« Pousse des cris d’allégresse, fille de Jérusalem ! Voici, ton Roi vient à toi: le juste et le sauveur lui-même : pauvre, montant sur un âne et sur un ânon, petit d’une ânesse » (Za 9,9). De nombreux passages célèbres de l'histoire de Jésus sont en lien direct avec la prophétie de Zacharie.
Au-delà de cette description de Jésus en roi pacifique entrant à Jérusalem ( Za 9,9s : Mt 21,5-7 ; Jn 12,14-15), il suffit de rappeler quelques motifs de sa passion : le paiement de trente pièces d'argent (Za 11,12 : Mt 26,14-16 ; 27,4-10), la figure du transpercé sur lequel il y aura de deuil et des pleurs qui s'accomplira dans la croix du Christ (Za 12,10-14 : Jn 19,34.37 ; cf. Ap 1,7), la dispersion des brebis à l'heure de la passion (Za 13,7 : Mt 26,31 = Mc 14,27). (Voir Zacharie dans l’Évangile).
Pour saint Jérôme, Zacharie est un livre « obscurissime » ! Comment s'y retrouver dans un tel assemblage de visions et d'exhortations concernant à la fois le présent et le futur ? Le livre de Zacharie, l'avant-dernier des Prophètes mineurs, peut être divisé en deux parties (Za 1-8 ; 9-14).
La première partie commence par un appel à la repentance, dans la tradition des prophètes de l'Ancien Testament (Za 1,1-6), suivie de huit visions symboliques (Za 1,7-6,8) qui, dans leur forme littéraire, ressemblent à celles d'Amos (Am 7,1-9,4) et de Jérémie (Jr 1,11-14). Mais les visions de Zacharie sont généralement plus complexes et plus détaillées, et le Seigneur y est représenté par un ange interprète, qui donne des explications, pose des questions ou répond aux questions que lui pose le prophète (Za 1,9-14 ; 2,2-7 ; 3,1-6 ; 4,1-4 ; 5,2-10 ; 6,4-5). Les idées prédominantes de la première partie du livre sont l'amour et la compassion du Seigneur envers Jérusalem (Za 1,14-16), les figures messianiques de « Orient » (Za 3,8) et de Zorobabel (Za 4,6b-10a) et l'éloignement de toute méchanceté et de tout péché du peuple de Dieu (Za 5,1-11).
Dans la seconde partie, nous ne trouvons plus les problèmes qui agitaient la communauté post-exilique, mais les combats apocalyptiques qui assureront le triomphe du Seigneur à la fin des temps. Ce triomphe se manifestera surtout par la libération de Jérusalem, soumise à une double attaque par les nations (Za 12 ; 14). Á côté de l’annonce d'un châtiment purificateur (Za 14,2), d'autres messages prophétiques proposent le Seigneur comme défenseur de son peuple et de la Cité sainte (Za 9,8.15 ; 12,8), ou bien annoncent le retour et la réunion de tout le peuple (Za 10,6-7), la purification des péchés (Za 13,1-2), la victoire sur les nations (Za 12,9 ; 14,12-15), la destruction des villes voisines d’Israël (Za 9,1-8) et, comme aboutissement de tout cela, le règne final et définitif de Dieu à Jérusalem (Za 14,9.16-17).
Zacharie exerce son influence jusqu'au bout des Écritures : c'est dans le livre de l'Apocalypse que les allusions (pas moins d'une vingtaine) au livre de Zacharie abondent, y compris l'image du chandelier et des deux oliviers (Za 4,1-6a : Ap 1,12) et les chevaux et les cavaliers (Za 1,7-10 ; 6,1-8 ; Ap 6,1-11).
Dans le désert de Juda, quelques fragments du texte hébreu de Zacharie ont été découverts : 4Q76 = - dont le texte se situe entre le texte massorétique et la Septante ; 4Q80 = 4QXIIe - assez proche de la Septante ; Mur 88 (Za 1,1-4) - qui s'écarte rarement du texte massorétique.
La version grecque est très similaire au texte massorétique, aussi bien en termes de composition que de contenu. On y retrouve la même complexité de structure et les mêmes difficultés d'interprétation d'un texte parfois obscur.
Le récit de la vision nocturne (Za 1,7–6,15) présente les indices d’énonciation suivants : récit du prophète en 1ère personne, « je » ; répétition de verbes de vision (Za 1,8 ; 2,1.5 ; 4,2 ; 5,1.9 ; 6,1) ; contenu de la vision souvent introduit par le terme « voici » faisant anaphore (Za 1,8 ; 2,1.5 ; 4,2 ; 5,1.7 ; 6,1), « dialogue de révélation » entre le prophète qui questionne sur le sens de la vision (Za 1,9 ; 2,2 ; 4,4.6s ; 5,2.6.10 ; 6,4) et l’homme-messager qui en délivre l’interprétation (Za 1,10 ; 2,2 ; 4,5s.9 ; 5,3.6.8.11 ; 6,5).
Les oracles du Za 8 dans M sont introduits quant à eux par la formule « Ainsi parle Yhwh Sabaot » (Za 8,2ss.6s.9.11.14.19s.23).
On peut distinguer deux parties.
Ces chapitres sont plus désordonnés. Viennent alors deux sections introduites toutes deux par le titre hébreu massa' « poids » proclamation (Za 9,1 et Za 12,1) ; si la première est presque complètement en vers, la seconde est presque complètement en prose. Ces deux sections diffèrent profondément des chapitres précédents. Il n'y a plus ni dates, ni noms des personnes, et le livre fait de fréquents emprunts à Jérémie et Ézéchiel, avec les mentions de l'Assyrie et de l'Égypte comme symboles des ennemis.
A. Le premier massa' Za 9-11
B. Le second massa' Za 12-14
Au récit des visions accompagnées de leur interprétation (Za 1-6), fait suite une série d’oracles du Seigneur. Au Za 7 ces oracles sont des admonestations au peuple (sur le jeûne, le jugement juste, la compassion envers autrui) ; au Za 8, il s’agit au contraire de promesses de bonheur et de salut dont les perspectives s’élargissent jusqu’à devenir universelles.
Surtout, Za 12-14 décrivent en termes d'une catastrophe eschatologique la délivrance et le renouvellement de Jérusalem dans les derniers temps (Za 12-13,6) ainsi que le dernier combat qui précédera la venue de Dieu et le rassemblement de toutes les nations à Jérusalem pour la fête des Tentes (Za 14). Apocalyptique (littérature —)
Par ses allusions à d’autres livres bibliques, le style des chap. 9 à 14 est nettement anthologique : on y retrouve le thème des bergers, développé par Jérémie et Ezéchiel et présenté ici sous un mauvais jour (Za 10,3 ; 11,5.15 ; 13,7), ainsi que le thème eschatologique du « jour du Seigneur ».
Les premiers chapitres (1-8) datent le ministère de Zacharie entre 520 et 518. On ne connaît ce prophète que par son livre, et selon Esd 5,1 ; 6,14, il est le fils du prêtre Iddo du clan de Sadok (Ne 12,16 cf. Esd 5,1 ; 6,14). Ce fait explique l'intérêt que Zacharie avait pour les livres prophétiques écrits par des prêtres comme Jérémie et Ezéchiel. Son nom signifie « Yhwh s'est souvenu ».
L'introduction (Za 1,1-6) donne la date d'octobre-novembre 520, deux mois après la première prophétie d'Aggée. Même si le culte lié à l’autel fut repris immédiatement après le retour de l’Exil, la reconstruction du temple fut suspendue pendant 16 ans, probablement à cause de la pauvreté de la population locale Problématique du Temple au tournant de notre ère. Son authenticité ne fait pas de doute, mais on y décèle les traces d'une révision, comme en témoigne par exemple l'addition des prophéties universelles (Za 8,20-23) après la conclusion de Za 8,18s.
En revanche les chapitres 9-14 sont difficilement datables. On y rencontre ici des noms propres comme les figures typiques ou archétypiques, plutôt que des références historiques. L'Empire perse fait face à la Grèce en 490-480 av. J.-C. ou de la fin du 4e s. av. J.-C. après la conquête d'Alexandre. Certains vont même jusqu'à évoquer un Deutéro-Zacharie (9-11) et un Trito-Zacharie (12-14), qui sont probablement deux collections elles-mêmes composites.
Mais on trouve des expressions apocalyptiques dans le début du livre (visions interprétées par un ange), et des thèmes communs aux deux, comme les « pasteurs » du peuple (Za 10,2s ; 11,4-14 ; 13,7ss).
Dans le texte massorétique ainsi que dans la Septante, le livre de Zacharie tient la même place : second des trois livres prophétiques postexiliques, il est l’avant-dernier des Douze Petits Prophètes.Prophètes mineurs
Il présente plusieurs points communs avec le livre d’Aggée qui le précède immédiatement : la reconstruction du Temple, l’espoir d’un renouveau politique qui converge vers les figures de Zorobabel, gouverneur de Judée, et du grand-prêtre Josué (Za 9,1 ; 12,1), et des formules de datation identiques (par exemple Za 1,1.7 ; 7,1; cf. Ag 1,1 ; 2,1.10.20).
Les deux dernières sections de Zacharie (Za 9,1 ; 12,1) portent le même titre éditorial que le livre suivant de Malachie (Ml 1,1) : proclamation, déclaration (en hébreu massa').
Les traits messianiques du livre de Zacharie trouvent leur harmonie dans la personne du Christ.
Cette perspective d’accomplissement messianique est reprise et développée par les Pères de l’Église : des noms d’objets symboliques (« surgeon », « chandelier », « pierre », etc.) et des noms de personnages (« messager du Seigneur », « grand prêtre Josué », « berger », « roi » ...) sont transférés au Christ dont ils déploient la titulature en évoquant différents aspects de sa mission.
Certains versets, ultérieurement regroupés en recueils sous le nom de Testimonia, servent dans les argumentations apologétiques, polémiques ou catéchétiques sur la foi en Jésus-Christ et sur l’Eglise :
Le premier commentaire suivi est celui d’ (†254) mais son texte n’est pas conservé. Suivent alors :
(cf. supra : les commentaires sur l’ensemble des douze Prophètes mineurs).
Le livre est ensuite commenté, entre autres, par:
ICI COMMENCE LE PROPHÈTE ZACHARIE
Le huitième mois de la deuxième année de Darius
le verbe du Seigneur advint à Zacharie, fils de Baraquias, fils d'Addo, le prophète, disant :
— Le Seigneur s'est mis dans une grande colère contre vos pères.
Et tu leur diras : — Ainsi parle le Seigneur des armées :
— Retournez-vous vers moi, dit le Seigneur des armées
et je me retournerai vers vous, dit le Seigneur des armées.
Ne soyez pas comme vos pères vers qui criaient les anciens prophètes en disant :
— Ainsi parle le Seigneur des armées :
— Détournez-vous donc de vos voies mauvaises
et de vos pensées qui sont pires ...
mais ils n’ont pas écouté ni ne m’ont prêté attention, dit le Seigneur !
Vos pères, où sont-ils ? Et les prophètes :
vivront-ils à jamais ?
Bien plutôt, mes verbes et mes décrets, ceux que j’avais fait proclamer par mes esclaves les prophètes,
n’ont-ils pas pris vos pères sur le fait ?
Alors ils se convertirent et dirent :
— Comme le Seigneur des armées avait résolu d’en agir envers nous,
selon nos voies et selon nos inventions, ainsi a-t-il agi envers nous...
Le vingt-quatrième jour du onzième mois de Sabath, en la deuxième année de Darius
le verbe du Seigneur advint à Zacharie, fils de Baraquias, fils d’Addo, le prophète, disant :
— J’ai vu pendant la nuit et voici, un homme montant sur un cheval roux
et il se tenait debout entre des myrtes qui étaient dans la profondeur
et derrière lui il y avait des chevaux alezans, tachetés et blancs.
Je dis : — Que sont-ils, ceux-ci, mon seigneur ?
Et l’ange qui parlait en moi me dit :
— Moi, je vais te montrer ce qu'ils sont, ceux-ci.
Et l’homme debout entre les myrtes répondit et il dit :
— Ce sont ceux que le Seigneur a envoyés pour qu'ils parcourent la terre.
Et ils répondirent à l’ange du Seigneur qui se tenait entre les myrtes et ils dirent :
— Nous avons parcouru la terre et voici, toute la terre est habitée et dans le repos.
L’ange du Seigneur répondit et dit :
— Seigneur des armées, jusqu'à quand n’auras-tu pas pitié de Jérusalem ni des villes de Juda contre lesquelles tu t'es irrité ?
C'est déjà la soixante-dixième année !
Et le Seigneur répondit à l’ange qui parlait en moi des paroles favorables, des paroles de consolation
et l’ange qui parlait en moi me dit :
— Proclame ceci :
— Ainsi parle le Seigneur des armées :
— Je suis jaloux d'une grande jalousie de Jérusalem et de Sion
et d'un courroux durable, moi, je me courrouce contre les nations opulentes,
parce que moi j'ai eu peu de courroux
elles, en revanche, elles ont contribué au malheur.
C’est pourquoi ainsi parle le Seigneur :
— Je reviendrai à Jérusalem avec compassion.
Ma maison y sera rebâtie, dit le Seigneur des armées,
et le fil à plomb sera déroulé sur Jérusalem.
Proclame encore ceci :
— Ainsi parle le Seigneur des armées :
Mes villes regorgeront encore de biens
et le Seigneur consolera encore Sion
et choisira encore Jérusalem.
Je levai les yeux et je vis :
et voici quatre cornes.
Et je dis à l’ange qui parlait en moi :
— Que sont celles-ci ?
Et il me dit :
— Ce sont les cornes qui ont ventilé Juda, Israël et Jérusalem.
Et le Seigneur me fit voir quatre artisans.
Et je dis : — Que viennent faire ceux-ci ?
Et il répondit en ces termes :
— Ce sont là les cornes qui ont dispersé Juda homme par homme
et personne parmi eux n'a plus levé la tête
et ceux-ci sont venus pour les terrifier
pour abattre les cornes des nations qui ont levé la corne contre le pays de Juda pour le disperser.
Je levai les yeux et je vis :
et voici un homme et dans sa main le cordeau des mesureurs.
Et je dis : — Où vas-tu ?
Et il me dit : — Je vais mesurer Jérusalem
et voir quelle est sa largeur et quelle est sa longueur.
Et voici que l’ange qui parlait en moi s'avançait
et un autre ange s'avançait à sa rencontre.
Et il lui dit :
— Cours, parle à ce jeune homme en disant cela :
— C’est sans remparts que sera habitée Jérusalem,
à cause de la multitude d'hommes et de bêtes en son sein.
Et moi je serai pour elle, dit le Seigneur, une muraille de feu tout autour
et je serai en gloire au milieu d’elle.
Oh, oh ! Fuyez du pays de l'aquilon, dit le Seigneur,
car je vous ai dispersés aux quatre vents du ciel, dit le Seigneur.
Ô Sion sauve-toi, toi qui habites chez la fille de Babylone !
Car ainsi parle le Seigneur des armées :
— Après la gloire, il m’a envoyé vers les nations qui vous ont pillés
car qui vous touche touche la prunelle de son œil.
Car voici, j’agite la main contre elles
et elles seront un butin pour ceux qui étaient leurs esclaves
et vous saurez que le Seigneur des armées m’a envoyé.
— Loue et réjouis-toi, fille de Sion
car me voici, je viens et j'habiterai au milieu de toi ! dit le Seigneur.
Et beaucoup de nations s’attacheront au Seigneur en ce jour-là
et elles seront pour moi un peuple
et j’habiterai au milieu de toi
et tu sauras que le Seigneur des armées m’a envoyé vers toi.
Et le Seigneur possédera Juda comme sa part sur la terre sainte
et il fera de nouveau le choix de Jérusalem.
Que se taise toute chair devant la face du Seigneur
car il se redresse et sort de sa sainte demeure.
Il me fit voir Jésus le grand prêtre, debout devant l’ange du Seigneur
et Satan se tenait à sa droite pour s'opposer à lui.
Et le Seigneur dit à Satan : — Que le Seigneur te réprime, Satan,
que le Seigneur te réprime, lui qui a choisi Jérusalem !
Celui-ci n’est-il pas un tison arraché du feu ?
Or Jésus était couvert d’habits sales
et se tenait devant la face de l’ange.
Et celui-ci répondit et parla à ceux qui se tenaient face à lui en disant :
— Enlevez-lui les vêtements sales.
Et il lui dit :
— Vois, j’ai fait enlever de toi ton iniquité,
et je t’ai revêtu d’habits de rechange.
Et il dit : — Mettez-lui une tiare propre sur la tête.
Et ils mirent une tiare propre sur sa tête
et le revêtirent d’habits
et l’ange du Seigneur se tenait debout.
Et l’ange du Seigneur prenait Jésus à témoin en disant :
— Ainsi parle le Seigneur des armées :
— Si tu marches dans mes voies
et si tu observes ce que j'ai commandé d'observer,
toi aussi tu gouverneras ma maison,
et tu garderas mes parvis
et je te confierai ceux qui marchent parmi ceux qui se tiennent ici.
Écoute donc, Jésus, grand prêtre
toi et tes amis qui habitent devant toi (car ce sont des hommes qui présagent)
car voici, je vais amener mon esclave Orient.
Car voici la pierre que j’ai placée devant Jésus : sur cette unique pierre il y a sept yeux ;
voici, j'effacerai sa gravure, dit le Seigneur des armées,
et j’enlèverai l’iniquité de ce pays en un seul jour !
En ce jour-là, dit le Seigneur des armées,
l'homme invitera son ami, sous la vigne et sous le figuier.
L’ange qui parlait en moi revint
et il me réveilla comme un homme qu'on réveille de son sommeil.
Et il me dit : — Que vois-tu ?
Je répondis : — J’ai vu, et voici un candélabre tout en or
avec son flambeau à son sommet
avec ses sept lampes au-dessus de lui
avec sept burettes pour les lampes qui étaient au sommet du candélabre.
Et deux oliviers sont au-dessus de lui
l’un à droite du flambeau et l’autre à sa gauche.
Et je repris la parole et je dis à l’ange qui parlait en moi, lui disant :
— Que sont ces choses, mon seigneur ?
Et l'ange qui parlait en moi me répondit et me dit :
— Ne sais-tu pas ce que sont ces choses ?
Je dis : — Non, mon seigneur.
Et il répondit et me parla en ces termes :
— Ceci est la parole du Seigneur à Zorobabel, disant :
— Ni « par une armée », ni « par la force », mais par mon Esprit, dit le Seigneur des armées.
Qui es-tu, grande montagne ? Devant Zorobabel, pour faire de toi une plaine,
il élèvera la pierre du sommet et il égalera sa grâce à la sienne.
La parole du Seigneur me fut adressée en ces termes :
— Les mains de Zorobabel ont fondé cette maison et ses mains l’achèveront
et tu sauras pourquoi le Seigneur des armées m’a envoyé vers vous.
Car qui méprisa le jour courts ?
Ils se réjouiront en voyant la pierre d'étain dans la main de Zorobabel.
Ces sept-là sont les yeux du Seigneur, qui parcourent toute la terre.
Je repris la parole et lui dis :
— Que sont ces deux oliviers à la droite du candélabre et à sa gauche ?
Je repris une seconde fois la parole et lui dis :
— Que sont les deux grappes d’olivier
qui se trouvent auprès des deux entonnoirs d’or
dans lesquels il y a des buires en or ?
Il me parla en ces termes :
— Ne sais-tu pas ce que sont ces choses ?
Je dis : — Non, seigneur.
Et il me dit : — Ce sont les deux fils de l'huile
qui se tiennent près du maître de toute la terre.
Je me retournai, levai les yeux et vis :
et voici un rouleau qui volait.
Il me dit : — Que vois-tu ?
Et je dis : — Je vois un rouleau qui vole :
sa longueur est de vingt coudées
et sa largeur, de dix coudées.
Et il me dit : — C’est la malédiction qui sort sur la face de toute la terre
car, selon ce qui y est écrit, tout voleur sera jugé
et toute personne qui jure sera jugée pareillement.
Je l'affermirai, dit le Seigneur des armées,
et elle arrivera à la maison du voleur et à la maison de celui qui jure par mon nom mensongèrement
elle se logera au milieu de sa maison
et la consumera, avec son bois et ses pierres.
Et l’ange qui parlait en moi s'avança et me dit :
— Lève tes yeux et regarde : qu'est-ce que cette chose qui s'avance ?
Et je dis : — Qu’est-ce ?
Et il dit : — C’est une amphore qui s'avance.
Et il dit : — C’est leur œil dans tout le pays.
Et voici, un disque de plomb fut soulevé
et voici une femme assise au milieu de l’amphore.
Il dit : — C'est l'impiété.
Et il la repoussa à l'intérieur de l’amphore
et jeta une masse de plomb sur son ouverture.
Et je levai les yeux et je vis :
et voici, deux femmes apparurent.
Du vent soufflait dans leurs ailes
elles avaient des ailes pareilles aux ailes du milan.
Et elles enlevèrent l’amphore entre le ciel et la terre.
Je dis à l’ange qui parlait en moi :
— Où emportent-elles l’amphore ?
Et il me dit : — Pour que lui soit bâtie une maison dans la terre de Sennaar,
pour qu'elle se maintienne là-bas et qu'elle y soit mise sur sa base.
Je me retournai, levai les yeux et vis :
et voici quatre quadriges qui sortaient d’entre les deux montagnes
et les montagnes étaient des montagnes d’airain.
Au premier quadrige il y avait des chevaux roux
et au deuxième quadrige, des chevaux noirs
au troisième quadrige, des chevaux blancs
et au quatrième quadrige, des chevaux bigarrés et vigoureux.
Je répondis et je dis à l’ange qui parlait en moi :
— Que sont ceux-ci, mon seigneur ?
Et l’ange répondit et me dit :
— Ce sont les quatre vents du ciel
qui sortent pour se présenter devant le Dominateur de toute la terre.
Là où sont les chevaux noirs, ils s'avancèrent vers la terre du septentrion
les chevaux blancs s'avançèrent derrière eux
et les bigarrés s'avancèrent vers la terre du midi.
Mais ceux qui étaient les plus vigoureux sortirent et demandaient à partir pour parcourir toute la terre.
Et il dit : — Allez, parcourez la terre !
Et ils parcoururent la terre.
Et il m’appela et il me parla en ces termes :
— Vois, ceux qui sont partis vers le pays de l'aquilon ont apaisé mon esprit dans le pays de l'aquilon.
La parole du Seigneur me fut adressée en ces termes :
— Prends de la main des exilés, de Holdaï, de Tobie et d’Idaïa,
et tu viendras toi-même en ce jour, tu entreras dans la maison de Josias, fils de Sophonie, eux qui vinrent de Babylone,
et tu prendras de l’argent et de l’or et tu feras des couronnes
et tu les poseras sur la tête de Jésus, fils de Josédec, le grand prêtre.
Tu lui parleras en ces termes :
— Ainsi parle le Seigneur des armées :
— Voici un homme son nom est « Orient »,
au-dessous de lui il lèvera et édifiera un temple pour le Seigneur :
lui-même dressera le temple pour le Seigneur,
lui-même portera la gloire
et siègera et règnera sur son trône
et un prêtre sera sur son trône
et un conseil de paix sera entre ces deux-là !
Et des couronnes reviendront à Hélem, à Tobie, à Idaïa et à Hen, fils de Sophonie
en mémorial dans le temple du Seigneur.
Ceux qui sont au loin viendront
et bâtiront le temple du Seigneur
et vous saurez pourquoi le Seigneur des armées m’a envoyé vers vous.
Cela arrivera si vous écoutez parfaitement la voix du Seigneur votre Dieu.
Il arriva que la quatrième année du roi Darius
la parole du Seigneur fut adressée à Zacharie
au quatrième jour du neuvième mois, qui est le mois de casleu.
L'on envoya Sarasar et Rogomélec, et les hommes qui étaient avec lui, pour implorer la face du Seigneur
pour parler aux prêtres de la maison du Seigneur des armées et aux prophètes en ces termes :
— Dois-je pleurer au cinquième mois
ou me sanctifier, comme je l’ai fait depuis tant d’années ?
La parole du Seigneur des armées me fut adressée en ces termes :
— Parle à tout le peuple du pays et aux prêtres en leur disant :
— Quand vous avez jeûné et quand vous vous êtes lamentés au cinquième et au septième mois, pendant ces soixante-dix années
est-ce pour moi que vous faisiez le jeûne ?
Et quand vous mangez, et quand vous buvez
n’est-ce pas pour vous que vous mangez et pour vous encore que vous buvez ?
Est-ce qu'elles n'existent pas, les paroles que le Seigneur a prononcées par la main des anciens prophètes
quand Jérusalem était encore habitée et qu'elle était riche, que les villes autour d’elle
au sud et dans les plaines étaient habitées ?
La parole du Seigneur fut adressée à Zacharie en ces termes :
— Ainsi parlait le Seigneur des armées, disant :
— Rendez un jugement juste
et que chacun d'entre vous fasse preuve de miséricorde et de compassion envers son frère
n’accusez pas la veuve et l’orphelin, l’étranger et le pauvre,
et que l'homme ne songe pas au mal contre son frère dans son cœur.
Mais ils ont refusé d’écouter
et ils ont détourné l'épaule en se retirant et endurci leurs oreilles pour ne pas entendre.
Leur cœur, ils l'ont rendu tel que l'acier, pour ne pas entendre la loi
et les paroles que le Seigneur des armées leur adressait par son Esprit, par la main des anciens prophètes.
Alors il y eut une grande indignation, de la part du Seigneur des armées.
Et il arriva : — De même qu’il avait appelé sans qu’ils écoutassent, de même ils crieront sans que je leur prête l'oreille, dit le Seigneur des armées.
Je les ai dispersés parmi tous les royaumes qu’ils ne connaissent pas
et la terre restera désolée derrière eux
sans qu'il ne s'y trouve personne qui passe et qui revienne
ils ont fait d'une terre désirable un désert.
Et le verbe du Seigneur des armées advint, disant :
— Ainsi parle le Seigneur des armées :
— Je suis jaloux de Sion d’une grande jalousie
et je suis jaloux d'elle avec beaucoup d'indignation.
Ainsi parle le Seigneur des armées :
— Je suis revenu à Sion et j'habiterai au sein de Jérusalem
et Jérusalem sera appelée « ville de vérité »
et la montagne du Seigneur des armées, « montagne sainte. »
Ainsi parle le Seigneur des armées :
— Des vieillards et des vieilles femmes reviendront habiter les places de Jérusalem
chacun son bâton à la main du fait du grand nombre de leurs jours ;
les places de la ville seront remplies de jeunes enfants et de jeunes filles jouant sur ses places !
Ainsi parle le Seigneur des armées :
— Si cela paraît difficile aux yeux du reste de ce peuple, en ces jours-là,
cela sera-t-il difficile à mes yeux ? dit le Seigneur des armées.
Ainsi parle le Seigneur des armées :
— Voici, je vais délivrer mon peuple de la terre du levant et de la terre du couchant du soleil ;
je les ramènerai et ils habiteront au sein de Jérusalem
ils seront mon peuple, et moi je serai leur Dieu, avec vérité et justice !
Ainsi parle le Seigneur des armées :
— Que vos mains reprennent des forces, vous qui en ces jours entendez ces paroles dites par la bouche des prophètes
au jour où fut fondée la maison du Seigneur des armées, pour que le Temple fût édifié.
Car, avant ces jours-là, il n’y avait pas de profit pour les hommes
ni de profit pour les bêtes
ni de répit dans son tourment pour celui qui entrait et sortait
et je lâchai tous les hommes, chacun contre son prochain !
Mais maintenant, je ne ferai plus ressurgir les jours anciens pour le reste de ce peuple, dit le Seigneur des armées.
Mais il y aura une semence de paix
la vigne donnera son fruit
la terre donnera son germe
les cieux donneront leur rosée
et je mettrai le reste de ce peuple en possession de toutes ces choses.
Et il arrivera : comme vous étiez malédiction parmi les nations, maison de Juda et maison d’Israël
ainsi je vous sauverai, et vous serez bénédiction !
Ne craignez point, que vos mains se fortifient !
Car ainsi parle le Seigneur des armées :
— Comme j'ai pensé vous affliger
lorsque vos pères avaient provoqué ma colère, dit le Seigneur des armées
et que je ne m'en suis pas repenti
ainsi j'ai pensé au contraire, en ces jours, à faire du bien à Jérusalem et à la maison de Juda
n'ayez pas peur !
Voici donc les paroles que vous observerez :
Dites la vérité, chacun à votre prochain
jugez en vérité et rendez un jugement de paix dans vos portes ;
que personne ne médite dans son cœur le mal envers son ami,
et n'aimez pas le serment mensonger,
car ce sont là toutes choses que je hais, dit le Seigneur.
La parole du Seigneur des armées me fut adressée en ces termes :
— Ainsi parle le Seigneur des armées :
— Le jeûne du quatrième mois, le jeûne du cinquième
le jeune du septième et le jeûne du dixième mois
seront changés pour la maison de Juda en joie et en allégresse, et en solennités éclatantes.
Aimez autant la vérité et la paix.
Ainsi parle le Seigneur des armées :
— Des peuples viendront alors et habiteront dans un grand nombre de villes.
Et les habitants de l’une iront à l’autre, en disant :
— Allons et implorons la face du Seigneur
et cherchons le Seigneur des armées !
Moi aussi, j'irai.
Des peuples nombreux et de puissantes nations viendront
pour chercher le Seigneur des armées à Jérusalem et pour implorer la face du Seigneur.
Ainsi parle le Seigneur des armées :
— Cela arrivera en ces jours où dix hommes de toutes les langues des nations saisiront
oui, saisiront le pan de la robe d’un Juif en disant : — Nous irons avec vous
car nous avons appris que Dieu est avec vous.
Fardeau de la parole du Seigneur contre la terre d’Adrac et de Damas, son repos,
(car le Seigneur a l 'œil sur l'homme et sur toutes les tribus d’Israël)
et aussi contre Émath, sur ses frontières, et contre Tyr et Sidon
(car elles en auront présumé pour elles-mêmes, de la sagesse !) :
Tyr s’est construit une citadelle
et elle a amassé l’argent comme de la terre
et l’or comme la boue des places :
voici, le Seigneur s’en emparera
et il fracassera sa force en mer
et elle sera dévorée par le feu !
Ashkelon verra et prendra peur
Gaza aussi, et elle souffrira trop
Accaron aussi, car son espérance est confondue ;
le roi de Gaza périra
et Ashkelon ne sera plus habitée ;
un diviseur s’installera à Ashdod
et je détruirai l’orgueil des Philistins.
J’ôterai son sang de sa bouche
et ses abominations d’entre ses dents
et lui aussi sera un reste pour notre Dieu ;
il sera comme un chef en Juda
et Accaron, comme un Jébuséen.
Et j'entourerai ma maison avec ceux qui combattent pour moi
en sorties ou en retraites,
et l'exacteur ne passera plus chez eux,
parce que désormais j’ai vu de mes propres yeux !
Tressaille d'une grande joie, fille de Sion !
Pousse des cris d’allégresse, fille de Jérusalem !
Voici, ton Roi vient à toi
le juste et le sauveur lui-même
pauvre, montant sur un âne
et sur un ânon, petit d’une ânesse
(et je détruirai le quadrige d’Éphraïm
et le cheval venu de Jérusalem
et l’arc de guerre sera mis en pièces)
et il parlera de paix aux nations
et sa puissance : de la mer à la mer
et depuis les fleuves jusqu’aux confins de la terre !
Toi aussi, par le sang de ton testament, tu as tiré tes prisonniers du lac dans lequel il n'y a pas d'eau
(revenez à la forteresse, prisonniers de l'espérance !)
aujourd'hui même je l'annonce : — C'est au double que je vais te rendre !
Puisque j'ai bandé pour moi Juda
comme un arc, et garni Éphraïm
je susciterai tes fils, Sion, contre tes fils, Grèce,
et je te brandirai comme le glaive des braves.
Le Seigneur Dieu apparaîtra au-dessus d’eux
et son trait partira comme la foudre
le Seigneur Dieu sonnera de la trompette
et avancera dans les tourbillons du midi.
Le Seigneur des armées les protégera
ils dévoreront, ils soumettront avec les pierres de la fronde !
Ils boiront et seront enivrés comme de vin
et ils seront remplis comme les coupes,
comme les cornes de l’autel.
Le Seigneur leur Dieu les sauvera en ce jour-là, comme le troupeau de son peuple
parce que des pierres saintes sont élevées sur sa terre.
Qu'a-t-il de bon, en effet, et qu'a-t-il de beau,
sinon le blé des élus et le vin qui fait germer les vierges ?
Réclamez
du Seigneur la pluie dans la saison tardive et le Seigneur fera tomber la neige
et il donnera une pluie d'orage, à chacun de l’herbe dans son champ.
Parce que les statues ont parlé inutilement,
que les devins ont vu des mensonges
et que les faiseurs de songes ont parlé en l'air,
c'est en vain qu'ils s'efforçaien de consoler !
voilà pourquoi ils ont été emmenés comme un troupeau...
ils seront mis à bas parce qu'ils n'ont pas de pasteur !
Contre les bergers ma fureur s’est enflammée
et je visiterai les boucs !
Car le Seigneur des armées a visité son troupeau, la maison de Juda,
et il en fait son cheval de gloire à la guerre :
de lui l'angle, de lui le pieu, de lui l’arc de guerre
de lui sortira tout exacteur, en bloc ;
à la guerre, ils seront comme des braves foulant la boue des rues
et ils guerroieront car le Seigneur sera avec eux
et il seront confondus, les monteurs de chevaux !
Je fortifierai la maison de Juda
et je sauverai la maison de Joseph
et je les convertirai car j’ai compassion d’eux
et ils seront comme ils étaient quand je ne les avais pas rejetés :
en effet, moi je suis le Seigneur leur Dieu et je les exaucerai.
Et ils seront comme les braves d’Éphraïm
et leur cœur sera réjoui comme par le vin
et leurs fils verront et se réjouiront
et leur cœur tressaillira dans le Seigneur.
Je les sifflerai et je rassemblerai leur troupeau parce que je les ai rachetés
et je les multiplierai comme ils s’étaient multipliés auparavant
et je les sémerai parmi les peuples
et ils se souviendront de moi au loin
et ils vivront avec leurs fils et ils reviendront.
Je les ramènerai de la terre d’Égypte
et je rassemblerai leur troupeau d’Assyrie
et je les conduirai vers la terre de Galaad et du Liban
et il ne se trouvera pas assez de place pour eux.
Et il passera par le détroit de la mer
et il frappera les flots dans la mer
et toutes les profondeurs du Fleuve seront confondues
et la superbe d'Assur sera humiliée
et le sceptre de l’Égypte s'éloignera.
Je les fortifierai dans le Seigneur et ils marcheront en son nom, dit le Seigneur.
Ouvre tes portes, Liban
et que le feu dévore tes cèdres !
Ulule, sapin, parce qu'un cèdre est tombé,
parce que des magnifiques ont été abattus !
Ululez, chênes de Basan
parce qu'on l'a abattue, la forêt fortifiée !
La voix des bergers a hurlé,
parce que leur magnificence a été ravagée ;
la voix des lions a rugi,
parce que l'orgueil du Jourdain a été ravagé.
Ainsi parle le Seigneur, mon Dieu :
— Fais paître les brebis d'abattoir
que ceux qui les avaient possédées tuaient (et ils n'en souffraient pas !),
et qu'ils vendaient en disant :
— Béni soit le Seigneur : nous voici riches !
et que leurs bergers n’épargnaient pas.
— Moi non plus, je n’épargnerai plus longtemps les habitants de la terre, dit le Seigneur :
voici que moi, je livrerai les hommes chacun aux mains de son prochain et aux mains de son roi ;
ils dévasteront la terre et je ne les arracherai pas de leurs mains.
Et je ferai paître le bétail d'abattoir
pour cette raison, pauvres du troupeau.
Et je pris pour moi deux houlettes
l’une, je l'ai nommée « Beauté », et l’autre, je l'ai nommée « Cordelette »
et je fis paître le troupeau.
Et je retranchai trois bergers en un seul mois
et mon âme s'est resserrée à leur égard
puisque leur âme a été inconstante envers moi
et je dis : — Je ne vous paîtrai plus ;
que ce qui meurt, meure
que ce qui est abattu, soit abattu,
et que chacun de ceux qui restent dévore la chair de son prochain !
Je pris ma houlette qui était nommée « Beauté » et je la brisai
pour que fût rompue l'alliance que j’ai conclue avec tous les peuples
et elle fut rompue en ce jour-là
et ainsi les pauvres du troupeau, qui me gardent fidélité, surent que c'était la parole du Seigneur.
Et je leur dis : — Si cela est bon à vos yeux, donnez-moi mon salaire ; sinon, soyez-en quittes.
Et ils pesèrent mon salaire : trente sicles d’argent.
Et le Seigneur me dit : — Jette-le au statuaire,
ce beau prix auquel ils m'ont apprécié !
Et je pris les trente sicles d’argent et je les jetai dans la maison du Seigneur, au statuaire.
Je brisai ma seconde houlette, qui s'appelait « Cordelette »
pour rompre la fraternité entre Juda et Israël.
Le Seigneur me dit :
— Prends maintenant pour toi l'équipement d’un berger insensé.
Car voici que moi, je vais susciter sur la terre un berger
qui ne visitera pas les brebis qui se perdent
qui ne cherchera pas ce qui est dispersé
et qui ne guérira pas ce qui est blessé
et il ne nourrira pas ce qui se porte bien
et il mangera les chairs des bêtes grasses
et fendra leur sabot.
Malheur au berger et idole qui délaisse le troupeau !
Que le glaive soit sur son bras et sur son œil droit !
Son bras se dessèchera d'aridité
et son œil droit s’obscurcira de ténèbres !
Fardeau de la parole du Seigneur sur Israël :
le Seigneur qui étend le ciel et fonde la terre et qui forme l’esprit de l’homme au-dedans de lui a dit :
— Voici, moi, je tournerai Jérusalem en linteau de tripot pour tous les peuples d’alentour
même Juda participera au siège contre Jérusalem !
Et il arrivera en ce jour-là : je tournerai Jérusalem en fardeau de pierre pour tous les peuples ;
tous ceux qui le soulèveront seront lacérés par ses entailles
et s’assembleront contre elle tous les royaumes de la terre.
En ce jour-là, dit le Seigneur,
je frapperai de stupeur tous les chevaux
et de démence ceux qui les montent
et j’ouvrirai les yeux sur la maison de Juda
et je frapperai d’aveuglement tous les chevaux des peuples.
Et les chefs de Juda diront en leur cœur :
— Les habitants de Jérusalem sont une force pour moi, par le Seigneur des armées, leur Dieu.
En ce jour-là, je ferai des chefs de Juda comme un brasier de feu dans du bois
et comme une torche de feu dans du foin
et ils dévoreront à droite et à gauche tous les peuples d’alentour
et Jérusalem sera habitée de nouveau, dans son lieu, à Jérusalem.
Le Seigneur sauvera les tabernacles de Juda comme au commencement
pour que la maison de David ne se glorifie pas
et que l'orgueil des habitants de Jérusalem ne s’élève pas contre Juda.
En ce jour-là, le Seigneur protégera les habitants de Jérusalem
et celui qui chancelle parmi eux sera en ce jour-là comme David
et la maison de David sera comme Dieu, comme l’ange du Seigneur à sa vue.
Et il arrivera en ce jour-là : je m’appliquerai à détruire tous les peuples qui viendront contre Jérusalem.
Et je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication
et ils regarderont vers moi, celui qu’ils ont transpercé
et ils se lamenteront sur lui comme on se lamente sur un fils unique
et ils souffriront pour lui comme on souffre de la mort d'un premier-né.
En ce jour-là, la lamentation sera grande à Jérusalem
comme la lamentation d’Adadremmon dans la vallée de Megiddo.
La terre se lamentera, familles et familles à part
les familles de la maison de David à part
et leurs femmes à part
la famille de la maison de Nathan à part
et ses femmes à part
la famille de la maison de Lévi à part
et ses femmes à part
la famille de Séméi à part
et ses femmes à part
toutes les autres familles, familles et familles à part
et leurs femmes à part.
En ce jour-là, il y aura une source ouverte à la maison de David
et aux habitants de Jérusalem, pour laver le pécheur et la femme souillée de menstrues.
Et il arrivera en ce jour-là, dit le Seigneur des armées :
j’abolirai de la terre les noms des idoles et on ne s'en souviendra plus
et j’ôterai les prophètes et l’esprit impur de la terre.
Et si quelqu’un prophétise encore,
son père et sa mère, qui l’ont engendré, lui diront :
— Tu ne vivras pas, car tu as dit des mensonges, au nom du Seigneur !
Et son père et sa mère, ses géniteurs, le transperceront pendant qu’il prophétisera.
Et il arrivera en ce jour-là : les prophètes seront confondus
chacun d'entre eux, par sa propre vision, quand il prophétisera
et ils ne se couvriront plus d'un manteau qui ressemble à un sac, afin de mentir.
Mais tel dira : — Je ne suis pas prophète
moi, je suis un homme qui cultive la terre
car Adam a été mon exemple depuis ma jeunesse.
Et on lui dira : — Qu’est-ce que ces plaies au milieu de tes mains ?
et il dira : — Celles que j'ai reçues dans la maison de ceux qui m'aimaient.
Épée, réveille-toi contre mon berger,
contre l’homme qui est lié à moi, dit le Seigneur des armées !
Frappe le berger, et que les brebis soient dispersées,
et je retournerai ma main vers les petits.
Et il arrivera : sur toute la terre, dit le Seigneur
les deux tiers y seront exterminés et manqueront
et le dernier tiers y sera laissé.
Et je conduirai le dernier tiers dans le feu, et je les épurerai par le feu, comme on épure l’argent
et je les éprouverai comme on éprouve l’or.
Lui-même invoquera mon nom, et moi je l'exaucerai.
Je dirai : — Il est mon peuple ! Et lui dira : — Le Seigneur est mon Dieu !
Voici que viennent les jours du Seigneur, et tes dépouilles seront partagées au milieu de toi.
J’assemblerai toutes les nations contre Jérusalem pour le combat
et la ville sera prise, les maisons seront ravagées, les femmes violées
et la moitié de la ville partira en captivité
mais le reste du peuple ne sera pas enlevé de la ville.
Alors le Seigneur s'avancera et combattra contre ces nations-là, comme il combattit en un jour de bataille.
Ses pieds se poseront, en ce jour-là, sur le mont des Oliviers, qui est en face de Jérusalem, vers le levant
et le mont des Oliviers se fendra par le milieu, vers le levant et vers le couchant, en une très grande ouverture
et une moitié de la montagne se séparera vers le septentrion, et l’autre moitié vers le midi.
Et vous fuirez vers la vallée de mes montagnes
car la vallée des montagnes se joindra au lieu le plus proche.
Et vous fuirez comme vous avez fui devant le tremblement de terre aux jours d’Ozias, roi de Juda.
Et viendra le Seigneur mon Dieu, et tous les saints avec lui.
Et il arrivera en ce jour-là : il n’y aura pas de lumière, mais du froid et du gel.
Ce sera un jour unique qui est connu du Seigneur
ni un jour ni une nuit
et au moment du soir il y aura de la lumière.
Et il arrivera en ce jour-là : des eaux vives sortiront de Jérusalem
moitié vers la mer orientale
et moitié vers la mer la plus neuve
il en sera ainsi en été comme en hiver.
Et le Seigneur sera roi sur toute la terre :
en ce jour-là, le Seigneur sera unique
et son nom sera unique.
Toute la terre reviendra au désert
de la colline de Remmon au midi de Jérusalem.
Et elle sera élevée et habitera en son lieu
depuis la porte de Benjamin jusqu’au lieu de l'ancienne porte, jusqu’à la porte des Angles
et depuis la tour de Ananéel jusqu’aux pressoirs du roi.
Les hommes habiteront en elle et il n’y aura plus d’anathème
mais Jérusalem reposera en sûreté.
Voici quelle sera la plaie dont le Seigneur frappera tous les peuples qui auront combattu contre Jérusalem :
la chair de tous les bien-portants tombera en pourriture
et leurs yeux pourriront dans leurs orbites
et leur langue pourrira dans leur bouche.
En ce jour-là, un grand trouble venu du Seigneur se répandra en eux ;
l'homme saisira la main de son prochain
et portera la main sur la main de son prochain.
Mais Juda aussi combattra contre Jérusalem.
Et les richesses de toutes les nations d’alentour seront rassemblées
or, argent et vêtements en grand nombre.
C'est ainsi qu'arrivera la ruine du cheval, du mulet, du chameau et de l'âne
et de toutes les bêtes qui se trouveront dans ce camp-là :
une ruine semblable à celle-ci.
Tous ceux qui seront restés, issus de toutes les nations qui seront venues contre Jérusalem
monteront d'année en année pour adorer le roi, le Seigneur des armées
et pour célébrer la fête des Tentes.
Et parmi les familles de la terre qui ne sera pas monté à Jérusalem
pour se prosterner devant le roi, le Seigneur des armées :
il n’y aura pas sur eux de pluie d'orage.
Et si la famille d’Égypte aussi ne monte et ne vient pas, il n’y aura pas non plus de pluie sur elle,
mais il y aura la ruine dont le Seigneur frappera toutes les nations
qui ne seront pas montées pour célébrer la fête des tabernacles.
Tel sera le péché de l’Égypte et le péché de toutes les nations
qui ne seront pas montées pour célébrer la fête des tabernacles.
En ce jour-là, il arrivera : ce qui est sur la bride du cheval sera consacré au Seigneur
et les marmites seront dans la maison du Seigneur, comme des coupes devant l'autel.
Et toute marmite dans Jérusalem et dans Juda sera consacrée au Seigneur des armées.
Et tous ceux qui sacrifieront viendront prendre leurs nourritures de ces marmites et les y cuire,
et en ce jour-là, il n’y aura plus de marchand dans la maison du Seigneur des armées.
ICI FINIT LE PROPHÈTE ZACHARIE