui.
Et, poussant des cris et le déchirant violemment, il sortit de lui
et il devint comme mort
si bien que beaucoup disaient : il est mort.
Mais Jésus, tenant sa main, le releva et il se tint debout.
Et lorsqu'il fut entré dans la maison
ses disciples l'interrogeaient en secret :
— Pourquoi nous, n'avons-nous pas pu le chasser ?
Et il leur dit :
— Cette espèce-là ne peut nullement sortir sinon par la prière et le jeûne.
Et partis de là, ils traversaient la Galilée
et il ne voulait que personne le sût.
Or il enseignait ses disciples et leur disait :
— Le Fils de l'homme sera livré aux mains des hommes
et ils le tueront
et une fois tué, le troisième jour il ressuscitera.
Mais eux ignoraient la parole et craignaient de l'interroger.
Et ils vinrent à Capharnaüm
comme il était dans la maison il les interrogeait :
— Que discutiez-vous en chemin ?
Mais eux se taisaient
parce qu'en chemin entre eux ils avaient discuté : qui d'entre eux était le plus grand ?
Et s'étant assis, il appela les douze et leur dit :
— Si quelqu'un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous.
Et prenant un enfant, il le plaça au milieu d'eux.
L'ayant embrassé, il leur dit :
— Quiconque accueille de cette manière un de ces enfants en mon nom, c'est moi qu'il accueille
et quiconque me reçoit, ce n'est pas moi qu'il reçoit mais celui qui m'a envoyé.
Jean lui prit la parole en disant :
— Maître, nous avons vu quelqu'un qui ne nous suit pas chasser les démons en ton nom
et nous l'en avons empêché.
Mais Jésus dit :
— Ne l'empêchez pas :
il n'y a personne en effet qui fasse un miracle en mon nom et qui puisse sitôt mal parler de moi.
Qui en effet n'est pas contre vous est pour vous.
Car quiconque vous donnera à boire une coupe d'eau en mon nom parce que vous êtes au Christ,
amen, je vous dis, il ne perdra pas sa récompense.
Et quiconque scandalisera un de ces petits qui croient en moi,
il est meilleur pour lui qu'on lui mette autour de son cou une meule à âne et qu'on le jette dans la mer.
Et si ta main te scandalise, coupe-la :
il est meilleur pour toi d'entrer infirme dans la vie
que d'aller, ayant deux mains, dans la géhenne au feu qui ne s'éteint pas
là où leur ver ne meurt pas et où le feu ne s'éteint pas.
Et si ton pied te scandalise, ampute-le :
il est meilleur pour toi d'entrer boiteux dans la vie éternelle
que d'être jeté, ayant deux pieds, dans la géhenne du feu qui ne s'éteint pas
là où leur ver ne meurt pas et le feu ne s'éteint pas.
Que si ton œil te scandalise, arrache-le :
il est meilleur pour toi d'entrer borgne dans le royaume de Dieu
que d'être jeté, ayant deux yeux, dans la géhenne de feu
où leur ver ne meurt pas et le feu ne s'éteint pas.
Tout homme en effet sera salé par le feu
et toute victime sera salée.
[49] Le sel est bon
que si le sel devient non salé avec quoi l'assaisonnerez-vous ?
Ayez du sel en vous-mêmes
et soyez en paix entre vous.
Et, se levant de là, il vient aux confins de la Judée, au-delà du Jourdain
et des foules se rassemblent de nouveau auprès de lui
et, comme il en avait l'habitude, de nouveau il les enseignait.
Et, s'approchant, des Pharisiens lui demandaient
s'il est permis à un homme de renvoyer sa femme,
le mettant à l’épreuve.
Mais lui en répondant leur dit :
— Que vous a prescrit Moïse ?
Et ils dirent :
— Moïse a permis d'écrire une lettre de divorce et de répudier.
Et , répondant, Jésus leur dit :
— C'est pour répondre à la dureté de votre cœur qu'il vous a écrit ce commandement
mais dès le commencement de la création « mâle et femelle Dieu les fit » ;
« à cause de cela l’homme quittera son père et mère
et s’attachera à sa femme
et les deux seront en une seule chair »
ainsi ils ne sont plus deux mais « une seule chair » !
Donc ce que Dieu a uni que l'homme ne le séparera pas.
Et à la maison ses disciples l'interrogèrent de nouveau sur le même sujet
et il leur dit :
— Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre
commet l’adultère envers elle
et si une femme répudie son mari et en épouse un autre
elle vit en concubinage.
Et on lui présentait des petits enfants pour qu’il les touchât
mais les disciples menaçaient ceux qui les présentaient.
Lorsqu'il les vit, Jésus, indigné, les prit et il leur dit :
— Permettez aux petits enfants de venir à moi et ne les empêchez pas
car à ceux qui sont tels est le royaume de Dieu.
Amen, je vous dis :
Quiconque n'aura pas accueilli le royaume de Dieu comme un petit enfant n’y entrera pas.
Et, les serrant dans ses bras et leur imposant les mains, il les bénissait.
Et comme il était sorti sur la route
un homme accourant et fléchissant le genou devant lui lui demandait :
— Bon maître, que ferai-je pour recevoir la vie éternelle ?
Or Jésus lui dit :
— Pourquoi me dis-tu « bon » ?
Nul n’est bon sinon Dieu seul.
Tu connais les commandements :
« Ne commets pas l’adultère
ne tue pas
ne vole pas
ne prononce pas de faux témoignage
ne fraude pas
honore ton père et mère... »
Et répondant, celui-là lui dit :
— Maître, tout cela, je l'ai observé depuis ma jeunesse.
Et Jésus, l'ayant regardé, l’aima et lui dit :
— Une chose te manque :
va, tout ce que tu as vends[-le] et donne[-le] aux pauvres
et tu auras un trésor dans le ciel
puis viens, suis-moi.
Mais lui, attristé de cette parole, s’en alla affligé
car il avait beaucoup de possessions.
Et regardant autour de lui, Jésus dit à ses disciples :
— Qu'il est difficile pour ceux qui ont de l'argent d'entrer dans le royaume de Dieu.
Or les disciples étaient stupéfaits de ses paroles
mais Jésus, répondant de nouveau, leur dit :
— Petits enfants, qu'il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d'entrer dans le royaume de Dieu.
Il est plus facile à un chameau de passer
par le trou de l'aiguille
qu'à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu.
Et ils étaient encore plus étonnés, se disant les uns aux autres :
— Mais qui peut être sauvé ?
Et les regardant, Jésus dit :
— Aux hommes c'est impossible mais non pas à Dieu
car tout est possible à Dieu.
Pierre se mit à lui dire :
— Voici, nous avons tout quitté et nous t'avons suivi.
Répondant, Jésus dit :
— Amen, je vous dis :
Il n'est personne qui, ayant quitté maison ou frères ou sœurs ou mère ou père ou enfants ou champs
à cause de moi et à cause de l'Évangile,
ne reçoive le centuple dès maintenant en ce temps-ci :
maisons et frères et sœurs et mères et enfants et champs, avec des persécutions
et dans le siècle à venir, la vie éternelle.
Et puis beaucoup de premiers seront derniers et de derniers premiers.
Or, ils étaient en chemin, montant à Jérusalem
et Jésus marchait devant eux
et ils étaient saisis de stupeur et ceux qui suivaient avaient peur.
Et prenant de nouveau les douze, il se mit à leur dire ce qui allait lui arriver :
— Voici, nous montons à Jérusalem
et le Fils de l’homme sera livré aux chefs des prêtres et aux scribes et aux anciens
et ils le condamneront à mort et le livreront aux nations
et ils se moqueront de lui et ils cracheront sur lui et ils
le flagelleront
et ils le tueront et le troisième jour il ressuscitera.
Et s'approchent de lui Jacques et Jean, fils de Zébédée, disant :
— Maître, nous voulons que quoi que nous demandions, tu le fasses pour nous,
et lui leur dit :
— Que voulez-vous que je fasse pour vous ?
et ils dirent :
— Donne-nous de siéger l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire.
Mais Jésus leur dit :
— Vous ne savez pas ce que vous demandez
Pouvez-vous boire le calice que moi, je bois
et être baptisés du baptême dont moi je suis baptisé ?
et ils lui dirent : — Nous pouvons.
Mais Jésus leur dit :
— Le calice que moi je bois vous le boirez
et du baptême dont moi, je suis baptisé vous serez baptisés.
Mais siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m'appartient pas de le donner mais c’est pour ceux pour qui cela a été préparé.
Et en entendant cela, les dix se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean
et Jésus, les appelant, leur dit :
— Vous savez que ceux qui passent pour régner sur les nations les dominent
et que leurs princes ont pouvoir sur elles.
Or il n’en est pas ainsi parmi vous
mais celui qui veut devenir grand
sera votre serviteur
et quiconque aura voulu être le premier parmi vous sera l'esclave de tous
car le Fils de l’homme n'est pas venu pour être servi mais pour servir
et donner sa vie en rançon pour beaucoup.
Et ils viennent à Jéricho.
Et comme il sortait de Jéricho, et ses disciples et une foule considérable,
le fils de Timée, Bartimée l'aveugle, était assis sur le bord de la voie, mendiant.
Et comme il avait entendu que c’est Jésus de Nazareth,
il se mit à clamer et à dire : — Fils de David, Jésus, aie pitié de moi !
Et beaucoup le menaçaient pour qu'il se tût
mais lui clamait encore plus :
— Fils de David, aie pitié de moi !
Et, s'arrêtant, Jésus ordonna qu'on l'appelât
et ils appellent l’aveugle en lui disant :
— Prends patience, lève-toi, il t’appelle !
Et, jetant son vêtement et bondissant, il vint vers lui
et, lui répondant, Jésus dit :
— Que veux-tu que je fasse pour toi ?
L’aveugle lui dit :
— Rabbouni, que je voie !
Mais Jésus lui dit :
— Va, ta foi t’a sauvé.
Et immédiatement il vit et il le suivait sur le chemin.
Comme ils approchaient de Jérusalem, vers Betphagé et Béthanie, près du mont des Oliviers, il envoya deux de ses disciples
et il leur dit :
— Allez dans le village qui est devant vous
et sitôt en y entrant vous trouverez un ânon attaché
sur lequel aucun homme encore ne s’est assis :
détachez-le et amenez-le.
Et si quelqu'un vous dit : — Que faites-vous ?
Dites qu'il est nécessaire au Seigneur
et immédiatement il le laissera venir ici.
Et ils s'en allèrent et ils trouvèrent un ânon attaché devant la porte, dehors, entre deux chemins
et ils le détachent.
Quelques-uns de ceux qui se tenaient là leur disaient :
— Que faites-vous à détacher l'ânon ?
Et eux leur dirent comme Jésus le leur avait commandé
et ils les laissèrent.
Et ils amenèrent l'ânon à Jésus,
ils mettent sur lui leurs manteaux et il s’assit sur lui.
Beaucoup étendirent leurs vêtements sur le chemin
d’autres coupaient des feuillages sur les arbres et en jonchaient le chemin.
Ceux qui allaient devant et ceux qui suivaient criaient, disant :
— « Hosanna ! Béni celui qui vient au nom du Seigneur ! »
Béni le règne qui vient, de notre père David !
« Hosanna dans les hauteurs ! »
Et il entra à Jérusalem dans le Temple :
après avoir tout regardé alentour
comme c'était déjà l'heure du soir, il sortit vers Béthanie avec les douze.
Et le lendemain, comme ils sortaient de Béthanie, il eut faim
et comme il avait vu de loin un figuier ayant des feuilles
il vint au cas où il allait y trouver quelque chose
et comme il y était venu il ne trouva rien sinon des feuilles
(ce n’était, en effet, pas le temps des figues !)
et répondant, il lui dit :
— Désormais, pour l'éternité, que jamais plus personne ne mange de fruit venant de toi !
Et ses disciples l'entendaient.
Et ils viennent à Jérusalem
et comme il était entré dans le Temple
il se mit à chasser ceux qui vendaient et achetaient dans le Temple
et il renversa les tables des changeurs et les sièges des vendeurs de colombes
et il ne laissait personne transporter d'objet à travers le Temple.
Et il les enseignait en disant :
— N’est-il pas écrit que « ma maison sera appelée une maison de prière pour toutes les nations » ?
Mais vous, vous en avez fait une caverne de brigands !
Ce qu'ayant entendu, princes des prêtres et scribes cherchaient comment ils le perdraient :
ils le craignaient, en effet, car l'ensemble de la foule était dans l'admiration de son enseignement
et quand le soir était venu, il sortait de la ville...
Et le matin, comme ils passaient, ils virent le figuier devenu tout sec depuis les racines ;
se rappelant, Pierre lui dit :
— Rabbi, voici que le figuier que tu as maudit s'est desséché !
Répondant, Jésus leur dit :
— Ayez foi en Dieu.
Amen, je vous dis :
— Quiconque aura dit à cette montagne : — Ôte-toi et jette-toi dans la mer !
et n'aura pas hésité en son cœur
mais aura cru que tout ce qu'il aura dit arriverait, ça lui arrivera.
C’est pourquoi je vous dis :
— Tout ce que dans la prière vous demandez,
croyez que vous le recevrez et cela vous viendra.
Et quand vous vous tiendrez debout pour prier,
remettez si vous avez quelque chose contre quelqu’un
pour que votre Père aussi qui est aux cieux vous remette vos péchés.
Car si vous, vous n'avez pas remis
votre Père qui est aux cieux ne vous remettra pas non plus vos péchés.
Et ils viennent de nouveau à Jérusalem
et comme il se promenait dans le Temple
les plus grands prêtres, les scribes et les anciens s'approchent de lui.
Et ils lui disent :
— Par quelle autorité fais-tu cela
et qui t'a donné cette autorité pour faire cela ?
Répondant, Jésus leur dit :
—Je vous interrogerai moi aussi, un verbe unique,
répondez-moi
que je vous dise aussi par quelle autorité je fais cela :
le baptême de Jean, était-il du ciel ou des hommes ?
répondez-moi !
Mais ils réfléchissaient entre eux, disant :
— Si nous disons « du ciel », il dira : « Pourquoi donc ne l'avez-vous pas cru ? »
mais dirons-nous « des hommes » ? Ils craignaient la foule
car tous tenaient que Jean avait été réellement un prophète.
[33] Et répondant ils disent à Jésus : — Nous ne savons pas.
Répondant, Jésus leur dit :
— Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela.
Et il se mit à leur parler en paraboles :
— Un homme houa une vigne
et l’entoura d’une haie
et creusa une cuve
et édifia une tour
et la loua à des agriculteurs
et partit en voyage
et il envoya aux agriculteurs le temps venu un serviteur
pour recevoir des agriculteurs du fruit de la vigne.
L'ayant saisi , ils le frappèrent et le renvoyèrent sans rien.
Et de nouveau il envoya un autre serviteur
et celui-là ils le blessèrent à la tête et ils l'accablèrent d'outrages.
Et de nouveau il en envoya un autre et celui-là ils le tuèrent
et beaucoup d’autres, battant quelques-uns, et tuant les autres.
Ainsi, ayant encore un fils très cher,
il l’envoya vers eux en dernier, disant :
— Ils respecteront mon fils.
Mais les colons se dirent entre eux :
— Voici l’héritier :
venez, tuons-le et l'héritage sera à nous.
Et, se saisissant de lui, ils le tuèrent et le jetèrent hors de la vigne.
Que fera donc le seigneur de la vigne ?
Il viendra et fera périr les fermiers, et donnera la vigne à d’autres.
N’avez-vous pas lu cette Écriture :
« La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs, c'est elle qui est devenue tête d’angle :
du Seigneur cela est advenu et c’est merveille à nos yeux » ?
Ils cherchaient à l'arrêter et ils craignirent la foule :
ils avaient compris, en effet, que c'était pour eux qu'il avait dit cette parabole
et, l'ayant laissé, ils s’en allèrent.
Et ils lui envoient quelques-uns des Pharisiens et des hérodiens afin de le surprendre par une parole.
Et, étant venus, ils lui disent :
— Maître, nous savons que tu es véridique
et que tu n'as égard à qui que ce soit,
car vraiment tu ne regardes pas à la face de l'homme mais tu enseignes en vérité la voie de Dieu.
Est-il permis de payer le tribut à César ou ne le paierons-nous pas ?
Lui, sachant leur fourberie, leur dit :
— Pourquoi me mettez-vous à l'épreuve ?
Apportez-moi un denier, que je le voie.
Ils l’apportèrent donc et il leur dit :
— De qui est cette image et cette inscription ?
Ils lui disent : — De César.
Et répondant, Jésus leur dit :
— Rendez donc ce qui est à César à César, et ce qui est à Dieu à Dieu.
Et ils étaient dans l’étonnement à son sujet.
Et vinrent à lui des Sadducéens, qui disent qu'il n'y a pas de résurrection
et ils l'interrogeaient en disant :
— Maître, Moïse a écrit pour nous :
Si le frère de quelqu’un meurt et a laissé une épouse et n'a pas laissé d'enfant
que son frère prenne l'épouse de celui-ci et suscite une postérité à son frère.
Or, il y avait sept frères
et le premier prit une épouse et mourut sans avoir laissé de postérité.
Et le second la prit et mourut
et lui non plus ne laissa pas de postérité
et le troisième pareillement
et les sept la prirent pareillement et ne laissèrent pas de postérité.
Après eux tous la femme mourut aussi.
Donc à la résurrection, lorsqu’ils ressusciteront, duquel d’entre eux sera-t-elle l'épouse ?
en effet, les sept l’ont eue pour épouse !
Jésus leur dit :
— N’est-ce pas pour cela que vous êtes dans l’erreur, ne connaissant pas les Écritures, ni la puissance de Dieu ?
Car lorsqu'en effet on ressuscitera des morts, on ne se mariera pas ni on ne sera marié
mais on est comme des anges dans les cieux.
Quant aux morts, qu’ils ressuscitent.
N’avez-vous pas lu dans le livre de Moïse, à propos du buisson
comment Dieu lui parla, disant :
« Moi, je suis le Dieu d’Abraham et le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob ? »
Il n’est pas le Dieu des morts mais des vivants :
vous êtes donc grandement dans l’erreur.
Et un des scribes qui les avait entendu discuter s’approcha
et voyant qu’il leur avait bien répondu
il l'interrogea : — Quel est le premier de tous les commandements ?
Jésus lui répondit :
— Le premier de tous les commandements est :
« Écoute Israël, le Seigneur notre Dieu est l'unique
Dieu
et tu aimeras le Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur et de toute ton âme et de tout ton esprit et de toute ta force. »
Voilà le premier commandement.
Et le second lui est semblable :
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Un autre commandement plus grand que ceux-là, il n'y en a pas.
Et le scribe lui dit :
— Bien, Maître, tu as parlé en vérité
parce qu'« il est unique et qu'il n'y en a pas d’autre que lui »
et l’aimer « de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute son âme et de toute sa force »
et aimer le prochain comme soi-même
est plus que tous les holocaustes et sacrifices.
Et Jésus, voyant qu’il avait répondu avec sagesse, lui dit :
— Tu n’es pas loin du royaume de Dieu.
Et personne n’osait plus l'interroger.
Et, prenant la parole, Jésus disait, enseignant dans le Temple :
— Comment les scribes disent-ils que le Christ est fils de David ?
Car David lui-même dit dans l’Esprit Saint :
« — Le Seigneur a dit à mon Seigneur : — Siège à ma droite jusqu’à ce que j’aie fait de tes ennemis le marchepied de tes pieds. »
Donc David lui-même le dit « Seigneur ».
D'où [vient] alors qu'il est son fils ?
Et une foule nombreuse l'écoutait avec plaisir.
Et il leur disait dans son enseignement :
— Gardez-vous des scribes qui veulent se promener en longues robes et être salués sur la place publique
s'asseoir sur les premiers sièges dans les synagogues et les premiers lits dans les repas
qui dévorent les maisons des veuves, au prétexte de faire de longues prières. Ils subiront, ceux-là, une condamnation plus sévère.
Et étant assis en face du Trésor, Jésus observait comment la foule jetait de la monnaie dans le Trésor
et beaucoup de riches en jetaient beaucoup.
Et quand fut venue une pauvre veuve,
elle mit deux petites pièces soit un quart d’as.
Appelant ses disciples, il leur dit :
— Amen, je vous dis :
Cette veuve pauvre a mis plus que tous ceux qui ont mis dans le Trésor.
Tous, en effet, c’est de ce qu'ils ont en abondance qu’ils ont mis
mais elle, c’est de son indigence : elle a mis tout ce qu’elle avait, tout ce qu'elle avait pour vivre.
Et comme il sortait du Temple, un de ses disciples lui dit :
— Maître, vois quelles pierres et quelles constructions !
Et répondant, Jésus lui dit :
— Tu vois tous ces grands édifices ?
Il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit détruite.
Et comme il était assis sur le mont des Oliviers en face du Temple
Pierre, Jacques et Jean et André l’interrogeaient à part :
— Dis-nous quand ces choses arriveront
et quel sera le signe quand toutes ces choses commenceront de s’accomplir.
Et répondant, Jésus se mit à leur dire :
— Prenez garde que personne ne vous égare
car beaucoup viendront en mon nom en disant : — Moi, je suis !
Et ils en égareront beaucoup.
Mais quand vous entendrez [parler de] guerres et de rumeurs de guerres, ne craignez pas
car il faut que cela arrive mais [ce n’est] pas encore la fin.
On se dressera en effet nation contre nation
et royaume contre royaume
et il y aura des tremblements de terre par endroits, et des famines :
c’est le commencement des douleurs.
Prenez garde à vous-mêmes
car on vous livrera aux conseils et dans les synagogues vous serez battus
et devant gouverneurs et rois vous comparaîtrez à cause de moi en témoignage pour eux.
Il faut premièrement que l'Évangile soit prêché à toutes les nations.
Et quand ceux qui vous livrent vous emmèneront,
ne préméditez pas ce que vous direz
mais ce qui vous sera donné à cette heure-là, dites-le :
car ce n’est pas vous qui parlerez mais l’Esprit Saint.
Un frère livrera un frère à la mort et un père un enfant
et s’élèveront enfants contre parents et les feront mourir
et vous serez haïs de tous à cause de mon nom
mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin sera sauvé.
Quand vous verrez l’abomination de la désolation établie là où il ne faut pas,
que celui qui lit comprenne !
Alors, que ceux qui sont en Judée fuient dans les montagnes,
que celui qui est sur la terrasse ne descende pas dans la maison et n’entre pas pour prendre quelque chose de sa maison
et que celui qui sera dans le champ ne retourne pas en arrière pour prendre son manteau.
Malheur aux femmes enceintes et à celles qui allaitent en ces jours-là.
Priez pour que [cela] n’ait pas lieu en hiver.
Car ces jours-là seront des tribulations telles
qu’il n’y en a pas eu de pareille depuis le commencement de la création que Dieu a établie jusqu’à maintenant, et qu’il n’en arrivera plus.
Et si le Seigneur n’avait abrégé les jours, aucune chair n'aurait été sauvée
mais à cause des élus qu’il a choisis, il a abrégé les jours.
Et si quelqu’un vous dit alors :
— Voici, le Christ est ici. Voilà, [il est] là.
ne le croyez pas.
Car se lèveront des faux Christs et des faux prophètes
et ils feront des signes et des prodiges pour égarer, s'il est possible, même les élus.
Mais vous, prenez garde :
voilà, je vous ai tout prédit.
Mais en ces jours-là, après cette tribulation
le soleil s’obscurcira
et la lune ne donnera pas sa clarté
et les étoiles du ciel tomberont
et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées.
Et alors ils verront le Fils de l’homme venant dans les nuées avec grande puissance et gloire.
Et alors il enverra ses anges et il rassemblera ses élus des quatre vents
de l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel.
Et du figuier apprenez la parabole :
dès que sa branche devient tendre et que ses feuilles poussent
vous connaissez que l’été est proche.
De même vous aussi, quand vous verrez ces choses arriver,
comprenez que cela est proche, aux portes.
Amen, je vous dis :
— Cette génération ne passera pas que toutes ces choses n'arrivent.
Le ciel et la terre passeront
mais mes paroles ne passeront pas.
Quant à ce jour et à l’heure, personne ne sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, sinon le Père.
Prenez garde, veillez et priez
car vous ne savez pas quand sera le moment.
[Il en sera] comme d'un homme qui, parti en voyage, a laissé sa maison
et a donné à ses serviteurs le pouvoir et à chacun sa tâche
et a ordonné au portier de veiller.
Veillez donc
car vous ne savez pas quand le maître de la maison viendra :
le soir ou à minuit ou au chant du coq ou le matin
de peur qu'en arrivant soudain il ne vous trouve endormis.
Ce que je vous dis, je le dis à tous : — Veillez.
Or c’était la Pâque et les Azymes deux jours après
et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment par ruse le capturer et le faire mourir.
Ils disaient en effet : — Pas en pleine fête, de peur qu'il n'y ait un tumulte du peuple.
Et comme il était à Béthanie dans la maison de Simon le lépreux, allongé à table,
vint une femme ayant un alabastre d'huile parfumée de pur nard de grand prix
et, ayant brisé l'alabastre, elle le lui répandit sur la tête.
Or, il y en avait qui étaient saisis d'indignation en eux-mêmes et disaient :
— À quoi bon cette perte de l'huile parfumée ?
Car il était possible, cette huile, de la vendre pour plus de trois cents deniers et de donner aux pauvres.
Et ils la rabrouaient.
Or, Jésus dit :
— Laissez-la.
Pourquoi êtes-vous désagréables envers elle ?
C’est une bonne œuvre qu’elle a faite envers moi.
Car les pauvres, vous les avez toujours avec vous
et dès que vous voulez vous pouvez leur faire du bien
mais moi, vous ne m’avez pas toujours.
Ce qu'elle a pu, elle l'a fait :
elle a d'avance parfumé mon corps pour la sépulture.
Amen, je vous dis :
— Partout où sera annoncé cet évangile, au monde entier
ce qu'elle a fait sera redit en mémoire d'elle.
Et Judas Iscarioth, l’un des douze, s’en alla vers les grands prêtres pour le leur livrer.
L'entendant, ils se réjouirent et promirent de lui donner de l’argent
et il cherchait comment le livrer opportunément.
Et le premier jour des Azymes, où ils immolaient la Pâque, les disciples lui disent :
— Où veux-tu que nous allions te faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ?
Et il envoie deux de ses disciples et leur dit :
— Allez à la ville et un homme viendra à votre rencontre portant une cruche d’eau,
suivez-le.
Et où qu'il entre, dites au maître de maison :
— Le Maître dit :
— Où est mon repos, que je mange la Pâque avec mes disciples ?
Et il vous montrera une pièce du haut, grande, garnie,
et là faites les préparatifs pour nous.
Et ses disciples partirent
et ils vinrent à la ville
et ils trouvèrent comme il leur avait dit
et ils firent les préparatifs de la Pâque.
Or, le soir venu, il vient avec les douze,
et, alors qu'ils étaient allongés [à table] et qu'ils mangeaient, Jésus dit :
— Amen, je vous dis :
— L'un de vous me livrera, celui qui mange avec moi.
Mais ils se mirent à s’attrister et à lui dire l'un après l'autre :
— Est-ce moi ?
Il leur dit :
— L'un des douze, qui trempe avec moi [la main] dans le plat.
Le Fils de l’homme, certes, s’en va selon ce qui est écrit de lui.
Mais malheur à cet homme par lequel le Fils de l’homme est livré !
Mieux vaudrait pour lui qu’il ne fût pas né, cet homme-là.
Et tandis qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain, et bénissant, il [le] rompit, [le] leur donna et dit :
— Prenez, ceci est mon corps.
Et ayant pris une coupe, en rendant grâces, il [la] leur donna
et ils en burent tous.
Et il leur dit :
— Ceci est mon sang, [le sang] de la nouvelle alliance qui est répandu pour beaucoup.
Amen, je vous dis :
— Je ne boirai plus désormais du produit de la vigne
jusqu’à ce jour où je le boirai nouveau dans le royaume de Dieu.
Et après avoir dit l’hymne ils sortirent pour le mont des Oliviers.
Et Jésus leur dit :
— Tous vous serez scandalisés
cette nuit
parce qu’il est écrit :
« Je frapperai le pasteur et les brebis seront dispersées »
mais après que je serai ressuscité je vous précéderai en Galilée.
Or, Pierre lui dit :
— Quand bien même tous seraient scandalisés mais pas moi.
Et Jésus lui dit :
— Amen, je te dis
que toi aujourd’hui, cette nuit, avant qu'un coq n'ait donné de la voix deux fois, trois fois tu me renieras.
Mais lui parlait de plus belle :
— Quand il me faudrait mourir avec toi je ne te renierai pas !
Tous aussi disaient de même.
Et ils viennent en un domaine dont le nom est « Gethsémani »
et il dit à ses disciples :
— Asseyez-vous ici pendant que je prierai.
Et il prit Pierre, Jacques et Jean avec lui
et il commença à éprouver frayeur et dégoût.
Et il leur dit :
— Mon âme est triste jusqu’à la mort
demeurez ici et veillez.
Et comme il s'était avancé un peu plus loin, il tomba à terre
et il priait que, s’il était possible, passât loin de lui cette heure
et il dit :
— Abba Père, tout est possible pour toi :
éloigne de moi cette coupe
mais non ce que moi je veux, mais ce que toi ...
Et il vient et il les trouve endormis et il dit à Pierre :
— Simon, tu dors !
Tu n’as pas pu veiller une heure !
Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation :
l’esprit certes est prompt mais la chair est faible.
Il s’en alla de nouveau et pria, disant la même parole.
Et étant revenu, il les trouva de nouveau endormis :
leurs yeux en effet étaient appesantis
et ils ne savaient que lui répondre.
Et il vient une troisième fois et leur dit :
— Dormez désormais et reposez-vous,
c’est assez. L’heure est venue : voici, le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs ;
levez-vous, allons ! Voici, celui qui me livre est proche...
Et alors qu'il parlait encore, vient Judas Iscariote, un des douze
et avec lui une foule nombreuse avec des glaives et des bâtons
de la part des grands prêtres et des scribes et des anciens.
Le traître leur avait donné un signe, disant :
— Celui à qui je donnerai un baiser, c’est lui : arrêtez-le et emmenez-le.
Et aussitôt s’approchant de lui, il dit : — Rabbi !
et il lui donna un baiser.
Et eux mirent la main sur lui et l’arrêtèrent.
Or, un de ceux qui étaient autour, tirant le glaive, frappa le serviteur du grand prêtre
et lui coupa l’oreille.
Et prenant la parole, Jésus leur dit :
— Comme pour un brigand, vous êtes sortis avec des glaives et des bâtons pour me prendre.
Chaque jour j’étais auprès de vous dans le Temple en enseignant, et vous ne m’avez pas arrêté
mais c’est pour que s’accomplissent les Écritures.
Alors ses disciples
l'abandonnant, prirent tous la fuite.
Un jeune homme le suivait, nu sous le suaire qui l'enveloppait, et on le saisit ;
mais lui, ayant rejeté le suaire, nu, s’enfuit loin d'eux.
Et ils conduisirent Jésus chez le grand prêtre
et tous se réunissent : les prêtres et les anciens et les scribes.
Or, Pierre le suivit de loin, jusqu'à l’intérieur, dans la cour du grand prêtre
et il était assis avec les serviteurs et se réchauffait près du feu.
Mais les grands prêtres et tout le conseil
cherchaient contre Jésus un témoignage pour le livrer à la mort
mais ils ne trouvaient pas.
Beaucoup en effet disaient un faux témoignage contre lui
et les témoignages n'étaient pas concordants.
Et certains, se levant, portaient un faux témoignage contre lui en disant :
— Nous, nous l’avons entendu dire :
Moi, je détruirai ce Temple fait de main [d’homme]
et en trois jours j’en édifierai un autre, non fait de main [d’homme].
Et leur témoignage n'était pas concordant.
Et le grand prêtre, se levant au milieu, interrogea Jésus, disant :
— Tu ne réponds rien sur ce qui est déposé contre toi par eux ?
Or, lui, gardait le silence et ne répondit rien.
Le grand prêtre l’interrogeait de nouveau et lui dit :
— Toi, tu es le Christ, le Fils du Béni ?
Or, Jésus dit :
— Moi je suis
et vous verrez le Fils de l’homme assis à la droite de la Puissance
et venant avec les nuées du ciel.
Or, le grand prêtre, déchirant ses vêtements, dit :
— Pourquoi désirons-nous encore des témoins ?
Vous avez entendu le blasphème. Que vous en semble ?
Et tous le condamnèrent comme méritant la mort.
Et certains commencèrent à lui cracher dessus,
à voiler son visage, à le frapper à coups de poing et à lui dire :
— Prophétise !
et les serviteurs le frappaient de soufflets.
Et comme Pierre était en bas dans la cour
vient une des servantes du grand prêtre
et ayant vu Pierre se réchauffer, le regardant, elle dit :
— Toi aussi, tu étais avec Jésus le Nazaréen.
Mais lui nia en disant :
— Je ne sais ni ne connais ce que tu dis.
Et il s’en alla dehors devant l'atrium et un coq chanta.
Or, de nouveau, l’ayant vu, la servante se mit à dire à ceux qui étaient autour :
— Celui-ci est de ces gens-là.
Mais lui de nouveau nia
et un peu après, de nouveau, ceux qui étaient présents disaient à Pierre :
— Vraiment tu es de ces gens-là
car tu es aussi Galiléen.
Mais il se mit à anathématiser et à jurer : — Je ne connais pas cet homme-là que vous dites !
Et aussitôt, une seconde fois, un coq chanta.
Et Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite :
« — Avant que le coq ait chanté deux fois, trois fois tu me renieras »
et il se mit à pleurer.
Et aussitôt le matin les grands prêtres avec les anciens et les scribes et toute l'assemblée tinrent conseil.
Liant Jésus, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate.
Et Pilate l’interrogea :
— Toi, tu es le roi des Juifs ?
Mais lui, en réponse, lui dit :
— Toi, tu le dis.
Et les grands prêtres l'accusaient sur de nombreux points.
Or Pilate de nouveau l’interrogea en disant :
— Tu ne réponds rien ?
Vois sur combien de points ils t'accusent.
Et Jésus ne répondit plus rien, au point que Pilate s'en étonnait.
Or, à chaque jour de fête, il avait coutume de leur relâcher un des prisonniers, celui qu’ils demandaient.
Il y avait celui qu'on appelait « Barabbas »,
qui avait été emprisonné avec les séditieux
qui avaient, lors de la sédition, commis un meurtre.
Et la foule, étant montée, se mit à demander ce qu'il faisait toujours pour eux.
Pilate répondit et dit :
— Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ?
Il savait en effet que c’était par jalousie que les grands prêtres l’avaient livré.
Mais les pontifes excitèrent la foule pour qu'il leur relâchât plutôt Barabbas.
Pilate, prenant de nouveau la parole, leur dit :
— Que voulez-vous donc que je fasse du roi des Juifs ?
Mais eux de nouveau crièrent :
— Crucifie-le !
Mais Pilate leur disait :
— Qu’a-t-il donc fait de mal ?
Mais eux criaient plus fort :
— Crucifie-le !
Pilate, voulant donner satisfaction au peuple,
leur relâcha Barabbas
et livra Jésus, après l'avoir fait flageller, pour qu'il fût crucifié.
Or, les soldats l’emmenèrent à l’intérieur dans l'atrium du prétoire
et ils convoquent toute la cohorte
et ils le revêtent de pourpre
et lui imposent en la tressant une couronne d’épines
et ils commencèrent à le saluer :
— Salut, roi des Juifs !
Et ils frappaient sa tête avec un roseau
et ils crachaient sur lui
et, se mettant à genoux, ils l'adoraient.
Après s’être moqués de lui, ils lui retirèrent la pourpre,
et lui remirent ses vêtements.
Alors il le font sortir pour le crucifier.
Et ils réquisitionnèrent un passant, un certain Simon le Cyrénéen, qui revenait de la campagne,
le père d’Alexandre et de Rufus,
afin de porter sa croix.
Et ils le conduisent au lieu du Golgotha, qui se traduit « lieu du Calvaire ».
Et ils lui donnaient à boire du vin à la myrrhe et il n’en prit pas.
Et, le crucifiant, ils se partagèrent ses vêtements
les tirant au sort entre eux : qui prendrait quoi ?
C'était la troisième heure et ils le crucifièrent.
Et l'écriteau avec la cause de son exécution avait été inscrit : « le roi des Juifs. »
Et avec lui ils crucifient deux larrons
un à droite et l'autre à sa gauche.
Et fut accomplie l’Écriture qui dit :
« Et il a été compté parmi les hommes iniques. »
Et les passants l’outrageaient
hochant la tête et disant :
— Hé ! Celui qui détruit le Temple et le bâtit en trois jours,
sauve-toi toi-même en descendant de la croix !
De même les grands prêtres aussi, se moquant [de lui] entre eux avec les scribes, disaient :
— Il en a sauvé d’autres, il ne peut se sauver lui-même !
Que le Christ, le roi d’Israël, descende maintenant de la croix
afin que nous voyions et que nous croyions !
Même ceux qui avaient été crucifiés avec lui l’insultaient.
Et la sixième heure arrivée, les ténèbres se firent sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure.
Et à la neuvième heure, Jésus s'écria d’une voix forte disant :
— Éloï, Éloï, lama sabacthani
ce qui se traduit :
« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Et certains de ceux qui l'entouraient, l'ayant entendu, disaient :
— Voici, il appelle Élie.
Quelqu'un, ayant couru et rempli une éponge de vinaigre
et l’ayant mise au bout d’un roseau, lui donnait à boire, disant :
— Laissez, voyons si Élie viendra le descendre.
Mais Jésus, ayant poussé un grand cri, expira.
Et le voile du Temple se déchira en deux
depuis le haut jusqu'en bas.
Or le centurion qui se tenait en face de lui, voyant
qu’il avait expiré ainsi, en s'écriant dit :
— Vraiment cet homme était Fils de Dieu.
Or il y avait aussi des femmes qui regardaient de loin
parmi lesquelles Marie-Madeleine, Marie mère de Jacques le petit et la mère de Joseph, et Salomé :
elles le suivaient et le servaient lorsqu’il était en Galilée
et beaucoup d’autres aussi qui étaient montées avec lui à Jérusalem.
Et le soir étant déjà venu,
parce que c’était la Préparation qui est avant le sabbat,
vint Joseph d’Arimathie, noble décurion
qui lui aussi était dans l'attente du royaume de Dieu
et il entra hardiment chez Pilate
et demanda le corps de Jésus.
Mais Pilate s’étonnait de ce qu’il fût déjà mort
et ayant fait appeler le centurion, il lui demanda s’il était déjà mort
et renseigné par le centurion, il accorda le corps à Joseph.
Joseph, ayant acheté un linceul et le descendant [de la croix], l’enveloppa du linceul
et le déposa dans un tombeau qui était taillé dans le roc
et il roula une pierre contre l'entrée du tombeau.
Or, Marie-Magdeleine et Marie [mère] de Joseph regardaient où il était déposé.
Et le sabbat étant passé,
Marie-Madeleine, Marie [mère] de Jacques et Salomé achetèrent des aromates
afin de venir l’embaumer.
Et de grand matin, le premier [jour] de la semaine, elles viennent au tombeau, le soleil s'étant déjà levé.
Et elles se disaient entre elles :
— Qui roulera pour nous la pierre hors de l'entrée du tombeau ?
Et en regardant, elles voient que la pierre a été roulée :
or, elle était vraiment fort grande.
Et en entrant dans le tombeau
elles virent un jeune homme assis à droite
complètement couvert d’une robe blanche
et elles furent frappées de stupeur.
Et il leur dit :
— Ne soyez pas effrayées.
Vous cherchez Jésus, le Nazaréen, le crucifié : il est ressuscité, il n’est pas ici.
Voici l'endroit où ils l’ont déposé.
Mais allez et dites à ses disciples et à Pierre
qu’il vous précède en Galilée :
là vous le verrez comme il vous l’a dit.
Mais sortant, elles s’enfuirent du tombeau
car les avaient saisies le tremblement et la stupeur
et elles ne dirent rien à personne
car elles avaient peur.
Ressuscité le matin, le premier [jour] de la semaine
il apparut d’abord à Marie-Madeleine, de laquelle il avait chassé sept démons.
S'en allant, celle-ci l’annonça à ceux qui avaient été avec lui, et qui s'affligeaient et pleuraient.
Et eux, entendant qu’il vivait et qu’il avait été vu par elle, ne la crurent pas.
Après cela, il se montra sous une autre forme à deux d’entre eux qui marchaient, se rendant à la campagne.
Et ceux-ci, s'en allant, l'annoncèrent aux autres
et ils ne les crurent pas.
Enfin, il apparut à ces onze-là, qui étaient à table
et il leur reprocha leur incrédulité et leur dureté de cœur
parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui l’avaient vu ressuscité.
Et il leur dit :
— Allant dans le monde entier, prêchez l'Évangile à toute la création.
Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé
mais celui qui ne croira pas sera condamné.
Et voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru :
en mon nom ils chasseront les démons
en langues nouvelles ils parleront
ils prendront des serpents
et s’ils boivent quelque chose de mortel cela ne leur nuira pas
ils imposeront les mains sur les malades et ils se porteront bien.
Le Seigneur, après leur avoir parlé,
fut enlevé au ciel et il s'assit à la droite de Dieu.
Mais ceux-ci, s’en étant allés, prêchèrent partout,
le Seigneur travaillant avec eux et confirmant la parole par les signes
qui l'accompagnaient.
ICI FINIT L'ÉVANGILE SELON MARC