C'est le taureau, dans le tétramorphe symbolique du Verbe répandu par les quatre évangiles, qui représente traditionnellement l'évangéliste Luc : un taureau comme ceux que pouvait sacrifier le prêtre-sacrificateur Zacharie, en scène au début de ce troisième évangile, au Temple de Jérusalem. Sa biographie de Jésus est polarisée sur la Ville sainte. C'est à Jérusalem qu'elle commence (Lc 1,5s) et c'est là qu'elle finit (Lc 24,52s).
Elle suit un déroulement chronologique et une progression dans l'espace géographique, qui nous conduisent tout d'abord à la prédication du Baptiste (c.3-4). Elle se poursuit par le ministère en Galilée (c.4-9) et la longue montée vers Jérusalem (c.9-19), où se dérouleront le drame final de la passion et de la résurrection (c.20-22) ainsi que l'ultime retournement de situation (c.22-24).
Arc triomphal intérieur (détail), Basilique de Sant'Apollinare in Classe, Ravenne, Italie © CC-BY-SA-4.0
Luc, parce que grec, nous invite à contempler la bonne nouvelle de Jésus à travers un plus large horizon que celui de Matthieu et de Marc. Certains des aspects qu'il aborde diffèrent de ceux des trois autres évangélistes qui étaient juifs. Luc souligne l'action de l'Esprit Saint, la prière fréquente de Jésus, la miséricorde de Dieu et tout ce qui conduit à la joie du salut.
Dans son prologue (Lc 1,1-4), Luc décrit son projet avec précision, dans un grec élégant. Il écrit à l'intention d'un ami de Dieu (Théophilos), qui connaît déjà l'évangile (il est katechouménos) et ce afin de le conforter dans ce qu'il sait déjà. Pour cela, il conduit des recherches afin de compléter et structurer les témoignages oculaires et les traditions antérieurs à lui (Lc 1,3). On remarque le contraste avec le style sémitique des récits d'enfance qui suivent, propres à Luc. La mention de possibles sources orales (Lc 2,19.51) suggère une mise en forme de traditions antérieures. Son travail n'est pas seulement celui d'un historien, c'est également celui d'un prédicateur : d'emblée il désigne l'objet ou la matière de son récit comme Logos transmis par ceux qui en furent témoins oculaires et serviteurs Il raconte des événements qui se sont passés non seulement « parmi nous » mais « en nous » (en hêmin, Lc 1,1), si bien que la vérification à laquelle il invite Théophile doit se faire à la fois dans l'extériorité de l'approche historique et dans l'intériorité de l'expérience mystique. Le célèbre épisode des « pèlerins d'Emmaüs » au tout dernier chapitre, fait vivre au lecteur les expériences par lesquelles il peut, ici et maintenant, rencontrer le ressuscité : la lecture christocentrique des Écritures et la célébration de l'eucharistie (Lc 24,30-33).
Un point marquant est la nécessité de la prière (Lc 11,5-8 ; 18,1-8), appliquée par Jésus lui-même (Lc 3,21 ; 5,16 ; 6,12 ; 9,28), et dont l'objet principal est le don de l'Esprit Saint. L'action de l'Esprit-Saint est souvent mise en valeur (Lc 1,15.35.41.67 ; 2,25ss ; 4,1.14.18 ; 10,21 ; 11,13 ; 24,49). La joie, don de l'Esprit-Saint, imprègne le troisième évangile (Lc 2,14 ; 5,26 ; 10,17 ; 13,17 ; 18,43 ; 19,37 ; 24,51s).
L'évangile de Luc est parfois surnommé « l'évangile de la miséricorde », tant il met l'accent sur la tendresse compatissante de Jésus envers les pécheurs (Lc 15,1s.7.10) illustrée par plusieurs scènes de pardon (Lc 7,36-50 ; 15,11-32 ; 19,1-10 ; 23,34.39-43). Luc accorde un intérêt tout particulier aux petits et aux méprisés : les Samaritains sont souvent mentionnés, et même donnés en exemple (Lc 10,30-32 ; 17,11-13). La bienveillance envers les humbles et les pauvres alterne avec les reproches aux orgueilleux et aux riches (Lc 1,51ss ; 6,20-26 ; 12,13-21 ; 14,7-11 ; 16,15.19-31 ; 18,9-14). Sa mise en garde contre les dangers de la richesse est accompagnée de l'exigence du renoncement (Lc 14,25-34), notamment par l'abandon des richesses (Lc 6,34s ; 12,33 ; 16,9-13).
Les femmes occupent une place importante, à commencer par Marie, la propre mère de Jésus, qui semble être à l'origine des récits de son enfance (Lc 2,19.51). Luc cite également un groupe de femmes qui accompagnent Jésus (Lc 8,2-3). Luc est le seul à évoquer la sollicitude de Jésus envers les femmes de Jérusalem sur le chemin du Calvaire (Lc 23,37-29). Avec les pauvres, elles sont les premières bénéficiaires des paroles et des actes de Jésus. C'est pour cette raison que Dante fait de l'évangile de Luc « le scribe de la mansuétude du Christ » ( Monarchia 1,16,2 : scriba mansuetudinis Christi).
L'évangile de Luc est le premier volet d'une œuvre qui se poursuit avec les Actes des Apôtres. Selon Luc, l'histoire se découpe en trois périodes : l'histoire d'Israël, celle de Jésus, celle de l'Église. L'évangile a pour objet l'histoire de Jésus, et les Actes le temps de l'Église. La transition entre ces deux temps est marquée par l'épisode de l'Ascension, conclusion de l'évangile et introduction des Actes (Lc 24,49-53 et Ac 1,1,11).
Le plan de l'évangile de Luc est similaire à celui de Marc : sur les quelques 1150 versets, plus de 400 sont présents chez Marc et 200 autres chez Matthieu, mais 500 sont propres à Luc (notamment dans les récits de l'enfance Lc 1,5-2,52 et la section médiane Lc 9,51-18,14). Les principales différences de l'évangile de Luc d'avec les autres Synoptiques sont les suivantes :
L'évangile de Luc partage aussi certains épisodes avec celui de Jean (notamment sur l'amitié de Jésus avec Marthe et Marie Lc 10,38-42 || Jn 11-12, ou les explications du comportement de Judas Lc 22,3 || Jn 13,2).
L'évangile de Luc se présente comme une montée vers Jérusalem. C'est là que l'évangile commence (Lc 1,5s) et c'est là qu'il finit (Lc 24,52s). Ainsi on peut distinguer :
L'écriture de Luc se caractérise par l'emploi des genres du symposium (Lc 7,36-50 ; 11,37-54 ; 14,1-24) et du discours des adieux (Lc 22,14-38), les parallélismes répétés (Jean le Baptiste et Jésus, Lc 1,5-2,52) et le schéma promesse-accomplissement qui structure son récit.
Irénée de Lyon identifie Luc au « médecin bien-aimé » mentionné parmi les compagnons de Paul (Col 4,14). Il s'agit probablement d'un médecin qui accompagna Paul dans ses missions (2Tm 4,14 ; Phm 1,24). En tous les cas, l'auteur n'est pas un témoin oculaire.
L'évangile de Luc est dédié à Théophile, qui désigne sans doute à la fois un personnage proche de l'auteur, et par extension tout lecteur « qui aime Dieu ». Luc s'appuie sur des témoignages reçus de l'Église primitive, mais aussi sur ses recherches personnelles. Il s'évertue à relier les événements à l'histoire générale (Lc 2,1-3 ; 3,1).
La position de l'auteur vis-à-vis du judaïsme est complexe : il ancre la vie de Jésus dans un environnement juif pratiquant (notamment Lc 1-2), tout en décrivant la synagogue comme un lieu de violence (Lc 4,28-29) et insiste sur les manquements d'Israël qui contrastent avec la fidélité des Gentils et des Samaritains (Lc 7,9 ; 17,16-18), traitant les Pharisiens sans concession (Lc 5,17-39). Les pratiques juives sont détaillées (Lc 22,1), parfois même de façon erronée (Lc 2,22), ce qui indique que l'auteur est un Gentil écrivant pour un public de Gentils, probablement à la fin du 1er s. (env. 80-90). Cette vision des Juifs est probablement influencée par l'écriture des Actes, où les Juifs sont présentés comme hostiles à l'Église naissante (Ac 3,14-15 ; 28,26).
Luc, comme Marc, retient moins l’attention des premiers commentateurs chrétiens que Matthieu et Jean. Cependant, plusieurs Pères de l'Église en donnent un commentaire :
Ensuite, viennent
De cette période datent les commentaires, entre autres, de :
C’est plus largement la peinture qui s’est inspirée des scènes les plus marquantes de l’évangile de Luc : les récits de l’enfance, ainsi que les paraboles de l’enfant prodigue (Lc 15,11-32) et du bon Samaritain (Lc 10,29-37), qui se trouvent uniquement chez Luc, ont été représentées par de nombreux peintres, comme , ou , entre autres. Au 20e siècle, l’art biblique de Solentiname a lui aussi contribué à faire connaître les scènes de cet évangile.
ICI COMMENCE L'ÉVANGILE SELON LUC
Puisque beaucoup ont entrepris de mettre par ordre le récit des choses accomplies parmi nous
conformément à ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, ont eux-mêmes vu et furent ministres de la parole,
il m’a paru bon à moi aussi, après avoir tout suivi exactement depuis le début, de l'écrire pour toi dans l'ordre, excellent Théophile
afin que tu reconnaisses la vérité des mots dont tu as été instruit.
Il y eut aux jours d’Hérode roi de Judée, un prêtre nommé « Zacharie », de la classe d’Abia
et sa femme qui était des filles d’Aaron, dont le nom était : « Élisabeth ».
Tous deux étaient justes devant Dieu
marchant dans tous les commandements et ordonnances du Seigneur d’une manière irréprochable.
Et ils n’avaient pas d'enfant parce qu’Élisabeth était stérile
et ils étaient tous deux avancés en âge.
Or il arriva, comme Zacharie remplissait devant Dieu les fonctions du sacerdoce, au tour de sa classe,
selon la coutume du sacerdoce
il lui échut par le sort d’offrir l’encens
une fois entré dans le temple du Seigneur.
Et toute la multitude du peuple était dehors priant, à l’heure de l’encens.
Alors lui apparut un ange du Seigneur
debout à droite de l’autel de l’encens.
Zacharie fut troublé en le voyant et la crainte le saisit.
Mais l’ange lui dit :
— Ne crains pas, Zacharie, car ta prière a été exaucée
et ta femme Élisabeth t’enfantera un fils
et tu l'appelleras du nom de Jean.
Et ce sera pour toi joie et allégresse
et beaucoup se réjouiront de sa naissance.
Car il sera grand devant le Seigneur et il ne boira ni vin ni boisson enivrante
et il sera rempli de l’Esprit Saint dès le sein de sa mère
et il convertira de nombreux fils d’Israël au Seigneur, leur Dieu ;
et lui-même marchera devant lui, dans l’esprit et la puissance d’Élie
pour ramener les cœurs des pères vers les enfants
et les incrédules à la prudence des justes
pour préparer au Seigneur un peuple parfait.
Zacharie dit à l’ange :
— Comment connaîtrai-je cela ?
Car moi je suis un vieillard et ma femme est avancée en âge.
Et, répondant, l’ange lui dit :
— Moi, je suis Gabriel, qui me tiens devant Dieu
et j’ai été envoyé pour te parler et t’annoncer cette bonne nouvelle.
Et voici, tu vas être réduit au silence et tu ne pourras parler jusqu’au jour où ces choses arriveront
parce que tu n’as pas cru à mes mots
qui s’accompliront en leur temps.
Et le peuple était dans l'attente de Zacharie
et on s’étonnait qu’il s’attardât dans le temple.
Quand il sortit, il ne pouvait leur parler
et ils comprirent qu’il avait eu une vision dans le temple.
Et lui leur faisait des signes, et il demeurait muet.
Et il arriva, quand furent accomplis les jours de son service, qu'il s'en alla dans sa maison.
Après ces jours-là, sa femme Élisabeth conçut
et elle se tenait cachée cinq mois, disant :
— C'est ainsi que le Seigneur a fait pour moi aux jours où il m'a regardée pour me délivrer de mon opprobre parmi les hommes.
Au sixième mois
l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée du nom de « Nazareth »,
à une vierge fiancée à un homme du nom de « Joseph », de la maison de David
et le nom de la vierge était « Marie ».
Et, après être entré chez elle, l'ange dit :
— Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi
tu es bénie entre les femmes.
Elle, comme elle avait vu, fut troublée par sa parole
et elle réfléchissait : de quelle nature pouvait bien être cette salutation ?
Et l’ange lui dit :
— Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici, tu concevras dans ton sein, et tu enfanteras un fils
et tu l'appelleras du nom de « Jésus » :
celui-ci sera grand et il sera appelé « Fils du Très-Haut »
et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père
et il régnera sur la maison de Jacob éternellement
et son règne n’aura pas de fin.
Marie dit à l’ange :
— Comment cela arrivera-t-il, puisque je ne connais pas d’homme ?
Et, répondant, l’ange lui dit :
— L’Esprit Saint surviendra en toi
et la puissance du Très-Haut t'obombrera,
c’est pourquoi ce qui va naître saint sera appelé « Fils de Dieu ».
Et voici, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse
et elle en est à son sixième mois, elle qu'on appelle « la stérile »
car aucun verbe ne sera impossible auprès de Dieu.
Marie dit alors :
— Voici la servante du Seigneur : qu'il m'advienne selon ton verbe !
Et l’ange la quitta.
Se levant en ces jours-là, Marie partit en hâte pour la région des montagnes, vers une ville de Juda
et elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Et il se fit, lorsqu'Élisabeth entendit la salutation de Marie,
que bondit l’enfant dans son sein
et que fut remplie d'Esprit Saint Élisabeth
elle s'écria d'une voix forte et dit :
— Bénie es-tu entre les femmes ! et béni le fruit de ton ventre !
mais d’où m'arrive-t-il que vienne à moi la mère de mon Seigneur ?
Car, vois-tu, dès que la voix de ta salutation s'est fait entendre à mes oreilles
l’enfant a tressailli de joie en mon sein !
Et bienheureuse, celle qui a cru
car ce qui lui a été dit par le Seigneur s'accomplira.
Et Marie dit :
— Mon âme magnifie le Seigneur
et mon esprit exulte en Dieu, mon salut
parce qu’il a jeté les yeux sur l'humilité de sa servante.
Voici, en effet : désormais toutes les générations me diront « bienheureuse »
parce que le Puissant fit pour moi de grandes choses et saint est son nom
et sa miséricorde se répand de génération en génération sur ceux qui le craignent.
Il a déployé la force par son bras, il a dispersé les orgueilleux dans la pensée de leur cœur
il a renversé les puissants de leur trône et élevé les humbles
il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides.
Il a secouru Israël, son fils se souvenant de sa miséricorde,
— comme il l'a dit à nos pères — en faveur d’Abraham et de sa descendance à jamais.
Marie demeura avec elle environ trois mois
puis elle s'en retourna dans sa maison.
Pour Élisabeth fut accompli le temps d'enfanter
et elle donna naissance à un fils.
Ses voisins et ses parents apprirent que le Seigneur magnifiait sa miséricorde à son égard
et avec elle s'en réjouissaient.
Et ce fut le huitième jour
qu'ils vinrent pour circoncire l’enfant
et ils l'appelaient du nom de son père « Zacharie ».
Et sa mère répondit en disant :
— Non, mais il sera appelé « Jean ».
Et ils lui dirent :
— Il n’y a personne dans ta parenté qui soit appelé de ce nom.
Et ils demandaient par signes au père comment il voulait qu'on le nommât
et après avoir demandé une tablette, il écrivit, disant :
— « Jean » est son nom
et tous furent dans l’étonnement.
Sa bouche s’ouvrit à l'instant même et sa langue se délia
et il parlait, bénissant Dieu.
Et la crainte s’empara de tous leurs voisins
et, dans toutes les montagnes de la Judée, tous ces mots étaient divulgués.
Et tous ceux qui en entendirent parler les mirent dans leur cœur, en disant :
— Que penses-tu que sera cet enfant ?
Et de fait, la main du Seigneur était avec lui.
Et Zacharie, son père, fut rempli de l’Esprit Saint, et il prophétisa en disant :
— Béni soit le Dieu d’Israël parce qu’il a visité son peuple et opéré sa rédemption
et nous a suscité une corne de salut dans la maison de David, son fils
— selon qu’il l’avait promis par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens —
pour nous sauver de nos ennemis
et de la main de tous ceux qui nous haïssent
pour faire miséricorde à nos pères
et se souvenir de son saint testament,
du serment qu’il a juré à Abraham, notre père,
de nous accorder
afin que, délivrés de la main de nos ennemis,
nous puissions le servir sans crainte
dans la sainteté et la justice devant lui, tous les jours de notre vie.
Et toi, enfant, tu seras appelé « prophète du Très-Haut »
car tu marcheras devant la face du Seigneur pour préparer ses voies
pour donner à son peuple la connaissance du salut dans la rémission de ses péchés
par les entrailles de la miséricorde de notre Dieu
par lesquelles le soleil levant nous a visités d’en haut
pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et l’ombre de la mort
pour diriger nos pas dans la voie de la paix.
Quant à l’enfant, il croissait et se fortifiait en esprit
et il était au désert jusqu’au jour de sa manifestation à Israël.
Il advint aussi, en ces jours-là, que sortit un édit de César Auguste
ordonnant de recenser tout le monde habité.
Ce fut le premier recensement, Quirinus étant gouverneur de Syrie.
Et tous allaient inscrire leur nom, chacun dans sa ville.
Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth
vers la Judée, vers la ville de David qui s’appelle Bethléem,
parce qu’il était de la maison et de la famille de David,
pour se faire inscrire avec Marie sa fiancée, laquelle était enceinte.
Or il advint, comme ils étaient là, que furent accomplis les jours où elle devait enfanter.
Et elle mit au monde son fils, le premier-né,
et elle l'enroula dans des langes
et le coucha dans une mangeoire parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la salle.
Il y avait dans la région même des bergers qui veillaient et qui passaient les veilles de la nuit à garder leur troupeau.
Et voici, l'ange du Seigneur se tint près d'eux
et la lumière de Dieu resplendit autour d'eux
et ils furent saisis d'une grande crainte.
Mais l’ange leur dit :
— Soyez sans crainte
car voici, je vous annonce la bonne nouvelle d'une grande joie, qui sera celle de tout le peuple :
Aujourd'hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la cité de David.
Et voici pour vous le signe :
vous trouverez un nouveau-né enroulé dans des langes et placé dans une mangeoire.
Et soudain il y eut avec l'ange une multitude de l'armée céleste
louant Dieu et disant :
— Gloire à Dieu dans les hauteurs
et sur la terre paix aux hommes de bonne volonté.
Et il advint, quand les anges les eurent quittés pour le ciel
que les bergers se disaient entre eux :
— Passons jusqu’à Bethléem
et voyons ce verbe qui est advenu
que le Seigneur a fait advenir et nous a montré.
Et ils vinrent en hâte
et ils trouvèrent Marie et Joseph
et le nouveau-né placé dans la mangeoire.
En le voyant, ils reconnurent la parole qui leur avait été dite au sujet de cet enfant.
Et tous ceux qui les entendirent s'étonnèrent
de ce que leur disaient les bergers.
Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces paroles, conférant en son cœur.
Et les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu
pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu
comme il leur avait été annoncé.
Et lorsque furent révolus les huit jours pour sa circoncision,
il fut appelé du nom de « Jésus »
nom dont il fut appelé par l’ange avant qu’il fut conçu dans le ventre de sa mère.
Et lorsque furent accomplis les jours pour sa purification, selon la loi de Moïse,
ils le menèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur
selon qu'il est écrit dans la loi du Seigneur
que « Tout mâle ouvrant le sein sera appelé "saint" pour le Seigneur »,
et pour offrir en sacrifice, selon ce qui est dit dans la loi du Seigneur,
« un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. »
Et voici, il y avait à Jérusalem un homme du nom de « Siméon »
c’était un homme juste et craignant Dieu
attendant la consolation d’Israël
et l’Esprit Saint était en lui.
Et il avait reçu une réponse de l'Esprit Saint
qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur.
Et il vint, poussé par l'Esprit, dans le Temple ;
et comme ses parents amenaient l’enfant Jésus pour faire à son égard selon la coutume imposée par la Loi
il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit :
— Maintenant tu laisses s'en aller ton serviteur, Maître, selon ton verbe, dans la paix
parce que mes yeux ont vu ton salut
celui que tu as préparé à la face de tous les peuples,
lumière pour la révélation des nations et gloire de ton petit peuple Israël !
Et son père et sa mère étaient dans l’étonnement de ce que l'on disait de lui.
Et Siméon les bénit
et il dit à Marie, sa mère :
— Voici, celui-ci est établi pour la ruine et la résurrection d'un grand nombre en Israël
et pour être un signe en butte à la contradiction ;
et toi-même, un glaive te transpercera l'âme,
afin que d'un grand nombre de cœurs soient révélées les pensées.
Et il y avait une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser.
Elle était fort avancée en âge.
Après avoir vécu avec son mari sept ans, depuis sa virginité,
elle était restée veuve, parvenue à quatre-vingt-quatre ans
elle ne quittait pas le Temple
servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière.
Elle aussi, survenant à l'heure même, louait le Seigneur
et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la rédemption de Jérusalem.
Et, quand ils eurent achevé tout ce qui était conforme à la loi du Seigneur,
ils retournèrent en Galilée, dans leur ville à Nazareth.
Cependant l'enfant grandissait, se fortifiait , rempli de sagesse
et la grâce de Dieu était sur lui.
Et ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem, pour le jour solennel de la Pâque.
Et quand il eut douze ans
comme ils étaient montés à Jérusalem selon la coutume de la fête,
une fois les jours écoulés, alors qu'ils s'en retournaient
l'enfant Jésus resta à Jérusalem
et ses parents ne le savaient pas.
Pensant qu’il était dans la caravane
ils firent une journée de chemin
et ils le recherchaient parmi leurs proches et leurs connaissances.
Et ne le trouvant pas, ils s’en retournèrent à Jérusalem pour le chercher.
Il arriva que trois jours après
ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs,
les écoutant et les interrogeant ;
et tous ceux qui l'entendaient étaient stupéfaits
de son intelligence et de ses réponses.
Et, le voyant, ils furent frappés d'étonnement.
Et sa mère lui dit :
— Mon fils, que nous as-tu fait en agissant de la sorte ?
Vois, ton père et moi, c'est dans la douleur que nous te cherchions.
Et il leur dit:
— Pourquoi me cherchiez-vous ?
Ne saviez-vous pas qu’il me faut être aux affaires de mon Père ?
Et eux ne comprirent pas la parole qu’il leur dit.
Et il descendit avec eux et vint à Nazareth
et il leur était soumis.
Et sa mère conservait toutes ces paroles en son cœur.
Quant à Jésus, il croissait en sagesse, en âge et en grâce devant Dieu et devant les hommes.
L'an quinze du règne de Tibère César
Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée
Hérode, tétrarque de la Galilée
Philippe, son frère, tétrarque du pays de l’Iturée et de Traconitide
et Lysanias, tétrarque de l’Abilène,
sous les grands prêtres Anne et Caïphe
le verbe de Dieu advint sur Jean, fils de Zacharie, dans le désert.
Et il vint dans toute la contrée du Jourdain
préchant un baptême de pénitence pour la rémission des péchés,
comme il est écrit au livre des paroles d'Isaïe le prophète :
« — Voix de celui qui crie dans le désert :
— Préparez la voie du Seigneur, faites droits ses sentiers. »
Toute vallée sera comblée et toute montagne et colline abaissées
et les passages tortueux deviendront droits et les chemins raboteux seront aplanis.
Et toute chair verra le salut de Dieu.
Il disait donc aux foules qui sortaient pour être baptisées par lui :
— Engeance de vipères, qui vous a montré à fuir la colère qui vient ?
Faites donc des fruits dignes de pénitence
et ne commencez pas à dire :
— Nous avons Abraham pour père !
Car je vous dis que Dieu peut, des pierres que voici, faire surgir des enfants à Abraham.
Déjà la cognée se trouve posée à la racine des arbres :
tout arbre donc qui ne porte pas de fruit est coupé et jeté au feu.
Et les foules l'interrogeaient en disant :
— Que nous faut-il donc faire ?
Répondant, il leur disait :
— Que celui qui a deux tuniques donne à celui qui n’en a pas
et que celui qui a de quoi manger fasse de même.
Vinrent aussi des publicains pour être baptisés
et ils lui dirent :
— Maître, que nous faut-il faire ?
Il leur dit :
— Ne faites rien de plus que ce qui vous est prescrit.
Des soldats aussi l'interrogeaient en disant :
— Et nous, que nous faut-il faire ?
Et il leur dit :
— Ne vous livrez à aucune violence ni ne dénoncez personne à tort
et contentez-vous de votre solde.
Comme le peuple avait le même avis,
et que tous pensaient dans leur cœur à Jean, qu'il était peut-être le Christ ;
Jean répondit disant à tous :
— Moi, je vous baptise dans l’eau
mais il en viendra un plus puissant que moi
dont je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales :
lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu
lui qui a la pelle à vanner dans sa main
et il purifiera son aire
et ramassera le blé dans son grenier ;
quant aux bales, il les brûlera dans un feu inextinguible.
Ainsi donc, par beaucoup d'autres exhortations il annonçait la bonne nouvelle au peuple.
Cependant Hérode le tétrarque, ayant été repris par lui à cause d’Hérodiade, femme de son frère
et de tous les maux qu'Hérode avait faits ;
ajouta encore ceci par-dessus tout, et il fit enfermer Jean dans une prison.
Or, comme tout le peuple avait été baptisé
et alors que Jésus, baptisé lui aussi, était en prière
le ciel s’ouvrit
et l’Esprit Saint descendit sur lui sous un aspect corporel, comme une colombe
et une voix advint du ciel :
— Tu es mon Fils, le bien-aimé : en toi je me suis complu.
Et Jésus lui-même, quand il commença son ministère, avait environ trente ans
et il était, à ce qu'on croyait, fils de Joseph
fils d’Héli
fils de Matthat
fils de Lévi
fils de Melchi
fils de Janna
fils de Joseph
fils de Matthathias
fils d’Amos
fils de Naüm
fils d’Esli
fils de Naggaï
fils de Maath
fils de Matthathias
fils de Séméi
fils de Joséc
fils de Juda
fils de Joanna
fils de Résa
fils de Zorobabel
fils de Salathiel
fils de Néri
fils de Melchi
fils d’Addi
fils de Cosam
fils d’Helmadam
fils d’Her
fils de Jésus
fils d’Éliézer
fils de Jorim
fils de Matthat
fils de Lévi
fils de Siméon
fils de Juda
fils de Joseph
fils de Jona
fils d’Eliaquim
fils de Méléa
fils de Menna
fils de Matthata
fils de Nathan
fils de David
fils de Jessé
fils de Obed
fils de Booz
fils de Salmon
fils de Naasson
fils d’Aminadab
fils d'Aram
fils de Esrom
fils de Pharès
fils de Juda
fils de Jacob
fils d’Isaac
fils d’Abraham
fils de Thara
fils de Nahor
fils de Sérouc
fils de Ragaü
fils de Phalec
fils d’Éber
fils de Salé
fils de Caïnan
fils d’Arfaxad
fils de Sem
fils de Noé
fils de Lamec
fils de Mathusalem
fils de Hénoch
fils de Jared
fils de Malaléel
fils de Caïnan
fils d’Énos
fils de Seth
fils d’Adam
fils de Dieu.
Jésus, plein de l’Esprit Saint, revint du Jourdain
et il était mené par l’Esprit dans le désert,
pendant quarante jours
il était tenté par le diable.
Et il ne mangea rien durant ces jours-là
et, quand ils furent passés, il eut faim.
Le diable lui dit :
— Si tu es Fils de Dieu, dis à cette pierre qu’elle devienne du pain.
Et Jésus lui réponditt :
— Il est écrit : « Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme, mais de toute parole de Dieu. »
Et le diable l'emmena
et il lui montra tous les royaumes de la terre en un instant
et il lui dit :
— Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes
parce qu'ils m'ont été livrés et je les donne à qui je veux.
Toi donc, si tu adores en ma présence, ils seront tous à toi.
Et, répondant, Jésus lui dit :
— il est écrit : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et tu ne serviras que lui seul. »
Il l'amena à Jérusalem
et le plaça sur le pinacle du temple et il lui dit :
— Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d’ici en bas
car il est écrit :
« À ses anges il donna des ordres te concernant afin qu'ils te gardent »
et « sur leurs mains ils te porteront de peur que tu ne heurtes du pied quelque pierre. »
Et, répondant, Jésus lui dit :
— Il est dit : « Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu. »
Et ayant épuisé toute tentation, le diable s’éloigna de lui pour un temps.
Et Jésus retourna en Galilée dans la puissance de l’Esprit
et sa renommée se répandit dans toute la région.
Et il enseignait dans leurs synagogues
et il était glorifié de tous.
Il vint à Nazareth où il avait été élevé
et il entra selon sa coutume, le jour du sabbat, dans la synagogue
et il se leva pour lire.
On lui remit le livre du prophète Isaïe
et, ayant déroulé le livre, il trouva le passage où était écrit :
« L’Esprit du Seigneur est sur moi, c'est pourquoi il m’a oint
pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, il m’a envoyé
proclamer aux captifs la délivrance et aux aveugles le recouvrement de la vue,
renvoyer en liberté ceux qui sont brisés par les fers, proclamer l'année favorable du Seigneur et le jour de la rétribution. »
Ayant replié le livre, il le rendit au ministre et s’assit
et tous dans la synagogue avaient les yeux fixés sur lui.
Or il commenca à leur dire :
— C'est aujourd’hui que s'accomplit cette Écriture à vos oreilles.
Et tous lui rendaient témoignage
et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche
et ils disaient :
— N’est-ce pas là le fils de Joseph ?
Et il leur dit :
— Sans doute vous allez me dire cette comparaison :
— Médecin, guéris-toi toi-même
tout ce que nous avons entendu dire être arrivé à Capharnaüm, fais-le ici dans ta patrie.
Mais il dit :
— Amen, je vous dis :
— Aucun prophète n'est accueilli dans sa patrie.
En vérité je vous dis :
— Il y avait beaucoup de veuves aux jours d’Élie en Israël
lorsque le ciel fut fermé pour trois ans et six mois
quand survint une grande famine sur toute la terre
et vers aucune d’elles Élie ne fut envoyé
sinon à Sarepta de Sidon auprès d'une femme veuve.
Et il y avait beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Elisée
et aucun d’eux ne fut purifié sinon Naaman le Syrien.
Tous furent remplis de colère dans la synagogue en entendant cela
et s’étant levés ils le chassèrent hors de la ville
et le menèrent jusqu’à un escarpement de la montagne
sur laquelle leur ville était bâtie
pour l'en précipiter.
Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.
Et il descendit à Capharnaüm, ville de Galilée
et là il les enseignait aux jours du sabbat.
Et ils étaient stupéfaits de son enseignement
parce que sa parole avait du pouvoir.
Et dans la synagogue il y avait un homme ayant en lui un démon impur
et il s’écria d'une voix forte,
disant : — Laisse-moi ! Qu'y a-t-il entre nous et toi, Jésus le Nazaréen ?
Es-tu venu pour nous perdre ?
Je sais qui tu es : le saint de Dieu.
Et Jésus le menaça en disant :
— La ferme et sors de lui !
Et comme le démon l'avait projeté au milieu, il
sortit de lui et ne lui fit aucun mal.
Et la frayeur les saisit tous
et ils se disaient les uns aux autres :
— Quelle est cette parole?
puisqu'avec autorité et force il commande aux esprits impurs et ils sortent !
Et sa renommée se propageait en tout lieu de la contrée.
Sortant de la synagogue, il entra dans la maison de Simon.
Or, la belle-mère de Simon était en proie à une forte fièvre
et ils le prièrent pour elle.
Et, debout auprès d'elle, il commanda à la fièvre et elle en fut délivrée :
et se levant aussitôt, elle les servait.
Au coucher du soleil
tous ceux qui avaient des gens atteints de maladies diverses, les lui amenaient
et lui, posant les mains sur chacun d’eux, les guérissait.
De beaucoup aussi sortaient des démons qui vociféraient et disaient :
— Toi, tu es le Fils de Dieu !
Et, les menaçant, il ne les laissait pas parler
parce qu’ils savaient qu’il était le Christ.
Quand il fit jour, il sortit et se rendit dans un lieu désert.
Et les foules le recherchaient et elles vinrent jusqu’à lui
et elles voulaient le retenir, pour qu’il ne s'en aille pas loin d'elles.
mais il leur dit :
— Aux autres villes aussi il me faut annoncer la bonne nouvelle du royaume de Dieu
car c'est pour cela que j’ai été envoyé.
Et il proclamait dans les synagogues de Galilée.
Il advint donc, comme la foule se précipitait sur lui
pour écouter le verbe de Dieu,
lui-même se tenait sur le bord du lac de Génésareth.
et il vit deux barques qui se trouvaient sur le bord du lac
les pêcheurs en étaient descendus et lavaient les filets.
Étant monté dans une des barques, qui était à Simon,
il pria celui-ci de s’éloigner un peu de terre
et, s’étant assis, de la petite barque il enseignait les foules.
Quand il eut cessé de parler, il dit à Simon :
— Avance en eau profonde, et jette tes filets pour la pêche.
Et répondant, Simon lui dit :
— Maître, nous avons peiné toute une nuit sans rien prendre
mais, sur ta parole, je jetterai le filet.
Et, l’ayant fait, ils prirent une grande quantité de poissons
et leur filet se déchirait.
Et ils firent signe à leurs compagnons qui étaient dans l’autre barque de leur venir en aide.
Et ils vinrent, et les deux petites barques furent remplies, au point qu’elles enfonçaient.
À cette vue, Simon Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant :
— Éloigne-toi de moi, Seigneur, parce que je suis un homme pécheur !
La stupeur, en effet, l'avait envahi, ainsi que tous ceux qui étaient avec lui,
au sujet de cette prise de poissons qu’ils avaient prise,
tout comme Jacques et Jean, fils de Zébédée, qui étaient les associés de Simon.
Et Jésus dit à Simon :
— N'aie crainte
à partir de ce moment, c'est d'hommes que tu va faire la prise !
tout comme Jacques et Jean, fils de Zébédée, qui étaient les associés de Simon.
Et Jésus dit à Simon :
— N'aie crainte
à partir de ce moment, c'est d'hommes que tu feras la prise !
Une fois les barques tirées à terre, ayant tout abandonné, ils le suivirent ...
Comme il se trouvait dans une des villes,
voici un homme plein de lèpre qui,
voyant Jésus et tombant sur sa face, le supplia en disant :
— Seigneur, si tu veux, tu peux me purifier.
Et étendant la main, il le toucha, en disant :
— Je le veux, sois purifié.
Et sur-le-champ la lèpre s'éloigna loin de lui.
Et il lui prescrivit de ne dire à personne
mais dit : — Va et montre-toi au prêtre
et offre pour ta purification
selon ce qu’a prescrit Moïse, en témoignage pour eux.
La parole à son sujet se répandait encore plus
et des foules nombreuses s'assemblaient pour l’entendre
et se faire guérir de leurs infirmités.
Mais lui se retirait au désert et priait.
Et il advint qu'un jour, il était assis en enseignant.
Or des Pharisiens et des docteurs de la Loi
qui s'étaient rendus de tous les villages de la Galilée, de Judée et de Jérusalem étaient aussi assis,
et la puissance du Seigneur était là pour les guérir.
Et voici des gens portant sur un lit un homme qui était paralysé
et ils cherchaient à l'introduire et à le placer devant lui.
Et, ne trouvant pas par où le faire entrer à cause de la foule,
ils montèrent sur le toit
et, à travers les tuiles, ils le descendirent avec le lit au milieu, devant Jésus.
Et, voyant leur foi, il dit :
— Homme, tes péchés te sont remis.
Et les scribes et les Pharisiens se mirent à réfléchir en disant :
— Qui est-il, celui-là, qui dit des blasphèmes ?
Qui peut remettre les péchés si ce n'est Dieu seul ?
Or comme Jésus connut leurs pensées, prenant la parole il leur dit :
— Que pensez-vous dans vos cœurs ?
Qu'est-ce qui est le plus facile, est-ce de de dire : — Tes péchés te sont remis, ou de dire : — Lève-toi et marche ?
Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a pouvoir sur la terre de remettre les péchés,
il dit au paralytique :
— Je te le dis :
— Lève-toi, prends ton lit, va-t'en dans ta maison !
Et à l’instant même, se levant devant eux, il prit ce sur quoi il était étendu
et il s’en alla chez lui tout en glorifiant Dieu.
La stupeur les prit tous, et ils glorifiaient Dieu
et ils furent remplis de crainte tout en disant :
— Nous avons vu des choses merveilleuses aujourd’hui.
Et après cela, il sortit
et il vit un publicain du nom de Lévi, assis au bureau de péage
et il lui dit : — Suis-moi.
Et, abondonnant tout, se levant, il le suivit.
Et Lévi lui fit un grand festin dans sa maison
et il y avait une foule nombreuse de publicains et d’autres gens qui prenaient le repas avec eux.
Et les Pharisiens et leurs scribes murmuraient en disant à ses disciples :
— Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ?
Et, prenant la parole, Jésus leur dit :
— Ce ne sont pas ceux qui sont en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais ceux qui ont mal.
Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs au repentir.
Ils lui dirent :
— Pourquoi les disciples de Jean jeûnent fréquemment et font des prières
et ceux des Pharisiens en font-ils autant,
tandis que les tiens mangent et boivent ?
Il leur dit :
— Pouvez-vous faire jeûner les fils de l'époux, tandis que l’époux est avec eux ?
Mais viendront des jours... et lorsque l’époux leur sera enlevé
alors ils jeûneront, en ces jours-là.
Il leur disait encore une comparaison :
— Personne ne met une pièce d'un vêtement neuf à un vieux vêtement
autrement on déchire le neuf et la pièce du neuf ne convient pas au vieux.
Et personne ne met du vin nouveau dans des vieilles outres
autrement, le vin nouveau fera déchirer les outres
et il se répandra et les outres seront perdues.
Mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves
et tous deux sont conservés.
Et personne qui en boit du vieux ne veut aussitôt du nouveau
car il dit : — Le vieux est meilleur.
Or Il arriva qu'un sabbat second premier, tandis qu’il passait à travers des moissons
ses disciples arrachaient et mangeaient les épis en les froissant de leurs mains.
Quelques pharisiens leur disaient :
— Pourquoi faites-vous ce qui n’est pas permis les jours de sabbat ?
Et, répondant, Jésus leur dit :
— N’avez-vous donc pas lu ce que fit David
lorsqu’il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui ?
Comment il entra dans la demeure de Dieu
et il prit les pains de proposition, en mangea
et en donna à ceux qui étaient avec lui,
ces pains qu’il n’est pas permis de manger si ce n'est aux seuls prêtres ?
Et il leur disait :
— Le Fils de l'homme est seigneur même du sabbat.
Or, il advint qu'un autre jour de sabbat, comme il entrait dans la synagogue et enseignait,
il y avait aussi là un homme et sa main droite était sèche.
Mais voici, les scribes et les Pharisiens épiaient pour voir s’il allait guérir le jour du sabbat
afin de trouver de quoi l’accuser.
Mais lui savait leurs pensées
et il dit à l’homme qui avait la main sèche :
— Lève-toi, et tiens-toi debout au milieu !
Et, se levant, il se tint debout.
Et Jésus leur dit alors :
— Je vous le demande : est–il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire mal
de sauver une âme ou de la perdre ?
Et, promenant ses regards sur eux tous, il dit à l'homme :
— Étends ta main.
Il l'étendit et sa main fut rétablie.
Mais eux furent remplis de folie
et ils parlaient entre eux de ce qu’ils feraient à Jésus.
Or, en ces jours-là il arriva
qu'il sortit dans la montagne pour prier
et il passait toute la nuit à prier Dieu.
Et lorsqu'il fit jour
il appela ses disciples, et il en choisit douze d'entre eux,
ceux-là mêmes qu'il nomma apôtres :
Simon, celui-là même qu'il nomma Pierre,
et André son frère
, Jacques, et Jean,
Philippe, et Barthélemy,
Matthieu, et Thomas
Jacques fils d’Alphée, et Simon appelé le Zélote
Judas fils de Jacques, et Judas Iscariote, qui fut le traître.
Et, descendant avec eux, il se tint sur une plaine
de même que la foule de ses disciples
et une multitude nombreuse du peuple de toute la Judée et de Jérusalem
et du littoral de Tyr et de Sidon,
qui venaient pour l'entendre
et être guéris de leurs maladies.
Et ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs étaient guéris.
Et toute la foule cherchait à le toucher
parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous.
Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait :
— Heureux, vous les pauvres, parce que vôtre est le royaume de Dieu !
Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés !
Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez !
Heureux serez-vous lorsque les hommes vous haïront
et lorsqu’ils vous excluront et qu'ils insulteront
et rejetteront votre nom comme mauvais à cause du Fils de l’homme.
Réjouissez-vous en ce jour-là et tressaillez de joie
car voici que votre récompense est grande dans le ciel :
c’est de cette manière, en effet, que leurs pères agissaient avec les prophètes.
Mais malheur à vous, les riches, parce que vous avez votre consolation !
Malheur à vous, qui êtes repus, parce que vous aurez faim
Malheur à vous qui riez maintenant, parce que vous serez affligés et vous pleurerez !
Malheur , lorsque tous les hommes diront du bien de vous :
c’est de cette manière, en effet, que leurs pères agissaient avec les prophètes.
Mais je vous le dis, à vous qui m’écoutez :
— Aimez vos ennemis
faites du bien à ceux qui vous haïssent,
bénissez ceux qui vous maudissent
priez pour ceux qui vous calomnient.
À celui qui te frappe sur la joue, présente encore l’autre
et à celui qui te prend ton manteau, ne refuse pas non plus la tunique.
Donne à quiconque te demande
et à qui enlève ton bien, ne le reprends pas.
Et comme vous voulez que les hommes fassent pour vous
faites-le vous aussi pour eux pareillement.
Et si vous aimez ceux qui vous aiment
quel gré vous en sait-on ?
Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
Et si vous faites du bien à ceux qui vous font du bien, quel gré vous en sait-on ?
Car les pécheurs aussi font de même.
Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en sait-on ?
Car des pécheurs aussi prêtent à des pécheurs pour en recevoir l'équivalent.
Au contraire, aimez vos ennemis, et faites du bien et prêtez
sans désespérer de rien
et votre récompense sera grande
et vous serez les fils du Très-Haut
parce que lui-même est bon pour les ingrats et les méchants.
Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux.
Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés
ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés
remettez, et il vous sera remis.
Donnez, et on vous donnera :
une bonne mesure, tassée, secouée, surabondante, qu'on mettra dans votre giron
car de la mesure dont vous mesurez, en retour il vous sera mesuré.
Il leur disait encore une comparaison :
— Un aveugle peut-il guider un aveugle ?
Tous les deux ne tomberont-ils pas dans un trou ?
Le disciple n'est pas au-dessus du maître :
une fois formé, tout disciple sera comme son maître.
Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère ?
et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas !
Et comment peux-tu dire à ton frère :
— Frère, laisse, que je retire la paille de ton œil
toi qui ne vois pas la poutre qui est dans ton œil ?
Hypocrite ! retire d’abord la poutre de ton œil
et alors tu verras clair pour retirer la paille qui est dans l’œil de ton frère.
En effet, il n'y a pas de bon arbre qui produise un fruit gâté,
ni d'arbre gâté qui produise un bon fruit.
Car chaque arbre se connaît par son fruit :
on ne cueille pas en effet des figues sur des épines
on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces.
L’homme bon, du bon trésor de son cœur, tire le bien
et l'homme mauvais, de son mauvais trésor tire le mal
car c'est du trop-plein du cœur que parle la bouche.
Pourquoi m’appelez-vous : — Seigneur, Seigneur !
et ne faites-vous pas ce que je dis ?
Quiconque vient vers moi et entend mes paroles et les met en pratique,
je vous montrerai à qui il est semblable.
Il est semblable à un homme qui, bâtissant une maison,
a creusé en profondeur, et a posé les fondations sur le roc.
Une inondation survenue,
le torrent s’est rué sur cette maison et n’a pu l’ébranler :
en effet elle était fondée sur le roc.
Mais qui a entendu et n'a pas mis en pratique
est semblable à un homme qui a bâti sa maison sur la terre, sans fondations :
sur elle s’est rué le torrent, et aussitôt elle s’est effondrée
et la ruine de cette maison a été grande.
Après qu'il eut fini de faire entendre au peuple toutes ses paroles, il entra dans Capharnaüm.
Or un centurion avait un esclave malade, qui se mourrait, et qui lui était très cher.
Ayant entendu parler de Jésus,
il envoya vers lui des anciens parmi les Juifs
le priant de venir sauver son esclave.
Ceux-ci étant arrivés auprès de Jésus,
le priaient avec insistance en disant :
— Il est digne que tu lui accordes cela
car il aime notre nation
et la synagogue, c’est lui qui nous l'a bâtie pour nous.
Jésus faisait route avec eux
et comme désormais il n'était plus loin de la maison
le centurion envoya des amis vers lui pour dire :
— Seigneur, ne prends pas cette peine
car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit ;
c'est pourquoi moi-même je ne me suis pas jugé digne de venir vers toi
mais dis une parole et mon esclave sera guéri !
De fait, moi qui suis homme placé sous une autorité,
qui ai sous moi des soldats,
je dis à l’un : — Va, et il va
et à un autre : — Viens, et il vient
et à mon esclave : — Fais ceci, et il le fait.
En entendant cela, Jésus fut dans l’admiration
et, après s'être retourné, il dit aux foules qui le suivaient :
— Amen, je vous dis :
Pas même en Israël je n’ai trouvé une telle foi.
Et, revenus à la maison, ceux qui avaient été envoyés
trouvèrent l'esclave qui était faible en bonne santé.
Et il advint qu'il allait ensuite dans une ville nommée Naïm
et ses disciples et une foule nombreuse allaient avec lui.
Comme il approchait de la porte de la ville,
voilà qu’on portait en terre un mort, fils unique de sa mère
laquelle était veuve
et il y avait une foule considérable de gens de la ville avec elle.
À sa vue, le Seigneur fut ému de miséricorde pour elle, et il lui dit :
— Ne pleure pas.
Et en s’approchant, il toucha le cercueil
et ceux qui le portaient s’arrêtèrent
et il dit :
— Jeune homme, je te le dis, lève-toi !
Et celui qui était mort se dressa sur son séant et commença à parler
et il le donna à sa mère.
La crainte les prit tous
et ils glorifiaient Dieu en disant :
— Un grand prophète s’est levé parmi nous
et : — Dieu a visité son peuple.
Et cette parole se répandit à son sujet dans toute la Judée et dans toute la région d’alentour.
Et les disciples de Jean lui rapportèrent tout cela.
Et Jean appela deux de ses disciples et les envoya au Seigneur, disant :
— Est-ce toi qui dois venir, ou en attendons-nous un autre ?
Arrivés près de lui, les hommes dirent :
— Jean-Baptiste nous a envoyés auprès de toi pour dire :
— Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?
Or, à cette heure-là, il guérit beaucoup de gens affligés de maladies, de plaies et d’esprits mauvais
et à beaucoup d’aveugles il rendit la vue.
Et répondant, il leur dit :
— Allez annoncer à Jean ce que vous avez vu et entendu :
les aveugles voient
les boiteux marchent
les lépreux sont purifiés
les sourds entendent
les morts ressuscitent
les pauvres sont évangélisés.
Et heureux quiconque n'aura pas été scandalisé à mon sujet !
Lorsque les envoyés de Jean furent partis,
Jésus commença à parler de Jean aux foules :
— Qu'êtes-vous sortis voir au désert ?
Un roseau agité par le vent ?...
Mais qu'êtes-vous sortis pour voir ?
Un homme vêtu d’habits moelleux ?
Voici, ceux qui sont revêtus d'un vêtement somptueux et vivent dans le luxe sont dans les palais des rois.
Mais qu'êtes-vous sortis pour voir ?
Un prophète ?
Oui, je vous le dis
et davantage qu’un prophète.
Il est celui dont il est écrit :
« Voici que j’envoie mon ange devant ta face qui préparera ton chemin devant toi. »
Je vous dis en effet :
— Parmi ceux qui sont nés de femmes, nul n'est plus grand prophète que Jean-Baptiste
mais le plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand que lui.
Et tout le peuple qui a entendu, ainsi que les publicains, ont justifié Dieu
en se faisant baptiser du baptême de Jean ;
mais les Pharisiens et les docteurs de la Loi ont rejeté le dessein de Dieu à leur égard
en ne se faisant pas baptiser par lui.
— À qui donc vais-je assimiler les hommes de cette génération ?
À qui sont-ils semblables ?
Ils sont semblables à des enfants qui sont assis sur la place publique et qui se haranguent les uns les autres en disant :
— Nous vous avons joué de la flûte et vous n’avez pas dansé
nous avons entonné un chant funèbre et vous n’avez pas pleuré !
Jean-Baptiste est venu en effet
qui ne mange pas de pain ni ne boit de vin
et vous dites : — Il a un démon.
Le Fils de l’homme est venu, qui mange et qui boit
et vous dites : — Voici un homme glouton et buveur de vin,
un ami des publicains et des pécheurs.
Et la sagesse a été justifiée par tous ses enfants.
Un Pharisien lui demanda de manger avec lui :
il entra dans la maison du Pharisien et se mit à table.
Et voici une femme, qui dans la ville était une pécheresse
et qui, lorsqu'elle sut qu'il était à table dans la maison du Pharisien, apporta un vase d'albâtre plein de parfum,
et, se tenant en arrière, à ses pieds,
se mit à arroser de larmes ses pieds
et avec les cheveux de sa tête elle les essuyait
et couvrait de baisers ses pieds et les oignait de parfum.
Voyant, le Pharisien qui l’avait invité se dit en lui-même :
— Celui-là, s’il était prophète, saurait qui est cette femme qui le touche et ce qu'elle est : une pécheresse !
Et, prenant la parole, Jésus lui dit :
— Simon, j’ai quelque chose à te dire.
Et lui répondit :
— Maître, dis.
— Un créancier avait deux débiteurs :
l’un devait cinq cents deniers et l’autre cinquante.
Comme ils n’avaient pas de quoi rembourser, il fit grâce à tous deux.
Lequel donc l’aimera davantage ?
Répondant, Simon dit :
— J'estime que c'est celui à qui il a fait grâce de plus.
Il lui dit :
— Tu as jugé correctement.
Et, se retournant vers la femme, il dit à Simon :
— Tu vois cette femme ?
Je suis entré dans ta maison
et tu ne m’as pas donné d’eau pour mes pieds
elle, au contraire, m'a arrosé les pieds de larmes et avec ses cheveux elle les a essuyés.
Tu ne m’as pas donné de baiser
voici qu'elle, au contraire, depuis qu'elle est entrée, n'a cessé de me couvrir les pieds de baisers.
Tu n’as pas oint ma tête d’huile
elle, au contraire, m'a oint les pieds de parfum.
À cause de cela, te dis-je,
ses péchés nombreux lui sont remis parce qu’elle a beaucoup aimé.
Mais celui à qui on remet peu aime peu.
Il lui dit à elle :
— Tes péchés sont remis.
Et ceux qui étaient à table avec lui commencèrent à dire en eux-mêmes :
— Qui est celui-ci qui remet même les péchés ?
Il dit à la femme :
— Ta foi t’a sauvée, va en paix.
Et il advint qu'ensuite
il cheminait par ville et village,
proclamant et annonçant la bonne nouvelle du royaume de Dieu.
Et les Douze étaient avec lui,
ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits mauvais et de maladies :
Marie, surnommée Magdeleine, de laquelle sept démons étaient sortis ;
et Joanna, femme de Couza, intendant d’Hérode
et Susanne et beaucoup d'autres
qui les assistaient de leurs biens.
Comme une foule nombreuse se réunissait
et que de toutes les villes on accourait à lui,
il s'exprima par comparaison :
— Celui qui sème sortit pour semer sa semence.
Et comme il semait,
une partie de la semence tomba le long du chemin et fut piétinée
et les oiseaux du ciel la mangèrent.
Et une autre tomba sur le roc
et, après avoir poussé, se dessécha, parce qu’elle n’avait pas d’humidité.
Et une autre tomba entre les épines
et, poussant avec elles, les épines l’étouffèrent.
Et une autre tomba dans la bonne terre
et, ayant poussé, elle a fait du fruit au centuple
Ce disant, il s'écriait :
— Que celui qui a des oreilles pour entendre entende !
Ses disciples l'interrogeaient : c'était quoi, cette parabole ?
Et il leur dit :
— À vous il a été donné de connaître le mystère du royaume de Dieu
mais pour les autres, c’est en paraboles
afin qu'en regardant ils ne regardent pas
et qu'en entendant, ils ne comprennent pas.
Voici ce qu'est la parabole :
la semence, c’est le verbe de Dieu.
Ceux qui se trouvent le long du chemin sont ceux qui entendent
puis vient le diable, et il enlève le verbe de leur cœur
de peur qu'en croyant ils ne soient sauvés.
Ceux qui sont sur le roc
sont ceux qui, lorsqu'ils l'ont entendue, avec joie accueillent la Parole
et ceux-là n’ont pas de racine car ils croient pour un temps
et au temps de la tentation ils s'éloignent.
Ce qui est tombé dans les épines
ce sont ceux qui ont entendu
et en faisant chemin, ils sont étouffés par les soucis, les richesses et les plaisirs de la vie,
et ils ne portent pas de fruit.
Ce qui est tombé dans la bonne terre
ce sont ceux qui, ayant entendu la parole avec un cœur bon et excellent, la retiennent
et portent du fruit par persévérance.
Personne, après avoir allumé une lampe, ne la recouvre d’un vase
ou ne la met sous un lit
mais on la met sur un chandelier pour que ceux qui entrent voient la lumière.
Car il n’y a rien de caché qui ne soit manifesté
ni rien de secret qui ne soit connu et ne vienne au grand jour.
Prenez donc garde à comment vous entendez
car celui qui a, on lui donnera
et celui qui n’a pas,
même ce qu’il pense avoir lui sera enlevé.
Vinrent près de lui sa mère et ses frères
et ils ne pouvaient l'atteindre à cause de la foule.
Mais on lui annonça :
— Ta mère et tes frères se tiennent dehors, voulant te voir.
Et lui de répondre en leur disant :
— Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent le verbe de Dieu et le font !
Or, il advint qu'un de ces jours là
il monta dans une barque ainsi que ses disciples
et il leur dit :
— Passons sur l’autre rive du lac.
Et ils montèrent.
Tandis qu’ils naviguaient, il s’endormit.
Et un tourbillon de vent descendit sur le lac :
ils étaient remplis d'eau et se trouvaient en danger.
S’approchant, ils le réveillèrent en disant :
— Maître ! nous périssons !
Mais lui, s'étant levé, réprimanda le vent et le tumulte des flots
et ils finirent par s'apaiser et le calme se fit.
Et il leur dit :
— Où est votre foi ?
Sous l'effet de la peur ils furent saisis d'étonnement, se disant l'un l'autre :
— Qui penses-tu que soit celui-là, qui commande même aux vents et à la mer, et ils lui obéissent ?
Ils débarquèrent au pays des Géraséniens, qui fait face à la Galilée.
Et, comme il était débarqué à terre
vint au-devant de lui un homme qui avait un démon depuis longtemps déjà
il ne portait pas de vêtement
et ne demeurait pas dans une maison, mais dans les tombeaux.
Celui-ci, comme il vit Jésus, tomba devant lui
et, criant d’une voix forte, dit :
— Qu’y a t-il de commun entre moi et toi, Jésus, Fils du Dieu Très-Haut ?
Je t'en prie, ne me torture pas !
Il commandait en effet à l’esprit impur de sortir de l'homme
à maintes reprises : en effet, l'esprit s'était emparé de lui
et on le liait avec des chaînes et des entraves pour le garder
et, rompant les liens, il était poussé par le démon vers les déserts.
Or Jésus l'interrogea en disant :
— Quel est ton nom ?
Et lui de dire : — Légion
car beaucoup de démons étaient entrés en lui.
Et ils le priaient de ne pas leur ordonner de s’en aller dans l’abysse.
Or, il y avait là un troupeau d'un bon nombre de porcs qui paissaient dans la montagne
et les démons le priaient de leur permettre d'entrer dans ces porcs
et il le leur permit.
Les démons sortirent donc de l’homme et entrèrent dans les porcs
et le troupeau s'en alla d'un élan se précipiter dans le lac, et il s'étouffa.
Comme ceux qui paissaient virent ce qui était arrivé, ils prirent la fuite
et ils annoncèrent la nouvelle à la ville et aux campagnes.
Les gens sortirent voir ce qui était arrivé
et ils vinrent vers Jésus
et trouvèrent, assis, l’homme dont étaient sortis les démons, vêtu et sain d'esprit, à ses pieds
et ils eurent peur.
Ceux qui avaient vu la chose leur annoncèrent comment il avait été guéri de la Légion.
Et toute la multitude de la région des Géraséniens demanda à Jésus de s’éloigner d’eux
car ils étaient en proie à une grande crainte
et lui, montant en barque, s’en retourna.
L’homme dont les démons étaient sortis lui demandait d'être avec lui
mais Jésus le renvoya en disant :
— Retourne dans ta maison et raconte tout ce que Dieu a fait pour toi.
Et il s’en alla par toute la ville,
proclamant tout ce que Jésus avait fait pour lui.
Or, il advint que, comme Jésus s'en retournait, la foule l'accueillit
car tous étaient à l’attendre.
Et voici que vint un homme du nom de Jaïre
et celui-ci était chef de la synagogue.
Et il tomba aux pieds de Jésus
le priant d’entrer dans sa maison
parce qu’il avait une fille unique, d’environ douze ans
et elle se mourait.
Et il arriva que pendant qu'il y allait, les foules l'étouffaient.
Et il y avait une femme atteinte d'un flux de sang depuis douze années
qui avait dépensé tout son bien en médecins
et ne put être guérie par personne.
Elle s’approcha par derrière, et elle toucha la frange de son vêtement
et à l’instant même s’arrêta le flux de son sang.
Et Jésus dit :
— Qui est-ce qui m’a touché ?
Comme tous s’en défendaient,
Pierre dit et ceux qui étaient avec lui :
— Maître, les foules te serrent et te heurtent
et tu dis : — Qui m'a touché ?
Mais Jésus dit :
— Quelqu’un m’a touché
car moi, j’ai connu qu’une puissance était sortie de moi.
Or la femme, voyant qu'elle n'était pas restée cachée,
vint toute tremblante et elle se jeta devant ses pieds
et elle déclara devant tout le peuple pour quel motif elle l’avait touché
et comment elle avait été guérie tout de suite.
Et lui de lui dire :
— Ma fille, ta foi t’a sauvée ! Va en paix.
Tandis qu'il parlait encore, vint de chez le chef de synagogue quelqu'un lui disant :
— Ta fille est morte, ne le fatigue plus.
Mais Jésus, qui avait entendu cette parole, répondit au père de la jeune fille :
— Ne crains pas, crois seulement et elle sera sauvée.
Comme il était venu à la maison,
il ne laissa personne entrer avec lui
si ce n’est Pierre, Jean et Jacques
et le père et la mère de la jeune fille.
Tous pleuraient et se frappaient la poitrine à cause d'elle.
Mais lui dit :
— Ne pleurez pas ; elle n’est pas morte, mais elle dort.
Et ils se moquaient de lui, sachant qu’elle était morte.
Mais lui, prenant sa main, éleva la voix en disant :
— Jeune fille, lève-toi !
Et son esprit revint
et elle se leva à l’instant même
et il commanda de lui donner à manger.
Et ses parents furent saisis de stupeur
et il leur prescrivit de ne dire à personne ce qui était arrivé.
Ayant convoqué les douze apôtres
il leur donna puissance et autorité sur tous les démons ainsi que celles de guérir les maladies
et les envoya prêcher le royaume de Dieu et guérir les infirmes.
Alors il leur dit :
— Ne prenez rien pour la route,
ni bâton, ni besace, ni pain, ni argent
et n'ayez pas deux tuniques.
Et, en quelque maison que vous entriez, restez là et n'en sortez pas.
Et tous ceux qui ne vous auront pas reçus,
en sortant de cette ville
secouez même la poussière de vos pieds en témoignage contre eux.
Une fois partis, ils parcouraient les villages,
annonçant la bonne nouvelle et guérissant partout.
Hérode le tétrarque entendit parler de tout ce qui se faisait par lui
et il ne savait que penser de ce qui était dit
par certains : — Jean est ressuscité d'entre les morts !
et par certains : — Élie est apparu !
par d’autres : — C'est un des anciens prophètes qui est ressuscité !
Mais Hérode dit :
— Jean ! Moi, je l’ai décapité.
Qui est celui-ci dont j’entends dire de telles choses ?
Et il cherchait à le voir.
Et à leur retour, les apôtres lui racontèrent tout ce qu’ils firent.
Et, les prenant avec lui, il se retira en un lieu désert, qui est Bethsaïde.
Les foules, quand elles le surent, le suivirent.
Et il les accueillit
et il leur parlait du royaume de Dieu
et guérissait ceux qui avaient besoin de soins.
Le jour commença à décliner.
Alors, s'avançant, les Douze lui dirent :
— Renvoie les foules, afin qu’en allant dans les villages et dans les hameaux des environs, ils puissent se loger et trouver de quoi se nourrir
parce qu'ici nous sommes dans un lieu désert.
Mais il leur dit :
— C'est à vous de leur donner à manger.
Et eux de lui dire :
— Il n'y a pas pour nous plus de cinq pains et deux poissons,
à moins peut-être d'aller nous-mêmes acheter des aliments pour toute cette foule.
Car ils étaient environ cinq mille hommes.
Il dit à ses disciples :
— Faites-les s’allonger par groupes de cinquante.
Et ils agirent ainsi
et les firent tous s’allonger.
Et une fois qu'il eut pris les cinq pains et les deux poissons
il leva les yeux au ciel, il les bénit
et les rompit et les distribua à ses disciples pour les servir à la foule.
Et ils mangèrent tous et furent rassasiés
et on enleva ce qui leur était resté :
douze corbeilles de morceaux.
Et il advint, comme il était à prier seul,
que les disciples étaient avec lui,
et qu'il les interrogea en disant :
— Qui suis-je, au dire des foules ?
Ils lui répondirent et dirent :
— Jean-Baptiste
mais d’autres disent que tu es Élie
et d’autres, l'un des anciens prophètes qui est ressuscité.
Et il leur dit :
— Mais vous, qui dites-vous que je suis ?
Simon-Pierre, répondant, dit :
— Le Christ de Dieu.
Mais, les reprenant, il leur enjoignit de ne le dire à personne,
disant que le Fils de l’homme devait souffrir beaucoup
et être rejeté par les anciens et les grands prêtres et les scribes
et être tué et le troisième jour ressusciter.
Il disait à tous :
— Si quelqu’un veut venir derrière moi, qu’il se renie lui-même
et qu’il prenne sa croix chaque jour et qu'il me suive.
Car qui aura voulu sauver son âme la perdra
mais celui qui aura perdu son âme à cause de moi la sauvera.
Quel profit, en effet, y a-t-il pour un homme s'il gagne le monde entier
mais se perd lui-même
et cause sa propre ruine ?
Car celui qui aura honte de moi et de mes paroles,
de celui-là le Fils de l’homme aura honte
lorsqu’il viendra dans sa majesté et dans celle du Père et des saints anges.
Mais je vous le dis :
— En vérité, il en est qui se tiennent ici qui ne goûteront pas la mort avant d'avoir vu le royaume de Dieu.
Et il advint qu'environ huit jours après ces paroles,
il prit avec lui Pierre, Jean et Jacques
et il monta sur la montagne pour prier.
Et il advint, comme il priait, que l’aspect de son visage devint autre
et son vêtement d’un blanc éblouissant.
Et voilà que deux hommes conversaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie,
qui, apparus en majesté
parlaient de sa sortie du monde qu’il allait accomplir à Jérusalem.
Quant à Pierre et ceux qui étaient avec lui, ils étaient alourdis de sommeil
mais, après s'être réveillés, ils virent sa majesté
et les deux hommes qui se tenaient avec lui.
Et il advint que, comme ils se séparaient de lui,
Pierre dit à Jésus :
— Maître, il nous est bon d’être ici :
faisons trois tentes
une pour toi, une pour Moïse ainsi qu'une pour Élie,
ne sachant pas ce qu’il disait.
Tandis qu'il disait cela
advint une nuée et elle les prit sous son ombre
et ils eurent peur au moment d'entrer dans la nuée.
Et une voix advint de la nuée qui disait:
— Celui-ci est mon Fils, l'Élu : écoutez-le !
Et quand advint la voix, Jésus se trouva seul.
Et eux gardèrent le silence
et ne dirent à personne, en ces jours-là, rien de ce qu’ils avaient vu.
Or il advint que, le jour suivant, comme ils descendaient de la montagne,
une foule nombreuse vint au-devant de lui.
Et voici qu'un homme de la foule s'exclama, disant :
— Maître, je t'en supplie, jette les yeux sur mon fils : c'est mon unique.
Et voilà qu'un esprit s’empare de lui et tout à coup crie
et le jette à terre et l'agite en le faisant écumer
et à grand-peine s'en éloigne, le laissant tout brisé.
Et j'ai prié tes disciples de le chasser, et ils n’ont pas pu.
Répondant, Jésus dit :
— Ô génération incrédule et pervertie,
jusques à quand serai-je auprès de vous et vous supporterai-je ?
Amène ton fils ici.
Et comme il approchait, le démon le jeta par terre et le secoua violemment.
Mais Jésus menaça l’esprit impur
et il guérit l’enfant, et le rendit à son père.
Et tous étaient stupéfaits devant la grandeur de Dieu.
Comme tous étaient dans l’admiration pour tout ce qu’il faisait
il dit à ses disciples :
— Vous, mettez dans vos cœurs ces paroles :
Le Fils de l’homme, en effet, est sur le point d'être livré aux mains des hommes.
Mais ils ne connaissaient pas cette parole
et elle leur restait voilée pour qu’ils n’en saisissent pas le sens
et ils craignaient de l’interroger sur cette parole.
Mais une pensée entra en eux : savoir qui était le plus grand d'entre eux.
Et Jésus, voyant les pensées de leur cœur,
prenant un enfant, le plaça près de lui
et leur dit :
— Quiconque accueille cet enfant en mon nom, c'est moi qu'il accueille
et quiconque m'accueille
accueille celui qui m’a envoyé :
car celui qui est le plus petit parmi vous tous, celui-là est grand.
Prenant la parole, Jean dit :
— Maître, nous avons vu quelqu’un chasser les démons en ton nom
et nous l'en avons empêché parce qu’il ne te suit pas avec nous.
Mais Jésus lui dit :
— N'empêchez pas
car celui qui n’est pas contre vous est pour vous.
Et il advint, comme s'accomplissaient les jours de son assomption,
qu'il affermit sa face pour aller à Jérusalem,
et il envoya des messagers devant son regard
lesquels, après s'être mis en route, entrèrent dans une ville des Samaritains pour tout lui préparer.
Mais ils ne le reçurent pas
parce que sa face était celle d'un homme allant à Jérusalem.
Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent :
— Seigneur, veux-tu que nous disions au feu de descendre du ciel et de les consumer ?
Mais, s’étant retourné, il les réprimanda.
Et ils s'en allèrent vers un autre village.
Or il arriva, tandis qu’ils marchaient en chemin,
que quelqu’un lui dit :
— Je te suivrai partout où tu iras.
Et Jésus lui dit :
— Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel des nids
mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer la tête.
Il dit à un autre :
— Suis-moi.
Celui-ci dit :
— Seigneur, permets-moi d’aller d’abord ensevelir mon père.
Mais Jésus lui dit :
— Laisse les morts ensevelir leurs morts :
pour toi, va annoncer le royaume de Dieu.
Un autre encore dit :
— Je te suivrai, Seigneur
mais d’abord permets-moi de prévenir ceux de ma maison .
Jésus lui dit :
— Personne qui a mis sa main à la charrue et regarde en arrière n’est apte au royaume de Dieu.
Après cela, le Seigneur en désigna soixante-douze autres
et les envoya deux à deux devant sa face
dans toute ville et tout lieu où lui-même devait aller.
Il leur disait :
— La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson.
Allez ! Voici que moi, je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
Ne portez pas de bourse, ni de besace, ni de sandales
et ne saluez personne en chemin.
En quelque maison que vous entriez
d’abord dites : — Paix à cette maison !
Et si le fils de paix est là, votre paix reposera sur lui ;
sinon, elle vous reviendra.
Demeurez dans la même maison
en mangeant et buvant ce qu’il y a chez eux
car l’ouvrier est digne de son salaire.
Ne passez pas de maison en maison.
Et, en quelque ville que vous entriez et où l'on vous accueille,
mangez ce qui vous est servi.
Guérissez les malades qui s’y trouveront,
et dites-leur :
— Le royaume de Dieu s'est approché jusqu'à vous.
Et, en quelque ville que vous entriez et où l'on ne vous accueille pas,
en sortant sur ses places, dites :
— Même la poussière de votre ville, qui s’est attachée à nous, nous l’essuyons pour vous la laisser.
Pourtant sachez-le : le royaume de Dieu s'est approché.
Je vous le dis, en ce jour-là, Sodome aura plus de rémission que pour cette ville.
Malheur à toi, Corazaïn !
Malheur à toi, Bethsaïde !
Car si à Tyr et à Sidon s'étaient accomplies les merveilles qui se sont accomplies chez vous,
il y a longtemps qu'elles auraient fait pénitence, en s'asseyant sur le cilice et la cendre.
Aussi bien pour Tyr et Sidon il y aura plus de rémission, lors du jugement, que pour vous.
Et toi, Capharnaüm, élevée jusqu’au ciel, jusqu’au fond de l'enfer tu seras plongée !
Qui vous écoute m’écoute
et qui vous méprise me méprise
mais qui me méprise méprise celui qui m’a envoyé.
Les soixante-douze revinrent avec joie, disant :
— Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom !
Il leur dit :
— Je regardais le Satan tomber du ciel comme un éclair.
Voici que je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents et scorpions
et toute la puissance de l’ennemi ;
et rien ne pourra vous nuire.
Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous soient soumis
mais réjouissez-vous de ce que vos noms se trouvent écrits dans les cieux.
À l'heure même, il exulta par l’Esprit Saint, et il dit :
— Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre
parce que tu as caché cela aux sages et aux prudents
et l'as révélé aux tout-petits :
oui, Père, car tel a été ton bon plaisir.
— Tout m'a été remis par mon Père
et personne ne sait qui est le Fils si ce n'est le Père
ni qui est le Père si ce n'est le Fils
et celui à qui le Fils aura voulu le révéler.
Et, se retournant vers les disciples, il leur dit :
— Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez !
Car je vous dis
que beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu
et entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu !
Et voici qu’un docteur de la Loi se leva, le tentant et disant :
— Maître, que dois-je faire pour posséder la vie éternelle ?
Il lui dit :
— Dans la Loi qu’est-il écrit ?
Comment lis-tu ?
Répondant, celui-ci dit :
— Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur
et de toute ton âme
et de toutes tes forces
et de toute ton intelligence
et ton prochain comme toi-même.
Il lui dit :
— Tu as bien répondu :
fais cela et tu vivras.
Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus :
— Et qui est mon prochain ?
Reprenant, Jésus dit :
— Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho et il tomba au milieu de brigands
qui, après l’avoir dépouillé
et couvert de plaies, s’en allèrent en le laissant à moitié mort.
Or, il se trouva qu'un prêtre descendait par le même chemin
et, le voyant, il passa outre.
Pareillement un lévite, se trouvant près de ce lieu, le vit, passa outre.
Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui
et, le voyant, fut ému de miséricorde.
Et s’approchant, il banda ses blessures, y versant de l’huile et du vin ;
puis, l'ayant fait monter sur sa propre monture, il l'amena dans une auberge et prit soin de lui.
Et le lendemain, il tira deux deniers et les donna à l’hôtelier et dit :
— Prends soin de lui
et tout ce que tu dépenseras en plus, c’est moi qui, lors de mon retour, te le rendrai.
Lequel de ces trois, te semble-t-il, est devenu le prochain de celui qui est tombé sur des brigands ?
Il dit :
— Celui qui a fait la miséricorde envers lui.
Et Jésus lui dit :
— Va, et toi aussi, fais de même.
Or il advint, pendant qu’ils étaient en chemin,
qu'il entra dans un village,
et une femme du nom de Marthe le reçut dans sa maison.
Et celle-ci avait une sœur appelée « Marie »
qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.
Marthe, elle, était absorbée par les multiples soins du service.
Elle s'arrêta, et dit :
— Seigneur, tu ne te soucies pas que ma sœur me laisse, seule, servir ?
Dis-lui donc de m’aider.
Mais répondant, le Seigneur lui dit :
— Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de choses,
pourtant, une seule chose est nécessaire.
Marie a choisi la meilleure part qui ne lui sera pas enlevée.
Et il advint, comme il était en prière en un certain lieu
que lorsqu'il eut cessé, un de ses disciples luit dit :
— Seigneur, apprends-nous à prier
comme Jean l’a appris à ses disciples.
Il leur dit :
— Lorsque vous priez, dites :
Pèreque ton nom soit sanctifié.
Que ton règne vienne.
Donne nous chaque jour notre pain quotidien
et remets-nous nos péchés
car nous-mêmes remettons à tout homme qui nous doit
et ne nous induis pas en tentation.
Et il leur dit :
— Lequel d'entre vous aura un ami
et ira vers lui au milieu de la nuit
et lui dit :
— Ami, prête-moi trois pains
parce que mon ami en chemin est arrivé chez moi
et je n’ai rien à lui offrir,
et que, de l’intérieur, celui-là réponde et dise :
— Ne m’importune pas :
déjà la porte est fermée et mes enfants sont avec moi au lit ;
je ne peux me lever pour te donner,
Je vous dis :
— Même s'il ne se lève pas pour les lui donner du fait qu’il est son ami
du moins à cause de son effronterie, il se lèvera et lui donnera tout ce dont il a besoin.
Et moi je vous dis :
— Demandez et il vous sera donné
cherchez et vous trouverez
frappez et il vous sera ouvert.
Car quiconque demande reçoit
et qui cherche trouve
et à qui frappe on ouvrira.
Lequel parmi vous demande du pain à son père
lui donnera-t-il une pierre ?
ou, s’il demande un poisson
lui donnera-t-il, au lieu d'un poisson, un serpent ?
Ou encore, s’il demande un œuf,
lui présentera-t-il un scorpion ?
Si donc vous — mauvais que vous êtes — vous savez donner des dons qui soient bons à vos enfants
combien plus votre Père du ciel donnera-t-il un esprit bon à ceux qui lui demandent.
Et il chassait un démon, et ce démon était muet.
Or, quand le démon fut sorti, le muet parla
et les foules furent dans l’admiration.
Mais certains d’entre eux dirent :
— C’est par Béelzébub, le prince des démons, qu’il expulse les démons.
D’autres, pour le tenter, lui demandaient un signe du ciel.
Mais lui, connaissant leurs pensées, leur dit :
— Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté,
et maison sur maison s'écroule.
Si Satan aussi est divisé en lui-même
comment tiendra son royaume ?
puisque vous dites que c’est par Béelzéboub que je chasse les démons.
Mais si moi, c'est par Béelzéboub que je chasse les démons
vos fils, par qui les chassent-ils ?
C’est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges.
Si, au contraire, c’est par le doigt de Dieu que moi je chasse les démons
assurément le royaume de Dieu est arrivé jusqu'à vous.
Lorsque l’homme fort, bien armé, garde l'entrée de sa maison
ses possessions sont en paix.
Mais si un plus fort que lui survient et le bat
il lui enlève toutes ses armes dans lesquelles il se confiait
et il distribue ses dépouilles.
Qui n’est pas avec moi est contre moi
et qui n’amasse pas avec moi disperse.
Lorsque l’esprit impur est sorti de l'homme
il parcourt des lieux arides
cherchant du repos et n’en trouvant pas, il dit :
— Je retournerai dans ma maison, d’où je suis sorti.
Et revenu, il la trouve nettoyée de ses ordures.
Alors il va prendre sept autres esprits plus mauvais que lui
et, étant entrés, ils y habitent
et le dernier état de cet homme devient pire que le premier.
Et il advint, comme il disait cela
qu'une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit :
Heureux le ventre qui t'a porté, et les seins que tu as sucés !
Et il advint, comme il disait cela
qu'une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit :
— Heureux le ventre qui t'a porté, et les seins que tu as sucés !
Mais il lui dit :
— Heureux plutôt ceux qui écoutent le verbe de Dieu et le gardent !
Comme les foules s'amassaient, il commença à dire :
— Cette génération est une génération mauvaise :
elle cherche un signe, et de signe il ne lui sera donné que le signe de Jonas.
Car, de même que Jonas fut un signe pour les Ninivites
de même sera le Fils de l’homme pour cette génération.
La reine du Midi se lèvera, lors du jugement, avec les hommes de cette génération
et elle les condamnera
car elle est venue des confins de la terre pour entendre la sagesse de Salomon
et voici : il y a plus que Salomon ici !
Les hommes de Ninive se lèveront, lors du jugement, avec cette génération
et ils la condamneront
car ils ont fait pénitence à la prédication de Jonas
et voici : il y a plus que Jonas ici !
Personne n’allume une lampe et ne la met en un lieu caché
ni sous le boisseau
mais sur le chandelier
pour que ceux qui entrent voient la lumière.
La lampe du corps, c’est ton œil.
Si ton œil est simple, alors ton corps tout entier sera lumineux
mais s'il est mauvais, ton corps aussi sera ténébreux.
Veille donc à ce que la lumière qui est en toi ne soit pas ténèbres.
Si donc ton corps tout entier est lumineux, n'ayant aucune partie ténébreuse,
il sera lumineux tout entier
comme la lampe t’illumine de son éclat.
Comme il parlait,
un pharisien le pria de dîner chez lui.
Étant entré, il se mit à table.
Mais le Pharisien, réfléchissant, commença à se dire en lui-même
pourquoi il ne s'était pas lavé avant le dîner.
Mais le Seigneur lui dit :
— Maintenant, vous, Pharisiens, le dehors de la coupe et du plat, vous le purifiez
alors que votre dedans est plein de rapine et d'iniquité.
Insensés ! Celui qui a fait le dehors
n’a-t-il pas fait aussi le dedans ?
Cependant, donnez en aumône ce qui vous reste
et voilà que tout est pur pour vous.
Mais malheur à vous, les Pharisiens,
parce que vous payez la dîme sur la menthe, la rue et toute plante
et vous passez à côté de la justice et de l’amour de Dieu !
Il fallait faire ceci, et ne pas omettre cela.
Malheur à vous, les Pharisiens,
parce que vous aimez les premiers sièges dans les synagogues et les salutations sur les places publiques !
Malheur à vous, parce que vous êtes comme les tombeaux qui ne paraissent pas
et sur lesquels les gens marchent sans le savoir !
Prenant la parole, un des docteurs de la Loi lui dit :
— Maître, en disant cela, tu nous insultes, nous aussi !
Il dit :
— À vous aussi, les docteurs de la Loi, malheur !
Parce que vous chargez les hommes de fardeaux qu'ils ne peuvent pas porter
et vous-mêmes, vous ne touchez pas aux fardeaux d’un seul de vos doigts.
Malheur à vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes
et ce sont vos pères qui les ont tués !
Assurément, vous témoignez que vous consentez aux œuvres de vos pères
car eux les ont tués
et vous, vous leur bâtissez des sépulcres.
C'est pourquoi la Sagesse de Dieu a dit :
— Je leur enverrai des prophètes et des apôtres
et ils en tueront et persécuteront ;
afin qu’il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes
qui a été répandu depuis la fondation du monde,
depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, qui périt entre l’autel et le Temple.
Oui, je vous le dis, il en sera demandé compte à cette génération.
Malheur à vous, les docteurs de la loi,
parce que vous avez enlevé la clef de la science !
Vous-mêmes n’êtes pas entrés
et ceux qui entraient vous les avez empêchés !
Comme il leur disait ces choses,
les Pharisiens et les docteurs de la loi commencèrent à le presser fortement
pour lui fermer la bouche sur une foule de choses,
lui tendant des pièges et cherchant à capter de sa bouche de quoi l'accuser.
Or, de grandes foules s’étant rassemblées autour de lui de sorte qu'ils se piétinaient les uns les autres,
il commença à dire d'abord à ses disciples :
— Gardez-vous du levain des pharisiens qui est l'hypocrisie.
Rien n'est couvert qui ne soit dévoilé
et rien n'est caché qui ne soit connu.
Car ce que vous avez dit dans les ténèbres, en pleine lumière sera dit
et ce que vous avez dit à l’oreille dans les chambres
sera proclamé sur les toits.
Je le dis à vous, mes amis :
— Ne craignez pas ceux qui tuent le corps
et après cela ils n'ont rien de plus à faire.
Mais je vais vous montrer qui vous devez craindre :
craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la géhenne :
oui, je vous le dis, celui-là, craignez-le !
Est-ce que cinq passereaux ne se vendent pas deux as ?
Et pas un d’entre eux n’est en oubli devant Dieu.
Mais même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
Ne craignez donc pas :
vous valez plus qu'une multitude de passereaux.
Je vous dis :
Quiconque me confessera devant les hommes,
le Fils de l’homme aussi le confessera devant les anges de Dieu ;
Mais celui qui m’aura renié devant les hommes
sera renié devant les anges de Dieu.
Et quiconque dit une parole contre le Fils de l’homme, il lui sera remis
mais à qui aura blasphémé contre l’Esprit Saint, il ne sera pas remis.
Quand on vous conduira dans les synagogues
et les magistrats et les pouvoirs
ne vous inquiétez pas de ce que vous répondrez ou de ce que vous direz, ni de la manière dont vous le ferez
car l'Esprit Saint vous enseignera à l’heure même ce qu’il faut dire.
Quelqu’un de la foule lui dit :
— Maître, dis à mon frère de partager avec moi l’héritage.
Il lui dit :
— Homme, qui m’a établi juge ou partageur sur vous?
Et il leur dit :
— Faites attention et gardez-vous de toute convoitise
car même dans l’abondance, la vie de chacun ne dépend pas de de ce qu'il possède.
Et il leur dit cette comparaison :
— Le champ d'un homme riche rapporta des fruits abondants.
Et il pensait en lui-même, disant :
— Que vais-je faire ? car je n’ai pas où ramasser mes fruits.
Et il dit : — Voici ce que je ferai :
je détruirai mes greniers, et j’en ferai de plus grands
et j’y ramasserai tous mes produits et mes biens
et je dirai à mon âme :
— Âme, tu as beaucoup de biens amassés pour beaucoup d’années :
repose-toi, mange, bois, festoie !
Mais Dieu lui dit :
— Insensé ! cette nuit même on va te redemander ton âme
Et ce que tu as préparé, à qui seront-t-ils ?
Ainsi en est-il de celui qui thésaurise pour lui-même et n'est pas riche en vue de Dieu.
Et il dit à ses disciples :
— C’est pourquoi je vous dis :
Ne vous inquiétez pas pour l'âme, de ce que vous mangerez
ni pour le corps, de quoi vous le vêtirez ;
l'âme est plus que la nourriture
et le corps plus que le vêtement.
Considérez les corbeaux : ils ne sèment ni ne moissonnent,
ils n’ont ni cellier ni grenier,
et Dieu les nourrit
Combien vous êtes précieux, vous, plus qu'eux !
Qui d'entre vous, en réfléchissant, peut ajouter à sa taille une seule coudée ?
Si donc pour la plus petite chose vous ne pouvez pas
pourquoi pour le reste vous inquiétez-vous ?
Considérez les lis, comme ils croissent : ils ne travaillent ni ne filent.
Or, je vous le dis
même Salomon, dans toute sa gloire, n'était vêtu comme l’un d’eux.
Si, dans un champ, l’herbe qui est là aujourd’hui et demain est jetée au four, Dieu la revêt ainsi
combien plus le fera-t-il pour vous, gens de peu de foi !
Et vous, ne cherchez pas ce que vous mangerez ou ce que vous boirez
et ne vous élevez pas si haut.
Tout cela, en effet, les nations du monde le recherchent
mais votre Père sait que vous en avez besoin.
Aussi bien, cherchez le royaume de Dieu
et tout cela vous sera surajouté.
Ne crains pas, petit troupeau,
car il a plu à votre Père de vous donner le Royaume.
Vendez ce que vous possédez, et donnez-le en aumône.
Faites-vous des bourses qui ne vieillissent pas
un trésor qui ne vous fasse pas défaut dans les cieux
où voleur n’approche pas
ni mite ne détériore.
Car où est votre trésor, là aussi sera votre cœur.
Que vos reins soient ceints et vos lampes allumées.
Et vous, soyez semblables à des hommes qui attendent leur maître à son retour des noces
afin que, lorsqu’il viendra et frappera, aussitôt ils lui ouvrent.
Heureux ces esclaves que le maître, à son arrivée, trouvera veillant !
Amen, je vous dis
qu'il se ceindra et les fera mettre à table
et passant de l'un à l'autre il les servira.
Et, s'il vient à la seconde veille
et s'il vient à la troisième veille et les trouve ainsi
heureux sont ces esclaves !
Sachez bien ceci :
si le père de famille savait à quelle heure le voleur viendrait,
il veillerait et ne laisserait pas percer sa maison.
Vous aussi, tenez-vous prêts, parce que c’est à l’heure que vous ne pensez pas que le Fils de l’homme vient.
Pierre lui dit alors :
— Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou aussi pour tous ?
Et le Seigneur dit :
— Quel est à ton avis l’intendant fidèle, prudent
que le maître établira sur sa domesticité
pour leur donner en temps voulu la mesure de blé ?
Heureux cet esclave, que son maître, à son arrivée, trouvera faisant ainsi !
Vraiment, je vous dis
qu'il l’établira sur tout ce qu'il possède.
Que si cet esclave dit en son cœur :
— Mon maître tarde à venir
et qu’il se mette à battre les garçons et les servantes
à manger et à boire et à s’enivrer,
il viendra, le maître de cet esclave, un jour qu'il n'attend pas et à une heure qu’il ne connaît pas
et il le retranchera et mettra sa part avec les infidèles.
Cet esclave qui connaît la volonté de son maître
et qui n’a rien préparé ou fait selon sa volonté
sera beaucoup battu.
Quant à celui qui, sans connaître, a fait ce qui est digne de coups, il sera peu battu ;
car celui à qui l'on a beaucoup donné, on lui demandera beaucoup
celui à qui l'on a confié beaucoup, on lui en demandera davantage.
Un feu ! Je suis venu le jeter sur la terre
et comme je voudrais qu'il soit allumé !
Un baptême ! J'ai à être baptisé
et comme je suis oppressé jusqu’à ce qu'il soit accompli !
Pensez-vous que je sois venu pour donner la paix sur la terre ?
Non, je vous dis, mais la division.
Désormais en effet, cinq personnes dans une maison seront divisées :
trois contre deux, et deux contre trois.
Ils seront divisés :
père contre fils et fils contre père,
mère contre fille et fille contre la mère,
belle-mère contre la belle-fille et belle-fille contre la belle-mère.
Il disait encore aux foules :
— Lorsque vous voyez un nuage se lever au couchant,
aussitôt vous dites que la pluie vient, et il arrive ainsi.
Et lorsque c'est le vent du midi qui souffle
vous dites qu'il fera très chaud, et cela arrive.
Hypocrites ! Le visage de la terre et du ciel, vous savez le discerner :
et ce temps-ci alors, comment ne le discernez-vous pas ?
Et pourquoi ne jugez-vous pas par vous-mêmes de ce qui est juste ?
Quand tu vas avec ton adversaire devant un chef,
tâche en chemin de te libérer de lui
de peur qu’il ne te traîne devant le juge
et que le juge ne te livre à l'exécuteur
et que l'exécuteur ne te jette en prison.
Je te le dis :
— Tu ne sortiras pas de là que tu n’aies rendu jusqu'à la dernière obole.
En ce même temps, quelques-uns vinrent lui annonçer à propos des Galiléens
dont Pilate avait mêlé le sang à leurs sacrifices.
Et, prenant la parole, il leur dit :
— Pensez-vous que ces Galiléens furent plus pécheurs que tous les autres Galiléens
parce qu'ils ont souffert de telles choses ?
Non, je vous dis ;
mais si vous ne faites pas pénitence, vous périrez tous pareillement.
Comme ceux-là, les dix-huit
sur qui est tombée la tour, à Siloé et elle les a tués :
pensez-vous qu'ils étaient plus débiteurs que tous les autres hommes habitant à Jérusalem ?
Non, je vous le dis
mais si vous ne faites pas pénitence, vous périrez tous pareillement.
Et il disait cette comparaison :
— Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne.
Et il vint chercher du fruit sur lui, et il ne trouva pas.
Et il dit à l'ouvrier de la vigne :
— Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier et je ne trouve pas.
Coupe-le donc :
pourquoi occupe-t-il encore la terre ?
Mais celui-ci, répondant, lui dit :
— Maître, laissez-le encore cette année, le temps que je creuse autour de lui et que je mette du fumier.
Peut-être fera-t-il ainsi du fruit ? Sinon, à l'avenir, tu le couperas.
Il était à enseigner dans leur synagogue un jour de sabbat.
Et voilà une femme qui avait depuis dix-huit ans un esprit d'infirmité
et elle était courbée et ne pouvait absolument pas regarder vers le haut.
La voyant, Jésus l'appela auprès de lui et lui dit :
— Femme, tu es délivrée de ton infirmité.
Et il lui imposa les mains
et aussitôt elle se redressa, et elle glorifiait Dieu.
Prenant la parole, le chef de synagogue,
indigné de ce que Jésus eût fait une guérison le jour du sabbat, dit à la foule :
— Il y a six jours pendant lesquels on doit travailler,
venez donc ces jours-là vous faire guérir
et non le jour du sabbat.
Le Seigneur lui répondit, et il dit :
— Hypocrites ! chacun d'entre vous, le sabbat, ne détache-t-il pas de la mangeoire son bœuf ou son âne
pour le mener boire ?
Et cette fille d’Abraham, que le Satan a liée voilà dix-huit ans
il ne fallait pas la délivrer de ce lien le jour du sabbat !
Et comme il disait cela
tous ses adversaires rougissaient
et tout le peuple se réjouissait de toutes les choses qui arrivaient de manière extraordinaire par lui.
Il disait donc :
— À quoi le royaume de Dieu est-il semblable
et à quoi pourrais-je le comparer ?
Il est semblable à un grain de sénevé
qu’un homme a pris et a jeté dans son jardin :
il a poussé et il est devenu un grand arbre
et les oiseaux du ciel se se reposèrent dans ses branches.
Il dit encore :
— À quoi pourrai-je comparer le royaume de Dieu ?
Il est semblable à du levain qu’une femme prit et cacha dans trois mesures de farine
jusqu’à ce que le tout eût fermenté.
Et il allait par villes et villages, enseignant
et faisant route vers Jérusalem.
Quelqu’un lui dit :
— Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui se sauvent ?
Mais il leur dit :
— Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite
car beaucoup, je vous le dis, chercheront à entrer et ne pourront pas.
Dès que sera entré le père de famille et qu'il aura fermé la porte
et que, restés dehors, vous commencerez à frapper à la porte, disant :
— Seigneur, ouvre-nous,
et répondant, il vous dira :
— Vous, je ne sais d’où vous êtes.
Alors vous commencerez à dire :
— Nous avons mangé devant toi et bu, et sur nos places, tu as enseigné.
Et il vous dira:
— Je ne sais d’où vous êtes :
Éloignez-vous de moi, vous tous, artisans d’iniquité.
Là sera le pleur et le grincement de dents
lorsque vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes dans le royaume de Dieu
et vous chassés dehors.
Et ils viendront de l'orient et de l'occident, du septentrion et du midi
et ils se mettront à table dans le royaume de Dieu.
Et voici les derniers seront les premiers,
et les premiers seront les derniers.
En ce même jour, s'avancèrent quelques pharisiens qui lui dirent :
— Pars et va-t-en d’ici, car Hérode veut te tuer.
Et il leur dit :
— Allez, dites à ce renard :
— Voici que je chasse les démons et accomplis des guérisons aujourd’hui et demain
et le troisième jour je suis consommé.
Mais aujourd'hui et demain et le jour suivant, je dois poursuive ma route
parce qu'il ne convient pas qu’un prophète périsse hors de Jérusalem.
Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes
et lapides ceux qui te sont envoyés,
que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants
comme un oiseau sa couvée sous ses ailes, et tu n'as pas voulu !
Voici : votre maison vous est laissée.
Et je vous dis :
Vous ne me verrez plus jusqu'à ce que vienne le jour où vous direz :
— Béni celui qui vient au nom du Seigneur !
Et il advint que, comme il était entré, un jour de sabbat, dans la maison d'un chef des pharisiens pour manger du pain,
eux l'observaient.
Et voici qu’un homme hydropique était devant lui.
Et prenant la parole, Jésus dit aux docteurs de la loi et aux pharisiens, disant :
— Est-il permis le jour du sabbat de guérir ?
Mais eux gardèrent le silence.
Et, prenant le malade, il le guérit et le renvoya.
Et s'adressant à eux, il dit :
— Qui d’entre vous, si son âne ou son bœuf vient à tomber dans un puits,
ne l’en retirera pas aussitôt un jour de sabbat ?
Et ils ne pouvaient pas lui répliquer à cela.
Et il disait une parabole aux invités,
remarquant comment ils choisissaient les premiers lits de table. Il leur disait :
— Lorsque tu es invité à des noces, ne va pas t'étendre à la première place
de peur qu'un plus digne que toi ait été invité par lui,
et que celui qui vous a invités, toi et lui, ne vienne te dire :
— Cède-lui la place,
et alors tu commencerais avec honte à tenir la dernière place.
Mais, lorsque tu as été invité, va te mettre à la dernière place
de façon qu'à son arrivée celui qui t’a invité te dise :
— Ami, monte plus haut.
Alors ce sera pour toi une gloire devant tous ceux qui sont à table avec toi.
Parce que quiconque s’élève sera humilié
et qui s’humilie sera élevé.
Il disait encore à celui qui l’avait invité :
— Lorsque tu fais un dîner ou un souper
ne convie pas tes amis
ni tes frères, ni tes parents
ni de riches voisins
de peur qu’eux aussi ne t’invitent en retour et qu'on ne te rende la pareille.
Mais, lorsque tu fais un festin
invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ;
et heureux seras-tu de ce qu’ils n’ont pas de quoi te rendre
car cela te sera rendu à la résurrection des justes.
Un de ceux qui étaient étendus avec lui, ayant entendu cela, lui dit :
— Heureux qui mangera du pain dans le royaume de Dieu !
Il lui dit :
— Un homme fit un grand souper et il avait invité beaucoup de monde.
Et il envoya son serviteur, à l’heure du souper, dire aux invités de venir
parce que déjà tout est prêt.
Et tous, unanimement, se mirent à s’excuser.
Le premier lui dit :
— J’ai acheté une maison de campagne, et il me faut sortir la voir :
je te prie, tiens-moi pour excusé.
Et un autre dit :
— J'ai acheté cinq paires de bœufs, et je vais les essayer :
je te prie, tiens-moi pour excusé.
Et un autre dit :
— J’ai pris une femme, et c’est pourquoi je ne puis venir.
Et à son retour, le serviteur annonça cela à son maître.
Alors, pris de colère, le père de famille dit à son serviteur :
— Sors vite dans les places et les rues de la ville
et fais entrer ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux.
Et le serviteur dit :
— Maître, ce que tu as commandé a été fait
et il y a encore de la place.
Et le maître dit au serviteur :
— Sors vers les chemins et les clôtures
et force les gens à entrer, afin que ma maison soit remplie.
Car, je vous le dis :
— Aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon souper.
Des foules nombreuses faisaient route avec lui
et, se retournant, il leur dit :
— Si quelqu’un vient à moi
et ne hait pas son père, et sa mère
et sa femme et ses enfants
et ses frères et ses sœurs
et même sa propre vie
il ne peut être mon disciple.
Celui qui ne porte pas sa croix et ne vient pas derrière moi
ne peut pas être mon disciple.
Lequel d'entre vous en effet, s’il veut bâtir une tour
ne s'assied pas auparavant, pour calculer les dépenses qui sont nécessaires
et s’il a de quoi l'achever ?
De peur qu'après avoir posé les fondations et n'avoir pu achever
tous ceux qui voient cela commencent à se moquer de lui,
disant :
— Cet homme a commencé à bâtir, et il n’a pu terminer !
Ou quel est le roi qui, partant faire la guerre à un autre roi
ne s'assied pas auparavant, et réfléchit
s’il est capable, avec dix mille hommes, d'aller à la rencontre de celui qui vient contre lui avec vingt mille ?
Autrement, tandis que celui-ci est encore loin
envoyant une ambassade, il lui fait des propositions de paix.
Ainsi donc, quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il possède
ne peut être mon disciple.
Le sel est bon
mais si même le sel s'affadit, avec quoi sera-t-il assaisonné ?
Ni pour la terre ni pour le fumier, il n'est utile
mais on le jette dehors.
Qui a des oreilles pour entendre entende !
Les publicains et les pécheurs s’approchaient de lui pour l’entendre.
Et les Pharisiens et les scribes murmuraient en disant :
— Celui-ci accueille des pécheurs et mange avec eux.
Et il leur dit cette parabole en disant :
— Quel homme d’entre vous qui a cent brebis
et s'il en perd une seule d'entre elles
ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf dans le désert
pour aller après celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la trouve ?
Et, quand il l'a trouvée, il la met sur ses épaules tout joyeux
et de retour à la maison, il convoque les amis et les voisins et leur dit :
— Réjouissez-vous avec moi, car j'ai trouvé ma brebis qui était perdue !
Je vous dis qu'il y aura ainsi plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur faisant pénitence
que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de pénitence.
Ou quelle femme ayant dix drachmes
si elle perd une drachme
n’allume une lampe, ne balaie la maison
et ne cherche avec soin jusqu’à ce qu’elle la trouve ?
et quand elle a trouvé, elle convoque les amies et les voisines et dit :
— Réjouissez-vous avec moi, car j'ai trouvé la drachme que j'avais perdue.
Ainsi, je vous le dis
sera la joie parmi les anges de Dieu pour un seul pécheur faisant pénitence.
Il dit encore : — Un homme avait deux fils.
Et le plus jeune des deux dit au père :
— Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.
Et il leur partagea la fortune.
Et après pas beaucoup de jours
le plus jeune fils, ayant rassemblé tout ce qu'il avait, partit pour une région lointaine
et là, il dissipa son bien en vivant dans débauche.
Après qu'il eut tout consommé
survint une famine sévère dans ce pays
et il commença à sentir le besoin.
Et il alla s'attacher à l’un des citoyens de ce pays
qui l’envoya dans sa maison de campagne paître les porcs.
Et il désirait se remplir le ventre des caroubes que mangeaient les porcs
mais personne ne lui en donnait.
Rentrant alors en lui-même, il dit :
— Combien de mercenaires de mon père ont des pains en surabondance
et moi, ici, je péris de faim !
Je me lèverai et j'irai vers mon père, et je lui dirai :
— Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi ;
je ne suis plus digne d’être appelé ton fils
traite-moi comme l’un de tes mercenaires.
Et se levant, il vint vers son père.
Tandis qu'il était encore loin
son père le vit et fut ému de miséricorde
et courant il tomba sur son cou, et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit :
— Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi
je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.
Mais le père dit à ses serviteurs :
— Vite, apportez la première robe et l’en revêtez
et mettez-lui un anneau dans sa main et des sandales aux pieds ;
Et amenez le veau gras, tuez-le
mangeons et festoyons
parce que mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie
il était perdu, et il est retrouvé !
Et ils commencèrent à festoyer.
Son fils, l'aîné, était au champ.
Comme il revenait et s'approchait de la maison
il entendit une symphonie et des chœurs de danse.
Et il appela un de ses serviteurs
et il demanda ce que cela pouvait bien être.
Celui-ci lui dit :
— Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras
parce qu’il l’a recouvré en bonne santé.
Il s'indigna, et il ne voulait pas entrer.
Son père donc, étant sorti, commença à le prier.
Mais répondant, il dit à son père :
— Voilà tant d’années que je te sers
et jamais je n'ai transgressé ton commandement
et à moi tu n’as jamais donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
Mais, ton fils que voilà, après avoir dévoré son bien avec des prostituées, quand il est arrivé
tu as tué pour lui le veau gras !
Il lui dit :
— Mon fils, toi, tu es toujours avec moi
et tout ce qui est à moi est à toi.
Mais il fallait festoyer et se réjouir
car ton frère que voici était mort, et il est revenu à la vie
il était perdu, et il est retrouvé.
Or il disait aussi à ses disciples :
— Il était un homme riche qui avait un gérant
et celui-ci fut dénoncé auprès de lui comme dissipant ses biens.
Et il l'appela et il lui dit :
— Qu’est-ce que j’entends dire de toi ?
Rends compte de ta gestion
car désormais tu ne pourras plus gérer.
Et le gérant se dit en lui-même :
— Que faire, puisque mon seigneur me retire la gestion ?
Bêcher ? je n'ai pas la force ;
mendier ? j’ai honte.
Je sais ce que je ferai
pour que, quand j'aurai été écarté de la gestion, ils m'accueillent dans leurs maisons.
Et, ayant appelé à lui un par un les débiteurs de son maître,
il dit au premier :
— Combien dois-tu à mon seigneur ?
Celui-ci dit :
— Cent barils d’huile.
Et il lui dit :
— Prends ton billet, assieds-toi, vite écris : cinquante.
Puis il dit à un autre :
— Et toi, combien dois-tu ?
Il dit : Cent kors de blé.
Et il lui dit :
— Prends ton billet et écris : quatre-vingts.
Et le seigneur loua le gérant de l'iniquité parce qu'il avait agi de façon prudente.
Car les fils de ce siècle sont plus prudents, dans leur génération, que les fils de la lumière.
Et moi je vous dis :
— Faites-vous des amis avec le mamon de l'iniquité
afin que, lorsque vous viendrez à manquer, ils vous accueillent dans les tentes éternelles.
Qui est fidèle en très peu de choses est fidèle aussi dans les grandes
et qui est inique en très peu de choses est inique dans les grandes.
Si donc vous n’avez pas été fidèles dans le mamon inique
qui vous confiera le bien véritable ?
Et si vous n’avez pas été fidèles dans ce qui est à autrui
qui vous donnera ce qui est à vous ?
Nul domestique ne peut servir deux maîtres :
car, ou il haïra l’un et aimera l’autre
ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre.
Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon.
Les Pharisiens, qui étaient avares, entendaient tout cela
et ils se moquaient de lui.
Et il leur dit :
— Vous êtes, vous, ceux qui se justifient devant les hommes
mais Dieu connaît vos cœurs
car ce qui est élevé pour les hommes
est abomination devant Dieu.
La Loi et les prophètes ont duré jusqu'à Jean
depuis lors, la bonne nouvelle du royaume de Dieu est annoncée
et tout homme fait violence pour cela.
Il est plus facile que le ciel et la terre passent
qu'un seul menu trait de la Loi tombe.
Quiconque renvoie sa femme et en épouse une autre commet un adultère
et qui épouse une femme renvoyée par le mari, commet un adultère.
Il y avait un homme riche
et il s’habillait de pourpre et de lin fin
et il festoyait chaque jour splendidement.
Et il y avait un mendiant du nom de Lazare
qui gisait à sa porte, plein d’ulcères,
désirant se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche
mais les chiens venaient et léchaient ses ulcères.
Or il advint que le mendiant mourut et fut emporté par les anges dans le sein d’Abraham.
Le riche aussi mourut, et fut enseveli dans l'enfer.
Levant les yeux, alors qu'il était dans les tourments
il voyait Abraham de loin et Lazare en son sein.
Et lui, jetant un cri , il dit :
— Père Abraham, aie pitié de moi
et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau
pour me rafraîchir la langue, car je suis tourmenté dans cette flamme.
Mais Abraham dit :
— Fils, souviens-toi que tu as reçudes biens pendant ta vie
et Lazare pareillement les maux.
Maintenant, il est consolé, et toi, tu es tourmenté.
De plus, entre nous et vous un grand abîme a été affermi
afin que ceux qui voudraient passer d’ici chez vous ne le puissent pas
et qu'on ne traverse pas non plus de là-bas chez nous.
Et il dit :
— Je te prie donc, père, de l'envoyer dans la maison de mon père,
car j’ai cinq frères, afin qu'il leur rende témoignage
de peur qu'ils n'arrivent, eux aussi, dans ce lieu de tourments.
Abraham lui dit :
— Ils ont Moïse et les prophètes : qu’ils les écoutent !
Mais il dit :
— Non, père Abraham,
mais si quelqu’un de chez les morts va vers eux, ils feront pénitence.
Mais il lui dit :
— S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes
même si quelqu’un ressuscite des morts, ils ne croiront pas.
Il dit à ses disciples :
— Il est impossible que les scandales ne viennent pas
mais malheur à celui par qui ils viennent !
Il est plus avantageux pour lui qu’on lui suspende une pierre de meule autour du cou
et qu’on le jette à la mer
que de scandaliser un seul de ces petits.
Prenez garde à vous :
si ton frère vient à pécher, reprends-le
et, s’il se repent, remets-lui.
Et si sept fois le jour il pèche contre toi
et que sept fois le jour il revient vers toi, en disant : — Je me repens,
remets-lui.
Et les apôtres dirent au Seigneur :
— Augmente en nous la foi !
Le Seigneur dit :
— Si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé
vous diriez à ce mûrier :
— Déracine-toi, et transplante-toi dans la mer
et il vous obéirait.
Qui d’entre vous, ayant un serviteur qui laboure ou garde
lui dira à son retour du champ : — Vite, viens te mettre à table ?
Ne lui dira-t-il pas :
— Prépare de quoi souper
puis ceins-toi et sers-moi jusqu’à ce que j’aie mangé et bu
après quoi toi, tu mangeras et boiras ?
A-t-il de la reconnaissance envers ce serviteur, parce qu’il a fait ce qui lui a été ordonné ?
Je ne le pense pas.
Ainsi de vous :
quand vous aurez fait tout ce qui vous a été prescrit, dites :
— Nous sommes des serviteurs inutiles
nous avons fait ce que nous devions faire.
Et il advint que, comme il faisait route vers Jérusalem,
il passait par le milieu de la Samarie et de la Galilée.
Et alors qu’il entrait dans un village
vinrent à sa rencontre dix hommes lépreux
qui se tinrent à distance,
et ils élevèrent la voix en disant :
— Jésus, maître, ayez pitié de nous !
Dès qu'il les vit, il dit :
— Allez vous montrer aux prêtres.
Et il advint que tandis qu'ils y allaient, ils furent purifiés.
L’un d’entre eux, voyant qu’il avait été purifié
revint, glorifiant Dieu à haute voix,
et il tomba sur la face à ses pieds, en rendant grâces.
Et lui c'était un Samaritain !
Prenant la parole, Jésus dit :
— Est-ce que les dix n’ont pas été purifiés ?
Et les neuf autres, où sont-ils ?
Il ne s’est trouvé pour revenir rendre gloire à Dieu
que cet étranger !
Et il lui dit :
— Relève-toi, va car ta foi t’a sauvé !
Interrogé par les Pharisiens :
— Quand vient le royaume de Dieu ?
Leur répondant, il dit :
— Le royaume de Dieu ne vient pas avec observation ;
et ils ne diront pas : — Le voici ou : — Le voilà.
Car voici que le royaume de Dieu est au-dedans de vous.
Et il dit aux disciples :
— Viendront des jours
où vous désirerez voir un seul jour du Fils de l’homme, et vous ne verrez pas.
Si on vous dit : — Le voici ici ! Le voici là !
N’y allez pas, ne les suivez pas.
Car, de même que l’éclair étincelant de sous le ciel illumine ce qui est sous le ciel,
ainsi en sera-t-il du Fils de l’homme en son jour.
Mais d'abord il doit souffrir beaucoup
et être rejeté par cette génération.
Et comme il advint aux jours de Noé
ainsi en sera-t-il encore aux jours du Fils de l’homme.
Ils mangeaient, ils buvaient
ils prenaient femmes, elles étaient données en mariage
jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche
et vint le déluge qui les perdit tous.
Pareillement, comme il advint aux jours de Lot :
on mangeait, on buvait
on achetait, on vendait
on plantait, on bâtissait ;
mais le jour où Lot sortit de Sodome
il tomba du ciel une pluie de feu et de soufre qui les perdit tous.
De même en sera-t-il le jour où le Fils de l’homme se révélera.
En cette heure-là, que celui qui sera sur la terrasse et aura ses affaires dans la maison
ne descende pas pour les prendre
et pareillement, que celui qui sera au champ ne retourne pas en arrière.
Souvenez-vous de la femme de Lot.
Quiconque cherchera à sauver son âme la perdra
et quiconque la perdra la fera vivre.
Je vous dis :
— Cette nuit-là, ils seront deux sur un même lit :
l’un sera pris et l’autre laissé ;
deux femmes moudront ensemble
l’une sera prise et l’autre laissée.
Deux hommes seront dans un champ
l'un sera pris et l'autre laissé.
Et prenant la parole, ils lui disent :
— Où, Seigneur ?
37. Il leur dit :
— Partout où sera le corps, là aussi les aigles se rassembleront.
Et il leur disait une parabole
afin qu'ils prient sans cesse et sans se décourager,
disant :
— Il y avait dans une ville un juge
qui ne craignait pas Dieu et ne respectait aucun homme.
Et il y avait dans cette ville une veuve
et elle venait à lui en disant :
— Venge-moi de mon adversaire.
Et il refusait longtemps.
Après quoi cependant il se dit en lui-même :
— Même si je ne crains pas Dieu et ne respecte pas l'homme,
cependant comme cette veuve me cause de l'ennui, je vais la venger
pour que, sans fin, elle ne vienne m'assommer.
Et le Seigneur dit :
— Écoutez ce que dit le juge d'iniquité.
Et Dieu ne vengerait pas ses élus qui crient vers lui jour et nuit,
lui qui usera de patience envers eux ?
Je vous dis
qu'il les vengera bien vite.
Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, penses-tu qu'il trouvera la foi sur la terre ?
Il dit encore à certains, qui se confiaient en eux-mêmes comme étant justes
et qui méprisaient les autres, la parabole que voici :
— Deux hommes montèrent au temple pour prier,
l’un pharisien et l'autre publicain.
Le Pharisien, debout, priait ainsi en lui-même :
— Ô Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes
rapaces, injustes, adultères
ou encore comme ce publicain.
Je jeûne deux fois la semaine
je donne la dîme de tout ce que je possède.
Le publicain, se tenant au loin,
ne voulait même pas lever les yeux au ciel
mais il se frappait la poitrine en disant :
Dieu, sois propice pour moi, le pécheur !
Je vous dis :
— Celui-ci descendit justifié dans sa maison, non pas comme l'autre :
car tout homme qui s’élève sera humilié
mais celui qui s'humilie sera élevé.
On lui présentait aussi les tout-petits pour qu’il les touchât
ce que voyant, les disciples les menaçaient.
Mais Jésus, les appelant, dit :
— Laissez les enfants venir à moi et ne les en empêchez pas
car c'est à ceux-là qu'appartient le royaume de Dieu.
Amen, je vous dis :
— Quiconque n'accueillera pas le royaume de Dieu comme un enfant n’y entrera pas.
Et un chef l'interrogea en disant :
— Bon Maître, que faire pour posséder la vie éternelle ?
Jésus lui dit :
— Pourquoi me dis-tu bon ?
Nul n’est bon que Dieu seul.
Tu connais les commandements :
Tu ne tueras pas
tu ne commettras pas d'adultère
tu ne feras pas de vol
tu ne diras pas de faux témoignage
honore ton père et ta mère.
Il dit :
— Tout cela, je l'ai observé dès ma jeunesse.
En entendant cela, Jésus lui dit :
— Il y a encore une chose qui te manque :
tout ce que tu as, vends-le et donne-le aux pauvres
et tu auras un trésor dans le ciel
puis viens, suis-moi.
En entendant cela, il fut contristé, car il était fort riche.
En le voyant devenir triste, Jésus dit :
— Combien difficilement ceux qui ont des richesses entreront dans le royaume de Dieu !
Il est plus facile en effet à un chameau de passer par un trou d’aiguille
qu'à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu.
Ceux qui avaient entendu dirent :
— Et qui peut être sauvé ?
Il dit :
— Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu.
Pierre dit :
— Voici, nous avons tout quitté et nous t'avons suivi.
Il leur dit :
— Amen, je vous dis :
Il n'est personne qui laisse maison, ou parents, ou frères, ou femme, ou enfants, à cause du royaume de Dieu,
qui ne reçoive bien davantage en ce temps-ci
et dans le siècle à venir une vie éternelle.
Mais Jésus prit avec lui les Douze, il leur dit :
— Voici que nous montons à Jérusalem
et que va s’accomplir tout ce qui se trouve écrit par les prophètes au sujet du Fils de l’homme.
Car il sera livré aux nations, et moqué, et flagellé, et couvert de crachats ;
et, après l’avoir flagellé, ils le tueront
et le troisième jour il ressuscitera.
Et ils ne comprirent rien à tout cela
et cette parole leur fut cachée
et ils ne comprirent pas ce qui avait été dit.
Or, il advint que comme il approchait de Jéricho
un aveugle était assis au bord du chemin, mendiant.
Et comme il entendait passer une foule
il demanda ce que c’était.
Ils lui dirent que c’était Jésus le Nazaréen qui passait.
Et il s’écria en disant :
— Jésus, Fils de David, aie pitié de moi !
Et ceux qui marchaient devant le menaçaient pour qu'il se taise
mais il criait beaucoup plus :
— Fils de David, aie pitié de moi !
S’arrêtant, Jésus ordonna de le lui amener
et quand il fut près, il l'interrogea :
disant :
— Pour toi, que veux-tu que je fasse ?
Il dit :
— Seigneur, que je voie !
Et Jésus lui dit :
— Recouvre la vue ! Ta foi t’a sauvé.
Et à l’instant il vit, et il le suivait en magnifiant Dieu.
Et tout le peuple, voyant cela, donna louange à Dieu.
Et, entré, il traversait Jéricho.
Et voici un homme du nom de Zachée
et c'était un publicain-chef et il était riche,
et il cherchait à voir Jésus, qui il était
et il ne le pouvait, à cause de la foule, car il était petit de taille.
Et courant en avant, il monta sur un sycomore
pour le voir
car il devait passer par là.
Et quand il fut arrivé en ce lieu
Jésus, levant les yeux, le vit
et lui dit :
— Zachée, hâte-toi de descendre,
car aujourd’hui il faut que je demeure dans ta maison.
Et en se hâtant il descendit et le reçut avec joie.
Ce que voyant, tous murmuraient et disaient :
— Chez un homme pécheur il est allé loger.
Or Zachée, debout, dit au Seigneur :
— Voici, Seigneur, que je donne la moitié de mes biens aux pauvres
et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je lui rends le quadruple.
Jésus lui dit :
— Aujourd’hui cette maison a reçu le salut
parce que celui-ci aussi est un fils d’Abraham.
Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.
Comme ils écoutaient cela,
il dit encore une parabole
parce qu’il était près de Jérusalem
et qu'ils pensaient qu'à l'instant même le royaume de Dieu allait se manifester.
Il dit donc :
— Un homme noble se rendit dans un pays lointain
afin de recevoir un royaume, et de revenir.
Ayant appelé dix de ses serviteurs,
il leur donna dix mines
et leur dit :
— Faites des affaires jusqu’à ce que je revienne.
Or ses concitoyens le haïssaient
et ils envoyèrent derrière lui une ambassade pour dire :
— Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous.
Il advint que, quand il fut de retour après avoir reçu la royauté,
il ordonna d'appeler ces serviteurs auxquels il avait donné l’argent
pour savoir ce que chacun lui avait fait produire.
Vint le premier, disant :
— Seigneur, ta mine, c'est dix mines qu'elle a rapportées.
Et il lui dit :
— C'est bien, bon serviteur
puisque tu as été fidèle en très peu de chose
tu auras pouvoir sur dix villes.
Et vint un autre, en disant :
— Seigneur, ta mine a produit cinq mines.
Il dit aussi à celui-là :
— Et toi, sois à la tête de cinq villes.
Et l'autre vint en disant :
— Seigneur, voici ta mine que j’ai gardée serrée dans un linge.
Car j’avais peur de toi, parce que tu es un homme sévère :
tu prends ce que tu n’as pas déposé
et tu moissonnes ce que tu n'as pas semé.
Il lui dit :
— C'est d'après ta bouche que je te juge, mauvais serviteur !
Tu savais que je suis un homme sévère, prenant ce que je n’ai pas déposé
et moissonnant ce que je n’ai pas semé ;
Pourquoi donc n’as-tu pas donné mon argent à la banque ?
Et moi, en venant, je l’aurais retiré avec un intérêt.
Et à ceux qui se tenaient là, il dit :
— Enlevez-lui la mine
et donnez à celui qui a les dix mines.
Et ils lui dirent :
— Seigneur, il a dix mines !
Mais moi, je vous le dis
que l'on donnera à tout homme qui a
et à celui qui n'a pas
on lui enlèvera même ce qu'il a.
Quant à mes ennemis, ceux qui n’ont pas voulu que je règne sur eux,
amenez-les ici et tuez-les devant moi.
Et ayant dit cela, il marchait en tête, montant à Jérusalem.
Et il advint que, comme il approchait de Bethphagé et de Béthanie, près du mont appelé des Oliviers,
il envoya deux de ses disciples
en disant :
— Allez au village qui est en face :
en y entrant, vous trouverez un ânon attaché
sur lequel aucun homme jamais ne s’est assis
détachez-le et amenez-le.
Et si quelqu’un vous demande :
— Pourquoi le détachez-vous ?
vous lui direz ainsi :
— Parce que le Seigneur désire s'en servir.
Ceux qui avaient été envoyés s'en allèrent
et trouvèrent l'ânon se tenant là comme il leur avait dit.
Tandis qu'ils détachaient l'ânon
ses maîtres leur dirent :
— Pourquoi détachez-vous l'ânon ?
Ils dirent :
— Parce que le Seigneur en a besoin.
Et ils l’amenèrent à Jésus
et, jetant leurs manteaux sur l'ânon,
ils mirent Jésus dessus.
Tandis qu’il avançait, ils étendaient leurs manteaux sur le chemin.
Comme déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers,
toute la foule des disciples, avec joie, commencèrent à louer Dieu d'une voix forte
pour tous les miracles qu’ils avaient vus,
disant :
— Béni celui qui vient, le roi, au nom du Seigneur !
Paix dans le ciel, et gloire au plus haut des cieux !
Et quelques pharisiens de la foule lui dirent :
— Maître, réprimande tes disciples !
Il leur répondit :
— Je vous dis : si ceux-ci se taisent, les pierres crieront.
Et quand il fut proche,
voyant la ville, il pleura sur elle, disant :
— Si tu avais connu, toi aussi
en ce jour tien ce qui était pour ta paix !
Mais non, cela est caché à tes yeux.
Car viendront sur toi des jours
où tes ennemis t'environneront de tranchées
et t’encercleront
et te presseront de toutes parts ;
ils te renverseront par terre, toi
et tes enfants qui sont en toi
et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre
parce que tu n’as pas connu le temps de ta visitation.
Et, entré dans le Temple,
il se mit à chasser ceux qui y vendaient et y achetaient,
leur disant :
— Il est écrit : « Et ma maison est une maison de prière »
mais vous, vous en avez fait une caverne de brigands.
Et il enseignait chaque jour dans le Temple.
Les princes des prêtres et les scribes et les principaux du peuple
cherchaient à le perdre ;
mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient lui faire
car tout le peuple était suspendu à lui en l'écoutant.
Il advint qu'un des jours où il enseignait le peuple dans le Temple et annonçait la bonne nouvelle,
vinrent ensemble les grands prêtres et les scribes avec les anciens,
et ils lui parlèrent en disant :
— Dis-nous, par quel pouvoir tu fais cela ?
ou quel est celui qui t'a donné ce pouvoir ?
Répondant, il leur dit :
— Je vous interrogerai, moi aussi, mais sur une seule chose.
Répondez-moi :
Le baptême de Jean, était-il du ciel ou des hommes ?
Mais ils pensaient entre eux, disant :
— Si nous disons : — Du ciel
il dira : — Pourquoi ne l’avez-vous pas cru ?
Mais si nous disons : — Des hommes,
tout le peuple nous lapidera
car ils sont certains que Jean est un prophète.
Et ils répondirent ne pas savoir d’où il était.
Et Jésus leur dit :
— Moi non plus, je ne vous dis pas par quel pouvoir je fais cela.
Et il commença à dire au peuple la parabole que voici :
— Un homme planta une vigne
puis il la loua à des vignerons
et fut longtemps à l'étranger.
Et le moment venu, il envoya un serviteur aux vignerons
pour qu’ils lui donnent du fruit de la vigne ;
eux, l'ayant battu, le renvoyèrent vide.
Il ajouta d'envoyer un autre serviteur :
celui-ci aussi, l’ayant battu et accablé d'outrages, ils le renvoyèrent vide.
Et il ajouta d'envoyer un troisième :
celui-là aussi, l'ayant blessé, ils le jetèrent dehors.
Le maître de la vigne dit :
— Que faire ?
Je vais envoyer mon fils, le bien-aimé :
peut-être lorsqu'ils le verront, ils le respecteront.
Lorsque les vignerons le virent,
ils réfléchirent entre eux, disant :
— Celui-ci est l’héritier :
tuons-le pour que l’héritage soit à nous.
Et, l'ayant jeté hors de la vigne, ils le tuèrent.
Que leur fera donc le maître de la vigne ?
Il viendra et fera périr ces vignerons
et il donnera la vigne à d’autres.
En entendant cela, ils dirent : — Non jamais !
Mais, les regardant, il dit :
— Qu’est-ce donc que ce qui est écrit :
« La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
c'est elle qui est devenue tête d’angle » ?
Quiconque tombera sur cette pierre sera brisé
et celui sur qui elle tombera, elle le broiera.
Et les princes des prêtres et les scribes cherchaient à mettre la main sur lui en cette heure-là ;
mais ils craignirent le peuple
car ils savaient que c'était à eux qu'il avait dit cette comparaison.
Et, l'ayant épié, ils lui envoyèrent des espions qui jouèrent les justes
pour surprendre de lui une parole
afin de pouvoir le livrer à l’autorité et au pouvoir du gouverneur.
Et ils l’interrogèrent en disant :
— Maître, nous savons que tu parles et enseignes avec droiture
et que tu ne fais acception de personne mais tu enseignes la voie de Dieu en toute vérité.
Nous est-il permis de donner un tribut à César ou non ?
Considérant leur ruse, il leur dit :
— Pourquoi me tentez-vous ?
Montrez-moi un denier.
De qui porte-t-il l'effigie et l'inscription ?
Répondant, ils dirent : — De César.
Et il leur dit :
— Rendez donc ce qui est à César, à César
et ce qui est à Dieu, à Dieu !
Et ils ne purent surprendre sa parole devant le peuple
et, étonnés de sa réponse, ils se turent.
Alors s'approchèrent quelques-uns des sadducéens,
ceux qui nient qu'il y ait une résurrection,
et l'interrogèrent
en disant :
— Maître, Moïse a écrit pour nous :
Si le frère de quelqu’un meurt ayant femme
et qu’il soit sans enfant,
que son frère prenne la femme
et suscite une descendance à son frère.
Il y avait donc sept frères.
Et le premier prit une femme et mourut sans enfant.
Et le deuxième prit la femme, et mourut sans enfant,
et le troisième la prit.
De même aussi tous les sept
et ils n'ont pas laissé de descendance et ils moururent.
Finalement, après eux tous, la femme aussi mourut.
À la résurrection donc, duquel d’entre eux sera-t-elle la femme ?
Car les sept l’ont eue pour femme ?
Et Jésus leur dit :
— Les fils de ce monde épousent et sont épousées ;
mais ceux qui seront jugés dignes de ce monde-là et de la résurrection des morts
n'épouseront ni ne prendront de femmes.
car ils ne peuvent plus mourir :
ils sont en effet égaux des anges, et ils sont fils de Dieu,
étant fils de la résurrection.
Que les morts ressuscitent,
Moïse l’a aussi prouvé au buisson
lorsqu’il appelle le Seigneur :
« le Dieu d’Abraham, et le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob. »
Or il n’est pas Dieu de morts, mais de vivants :
tous, en effet, vivent pour lui.
Prenant la parole, quelques-uns des scribes dirent :
— Maître, tu as bien parlé.
Et ils n’osaient plus l'interroger sur rien.
Il leur dit :
— Comment disent-ils que le Christ est fils de David ?
David lui-même dit, au livre des Psaumes :
— Le Seigneur a dit à mon Seigneur : — Assieds-toi à ma droite,
jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis
un escabeau de tes pieds.
David donc l’appelle Seigneur :
comment alors est-il son fils ?
Comme tout le peuple écoutait, il dit à ses disciples :
— Gardez-vous des scribes, qui veulent marcher en robes longues
et qui aiment les salutations sur les places publiques
et les premiers sièges dans les synagogues
et les premiers divans dans les festins,
eux qui dévorent les maisons des veuves
en feignant de longues prières.
Ceux-là recevront une plus sévère condamnation.
Regardant, il vit ceux qui mettaient leurs offrandes dans le trésor : des riches.
Il vit aussi une veuve indigente
mettant deux petites pièces,
et il dit :
— Vraiment, je vous dis :
Cette veuve, qui est pauvre, a mis plus que tous.
Car toux ceux-là, ont mis pour offrandes de Dieu, de leur superflu ;
mais elle, elle a mis de son indigence même, tout le vivre qu'elle avait.
Car tous ceux-là, ont mis pour offrandes de Dieu, de leur superflu ;
mais elle, elle a mis de son indigence même, tout le vivre qu'elle avait.
Et quelques-uns disaient du Temple qu’il était orné de belles pierres et de dons, il dit :
— De ce que vous voyez
viendront des jours où il ne sera pas laissé pierre sur pierre qui ne soit détruite.
Ils l’interrogèrent en disant :
— Maître, quand ces choses arriveront-elles,
et quel sera le signe
qu'elles commenceront de s'accomplir ?
Il dit :
— Prenez garde d'être séduits.
Car beaucoup viendront sous mon nom, en disant : — Je suis.
et : — Le temps est proche.
Alors n’allez pas derrière eux.
Quand vous entendrez guerres et séditions, ne vous effrayez pas
car il faut que cela arrive d’abord ; mais ce ne sera pas sitôt la fin.
Alors il leur disait :
— Se dressera nation contre nation
et royaume contre royaume.
Il y aura de grands tremblements de terre en divers endroits
et des pestes et des famines
et des terreurs venant du ciel et de grands signes !
Mais, avant tout cela, ils metteront les mains sur vous, et ils vous persécuteront,
vous livrant aux synagogues et aux prisons
vous traînant devant rois et gouverneurs à cause de mon nom.
Or cela vous arrivera en témoignage.
Mettez donc dans vos cœurs
de ne pas méditer d'avance comment vous répondrez.
Car moi je vous donnerai une bouche et une sagesse
à laquelle tous vos adversaires ne pourront résister ni contredire.
Vous serez livrés par vos parents, vos frères, vos proches et vos amis
et ils feront mourir quelques-uns d'entre vous.
Et pas un cheveu de votre tête ne périra.
Par votre patience vous posséderez vos âmes.
Lorsque vous verrez Jérusalem investie par une armée,
alors comprenez que sa désolation est toute proche.
Alors, ceux qui sont dans la Judée, qu'ils fuient dans les montagnes
et ceux qui sont au milieu d'elle, qu'ils s’éloignent
et ceux dans les régions voisines, qu'ils n’y pénètrent pas.
Parce que ce sont des jours de vengeance
où doit s'accomplir tout ce qui a été écrit.
Mais malheureuses celles qui seront enceintes et celles qui allaiteront en ces jours-là
car il y aura grande détresse sur la terre et colère contre ce peuple.
Et ils tomberont par le glaive dévorant
et ils seront emmenés captifs dans toutes les nations
et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations
jusqu’à ce que soient accomplis les temps des nations.
Et il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles
et sur les terres, la détresse des nations
à cause du bruit confus de la mer et et des flots,
tandis que les hommes se dessécheront de frayeur dans l'attente de ce qui doit survenir au monde entier
car les puissances des cieux seront ébranlées.
Et alors ils verront le Fils de l’homme venant dans une nuée
avec une grande puissance et majesté.
Quand cela commencera d'arriver,
regardez et relevez vos têtes
car elle approche, votre rédemption.
Et il leur dit une comparaison :
— Voyez le figuier et tous les arbres.
Lorsque déjà ils produisent du fruit
vous savez que l’été est proche.
De même vous, lorsque vous verrez cela arriver
sachez qu'il est proche, le royaume de Dieu.
Amen, je vous dis
cette génération ne passera pas, jusqu'à ce que toutes ces choses soient accomplies.
Le ciel et la terre passeront
mais mes paroles ne passeront pas.
Prenez garde à vous
de peur que vos cœurs ne s’alourdissent dans la crapule, et l'ivresse, et les soucis de cette vie
et que ce jour-là ne fonde sur vous à l’improviste,
comme un piège ; car il surviendra sur tous ceux qui sont assis sur la face de toute la terre.
Soyez vigilants et priez en tout temps
pour être trouvés dignes d’échapper à tout ce qui doit arriver
et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme.
Les jours, il était dans le Temple à enseigner
mais les nuits, il sortait pour se retirer sur le mont appelé des Oliviers.
Et tout le peuple, de bon matin, venait à lui dans le Temple pour l’écouter.
Or la fête des Azymes, appelée la Pâque, approchait.
Et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment le tuer
mais ils craignaient le peuple.
Satan entra dans Judas, surnommé Iscariote,
l'un des Douze.
et il s’en alla parler avec les grands prêtres et les officiers
sur la manière de le leur livrer.
Et ils se réjouirent et convinrent de lui donner de l’argent.
Et il acquiesça
et il cherchait une occasion favorable pour le leur livrer sans les foules.
Et il acquiesça
et il cherchait une occasion favorable de le leur livrer sans les foules.
Vint le jour des Azymes, où l’on devait sacrifier la Pâque.
Et il envoya Pierre et Jean en disant :
— Allez nous préparer la Pâque pour que nous la mangions.
Ils lui dirent :
— Où veux-tu que nous la préparions ?
Il leur dit :
— Voici qu'à votre entrée dans la ville, un homme portant une cruche d’eau viendra au-devant de vous.
Suivez-le dans la maison où il pénétrera,
et vous direz au père de famille de la maison :
— Le Maître te dit :
— Où est la salle où avec mes disciples je pourrai manger la Pâque ?
Et il vous montrera un grand cénacle meublé ; et là, préparez.
S'en allant donc, ils trouvèrent comme il leur avait dit
et ils préparèrent la Pâque.
Et lorsque l’heure fut venue, il se mit à table, et les douze apôtres avec lui.
Et il leur dit :
— J’ai désiré d'un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir.
Car je vous le dis
je ne la mangerai plus désormais
jusqu’à ce qu’elle soit accomplie dans le royaume de Dieu.
Et, ayant pris le calice, il rendit grâces et dit :
— Prenez et partagez entre vous.
Car, je vous le dis, je ne boirai plus du produit de la vigne
jusqu’à ce que vienne le royaume de Dieu.
Et, ayant pris du pain, il rendit grâces, il le rompit et le leur donna en disant :
— Ceci est mon corps qui est donné pour vous.
Faites ceci en mémoire de moi.
De même, il prit le calice après qu’il eut soupé, disant :
— Ceci est le calice, la nouvelle alliance en mon sang qui est répandu pour vous.
Mais voici que la main de celui qui me livre est avec moi sur la table.
Car le Fils de l’homme s’en va selon ce qui a été établi
mais malheur à cet homme par qui il est livré !
Et ils commencèrent à se demander entre eux qui était parmi eux celui qui allait faire cela.
Survint aussi une dispute parmi eux pour savoir lequel d'entre eux semblait être le plus grand.
Il leur dit :
— Les rois des nations dominent sur elles
et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler bienfaiteurs.
Pour vous il n'en est pas ainsi
mais que le plus grand parmi vous devienne comme le plus jeune
et celui qui gouverne comme celui qui sert.
Qui est en effet le plus grand :
celui qui est à table ou celui qui sert ?
N’est-ce pas celui qui est à table ?
Or, moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert !
Vous êtes, vous, ceux qui sont restés constamment avec moi dans mes tentations ;
et moi, je dispose pour vous d'un royaume comme mon Père en a disposé pour moi
afin que vous mangiez et buviez à ma table dans mon royaume
et que vous siégiez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël.
Et le Seigneur dit :
— Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le froment.
Mais moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas
et toi, quand tu seras converti, affermis tes frères.
Celui-ci lui dit :
— Seigneur, avec toi je suis prêt à aller et en prison et à la mort.
Et [Jésus] dit :
— Je te dis, Pierre :
Un coq ne chantera pas aujourd’hui
que, trois fois, tu n’aies nié me connaître.
Et il leur dit :
— Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni besace, ni sandales
quelque chose vous a-t-il manqué ?
Et ils dirent : — Rien.
Il leur dit :
— Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne
de même aussi celui qui a une besace
et que celui qui n’en a pas vende son manteau pour acheter un glaive.
Car je vous dis :
— Encore ce qui est écrit doit s'accomplir en moi :
Il a été compté avec les méchants.
Aussi bien, ce qui me concerne touche à sa fin.
Mais ils lui dirent :
— Seigneur, voici deux glaives.
Il leur dit :
— Ça suffit.
Et, étant sorti, il se rendit comme de coutume au mont des Oliviers
et les disciples aussi le suivirent.
Et lorsqu'il fut arrivé sur le lieu, il leur dit :
— Priez, pour ne pas entrer en tentation.
Et il s'arracha d’eux à la distance d'un jet de pierre
et, s’étant mis à genoux, il priait
en disant :
— Père, si tu veux, éloigne de moi ce calice.
Pourtant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne.
Et lui apparut un ange du ciel qui le réconfortait
et, entré en agonie, il priait encore plus.
Et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui descendaient jusqu'à terre.
Et lorsqu'il se leva de la prière
et vint vers ses disciples,
il les trouva dormant à cause de leur tristesse,
Et il leur dit :
— Quoi, vous dormez ?
Levez-vous, priez pour ne pas entrer en tentation.
Comme il parlait encore, voici une foule
et le nommé Judas, l'un des Douze, marchait devant eux
et s’approcha de Jésus pour lui donner un baiser.
Jésus lui dit :
— Judas, par un baiser tu livres le Fils de l’homme !
Ceux qui étaient autour de lui, voyant ce qui allait arriver, lui dirent :
— Seigneur, si nous frappions du glaive ?
Et l’un d’eux frappa le serviteur du grand prêtre
et lui coupa son oreille, la droite.
Prenant la parole, Jésus dit :
— Laissez [faire] jusque là !
Et, touchant son oreille, il le guérit.
Et Jésus dit à ceux qui étaient venus contre lui,
grands prêtres, officiers du temple et anciens :
— Comme pour un brigand vous êtes sortis avec glaives et bâtons !
Alors que chaque jour j’étais avec vous dans le Temple
vous n’avez pas mis la main sur moi.
Mais c’est votre heure et le pouvoir des ténèbres.
Se saisissant de lui, ils l’amenèrent dans la maison du grand prêtre.
Or Pierre suivait de loin.
Comme ils avaient allumé un feu au milieu de la cour
et s'étaient assis autour,
Pierre était au milieu d'eux.
Une servante, le voyant assis près de la lumière,
le fixa des yeux et dit :
— Celui-ci était aussi avec lui !
Mais il nia, disant :
— Femme, je ne le connais pas.
Et un peu après, quelqu'un d'autre dit en le voyant :
— Toi aussi, tu en de ces gens-là.
Mais Pierre déclara :
— Ô, Homme, je n’en suis pas.
Et après un intervalle d'environ une heure
un autre affirmait, disant :
— En vérité, celui-ci était aussi avec lui, et d'ailleurs, il est Galiléen.
Mais Pierre dit :
— Homme, je ne sais ce que tu dis.
Et à l’instant même, tandis qu'il parlait encore, chanta un coq.
Et se retournant, le Seigneur fixa Pierre
et Pierre se rappela la parole du Seigneur comme il lui avait dit :
— Avant qu'un coq chante aujourd'hui, tu me renieras trois fois.
Et, sortant dehors, il pleura amèrement.
Et les hommes qui le détenaient le bafouaient en le battant.
Et ils le voilèrent
et le frappaient au visage
et l’interrogeaient en disant :
— Prophétise ! Qui est-ce qui t’a frappé ?
Et blasphémant ainsi, ils disaient beaucoup d'autres choses contre lui.
Et quand il fit jour
se rassemblèrent les anciens du peuple, les princes des prêtres et les scribes
et ils l’emmenèrent dans leur conseil, disant :
— Si tu es le Christ, dis-le nous.
Il leur dit :
— Si je vous le dis, vous ne me croirez pas ;
et si je vous interroge, vous ne me répondrez pas ni me relâcherez.
Désormais le Fils de l’homme sera assis à la droite de la puissance de Dieu.
Ils dirent tous :
— Es-tu donc le Fils de Dieu ?
Il répondit :
— Vous dites que je le suis.
Ils dirent :
— Pourquoi désirons-nous encore un témoignage ?
Car nous-mêmes nous l'avons entendu de sa bouche.
Et toute la multitude s'étant levée
ils l'amenèrent devant Pilate
et ils commençèrent à l’accuser, disant :
— Celui-ci, nous l'avons trouvé renversant notre nation !
Défendant de payer le tribut à César
et se disant être Christ roi !
Pilate l’interrogea, disant :
— Es-tu le roi des Juifs ?
Mais répondant, il déclara :
— Tu le dis.
Pilate dit aux grands prêtres et aux foules :
— Je ne trouve aucun chef d'accusation contre cet homme.
Mais ils insistaient, disant :
— Il soulève le peuple, enseignant à travers toute la Judée
commençant par la Galilée jusqu’ici.
Pilate, entendant « la Galilée »
demanda si l’homme était Galiléen.
Et ayant appris qu’il était de la juridiction d’Hérode
il le renvoya à Hérode
qui était lui aussi à Jérusalem en ces jours-là.
Hérode, en voyant Jésus, se réjouit fort
car, depuis assez longtemps, il désirait le voir
parce qu'il avait entendu dire beaucoup de choses sur lui
et qu'il espérait voir quelque signe accompli par lui.
Il l'interrogeait avec bon nombre de paroles
mais lui ne répondit rien.
Cependant, se tenaient là, les grands prêtres et les scribes l’accusant sans relâche.
Hérode, avec sa troupe, le méprisa et se joua de lui après l'avoir revêtu d'un habit blanc
et il le renvoya à Pilate.
Et Hérode et Pilate devinrent amis en ce jour
car auparavant l'un l'autre étaient ennemis.
Pilate, ayant convoqué les grands prêtres, les magistrats et le peuple,
leur dit :
— Vous m’avez présenté cet homme comme détournant le peuple
et voici que moi, l'interrogeant devant vous,
je n’ai trouvé dans cet homme aucun chef d’inculpation
de ce dont vous l’accusez,
ni Hérode non plus, car je vous ai renvoyés à lui et voilà que rien n'a été fait par lui qui mérite la mort.
Je le relâcherai donc après l’avoir fait châtier.
Or, il était obligé de leur remettre quelqu'un pendant la fête,
tandis que toute la foule ensemble cria disant :
— Enlève-le du monde !
et relâche-nous Barabbas.
(Lequel, à cause d'une sédition survenue dans la ville et d'un meurtre, avait été jeté en prison.)
De nouveau Pilate, qui voulait relâcher Jésus, leur adressa la parole.
Mais eux criaient plus fort, disant :
— Crucifie ! crucifie-le !
Pour la troisième fois, il leur dit :
— Quel mal a donc fait cet homme ?
Je n’ai trouvé en lui aucun motif de mort. Je le châtierai donc et je le relâcherai.
Mais eux insistaient à grandes voix, demandant qu’il fût crucifié
et leurs voix gagnaient en force.
Et Pilate prononça qu’il fût fait droit à leur demande.
Il leur relâcha celui qui, pour meurtre et sédition, avait été jeté en prison,
et qu'ils réclamaient,
mais Jésus, il le livra à leur volonté.
Il leur relâcha celui qui, pour meurtre et sédition, avait été jeté en prison,
et qu'ils réclamaient,
mais Jésus, il le livra à leur volonté.
Et comme ils l'emmenaient, ils saisirent un certain Simon de Cyrène, revenant de la campagne
et le chargèrent de porter la croix derrière Jésus.
Or, une grande foule de peuple et de femmes le suivaient,
se frappant la poitrine et se lamentant sur lui.
Se retournant vers elles, Jésus dit :
— Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi
mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants !
Parce que voici que viendront des jours où l’on dira :
— Heureuses les stériles, et les ventres qui n’ont pas enfanté et les seins qui n’ont point allaité !
Alors on commencera à dire aux montagnes : — Tombez sur nous !
et aux collines : — Couvrez-nous !
Car si l'on fait cela avec le bois vert, que sera-t-il fait au bois sec ?
Ils amenèrent aussi deux autres malfaiteurs pour être exécutés avec lui.
Et après qu’ils furent arrivés au lieu appelé Crâne
ils le crucifièrent
ainsi que les voleurs, l’un à droite, l’autre à gauche.
Jésus disait :
— Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font.
Et, se partageant ses vêtements, ils jetèrent les sorts.
Et le peuple se tenait là, regardant.
Les chefs aussi se moquaient avec eux en disant :
— Il en a sauvé d'autres :
qu’il se sauve lui-même
s’il est, lui, le Christ de Dieu, l’Élu !
Les soldats aussi l'insultaient
s'approchant, ils lui offraient du vinaigre
en disant :
— Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi !
Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui en caractères grecs, latins et hébreux :
« Celui-ci est le roi des Juifs. »
L’un des voleurs qui étaient pendus
blasphémait contre lui, disant :
— Si tu es le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi !
Mais l'autre, prenant la parole, le reprenait, disant :
— Tu ne crains pas Dieu
alors que tu es sous la même condamnation !
Pour nous, c’est justice ;
car nous recevons ce que nos actes méritent,
mais lui n’a rien fait de mal.
Et il disait à Jésus :
— Seigneur, souviens-toi de moi,
quand tu viendras dans ton royaume.
Et Jésus lui dit :
— Amen, je te le dis :
Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le paradis.
C'était environ la sixième heure
et survinrent des ténèbres sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure,
et le soleil fut obscurci,
et le voile du temple fut déchiré par le milieu.
Et criant d’une voix forte, Jésus dit :
— Père, entre tes mains je confie mon esprit.
Ayant dit cela, il expira.
Voyant ce qui était arrivé
le centurion glorifia Dieu en disant :
— Vraiment, cet homme était un juste !
Et toute la foule de ceux qui assistaient à ce spectacle
et qui voyaient ce qui se passait,
s'en retournait en se frappant la poitrine.
Tous ses familiers
ainsi que des femmes qui l’avaient suivi depuis la Galilée
se tenaient au loin, regardant cela.
Et voici un homme, du nom de Joseph, qui était décurion
homme bon et juste,
— celui-ci n’avait donné son accord ni à leur dessein ni à leurs actes ! —
il était d’Arimathie, ville de Judée,
et il attendait lui-même le royaume de Dieu.
Celui-ci vint vers Pilate, et réclama le corps de Jésus ;
Et l'ayant descendu, il l’enveloppa d’un linceul
et le mit dans une tombe taillée dans le roc,
où personne encore n’avait été déposé.
Et c’était un jour de Préparation
et le sabbat commençait à luire.
Les femmes, ayant suivi Joseph,
elles qui étaient venues avec lui depuis la Galilée,
regardèrent le tombeau
et comment son corps y été déposé.
S’en retournant, elles préparèrent des aromates et des parfums.
Et pendant sabbat elles demeurèrent en repos selon le commandement.
Et le premier jour de la semaine, à l'aurore profonde, elles vinrent au tombeau,
apportant les aromates qu’elles avaient préparés.
.
Elles trouvèrent la pierre roulée de devant le tombeau.
Étant entrées, elles ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus.
Et il advint que, comme elles étaient consternées par cela,
voici que deux hommes apparurent auprès d'elles en habits resplendissants.
Tandis que, saisies de crainte, elles baissaient le visage vers la terre, ils leur dirent :
— Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts ?
Il n’est pas ici, mais il est ressuscité.
Souvenez-vous comment il vous a parlé
quand il était encore en Galilée,
disant :
— le Fils de l’homme doit être livré aux mains d’hommes pécheurs et être crucifié
et le troisième jour ressusciter.
Et elles se souvinrent de ses paroles.
Et, revenues du tombeau,
elles annoncèrent tout cela aux Onze et à tous les autres.
C’étaient Marie-Magdeleine, Joanna, Marie de Jacques
et les autres qui étaient avec elles,
qui rapportaient cela aux apôtres.
Mais ces paroles leur parurent comme du délire
et ils ne les croyaient pas.
Or Pierre, se levant, courut au tombeau
et, en se penchant, il ne voit que les linceuls posés seuls
et il s’en alla, s’étonnant en lui-même de ce qui était arrivé.
Voici que, le même jour, deux d'entre eux se rendaient dans un village
située à soixante stades de Jérusalem,
du nom d'« Emmaüs »
et ils causaient entre eux de tout ce qui s'était passé.
Et il advint, comme ils s'entretenaient et discutaient entre eux,
Jésus lui-même, s’étant approché, faisait route avec eux ;
mais leurs yeux étaient retenus, afin qu'ils ne le reconnussent pas.
Il leur dit :
— Quelles sont ces paroles que vous échangez en marchant ?
Et pourquoi êtes-vous tristes ?
Prenant la parole, l’un d’eux, nommé Cléophas, lui dit :
— Tu es bien le seul étranger de Jérusalem
à ne pas savoir ce qui est arrivé ces jours-ci !
Et il leur dit : — Quoi ?
et ils dirent :
— Ce qui concerne Jésus le Nazaréen, qui fut un homme prophète, puissant en œuvre et en parole devant Dieu et tout le peuple ;
comment aussi nos grands prêtres et nos chefs l’ont livré pour une condamnation à mort
et l’ont crucifié.
Nous espérions, nous, que c'était lui qui allait racheter Israël
et cependant, après tout cela, voici déjà le troisième jour que ces choses sont arrivées !
À la vérité, quelques femmes des nôtres nous ont effrayés :
elles furent avant la lumière au tombeau,
et n’ayant pas trouvé son corps, elles vinrent en disant
qu’elles avaient vu des anges, en vision qui disent qu'il est vivant.
Quelques-uns des nôtres sont allés au tombeau
et le trouvèrent tel que les femmes l'avaient dit
mais lui, ils ne le trouvèrent pas.
Et lui leur dit :
— Ô insensés et lents de cœur à croire à tout ce qu’ont dit les prophètes !
Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela
pour entrer ainsi dans sa gloire ?
Et en commençant par Moïse et par tous les prophètes
il leur interprétait dans toutes les Écritures ce qui le concernait.
Ils approchèrent du village où ils se rendaient
et lui feignit d'aller plus loin.
Mais ils le pressèrent en disant :
— Reste avec nous, car le soir vient et le jour est déjà sur son déclin.
Et il entra pour rester avec eux.
Et il advint que, comme il était à table avec eux,
il prit le pain, le bénit, le rompit, et il le leur présentait.
Et leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent
puis il disparut à leurs yeux.
Et ils se dirent l’un à l’autre :
— Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous
tandis qu'il nous parlait en chemin
et nous ouvrait les Écritures ?
Et à l’heure même, se levant ils s'en retournèrent à Jérusalem
et ils trouvèrent réunis les Onze et ceux qui étaient avec eux,
disant :
— C'est bien vrai ! Le Seigneur est ressuscité et il est apparu à Simon.
Et eux racontaient ce qui était arrivé en chemin
et comment ils l'ont reconnu à la fraction du pain.
Or, tandis qu'ils parlent de cela
Jésus se dressa au milieu d'eux et leur dit :
— Paix à vous ! c'est moi, n'ayez pas peur.
Mais eux, troublés et épouvantés
pensaient voir un esprit.
Et il leur dit :
— Pourquoi êtes-vous troublés, et pourquoi ces pensées s'élèvent-elles dans vos cœurs ?
Voyez mes mains et mes pieds : car je suis moi-même !
Touchez-moi et voyez : un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j’ai.
Et lorsqu'il eut dit cela, il leur montra ses mains et ses pieds.
Mais eux, à cause de la joie, ne croyant pas encore, et étant dans l'étonnement
il leur dit :
— Avez-vous ici quelque chose à manger ?
Ils lui offrirent un morceau de poisson grillé
et un rayon de miel.
Et lorsqu'il eut mangé devant eux, prenant les restes, il les leur donna.
Il leur dit :
— Telles sont mes paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous :
Il est nécessaire que s'accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse et les Prophètes, et les Psaumes.
Alors il leur ouvrit l'intelligence pour qu'ils comprissent les Écritures
et il leur dit :
— Ainsi est-il écrit et ainsi était-il opportun que le Christ souffrît et ressuscitât d'entre les morts le troisième jour,
et que fût proclamé en son nom le repentir et la rémission des péchés à toutes les nations
à commencer par Jérusalem.
De cela vous êtes témoins.
Et moi j'envoie sur vous la promesse de mon Père.
Quant à vous, demeurez dans la ville
jusqu’à ce que vous soyez revêtus de puissance d’en haut.
Il les emmena dehors jusque vers Béthanie
et, levant ses mains, il les bénit.
Il advint, comme il les bénissait, qu'il se sépara d’eux
et il était emporté au ciel.
Et eux, l'ayant adoré, retournèrent à Jérusalem en grande joie.
Et ils étaient continuellement dans le temple, louant et bénissant Dieu. Amen.
ICI FINIT L'ÉVANGILE SELON LUC