« Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu... » : difficile de mieux commencer par le commencement que le prologue de ce livre, qui est un des poèmes les plus célèbres de la littérature mondiale ! Tout au long de l'Évangile selon saint Jean, composé dans une prose poétique et rythmique qu'on a comparée aux ondes des vagues de la mer, se cristallisent des formulations si frappantes qu'elles sont passées en proverbes, telles que « L'esprit souffle où il veut » (Jn 3,8)...
Le « Quatrième évangile » est l'évangile de tous les paradoxes : d'abord, il est le seul des quatre à ne jamais employer ni le mot « évangile » ni le verbe qui en dérive. Ensuite, c'est le plus élaboré sur le plan théologique, donc à première vue celui qui interprète le plus les faits. Cependant, sur les plans chronologique et topographique, il est aussi le plus vraisemblable, ne serait-ce que dans son usage constant des Écritures et des grandes liturgies du Temple pour raconter Jésus comme nouveau Moïse et plus que Moïse. C'est, enfin, à la fois le plus tardif (il date de la fin du 1er s.) et le plus originaire : le seul qui se prétende expressément fondé sur un témoignage oculaire !
Arc triomphal intérieur (détail), Basilique de Sant'Apollinare in Classe, Ravenne, Italie © CC BY-SA 4.0
Surnommé « Jean le théologien » depuis l'Antiquité en raison de la profondeur de sa révélation, et pour cette raison symbolisé par l'aigle, oiseau capable de fixer le soleil sans en être aveuglé selon les bestiaires légendaires, le quatrième évangéliste a longtemps été identifié à l'un des Douze, Jean fils de Zébédée. Il pourrait cependant s'agir d'un autre disciple, Jean le Presbytre (c'est-à-dire : l'Ancien, ou le Prêtre), un témoin oculaire, tout proche de Jésus, qui aurait choisi comme sa Mère ou les femmes de son entourage, de se tenir mystiquement et intimement présent à la Tradition de la mémoire sur Jésus dont les apôtres se font propagateurs (cf. Jn 21,23-24).
Jean s'ouvre et se clôt avec des termes propres au langage, intimement liés à la création (Jn 1,2-3) et au Créateur lui-même (Jn 1,1), et en relation avec Jésus (Jn 1,9-14), en particulier dans le livre que nous sommes en train de lire (Jn 21,25). Celui-ci apparaît ainsi comme totalement maîtrisé par son auteur qui intègre constamment sa réflexion au récit qu'il déroule. Ce faisant, en même temps qu'il transmet sa « Vie de Jésus », Jean la met en rapport avec la spéculation juive sur la mystérieuse Parole divine créatrice du cosmos et donatrice de la Torah... Bref, tout en retenant les traits essentiels d'un évangile en tant que « biographie » de Jésus, l’Évangile selon saint Jean, autant et plus que les Synoptiques, narre, au-delà de toute chronique d'une existence singulière, une vie qui se déroule dans le temps mais plonge dans l'éternité (cf. Mt 13,35).
Le simple lecteur d'aujourd'hui qui ouvre le Quatrième évangile s'embarque donc dans une belle aventure de pensée, de langage et... d'amitié ! À partir de ce petit livre, Quelqu'un l'interpelle. Jean dit de Jésus ce qu'aucun autre évangile n'avait encore dit : il pénètre dans son for intérieur comme seul un ami proche peut le faire. Voici le défi : entrer dans cet évangile et le savourer en tant qu'ami de Jésus.
Comme le reste du Nouveau Testament, le texte grec de Jean s’établit avant tout par la comparaison des grands codices des 4e et 5e s.: le Codex Vaticanus, le codex Sinaïticus, et le codex de Bèze gréco-latin. En général semblable au Vaticanus, le Sinaïticus s’avère proche du codex de Bèze pour les sept premiers chapitres de Jean : il représente dans l'ensemble une tradition moins mêlée à celle des autres évangiles que le Vaticanus, et donc un témoin précieux du si particulier « style johannique ».
Avec ceux de Mt, les témoins de Jean sont les papyri du NT les plus nombreux.
Jean compose une « Vie » de Jésus toute orientée vers son dénouement : le récit de la passion (suivi des témoignages sur la résurrection).
Jn se présente explicitement comme un témoignage composé et reçu en vue d'une fin très honnêtement décrite : susciter la foi chez ses lecteurs (Jn 20,30s ; 21,24s). Il atteste l'événement accompli par la venue de Jésus Christ : l'Incarnation du Verbe pour le salut des hommes.
Comme dans les synoptiques, Jésus meurt dans Jn en tant que « roi des Juifs » (Jn 19,3.12-15.19ss).
Le quatrième évangile plonge son lecteur dans une eschatologie déjà en cours de réalisation.
On divise classiquement le Quatrième évangile en deux grandes parties flanquées d'un prologue et d'un épilogue :
Les fêtes juives jouent un rôle révélateur en offrant un cadre signifiant à chaque acte important de Jésus :
Ces quelques indications laissent entrevoir le raffinement de la construction de Jean, qui mérite à elle seule une synthèse : Jean (structure).
Le « style » de Jean est ce qui frappe le plus dans son évangile. Le grec médiocre de Jn conduit certains spécialistes à y voir une traduction de l’araméen, cependant la question du grec koinè sémitisé est très complexe :
Ce trait est aussi présent chez les autres évangélistes, mais il semble systématisé chez Jn :
Jn souligne par deux fois le fait que sous le regard de Dieu, un énonciateur peut en cacher un autre :
Chez Jean, les grands enseignements de Jésus sont structurés par des images frappantes. Comparaisons et paraboles deviennent de véritables allégories (de la lumière et des ténèbres ; de la chair et de l'esprit ; de la vigne, du cep, des sarments et des fruits ; du pasteur, de la porte, du bercail et du troupeau) ; ou encore des énigmes (du corps comme Temple, de l'Esprit comme souffle ; de l'eau comme foi ; de la croix comme vrai serpent d’airain ; de la crucifixion comme élévation…).
L’évangéliste utilise souvent la symbolique des nombres.
Certains chiffres qui ont une valeur symbolique conventionnelle
Moïse, comme tous les prophètes, a été « envoyé » par Dieu pour sauver et guider son peuple (Ex 3,10ss), de même Jésus pour donner la vie aux hommes (Jn 3,17.34 ; 6,29.57 ; 7,29 ; 10,36 ; 17,18). Jésus nomme 26 fois Dieu comme « celui qui [|]'a envoyé » (Jn 4,34 ; 5,23s.30 et passim).
On a proposé que Jn 9,22 ; 12,42 ; 16,2 fassent allusion à une décision des autorités juives prise lors de la rencontre de Jamnia, ce qui situe la composition ultime de Jn après les années 80. Il semble que Jn ait été publié à Éphèse ou à Antioche dans les dernières années du 1er s.
La composition ultime s'appuie vraisemblablement sur des sources plus anciennes (p. ex. Jn 14,2s, proche de 1Th 4,13s, semble attendre un prompt retour du Christ) : on a proposé que Jn s'appuie sur un texte d'origine palestinienne et des environs de l'an 50, en tout cas une compilation de traditions indépendantes de la tradition synoptique.
Le quatrième évangile
Traditionnellement, l'Église reconnaît dans l'apôtre Jean le quatrième évangéliste. L'évangile aurait été rédigé sous le règne de Trajan (98-117)
Irénée disait tenir cette information de son maître. Nombre d'auteurs ecclésiastiques anciens ont répercuté cette identification. Une telle identification est souvent révoquée en doute.
Par ailleurs, assez tôt, on observe une tendance à appeler apôtres toutes les figures chrétiennes primitives. Dès la fin du 2e s.
La tendance à désigner les Écritures, anciennes et nouvelles, comme « les prophètes » et « les apôtres » encourage l'utilisation du terme apôtre pour tout auteur des écrits du Nouveau Testament :
« Pour ceux qui n'avaient pas l'accès d'Irénée à la tradition éphésienne locale, l'idée d'un auteur d'évangile pour qui le désignatif de 'disciple du Seigneur' était plus approprié que celui d' 'apôtre' devait être tout à fait anormale » (, 63). Une fois que le « disciple du Seigneur » fut régulièrement décrit comme un apôtre, l'identification avec le fils de Zébédée était irrésistible.
Parmi près de 20 propositions, certains commentateurs ont évoqué Lazare (habitant près de Jérusalem, possiblement connu du grand prêtre, il est explicitement appelé « celui que tu aimes » Jn 11,3.36), ou même Marie Madeleine ! La plus sérieuse alternative est celle d'un autre Jean que l'apôtre fils de Zébédée.
aurait pu en tirer une conclusion touchant l'origine du livre. En fait, à bien le relire, son témoignage est ambigu.
Au fond, la personne du « disciple que Jésus aimait » reste une énigme historique. Quel qu'il ait été ou quels qu'aient été ses continuateurs (ci-dessous), ce furent des apostolici viri ( DV 18) dignes de foi.
« Les qualifications du disciple bien-aimé pour témoigner de Jésus ont commencé avant que Pierre ne devienne un disciple et son activité de témoignage se poursuivra dans l'avenir, même après que Pierre aura achevé sa vie de disciple. En un sens, elle se poursuivra même jusqu'à la parousie parce qu'elle est incarnée dans son Évangile » (, 392-3 ; , From Tomb to Text : the Body of Jesus in the Book of John. New York : Bloomsbury T&T Clark, 2017).
Au fil des siècles de la Tradition chrétienne, depuis l’âge patristique jusqu’au temps des Réformes, Jean n’a cessé d’être commenté :
La christologie du quatrième évangile a une grande importance sur la théologie chrétienne. (†1202) base en partie sur la promesse johannique du Paraclet son système apocalyptique très populaire. a lui aussi édifié sa théologie spéculative sur son exégèse de l’Evangile de Jean.
Lazare est considéré comme saint chez les orthodoxes et les catholiques. Une église grecque-orthodoxe, par exemple, lui est dédiée au début du 10e s., à Chypre.
L’impact de Jean est profond. Qu’il suffise ici de citer (Canto XXV du Paradis), qui s’élève contre l’idée d’une assomption de Jean (fondée sur Jn 21,20-23 et reprise par In Joannis evangelium tractatus, 124) peut-être par peur d’amoindrir la particularité de l’Assomption de Marie.
Des scènes importantes et des images tirées de l’évangile influencent de nombreux artistes. L’art chrétien antique montre souvent l’influence du quatrième évangile dans les catacombes, sur les sarcophages, avec l’image du Bon Pasteur dans les catacombes de Callixte, par exemple. Des scènes de l’évangile occupent une place prééminente dans la peinture, comme par exemple, La Résurrection de Lazare (1517-1519), de , Le Christ et la samaritaine (ca. 1625), de , ou Le Christ à la piscine de Bezatha (1735-1736) de . Les représentations de la crucifixion de Jésus abondent, et figurent souvent Marie et le disciple bien-aimé au pied de la croix (cf. Jn 19,25ss).
Certains aspects du quatrième évangile appartiennent au vocabulaire courant, comme l’expression « Lazare » pour désigner une personne qui se sent revivre, « Thomas » pour épingler un cynique, ou « changer l’eau en vin » pour marquer une action qui paraît impossible à moins d’un miracle.
ICI COMMENCE L'ÉVANGILE SELON JEAN
Dans le principe était le Verbe
le Verbe était auprès de Dieu
et Dieu le Verbe [l']était.
Il était dans le principe auprès de Dieu.
Tout a été fait par lui
et sans lui rien n'a été fait
de ce qui a été fait.
En lui était la vie
et la vie était la lumière des hommes.
Et la lumière brille dans les ténèbres
et les ténèbres ne l’ont pas saisie.
Advint un homme envoyé de Dieu dont le nom était « Jean » :
lui vint en témoignage
pour témoigner de la lumière
afin que tous vinssent à croire par lui ;
celui-là n'était pas la lumière
mais « pour témoigner de la lumière ».
La lumière, la véritable, qui illumine tout homme était en train de venir dans le monde.
Dans le monde il était et le monde par lui a été fait
et le monde ne l’a pas connu.
Il vint chez lui et les siens ne l’ont pas accueilli.
Mais à tous ceux qui l’ont reçu il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu :
à ceux qui croient en son nom
[eux] qui non des sangs
ni d'un vouloir de chair
ni d'un vouloir d'homme
mais de Dieu sont nés.
Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous
et nous avons vu sa gloire
gloire comme [celle] d'un [Fils] unique engendré du Père, plein de grâce et de vérité.
Jean rend témoignage de lui
et il crie en disant :
— Voici celui dont je vous disais :
— Celui qui doit venir après moi, est avant moi, parce qu’il est plus ancien que moi.
Et de sa plénitude nous avons tous reçu
et grâce pour grâce...
Car la loi fut donnée par Moïse
la grâce et la vérité sont advenues par Jésus-Christ.
Dieu, personne ne l'a jamais vu
le Fils unique engendré, qui est dans le sein du Père, celui-là l'a exposé :
et voici le témoignage de Jean
quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites
pour lui demander : — Qui es-tu ?
Et il confessa et ne nia pas
et il confessa : — Moi, je ne suis pas le Christ.
Ils lui posèrent la question :
— Quoi donc : es-tu Élie, toi ?
Il dit : — Je ne le suis pas.
— Es-tu le Prophète ?
Il répondit : — Non.
Ils lui dirent donc :
— Qui es-tu ? que nous donnions réponse à ceux qui nous ont envoyés.
Que dis-tu de toi-même ?
Il dit : — Moi je suis la « voix de celui qui crie dans le désert :
Rendez droit le chemin du Seigneur »
comme a dit Isaïe le prophète.
Or ceux qu’on avait envoyés étaient [de l'école] des Pharisiens.
Et ils l’interrogèrent et lui dirent :
— Pourquoi donc baptises-tu si tu n'es ni le Christ ni Élie ni le Prophète ?
Et Jean répondit en disant :
— Moi, je baptise dans l’eau.
Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas.
C’est celui qui doit venir après moi,
qui avant moi a été fait,
dont moi, je ne suis pas digne de délier la courroie de la sandale.
Tels sont les faits survenus à Béthanie au-delà du Jourdain où Jean baptisait alors.
Le lendemain, Jean voit Jésus venir vers lui et dit :
— Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde.
C’est celui de qui j’ai dit :
« — Après moi vient un homme qui est advenu avant moi parce qu’avant moi il était. »
Et moi je ne le connaissais pas
mais c’est pour qu’il fût manifesté à Israël
que je suis venu, moi, baptiser dans l’eau.
Et Jean rendit témoignage en disant :
— J’ai vu l’Esprit descendre, comme une colombe, du ciel et il est demeuré sur lui.
Et moi je ne le connaissais pas
mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau, celui-là m’a dit :
— Celui sur lequel tu verras l’Esprit en train de descendre et demeurer sur lui
c’est lui qui baptise dans l’Esprit Saint.
Et moi j’ai vu et j'ai rendu témoignage que c’est lui le Fils de Dieu.
Le lendemain, de nouveau, Jean se tenait là avec deux de ses disciples.
Et regardant Jésus qui passait il dit :
— Voici l’Agneau de Dieu.
Les deux disciples l’entendirent parler et ils suivirent Jésus.
Or se retournant et les voyant marcher à sa suite, Jésus leur dit :
— Que cherchez-vous ?
Et ils lui dirent :
— Rabbi (ce qui traduit se dit « Maître ») où demeures-tu ?
Il leur dit : — Venez et voyez.
Ils vinrent et virent où il demeurait
et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là.
Or c'était environ la dixième heure.
Or André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux qui avaient entendu [la parole] de Jean et l'avaient suivi.
Celui-ci trouve d'abord son frère Simon et lui dit :
— Nous avons trouvé « Messias » , ce qui se traduit « Christ ».
Et il l’amena à Jésus.
Posant alors son regard sur lui, Jésus dit :
— Toi tu es Simon, le fils de Jean :
toi tu t'appelleras « Céphas », ce qui se traduit « Pierre ».
Le lendemain il voulut partir pour la Galilée
et il trouve Philippe et Jésus lui dit :
— Suis-moi.
Philippe était de Bethsaïde, la ville d’André et de Pierre.
Philippe trouve Nathanaël et lui dit :
— Celui dont Moïse a écrit dans la Loi ainsi que les prophètes
nous [l’]avons trouvé : [c’est] Jésus fils de Joseph de Nazareth.
Et Nathanaël lui dit :
— De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ?
Philippe lui dit :
— Viens et vois.
Jésus vit Nathanaël venir vers lui et dit de lui :
— Voici vraiment un Israélite en qui il n’y a pas de fourberie.
Nathanaël lui dit :
— D’où me connais-tu ?
Jésus répondit et lui dit :
— Avant que Philippe t’appelât, quand tu étais sous le figuier je t’ai vu.
Nathanaël lui répondit et dit :
— Rabbi, c'est toi qui es le Fils de Dieu, c'est toi qui es le roi d’Israël.
Jésus répondit et lui dit :
— Parce que je t’ai dit : « — Je t’ai vu sous le figuier », tu crois !
Tu verras de plus grandes choses que celles-là.
Et il lui dit :
— Amen amen je vous dis :
— Vous verrez le ciel ouvert
et les anges de Dieu monter et descendre sur le fils de l’homme.
Le troisième jour il y eut des noces à Cana en Galilée
et la mère de Jésus y était.
Jésus aussi fut invité aux noces avec ses disciples.
Le vin venant à manquer, la mère de Jésus lui dit :
— Ils n’ont pas de vin.
Et Jésus lui dit :
— Qu'en est-il à moi et à toi, femme ?
Mon heure n’est pas encore venue.
Sa mère dit aux serviteurs :
— Tout ce qu’il vous dira, faites-le.
Or il y avait là six jarres de pierre
destinées à la purification des juifs
contenant chacune deux ou trois métrètes.
Jésus leur dit :
— Remplissez d’eau les jarres.
Et ils les remplirent jusqu’au bord.
Puis Jésus leur dit :
— Puisez maintenant et portez-en au maître du festin.
Et ils [en] portèrent.
Quand le maître du festin eut goûté l'eau devenue du vin
et il ne savait pas d’où il était
mais les serviteurs le savaient, eux qui avaient puisé l'eau
le maître du festin appelle l'époux
et lui dit :
— Tout homme sert le bon vin en premier
et lorsqu'ils sont ivres, alors ce qui est mauvais
toi tu as gardé le bon vin jusqu’à présent.
Tel fut le commencement des signes que fit Jésus à Cana en Galilée.
Et il manifesta sa gloire
et ses disciples crurent en lui.
Après cela il descendit à Capharnaüm ainsi que sa mère, ses frères et ses disciples
et ils n’y demeurèrent que peu de jours.
Et la Pâque des Juifs était proche
et Jésus monta à Jérusalem.
Il trouva dans le Temple les marchands de bœufs, de brebis et de colombes
et les changeurs assis.
Et, ayant fait un fouet avec des cordes,
tous il les chassa du Temple :
moutons et bœufs aussi.
Quant aux changeurs, il répandit leur monnaie
et renversa leurs tables.
Et à ceux qui vendaient les colombes il dit :
— Enlevez cela d’ici
ne faites pas de la maison de mon Père une maison de commerce.
Or ses disciples se souvinrent qu’il est écrit :
« Le zèle de ta maison me dévore. »
Les Juifs donc répondirent et lui dirent :
— Quel signe nous montres-tu pour faire cela ?
Jésus répondit et leur dit :
— Détruisez ce temple et en trois jours je le relèverai.
Les Juifs dirent donc :
— En quarante-six ans ce temple a été construit
et toi en trois jours tu le relèveras !
Mais lui parlait du temple de son corps.
Lors donc qu’il ressuscita d’entre les morts
ses disciples se souvinrent qu’il avait dit cela
et ils crurent à l’Écriture et à la parole qu'avait dite Jésus.
Comme il était à Jérusalem pendant la Pâque, pendant la fête
beaucoup crurent en son nom
en voyant de lui les signes qu’il faisait.
Mais Jésus, lui, ne se fiait pas à eux
parce que lui les connaissait tous
et qu'il n’avait pas besoin qu’on lui rendît témoignage au sujet de l'homme
car il savait, lui, ce qu’il y avait en l’homme.
Or il y avait un homme d'entre les Pharisiens, du nom de « Nicodème », notable parmi les juifs.
De nuit, il vint le trouver et lui dit :
— Rabbi, nous savons que c’est de la part de Dieu que tu es venu en maître :
personne, en effet, ne peut les faire ces signes que tu fais
à moins que Dieu n’ait été avec lui.
Jésus répondit et lui dit :
— Amen, amen, je te dis :
— Personne, à moins qu'il ne soit né de nouveau, ne peut voir le royaume de Dieu.
Nicodème lui dit :
— Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ?
Peut-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître ?
Jésus répondit :
— Amen, amen, je te dis :
— Nul, à moins qu'il ne soit rené de l’eau et de l’esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu.
Ce qui est né de la chair est chair
et ce qui est né de l’esprit est esprit.
Ne t’étonne pas de ce que je t’ai dit : « — il faut que vous naissiez de nouveau. »
Le vent souffle où il veut
et tu entends sa voix
mais tu ne sais d’où il vient ni où il va :
ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit.
Nicodème répondit et lui dit :
— Comment cela se peut-il faire ?
Jésus répondit et lui dit :
— Tu es maître d’Israël et tu ignores ces choses !
Amen, amen, je te dis que de ce que nous savons nous parlons
et que de ce que nous avons vu nous témoignons
mais notre témoignage vous ne [le] recevez pas.
Si pour les choses de la terre que je vous ai dites, vous ne croyez pas
comment, quand je vous aurai dit celles du ciel, croirez-vous ?
Et nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel,
le Fils de l’homme qui est dans le ciel.
Et de même que Moïse a élevé le serpent dans le désert
ainsi doit être élevé le Fils de l’homme
afin que tout homme qui croit en lui ne périsse pas
mais ait une vie éternelle.
En effet, Dieu a aimé le monde au point qu’il donnât son Fils unique engendré
de sorte que tout homme qui croit en lui ne périt pas
mais a la vie éternelle.
Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde
mais pour que le monde soit sauvé par lui.
Celui qui croit en lui n'est pas jugé
mais celui qui ne croit pas est déjà jugé
parce qu’il n’a pas cru dans le nom de l'unique engendré, Fils de Dieu.
Or voici quel est le jugement :
La lumière est venue dans le monde
et les hommes ont aimé les ténèbres plus que la lumière
car leurs œuvres étaient mauvaises.
Tout homme, en effet, qui fait le mal hait la lumière
et ne vient pas à la lumière pour que ses œuvres ne soient pas réprouvées.
Mais celui qui fait la vérité vient à la lumière
afin que soient manifestées ses œuvres : que c'est en Dieu qu’elles ont été faites.
Après cela, Jésus vint avec ses disciples en terre de Judée
et là il séjournait avec eux, et il baptisait.
Jean aussi était à baptiser à Énon près de Salim
parce qu’il y avait là beaucoup d’eau :
et les gens se présentaient et étaient baptisés
(Jean, en effet, n’avait pas encore été envoyé en prison.)
Il y eut donc une discussion entre les disciples de Jean et des juifs à propos de la purification.
Et ils vinrent vers Jean et lui dirent :
— Rabbi, celui qui était avec toi au-delà du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage
le voilà qui baptise et tous vont vers lui.
Jean répondit et il dit :
— Un homme ne peut rien recevoir qui ne lui ait été donné du ciel.
Vous-mêmes, vous me rendez témoignage que j’ai dit : « — Je ne suis pas, moi », le Christ
mais « j’ai été envoyé devant lui ».
Celui qui a l’épouse est l’époux
mais l’ami de l’époux qui se tient là et qui l’écoute est ravi de joie à la voix de l’époux.
Cette joie donc est la mienne en plénitude.
Il faut que celui-là croisse et que moi, je diminue.
Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous :
celui qui est de la terre, de la terre est et de la terre parle
celui qui vient du ciel est au-dessus de tous
et ce qu’il a vu et entendu, il en témoigne
et son témoignage personne ne le reçoit ;
qui reçoit son témoignage a marqué d'un sceau que Dieu est vrai.
Celui que Dieu a envoyé parle en effet les paroles de Dieu
car Dieu ne donne pas l’Esprit avec mesure.
Le Père aime le Fils et il a tout donné en sa main.
Qui croit au Fils a la vie éternelle
mais qui est incrédule envers le Fils ne verra pas la vie
bien plus : la colère de Dieu demeure sur lui.
Quand donc Jésus connut que les Pharisiens avaient entendu [dire]
que Jésus faisait plus de disciples et baptisait plus que Jean
(bien qu'à vrai dire Jésus ne baptisât pas, mais ses disciples)
il quitta aussitôt la Judée et retourna en Galilée.
Or il lui fallait traverser la Samarie.
Il vient donc dans une ville de Samarie appelée « Sicar »
près de la terre que Jacob avait donnée à Joseph son fils.
Or là était la source de Jacob.
Jésus donc, fatigué du voyage, s’était assis simplement à la source :
c'était environ la sixième heure.
Une femme vient de Samarie puiser de l’eau.
Jésus lui dit :
— Donne-moi à boire.
Ses disciples étaient déjà partis pour la ville acheter de la nourriture.
Cette femme samaritaine lui dit alors :
— Comment toi, qui es juif, tu me demandes à boire à moi qui suis une femme samaritaine ?
(Les Juifs en effet n’ont pas de relations avec les Samaritains.)
Jésus répondit et lui dit :
— Si tu savais le don de Dieu
et qui est celui qui te dit : « — Donne-moi à boire »
c'est peut-être bien toi qui aurais réclamé de lui et il t'aurait donné de l’eau vive.
La femme lui dit :
— Seigneur, tu n'as rien pour puiser et le puits est profond.
D’où tiens-tu l'eau vive ?
Es-tu plus grand, toi, que notre père Jacob
qui nous a donné ce puits
et lui-même en a bu ainsi que ses fils et ses bêtes ?
Jésus répondit et lui dit :
— Quiconque boit de cette eau aura soif de nouveau
mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai
n’aura plus jamais soif.
Bien plus, l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant en vie éternelle.
La femme lui dit :
— Seigneur, donne-moi cette eau afin que je n’aie plus soif et que je ne vienne plus puiser ici.
Jésus lui dit :
— Va, appelle ton mari et viens ici.
La femme répondit et elle dit :
— Je n’ai pas de mari.
Jésus lui dit :
— Tu as bien dit : « — Je n’ai pas de mari. »
Car tu as eu cinq maris
et maintenant celui que tu as n’est pas [davantage] ton mari
en cela tu as dit vrai.
La femme lui dit :
— Seigneur, je vois que tu es un prophète, toi.
Nos pères, c'est sur cette montagne qu'ils ont adoré
et vous, vous dites : — C’est à Jérusalem, le lieu où il faut adorer...
Jésus lui dit :
— Femme, crois-moi, elle viendra l’heure
où ce n'est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père.
Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas
nous, nous adorons ce que nous connaissons
car le salut vient des Juifs.
Mais elle vient l’heure, et c'est maintenant
où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité
car ce sont de tels adorateurs que cherche le Père.
Dieu est esprit
et ceux qui l’adorent doivent adorer en esprit et vérité.
La femme lui dit :
— Je sais que Messias vient, celui qu’on appelle « Christ »
donc lorsqu'il viendra, celui-là nous annoncera tout.
Jésus lui dit :
— Je le suis moi qui parle avec toi.
Au même instant arrivèrent ses disciples
et ils étaient étonnés de ce qu’il parlait avec une femme.
Cependant aucun ne dit : — Que cherches-tu ? ni : — De quoi parles-tu avec elle ?
La femme laissa donc sa cruche s’en alla à la ville et dit aux hommes :
— Venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j’ai fait.
N'est-ce pas lui le Christ ?
Ils sortirent de la ville et ils venaient vers lui.
Entre-temps ses disciples le priaient en disant :
— Rabbi, mange.
Mais il leur dit :
— Moi, j'ai à manger une nourriture que vous, vous ne connaissez pas.
Les disciples se disaient donc l'un à l'autre :
— Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ?
Jésus leur dit :
— Ma nourriture c'est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé
afin d’accomplir son œuvre.
Ne dites-vous pas, vous : — Encore quatre mois et vient la moisson ?
Voici, je vous dis :
— Levez les yeux et voyez les campagnes : qu'elles sont déjà blanches pour la moisson !
Et le moissonneur reçoit un salaire et recueille du fruit pour une vie éternelle
si bien que le semeur se réjouit autant que le moissonneur.
Car ici se vérifie la parole :
« Autre le semeur, autre le moissonneur ».
Moi, je vous ai envoyés moissonner ce pour quoi vous, vous n’avez pas travaillé :
d’autres ont travaillé
et vous, vous êtes entrés dans leur travail.
De cette ville-là, beaucoup de Samaritains crurent en lui
à cause de la parole de la femme qui témoignait :
« — Il m’a dit tout ce que j’ai fait. »
Donc lorsque les Samaritains vinrent vers lui
ils le prièrent de rester en ce lieu
et il y resta deux jours.
Et en bien plus grand nombre ils crurent à cause de sa parole à lui
et ils disaient à la femme :
— Désormais ce n’est plus à cause de tes dires que nous croyons
car nous avons entendu nous-mêmes et nous savons que celui-ci est vraiment le Sauveur du monde.
Après ces deux jours il sortit de là et alla en Galilée.
(Lui-même, en effet, Jésus avait témoigné qu’un prophète dans sa propre patrie ne jouit pas d'honneur.)
Lorsqu’il vint donc en Galilée
les Galiléens l’accueillirent
ayant vu tout ce qu’il avait fait à Jérusalem au jour de la fête
car eux aussi y étaient allés au jour de la fête.
Il vint donc de nouveau à Cana en Galilée
où il avait fait l’eau vin.
Il y avait un officier du roi dont le fils était malade à Capharnaüm.
Celui-ci, comme il avait entendu que Jésus était venu de Judée en Galilée
vint le trouver, et il le priait de descendre et de guérir son fils
car il était sur le point de mourir.
Jésus donc lui dit :
— Si vous ne voyez signes et prodiges, vous ne croyez pas.
L’officier du roi lui dit :
— Seigneur, descends avant que mon fils meure !
Jésus lui dit :
— Va, ton fils vit.
L'homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et s'en alla.
Comme déjà il descendait,
les serviteurs vinrent à sa rencontre et lui portèrent l'annonce, disant que son fils vivait !
Il leur demanda donc l'heure à laquelle il s’était trouvé mieux
et ils lui dirent :
— Hier à la septième heure la fièvre l’a quitté.
Le père reconnut donc que c’était l'heure même où Jésus lui avait dit : « — Ton fils vit. »
Et il crut, lui et toute sa maison.
Ce fut le second signe que Jésus fit encore
quand il vint de Judée en Galilée.
Après cela une fête des Juifs avait lieu
et Jésus monta à Jérusalem.
Or il y a à Jérusalem près de la Probatique une piscine
qui s’appelle en hébreu « Bethsaïde »
ayant cinq portiques.
Sous ceux-ci gisaient une grande multitude de malades :
aveugles, boiteux, décharnés...
attendant le mouvement de l’eau.
Car un ange du Seigneur descendait à certains moments dans la piscine et agitait l'eau.
Et celui qui y descendait le premier après l’agitation de l’eau était guéri de quelque mal qu'il fût atteint.
Se trouvait là un homme qui était dans son infirmité depuis trente-huit ans.
Jésus, comme il l'avait vu gisant
et avait compris que cela fait très longtemps, lui dit :
— Veux-tu être guéri ?
Le malade lui répondit :
— Seigneur, je n’ai personne
pour me jeter dans la piscine dès que l’eau est agitée
et le temps que moi, j’y aille, un autre descend avant moi.
Jésus lui dit :
— Lève-toi, prends ton grabat et marche !
Et à l’instant l'homme fut guéri :
il prit son grabat et il marchait.
Or ce jour-là était un sabbat.
Les Juifs disaient donc à celui qui avait été guéri :
— C’est le sabbat, il ne t’est pas permis de porter ton grabat.
Il leur répondit :
— Celui qui m’a guéri
c'est lui qui m’a dit : « — Prends ton grabat et marche ! »
Ils lui demandèrent donc :
— Qui est cet homme qui t’a dit : « — Prends ton grabat et marche » ?
Mais celui qui avait été guéri ne savait pas qui c’était.
Jésus en effet s’était dérobé : il y avait foule en cet endroit.
Plus tard Jésus le trouve dans le Temple et il lui dit :
— Te voilà guéri :
ne pèche plus de peur qu’il ne t’arrive quelque chose de pire.
Cet homme s’en alla et annonça aux Juifs que c’était Jésus qui l’a guéri.
C’est pourquoi les Juifs persécutaient Jésus parce qu’il faisait ces choses-là un sabbat.
Mais Jésus leur répondit :
— Mon Père travaille jusqu’à présent et moi aussi je travaille.
Voilà donc pourquoi les Juifs cherchaient d'autant plus à le faire mourir
parce que non seulement il violait le sabbat
mais encore il appelait Dieu « son Père »
se faisant l'égal de Dieu.
Jésus prit donc la parole et leur dit :
— Amen, amen, je vous dis :
— Le Fils ne peut rien faire de lui-même
mais seulement ce qu’il voit faire au Père
car tout ce que fait Celui-là, le Fils aussi le fait pareillement.
Le Père en effet aime le Fils
et lui montre tout ce qu’il fait
et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci pour que vous soyez dans l’étonnement.
De même en effet que le Père ressuscite les morts et fait vivre
ainsi le Fils aussi fait vivre qui il veut.
Car le Père ne juge personne
mais tout le pouvoir de juger, il l'a donné au Fils
afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père.
Qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé.
Amen, amen, je vous dis :
— Celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m’a envoyé
a la vie éternelle
et il ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie.
Amen, amen, je vous dis :
— L’heure vient et c'est maintenant
où les morts entendront la voix du Fils de Dieu
et ceux qui auront entendu vivront.
De même en effet que le Père a la vie en lui-même
ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même.
Et il lui a donné pouvoir aussi de rendre le jugement
parce qu’il est Fils de l’homme.
Ne vous étonnez pas
de ce que l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix
et sortiront :
ceux qui auront fait le bien pour une résurrection de vie
ceux qui auront commis le mal pour une résurrection de jugement.
Je ne peux, moi, rien faire de moi-même.
Selon ce que j’entends, je juge
et mon jugement est juste
parce que je ne cherche pas ma propre volonté
mais la volonté de celui qui m’a envoyé.
Si moi je me rends témoignage à moi-même
mon témoignage n’est pas vrai ;
c'est un autre qui témoigne à mon sujet
et je sais qu'il est vrai, le témoignage qu’il rend à mon sujet :
vous avez envoyé à Jean
et il a rendu témoignage à la vérité !
(Bon, moi, ce n’est pas d’un homme que je reçois le témoignage
mais je dis cela pour vous soyez sauvés.)
Celui-là était la lampe qui brûle et luit
et vous avez voulu vous exciter un moment à sa lumière.
Quant à moi, j’ai un témoignage plus grand que Jean :
en effet, les œuvres que le Père m’a données pour que je les accomplisse
ces œuvres mêmes que je fais rendent témoignage à mon sujet que c’est le Père qui m’a envoyé
et le Père qui m’a envoyé, lui-même m'a rendu témoignage.
Vous n’avez jamais entendu sa voix
ni vu son aspect.
Et vous n’avez pas sa parole demeurant en vous
parce que vous ne croyez pas à celui qu’il a envoyé.
Vous scrutez les Écritures
parce que vous imaginez avoir en elles la vie éternelle :
or ce sont elles qui me rendent témoignage
et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie !
La gloire, ce n'est pas des hommes que je la reçois
mais j'ai compris que l'amour de Dieu, vous ne l’avez pas en vous.
Moi je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ;
si un autre vient en son propre nom, celui-là vous le recevrez.
Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez gloire les uns des autres
et qui ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique ?
Ne pensez pas que ce soit moi qui vous accuserai auprès du Père ;
celui qui vous accuse
c'est Moïse en qui vous, vous espérez :
car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez sans doute aussi :
c'est de moi, en effet, que lui a écrit !
Or si vous ne croyez pas à ses écrits
comment croirez-vous à mes paroles ?
Après cela, Jésus s’en alla de l’autre côté de la mer de Galilée, c'est-à-dire : de Tibériade.
Et une foule nombreuse le suivait,
parce qu’ils voyaient les signes qu’il faisait sur les malades.
Jésus venait de gravir sur la montagne
et il y était assis en compagnie de ses disciples.
Or la Pâque, la fête des Juifs approchait.
Jésus donc, comme il avait levé les yeux
et avait vu qu’une foule énorme vient à lui
dit à Philippe :
— D'où obtiendrons-nous des pains pour qu'ils aient à manger ?
Il disait cela pour l’éprouver
car il savait, lui, ce qu’il allait faire.
Philippe lui répondit :
— Deux cents deniers de pains ne suffiraient pas
pour que chacun en reçût un peu !
Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit :
— Il y a ici un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons...
mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ?
Jésus dit donc :
— Faites s'étendre les gens.
Il y avait beaucoup d’herbe en ce lieu :
les hommes s’étendirent donc, au nombre d’environ cinq mille.
Jésus prit donc les pains
et comme il avait rendu grâces, il les distribua à ceux qui étaient étendus ;
pareillement aussi pour les poissons, autant qu’ils en voulaient.
Lorsqu’ils furent repus, il dit à ses disciples :
— Ramassez les morceaux qui sont restés, afin que rien ne se perde.
Ils les ramassèrent donc et remplirent douze corbeilles des morceaux
des cinq pains d’orge
qui étaient restés à ceux qui avaient mangé.
Ces hommes, comme ils avaient vu le signe qu'il avait fait, disaient :
— que c'est vraiment lui, le prophète qui doit venir dans le monde !
Jésus donc, comme il avait compris qu’ils étaient sur le point de venir l’enlever et le faire roi,
s'enfuit de nouveau, tout seul, dans
la montagne.
Lorsque le soir fut venu
ses disciples descendirent à la mer.
Et, comme ils étaient montés dans une barque
ils allèrent à travers la mer vers Capharnaüm.
Or les ténèbres étaient déjà arrivées
et Jésus n'était pas venu à eux.
Cependant la mer commençait à s'agiter sous le grand vent qui soufflait.
Alors qu'ils avaient donc ramé environ vingt-cinq à trente stades
ils voient Jésus marchant sur la mer
et se rapprocher de la barque, et ils eurent peur.
Mais il leur dit :
— Moi je suis, n'ayez pas peur !
Ils voulurent donc le prendre dans la barque
et aussitôt la barque toucha terre là où ils allaient.
Le jour suivant, la foule qui était restée de l’autre côté de la mer
vit qu’il n’y avait eu qu'une seule barque.
Or Jésus n’était pas monté dans la barque avec ses disciples
mais seuls ses disciples étaient partis.
Cependant vinrent d’autres barques de Tibériade
près du lieu où ils avaient mangé le pain après que le Seigneur avait rendu grâces.
La foule donc, comme elle avait vu que Jésus n’était pas là ni ses disciples
ils montèrent dans les barques et vinrent à Capharnaüm, cherchant Jésus.
Et, l’ayant trouvé de l’autre côté de la mer, ils lui dirent :
— Rabbi, quand es-tu arrivé ici ?
Jésus leur répondit et il dit :
— Amen, amen, je vous dis :
— vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes
mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés.
Produisez, non la nourriture qui se perd
mais [celle] qui demeure pour la vie éternelle :
celle que le Fils de l’homme vous donnera.
C’est lui, en effet, que le Père, Dieu même, a marqué d’un sceau.
Ils lui dirent donc :
— Que ferons-nous pour faire les œuvres de Dieu ?
Jésus répondit et leur dit :
— L'œuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé.
Ils lui dirent donc :
— Quel signe fais-tu donc afin que nous voyions et que nous te croyions ?
Quelle œuvre accomplis-tu ?
Nos pères ont mangé la manne dans le désert ainsi qu’il est écrit :
« Il leur a donné à manger un pain [venu] du ciel. »
Jésus leur dit donc :
— Amen, amen, je vous dis :
— Ce n'est pas Moïse qui vous a donné « le pain du ciel »
mais c’est mon Père qui vous donne « le pain du ciel », le véritable.
Car le pain de Dieu c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde.
Ils lui dirent donc :
— Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là !
Jésus leur dit :
— Moi, je suis le pain de la vie :
celui qui vient à moi n’aura pas faim
et celui qui croit en moi n’aura jamais soif
mais je vous ai dit : — que vous avez beau m'avoir vu vous-mêmes vous ne croyez pas.
Tout ce que le Père me donne viendra à moi
et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors.
Car si je suis descendu du ciel, ce n'est pas pour faire ma volonté
mais la volonté de celui qui m’a envoyé.
Or la volonté du Père qui m’a envoyé
c'est que de tout ce qu'il m'a donné, je ne perde rien
mais que je le ressuscite au dernier jour.
Car la volonté de mon Père qui m’a envoyé
c'est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle
et moi je le ressusciterai au dernier jour.
Les Juifs murmuraient donc à son sujet
parce qu’il avait dit : « — Moi je suis le pain qui est descendu du ciel ».
Et ils disaient :
— Celui-ci n’est-il pas Jésus le fils de Joseph
dont nous connaissons bien le père et la mère ?
Comment celui-ci peut-il donc dire : « — Je suis descendu du ciel » ?
Jésus donc répondit et leur dit :
— Ne murmurez pas entre vous.
Nul ne peut venir à moi
si le Père qui m’a envoyé ne l’attire
et moi je le ressusciterai au dernier jour.
Il est écrit dans les prophètes :
« Et tous seront instruits par Dieu. »
Quiconque a entendu du Père et a appris vient à moi.
Non que personne ait jamais vu le Père
sinon celui qui est de Dieu : celui-là a vu le Père.
Amen, amen, je vous dis :
— Celui qui croit en moi a la vie éternelle.
Moi je suis le pain de vie.
Vos pères ont mangé la manne dans le désert et ils sont morts.
Tel est le pain qui descend du ciel
que si quelqu'un en a mangé il ne meure pas.
Moi, je suis le pain vivant qui suis descendu du ciel.
Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement
et le pain que moi je donnerai c'est ma chair pour la vie du monde.
Les Juifs donc se disputaient entre eux en disant :
— Comment peut-il, celui-ci, nous donner sa chair à manger ?
Jésus leur dit donc :
— Amen, amen, je vous dis :
— Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme et ne buvez pas son sang,
vous n'avez pas la vie en vous-mêmes.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang
a la vie éternelle
et moi je le ressusciterai au dernier jour.
Car ma chair est vraiment nourriture
et mon sang est vraiment boisson.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang
demeure en moi et moi en lui.
Comme le Père qui est vivant m'a envoyé et que moi je vis à cause du Père
ainsi celui qui me mange vivra lui aussi à cause de moi.
Tel est le pain qui est descendu du ciel :
il n'est pas comme la manne qu'ont mangée vos pères et ils sont morts
celui qui mange ce pain vivra éternellement.
Il dit ces choses dans une synagogue en enseignant à Capharnaüm.
Beaucoup de ses disciples, ayant entendu, dirent donc :
— Cette parole est dure.
Qui peut l'entendre ?
Mais Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce sujet, leur dit :
— Cela vous scandalise ?
Si donc vous voyiez le Fils de l'homme monter là où il était auparavant !
C'est l'Esprit qui vivifie ;
la chair, elle, ne sert de rien.
Les paroles que moi je vous ai dites sont esprit et elles sont vie.
Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas.
Jésus savait en effet dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas
et qui était celui qui le livrerait.
Et il disait :
— C'est pourquoi je vous ai dit
que « nul ne peut venir à moi
si [cela] ne lui a été donné par mon Père ».
Dès lors, beaucoup de ses disciples se retirèrent
et ils ne marchaient plus avec lui.
Jésus dit donc aux douze :
— Est-ce que vous aussi vous voulez vous en aller ?
Simon-Pierre lui répondit :
— Seigneur, à qui irions-nous ?
Tu as les paroles de la vie éternelle.
Et nous, nous avons cru et nous avons connu que toi tu es le Christ, le Fils de Dieu.
Jésus leur répondit :
— N'est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les douze ?
Et l'un de vous est un diable.
72. Il parlait de Judas, [fils] de Simon Iscariote
car c’était lui qui devait le livrer
quoiqu'il fût l’un des douze.
Après cela, Jésus circulait en Galilée :
il ne voulait pas, en effet, circuler en Judée
parce que les Juifs cherchaient à le tuer.
Or la fête des Juifs des Tentes était proche.
Ses frères vinrent alors lui dire :
— Pars d’ici et va en Judée
afin que tes disciples aussi voient les œuvres que tu fais.
Car personne ne fait une chose en secret
lorsqu’il cherche à paraître.
Si tu fais ces choses, manifeste-toi au monde.
(En effet, pas même ses frères ne croyaient en lui.)
Jésus leur dit alors :
— Mon temps n’est pas encore venu
mais votre temps à vous est toujours prêt.
Le monde ne peut pas vous haïr
mais moi il me hait
parce que moi je rends de lui le témoignage que ses œuvres sont mauvaises.
Vous, montez à cette fête.
Moi je ne monte pas à cette fête
parce que mon temps n’est pas encore accompli.
Ayant dit cela, lui-même resta en Galilée.
Mais lorsque ses frères montèrent
alors il monta lui aussi à la fête
non pas publiquement mais presque en secret.
Les Juifs donc le cherchaient durant la fête et disaient :
— Où est-il ?
Et il y avait beaucoup de murmures dans la foule à son sujet.
Les uns disaient : — C’est un homme de bien
les autres disaient : — Non
mais il séduit les foules !
Cependant personne ne parlait de lui ouvertement par peur des Juifs.
Or comme on était déjà au milieu de la fête,
Jésus monta au Temple et il enseignait
et les Juifs s'étonnaient en disant :
— Comment connaît-il les lettres, alors qu'il n'a pas étudié ?
Et Jésus leur répondit et il dit :
— Ma doctrine n’est pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé ;
et l'homme qui voudra faire sa volonté
il comprendra ce qu'il en est de la doctrine : si elle est de Dieu ou si c'est moi qui parle de moi-même.
Celui qui parle de lui-même cherche sa propre gloire
mais celui qui cherche la gloire de celui qui l’a envoyé
celui-là est vrai et il n’y a pas d'injustice en lui.
Moïse ne vous a-t-il pas donné la Loi ?
Et aucun d'entre vous ne pratique la loi.
Pourquoi cherchez-vous à me tuer ?
La foule répondit et dit :
— Tu as un démon.
Qui cherche à te tuer ?
Jésus répondit et leur dit :
— J’ai fait une seule œuvre et tous vous en êtes étonnés ?
C'est pour cela que Moïse vous a donné la circoncision
(non qu’elle vienne de Moïse, d'ailleurs, mais des Pères)
et le jour du sabbat vous circoncisez un homme ;
si un homme reçoit la circoncision [même] un jour de sabbat pour que ne soit pas violée la loi de Moïse
[allez-]vous contre moi vous indigner parce que j’ai guéri un homme tout entier un jour de sabbat ?
Cessez de juger sur l’apparence
mais jugez d'un juste jugement !
Certains de Jérusalem disaient donc :
— N’est-ce pas là celui qu’ils cherchent à tuer ?
Et voici qu'il parle ouvertement et ils ne lui disent rien.
Est-ce que vraiment les princes auraient reconnu qu’il est le Christ ?
Mais celui-ci, nous savons d’où il est :
or, quand le Christ viendra, personne ne saura d’où il est.
Jésus criait donc en enseignant dans le Temple, disant :
— Vous me savez et vous savez d’où je suis ?
Et pourtant ce n’est pas de moi-même que je suis venu
mais il est véridique, celui qui m’a envoyé
et que vous ne savez pas !
Moi, je le connais parce que je suis de lui et c’est lui qui m’a envoyé.
Ils cherchaient donc à l'appréhender
et personne ne mit la main sur lui
parce que son heure n’était pas encore venue.
Mais parmi la foule beaucoup crurent en lui et ils disaient :
— Quand le Christ viendra, fera-t-il plus de signes que n’en fait celui-ci ?
Les Pharisiens entendirent la foule murmurer de la sorte à son sujet
et les chefs et les Pharisiens envoyèrent des serviteurs pour l’appréhender.
Jésus dit donc :
— Encore un peu de temps je suis avec vous
et je m’en vais vers celui qui m’a envoyé.
Vous me chercherez et vous ne trouverez pas
et où je suis, moi, vous, vous ne pouvez venir.
Les Juifs se dirent donc entre eux :
— Où doit-il aller, celui-là, que nous ne le trouverons pas ?
Doit-il aller vers ceux qui sont dispersés parmi les nations pour instruire les nations ?
Que signifie cette parole qu’il a dite : « — Vous me chercherez et vous ne trouverez pas »
et « où je suis, moi, vous ne pouvez venir » ?
Le dernier [jour] de la fête, le grand jour
Jésus se tenait debout et il criait en disant :
— Si quelqu’un a soif, qu’il vienne vers moi et que boive
celui qui croit en moi ! Comme a dit l’Écriture :
« — De son ventre couleront des fleuves d’eau vive. »
Il dit cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui
car l'Esprit n'avait pas encore été donné
parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié.
De la foule donc quelques-uns de ceux qui avaient entendu ses paroles disaient :
— C'est vraiment lui le Prophète !
D’autres disaient :
— Celui-ci est le Christ.
Certains disaient :
— Est-ce bien de Galilée que vient le Christ ?
L’Écriture ne dit-elle pas
que c’est de la semence de David et de Bethléem, le bourg où était David, que vient le Christ ?
Il y eut donc une division dans la foule à cause de lui.
Certains d'entre eux voulaient l’appréhender
mais personne ne mit la main sur lui.
Les serviteurs vinrent donc auprès des grands prêtres et les Pharisiens
qui leur dirent :
— Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ?
Les serviteurs répondirent :
— Jamais homme n’a parlé comme cet homme.
Les Pharisiens leur répondirent donc :
— Est-ce que vous aussi vous avez été séduits ?
Y a-t-il quelqu’un parmi les chefs qui ait cru en lui ? Ou parmi les Pharisiens ?
Mais cette foule qui ne connaît pas la Loi, ce sont des maudits !
Nicodème, qui était l’un d’entre eux, celui qui était venu de nuit vers lui, leur dit :
— Notre loi juge-t-elle un homme
sans l'avoir d’abord entendu et sans connaître ce qu’il fait ?
Ils lui répondirent et lui dirent :
— Toi aussi, es-tu de Galilée ?
Scrute les Écritures, et tu verras que de Galilée ne surgit de prophète.
Et ils s’en retournèrent chacun dans sa maison.
Quant à Jésus, il s’en alla sur le mont des Oliviers.
À l'aube il vint de nouveau dans le Temple.
Et tout le peuple vint à lui
et, s’étant assis, il les enseignait.
Mais les scribes et les Pharisiens lui amènent une femme surprise en adultère
et ils la placèrent au milieu.
Ils lui dirent :
— Maître, cette femme vient d'être surprise en adultère.
Or dans la Loi Moïse nous a ordonné de lapider celles-là.
Toi, donc, que dis-tu ?
Or ils disaient cela pour l'éprouver afin de pouvoir l’accuser,
Mais Jésus se penchant vers le bas, écrivait du doigt sur la terre, ...
Comme ils persistaient à l’interroger
il se redressa et leur dit :
— Qui d'entre vous est sans péché
soit le premier contre elle à lancer la pierre !
Et de nouveau, se penchant, il écrivait sur le sol ...
Entendant, ils se retiraient l'un après l'autre
commençant par les plus anciens
et il resta seul, ainsi que la femme debout au milieu.
Se redressant, Jésus lui dit :
— Femme, où sont-ils ?
Personne ne t’a condamnée ?
Elle dit :
— Personne, Seigneur.
Et Jésus dit :
— Je ne te condamnerai pas non plus.
Va, et désormais ne pèche plus.
Et Jésus leur adressa de nouveau la parole, en disant :
— Je suis la lumière du monde.
Qui se met à ma suite
ne marchera pas dans les ténèbres
mais aura la lumière de la vie.
Les Pharisiens lui dirent donc :
— Toi tu te rends témoignage à toi-même :
ton témoignage n’est pas vrai.
Jésus répondit et leur dit :
— Même si moi, je me rends témoignage à moi-même
mon témoignage est vrai
parce que je sais d’où je suis venu et où je vais
mais vous, vous ne savez pas d’où je viens ni où je vais.
Vous jugez selon la chair,
moi, je ne juge personne.
Et si moi je juge, mon jugement est vrai
parce que je ne suis pas seul
mais [il y a] moi, et celui qui m’a envoyé, le Père.
Et dans votre Loi il est écrit
que « le témoignage de deux hommes est vrai. »
Moi je suis celui qui rends témoignage à moi-même ;
me rend témoignage aussi celui qui m’a envoyé : le Père.
Ils lui dirent alors :
— Où est ton Père ?
Jésus répondit :
— Vous ne connaissez ni moi ni mon Père
si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père.
Ces paroles, il les prononça dans le Trésor, enseignant dans le Temple
et personne ne l'appréhenda parce que son heure n’était pas encore venue.
Jésus leur dit alors de nouveau :
— Moi je m’en vais et vous me chercherez
et vous allez mourir dans votre péché :
là où je vais, vous, vous ne pouvez venir.
Les Juifs disaient donc :
— Va-t-il se tuer lui-même
puisqu’il dit : « — Là où je vais, vous, vous ne pouvez venir » ?
Et il leur disait :
— Vous, vous êtes d’en bas, moi, je suis d’en haut.
Vous, vous êtes de ce monde
moi, je ne suis pas de ce monde.
Voilà pourquoi je vous ai dit que « vous allez mourir dans vos péchés »
en effet, si vous ne croyez pas que moi je suis
vous allez mourir dans vos péchés.
Ils lui disaient donc :
— Toi, qui es-tu ?
Jésus leur dit :
— Le Principe, moi qui vous parle !
J’ai beaucoup de choses à dire sur vous et à juger
mais celui qui m’a envoyé est vrai
et moi, ce que j’ai entendu de lui, je le dis dans le monde.
Ils ne comprirent pas qu’il leur parlait du Père.
Jésus reprit :
— Quand vous élèverez le Fils de l’homme
c'est alors que vous comprendrez que moi je suis
et que de moi-même je ne fais rien ;
bien au contraire, comme effectivement le Père m’a enseigné,
je dis cela.
Celui qui m’a envoyé est avec moi :
il ne m’a pas laissé tout seul
car c’est son bon plaisir que j’accomplis toujours.
Comme il était en train de dire cela, beaucoup crurent en lui.
Jésus disait donc aux Juifs qui l'avaient cru :
— Si vous, vous demeurez dans ma parole
vous serez vraiment mes disciples.
Vous connaîtrez la vérité
et la vérité vous libérera.
Ils lui répondirent :
— Nous sommes semence d’Abraham
et de personne n’avons jamais été esclaves ;
comment peux-tu dire, toi : — Vous serez libres ?
Jésus leur répondit :
— Amen, amen, je vous dis que
quiconque fait le péché est esclave du péché.
Or l'esclave ne va pas demeurer à la maison à jamais ;
c'est le fils qui demeure à jamais !
Donc si le Fils vous libère vous serez vraiment libres.
Je sais que vous êtes fils d’Abraham
mais vous cherchez à me tuer
parce que ma parole ne prend pas en vous.
Moi, ce que j’ai vu auprès du Père, je [le] dis.
Et vous, ce que vous avez vu auprès de votre père, vous [le] faites.
Ils répondirent et lui dirent :
— Notre père est Abraham !
Jésus leur dit :
— Si vous êtes fils d’Abraham, faites les œuvres d’Abraham ;
or maintenant vous cherchez à me tuer : moi, un homme qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu !
Cela, Abraham ne l'a pas fait.
Vous, vous faites les œuvres de votre père.
Ils lui dirent donc :
— Nous, ce n'est pas de prostitution que nous sommes nés :
nous avons un seul Père, Dieu !
Jésus donc leur dit :
— Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez assurément
moi, en effet, c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens
ce n'est pas de moi-même que je suis venu, en effet, mais Celui-là m’a envoyé.
Pourquoi ne connaissez-vous pas mon langage ?
Parce que vous ne pouvez entendre ma parole.
Vous, vous êtes du diable, votre père
et vous voulez accomplir les désirs de votre père :
il était homicide depuis le début
et dans la vérité, il n’a pas tenu ferme
parce qu'il n’y a pas de vérité en lui ;
lorsqu’il parle, c’est le mensonge qu’il profère de son propre fonds,
car il est menteur et en est le père.
Quant à moi, parce que je dis la vérité vous ne me croyez pas ;
qui parmi vous me convainc de péché ?
Si je dis la vérité, pourquoi vous, ne me croyez-vous pas ?
Qui est de Dieu entend les paroles de Dieu ;
c'est pour cela que vous, vous n'entendez pas : parce que vous n'êtes pas de Dieu !
Les Juifs répondirent donc et lui dirent :
— N’avons-nous pas raison, nous, de dire que tu es un Samaritain et que tu as un démon ?
Jésus répondit :
— Moi, je n’ai pas de démon
mais j’honore mon Père et vous, vous me déshonorez.
Pour moi, je ne cherche pas ma gloire :
il en est un qui la cherche et qui juge.
Amen, amen, je vous dis :
— Si quelqu'un a gardé ma parole, la mort
il ne la verra jamais.
Les Juifs donc dirent :
— Maintenant nous connaissons que tu as un démon :
Abraham est mort, les prophètes aussi
et toi, tu dis : — « Si quelqu’un garde ma parole », il ne goûtera jamais la mort !
Es-tu plus grand que notre père Abraham, qui est mort ?
Les prophètes aussi sont morts :
qui te fais-tu toi-même ?
Jésus répondit :
— Si moi je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien :
c’est mon Père qui me glorifie
lui dont vous dites qu'il est notre Dieu
alors que vous ne le reconnaissez pas
tandis que moi, je le connais
et si je dis que je ne le sais pas, je serai semblable à vous : menteur ;
mais je le sais
et sa parole, je la garde.
Abraham votre père a exulté de ce qu'il verrait mon jour :
et il l’a vu et il s’est réjoui !
Les Juifs lui dirent donc :
— Tu n’as pas encore cinquante ans et tu as vu Abraham ?
Jésus leur dit :
— Amen, amen, je vous dis :
— Avant qu’Abraham advînt, moi je suis.
Ils ramassèrent alors des pierres pour les lui jeter
mais Jésus se cacha et sortit du Temple.
.
Et en passant il vit un homme aveugle de naissance.
Ses disciples l'interrogèrent :
— Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ?
Jésus répondit :
— Ni lui n'a péché ni ses parents
mais c’est pour que soient manifestées les œuvres de Dieu en lui.
Il me faut travailler aux œuvres de celui qui m’a envoyé aussi longtemps qu’il fera jour ;
la nuit va venir où personne ne pourra travailler.
Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde.
Là-dessus, il cracha à terre et fit de la boue avec la salive
puis il appliqua la boue sur ses yeux
et lui dit :
— Va, lave-toi à la piscine de Siloé (ce qu’on traduit par « Envoyé »).
Il partit donc et se lava et revint voyant !
Aussitôt les voisins et tous ceux qui jusque-là avaient bien vu qu’il mendiait s’écrièrent :
— N’est-ce pas lui qui était assis à demander l’aumône ?
Les uns disaient que « c'est bien lui ! »
les autres, en revanche : « En aucun cas ! mais quelqu’un qui lui ressemble ! »
Quant à lui, il disait que « c’est moi ! »
Ils lui dirent donc :
— Comment tes yeux se sont-ils ouverts ?
Il répondit :
— Cet homme qu’on appelle « Jésus »
a fait de la boue et en a oint mes yeux et m’a dit :
— Va à la piscine de Siloe et lave-toi !
Et j'y suis allé et me suis lavé et je vois.
Ils lui dirent : — Où est-il ?
Il leur dit : — Je l'ignore.
Ils l'amenèrent aux Pharisiens, lui qui avait été aveugle.
Or c’était un sabbat, quand Jésus fit de la boue et ouvrit ses yeux.
De nouveau donc les Pharisiens l'interrogeaient : « comment s'était-il mis à voir ? »
Il leur dit :
— Il m'a enduit de boue les yeux et je me suis lavé et je vois.
Quelques-uns parmi les Pharisiens disaient donc :
— Cet homme n’est pas de Dieu puisqu’il ne garde pas le sabbat.
D’autres disaient :
— Comment un homme pécheur peut-il faire de tels signes ?
Et il y avait division parmi eux.
Ils dirent donc de nouveau à l’aveugle :
— Et toi que dis-tu de celui qui t’a ouvert les yeux ?
Il répartit :
— Que c’est un prophète !
Les Juifs donc ne crurent pas à son sujet qu'il eût été aveugle ni qu’il se fût mis à voir
jusqu’à ce qu’ils eussent convoqué les parents de celui qui s'était mis à voir.
Et ils les interrogèrent en disant :
— Est-ce là votre fils, dont vous dites, vous, qu'il est né aveugle ?
Comment donc voit-il maintenant ?
Ses parents leur répondirent et ils dirent :
— Nous savons que c'est bien notre fils, lui
et qu’il est né aveugle.
Mais comment voit-il à présent ? Nous ne le savons pas.
Ou qui lui a ouvert les yeux ? Nous, nous ne le savons pas.
Interrogez-le lui-même : il a l'âge, qu'il parle pour lui-même.
Ses parents dirent cela parce qu’ils craignaient les Juifs :
déjà, en effet, les Juifs avaient convenu
que si quelqu'un le confessait comme Christ, il serait exclu de la synagogue.
C’est pourquoi ses parents dirent : qu' « il a l’âge, interrogez-le ».
Ils appelèrent donc une seconde fois l’homme qui avait été aveugle et lui dirent :
— Rends gloire à Dieu :
nous savons, nous, que cet homme est un pécheur !
Celui-ci dit alors :
— S’il est pécheur, je ne sais pas ;
Je sais une chose : c’est qu'alors que j’étais aveugle, à présent je vois !
Ils lui dirent alors :
— Qu’est-ce qu’il t’a fait ?
Comment t’a-t-il ouvert les yeux ?
Il leur répondit :
— Je vous l’ai déjà dit et vous l'avez entendu :
à quoi bon vouloir de nouveau l’entendre ?
Est-ce que vous aussi vous voulez devenir ses disciples ?
Ils l’injurièrent et dirent :
— C’est toi, le disciple de cet homme
nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples !
Nous savons, nous, qu'avec Moïse, Dieu a parlé
mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est.
Cet homme répondit et leur dit :
— C'est bien cela qui est étonnant : que vous, vous ne sachiez pas d’où il puisse être...
et il m’a ouvert les yeux !
Nous savons que Dieu n'écoute pas les pécheurs
mais si un homme l’honore et fait sa volonté
celui-là, il l’exauce ;
si loin qu'on remonte dans le temps, jamais on n’a ouï dire
que quelqu’un eût ouvert les yeux d’un aveugle de naissance :
s'il n’était pas de Dieu, celui-ci, il ne pourrait rien faire !
Ils répondirent et lui dirent :
— Tu es né tout entier dans les péchés et toi, tu nous fais la leçon ?
Et ils le jetèrent dehors.
Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors
et l’ayant trouvé il lui dit :
— Toi, tu crois dans le Fils de Dieu ?
Celui-ci répondit en disant :
— Qui est-il, Seigneur, que je croie en lui ?
Et Jésus lui dit :
— Tu l'as vu , et celui qui parle avec toi, c’est lui.
Et celui-ci dit :
— Je crois, Seigneur !
Et tombant à ses pieds il l'adora.
Jésus lui dit :
— C'est pour un jugement que je suis venu en ce monde, moi
afin que ceux qui ne voient pas voient
et ceux qui voient deviennent aveugles.
Et [ceux] des Pharisiens qui étaient avec lui entendirent et lui dirent :
— Est-ce que nous aussi, nous sommes aveugles ?
Jésus leur dit :
— Si vous étiez aveugles vous n’auriez pas de péché
mais maintenant vous dites : que nous voyons ;
votre péché demeure.
Amen, amen, je vous dis :
— Celui qui n’entre pas par la porte dans le bercail des brebis mais monte par un autre côté
celui-là est un voleur et un brigand.
Celui au contraire qui entre par la porte est le pasteur des brebis.
C’est à lui que le portier ouvre, et les brebis entendent sa voix :
il appelle par leur nom ses brebis à lui et les mène dehors.
Quand il a fait sortir ses propres brebis, il marche devant elles
et les brebis le suivent parce qu’elles connaissent sa voix.
Mais un étranger, elles ne le suivent pas : elles le fuiront
parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers.
Jésus leur dit cette parabole
mais eux ne connurent pas ce dont il leur parlait.
Jésus donc leur dit de nouveau :
— Amen, amen, je vous dis : — Que moi, je suis la porte des brebis.
Tous ceux qui sont venus sont des voleurs et des brigands
mais les brebis ne les ont pas écoutés.
Moi je suis la porte :
si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé
il entrera et sortira et il trouvera pâturage.
Le voleur ne vient que pour voler et égorger et faire périr.
Moi, je suis venu pour qu’elles aient la vie et qu’elles l'aient surabondante.
Moi je suis le bon pasteur.
Le bon pasteur donne sa vie pour les brebis.
Mais le mercenaire, lui qui n’est pas pasteur
et à qui n’appartiennent pas les brebis,
voit venir le loup, laisse les brebis et s'enfuit
et le loup ravit et disperse les brebis.
Or le mercenaire s'enfuit parce qu'il est mercenaire et n'a pas souci des brebis.
Moi je suis le bon pasteur
et je connais les miennes
et les miennes me connaissent.
Comme le Père me connaît et que moi-même je connais le Père
et je donne ma vie pour mes brebis.
J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de ce bercail :
celles-là aussi il faut que je les conduise, elles entendront ma voix
et il y aura un seul bercail et un seul pasteur.
Voilà pourquoi mon Père m’aime
parce que je dépose ma vie pour de nouveau la prendre.
Personne ne me l’enlève
mais moi, je la dépose de moi-même
j’ai pouvoir de la déposer
et j'ai pouvoir de la prendre de nouveau :
tel est le commandement que j’ai reçu de mon Père.
Il y eut de nouveau une division parmi les Juifs à cause de ces paroles.
Beaucoup d’entre eux disaient :
— Il a un démon et il est fou ! Pourquoi l’écoutez-vous ?
D’autres disaient :
— Ces paroles ne sont pas d'un homme qui a un démon.
Un démon peut-il ouvrir les yeux des aveugles ?
Or arriva la fête de la dédicace à Jérusalem
c’était l’hiver
et Jésus se promenait dans le Temple sous le portique de Salomon.
Les Juifs l’entourèrent donc et lui disaient :
— Jusqu'à quand tiendras-tu notre âme en suspens ?
Si tu es le Christ dis-le-nous clairement.
Jésus leur répondit :
— Je vous l’ai dit et vous ne croyez pas.
Les œuvres que moi je fais au nom de mon Père
elles-mêmes me rendent témoignage.
Mais vous, vous ne croyez pas parce que vous n’êtes pas de mes brebis.
Mes brebis entendent ma voix
et moi je les connais
et elles me suivent.
Et moi je leur donne une vie éternelle
et elles ne périront jamais
et personne ne les ravira de ma main.
Mon Père, ce qu'il m'a donné est plus grand que tout
et personne ne peut le ravir de la main de mon Père.
Moi et le Père nous sommes un.
Les Juifs apportèrent des pierres pour le lapider.
Jésus leur répondit :
— Je vous ai montré beaucoup d’œuvres bonnes venant de mon Père
pour laquelle de ces œuvres allez-vous me lapider ?
Les Juifs lui répondirent :
— Ce n’est pas pour une bonne œuvre que nous te lapidons mais pour un blasphème
et parce que toi, bien que tu sois un homme, tu te fais toi-même Dieu.
Jésus leur répondit :
— N’est-il pas écrit dans votre loi :
« Moi j’ai dit : — Vous êtes des dieux » ?
Si ceux à qui la parole de Dieu a été adressée, elles les dit « dieux »
(et l’Écriture ne peut être abrogée),
celui que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde
vous, vous lui dites : que tu blasphèmes, parce que j’ai dit : — Je suis Fils de Dieu ?
Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas.
Mais si je les fais
même si en moi vous ne voulez pas croire,
aux œuvres, croyez !
afin que vous connaissiez et croyiez qu'en moi est le Père et que moi je suis dans le Père.
Ils cherchaient donc à l'appréhender
et il sortit de leurs mains.
Et il s’en alla de nouveau de l'autre côté du Jourdain
au lieu où Jean faisait des baptêmes auparavant
et il demeura là.
Et beaucoup vinrent à lui et ils disaient :
— Jean n’a fait aucun signe
mais tout ce qu’a dit Jean de celui-ci était vrai.
Et beaucoup crurent en lui.
Il y avait un malade, un certain Lazare, originaire de Béthanie, le village
de Marie et de Marthe sa sœur.
(Marie était celle qui oignit de parfum le Seigneur
et lui essuya les pieds de ses propres cheveux :
c'était son frère, Lazare, qui était malade).
Les sœurs lui envoyèrent donc dire :
— Seigneur, voici, celui que tu aimes est malade.
Mais en entendant Jésus leur dit :
— Cette maladie ne mène pas vers la mort, mais elle est pour la gloire de Dieu
afin que soit glorifié le Fils de Dieu par elle.
Or Jésus les aimait, Marthe et sa sœur et Lazare.
Quand donc il eut entendu qu’il était malade
il demeura tout de même deux jours à l'endroit où il était.
Seulement après ces jours, il dit à ses disciples :
— Allons en Judée de nouveau.
Les disciples lui disent :
— Rabbi, récemment les Juifs cherchaient à te lapider et de nouveau tu vas là-bas ?
Jésus répondit :
— Est-ce que le jour n'a pas douze heures ?
Si quelqu’un a marché pendant le jour, il ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde
mais s'il a marché de nuit, il trébuche parce que la lumière n'est pas en lui.
Il dit ces choses
et après cela il leur affirma :
— Notre ami Lazare repose
mais j'y vais pour le réveiller de son sommeil.
Ses disciples lui dirent donc :
— Seigneur, s’il repose il va guérir !
Or Jésus avait parlé de sa mort
mais eux pensèrent qu'il parlait du repos du sommeil.
Alors donc Jésus leur dit clairement :
— Lazare est mort
et je me réjouis pour vous de n’avoir pas été là, afin que vous croyiez...
Mais allons vers lui !
Thomas appelé « Didyme » dit donc aux condisciples :
— Allons-y nous aussi pour mourir avec lui !
Jésus arriva enfin et le trouva placé dans le sépulcre depuis quatre jours déjà.
Or Béthanie était près de Jérusalem, à quinze stades environ.
Beaucoup de Juifs étaient venus chez Marthe et Marie
pour les consoler au sujet de leur frère.
Marthe donc, quand elle entendit que Jésus venait, partit au-devant de lui
Marie, quant à elle, était assise à la maison.
Marthe dit donc à Jésus :
— Seigneur, si tu avais été ici mon frère ne serait pas mort ;
mais, même maintenant, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te le donnera.
Jésus lui dit :
— Ton frère ressuscitera.
Marthe lui dit :
— Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection au dernier jour.
Jésus lui dit :
— Moi je suis la résurrection et la vie
celui qui croit en moi même s'il est mort vivra
et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais.
Crois-tu cela ?
Elle lui dit :
— Oui, Seigneur.
Moi j'ai cru que toi, tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui es venu en ce monde.
Et comme elle avait dit cela
elle s’en alla et appela Marie sa sœur, disant discrètement :
— Le Maître est là et il t’appelle.
Dès qu'elle entendit, celle-ci se lève vite et vient vers lui.
En effet, Jésus n’était pas encore arrivé dans le village
mais était encore à l'endroit où Marthe était venue à sa rencontre.
Alors les Juifs qui étaient avec elle dans la maison et la consolaient
comme ils avaient vu Marie : qu'elle s'est vite levée et est sortie,
l'ont suivie, disant
qu'elle va au sépulcre pour y pleurer.
Alors Marie, comme elle était arrivée là où Jésus était,
le voyant, tomba à ses pieds et lui dit :
— Seigneur si tu avais été ici, il ne serait pas mort, mon frère ...
Jésus, donc, quand il la vit en train de pleurer
et les Juifs qui étaient venus avec elle en train de pleurer aussi
se mit à frémir du fond de son esprit et se troubla.
Et il dit :
— Où l’avez-vous mis ?
Ils lui dirent :
— Seigneur, viens et vois.
Et Jésus pleura.
Les Juifs dirent donc :
— Voici, comme il l’aimait !
Mais quelques-uns d’entre eux dirent :
— Ne pouvait-il pas, lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, faire aussi que celui-ci ne mourût pas ?
Jésus donc, frémissant de nouveau en lui-même, vint au sépulcre ;
or c’était une grotte et une pierre avait été posée dessus.
Jésus dit :
— Enlevez la pierre.
Marthe, la sœur de celui qui était mort, lui dit :
— Seigneur, il pue déjà
car c'est le quatrième jour.
Jésus lui dit :
— Ne t'ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ?
Ils enlevèrent donc la pierre
et Jésus , les yeux levés en haut, dit :
— Père, je te rends grâces puisque tu m'as exaucé ;
moi je savais que tu m'exauces toujours
mais c'est à cause de la foule qui m’entoure que j'ai parlé :
pour qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé.
Comme il avait dit cela, il cria d’une voix forte :
— Lazare viens dehors !
Et aussitôt sortit celui qui avait été mort, lié de bandes pieds et mains
et le visage avait été enveloppé d'un suaire.
Jésus leur dit :
— Déliez-le et laissez-le aller !
Alors beaucoup de Juifs qui étaient venus chez Marie et avaient vu ce qu'il fit
crurent en lui.
Mais quelques-uns d’entre eux allèrent vers les pharisiens et leur dirent ce que fit Jésus.
Pontifes et Pharisiens réunirent donc un conseil et ils disaient :
— Que faisons-nous ? Car cet homme fait beaucoup de signes...
Si nous le laissons ainsi, tous croiront en lui
et les Romains viendront et nous détruiront Lieu et nation !
Or l’un d’eux, Caïphe, comme il était pontife cette année-là, leur dit :
— Vous, vous ne savez rien
et vous ne réfléchissez pas qu’il est de notre intérêt qu’un seul homme meure à la place du peuple
et que ne périsse pas toute la nation !
Or cela, ce ne fut pas de lui-même qu'il le dit
mais comme il était pontife cette année-là, il prophétisa
que Jésus devait mourir pour la nation
et non seulement pour la nation
mais aussi afin de rassembler dans l'unité les enfants de Dieu qui avaient été dispersés.
Depuis ce jour-là, donc, ils se mirent à imaginer comment ils pourraient le tuer.
Jésus donc ne circulait désormais plus en public parmi les Juifs
mais il s'en alla dans la région proche du désert dans une ville nommée « Éphrem »
et il y demeurait avec les disciples...
Approchait alors la Pâque des Juifs
et beaucoup de la région montèrent à Jérusalem, avant la Pâque, pour se sanctifier.
Ils cherchaient donc Jésus
et se disaient les uns aux autres en se tenant dans le Temple : — Eh quoi ! Pouvez-vous penser qu'il ne vienne pas pour le jour de la fête ?
57. Or les pontifes et les Pharisiens avaient commandé
que si quelqu’un avait appris où il est, il l'indique pour qu’ils l'appréhendent.
Jésus donc, six jours avant la Pâque, vint à Béthanie
où était mort Lazare qu'avait ressuscité Jésus.
On lui fit donc là un souper
et Marthe servait.
Or Lazare était l'un de ceux qui étaient à table avec lui.
Marie prit donc une livre de parfum d'un nard pistique et très précieux
en oignit les pieds de Jésus
et lui essuya les pieds avec ses cheveux
et la maison fut remplie de l’odeur du parfum.
Alors un de ses disciples, Judas Iscariote, celui qui devait le livrer, dit :
— Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum trois cents deniers qu'on aurait donnés aux pauvres ?
Il dit cela non qu’il eût souci des pauvres
mais parce c'était un voleur et qu'ayant la bourse, il emportait ce qu’on y mettait.
Jésus dit donc :
— Laisse-la le garder pour le jour de ma sépulture.
Les pauvres en effet, vous les avez toujours avec vous
mais moi, vous ne m’avez pas pour toujours !
Une foule nombreuse parmi les Juifs connut donc qu'il était là
et ils vinrent non seulement à cause de Jésus mais aussi pour voir Lazare qu’il avait ressuscité des morts.
Or les princes des prêtres délibérèrent pour tuer aussi Lazare
parce que beaucoup de Juifs s'en allaient à cause de lui et croyaient en Jésus.
Le lendemain, une foule nombreuse qui était venue pour la fête
ayant appris que Jésus venait à Jérusalem
prit les rameaux de palmiers et sortit au-devant de lui
et ils criaient :
— Hosanna ! Béni celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d’Israël !
Ayant trouvé un ânon, Jésus s'assit dessus
comme il est écrit :
Ne crains pas, fille de Sion
voici ton Roi qui vient, assis sur le petit d’une ânesse.
Ses disciples ne comprirent pas d’abord ces choses
mais lorsque Jésus eut été glorifié
ils se souvinrent : c'était cela qui était écrit de lui,
et cela qu'on avait fait pour lui.
La foule rendait donc témoignage, celle qui était avec lui
lorsqu’il appela Lazare hors du tombeau et le ressuscita des morts.
C’est pourquoi aussi la foule vint au-devant de lui
parce qu’ils avaient appris qu’il avait fait ce signe.
Les Pharisiens se dirent donc entre eux :
— Vous voyez que nous ne gagnons rien.
Voilà que tout le monde s'en va derrière lui.
Or il y avait quelques gentils parmi ceux qui étaient montés pour adorer pendant la fête.
Ceux-ci donc s’approchèrent de Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée
et ils le priaient en disant :
— Seigneur, nous voulons voir Jésus.
Philippe alla [le] dire à André
puis André et Philippe [le] dirent à Jésus.
Jésus leur répondit en disant :
— Elle est venue, l'heure où doit être glorifié le Fils de l’homme !
Amen, amen, je vous dis :
— Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas
il reste seul
mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit.
Qui aime son âme la perdra
et qui hait son âme en ce monde
pour la vie éternelle la garde.
Si quelqu’un me sert, qu’il me suive
et où je suis, moi, là aussi sera mon serviteur.
Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera.
Maintenant mon âme est troublée
et que dirai-je ?
Père, sauve-moi de cette heure !
Mais c’est pour cela que je suis arrivé à cette heure-ci.
Père, glorifie ton nom.
Vint alors une voix du ciel :
— Et je [l’]ai glorifié et de nouveau je [le] glorifierai.
La foule donc, qui se tenait là et avait entendu, disait que c’était un coup de tonnerre.
D’autres disaient :
— Un ange lui a parlé.
Jésus répondit et dit :
— Ce n’est pas pour moi que cette voix est venue mais pour vous.
C’est maintenant le jugement du monde
c’est maintenant que le prince de ce monde est jeté dehors.
Et moi, quand j’aurai été élevé de terre, tout ce qui existe, je [l'] attirerai vers moi.
Il disait cela pour signifier de quelle mort il devait mourir.
La foule lui répondit :
— Nous avons appris de la Loi, nous, que le Christ demeure éternellement.
Comment alors dis-tu, toi : — Il faut que soit élevé le Fils de l’homme ?
Qui est-ce ce Fils de l’homme ?
Jésus leur dit donc :
— Pour peu de temps encore la lumière est en vous.
Marchez, tant que vous avez la lumière pour que les ténèbres ne vous saisissent pas :
celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va.
Pendant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir des fils de lumière
Jésus parla ainsi puis il s’en alla et se cacha d'eux.
Bien qu’il eût fait tant de signes devant eux, ils ne croyaient pas en lui.
Afin que s'accomplît la parole d'Isaïe le prophète qui a dit :
— Seigneur, qui a cru à ce que nous avons fait entendre ? Et le bras du Seigneur, à qui a-t-il été révélé ?
Voilà pourquoi ils ne pouvaient croire, parce qu’Isaïe a dit encore :
— Il a aveuglé leurs yeux et pétrifié leur cœur
de peur qu’ils ne voient de leurs yeux et qu'ils ne comprennent de leur cœur, qu'ils ne se convertissent et que je ne les guérisse.
Isaïe a dit ces choses quand il a vu sa gloire et qu’il parla de lui.
Beaucoup toutefois, même parmi les chefs, crurent en lui
mais à cause des pharisiens ils ne se déclaraient pas, de peur d’être exclus de la synagogue.
Ils aimèrent en effet la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu.
Or Jésus éleva la voix et dit :
— Qui croit en moi ne croit pas en moi mais en celui qui m’a envoyé
et qui me voit voit celui qui m’a envoyé.
Moi, lumière, je suis venu dans le monde
afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres.
Et si quelqu’un entend mes paroles et ne les garde pas
moi, je ne le juge pas
car je ne suis pas venu pour juger le monde
mais pour sauver le monde.
Qui me méprise et ne reçoit pas mes paroles,
il a qui le juge :
la parole que j’ai dite, c'est elle qui le jugera au dernier jour.
Car moi je n’ai pas parlé de moi-même
mais le Père qui m’a envoyé
m’a commandé lui-même ce que je dois dire et ce dont je dois parler.
Et je sais que son commandement est la vie éternelle.
Donc ce que moi je dis, comme le Père me l'a dit, ainsi je dis.
Avant la fête de Pâque
Jésus, sachant que l'heure était venue qu'il passât de ce monde vers le Père,
comme il avait aimé les siens qui étaient dans le monde
jusqu’à la fin il les aima.
Le souper terminé, alors que déjà le diable avait mis au cœur que Judas fils de Simon Iscariote le livre
sachant que le Père a tout remis en ses mains
et que de Dieu il est sorti et vers Dieu il va
il se lève du souper et dépose ses vêtements
et comme il avait pris un linge, il s’en ceignit ;
il verse ensuite de l’eau dans un bassin
et il commença à laver les pieds des disciples
et à les essuyer avec le linge dont il s'était ceint...
Il arrive donc à Simon-Pierre
et Pierre lui dit :
— Seigneur, toi, me laver les pieds ?
Jésus répondit et lui dit :
— Ce que je suis en train de faire moi, toi tu l'ignores à présent mais tu comprendras plus tard.
Pierre lui dit :
— Tu ne me laveras pas les pieds : jamais !
Jésus lui répondit :
— Tant que je ne t'aurai pas lavé, tu n’as pas de part avec moi.
Simon-Pierre lui dit :
— Seigneur, pas seulement mes pieds, mais les mains et la tête aussi !
Jésus lui dit :
— Qui s'est baigné n'a pas besoin de se laver
mais il est pur tout entier ;
vous aussi êtes purs, mais non pas tous.
Il savait, en effet, qui était celui qui était en train de le livrer
c’est pourquoi il dit : — Vous n’êtes pas purs « tous ».
Après donc qu’il leur lava les pieds et qu'il reprit ses vêtements
comme il s'était allongé de nouveau il leur dit :
— Comprenez-vous ce que j'ai voulu faire pour vous ?
Vous, vous m’appelez : « Maître ! » et : « Seigneur ! »
et vous dites bien : je le suis en effet.
Si donc j'ai lavé vos pieds
moi, le Seigneur et le Maître,
vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns des autres
car c'est un exemple que je vous ai donné
afin que, comme moi j'ai fait pour vous, de même vous aussi vous fassiez.
Amen, amen, je vous dis :
— Il n'y a pas d'esclave plus grand que son seigneur
ni d’apôtre plus grand que celui qui l’a envoyé ;
si vous savez cela, heureux serez-vous quand vous l'aurez fait !
Ce n'est pas de vous tous que je le dis
je connais, moi, ceux que j’ai choisis
mais pour que s’accomplisse l’Écriture :
« Celui qui mange avec moi le pain a levé contre moi son talon. »
Dès à présent je vous [le] dis, avant que cela arrive
afin que, lorsque ce sera arrivé, vous croyiez que moi je suis.
Amen, amen, je vous dis :
— Qui accueille celui, quel qu'il soit, que j'aurai envoyé m'accueille moi
et qui m'accueille accueille celui qui m’a envoyé.
Comme il avait dit cela, Jésus fut troublé en esprit
et il attesta par ces mots :
— Amen, amen, je vous dis que c'est l'un de vous qui me livrera !
Les disciples se lançaient donc des regards les uns aux autres
hésitant sur celui dont il voulait parler...
Or un de ses disciples était allongé contre le sein de Jésus
(celui qu'aimait Jésus)
Simon-Pierre lui fait donc signe et lui dit :
— Qui est celui dont il parle ?
C'est pourquoi, comme il s'était retourné sur la poitrine de Jésus, celui-là lui dit :
— Seigneur c'est qui ?
Jésus répond :
— C'est celui à qui moi j'aurai offert du pain trempé.
Et comme il avait trempé du pain, il
le donna à Judas de Simon Iscariote.
Après la bouchée, Satan alors entra en lui
et Jésus lui dit :
— Ce que tu fais, fais-le plus vite.
Or pourquoi il lui avait dit cela, aucun de ceux qui étaient allongés à table ne comprit.
Certains, en effet, pensaient (parce que Judas avait la bourse)
que Jésus lui disait :
— Achète ce dont nous avons besoin pour la fête
ou de donner quelque chose aux pauvres.
Comme donc il avait accepté la bouchée, il sortit aussitôt
or c'était la nuit.
Quand donc il fut sorti, Jésus dit :
— Maintenant le Fils de l’homme a été glorifié
et Dieu a été glorifié en lui :
si Dieu a été glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même
et le glorifiera sans tarder.
Petits enfants, c'est pour encore un peu que je suis avec vous ;
vous me chercherez
et comme j’ai dit aux Juifs : « — Là où je vais, vous, vous ne pouvez venir ! »
à vous aussi je [le] dis maintenant.
C'est un commandement nouveau que je vous donne : que vous vous aimiez les uns les autres
comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez les uns les autres.
À cela tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples :
si vous avez de la charité les uns pour les autres.
Simon-Pierre lui dit :
— Seigneur, où vas-tu ?
Jésus répondit :
— Où je vais moi, tu ne peux maintenant me suivre
mais tu suivras après.
Pierre lui dit :
— Pourquoi ne puis-je te suivre maintenant ?
Mon âme, je l'offrirai pour toi !
Jésus répondit :
— Ton âme, tu l'offriras pour moi ?
Amen, amen, je te le dis :
— Le coq ne chantera pas que tu ne m’aies renié trois fois.
Que votre cœur ne se trouble pas
vous qui croyez en Dieu, croyez aussi en moi.
Dans la maison de mon Père, il y a beaucoup de demeures :
sinon vous aurais-je dit
que je vais vous préparer une place ?
Et lorsque je serai parti, et vous aurai préparé une place,
je viens et je vous prendrai auprès de moi
afin que là où moi je suis, vous soyez aussi.
Et là où je vais, vous [le] savez, et
le chemin vous [le] savez.
Thomas lui dit :
— Seigneur, nous ne savons pas où tu vas : comment pouvons-nous savoir le chemin ?
Jésus lui dit :
— Moi je suis le chemin et la vérité et la vie.
Personne ne vient au Père sinon par moi.
Si vous m’aviez connu, vous auriez aussi connu mon Père.
Dès à présent, vous le connaissez et vous l’avez vu.
Philippe lui dit :
— Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit.
Jésus lui dit :
— Tant de temps que je suis avec vous et vous ne me connaissez pas !
Philippe, celui qui m’a vu a vu le Père.
Comment toi, dis-tu : — Montre-nous le Père ?
Ne crois-tu pas que moi je suis dans le Père et que le Père est en moi ?
Les paroles que moi je vous dis, je ne les dis pas de moi-même,
mais le Père demeurant en moi fait lui-même les œuvres.
Ne croyez-vous pas que moi je suis dans le Père et que le Père est en moi ?
Sinon, croyez à cause des œuvres mêmes.
Amen, amen, je vous dis :
— Celui qui croit en moi, les œuvres que moi je fais, lui aussi les fera
et il en fera de plus grandes parce que moi je vais vers le Père.
Et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai
pour que le Père soit glorifié dans le Fils.
Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je [le] ferai.
Si vous m’aimez, gardez mes commandements.
Et moi je prierai le Père, et il vous donnera un autre Paraclet
pour qu’il demeure toujours avec vous ;
l’Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir
parce qu’il ne le voit ni ne le connaît,
mais vous, vous le connaissez parce qu’il demeurera chez vous et qu'il sera en vous.
Je ne vous laisserai pas orphelins
je viendrai vers vous.
Encore un peu et le monde ne me voit plus
mais vous, vous me voyez
parce que moi je vis et que vous aussi vous vivrez.
En ce jour-là vous connaîtrez, vous, que moi je suis en mon Père et vous en moi, et moi en vous.
Celui qui a mes commandements et qui les garde
c’est celui-là qui m’aime
et celui qui m’aime sera aimé de mon Père
et moi je l’aimerai et je me manifesterai à lui.
Judas, non pas l’Iscariote, lui dit :
— Seigneur, que s'est-il produit, que tu ailles te manifester à nous et non au monde ?
Jésus répondit et lui dit :
— Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole
mon Père l’aimera
et nous viendrons vers lui, et nous ferons demeures chez lui.
Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles.
Or la parole que vous entendez n’est pas de moi
mais du Père qui m’a envoyé.
Je vous ai dit ces choses, demeurant chez vous.
Mais le Paraclet, l’Esprit-Saint que le Père enverra en mon nom
lui, il vous enseignera toutes choses
et vous rappellera tout ce que je vous ai dit.
Je vous laisse la paix, c'est ma paix que je vous donne
ce n'est pas comme comme le monde [la] donne que moi je vous [la] donne.
Que votre cœur ne se trouble ni ne s’effraye.
Vous avez entendu que moi je vous ai dit : — Je m’en vais et je viens vers vous !
Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais vers le Père
car le Père est plus grand que moi.
Maintenant, j’ai fini par vous le dire, avant que le fait ne se produise,
pour que vous puissiez croire quand il se produira.
Désormais je ne parlerai plus beaucoup avec vous
car il vient, le prince de ce monde, et en moi il n’a rien.
Mais afin que le monde connaisse que j’aime le Père
et que selon le commandement que le Père m’a donné, ainsi je fais.
Levez-vous, partons d’ici.
Moi je suis la vraie vigne et mon Père est l'agriculteur :
tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l'enlève
et tout [sarment] qui porte du fruit, il le purifiera afin qu’il porte plus de fruit.
Vous êtes déjà purs, vous, à cause de la parole que je vous ai dite.
Demeurez en moi et moi en vous :
de même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s’il n'a pas demeuré dans la vigne
de même vous non plus si vous n'avez pas demeurés en moi.
Moi je suis la vigne, vous les sarments :
qui demeure en moi et moi en lui
celui-là porte beaucoup de fruit
parce que sans moi vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il sera jeté dehors comme le sarment et il sèchera
puis on les ramassera, on les jette au feu et ils brûlent.
Si vous êtes demeurés en moi et que mes paroles ont demeuré en vous
tout ce que vous aurez voulu, vous [le] demanderez et cela vous arrivera.
En ceci le Père a été glorifié :
que vous portiez beaucoup de fruit
et que vous deveniez mes disciples.
Comme le Père m’a aimé et que moi je vous ai aimés
demeurez dans mon amour.
Si vous avez gardé mes commandements, vous demeurerez dans mon amour
comme moi j’ai gardé les commandements de mon Père et demeure dans son amour.
Je vous ai dit cela afin que ma joie soit en vous
et que votre joie soit complète.
Ceci est mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.
Personne n'a plus grand amour que celui-ci : que quelqu'un donne sa propre vie pour ses amis.
Vous êtes, vous, mes amis, si vous avez fait ce que moi je vous commande.
Désormais je ne vous dis plus « esclaves »
parce que l'esclave ignore ce que fait son seigneur
mais vous, je vous ai dit « amis »
parce que tout ce que j’ai entendu de mon Père je vous l’ai fait connaître.
Ce n’est pas vous qui m’avez choisi mais c’est moi qui vous ai choisis
et établis pour que vous alliez et portiez du fruit
et que votre fruit demeure ;
pour que tout ce que vous aurez demandé au Père en mon nom, il vous le donne.
Ce que je vous commande c’est de vous aimer les uns les autres.
Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous.
Si vous aviez été du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ;
au contraire, parce que vous n’êtes pas du monde mais que moi je vous ai choisis [et séparés] du monde
c'est pour cela que le monde vous hait.
Souvenez-vous de la parole que moi je vous ai dite :
« — L'esclave n’est pas plus grand que son seigneur. »
S’ils m’ont persécuté, vous aussi, ils vous persécuteront ;
s’ils ont gardé ma parole, la vôtre aussi ils la garderont.
Mais ils vous feront tout cela à cause de mon nom
parce qu’ils ignorent Celui qui m’a envoyé.
Si je n’étais pas venu ni ne leur avais parlé, ils n'auraient pas de péché
désormais, au contraire, ils n'ont plus d'excuse à leur péché.
Celui qui me hait hait aussi mon Père.
Si je n’avais pas fait parmi eux les œuvres que personne d'autre n’a faites
ils n'auraient pas de péché
mais désormais ils ont vu, et ils ont haï et moi et mon Père !
Cependant c'est afin que s'accomplisse la parole qui fut écrite dans leur loi :
qu' « ils m’ont haï sans raison ».
Or lorsque sera venu le Paraclet
que je vous enverrai d’auprès du Père, l’Esprit de vérité qui procède d'auprès du Père
c'est lui qui rendra témoignage de moi.
27.
Vous aussi vous rendrez témoignage parce que depuis le commencement vous êtes avec moi.
Je vous ai dit cela afin que vous ne soyez pas scandalisés.
ils feront de vous des exclus de la synagogue ;
bien plus, elle vient, l’heure où quiconque vous tuera croira rendre un culte à Dieu.
Et ils feront cela parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi.
Mais je vous ai dit cela
afin que, lorsque leur heure sera venue, vous vous souveniez que moi je vous l’ai dit.
Cela je ne vous l'ai pas dit dès le commencement parce que j’étais avec vous
mais à présent je m’en vais vers Celui qui m’a envoyé
et personne parmi vous ne me demande : où vas-tu ?
mais parce que je vous ai dit ces choses la tristesse a rempli votre cœur.
Cependant moi je vous dis la vérité :
— Il vaut mieux pour vous que moi je m’en aille
car si je ne m’en vais pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous
mais si je m’en vais je vous l’enverrai.
Et, quand il sera venu, lui confondra le monde à propos de péché, et de justice et de jugement :
de péché parce qu’ils ne croient pas en moi ;
de justice parce que je vais vers le Père et que vous ne me verrez plus ;
de jugement parce que le prince de ce monde est jugé.
J’ai encore beaucoup de choses à vous dire
mais vous ne pouvez les porter à présent.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira à connaître la vérité tout entière :
en effet, il ne parlera pas de lui-même
mais tout ce qu’il entendra, il le dira
et ce qui doit venir, il vous l'annoncera.
Celui-ci me glorifiera parce qu’il recevra de ce qui est à moi et il vous l’annoncera.
Tout ce qu'a le Père est à moi.
Voilà pourquoi j'ai dit :
« — C'est de ce qui est à moi qu’il reçoit et il vous l’annoncera. »
Encore un peu et vous ne me verrez plus
et encore un peu et vous me verrez, parce que je vais au Père.
Quelques-uns de ses disciples se dirent donc entre eux :
— Qu'est-ce qu’il nous dit :
« — Encore un peu et vous ne me verrez plus
et encore un peu et vous me verrez »
et : « — Je vais au Père » ?
Ils disaient donc :
— Qu'est-ce qu'il dit : « un peu » ?
Nous ne savons pas de quoi il parle.
Or Jésus connut qu’ils voulaient l’interroger
et leur dit :
— Vous vous questionnez entre vous parce que j’ai dit : « — Encore un peu et vous ne me verrez plus, et encore un peu et vous me verrez. »
Amen, amen, je vous dis :
— Vous pleurerez et vous vous lamenterez
mais le monde se réjouira
vous, vous serez attristés
mais votre tristesse se changera en joie.
La femme, lorsqu’elle enfante, a de la tristesse parce que son heure est venue
mais lorsqu’elle a donné naissance à l’enfant, elle ne se souvient plus de la souffrance à cause de la joie
de ce qu’un homme est né au monde :
vous donc aussi, certes vous avez de la tristesse maintenant
mais de nouveau je vous verrai et votre cœur se réjouira
et votre joie, personne ne vous l’enlève.
Et en ce jour-là vous ne m’interrogerez plus sur rien.
Amen, amen, je vous dis :
— Si vous demandez quelque chose au Père, en mon nom il vous le donnera.
Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom :
demandez et vous recevrez afin que votre joie soit pleine.
Je vous ai dit cela en paraboles ;
vient l’heure où, par la suite, je ne vous parlerai plus en paraboles
mais ouvertement vous annoncerai ce qui concerne le Père.
En ce jour-là vous demanderez en mon nom
et je ne vous dis pas que je prierai moi-même le Père pour vous
car le Père lui-même vous aime parce que vous, vous m’avez aimé
et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu.
Je suis sorti du Père et je suis venu dans le monde
de nouveau je quitte le monde et je vais vers le Père.
Ses disciples lui disent :
— Voici, à présent tu parles ouvertement et ne dis nulle parabole :
à présent nous savons que tu sais tout
et que tu n’as pas besoin qu'on t’interroge ;
en cela nous croyons que tu es sorti de Dieu.
Jésus leur répondit :
— Maintenant vous croyez ?
Voici, vient l’heure et déjà elle est venue
où vous serez dispersés chacun chez soi et me laisserez seul
mais je ne suis pas seul parce que le Père est avec moi.
Je vous ai dit cela afin qu'en moi vous possédiez la paix ;
dans le monde vous avez de la tribulation
mais ayez confiance : moi j’ai vaincu le monde !
Jésus parla ainsi
et, ayant levé les yeux vers le ciel il dit :
— Père, l’heure est venue ! Glorifie ton Fils
afin que ton Fils te glorifie
selon que tu lui as donné pouvoir sur toute chair
pour que tout ce que tu lui as donné, il leur donne la vie éternelle :
or telle est la vie éternelle : qu’ils en viennent à te connaître toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé Jésus-Christ.
Moi je t'ai glorifié sur la terre
j'ai accompli l’œuvre que tu m'as donnée à faire.
Et maintenant toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même
de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût.
J’ai manifesté ton nom aux hommes
que tu m'as donnés du milieu du monde, ils étaient à toi et tu me les as donnés
et ils ont gardé ta parole.
Maintenant ils ont connu que tout ce que tu m’as donné vient de toi
car les paroles que tu m'as données, je les leur ai données
et ils les ont reçues, et ils ont vraiment connu que je suis sorti de toi
et ils ont cru que c'est toi qui m’as envoyé.
Moi je prie pour eux, je ne prie pas pour le monde
mais pour ceux que tu m'as donnés parce qu’ils sont à toi.
Et tout ce qui est à moi est à toi et ce qui est à toi est à moi
et je suis glorifié en eux.
Et je ne suis plus dans le monde et eux sont dans le monde
et moi je viens vers toi.
Père saint, garde-les dans ton nom, ceux que tu m'as donnés
afin qu’ils soient un comme nous.
Lorsque j’étais avec eux moi je gardais dans ton nom
ceux que tu m'as donnés, je [les] ai gardés
et aucun d'eux n'a péri sinon le fils de perdition
afin que l’Écriture fût accomplie.
Mais maintenant je vais vers toi
et je parle ainsi dans le monde afin qu’ils aient ma joie complète en eux.
Moi je leur ai donné ta parole
et le monde les a haïs
parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.
Je ne prie pas pour que tu les enlèves du monde mais que tu les gardes du mauvais.
Ils ne sont pas du monde, pas plus que moi je ne suis du monde.
Sanctifie-les dans la vérité :
Ta parole est vérité.
Comme tu m'as envoyé dans le monde
moi aussi je les ai envoyés dans le monde.
Et pour eux je me sanctifie moi-même
afin qu’ils soient eux aussi sanctifiés en vérité.
Ce n'est pas seulement pour ceux-ci que je prie,
mais aussi pour ceux qui sont destinés à croire, par leur verbe, en moi
pour que tous soient un, comme toi Père tu es en moi et moi en toi
pour qu'eux aussi soient un en nous
afin que le monde croie que c'est toi qui m'as envoyé.
Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée
afin qu’ils soient un comme nous sommes un
moi en eux et toi en moi
afin qu’ils soient consommés dans l'unité
et pour que le monde connaisse que c'est toi qui m'as envoyé
et que tu les as aimés comme tu m'as aimé.
Père, ceux que tu m'as donnés, je veux que là où moi je suis, ceux-là aussi soient avec moi
afin qu’ils voient la gloire, la mienne, [celle] que tu m'as donnée
parce que tu m'as aimé avant la création du monde.
Père juste, le monde ne t'a pas connu
mais moi je t'ai connu
et ceux-ci ont connu que toi tu m’as envoyé.
Et je leur ai fait connaître ton nom et le leur ferai connaître
afin que l’amour dont tu m'as aimé soit en eux et moi en eux.
Ayant dit cela
Jésus sortit avec ses disciples au-delà du torrent du Cédron
où était un jardin dans lequel il entra, lui et ses disciples.
Or Judas, qui le livrait, connaissait aussi ce lieu
parce que souvent Jésus s’y était réuni avec ses disciples.
Judas, donc, comme il avait pris la cohorte
et des gardes [fournis] par les pontifes et les Pharisiens
vint là avec lanternes, torches et armes.
Jésus donc, sachant tout ce qui allait lui arriver
s'avança et leur dit :
— Qui cherchez-vous ?
Ils lui répondirent :
— Jésus le Nazaréen.
Jésus leur dit :
— Moi je suis [celui-là].
Or Judas, qui le livrait, se tenait aussi avec eux.
À peine leur eut-il dit : « — Moi je suis »
ils reculèrent et tombèrent à terre.
De nouveau donc il les interrogea :
— Qui cherchez-vous ?
Ils dirent :
— Jésus le Nazaréen.
Jésus répondit :
— Je vous ai dit que moi je suis.
Si donc c'est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci
afin que s'accomplît la parole qu’il avait dite,
que « ceux que tu m’as donnés, je n'ai perdu aucun d'entre eux. »
Simon Pierre donc, ayant une épée, la tira
et frappa le serviteur du grand prêtre et il lui coupa l’oreille droite :
le nom de l’esclave était « Malcus ».
Jésus dit donc à Pierre :
— Remets l’épée au fourreau.
Le calice que le Père m’a donné, je ne le boirai pas ?
La cohorte donc et le tribun et les gardes des Juifs saisirent Jésus et le lièrent.
Ils l’amenèrent chez Anne d’abord
(c'était, en effet, le beau-père de Caïphe, lequel était pontife cette année-là ;
or Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs
qu' « il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple ».)
Simon Pierre suivait Jésus ainsi qu'un autre disciple.
Ce disciple était connu du pontife
et il entra avec Jésus dans la cour du pontife.
Mais Pierre se tenait près de la porte dehors ;
l’autre disciple, celui qui était connu du pontife, sortit donc
et parla à la portière et fit entrer Pierre.
La servante, la portière, dit donc à Pierre :
— N’es-tu pas toi aussi des disciples de cet homme-là ?
Il dit : — Je n'en suis pas.
Les serviteurs et les gardes se tenaient là auprès d'un brasier parce qu’il faisait froid, et ils se chauffaient.
Il y avait aussi avec eux Pierre se tenant là et se chauffant.
Le pontife donc interrogea Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine.
Jésus lui répondit :
— Moi j'ai parlé ouvertement au monde
moi j'ai toujours enseigné en synagogue et dans le Temple où tous les Juifs se réunissent
et je n’ai rien dit en secret.
Pourquoi m’interroges-tu ?
Interroge ceux qui ont entendu ce que je leur ai dit :
voici, eux savent ce que j’ai dit, moi !
Comme il avait dit cela
un des gardes qui se tenait là donna une gifle à Jésus en disant :
— C'est ainsi que tu réponds au pontife ?
Jésus lui répondit :
— Si j’ai mal parlé, témoigne de ce qui est mal
mais si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ?
Et Anne l'envoya lié à Caïphe le pontife.
Quant à Simon-Pierre, il était là, debout et se chauffant.
Ils lui dirent donc :
— N’es-tu pas, toi aussi, de ses disciples ?
Lui nia et dit : — Je n'en suis pas.
Un des serviteurs du pontife, parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille, dit :
— Ne t’ai-je pas vu, moi, dans le jardin avec lui ?
De nouveau donc Pierre renia
et aussitôt un coq chanta.
Ils conduisent donc Jésus de chez Caïphe au prétoire
or c'était le matin :
aussi n’entrèrent-ils pas eux-mêmes dans le prétoire
pour ne pas se faire contaminer mais [pouvoir] manger la Pâque.
Pilate sortit donc dehors vers eux et dit :
— Quelle accusation portez-vous contre cet homme ?
Ils répondirent et lui dirent :
— S'il n’était pas un malfaiteur, celui-ci, nous ne te l’aurions pas livré !
Pilate donc leur dit :
— Prenez-le, vous, et jugez-le selon votre loi !
Les Juifs lui dirent donc :
— Nous, nous n'avons pas le droit de tuer quelqu'un !
afin que la parole de Jésus s’accomplît, qu’il avait dite [pour] signifier de quelle mort il devait mourir.
Pilate entra donc de nouveau dans le prétoire
et il appela Jésus et lui dit :
— C'est toi le roi des Juifs ?
Et Jésus répondit :
— Est-ce de toi-même que tu dis cela, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ?
Pilate répondit :
— Est-ce que je suis juif, moi ?
Ta nation et les pontifes t’ont livré à moi :
qu’as-tu fait ?
Jésus répondit :
— Mon royaume n’est pas de ce monde :
si mon royaume était de ce monde
mes serviteurs auraient combattu pour que je ne fusse pas livré aux Juifs.
Mais en réalité mon royaume n’est pas d’ici.
Pilate lui dit alors :
— Donc : tu es roi ?
Jésus répondit :
— C'est toi qui dis que je suis roi !
Moi, c'est pour ceci que je suis né, c'est en vue de ceci que je suis venu dans le monde : rendre témoignage à la vérité ;
quiconque est de la vérité écoute ma voix.
Pilate lui dit :
— Qu’est-ce que la vérité ?
Et, ayant dit cela de nouveau, il sortit vers les Juifs
et il leur dit :
— Moi je ne trouve en lui aucune raison [de le condamner].
Mais c’est la coutume parmi vous que je vous relâche quelqu’un pour la Pâque.
Voulez-vous donc que je vous relâche le roi des Juifs ?
Ils crièrent donc de nouveau en disant :
— Pas lui mais Barabbas !
Or Barabbas était un brigand.
Alors Pilate prit Jésus et le fit flageller.
Et les soldats, ayant tressé une couronne d’épines, la mirent sur sa tête
et le revêtirent d’un manteau de pourpre.
Et ils venaient vers lui et disaient :
— Salut, roi des Juifs !
et ils lui donnaient des soufflets.
Et Pilate de nouveau sortit dehors et leur dit :
— Voici que je vous l’amène dehors
afin que vous connaissiez que je ne trouve en lui aucune infraction.
Jésus sortit donc, portant la couronne d’épines et le manteau de pourpre
et il leur dit :
— Voici l’homme !
Comme donc l'avaient vu les pontifes et les serviteurs
ils s’écriaient en disant :
— Crucifie, crucifie !
Pilate leur dit :
— Prenez-le, vous, et crucifiez-le
car moi je ne trouve en lui aucune infraction.
Les Juifs lui répondirent :
— Nous avons, nous, une loi, et d’après la loi il doit mourir parce qu’il s’est fait Fils de Dieu.
Lors donc que Pilate eut entendu cette parole il craignit encore plus.
Et il entra de nouveau dans le prétoire et il dit à Jésus :
— D’où es-tu, toi ?
Mais Jésus ne lui donna pas de réponse.
Pilate lui dit donc :
— Tu ne me parles pas, à moi ?
Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te crucifier
et que j'ai pouvoir de te relâcher ?
Jésus répondit :
— Tu n’aurais aucun pouvoir contre moi
s’il ne t’avait été donné d’en haut.
Voilà pourquoi celui qui m’a livré à toi a un plus grand péché.
Dès ce moment Pilate cherchait à le relâcher.
Mais les Juifs criaient en disant :
— Si tu relâches celui-là, tu n’es pas ami de César :
quiconque se fait roi se déclare contre César.
Pilate, ayant entendu ces paroles, amena Jésus dehors
et il s’assit sur son tribunal au lieu dit « Lithostrotos »
et en hébreu : « Gabbatha ».
Or c’était la préparation de la Pâque, environ la sixième heure.
Il dit aux Juifs :
— Voici votre roi.
Mais ils criaient :
— Supprime ! Supprime ! Crucifie-le !
Pilate leur dit :
— Crucifierai-je votre roi ?
Les pontifes répondirent :
— Nous n’avons de roi que César.
Alors donc il le leur livra pour qu'il fût crucifié :
ils prirent donc Jésus et l'emmenèrent.
Et portant par lui-même sa croix il sortit vers ce lieu dit « Le Calvaire », en hébreu « Golgotha »
où ils le crucifièrent
et avec lui deux autres, un d'un côté, un de l'autre côté
et au milieu Jésus.
Or Pilate écrivit aussi un écriteau et le plaça au-dessus de la croix
et il était écrit : « Jésus le Nazarénien, roi des Juifs. »
Cet écriteau donc, beaucoup de Juifs le lurent
parce que l'endroit où Jésus fut crucifié était près de la ville
et que c'était écrit en hébreu, en grec et en latin.
Les grands prêtres des Juifs disaient donc à Pilate :
— N'écris pas : « Le roi des Juifs »
mais que « celui-là a dit : "— Je suis roi des Juifs" ! »
Pilate dit :
— Ce que j’ai écrit, je l'ai écrit.
Les soldats donc, lorsqu'ils eurent crucifié Jésus
prirent ses vêtements et firent quatre parts
une part pour chaque soldat
et la tunique.
Or la tunique était sans couture, tissée depuis le haut d'une seule pièce.
Ils se dirent donc entre eux :
— Ne la déchirons pas
mais désignons par le sort à qui elle sera.
C'était afin que l'Écriture se réalisât, disant :
« — Ils se sont partagé mes vêtements et sur mon habit ils ont jeté le sort. »
Les soldats firent donc cela.
Cependant près de la croix de Jésus se tenaient sa mère
et la sœur de sa mère, Marie [femme] de Cléophas et Marie-Madeleine
Jésus donc, ayant vu la mère et se tenant là le disciple qu’il aimait
dit à sa mère :
— Femme, voici ton fils.
Ensuite il dit au disciple :
— Voici ta mère.
Et dès cette heure-là le disciple la prit chez lui.
Après cela Jésus, sachant que désormais tout était consommé
afin que fût consommée l’Écriture, dit : — J’ai soif.
Il y avait là un vase plein de vinaigre
ils placèrent une éponge pleine de vinaigre autour d’une tige d’hysope et ils la présentèrent à sa bouche.
Quand donc Jésus eut pris le vinaigre, il dit :
— C'est consommé
et inclinant la tête il livra l’esprit.
Les Juifs donc, comme c’était la Parascève,
pour que les corps ne restassent pas sur la croix pendant le sabbat,
(c'était en effet le grand jour ce sabbat)
demandèrent à Pilate que fussent brisées leurs jambes et qu'ils fussent enlevés.
Les soldats vinrent donc
et ils brisèrent les jambes du premier puis de l’autre qui fut crucifié avec lui.
Mais comme ils étaient venus à Jésus
quand ils virent qu'il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes
mais l'un des soldats de sa lance lui ouvrit le côté
et aussitôt sortit du sang et de l’eau.
Et celui qui a vu a rendu témoignage
et il est vrai, son témoignage
et celui-là sait qu’il dit vrai pour que vous aussi vous croyiez.
Car cela est arrivé afin que l’Écriture s'accomplît :
« Aucun os vous ne lui casserez. »
Et encore une autre Écriture dit :
« — Ils verront en celui qu’ils auront transpercé. »
Après cela, Joseph d’Arimathie demanda à Pilate
du fait qu'il était disciple de Jésus
(mais en secret par crainte des Juifs)
d'enlever le corps de Jésus
et Pilate le permit :
il vint donc et enleva le corps de Jésus.
Or Nicodème aussi vint, lui qui était venu à Jésus de nuit, au début
apportant un mélange de myrrhe et d’aloès d’environ cent livres.
Ils prirent donc le corps de Jésus et le lièrent de bandelettes avec les aromates
comme c'est la coutume d’ensevelir pour les Juifs.
Or au lieu où il fut crucifié il y avait un jardin
et dans le jardin un sépulcre neuf où personne n’avait encore été mis.
C'est donc là, à cause de la Parascève des Juifs, parce que le sépulcre était proche, qu'ils déposèrent Jésus.
Le premier jour de la semaine, Marie-Madeleine vient au sépulcre le matin, alors qu'il y avait encore des ténèbres
et elle voit la pierre enlevée du sépulcre.
Elle courut donc et vint vers Simon Pierre et vers l’autre disciple, celui que Jésus aimait
et elle leur dit :
— Ils ont enlevé le Seigneur du sépulcre, et nous ne savons pas où ils l’ont mis.
Pierre sortit donc ainsi que cet autre disciple et ils vinrent au sépulcre.
Ils couraient tous deux ensemble
mais cet autre disciple courut en avant plus vite que Pierre
et arriva le premier au sépulcre.
Et comme il s'était penché, il voit posées les bandelettes
pourtant il n’entra pas.
Vient donc Simon-Pierre qui le suivait
et il entra dans le sépulcre
et il voit les bandelettes posées
et le suaire qui avait été sur sa tête
non pas posé avec les bandelettes
mais enroulé dans un endroit à part.
Alors donc entra aussi ce disciple qui était arrivé le premier au sépulcre
et il vit et il crut.
Car ils ne savaient pas encore l’Écriture : qu'il fallait qu'il ressuscitât d'entre les morts.
Les disciples s’en retournèrent donc de nouveau chez eux.
Or Marie se tenait près du sépulcre, en-dehors, pleurant.
Donc comme elle pleurait, elle se pencha et regarda vers le sépulcre.
Et elle vit deux anges en blanc, assis
l’un à la tête et l’autre aux pieds, là où avait été mis le corps de Jésus.
Ceux-ci lui disent :
— Femme, pourquoi pleures-tu ?
Elle leur dit :
— Ils ont enlevé mon Seigneur et je ne sais pas où ils l’ont mis.
À peine avait-elle dit cela, elle se retourna en arrière
et elle voit Jésus se tenant debout
et elle ne savait pas que c’était Jésus.
Jésus lui dit :
— Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ?
Elle, pensant que c’était le jardinier, lui dit :
— Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté dis-moi où tu l’as mis, et moi je l'enlèverai.
Jésus lui dit : — Marie !
S'étant retournée, elle lui dit :
— Rabbouni ! C’est-à-dire : « maître » !
Jésus lui dit :
— Ne me touche pas
car je ne suis pas encore monté vers mon Père.
Mais va vers mes frères et dis-leur :
— Je monte vers mon Père et votre Père
vers mon Dieu et votre Dieu.
Vient Marie-Madeleine annonçant aux disciples : — J’ai vu le Seigneur et voilà ce qu'il m’a dit ...
Donc le soir de ce même jour qui était le premier de la semaine
alors que les portes [là] où se trouvaient les disciples étaient fermées par peur des Juifs
Jésus vint et se tint au milieu et il leur dit :
— Paix à vous !
Et ayant dit cela, il leur montra ses mains et son côté.
Les disciples furent alors remplis de joie à la vue du Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau :
— Paix à vous.
Comme le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie.
Ayant dit cela, il souffla sur eux et leur dit :
— Recevez l’Esprit-Saint !
Ceux dont vous remettrez les péchés, ils leur seront remis
et ceux dont vous les retiendrez, ils sont retenus.
Mais Thomas, l’un des douze, appelé « Didyme »
n’était pas avec eux lorsque vint Jésus.
Les autres disciples lui disaient donc :
— Nous avons vu le Seigneur !
Mais il leur dit :
— Si je ne vois pas dans ses mains la forme des clous
ni ne mets mon doigt dans l'endroit des clous,
ni ne mets ma main dans son côté, je ne croirai pas !
Huit jours plus tard, les disciples étaient de nouveau à l’intérieur
et Thomas avec eux.
Vient Jésus, les portes fermées.
il se tint au milieu et il dit :
— Paix à vous !
Ensuite il dit à Thomas :
— Introduis ton doigt ici et vois mes mains
et approche ta main et mets-la dans mon côté
et ne sois plus incrédule mais croyant.
Thomas répondit et lui dit :
— Mon Seigneur et mon Dieu !
Jésus lui dit :
— Parce que tu m'as vu, tu as cru.
Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru.
Jésus fit encore beaucoup d’autres signes en présence de ses disciples
qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-ci ont été écrits afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu
et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom.
Après, Jésus se montra de nouveau à ses disciples sur les bords de la mer de Tibériade
et il se manifesta ainsi :
Il y avait ensemble Simon-Pierre
Thomas appelé « Didyme »
Nathanaël qui était de Cana en Galilée
les fils de Zébédée
et deux autres de ses disciples.
Simon-Pierre leur dit :
— Je vais pêcher.
Ils lui dirent :
— Nous venons nous aussi avec toi.
Ils sortirent et montèrent dans le bateau
et cette nuit-là ils ne prirent rien.
Le matin déjà venu, Jésus se tint sur le rivage
cependant les disciples ne savaient pas que c’était Jésus.
Et Jésus leur dit donc :
— Enfants, avez-vous quelque chose à manger ?
Ils lui répondirent : — Non.
Il leur dit :
— Jetez le filet à droite de la barque et vous trouverez.
Ils le jetèrent donc et ils ne pouvaient plus le tirer à cause de la multitude de poissons.
Le disciple, celui que Jésus aimait, dit donc à Pierre :
— C’est le Seigneur !
Simon-Pierre, comme il avait entendu « c’est le Seigneur »
se ceignit d'une tunique,
car il était nu,
et se jeta dans la mer.
Les autres disciples vinrent en barque,
car ils n’étaient pas loin de la terre
mais à environ deux cents coudées, en tirant le filet de poissons.
Quand donc ils furent descendus à terre
ils virent des braises posées [là] et du poisson placé dessus, et du pain.
Jésus leur dit :
— Apportez des poissons que vous avez pris à l'instant.
Simon-Pierre monta
et tira à terre le filet plein de grands poissons : cent cinquante-trois
et, bien qu’il y en eût tant, le filet ne se rompit pas.
Jésus leur dit :
— Venez, déjeunez !
Et aucun de ceux qui étaient en train d'apprendre n’osait lui demander :
— Toi, qui es-tu ?
sachant que c'était le Seigneur.
Et vient Jésus et il prend le pain et [le] leur donne, et le poisson de même.
C’était déjà la troisième fois que Jésus se manifesta aux disciples [après qu’il fut] ressuscité des morts.
Comme donc ils avaient déjeuné, Jésus dit à Simon-Pierre :
— Simon [fils] de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ?
Il lui dit :
— Oui Seigneur, tu sais, toi, que je t'aime.
Il lui dit :
— Pais mes agneaux.
Il lui dit de nouveau :
— Simon [fils] de Jean, m’aimes-tu ?
Il lui dit :
— Oui Seigneur, tu sais que je t'aime.
Il lui dit :
— Pais mes agneaux.
Il lui dit une troisième fois :
— Simon [fils] de Jean, m’aimes-tu ?
Pierre fut peiné de ce qu'il lui dit une troisième fois : « — M'aimes-tu ? »
et il lui dit :
— Seigneur, tu sais tout, tu sais que je t'aime.
Il lui dit :
— Pais mes brebis.
Amen, amen, je te dis :
— Quand tu étais plus jeune, tu te ceignais et tu marchais où tu voulais
mais quand tu seras vieux, tu étendras tes mains et un autre te ceindra et te conduira où tu ne veux pas.
Il dit cela pour signifier par quelle mort il glorifierait Dieu.
Et ayant dit cela, il lui dit :
— Suis-moi.
S’étant retourné, Pierre voit le disciple que Jésus aimait en train de suivre,
celui qui pendant le souper se renversa sur sa poitrine et dit : « — Seigneur, qui est celui qui te livre ? »
Pierre donc, l’ayant vu, dit à Jésus :
— Seigneur, et quid de celui-ci ?
Jésus lui dit :
— Si je veux qu’il demeure ainsi jusqu’à ce que je vienne, quid pour toi ?
Toi, suis-moi !
Cette rumeur est donc sortie parmi les frères que ce disciple ne meurt pas
et pourtant Jésus ne lui a pas dit « il ne meurt pas »
mais : « — Si je veux qu’il demeure ainsi pendant que je viens, quid pour toi ? »
C’est ce disciple qui rend témoignage de ces choses
et qui les a écrites
et nous savons qu'il est vrai, son témoignage.
Il y a encore beaucoup d'autres choses qu'a faites Jésus
et si on les écrivait une à une
pas même le monde, je pense, ne pourrait contenir les livres qui doivent être écrits.
Amen.
ICI FINIT L'ÉVANGILE SELON JEAN