Non, ce n'est pas parce qu'il est plein de cadavres que ce livre s'appelle le « livre des Maccabées » ! Les « maccabées » dont il est question ici ne sont pas ceux de l'humour carabin, bien qu'on donne parfois pour origine de cet usage du mot l'épisode des sept frères suppliciés dans le second livre des Maccabées (une autre origine pourrait être les personnages de la danse macabre). Le surnom de « Maccabée » donné à Judas et à ses frères signifie « marteau » : ils firent, en effet aux avant-postes de la guerre culturelle menée en leur temps par les Judéens contre la mondialisation hellénistique.
Les guerres culturelles ne sont pas une invention moderne : on trouve dans ce livre aussi des partisans qui se réfugient dans les déserts, des autochtones qui voient leurs communautés envahies. La lutte des Judéens pour maintenir « la Loi et l'alliance » fut pleinement une guerre identitaire : on lutta pour sa culture, sa langue, son droit autonome. Commencée comme une guerre civile, la résistance menée par les frères Maccabées finit par rendre son indépendance à la Judée, pour la première fois depuis la fin de dynastie de David ! Inspirations théologiques et aspirations nationales sont ici impossibles à séparer. C'est facilement le livre le plus guerrier de toute la Bible ! Dans un contexte d’instabilité politique internationale, les Judéens sous la conduite de Mattathias et de ses fils (les Maccabées) forment leur identité nationale en s'opposant à la culture hellénistique dominante.
Relevant pleinement de l'historiographie hellénistique, le premier livre des Maccabées raconte quarante années d'histoire politique et militaire (175-135 av. J.-C.). L'abondance des noms propres, des dates, des toponymes rend la lecture difficile, mais elle est aussi la preuve qu'il s'agit d'un document historique de qualité. Le grand paradoxe de ce récit de libération nationale est que cette épopée des Judéens contre l'empire hellénistique est ... typiquement hellénistique ! Le motif d'un petit groupe de héros qui s'opposent à un tyran violent et orgueilleux a beaucoup en commun avec le mythe de Sparte (il est d'ailleurs question de l'alliance avec Sparte en 1M 12).
Un autre paradoxe est que ce livre à la gloire des « martyrs d'Israël » n'est pas retenu dans le canon rabbinique (ni, par conséquent, dans le canon protestant). Le paradoxe est d'autant plus fort que le livre contient le récit d'institution d'une des fêtes liturgiques les populaires : la fête de la Dédicace ou Hanoukka (*lit1M 4,36-60). Les raisons du refus juif des Maccabées sont multiples : peut-être est-ce à cause de sa vision positive des Romains (au moment où le canon est fixé, les Romains viennent de détruire le Temple) ? Peut-être est-ce à cause du conflit entre les pharisiens (admirés des rabbins) et la dynastie des descendants des Maccabées (les Hasmonéens) ? Ce qui est certain, c'est qu'après l'échec des deux révoltes juives du début de notre ère, le judaïsme s'est traditionnellement méfié de tout messianisme politique. Inversement, les mêmes raisons peuvent expliquer l'extraordinaire popularité des Maccabées dans le sionisme, et dans l'État d'Israël : ils ont même donné leur nom à une bière et à un célèbre club sportif !
Le livre n'est pas cité dans le Nouveau Testament, mais la fête de la Dédicace Hanoukkah constitue le contexte (Jn 10,22) d'une prédication de Jésus.
La narration suit les péripéties des personnages.
Le livre porte les caractéristiques de l’historiographie hellénistique. Formellement, chaque épisode se compose des séquences suivantes :
La vision de l’histoire est aristocratique : ces sont les individus exceptionnels et leurs virtus qui décident du déroulement des évènements. Le combat contre le tyran et la valorisation de la liberté au-dessus de sa propre vie trouvent également des parallèles significatifs dans le monde grec.
Le but de l'auteur est d'offrir une vision religieuse et morale des événements. Le peuple, châtié pour ses péchés, est persécuté, et c'est Dieu qui lui vient en aide, par les victoires de ses chefs. Le cœur de l'affrontement se joue entre la loyauté à la foi des pères et l'hellénisation païenne. L'auteur se fait donc le chantre de cette victoire de la Loi et du Temple donnant ainsi la liberté au peuple.
Une tablette cunéiforme donnant la succession des Séleucides a permis de mieux comprendre la chronologie du livre. 1M suit le décompte macédonien, à partir d'octobre 312 av. J.-C. Mais il faut excepter tout ce qui a trait au Temple, daté selon le calendrier judéo-babylonien (1M 1,54 ; 2,70 ; 4,52 ; 9,3.54 ; 10,21 ; 13,41.51 ; 14,27 ; 16,14).
Après un siècle généralement pacifique d’une dépendance de l’Egypte des Lagides, Juda fut annexé par un autre royaume hellénistique, la Syrie des Séleucides. S'étalant sur quarante ans, entre le début du règne d'Antiochus Épiphane en 175 av. J.-C., et la mort de Simon avec l'avènement de Jean Hyrcan en 134. La cohérence entre 1 et 2 Maccabées confère une réelle valeur historique à ces livres. Des découvertes récentes rendent possible des comparaisons, comme pour la chronologie de la mort d'Antiochus Epiphane, qui a lieu avant la purification du Temple (2M 9,1-29) en 164 — ce que confirme une tablette babylonienne — contrairement à 1M 6,1-13.
On n'a gardé qu'une traduction grecque de l'original hébreu d'1M. Le livre est écrit de la perspective de Jérusalem, en hébreu, par un patriote et un homme pieux, enraciné dans la culture biblique ou il trouva ses perspectives théologiques (les similitudes à la théologie deutéronomiste) et le langage de ses poèmes (lamentations, éloges des hérauts). Il est clairement un fervent partisan des Hasmonéens, car les Maccabées ne tarissent pas d'éloges dans son œuvre. Cependant, il est conscient des tensions internes, car il souligne également que les Juifs sont responsables de la persécution religieuse. L'éloge de Rome (1M 8) permet de le situer la rédaction entre 134 et 63 av. J.C. Des précisions supplémentaires peuvent être obtenues grâce aux derniers versets (1M 16,23s) qui placent la rédaction vers la mort de Jean Hyrcan (100 av. J.C.).
Les deux Livres des Maccabées n'appartiennent pas au canon scripturaire juif.
1M et 2M sont aujourd’hui reconnus par les Églises orthodoxes et l'Église catholique comme inspirés (livres deutérocanoniques). Mais l’histoire a connu de nombreuses hésitations. Le fait d’être les seuls livres deutérocanoniques mentionnés par (†254) après les vingt-deux livres du canon fermé des Juifs et d’être appelés par lui une Écriture (graphê), témoigne d’une estime particulière pour les Maccabées. Cependant, ces livres ne font pas partie du canon protestant ; dans les Bibles protestantes ils sont classés comme des apocryphes (recommandés pour la piété personnelle mais non considérés comme inspirés).
Ils font partie des catalogues officiels à partir de la fin du 4e s. Mais en Orient, au 4e s.,
Les Maccabées sont même exclus des Écritures au synode de Laodicée (360), mais reconnus par le synode de Carthage (397). Pour (†367), ils n’appartiennent pas aux protocanoniques, mais (†410) les accepte sous la rubrique « livres ecclésiastiques ». (†604) les donne seulement à lire pour l’édification de l’Église, sans leur reconnaître de caractère canonique. Le Décret de Gélase (ou Pseudo-Gélase) les compte dans le canon des Ecritures.
Ils figurent dans la liste des livres inspirés au (1442) et au (1546), dont le décret est réaffirmé par le (1870).
Il est important de noter que même si les Livres des Maccabées ne font pas partie du canon, ils rapportent l'institution de trois fêtes :
Ces trois fêtes étaient encore observées à l'époque rabbinique. Aujourd'hui, la fête de Hanoukkah commémore la réinauguration de l'autel des offrandes dans le second Temple après la persécution séleucide. Et l'une des bénédictions prononcées lors de l'allumage des bougies rappelle l'action de Mattathias.
ICI COMMENCE LE PREMIER LIVRE DES MACCABÉES
Après qu'Alexandre le Macédonien, fils de Philippe, qui régna d'abord sur la Grèce
fut sorti de la terre des Quetites et eut frappé Darius, roi des Perses et des Mèdes, il advint
qu'il livra de nombreuses batailles
s'empara des places fortes de tous et fit mourir les rois de la terre.
Il poussa jusqu’aux confins de la terre
et prit le butin d'une multitude de nations, et la terre se tut sous son regard.
Il rassembla une force armée excessivement puissante
et son cœur s'exalta et s'éleva ;
il soumit les pays et les tyrans des nations jusqu'à se les rendre tributaires.
Après cela, il tomba sur son lit et comprit qu’il était en train de mourir :
il anoblit ceux de ses serviteurs qui avaient été nourris avec lui dès leur jeunesse
et divisa pour eux son royaume alors qu'il était encore en vie.
Alexandre régna douze ans avant de mourir ;
et ceux qui l'avaient servi obtinrent un royaume, chacun en son lieu
et il ceignirent tous le diadème après sa mort
et leurs fils après eux durant de longues années :
et les maux se multiplièrent sur la terre.
Et après cela poussa d'eux, racine pécheresse, Antiochus l'Illustre, fils du roi Antiochus, qui avait été otage à Rome ;
et il devint roi en la cent trente-septième année de la royauté des Grecs.
En ces jours-là poussèrent en Israël des fils iniques, et ils persuadèrent beaucoup de monde en disant :
— Allons-y, faisons alliance avec les nations qui sont autour de nous
car depuis que nous nous sommes séparés d’elles, bien des maux nous sont arrivés !
Et ce discours parut bon à leurs yeux :
quelques-uns désignèrent [des hommes] du peuple pour aller trouver le roi
lequel leur donna l’autorisation de pratiquer le droit des nations ;
et ils construisirent un gymnase à Jérusalem selon les lois des nations
et ils se firent des prépuces
et se retirèrent de l'Alliance sainte et se joignirent aux nations
et même se vendirent pour pouvoir faire le mal !
Et le royaume fut affermi aux yeux d'Antiochus
et il entreprit de régner sur la terre d'Égypte pour régner sur deux royaumes :
il pénétra en Égypte entouré d'une multitude imposante
avec chars, éléphants, cavaliers et abondante multitude de navires
et engagea une guerre contre Ptolémée, roi d’Égypte.
Ptolémée prit peur devant sa face et s'enfuit :
de nombreux blessés tombèrent
Antiochus prit des villes fortes en terre d’Égypte
et reçut les dépouilles de la terre d'Égypte.
Il s'en retourna après avoir frappé l’Égypte en cent quarante-trois
puis monta contre Israël :
il monta à Jérusalem entouré d'une multitude imposante
pénétra le Sanctuaire dans sa superbe
et s'empara et de l’autel d’or, et du candélabre allumé avec tous ses instruments, et de
la table [des pains] de proposition, et des bassins à libation
et des coupes, et des écuelles d’or, et du voile, et des couronnes
et de l'ornement d’or qui était sur la façade du Temple
et il ruina tout.
Il s'empara aussi et d’argent, et d’or et d'objets désirables
et il s'empara des trésors cachés qu’il trouva.
Et, ayant tout fait enlever, il s'en alla dans son pays
fit une boucherie d'hommes et débita beaucoup de paroles superbes ...
Il y eut grand deuil en Israël et en tout lieu où ils se trouvaient :
chefs et anciens poussèrent des gémissements
vierges et jeunes gens perdirent leur vigueur
et la beauté des femmes s’altéra
tout époux fit entendre des lamentations
celles qui étaient assises dans la chambre nuptiale pleuraient
la terre aussi fut troublée, en plus de ceux qui l'habitaient
et toute la maison de Jacob se couvrit de confusion.
Deux ans après, le roi envoya un responsable des contributions dans les cités de Juda
et vint à Jérusalem avec une foule considérable ;
il lui adressa des paroles prétendument pacifiques, ils eurent confiance en lui
et soudain il se jeta sur la cité, la frappa d’un coup
et perdit une grande part du peuple d'Israël.
Il prit le butin de la cité, y fit mettre le feu
et détruisit ses maisons et ses murs d’enceinte ;
ils emmenèrent les femmes comme captives, et les enfants et les troupeaux, ils s'en emparèrent.
Ils édifièrent la cité de David avec un mur grand et fort et de fortes tours, elle devint leur citadelle
et ils y posèrent une nation de pécheurs :
des hommes iniques ! Et ils s'y fortifièrent,
y posèrent des armes et des vivres, rassemblèrent le butin de Jérusalem
et l'y déposèrent. Alors ils se transformèrent en un vaste lacs
(et cela tourna au guet-apens pour le sanctuaire) et en diable méchant contre Israël :
ils effusèrent alors un sang innocent autour du sanctuaire,
ils souillèrent le sanctuaire
et les habitants de Jérusalem s'enfuirent à cause d'eux ;
elle devint l'habitation d'étrangers, elle devint étrangère à sa propre semence
et ceux qui lui étaient nés l'abandonnèrent !
Son sanctuaire fut désolé comme une solitude
ses jours de fête tournèrent en deuil
ses sabbats en opprobre
son honneur en néant ;
à l’égal de sa gloire se multiplia son ignominie
et sa sublimité fut changée en deuil.
Le roi Antiochus écrivit alors à tout son royaume pour qu'il fût tout entier un seul et unique peuple :
chacun abandonna sa loi propre
et toutes les nations consentirent au verbe du roi Antiochus
et beaucoup de ceux d'Israël l'acceptèrent, et sacrifièrent aux idoles, et profanèrent le sabbat.
Le roi Antiochus envoya donc par les mains de messagers des décrets à Jérusalem et à toutes les cités de Juda, afin qu'elles suivissent la loi des nations de la terre
et qu'elles interdissent qu'holocaustes, sacrifices et libations fussent célébrés dans le temple de Dieu
et qu'elles interdissent de célébrer le sabbat et les jours solennels
et qu'elles profanassent les lieux saints et le peuple saint d'Israël !
Il ordonna aussi d'édifier des autels, des temples et des idoles
et d’immoler de la chair de porc et du petit bétail
et de laisser leurs fils incirconcis
et de souiller leurs âmes par toutes sortes d’impuretés et d'abominations,
de telle sorte qu'ils finissent par oublier la Loi et par changer toutes les ordonnances de Dieu
et quiconque n’aurait pas agi selon le verbe du roi Antiochus mourrait.
C'est avec ces mots précis qu'il écrivit à tout son royaume
et qu'il préposa des princes pour le peuple qui finissent à le forcer d'exécuter tout cela :
et ils commandèrent aux cités de Juda de sacrifier.
Et beaucoup [d'hommes] du peuple se joignirent à ceux qui avaient abandonné la Loi du Seigneur : ils firent du mal sur la terre
Les livres de la Loi qu'on trouvait, on les brûlait par le feu après les avoir lacérés.
Le quinze du mois de casleu,
en l'an [cent] quarante-cinq
le roi Antiochus édifia l’abominable idole de la désolation sur l’autel de Dieu
et dans toutes les cités de Juda des alentours ils édifièrent des autels :
devant les portes des maisons et dans les places publiques, ils brûlaient de l’encens et sacrifiaient ;
les livres de la Loi de Dieu, ils les brûlèrent au feu en les déchirant
et celui chez qui on trouvait les livres de l’Alliance du Seigneur
et celui qui observait la Loi du Seigneur
selon l'édit du roi, ils les égorgeaient.
Ils faisaient cela contre le peuple d'Israël qui, dans sa vaillance, se trouvait chaque mois dans les cités
et qui, le vingt-cinq du mois, sacrifiait sur l’autel qui était vis-à-vis de l’autel [des holocaustes].
Et les femmes qui circoncisaient leurs fils étaient égorgées, selon l'ordre du roi Antiochus :
ils prenaient les enfants par les épaules pour les soulever, dans chacune de leurs maisons
et ceux qui les avaient circoncis, ils les égorgeaient.
Cependant beaucoup [d'hommes] du peuple d'Israël résolurent en eux-mêmes de ne rien manger d'impur :
ils préférèrent mourir plutôt que de se souiller avec des mets impurs
ils ne voulurent pas enfreindre la Loi de Dieu et furent égorgés.
Une très grande colère s'abattit alors sur le peuple.
En ces jours-là se leva Matthathias, fils de Jean, fils de Simeon, prêtre d’entre les fils de Joarim, de Jérusalem ;
et il s'établit sur la montagne de Modin.
Il avait cinq fils :
Jean, surnommé « Gaddis »,
Siméon, surnommé « Thasi »
Judas, appelé « Maccabée »,
Éléazar, surnommé « Abaron »
et Jonathas, surnommé « Apphus ».
Ceux-ci virent les maux qui se perpétraient dans le peuple de Juda et dans Jérusalem
et Matthathias dit :
— Malheur à moi ! Pourquoi suis-je né pour voir la ruine de mon peuple et la ruine de la ville sainte
et rester là assis alors qu’elle est livrée aux mains des ennemis ?
Les choses saintes sont passées aux mains des étrangers,
son Temple est comme un individu insignifiant,
les vases qui faisaient sa gloire ont été emportés sous séquestre
on a massacré ses jeunes hommes sur les places
et ses jeunes hommes sont tombés sous l'épée des ennemis !
Quelle nation n’a pas hérité de son royaume
et ne s'est pas emparée de ses dépouilles ?
Toute sa parure a été enlevée :
de libre qu'elle était, elle est devenue esclave !
Et voici, nos lieux saints, notre beauté et notre gloire ont été dévastés
et les nations les ont profanés.
À quoi bon pour nous vivre encore ?
Alors Matthathias et ses fils déchirèrent leurs vêtements ;
ils se couvrirent de cilices et menèrent un grand deuil.
Or, les envoyés du roi Antiochus vinrent en ce lieu
forcer ceux qui s'étaient réfugiés dans la cité de Modin
à sacrifier, à brûler [de l'encens] et à renoncer à la Loi de Dieu
et beaucoup [d'hommes] du peuple d'Israël, [y] consentant, allèrent à eux ;
mais Matthathias et ses fils demeurèrent fermes.
Les envoyés d'Antiochus firent cette réponse à Matthathias :
— Tu es un chef très illustre, grand dans cette cité
et considéré comme honorable parmi tes fils et tes frères.
Avance donc le premier, et exécute l'ordre du roi comme l'ont fait toutes les nations
et les hommes de Juda et ceux qui sont restés à Jérusalem !
Tu seras, toi et tes fils, parmi les amis du roi
comblé d'argent, d'or et de nombreux présents.
Matthathias répondit et dit d'une voix forte :
— Quand bien même toutes les nations obéiraient au roi Antiochus
au point que chacune se soustraie à l'obéissance due à ses propres pères et acquiesce aux ordres de celui-là,
moi, mes fils et mes frères, nous obéirons à la loi de nos pères
(que Dieu nous soit propice !) :
nous ne pouvons validement abandonner la loi et les justices de Dieu !
Nous n’écouterons pas les mots du roi Antiochus
et nous ne sacrifierons pas, transgressant les commandements de notre Loi pour aller par l'autre voie !
Dès qu’il eut fini de prononcer ces mots
un Juif s’avança sous les yeux de tous pour sacrifier aux idoles sur l’autel, dans la cité de Modîn, suivant l'ordre du roi :
Matthathias le vit, il en eut mal, ses reins tremblèrent,
sa colère monta conformément au jugement de la loi
et, bondissant, il le trucida sur l’autel.
Quant à l'homme que le roi Antiochus avait envoyé et qui forçait à sacrifier, il le tua aussi au même moment
puis il détruisit l'autel,
brûlant de zèle pour la Loi comme Finéès lorsqu'il vit Zambri, fils de Salomi.
Alors Matthathias cria d'une voix forte, disant :
— Que tous ceux qui ont le zèle de la Loi et qui veulent maintenir l’Alliance me suivent !
Et ils s’enfuirent, lui et ses fils, dans les montagnes
abandonnant tout ce qu’ils avaient dans la cité.
Alors descendirent au désert beaucoup de ceux qui recherchaient le droit et la justice
pour y demeurer
eux, leurs fils, leurs femmes et leurs troupeaux
puisque sur eux s'endurcirent les maux.
Or, on annonça aux hommes du roi et à l'armée qui était à Jérusalem dans la cité de David
que certains qui avaient transgressé l’ordre du roi s'étaient retirés dans des endroits cachés au désert
et que beaucoup les avaient suivis
et aussitôt ils marchèrent vers eux
et se préparèrent à les combattre au jour des sabbats.
Ils leur dirent : — Vous avez résisté jusqu'à maintenant
mais [à présent] sortez et agissez selon la parole du roi, et vous vivrez !
Et [les Juifs] répondirent : — Nous ne sortirons pas et nous n'obtempérerons pas au verbe du roi qui nous ferait profaner le jour du sabbat !
Alors ils engagèrent le combat contre eux.
Ils ne leur répondirent pas et n'obstruèrent pas leurs cachettes
mais dirent : — Mourons tous, avec la loyauté qui est la nôtre
et le ciel et la terre nous seront témoins que vous nous faites périr injustement !
Et ils leur firent la guerre le [jour des] sabbats :
ils moururent, eux, leurs femmes
leurs fils et leurs troupeaux jusqu'à mille âmes ;
Matthathias le sut ainsi que ses amis
et ils menèrent pour eux un grand deuil.
Et chacun dit à l'autre :
— Si nous faisons tous comme ont fait nos frères
et si nous ne nous battons pas contre les nations pour nos âmes et nos croyances
ils nous extermineront très vite de la terre !
Ils délibérèrent, ce jour-là, en disant :
— Tout homme qui viendra en guerre contre nous le jour des sabbats :
battons-nous contre lui, et nous ne mourrons pas tous comme sont morts nos frères dans leurs cachettes...
Alors se joignit à eux un groupe d’Assidéens d’Israël, de force vaillante :
tous ceux qui s'offraient volontairement pour la Loi
et tous ceux qui cherchaient un refuge loin des maux les rejoignirent en renfort.
Ils rassemblèrent une armée
et frappèrent les pécheurs dans leur colère
et les hommes iniques dans leur indignation ;
les autres s'enfuirent vers les nations pour [leur] échapper.
Matthathias et ses compagnons firent des rondes et détruisirent les autels
ils circoncirent de force tous les enfants incirconcis qu’ils trouvèrent sur le territoire d’Israël
et poursuivirent les fils d'orgueil ;
et, dans leurs mains, le travail porta ses fruits :
ils ressaisirent la Loi de la main des nations et des rois
et ne donnèrent pas de corne au pécheur.
Or, approchèrent les jours où Matthathias devait mourir.
Il dit à ses fils :
— Maintenant s'est affermi l'orgueil : [voici] le châtiment, le temps de la ruine
et la colère de l'indignation !
A présent, mes enfants, soyez donc des zélateurs de la Loi
et donnez vos vies pour l’Alliance de nos pères ;
souvenez-vous des œuvres des pères, celles qu'ils ont accomplies dans leurs générations
et vous recevrez une grande gloire et un nom éternel :
Abraham ne fut-il pas été trouvé fidèle dans la tentation, et cela ne lui fut-il pas compté comme justice ?
Joseph, au temps de sa détresse, garda le commandement, et il devint seigneur de l’Égypte
Finéès, notre père, pour avoir brûlé du zèle de Dieu, reçut l'alliance d’un sacerdoce éternel
Jésus pendant qu'il accomplit le verbe, est devenu le chef d'Israël
Caleb, pendant qu'il témoigne dans l’assemblée, a reçu l'héritage
David, pour sa miséricorde, obtint le trône de la royauté pour les siècles
Élie, pendant qu'il brûle de zèle pour la Loi, a été reçu au ciel
Ananie, Azarias et Misaël, pour avoir cru, furent sauvés de la flamme
Daniel, pour son intégrité, fut délivré de la gueule des lions.
Ainsi, considérez que, de génération en génération,
tous ceux qui espèrent en lui ne faiblissent pas
et les paroles de l'homme pécheur, ne les craignez pas
car sa gloire c'est du fumier, et bon pour les vers !
Aujourd’hui, il est exalté, mais demain on ne le trouvera plus
parce qu’il sera retourné à sa poussière et que ses pensées auront péri.
Vous donc, mes fils, soyez forts et agissez courageusement pour la Loi, car c'est par elle que vous serez rendus glorieux.
Et voici Siméon, votre frère : je sais qu’il est homme de bon conseil
écoutez-le toujours ! C'est lui vous sera un père.
Quant à Judas Maccabée, vaillant depuis sa jeunesse,
qu'il soit le chef de votre armée et qu'il mène lui-même le combat du peuple !
Et vous, vous vous adjoindrez tous ceux qui pratiquent la Loi :
assurez la vengeance de votre peuple
rétribuez les nations selon leur rétribution
et soyez attentifs à [respecter] le décret de la Loi.
Puis il les bénit et fut réuni à ses pères.
Il mourut en cent quarante-six
et fut enseveli par ses fils dans les sépulcres de ses pères à Modin
et tout Israël le pleura d'un grand pleur.
Judas, appelé « Maccabée », son fils, se leva à sa place.
Il reçut l'aide de tous ses frères
et de tous ceux qui s’étaient attachés à son père
et ils menèrent le combat d'Israël avec allégresse :
il étendit au loin la gloire de son peuple
et se revêtit d'une cuirasse comme un géant ;
il ceignit ses armes de guerre dans les combats
et protégeait le camp de son épée.
Il devint semblable au lion dans ses hauts faits :
tel un lionceau rugissant à la chasse
il pourchassa les hommes iniques et les
débusqua
et ceux qui troublaient son peuple, il les livra aux flammes.
Les ennemis furent repoussés par la crainte qu'il inspirait :
tous les ouvriers d’iniquité furent épouvantés
et le salut prit forme dans sa main.
Il remplit maints rois d'amertume
et réjouit Jacob par ses hauts faits :
à jamais sa mémoire sera en bénédiction !
Il parcourut les cités de Juda, en extermina les impies
et détourna d’Israël le courroux [de Dieu] ;
son nom retentit jusqu’à l'extrémité de la terre
et il rassembla ceux qui allaient périr.
Mais Apollonius rassembla des nations [païennes] et de Samarie une force nombreuse et puissante pour combattre Israël.
Judas le sut, sortit à sa rencontre
le battit et le tua :
de nombreux blessés tombèrent et les autres s'enfuirent ;
il prit leurs dépouilles
et Judas arracha l’épée d’Apollonius
et s’en servit tous les jours au combat.
Séron, le chef de l’armée de Syrie, apprit que Judas avait groupé auprès de lui un groupe et une assemblée de fidèles
et dit : — Je vais le faire un nom et me couvrir de gloire dans le royaume ! Je combattrai Judas
et ceux qui sont avec lui, qui méprisaient le verbe du roi.
Il se prépara, et avec lui monta le camp des impies, puissants auxiliaires,
pour se venger des fils d'Israël.
Ils s'approchèrent jusqu'à Bethoron
et Judas sortit au devant de lui avec un tout petit nombre d'hommes.
Mais quand ils virent l’armée venant à leur rencontre, ils dirent à Judas :
— Comment pourrons-nous, en si petit nombre, lutter contre une si puissante multitude
alors que nous sommes exténués par le jeûne d'aujourd’hui ?
Judas répondit : — Beaucoup peuvent être contenus par une poignée d'hommes
et au regard du Dieu du ciel, il n’y a pas de différence entre sauver avec beaucoup ou une poignée d'hommes ;
car la victoire à la guerre ne dépend pas de la multitude des troupes,
mais c’est du ciel que vient la force.
Eux viennent contre nous, débordant d'insolence et d'orgueil
pour nous exterminer, nous, nos femmes et nos fils, et pour nous dépouiller !
Mais nous, nous combattrons pour nos âmes et pour nos lois
et le Seigneur lui-même les écrasera devant notre face !
N'ayez donc pas peur d'eux.
Dès qu’il eut fini de parler, il bondit sur eux à l'improviste
et Séron et son armée furent écrasés devant lui.
[Judas] le poursuivait sur la descente de Bethoron jusqu’à la plaine :
il tomba parmi eux huit cents hommes
et les autres s'enfuirent au pays des Philistins.
Alors la crainte inspirée par Judas et ses frères et la frayeur [s'abattirent] sur toutes les nations autour d'eux :
son nom parvint jusqu’au roi
et toutes les nations parlaient des batailles de Judas...
Or, quand le roi Antiochus
entendit ces discours, il s'irrita dans son cœur
et envoya rassembler l'armée de tout son royaume : camp très puissant !
Il ouvrit son trésor, donna à son armée une solde d'un an et lui enjoignit de se tenir prête à tout.
Il s’aperçut alors que l’argent manquait dans ses trésors
et que les tributs de la province étaient minces par suite des dissensions et du fléau
qu’il avait provoqués dans le pays en supprimant les coutumes qui existaient depuis les premiers jours ;
il craignit de ne plus avoir assez, comme la première et la deuxième fois, pour les dépenses et les libéralités
qu’il avait faites auparavant à pleines mains et dont il avait usé avec abondance, plus encore que les rois qui l’avaient précédé.
Il fut donc dans une grande tristesse intérieure
et résolut d’aller en Perse lever les tributs des provinces
et ramasser beaucoup d’argent.
Il laissa Lysias, homme noble et de naissance royale,
à la tête des affaires du royaume, depuis le fleuve Euphrate jusqu’au fleuve de l’Égypte,
et [le chargea] de l'éducation d'Antiochus, son fils, jusqu’à son retour.
Il lui confia la moitié des troupes et des éléphants
et lui donna des ordres au sujet de tout ce qui lui tenait à cœur et des habitants de la Judée et de Jérusalem :
il devait envoyer contre eux une armée pour anéantir et exterminer la puissance d’Israël et ce qui restait de Jérusalem
et bannir leur mémoire de ce lieu
pour établir des fils d’Étrangers sur tout leur territoire
et partager au sort leur terre...
Le roi prit ensuite avec lui une partie des troupes qui restaient
et partit d’Antioche, capitale de son royaume,
en l'an cent quarante-sept ;
il traversa le fleuve de l’Euphrate
et parcourut les contrées d'en haut.
Lysias choisit Ptolémée, fils de Dorimini, Nicanor et Gorgias, hommes puissants parmi les amis du roi,
et les envoya avec quarante mille fantassins et sept mille cavaliers
afin de se rendre au pays de Juda
pour le dévaster selon l’ordre du roi.
Ils s'avancèrent au fur et à mesure avec toute leur armée
et vinrent prendre position près d’Emmaüs, dans la plaine.
Or, quand les marchands de la contrée entendirent leur nom,
ils prirent de l'argent, de l’or en très grande quantité et des enfants
et vinrent au camp pour emmener les fils d'Israël en esclavage.
À eux se joignit une troupe de Syrie et du pays des Étrangers.
Judas et ses frères virent que les maux s'étaient multipliés
et qu'une armée campait à leurs frontières ;
ils connurent aussi les ordres qu’avait donnés le roi de détruire le peuple et de l'anéantir.
Ils se dirent les uns aux autres :
— Sortons notre peuple de cet état d'abjection !
Battons-nous pour notre peuple et les [lieux] saints !
La communauté se réunit alors pour être prête au combat
pour prier et implorer miséricorde et pitié
car Jérusalem était inhabitée, elle était même comme un désert !
Nul n’entrait et nul ne sortait parmi ses enfants
le Sanctuaire était piétiné et des fils d'Étrangers étaient dans la citadelle :
c'est là qu'était la demeure des nations
mais la joie fut bannie de Jacob, la flûte et la harpe y disparurent.
Ils se rassemblèrent et vinrent à Masefat, en face de Jérusalem
car le lieu où l'on priait auparavant pour Israël était à Masefat.
Ils jeûnèrent ce jour-là, et revêtirent des cilices ; ils [mirent] de la cendre sur leur tête
ils déchirèrent leurs vêtements
et ouvrirent le livre de la Loi aux passages que scrutaient les nations pour trouver une ressemblance avec leurs simulacres ;
ils apportèrent les vêtements sacerdotaux
les prémices et les dîmes
firent venir des Nazoréens qui avaient accompli les jours [de leur naziréat]
et crièrent d'une voix forte vers le ciel, disant :
— Que ferons-nous de ceux-ci ? Où les emmènerons-nous ?
Tes lieux saints ont été piétinés et profanés, tes prêtres sont dans le deuil et l’humiliation
et voici, les nations se sont rassemblées contre nous pour nous anéantir !
Tu sais, toi, ce qu'elles méditent contre nous.
Comment pourrons-nous résister en face d'elles
si toi, tu ne viens pas à notre aide ?
Ils firent alors retentir les trompettes avec force
et Judas nomma des chefs pour le peuple :
des tribuns, des centurions, des pentacontarques et des décurions
et il dit à ceux qui bâtissaient des maisons
ou qui s'étaient fiancés, ou qui plantaient une vigne
ou qui avaient peur, de s’en retourner chacun chez soi conformément à la Loi.
Ils levèrent ensuite le camp et prirent position au sud d’Emmaüs.
Judas [leur] dit : — Ceignez-vous, soyez des fils vaillants !
Soyez prêts au matin à vous battre contre ces nations
qui se sont rassemblées pour nous perdre, nous et nos lieux saints,
car mieux vaut pour nous mourir au combat
que voir les malheurs de notre nation et de nos lieux saints.
Que la volonté du ciel soit faite, quelle qu'elle soit !
Gorgias prit avec lui cinq mille fantassins et mille cavaliers d’élite
et ils levèrent le camp pendant la nuit
pour s'approcher du camp des Juifs et les frapper à l'improviste ;
des fils de la citadelle lui servaient de guides.
Judas l’apprit et se leva avec ses généraux
pour aller frapper le gros des troupes du roi qui était à Emmaüs
car l'armée était encore dispersée à l'extérieur du camp.
Gorgias arriva de nuit au camp de Judas, mais il ne trouva personne
et il les cherchait dans les montagnes, s'étant dit : — Ils fuient devant nous !
Et quand vint le jour, Judas parut dans la plaine avec trois mille hommes seulement
lesquels n’avaient ni boucliers ni glaives
et ils aperçurent le camp des nations fortifié
avec des cuirassiers et une cavalerie autour d'eux ;
et ils étaient, eux, exercés au combat...
Judas dit aux hommes qui étaient avec lui :
— Ne craignez pas leur multitude
et ne redoutez pas leur attaque :
rappelez-vous comment nos pères ont été sauvés dans la mer Rouge
lorsque Pharaon les poursuivait avec son armée !
Faisons à présent monter notre clameur au ciel, et il aura pitié de nous et de l'Alliance de nos pères !
Il écrasera cette armée devant nous aujourd’hui
et toutes les nations sauront qu’il y a quelqu'un pour racheter et libérer Israël.
Les Étrangers levèrent alors les yeux
et les virent marcher dans leur direction :
ils sortirent du camp pour le combat,
ceux qui étaient avec Judas sonnèrent de la trompette
et ils engagèrent la bataillle : les nations furent écrasées et s’enfuirent dans la plaine
mais les derniers rangs tombèrent tous sous l’épée.
[Les Juifs] les poursuivirent jusqu’à Gesoron et jusqu'aux plaines d'Idumée, d’Ashdod et de Jamnia
et il tomba parmi eux près de trois mille hommes.
Judas revint ensuite sur ses pas, suivi de son armée,
et dit au peuple : — Ne soyez pas avides de butin, car la bataille est devant nous :
Gorgias et son armée sont dans la montagne, près de nous...
Au contraire, tenez ferme contre nos ennemis et détruisez-les
après quoi vous prendrez le butin.
Et comme Judas parlait encore, on vit apparaître une partie [de l'armée] en train de faire le guet du haut de la montagne
et ils virent que les leurs avaient été mis en déroute et que leur camp avait été incendié
(la fumée qu’on apercevait signalait ce qui était arrivé).
Ils eurent très peur en s'en apercevant,
et lorsqu'ils découvrirent au même moment Judas et son armée dans la plaine, prêts à combattre,
ils s’enfuirent tous au pays des Étrangers.
Judas revint pour [dépouiller] le butin du camp
et ils prirent beaucoup d’or et d’argent,
de l'hyacinthe, de la pourpre marine et de grandes richesses
et chantaient leur hymne en revenant et bénissaient le Ciel :
— Car il est bon, car éternelle est sa miséricorde !
Le salut fut grand pour Israël ce jour-là.
Mais les Étrangers qui s'étaient échappés vinrent annoncer à Lysias tout ce qui était arrivé
et, en l'apprenant, il en fut consterné
et sentait son cœur défaillir, parce que ce qui était arrivé en Israël n'était ni comme il l'avait voulu
ni comme le roi l'avait ordonné.
Il réunit l'année suivante soixante mille hommes d’élite et cinq mille cavaliers
pour en venir à bout ;
ils vinrent en Judée
et établirent leur camp à Bethoron.
Judas alla à leur rencontre avec dix mille hommes.
À la vue de cette puissante armée, [Judas] pria et dit :
— Tu es béni, sauveur d’Israël, toi qui as brisé l'assaut du puissant par la main de ton serviteur David
et qui as livré l'armée des Étrangers aux mains de Jonathan, fils de Saül, et de celui qui portait ses armes !
Enferme cette armée dans la main de ton peuple Israël,
qu'ils soient confondus par leur propre armée et leurs propres cavaliers
sème la panique dans leurs rangs et dissipe l'audace [qu'ils tirent de] leur force !
Que leur anéantissement les épouvante !
Renverse-les par l’épée de ceux qui t'aiment
et que tous ceux qui connaissent ton nom te louent dans les hymnes.
Ils engagèrent [le combat], et il tomba de l'armée de Lysias cinq mille hommes.
Mais Lysias, voyant la déroute des siens
et l'audace des Juifs, et considérant qu'ils étaient prêts avec courage à vivre comme à mourir, partit pour Antioche
et choisit des soldats pour revenir en Judée avec des forces supérieures.
Alors Judas et ses frères dirent :
— Voici nos ennemis écrasés !
Montons à présent purifier les lieux saints et les reconstruire.
Toute l’armée se rassembla, et ils montèrent au mont Sion :
ils virent le Sanctuaire désert, l’autel profané, les portes complètement brûlées
et dans les parvis les plantes qui avaient poussé comme dans un bois ou dans les montagnes, et les chambres abattues...
Ils déchirèrent leurs vêtements et se lamentèrent d'une lamentation bruyante
ils mirent sur eux de la cendre
et tombèrent face contre terre
ils sonnèrent les trompettes qui servaient à donner les ordres et firent monter une clameur vers le ciel ;
puis Judas prescrivit à ses hommes de livrer combat à ceux qui étaient dans la citadelle jusqu’à ce que [les prêtres] eussent purifié le lieu saint.
Il choisit des prêtres sans tache et zélés pour la Loi de Dieu :
ils purifièrent le lieu saint
et emportèrent les pierres qui avaient été contaminées dans un lieu impur.
On délibéra sur ce qu’on devait faire de l’autel des holocaustes, qui avait été profané,
et il leur vint l'heureuse idée de l'abattre
de peur qu’il ne fût pour eux un sujet d'opprobre, du fait que les nations l’avaient souillé.
Ils démolirent l'autel
et en déposèrent les pierres sur la montagne de la Maison, dans un endroit convenable
en attendant que vînt un prophète qui [leur] donnerait une réponse à ce sujet ;
ils prirent ensuite des pierres brutes, conformément à la Loi
et bâtirent un nouvel autel conforme au précédent.
Ils rebâtirent le lieu saint et ce qui était au-dedans de la maison, à l'intérieur, et sanctifièrent le Temple et les parvis
ils firent de nouveaux vases sacrés et rapportèrent dans le Temple le candélabre, l’autel des parfums et la table.
Ils brûlèrent de l’encens sur l’autel
et allumèrent les lampes qui étaient sur le candélabre, et elles éclairaient dans le Temple ;
ils déposèrent des pains sur la table et suspendirent les rideaux
et achevèrent tous les travaux qu'ils avaient entrepris.
Ils se levèrent avant le matin
le vingt-cinq du neuvième mois, qui est le mois de casleu,
en l'an cent quarante-huit,
et offrirent un sacrifice, conformément à la Loi, sur le nouvel autel des holocaustes
qu’ils avaient fait.
Au temps et au jour où les nations l'avaient profané,
en ce [jour], il fut rétabli au son des cantiques, des cithares, des harpes et des cymbales !
Tout le peuple tomba à terre, et ils adorèrent
et bénirent au ciel celui qui leur avait été favorable.
Ils firent la dédicace de l'autel pendant huit jours
et offrirent des holocaustes avec allégresse, et [des sacrifices] d'actions de grâces et de louanges ;
ils ornèrent la façade du Temple de couronnes d'or et d’écussons
consacrèrent les entrées et les chambres
et les munirent de portes.
L'allégresse fut très grande dans le peuple,
et l’opprobre infligé par les nations fut écarté.
Judas, avec ses frères et toute l’assemblée d’Israël,
décida que le jour de la dédicace de l’autel serait célébré en son temps chaque année pendant huit jours
à partir du vingt-cinq du mois de casleu, dans la joie et l'allégresse.
On bâtit à la même époque, sur le mont Sion
et tout autour, des remparts élevés et de puissantes tours
dans la crainte que les gens des nations ne vinssent le fouler aux pieds, comme ils l'avaient fait auparavant :
[Judas] y plaça une garnison pour le garder
et le fortifia pour protéger Bethsura
afin que le peuple eût une forteresse en face de l’Idumée.
Et il advint que, lorsque les nations alentour apprirent que l'autel et le Sanctuaire avaient été reconstruits comme auparavant
elles entrèrent dans une grande colère :
elles pensaient exterminer la race de Jacob, qui était parmi eux
et commencèrent à en tuer certains dans le peuple et à [les] poursuivre avec acharnement.
Judas faisait la guerre aux fils d'Ésaü en Idumée
et à ceux qui étaient en Acrabattene
parce qu'ils assiégeaient les Israélites ;
et il les frappa d'une grande plaie.
Puis il se souvint de la méchanceté des fils de Béan, qui étaient pour le peuple un piège et une pierre d'achoppement
par les embûches qu'ils dressaient sur son chemin
et, les ayant bloqués dans leurs tours,
il les assiégea, les voua à l’anathème
et brûla leurs tours dans les flammes avec tous ceux qui étaient dedans.
Puis il passa chez les fils d'Ammon, où il trouva une puissante troupe et un peuple nombreux, et Timothée, leur chef,
et il engagea contre eux de nombreux combats :
ils furent écrasés sous leurs yeux et il les battit ;
puis il prit la cité de Jazer et ses filles
et revint en Judée.
Les nations qui étaient en Galaad se rassemblèrent contre les Israélites qui étaient sur leur territoire afin de les exterminer
et ceux-ci s'enfuirent à la forteresse de Datheman
et envoyèrent à Judas et à ses frères des lettres, disant :
« Les nations qui nous entourent se sont rassemblées contre nous pour nous faire périr :
elles se préparent à venir et à s’emparer de la forteresse où nous nous sommes réfugiés,
et c'est Timothée qui commande leur armée.
Viens donc maintenant nous arracher de leurs mains
car [déjà] un grand nombre des nôtres sont tombés !
Tous nos frères qui étaient dans le pays de Tubi ont été mis à mort
ils ont emmené en captivité leurs femmes et leurs enfants et [ont pris] leurs biens ;
ils ont tué en ce lieu environ mille hommes. »
On était encore en train de lire leurs lettres
et voici, d'autres messagers survinrent de Galilée,
les vêtements déchirés, apportant un message en ces termes :
ils disaient que s'étaient rassemblés contre eux depuis Ptolémaïde, Tyr, Sidon et toute la Galilée des Étrangers « pour nous exterminer » !
Quand Judas et le peuple eurent entendu ces paroles, il se réunit une grande assemblée
[afin de] délibérer : que devaient-ils faire pour leurs frères, qui étaient en butte à l'affliction et aux assauts des ennemis ?
Judas dit à Simon, son frère :
— Choisis-toi des hommes et va délivrer tes frères qui sont en Galilée ;
moi et Jonathan, mon frère, nous irons en Galaaditide.
Il laissa Joseph, fils de Zacharie, et Azarias, chefs du peuple, avec le reste de l’armée pour assurer la garde en Judée
et il [leur] donna cet ordre, disant : — Gouverne[z] ce peuple
mais n’engagez pas de combat contre les nations avant notre retour.
À Simon furent assignés trois mille hommes pour aller en Galilée
et à Judas, huit mille pour la Galaaditide.
Simon partit en Galilée et engagea de nombreux combats contre les nations :
les nations furent écrasées devant lui
et il les poursuivit jusqu'à la porte
de Ptolémaïde.
Il tomba d’entre les nations près de trois mille hommes, dont il prit les dépouilles ;
il fit saisir les [Juifs] de Galilée et d'Arbates avec leurs femmes, leurs enfants et tout ce qu'ils avaient
et [les] emmena en Judée dans une grande allégresse.
Puis Judas Maccabée, Jonathan et ses frères passèrent le Jourdain
et firent une marche de trois jours dans le désert ;
les Nabuthéens se portèrent à leur rencontre, les accueillirent pacifiquement
et leur racontèrent tout ce qui était arrivé à leurs frères en Galaaditide :
— Beaucoup d’entre eux se sont trouvés enfermés à Barasa, Bosor, Alimas, Casfor, Maged et Carnaïn (ce sont toutes des cités fortifiées et grandes,
mais dans les autres cités de Galaaditide aussi on les tient enfermés)
et demain, [vos ennemis] ont résolu de faire marcher leur armée contre ces cités,
de les encercler et de les exterminer le même jour.
Judas et son armée changèrent aussitôt de route pour le désert de Bosor :
il occupa la cité, massacra toute la population mâle avec le glaive dévorant
prit toutes leurs dépouilles et fit mettre le feu à la [ville].
Ils se levèrent, partirent de nuit et marchèrent jusqu’à la forteresse ;
mais il advint qu'au point du jour, lorsqu'ils levèrent les yeux...
voici, [ils virent] un peuple considérable, innombrable, qui dressait des échelles et des machines de guerre
pour occuper la forteresse et [les] prendre d'assaut.
Il le voit, Judas, la bataille a [déjà] commencé et, comme la trompette, monte jusqu’au ciel la clameur de la guerre
et une grande clameur venue de la cité !
Il dit à son armée :
— Battez-vous aujourd'hui pour vos frères !
Et il marcha en trois rangées vers l'arrière des ennemis
dans la clameur des trompettes
et les exclamations de prière.
Le camp de Timothée reconnut que c’était Maccabée :
ils s’enfuirent devant lui et [les Juifs] les frappèrent d'une grande plaie
et il tomba parmi eux, ce jour-là, près de huit mille hommes.
Judas obliqua ensuite à Maspha, l'attaqua, la prit, en tua tous les mâles
il en prit le butin et y fit mettre le feu :
de là il continua à s'avancer et s’empara de Casbon, de Maged, de Bosor et du reste des cités de Galaaditide.
Après quoi Timothée rassembla une autre armée
et établit son camp en face de Rafon, au-delà du torrent.
Judas envoya [une partie de] l'armée en reconnaissance
et on lui fit ce rapport :
— Toutes les nations qui nous entourent se trouvent rassemblées auprès de lui : c'est une armée excessivement nombreuse !
Il a embauché des Arabes en renfort
et ils ont établi leur camp au-delà du torrent, prêts à venir t'attaquer.
Judas marcha à leur rencontre.
Timothée dit aux chefs de son armée
alors que Judas et son armée s’approchaient du cours du torrent :
— S’il passe le premier vers nous,
nous ne pourrons pas lui résister car dans sa puissance, il l'emportera sur nous ;
mais s’il craint de passer et qu'il établit son camp au-delà du fleuve
traversons dans leur direction et nous l'emporterons sur lui.
Mais lorsque Judas fut proche du cours du torrent
il plaça les scribes du peuple près du torrent
et leur donna cet ordre, disant :
— Ne laissez personne en arrière, mais qu'ils viennent tous au combat.
Puis il traversa le premier, dans leur direction ; et tout le peuple après lui.
Tous ceux des nations furent écrasés devant eux :
ils jetèrent leurs armes et s’enfuirent vers l'enceinte sacrée
qui est à Carnaïn
mais il prit possession de cette même cité, fit mettre le feu à l'enceinte sacrée avec tous ceux qui s’y trouvaient
et Carnaïn fut écrasée et ne put résister face à Judas.
Judas rassembla alors tous les Israélites qui étaient en Galaaditide,
du plus petit au plus grand, avec leurs femmes et leurs enfants
et une très grande armée pour venir en terre de Juda.
Ils atteignirent Éfron :
c'était une grande cité située à l'entrée [du pays], très fortifiée.
On ne pouvait l'éviter par la droite ou par la gauche : au contraire, la route passait en son milieu.
Ils atteignirent Éfron :
c'était une grande cité située à l'entrée [du pays], très fortifiée.
On ne pouvait l'éviter par la droite ou par la gauche : au contraire, la route passait en son milieu.
Ils atteignirent Éfron :
c'était une grande cité située à l'entrée [du pays], très fortifiée.
On ne pouvait l'éviter par la droite ou par la gauche : au contraire, la route passait en son milieu.
Ils atteignirent Éfron :
c'était une grande cité située à l'entrée [du pays], très fortifiée.
On ne pouvait l'éviter par la droite ou par la gauche : au contraire, la route passait en son milieu.
Ceux qui étaient dans la cité s'enfermèrent et obstruèrent les portes avec des pierres.
Judas leur envoya porter des paroles de paix,
disant :
— [Laissez-nous] passer sur votre terre pour aller dans notre terre !
Personne ne vous fera du mal : nous passerons seulement à pied.
Mais ils refusaient de leur ouvrir
alors Judas fit proclamer dans le camp
que chacun prît position là où il était.
Les hommes de courage prirent alors position :
il assiégea cette cité tout le jour et toute la nuit
et la cité fut livrée entre ses mains.
Ils passèrent toute la population mâle par le glaive dévorant ; il la détruisit de fond en comble, prit son butin
et traversa toute la cité en marchant sur ceux qui avaient été tués.
Ils passèrent ensuite le Jourdain dans la grande plaine qui est en face de Beth-Shéan :
Judas allait, ralliant les traînards
et encourageant le peuple tout le long du chemin jusqu’à leur arrivée en terre de Juda.
Ils montèrent sur le mont Sion dans la joie et l'allégresse
et offrirent des holocaustes car aucun d'eux n'était tombé
et ils étaient revenus en paix.
Aux jours où Judas et Jonathan étaient en terre de Galaad
et Simeon, leur frère, en Galilée, face à Ptolémaïde,
Joseph, fils de Zacharie
et Azarias, chef de l’armée, apprirent leurs exploits et les combats qui s'étaient déroulés
et se dirent : — Faisons-nous un nom, nous aussi !
Allons combattre les nations qui sont autour de nous.
Ils donn[èrent] donc [leurs] ordres aux soldats de [leur] armée et marchèrent sur Jamnia,
mais Gorgias sortit de la cité à leur rencontre avec ses hommes pour combattre,
et Joseph et Azarias furent mis en déroute jusqu’aux frontières de Judée.
Il tomba ce jour-là du peuple d’Israël environ deux mille hommes
et la déroute fut grande parmi le peuple
parce qu’ils n’avaient pas écouté Judas et ses frères,
pensant qu'ils se battraient vaillamment :
or, ils n’étaient pas de la race de ces hommes par qui le salut advint en Israël.
Les hommes de Judas furent en très grand honneur devant tout Israël
et devant toutes les nations où l'on entendit leur nom
on se rassemblait auprès d’eux avec des acclamations de joie.
Judas sortit ensuite avec ses frères et ils attaquèrent les fils d’Ésaü dans le pays du midi :
il frappa Chebron et ses filles
brûla tout autour ses murs et ses tours
puis leva le camp pour aller au pays des Étrangers
et parcourut la Samarie
(ce jour-là tombèrent au combat des prêtres qui, voulant accomplir des exploits,
sortirent inconsidérément au combat).
Judas se tourna ensuite vers Ashdod, au pays des Étrangers,
et il vit leurs autels et le butin de leurs dieux : il y fit mettre le feu
prit le butin des cités et revint en terre de Juda.
Cependant, alors qu'il parcourait les hautes provinces, le roi Antiochus
apprit que la cité d'Élymaïde en Perse était très célèbre, qu'elle abondait en argent et en or
et qu'elle avait un temple très riche où se trouvaient les voiles d’or, les cuirasses et les boucliers
qu'avait laissés Alexandre, fils de Philippe, roi de Macédoine, le premier qui régna en Grèce.
Il vint, et il cherchait à prendre la cité et à la piller. Mais il ne le put
car le plan vint à la connaissance de ceux qui étaient dans la cité :
ils se dressèrent pour le combat
et il s'enfuit de là, partit en grande hargne
et revint à Babylone.
Or, on venait lui annoncer en Perse que les camps qui étaient en terre de Juda : — Ont été mis en fuite,
que : — Lysias est parti sur-le-champ avec une forte armée mais a été mis en fuite devant les Juifs,
et ils ont accru leur puissance grâce aux armes, aux ressources et à l'abondant butin qu'ils ont pris ;
et que : — Ils ont démoli l’abomination, qu'il avait fait édifier sur l’autel qui était à Jérusalem
et le Sanctuaire, exactement comme avant, ils l'ont entouré de murailles élevées
et Bethsura aussi, sa propre cité !
Il advint, lorsque le roi entendit de telles paroles, qu'il fut saisi de frayeur et profondément ébranlé :
il tombe sur son lit et tombe malade de tristesse
parce que ça ne s'est pas passé comme il le pensait.
Il demeura là longtemps
parce que la tristesse qui se renouvelait en lui était grande ;
il crut qu'il allait mourir.
Il appela alors tous ses amis et leur dit :
— Le sommeil s’est retiré de mes yeux ;
je me suis effondré et mon cœur a défailli à cause de l'inquiétude
et j'ai dit à mon cœur :
— Dans quelle affliction suis-je tombé
et dans quels flots de tristesse me trouvé-je à présent,
moi qui étais heureux et aimé dans mon pouvoir !
À présent, je me souviens bien des maux que j’ai causés à Jérusalem :
là-bas, j’ai emporté tout le butin d’argent et d'or qui s’y trouvait
et j’ai envoyé exterminer les habitants de la Judée sans raison...
Je reconnais donc qu'à cause d'eux, ces maux-là m'ont trouvé :
et voici, je meurs dans une grande tristesse sur une terre étrangère !
Il appela Philippe, un de ses amis,
l’établit sur la totalité de son royaume
et lui donna son diadème, sa robe [royale] et son anneau
afin qu'il éduquât son fils Antiochus, qu'il l'élevât et le fît régner.
Le roi Antiochus mourut en ce lieu
en l'an cent quarante-neuf
et quand Lysias apprit la mort du roi,
il fit régner son fils Antiochus, qu’il avait élevé depuis son jeune âge
et l'appela du nom d’Eupator.
Or, ceux qui étaient dans la citadelle encerclaient Israël autour des lieux saints
et cherchaient sans cesse à lui faire du mal en appuyant les nations :
Judas résolut de les exterminer
il convoqua tout le peuple pour les assiéger
et ils se réunirent tous.
Ils les assiégèrent en l'an cent cinquante
et construisirent des balistes et des machines de guerre
mais certains, qui étaient assiégés, firent une sortie et parmi les impies d'Israël, il y en eut pour se joindre à eux !
Ils s'en allèrent trouver le roi et dirent :
— Jusqu’à quand ne feras-tu pas justice et ne vengeras-tu pas nos frères ?
Nous nous sommes engagés à servir ton père
à marcher selon ses ordres et à obéir à ses édits :
et c'est à cause de cela que les fils de notre peuple se détournaient de nous
que tous ceux d’entre nous qu'on trouvait étaient mis à mort
et que nos héritages étaient pillés ;
et ce n’est pas seulement sur nous qu’ils ont étendu la main, mais encore sur toutes nos frontières !
Et voici, ils ont pris position aujourd'hui près de la citadelle de Jérusalem pour l'occuper
et ils ont fortifié la forteresse de Bethsura :
si tu ne les devances pas très vite, ils iront encore plus loin et tu ne pourras plus les tenir.
Le roi fut irrité en entendant cela ;
il convoqua tous ses amis, les chefs de son armée et ceux qui commandaient aux cavaliers.
De plus, des autres royaumes et même des îles de la mer lui vinrent des troupes mercenaires
et le nombre de ses troupes s'élevait à cent mille fantassins, vingt mille cavaliers
et trente-deux éléphants dressés au combat.
Ils vinrent par l’Idumée et prirent position près de Bethsura.
Ils se battirent pendant de longs jours et construisirent des machines de guerre
mais [les assiégés], étant sortis, y mirent le feu et se battirent avec courage ;
Judas s'éloigna alors de la citadelle
et déplaça son camp vers Bethzacara, en face du camp du roi.
[Lui] se leva avant le jour et lança l'assaut de ses troupes en face, sur le chemin de Bethzacara ;
ses troupes se disposèrent pour le combat et firent sonner les trompettes.
On montra aux éléphants du sang de raisin et de mûres pour les exciter au combat
on répartit les bêtes entre les légions
on plaça auprès de chaque éléphant mille hommes portant des cottes de mailles
et des casques d'airain sur leurs têtes
et cinq cents cavaliers, d’élite, étaient disposés auprès de chaque bête.
Ces derniers précédaient la bête partout où elle devait être, et partout où elle allait, ils allaient :
ils ne s'en écartaient pas.
Il y avait aussi sur chaque bête de fortes tours de bois qui servaient de protection
et sur celles-ci des machines de guerre
et sur chacune d'entre elles trente-deux braves qui combattaient d'en haut, et à l'intérieur, le maître de la bête.
Le reste de la cavalerie, il le plaça de part et d'autre en deux ailes, avec leurs trompettes
[pour] exciter l'armée et encourager ceux qui étaient entassés au milieu de ses légions
et lorsque le soleil brilla sur les boucliers d’or et d'airain, les montagnes resplendirent [de leur éclat] :
elles resplendirent comme des lampes de feu.
Une partie de l’armée du roi parcourut les sommets montagneux, les autres, les endroits peu élevés ;
ils avançaient avec précaution et en ordre
et tous les habitants [du pays] étaient troublés par le bruit de leur multitude
et par l'arrivée de la foule et du fracas des armes :
l'armée était en effet extrêmement grande et puissante.
Judas et son armée s’approchèrent pour combattre ;
et il tomba dans l’armée du roi six cents hommes.
Éléazar, fils de Saura, vit alors
une des bêtes harnachée de harnais royaux :
elle dépassait les autres bêtes
et il lui sembla que le roi était sur elle !
Il s'offrit, afin de sauver son peuple
et acquérir pour lui-même un nom éternel...
Il courut à elle hardiment au milieu de la légion en tuant à droite et à gauche
et de tous côtés ils tombaient devant lui ;
il alla entre les pieds de l’éléphant, se plaça en-dessous de lui et le tua
mais [l’éléphant] tomba à terre sur lui : et il mourut là.
[Les Juifs], considérant la force militaire du roi et la violence de son armée, se retirèrent devant eux,
mais l'armée du roi monta contre eux à Jérusalem : le roi établit son camp en Judée, près du mont Sion
et fit la paix avec ceux de Bethsura.
Ils sortirent de la cité parce qu’ils n’avaient pas [assez] de provisions à cet endroit pour s'y laisser bloquer
(car c’était les sabbats pour la terre).
Le roi occupa Bethsura,
y plaça une garnison pour la garder,
orienta son camp en direction du lieu saint durant [ces] longs jours
et y dressa des balistes, des machines de guerre, de quoi lancer des projectiles enflammés,
des catapultes pour jeter des pierres et des javelots,
des scorpions pour envoyer des flèches, et des frondes.
Mais les [Juifs] construisirent eux aussi des machines de guerre contre leurs machines de guerre
et se battirent de longs jours durant.
Or, il n’y avait pas de vivres dans la cité parce que c’était la septième année
et que ceux des nations qui étaient restés en Judée avaient consommé les restes de ce qu'on avait mis en réserve :
il ne resta dans les lieux saints qu’un tout petit nombre
parce que la faim avait eu raison d'eux ;
[les autres] se dispersèrent chacun chez soi.
Lysias apprit cependant que Philippe, que le roi Antiochus avait désigné alors qu'il vivait encore
pour élever son fils Antiochus en vue de la royauté,
était revenu de Perse et de Médie suivi de l'armée qui était partie avec lui
et qu'il cherchait à prendre [la direction] des affaires du royaume.
Il se hâta d'aller dire au roi et aux chefs de l’armée :
— Nous nous épuisons de jour en jour, nous avons peu de vivres
la place que nous assiégeons est fortifiée
et il nous incombe de mettre ordre [aux affaires] du royaume.
Alors tendons à présent la main à ces hommes
et faisons la paix avec eux et avec toute leur nation !
Admettons qu'ils marchent selon leurs principes comme auparavant
car c’est à cause de leurs principes, que nous avons méprisés, qu’ils se sont irrités et ont fait tout cela.
Ce discours plut au roi et aux chefs.
Il envoya proposer la paix aux [Juifs] qui l'acceptèrent
et le roi et les chefs firent une promesse solennelle ;
sur quoi [les assiégés] sortirent de la forteresse
et le roi pénétra sur le mont Sion.
Mais quand il vit les fortifications du lieu, il viola le serment de la promesse qu'il a[vait] promise
et donna l’ordre d'abattre le rempart tout autour.
Il partit ensuite en toute hâte et revint à Antioche
où il trouva Philippe maître de la cité :
il lui livra bataille et occupa la cité.
En cent cinquante et un,
Démétrius, fils de Séleucus, quitta la ville de Rome
monta avec une poignée d'hommes dans une cité maritime et y régna.
Or, il advint que, comme il rentrait dans la maison du royaume de ses pères,
l’armée se saisit d’Antiochus et de Lysias pour les lui amener
mais lui, lorsqu’il eut connaissance de la chose, dit :
— Ne me faites pas voir leur visage.
Alors l’armée les tua.
Démétrius siégea sur le trône de son royaume
et les hommes iniques et impies d’Israël vinrent le trouver
sous la conduite d'Alkime, qui voulait devenir [grand] prêtre ;
ils accusèrent le peuple auprès du roi, disant :
— Judas et ses frères ont fait périr tes amis
et nous ont dispersés loin de notre terre !
Envoie donc maintenant un homme en qui tu as confiance
pour qu’il aille voir l'étendue de la ruine que nous a faite [Judas] jusque dans les provinces du roi
et qu’il punisse tous ses amis et défenseurs.
Le roi choisit parmi ses amis Bacchide, qui gouvernait [la région] au-delà du Fleuve
grand dans le royaume et fidèle au roi. Il l'envoya,
et, l'impie Alkime, il l'établit dans le sacerdoce
et lui ordonna de tirer vengeance des fils d’Israël.
Ils se levèrent, vinrent avec une grande armée au pays de Juda
et envoyèrent des messagers porter à Judas et à ses frères des paroles soi-disant pacifiques
mais eux ne firent aucun cas de leurs discours
car ils virent qu'ils étaient venus avec une grande armée.
Il se rassembla chez Alkime et Bacchide
une réunion de scribes pour rechercher ce qu['il] était juste [de faire]
et les Assidéens furent les premiers parmi les fils d’Israël
à leur demander la paix
car ils dirent : — C'est un prêtre de la race d’Aaron qui est venu : l'homme ne nous trompera pas.
Il leur adressa des paroles pacifiques et prêta serment devant eux, disant :
— Nous ne ferons de mal ni à vous ni à vos amis.
Et ils eurent confiance en lui.
Mais il fit saisir soixante de leurs hommes et les tua le même jour, selon la parole qu'on a écrite :
« La chair de tes saints et leur sang, ils les ont répandus autour de Jérusalem
et il n’y avait personne pour les ensevelir. »
Alors la crainte et l'agitation s’abattirent sur tout le peuple
et ils dirent :
— Il n’y a ni vérité ni justice parmi eux
car ils ont outrepassé ce qui avait été convenu
et la promesse qu'ils avaient promise !
Bacchide leva le camp de Jérusalem et prit position à Bethzetha ;
il envoya saisir beaucoup de ceux qui le fuyaient
en sacrifia quelques-uns du peuple et les jeta dans un grand puits.
Il remit alors la province à Alkime
et lui laissa des renforts pour lui venir en aide ;
puis Bacchide s’en retourna auprès du roi
et Alkime eut beaucoup à faire [pour conserver] la souveraineté que lui donnait le sacerdoce.
Or, tous ceux qui troublaient son peuple se rassemblèrent auprès de lui
ils se rendirent maîtres de la terre de Juda
et firent une grande plaie en Israël.
Alors Judas, voyant tous les maux qu'Alkime et ceux qui étaient avec lui avaient causés aux fils d’Israël
(et ils étaient bien plus grands que ceux des nations !),
parcourut à la ronde tout le territoire de la Judée et tira vengeance des déserteurs et ils cessèrent dès lors de sortir dans la contrée.
Mais lorsqu'Alkime vit que Judas et ceux qui étaient avec lui s'étaient affermis,
comprenant qu’il ne pouvait leur résister,
il retourna auprès du roi et les accusa de crimes nombreux ;
et le roi envoya Nicanor, un de ses plus illustres généraux
qui nourrissait une inimitié pour Israël,
avec ordre d’exterminer le peuple.
Nicanor vint à Jérusalem avec une grande armée
et envoya [des messagers] à Judas et à ses frères avec des paroles soi-disant pacifiques
disant :
— Qu’il n’y ait pas de combat entre vous et moi !
Je viendrai avec peu d’hommes afin de voir vos visages avec paix.
Il vint trouver Judas et ils se saluèrent l'un l'autre d'un ton pacifique
alors que les ennemis étaient prêts à enlever Judas !
Mais le plan vint à la connaissance de Judas, à savoir qu'il était venu le trouver avec ruse
et il en fut épouvanté et ne voulut plus voir son visage.
Nicanor sut que son dessein était découvert
et se porta à la rencontre de Judas pour le combattre près de Capharsalama
mais il tomba du côté de Nicanor presque cinq mille hommes ; [les autres] s’enfuirent dans la cité de David.
Après quoi Nicanor monta au mont Sion.
Quelques prêtres du peuple sortirent le saluer en paix
et lui montrer les holocaustes qu'on offrait pour le roi
mais il se moqua d'eux en les tournant en ridicule et les souilla ! Parlant avec orgueil,
il fit ce serment, [enflammé] de colère, disant :
— Si Judas et son armée ne sont pas livrés entre mes mains
aussitôt que je serai de retour en paix, je brûlerai cette maison !
Et il sortit dans une grande colère.
Les prêtres rentrèrent et, s'arrêtant en face de l’autel et du Temple, fondirent en larmes et dirent :
— C’est toi, Seigneur, qui as choisi cette maison pour que ton nom soit invoqué en elle
afin qu’elle soit une maison de prière et de supplication pour ton peuple !
Tire vengeance de cet homme et de son armée et qu’ils tombent sous l’épée.
Souviens-toi de leurs blasphèmes, ne leur permets pas de subsister !
Nicanor sortit de Jérusalem et établit son camp à Bethoron ;
une troupe de Syrie vint l'y rejoindre.
Judas prit position à Adarsa avec trois mille hommes.
Judas pria et dit :
— Lorsque ceux qui avaient été envoyés par le roi Sennachérib te blasphémèrent, Seigneur,
un ange sortit et tua cent quatre vingt-cinq mille d'entre eux :
frappe de même cette armée sous nos yeux aujourd'hui
pour que tous les autres sachent qu’il a parlé en mal de tes lieux saints
et juge-le selon sa malice !
Les armées engagèrent le combat le treize du mois d’adar
les troupes de Nicanor furent écrasées ;
il tomba lui-même au combat, le premier.
Lorsque son armée vit que Nicanor était tombé,
ils jetèrent leurs armes et prirent la fuite.
Les [Juifs] les poursuivirent pendant une journée de chemin depuis Adasor jusqu’à l'endroit où l'on arrive à Gazéra
à coup de trompettes en signes [de triomphe]
et de tous les hameaux de Judée à la ronde les gens sortirent
et les attaquèrent par les ailes qui durent se retourner à nouveau contre eux
et ils tombèrent tous sous l’épée :
il n'en resta pas un seul.
Ils prirent leurs dépouilles et le butin
et, ayant coupé la tête de Nicanor et sa main droite, qu'il avait dressée avec arrogance
on les apporta et on les suspendit près de Jérusalem
Le peuple fut rempli de joie : on passa ce jour dans une grande joie
et on statua que chaque année serait célébré ce jour : le treize du mois d’adar ;
et la terre de Juda fut en repos un peu de temps.
Or, Judas entendit parler de la nation romaine.
[Il apprit] qu'ils sont puissants en forces
qu'ils consentent à tout ce qu'on leur demande
et qu'ils ont fait amitié avec tous ceux qui se sont approchés d'eux ;
et qu'ils sont puissants en forces.
Ils entendirent parler de leurs combats
et de leurs exploits accomplis en Galatie ;
[ils surent] qu’ils les ont soumis et réduits au tribut
et tout ce qu’ils ont fait dans la région d’Espagne :
qu'ils ont fait tomber sous leur coupe les mines d’argent et d'or qui s’y trouvent
qu'ils ont conquis chaque pays par leur sagesse et leur patience
(pays qui étaient très éloignés des leurs)
et que, les rois qui avaient marché contre eux depuis les extrémités de la terre, ils les ont anéantis
et frappés d’une grande plaie ;
et aussi que les autres leur donnaient un tribut annuel
que Philippe et Persée, roi des Cétéens,
et les autres qui ont pris les armes contre eux, ils les ont écrasés à la guerre et soumis ;
qu'Antiochus le Grand, roi de l’Asie, qui leur avait fait la guerre
avec cent vingt éléphants et une très grande armée, a été écrasé par eux,
qu'ils l’ont pris vivant
et lui ont imposé à lui et à ceux qui régneraient après lui de payer un tribut considérable
et de livrer des otages ainsi que ce qui avait été convenu
(soit le pays des Mèdes et les Lydiens : les plus belles de leurs provinces !)
et, qu'après les avoir reçues de lui, ils les ont données au roi Eumène ;
que ceux qui étaient en Grèce ont voulu marcher [contre eux] pour les perdre
mais que le plan vint à leur connaissance ;
qu'ils n'ont envoyé pour eux qu'un seul général qu'ils ont combattu contre eux
et qu'il en est tombé parmi eux un grand nombre ;
qu'ils ont emmené en captivité leurs femmes et leurs enfants
qu'ils les ont massacrés qu'ils ont pris possession de leur terre
et détruit leurs murailles,
qu'ils les ont réduits en servitude jusqu’à ce jour
et enfin que les royaumes qui subsistaient encore et les îles qui avaient autrefois tenté de leur résister,
ils les ont détruits et réduits en leur pouvoir !
[Mais ils apprirent aussi] qu'à leurs amis et à ceux qui se reposaient en eux, ils ont conservé leur amitié ;
qu'ils ont soumis des royaumes qui étaient voisins et [d'autres qui étaient] éloignés
parce que tous ceux qui entendaient leur nom les redoutaient ;
que ceux qu'ils voulaient bien aider à régner, régnaient,
et qu'ils ont été élevés très haut,
et que malgré tout cela, personne [d'entre eux] ne portait le diadème
ni ne se revêtait de pourpre pour s'en glorifier ;
qu'ils ont formé un sénat
et qu'ils consultaient chaque jour
trois cent vingt membres qui tenaient toujours conseil sur [les affaires de] la multitude
pour faire ce qui est convenable
et qu'ils confient chaque année à un seul homme la magistrature, [qui consiste à] les dominer sur toute leur terre !
Et tous obéissent à ce seul homme ;
et il n’y a ni envie, ni jalousie parmi eux.
Judas choisit Eupolème, fils de Jean, fils de Jacob,
et Jason, fils d’Éléazar,
et les envoya à Rome conclure avec eux amitié et alliance
pour ôter [de leurs épaules] le joug des Grecs,
car ils s'aperçurent qu'ils réduisaient en servitude le royaume d'Israël.
Ils partirent pour Rome et [firent] un très long chemin
ils entrèrent au sénat et dirent :
— Judas Maccabée, ses frères et le peuple des Juifs nous ont envoyés vers vous
pour conclure avec vous alliance et paix
et pour être inscrits au nombre de vos alliés et amis.
Le discours fut agréable aux yeux des [Romains]
et voici la réponse qu'ils répondirent sur des tablettes de bronze
et qu'ils envoyèrent à Jérusalem, pour y être chez eux un souvenir de paix et d’alliance :
« Prospérité aux Romains et à la nation des Juifs sur mer et sur terre à jamais !
Que l'épée et l'ennemi se tiennent loin d'eux !
Si une guerre est engagée contre les Romains en premier ou bien contre l'un de leurs alliés,
de toute leur souveraineté
la nation des Juifs lui portera secours suivant les besoins du moment, de tout cœur :
aux combattants ils ne donneront ni ne fourniront de froment, d'armes, d'argent [ou] de vaisseaux
ainsi qu'il a plu aux Romains
et ils garderont leurs commandements
sans rien recevoir d'eux.
Mais de même, si c'est la nation des Juifs en premier que frappe une guerre, les Romains [les] aideront
avec courage, suivant ce qu'auront permis les circonstances :
aux troupes auxiliaires il ne sera donné ni froment, ni armes, ni argent, ni vaisseaux,
ainsi qu'il a plu aux Romains ;
qu'ils gardent leurs commandements sans hypocrisie. »
C'est sur ces bases que les Romains établirent [une alliance] avec le peuple des Juifs
à savoir : « Si, après cela, les uns et les autres veulent ajouter ou enlever quelque chose,
ils le feront comme ils l'entendent :
et ce qu'ils auront ajouté ou enlevé sera ratifié.
Quant aux maux que le roi Démétrius a perpétrés contre eux,
nous lui avons écrit ce qui suit :
" Pourquoi as-tu fait peser ton joug sur les Juifs, nos amis et nos alliés ?
S'ils viennent nous voir de nouveau,
nous leur rendrons justice contre toi
et nous te combattrons sur terre et sur mer." »
Démétrius cependant, lorsqu'il apprit que Nicanor et son armée avaient succombé au combat,
envoya de nouveau Bacchide et Alcime en Judée, et l’aile droite avec eux.
Ils prirent la route qui mène à Galgala et établirent leur camp à Mésaloth, qui est en Arbelles ; ils l'occupèrent
et anéantirent un grand nombre de vies humaines.
Le premier mois de l’an cent cinquante-deux
ils firent approcher leur armée de Jérusalem ;
puis ils levèrent le camp et allèrent à Bérée
avec vingt mille fantassins et deux mille cavaliers.
Judas avait établi son camp à Laïse, et trois mille hommes d’élite avec lui
mais ils virent les troupes en très grand nombre : comme elles étaient nombreuses ! Ils paniquèrent
et beaucoup se retirèrent du camp : ne restèrent plus que huit cents hommes.
Judas vit que son armée avait fondu et que la bataille le pressait :
son cœur en fut brisé, parce qu'il n'avait plus le temps de la rassembler ;
il se sentit défaillir...
Il dit à ceux qui étaient restés :
— Levons-nous et marchons contre nos adversaires : voyons voir si nous pouvons les combattre !
Mais eux cherchaient à l’en détourner, disant :
— Nous ne pourrons pas ! Sauvons nos vies pour le moment !
Nous reviendrons vers nos frères : alors nous battrons contre eux
mais nous, nous sommes trop peu !
Judas dit alors :
— Loin de nous de faire une telle chose : fuir devant eux ?
Si notre temps est venu, mourons courageusement pour nos frères,
mais n'attentons pas à notre propre gloire !
L’armée partit du camp
et ils s'arrêtèrent à leur rencontre ;
la cavalerie avait été partagée en deux corps :
frondeurs et archers marchaient en avant de l'armée
et au premier rang étaient tous les braves
quant à Bacchide, il était sur l'aile droite.
La légion s’approcha des deux côtés et l'on clamait au son des trompettes ;
ceux qui étaient du côté de Judas poussèrent aussi une clameur
et la terre fut ébranlée par le bruit des armées :
le combat s’engagea depuis le matin jusqu’au soir.
Judas vit que la partie de l'armée de Bacchide qui était à droite était la plus forte :
tous ceux qui avaient le cœur ferme se groupèrent autour de lui
et la partie droite fut écrasée par eux.
Il les poursuivit jusqu’à la montagne d'Ashdod.
mais ceux qui étaient sur l’aile gauche
virent que l’aile droite avait été écrasée
et ils suivirent par derrière Judas et ceux qui étaient avec lui :
la bataille fut acharnée
et de nombreux blessés tombèrent de part et d’autre.
Judas lui-même tomba, et tous les autres s'enfuirent.
Jonathas et Simon emportèrent Judas, leur frère, à Modin
et tout le peuple d'Israël le pleura d'une grande lamentation...
On menait le deuil pendant de nombreux jours
et on dit : — Comment est-il tombé, le héros, celui qui sauvait Israël ?
Tous les autres récits des guerres et des exploits que fit Juda n'ont pas été mis par écrit :
ils étaient vraiment trop abondants !
Il advint qu'après la mort de Judas,
des hommes iniques apparurent sur tout le territoire d’Israël
et tous les artisans d'iniquité se levèrent :
une très grande famine survint en ces jours-là
et tout le pays se livra à Bacchide avec eux.
Bacchide alors choisit des impies
et les établit maîtres du pays ;
ils recherchaient et traquaient les amis de Judas
et les amenaient à Bacchide, qui se vengeait d'eux et les tournait en dérision :
l'affliction fut grande en Israël !
Il n'y en eut pas de semblable depuis le jour où l'on ne vit plus de prophète en Israël.
Tous les amis de Judas se réunirent
et dirent à Jonathas :
— Depuis que ton frère Judas est mort,
il n'y a pas d’homme comme lui pour marcher contre nos ennemis,
contre Bacchide et les ennemis de notre nation.
C'est pourquoi nous te choisissons à présent, pour être aujourd'hui notre chef, un guide qui combatte notre combat.
Jonathas reçut à ce moment-là le commandement
et il se leva à la place de Judas, son frère.
Bacchide le sut et cherchait à le tuer
et Jonathas le sut, comme Simon, son frère, et tous ceux qui étaient avec lui ;
ils s’enfuirent au désert de Thécua
et s'établirent près de l'eau du lac d'Asphar.
Bacchide le sut et vint le jour du sabbat, lui et toute son armée, de l'autre côté du Jourdain ;
[Jonathas] envoya son frère, chef du peuple,
demander aux Nabatéens, ses amis, de déposer chez eux son équipement, qui était considérable
mais les fils de Jambri sortirent de Madaba
ils se saisirent de Jean et de tout ce qu'il avait
et s’en allèrent avec.
Après quoi on annonça à Jonathas et à Simon, son frère,
que : — Les fils de Jambri célèbrent une grande noce !
Ils conduisent la fiancée depuis Nadaba,
fille de l’un des grands princes de Canaan, en grande pompe.
Ils se souvinrent alors du sang de Jean, leur frère,
et montèrent se cacher dans un repli de la montagne ;
puis ils levèrent les yeux et virent :
voici, un tumulte et un grand appareil
et le fiancé s'avança avec ses amis
et ses frères au-devant d'eux avec des tambourins, des instruments de musique et beaucoup d'armes.
[Jonathas et Simon] surgirent vers eux de leur embuscade et les tuèrent :
de nombreux blessés tombèrent et ceux qui restaient s'enfuirent dans la montagne
et ils prirent toutes leurs dépouilles.
La noce se changea en deuil
et même la voix des instruments de musique en lamentation...
Ayant vengé par la vengeance le sang de leur frère,
ils revinrent sur la rive du Jourdain.
Bacchide l'apprit
et vint le jour du sabbat jusqu’à la berge du Jourdain, avec une armée nombreuse
et Jonathas dit aux siens :
— Debout ! Battons-nous contre nos ennemis
car aujourd'hui n'est pas comme hier ou avant-hier !
Voici en effet, le combat est en face ;
l’eau du Jourdain de tous côtés,
avec les rives, les marais et les bois :
nulle part où se dérober !
Maintenant donc, criez vers le Ciel afin d'être sauvés de la main de vos ennemis !
Et le combat s'engagea.
Jonathan tendit le bras pour frapper Bacchide
mais celui-ci s'éloigna de lui en reculant ;
alors Jonathas mit pied à terre
et ils traversèrent à la nage le Jourdain, devant eux.
Il tomba du côté de Bacchide ce jour-là mille hommes ; [les autres] retournèrent à Jérusalem.
Et on bâtit des cités fortifiées en Judée :
la forteresse qui était à Jéricho, et celle d'Emmaüs, et Bethoron, Béthel, Tamnatan, Phara et Thopo
avec des murs élevés, des portes et des verrous ;
et [Bacchide] y mit des gardes afin d'entretenir l'inimitié contre Israël.
Il fortifia la cité de Bethsura, Gazara et la citadelle
et y mit des troupes auxiliaires et des réserves de vivres ;
il prit en otage les fils des chefs du pays
et les tint enfermés à Jérusalem, dans la citadelle.
En l'an cent cinquante-trois,
le deuxième mois, Alkime commanda de détruire les murs de l'intérieur de la maison sainte
et de détruire les travaux des prophètes ! Il commença la destruction
mais Alkime fut anéanti au même moment et ses travaux furent arrêtés :
sa bouche se ferma
il fut écrasé de paralysie
et ne put plus prononcer une parole ni donner des ordres au sujet de la maison !
Et Alkime mourut au même moment dans de grandes tortures.
Bacchide, voyant qu’Alkime était mort,
s’en retourna auprès du roi ; la terre [de Juda] fut tranquille pendant deux ans.
Tous les hommes iniques tinrent alors conseil, disant :
— Voici, Jonathas et ses gens vivent tranquilles et confiants.
Faisons donc venir Bacchide, et il les fera tous saisir en une seule nuit !
Et ils s'en allèrent lui exposer leur plan.
[Bacchide] se leva pour venir avec une armée nombreuse
et envoya secrètement des lettres à ses alliés qui étaient en Judée
pour qu'ils se saisissent de Jonathan et de ceux qui étaient avec lui
mais ils en furent empêchés, car leur dessein vint à leur connaissance.
Et [Jonathas], des hommes du pays qui étaient à la tête de cette malice, en prit cinquante et les tua ;
et Jonathas, Simon et ceux qui étaient avec eux se retirèrent à Bethbessi qui est dans le désert.
Ils rebâtirent ses ruines et la fortifièrent
mais Bacchide, l’ayant réalisé,
rassembla la totalité de sa multitude
et le fit savoir à ceux de Judée...
Il vint camper au-dessus de Bethbesse
l'assiégea de longs jours durant et construisit des machines de guerre ;
Jonathas, laissant son frère Simon dans la cité,
sortit dans le pays
et vint avec un grand nombre de gens
frapper Odaren, ses frères
et les fils de Phaseron dans leurs propres tentes ;
et il commença à faire des massacres et à croître en puissance.
Quant à Simon et ceux qui étaient avec lui,
ils sortirent de la cité, brûlèrent ses machines de guerre
et se battirent contre Bacchide, qui fut écrasé par eux.
Il en fut profondément abattu
parce qu['il vit que] son dessein et le combat qu'il avait tenté étaient vains...
Pris de colère contre les hommes iniques qui lui avaient inspiré ce dessein, à savoir venir dans leur pays,
il en tua un grand nombre
puis décida seul de s'en aller dans son pays avec le reste.
Jonathas le sut et lui envoya des ambassadeurs
pour conclure avec lui la paix et lui rendre ses prisonniers.
[Bacchide] accepta volontiers et se conforma à ses paroles :
il jura de ne pas lui faire du mal durant tous les jours de sa vie
et lui rendit l'ensemble des prisonniers, qui avaient été pris auparavant en terre de Juda.
Puis, s'en retournant, il s’en alla dans sa terre
et ajouta qu'il ne reviendrait plus jamais sur son territoire :
l'épée se reposa alors dans Israël
et Jonathas vécut à Machemas ;
Jonathas commença à juger le peuple
et il extermina les impies hors d’Israël.
En l'an cent soixante, Alexandre, fils d’Antiochus et surnommé le Noble, monta
et occupa Ptolémaïde ;
[les habitants] l'accueillirent et il régna à cet endroit.
Le roi Démétrius, l’ayant appris,
rassembla une très grosse armée
et sortit à sa rencontre pour engager un combat :
Démétrius envoya à Jonathas une lettre en termes pacifiques [lui promettant] de l’élever en dignité.
Il [se] dit en effet :
— Prenons les devants et faisons la paix avec lui
avant qu'il la fasse avec Alexandre contre nous !
Il se souviendra en effet de tout ce que nous avons fait contre lui
contre son frère ou contre sa nation.
Il lui donna le pouvoir de rassembler une armée, de fabriquer des armes
et même d'être son allié ;
et les otages qui étaient dans la citadelle, il ordonna de les lui livrer.
Jonathas vint à Jérusalem
et lut les lettres devant l'auditoire, [constitué] de tout le peuple et de ceux qui étaient dans la citadelle
et ils prirent peur, une grande peur !
en apprenant que le roi l'avait investi du pouvoir de rassembler une armée :
les otages furent livrés à Jonathas
et il les rendit à leurs parents.
Jonathas vécut alors à Jérusalem
et commença à rebâtir et à restaurer la cité :
il dit à ceux qui faisaient les travaux
d'élever aussi des remparts en pierres de taille autour du mont Sion pour le fortifier, et ils le firent.
Ils prirent la fuite, les Étrangers qui étaient dans les forteresses bâties par Bacchide
chacun abandonna son poste et s’en alla dans sa terre ;
à Bethsura seulement, restèrent quelques-uns qui avaient abandonné la Loi et les préceptes de Dieu, car elle était pour eux un refuge.
Or, le roi Alexandre apprit les promesses que Démétrius promit à Jonathas ;
on lui raconta aussi ses combats et les exploits qu'il avait accomplis, lui et ses frères
et les souffrances qu'ils avaient souffertes
et il dit : — Trouverons-nous un jour un homme comme lui ?
À présent, nous nous en ferons un ami et un allié.
Il écrivit une lettre
et la lui envoya, parlant en ces termes :
« Le roi Alexandre à son frère Jonathas, salut !
Nous avons entendu dire de toi que tu es un homme puissant militairement et que tu peux devenir notre ami.
C’est pourquoi nous t'établissons aujourd’hui très grand prêtre de ta nation
et [demandons] que tu sois appelé ami du roi »
(il lui envoya [en même temps] une robe de pourpre et une couronne d’or)
« que tu sois conscient de nos intérêts et que tu nous conserves ton amitié. »
Et Jonathas se revêtit de la robe sainte
au septième mois de l’an cent soixante, au jour solennel de la fête des Tabernacles ;
il rassembla une armée et fabriqua des armes en abondance.
Lorsqu'il l'apprit, Démétrius en fut contrarié
et dit :
— Qu’avons-nous fait pour qu’Alexandre nous ait devancés
en obtenant l’amitié des Juifs pour s'en faire une protection ?
Je lui écrirai, moi aussi, des paroles suppliantes
[et je lui offrirai] des charges honorifiques et des présents afin qu’il soit de mon côté, comme un secours !
Et il écrivit en ces termes :
« Le roi Démétrius à la nation des Juifs, salut !
Que vous avez pris en considération notre pacte
que vous êtes demeurés dans notre amitié
et que vous ne vous êtes pas rapprochés de nos ennemis : nous nous sommes réjouis en l'apprenant !
Continuez donc encore à nous conserver votre fidélité :
nous vous accorderons en retour des bienfaits, à la mesure de ce que vous avez fait pour nous !
Nous vous remettrons de nombreuses redevances
et nous vous ferons des largesses,
et je vous acquitte dès maintenant, vous et tous les Juifs, des tributs ;
je vous cède les droits sur le sel
et je vous rends les couronnes
et un tiers de la semence ;
et la moitié des fruits des arbres, qui est ma part
je vous la laisse à partir d'aujourd'hui et pour l'avenir afin qu'on ne la prenne plus, ni dans la terre de Juda
ni dans les trois cités qui lui ont été ajoutées de la Samarie et de la Galilée
à partir de ce jour et en tout temps.
Que Jérusalem soit sainte et libre ainsi que son territoire
et que les dîmes et les tributs lui soient rendus !
Je renonce aussi à mon pouvoir sur la citadelle de Jérusalem
et je le donne au très grand prêtre
afin qu’il y établisse des hommes qu’il choisira lui-même pour la garder ;
et toute âme [du peuple] des Juifs retenue captive hors de la terre de Juda,
dans toute l’étendue de mon royaume je lui accorde gratuitement la liberté ;
que tous aussi soient exemptés des tributs, y compris sur leur bétail.
Que tous les jours solennels, les sabbats, les néoménies, les jours fixés [pour les solennités],
les trois jours qui précèdent un jour solennel
et les trois jours qui suivent un jour solennel
soient tous des jours d'exemption et de pardon pour tous les Juifs qui sont dans mon royaume ;
que personne alors n'ait le pouvoir de faire quelque chose ni d'entreprendre un procès contre l'un d'eux, sous n'importe quel motif.
Qu'on enrôle aussi des Juifs dans l’armée du roi : jusqu’à trente mille hommes !
On leur donnera une solde convenable dans toutes les armées du roi.
Parmi ceux-là il y en aura qui seront placés dans les forteresses du grand roi
et parmi eux, on en établira sur les affaires du royaume, qui sont traitées dans un esprit de loyauté.
Que des généraux soient pris parmi eux
et qu'ils marchent selon leurs propres lois
comme l'a ordonné le roi pour la terre de Juda !
Quant aux trois cités qui, de la province de Samarie, ont été annexées à la Judée, qu'elles soient comptées comme [faisant partie de] la Judée
pour que, soumises à un seul, elles n'obéissent pas à d'autre puissance qu'à celle du grand prêtre
[il en sera de même pour] Ptolémaïde et les territoires adjacents,
que j'ai donnés en donation aux lieux saints qui sont à Jérusalem
en vue des dépenses nécessaires aux lieux saints.
Pour ma part, je donnerai chaque année quinze mille sicles d’argent pris sur les revenus royaux
qui m'appartiennent ;
et tout le surplus
que n'avaient pas rendu ceux qui en étaient chargés les années précédentes,
ils le donneront désormais pour le service de la maison [du Seigneur].
En outre, que les cinq mille sicles d’argent
qu'ils prélevaient chaque année sur le revenu des lieux saints
soient attribués aux prêtres qui remplissent les fonctions du ministère ;
que tous ceux qui se réfugieront dans le Temple de Jérusalem et dans toute son enceinte sacrée
et ceux qui sont redevables au roi pour une affaire quelconque, vous les acquittiez
et qu'ils puissent jouir de la totalité de leurs biens dans mon royaume !
C'est pour les travaux de reconstruction et de restauration des lieux saints
que des dépenses seront prélevées sur le revenu du roi ;
c'est pour dresser les murs de Jérusalem et les fortifier en créant une enceinte
que des dépenses seront prélevées sur le revenu du roi,
et pour construire des murs en Judée. »
Mais lorsque Jonathas et le peuple entendirent ce discours,
ils n’y crurent pas et le repoussèrent
parce qu’ils se souvinrent de la grande malveillance que [Démétrius] avait montrée en Israël et qui les avait beaucoup tourmentés ;
ils donnèrent leur préférence à Alexandre
parce qu'il avait été pour eux le prince de discours de paix
et ils lui portaient secours tous les jours.
Le roi Alexandre rassembla alors une grande armée
et déplaça son camp en direction de Démétrius ;
les rois engagèrent le combat
et l’armée d'Alexandre prit la fuite.
Démétrius le poursuivit et fondit sur eux :
le combat prit une ampleur démesurée jusqu’au coucher du soleil
et Démétrius tomba ce jour-là.
Alexandre envoya donc des ambassadeurs à Ptolémée, roi d’Égypte, parlant en ces termes :
— De retour dans mon royaume,
j'ai trôné [à nouveau] sur le trône de mes pères, je me suis réemparé du pouvoir, j’ai écrasé Démétrius
et j’ai repris possession de notre pays.
J'ai engagé la lutte contre lui et il a été écrasé par nous, lui et son armée :
nous avons trôné sur le trône de son royaume.
Maintenant donc, bâtissons une amitié mutuelle :
donne-moi ta fille pour épouse,
je serai ton gendre
et [j'aurai] la dignité qui convient à ce rang.
Le roi Ptolémée répondit en ces termes :
— Heureux le jour où tu es retourné dans la terre de tes pères
et où tu as [de nouveau] trôné sur le trône de leur royaume !
Je ferai donc pour toi ce que tu as écrit.
Mais viens à ma rencontre à Ptolémaïde afin que nous nous voyions l'un l'autre
et je ferai de toi mon gendre, comme tu l'as dit.
Ptolémée partit d’Égypte,
lui et sa fille Cléopâtre, et vint à Ptolémaïde
en l'an cent soixante-deux.
Le roi Alexandre alla à sa rencontre :
il lui donna [la main de] sa fille Cléopâtre
et célébra leurs noces à Ptolémaïde, comme il sied aux rois : en grande gloire.
Le roi Alexandre écrivit à Jonathas de venir à sa rencontre
et celui-ci partit dans la gloire à Ptolémaïde :
il vint là-bas à la rencontre des deux rois,
leur donna beaucoup d'argent, de l’or et des présents
et trouva grâce à leurs yeux.
Se rassemblèrent alors contre lui des hommes d’Israël, infects comme la peste,
des hommes iniques, pour s'interposer contre lui ;
mais le roi ne leur prêta aucune attention :
il ordonna qu'on dépouillât Jonathas de ses vêtements et le fit revêtir de la pourpre !
On s'exécuta,
le roi le fit asseoir auprès de lui
et il dit à ses généraux :
— Sortez avec lui au milieu de la cité
et ordonnez à tous que personne ne s'interpose contre lui, sous aucun motif
et que personne ne l'importune, sous aucun prétexte.
Et il advint que ses détracteurs virent sa gloire
qui était proclamée
et lui-même recouvert de la pourpre ;
et ils prirent tous la fuite.
Le roi l'exalta :
il le fit inscrire parmi ses premiers amis
et l'établit chef et membre du pouvoir
et Jonathas retourna à Jérusalem dans la paix et l'allégresse.
En l'an cent soixante-cinq, Démétrius, fils de Démétrius, vint de Crète dans la terre de ses pères.
Or, le roi Alexandre l'apprit
il s'en trouva très contrarié
et retourna à Antioche.
Démétrius nomma Apollonius [à la tête du royaume], celui qui était gouverneur de la Coelé-Syrie ;
il rassembla une grande armée
vint à Jamnia
et envoya dire au très grand prêtre Jonathas :
— Il n'y a que toi qui nous résistes !
Je suis, moi, devenu un objet de dérision et d’opprobre
précisément parce que tu exerces le pouvoir dans [ces] montagnes.
À présent, si tu as confiance en tes forces, descends donc vers nous dans la plaine !
Là, mesurons-nous l'un avec l'autre
car j’ai avec moi la force des guerres...
Informe-toi et apprends qui je suis
et quels sont les autres qui me viennent en aide, eux qui disent aussi
qu'ils ne vous est pas possible de [combattre] de pied ferme devant nous
puisque par deux fois tes pères ont été mis en fuite sur leur terre !
À présent, comment pourras-tu résister à la cavalerie [et] à une si grande armée
dans une plaine où il n’y a ni pierre, ni rocher, ni endroit pour fuir ?
Or, quand Jonathas entendit les paroles d’Apollonius, il se troubla intérieurement
il choisit dix mille hommes
et sortit de Jérusalem.
Simon, son frère, le rejoignit pour lui venir en renfort ;
ils établirent leur camp à Joppé,
mais on l'empêcha d'entrer dans la cité car une garnison d'Apollonius était à Joppé.
Alors il l'assiégea :
épouvantés, ceux qui étaient dans la cité lui ouvrirent
et Jonathan prit Joppé.
épouvantés, ceux qui étaient dans la cité lui ouvrirent
et Jonathas prit Joppé.
Apollonius l'apprit et s'approcha avec trois mille cavaliers et une armée nombreuse :
il partit pour Ashdod comme s'il suivait la route
et tout à coup s'éloigna dans la plaine,
cela parce qu’il avait une multitude de cavaliers et qu'il avait confiance en eux.
Jonathas le poursuivit en direction d’Ashdod
et ils engagèrent le combat
tandis qu'Apollonius avait secrètement laissé au camp mille cavaliers derrière eux.
Mais Jonathas sut qu'il y avait une embuscade derrière lui :
[les cavaliers] enveloppèrent son camp depuis le matin jusqu’au soir,
mais le peuple tint bon, comme l'avait ordonné Jonathas ;
et leurs chevaux se fatiguèrent.
Simon fit alors sortir ses troupes
et attaqua la légion
car la cavalerie était épuisée :
les [Syriens], écrasés par lui, prirent la fuite
et ceux qui se dispersèrent dans la plaine
s'enfuirent à Ashdod.
Ils entrèrent dans Bethdagon, [le temple de] leur idole, pour y trouver le salut
mais Jonathas brûla Ashdod et les cités des alentours
et en prit le butin ;
et, le temple de Dagon et ceux qui y avaient fui, il les brûla par le feu :
ceux qui tombèrent sous l'épée avec ceux qui furent brûlés
se trouvèrent au nombre d'environ huit mille hommes...
Partant de là, Jonathas [leva] le camp et prit position près d’Ashkelon :
[les gens] de la cité sortirent à sa rencontre en grande gloire
puis Jonathas retourna à Jérusalem avec ses gens, chargés de nombreuses dépouilles.
Il advint alors que le roi Alexandre entendit ces discours
et ajouta encore à la gloire de Jonathas :
il lui envoya une agrafe d’or
comme on en donne d'habitude aux parents des rois
et il lui donna la possession d'Accaron et de tout son territoire.
Le roi d’Égypte rassembla une armée, semblable au sable qu'on trouve sur le rivage de la mer, et de nombreux vaisseaux ;
il cherchait à s'emparer du royaume d’Alexandre par la ruse
et à l’annexer à son propre royaume.
Il s'en alla en Syrie avec des paroles pacifiques
et on lui ouvrait [les portes] car le roi Alexandre avait commandé de sortir à sa rencontre
parce qu’il était son beau-père ;
mais dès que Ptolémée pénétrait dans une cité,
il mettait des garnisons de soldats : dans chaque cité.
Et lorsqu’il approcha d’Ashdod, on lui montra le temple de Dagon brûlé
Ashdod et toutes ses autres [cités] en ruines, les cadavres abandonnés
et les monceaux de ceux qui avaient été tués à la guerre, qu'on avait faits le long du chemin ;
et on raconta au roi ce qu’avait fait Jonathas pour le lui rendre odieux ;
et le roi se tut.
Jonathas vint à la rencontre du roi à Joppé dans sa gloire :
ils se saluèrent mutuellement et dormirent là
puis Jonathas partit avec le roi jusqu’au fleuve appelé Éleuthère
et retourna à Jérusalem.
Quant au roi Ptolémée, il s'empara du pouvoir dans les cités jusqu’à Séleucie-sur-Mer ;
il méditait de mauvais desseins à l'égard d'Alexandre.
Il envoya des ambassadeurs à Démétrius, disant :
— Viens, concluons ensemble une alliance :
je te donnerai ma fille, que possède Alexandre,
et tu régneras dans le royaume de ton père
car je regrette de lui avoir donné ma fille
car il a cherché à me tuer.
Il se mit à le blâmer parce qu’il convoitait son royaume
enleva sa fille et la donna à Démétrius ;
il se détourna d'Alexandre
et leur inimitié devint manifeste :
Ptolémée pénétra à Antioche
et ceignit deux diadèmes sur sa tête, celui d’Égypte et celui d’Asie.
Le roi [Alexandre] était en Cilicie à ce moment
parce que les gens de ces régions s'étaient révoltés ;
mais lorsqu'Alexandre l'apprit, il marcha vers lui pour lui déclarer la guerre :
le roi Ptolémée fit sortir son armée
alla à sa rencontre entouré d'une forte troupe
et le mit en déroute.
Alexandre s’enfuit en Arabie pour s'y protéger ;
le roi Ptolémée fut exalté
et l’Arabe Gaddiel trancha la tête d'Alexandre et l’envoya à Ptolémée.
Mais le roi Ptolémée mourut trois jours après
et les habitants des forteresses furent tués par ceux du camp ;
Démétrius devint roi en cent soixante-sept.
En ces jours-là, Jonathas rassembla ceux qui étaient en Judée
pour prendre d'assaut la citadelle de Jérusalem ;
ils construisirent contre elle de nombreuses machines de guerre
mais certains [d'entre eux] qui haïssaient leur propre nation, des hommes iniques, allèrent trouver le roi
et lui rapportèrent que Jonathas assiégeait la citadelle.
Lorsque [Démétrius] l'apprit, il en fut irrité :
il vint aussitôt à Ptolémaïde
et écrivit à Jonathas d'arrêter le siège
et de venir à sa rencontre pour s'entretenir au plus tôt avec lui ;
mais quand Jonathas l'apprit, il ordonna de poursuivre le siège...
Il choisit ensuite des anciens d’Israël et des prêtres et s'offrit lui-même au danger :
prenant de l'argent, de l'or, des vêtements et d’autres cadeaux en grande quantité
il alla trouver le roi à Ptolémaïde
et trouva grâce à ses yeux.
On s'interposait cependant contre lui : quelques hommes iniques de sa nation.
Mais le roi le traita comme l'avaient traité ses prédécesseurs :
il l'exalta sous les yeux de tous ses amis
le confirma dans la charge du souverain sacerdoce
et dans toutes les autres qu'il avait auparavant (et qui étaient fastueuses)
et en fit le premier de ses amis.
Jonathas demanda alors au roi
d’exempter d'impôts la Judée et ses toparchies, c'est-à-dire la Samarie
et lui promit en retour trois cents talents ;
le roi y consentit
et écrivit à Jonathas une lettre à propos de tout cela, qui avait la teneur suivante :
« Le roi Démétrius à Jonathas, son frère, et à la nation des Juifs, salut !
La copie de la lettre que nous avons écrite à
Lasthène, notre parent, à votre sujet,
nous vous l'avons envoyée aussi afin que vous en prissiez connaissance.
« Le roi Démétrius à Lasthène, son parent, salut !
À la nation des Juifs, nos amis, qui respectent ce que nous considérons comme juste
nous avons décidé de témoigner de la bienveillance, en retour de la générosité qu'ils ont pour nous.
Nous avons donc mis à leur disposition tout le territoire de la Judée
les trois cités : [Aphéréma,] Lydda et Ramatha, qui ont été annexées à la Judée depuis la Samarie
et toutes leurs terres
en dépôt pour tous ceux qui offrent des sacrifices à Jérusalem ;
[et ce,] au lieu de ce que le roi recevait d'eux chaque année
et au lieu des produits de la terre et des arbres.
Et les autres droits qui nous revenaient, sur les dîmes et les tributs,
à partir d'aujourd'hui nous les leur remettons
avec les salines et les couronnes qu'on nous apportait.
Nous leur abandonnons tout :
rien n'en sera annulé, à partir d'aujourd'hui et en tout temps. »
À présent donc, ayez soin d'en faire une copie pour qu’elle soit donnée à Jonathas
et placée sur la montagne sainte, dans un lieu fréquenté. »
Le roi Démétrius vit que le pays était devenu tranquille sous ses yeux et que rien ne lui opposait de résistance
et il renvoya toute son armée
chacun dans son foyer ;
à l’exception des troupes étrangères qu’il avait rassemblées dans les îles des nations.
Alors, il s'en fit des ennemis : toutes les armées qu'il tenait de ses pères...
Or, un certain Tryfon, auparavant du parti d’Alexandre,
vit que toute l’armée murmurait contre Démétrius
et alla trouver l’Arabe Émalcuël
qui élevait Antiochus, le fils d’Alexandre :
il s'asseyait à côté de lui et disputait pour qu'il le lui livrât
pour qu'il régnât à la place de son père...
Il lui raconta tout ce qu'a[vait] fait Démétrius
et l'hostilité de sa propre armée contre lui
et resta là de nombreux jours.
Pendant ce temps, Jonathas envoya [dire] au roi Démétrius
d'expulser ceux qui étaient dans la citadelle de Jérusalem
et ceux qui étaient dans les forteresses,
car ils faisaient la guerre à Israël ;
et Démétrius envoya dire à Jonathas :
— Non seulement je ferai cela pour toi et ta nation
mais je t'élèverai [aussi] en gloire, toi et ta nation
en temps opportun.
Pour le moment, tu ferais bien
d’envoyer des hommes à mon secours
car toute mon armée a fait défection !
Jonathas lui envoya trois mille hommes de courage à Antioche ;
ils vinrent auprès du roi
et le roi se réjouit de leur venue.
Mais ceux de la cité se rassemblèrent : cent vingt mille hommes
et ils voulaient tuer le roi.
Le roi s'enfuit dans son palais ;
les habitants de la cité occupèrent les rues de la cité et commencèrent le combat.
Le roi appela les Juifs à son secours :
ils se rassemblèrent tous au même instant auprès de lui,
se dispersèrent tous dans la cité
et tuèrent en ce jour-là cent mille hommes ;
ils brûlèrent la cité
et prirent un butin considérable ce jour-là ;
et ils délivrèrent le roi.
Les habitants de la cité virent que les Juifs s'étaient emparés de la cité comme ils en avaient l'intention ;
ils perdirent courage
et firent monter vers le roi une clameur avec des prières, disant :
— Tends-nous la main !
[Fais] que les Juifs cessent de nous assaillir, nous et la cité !
Puis ils jetèrent leurs armes et firent la paix
et les Juifs furent glorifiés aux yeux du roi
et de tous ceux qui étaient dans son royaume ;
ils se firent un nom dans le royaume
et retournèrent à Jérusalem avec un butin considérable.
Le roi Démétrius put trôner sur le trône de son royaume
et la terre se tut sous son regard.
Il mentit en revanche sur tout ce qu'il a[vait] dit :
il s’éloigna de Jonathas
ne le rétribua pas selon les bienfaits qu'il lui avait distribués
et le traitait très durement.
Après ces événements revint Tryfon, et avec lui Antiochus, jeune enfant,
lequel devint roi et ceignit le diadème.
Auprès de lui se rassemblèrent toutes les troupes que Démétrius avait licenciées.
Elles combattirent contre lui
il s'enfuit et tourna le dos ;
et Tryfon prit les bêtes et s'empara d'Antioche.
Le jeune Antiochus écrivit alors à Jonathas, disant :
« Je t'établis dans le sacerdoce
et je t'établis à la tête des quatre cités, pour que tu sois compté au nombre des amis du roi. »
Il lui envoya de la vaisselle d’or et un service de table
lui donna l’autorisation de boire dans des coupes d’or, de se vêtir de pourpre
et de porter une agrafe d’or
et établit Simon, son frère, gouverneur des limites de Tyr aux frontières de l’Égypte.
Jonathas sortit, et il parcourait les cités au-delà du fleuve ;
et auprès de lui se rassembla toute l'armée de Syrie, venue à son secours. Il vint à Ashkelon
et ceux de la cité allèrent à sa rencontre avec de grands honneurs ;
puis, de là, il partit pour Gaza
mais les habitants de Gaza s'enfermèrent, alors il l'assiégea
brûla les cités des alentours
et les pilla.
Les gens de Gaza implorèrent Jonathan :
il leur tendit la main
mais prit leurs fils en otage ;
il les envoya à Jérusalem
et parcourut le pays jusqu’à Damas.
Jonathas apprit que les généraux de Démétrius prévariquaient à Cadès, qui se trouve en Galilée, avec une armée nombreuse ;
car ils voulaient l'écarter des affaires du royaume :
il alla à leur rencontre
mais, son frère Simon, il le laissa dans sa province.
Simon prit position au même moment près de Bethsura :
il se mit à l'assiéger, de longs jours durant, et les bloqua
[les assiégés] lui demandèrent de leur tendre la main :
il accepta
puis les expulsa de là,
prit la cité
et y mit une garnison.
Quant à Jonathas et son armée, ils prirent position près de l'eau du Génésar
et, avant l'aube, veillèrent dans la plaine d’Asor :
et voici, l'armée des Étrangers s’avançait à leur rencontre dans la plaine
et lui dressait des embuscades dans les montagnes.
Lui s'avança à leur rencontre en face
mais ceux qui étaient embusqués surgirent de leurs positions
et engagèrent le combat :
ils prirent tous la fuite, ceux qui étaient du parti de Jonathas,
pas un d'entre eux ne resta
hormis Matthathias, fils d’Absolom
et Judas, fils de Calfi, chef de la milice de l'armée.
Jonathas déchira ses vêtements ;
il mit de la terre sur sa tête et se mit à prier
puis retourna au combat dans leur direction
et les mit en fuite après avoir livré bataille.
À cette vue, ceux de son parti qui fuyaient retournèrent dans sa direction
et firent avec lui la poursuite jusqu’à Cadès, vers leur camp
et arrivèrent jusqu'à cet endroit ;
il tomba d'entre les Étrangers ce jour-là trois mille hommes.
Jonathas rentra ensuite à Jérusalem.
Jonathas, voyant que le temps lui était favorable,
choisit des hommes qu'il envoya à Rome
pour confirmer et renouveler l’amitié entre eux ;
aux Spartiates et ailleurs, il envoya des lettres dans le même sens.
Ils allèrent donc à Rome, entrèrent au sénat
et dirent :
— Le très grand prêtre Jonathas et la nation des Juifs nous ont envoyés
vous demander de renouveler l’amitié et l’alliance, comme avant.
On leur remit alors des lettres pour les [autorités] de chaque lieu
afin qu'ils puissent redescendre en paix dans la terre de Juda.
Voici la copie des lettres que Jonathas écrivit aux Spartiates :
« Jonathas, grand prêtre, les anciens de la nation,
les prêtres et le reste du peuple des Juifs
aux Spartiates, leurs frères, salut !
Des lettres avaient déjà été envoyées dans le passé
à Onias, très grand prêtre, de la part de Darius qui régnait chez vous
[rappelant] que vous êtes nos frères, comme le porte la copie ci-jointe ;
Onias accueillit avec égard l’homme qui avait été envoyé
et reçut la lettre qui traitait avec clarté d’alliance et d’amitié.
Pour notre part, sans en avoir besoin puisque nous avons pour réconfort les Livres saints qui sont en nos mains,
nous avons préféré envoyer [des hommes] pour renouveler la fraternité et l’amitié qui nous lient à vous, afin que nous n'en arrivions pas à nous comporter en étrangers avec vous ;
beaucoup de temps en effet a passé depuis que vous nous avez envoyé [cette lettre].
Pour notre part, nous n'avons de cesse, en tout temps,
aux jours solennels et aux autres jours appropriés
de nous souvenir de vous dans les sacrifices que nous offrons et dans nos cultes
comme il est juste et convenable de se souvenir de ses frères :
et c'est pourquoi nous nous réjouissons de votre gloire.
Pour notre part, nous ont entourés bien des tribulations et bien des combats ;
et ils nous ont attaqués, les rois qui nous entourent,
mais nous n’avons pas voulu vous importuner
vous et nos autres alliés et amis, lors de ces combats
car nous avons l'aide du Ciel :
nous avons été délivrés
et nos ennemis ont été humiliés.
C’est pourquoi nous avons choisi Numénius, [fils] d’Antiochus,
et Antipater, fils de Jason, et nous les avons envoyés vers les Romains
pour renouveler avec eux l’amitié et l’alliance antérieures ;
c'est pourquoi nous leur avons demandé de se rendre aussi chez vous pour vous saluer
et vous remettre nos lettres concernant le renouvellement de notre fraternité.
Nous vous remercions donc par avance de votre réponse à ce sujet. »
Et voici la copie des lettres qu'on avait envoyées [à] Onias :
« [Arius], roi des Spartiates, à [Onias], grand prêtre, salut !
On a trouvé dans un écrit traitant des Spartiates et des Juifs
qu'ils sont frères et qu’ils sont de la race d’Abraham
et maintenant que nous le savons,
nous vous remercions de nous écrire [pour nous faire connaître] la paix dont vous jouissez !
Pour notre part, nous vous écrivons en outre :
« Nos troupeaux et nos possessions sont à vous
et les vôtres sont à nous. »
Nous avons donc ordonné que cela vous soit annoncé. »
Quant à Jonathas, il apprit que les généraux de Démétrius étaient revenus avec une armée plus nombreuse
qu’auparavant, pour le combattre.
Il partit de Jérusalem et s'avança à leur rencontre dans le pays d’Amathite
car il ne leur laissait pas le loisir d’envahir son pays
et envoya des espions dans leur camp :
ceux-ci revinrent lui annoncer
qu'ils se disposaient à les surprendre durant la nuit.
Quand le soleil fut couché, Jonathas commanda aux siens de veiller
et de rester armés pour être prêts au combat toute la nuit
et il mit des gardes autour du camp ;
mais les ennemis apprirent que Jonathan et les siens étaient prêts à la guerre
et prirent peur : l'épouvante au cœur,
ils allumèrent des foyers dans leur camp.
Mais Jonathas et ceux qui étaient avec lui ne s’aperçurent de leur [départ] qu'au matin
car ils voyaient les flambeaux brûler.
Jonathas se lança à leur poursuite mais ne les rattrapa pas
car ils avaient passé le fleuve Éleuthère ;
Jonathas se tourna alors contre les Arabes appelés Zabadéens
les battit et prit leurs dépouilles
puis rejoignit son camp, vint à Damas
et en parcourut tout le pays.
Quant à Simon, il partit et vint jusqu’à Ashkelon et aux forteresses voisines
puis se détournant vers Joppé, il s'en empara
car il apprit que [les habitants] voulaient livrer la forteresse aux partisans de Démétrius ;
et il y mit des gardes pour la garder.
Jonathas, de retour,
convoqua les anciens du peuple
et décida avec eux de rebâtir les forteresses de Judée
de rebâtir les murs de Jérusalem
et d'en dresser [un], d'une taille élevée, entre la citadelle et la cité
pour séparer celle-ci de la cité
pour qu'elle fût isolée
et que [ses habitants] ne pussent y faire ni achats ni ventes.
On se rassembla pour rebâtir la cité :
il tomba, le mur qui était au-dessus du torrent, du côté du soleil levant
mais on le répara ; il s'appelait Caphetetha.
Quant à Simon, il rebâtit Adiada dans la Séphéla
la fortifia et y mit des portes et des verrous.
Mais Tryfon, qui projetait de régner sur l'Asie, de s'emparer du diadème
et de mettre la main sur le roi Antiochus,
redoutant que Jonathas pût ne pas le laisser faire
et combattre contre lui,
cherchait à l'arrêter pour le tuer.
Se levant donc, il partit à Bethasan
mais Jonathas sortit à sa rencontre
avec quarante mille hommes d'élite pour [livrer] bataille
et vint à Bethasan :
Tryfon, voyant qu'il [était] venu avec une armée nombreuse
pour mettre la main sur lui,
prit peur
et le reçut avec honneur.
Il le recommanda à tous ses amis
lui offrit des présents
ordonna à ses troupes de lui obéir comme à lui-même
et dit à Jonathas :
— Dans quel but as-tu accablé mon peuple tout entier, alors qu'il n’y a pas de guerre entre nous ?
Renvoie-les donc dans leurs maisons
choisis-toi quelques hommes pour être avec toi et viens avec moi à Ptolémaïde
je te la livrerai
ainsi que les autres forteresses, le reste des troupes
et tous les fonctionnaires
puis je m'en retournerai
car c'est pour cela que je me trouve ici.
[Jonathas], lui faisant confiance, fit comme il [l'avait] dit ;
il licencia ses troupes, qui s’en allèrent en terre de Juda
et garda avec lui trois mille hommes
dont il envoya deux mille en Galilée
tandis que mille vinrent avec lui.
Mais quand Jonathas fut entré dans Ptolémaïde,
les Ptolémaïtes fermèrent les portes, l'arrêtèrent
et, tous ceux qui étaient entrés avec lui, ils les tuèrent par le glaive
et Tryfon envoya une armée et des cavaliers en Galilée et dans la grande plaine
pour perdre tous les alliés de Jonathas.
Mais eux, ayant su qu'il a[vait] été arrêté et qu'il a[vait] disparu avec tous ceux qui étaient avec lui,
s’exhortèrent les uns les autres
et sortirent, prêts au combat :
ceux qui les poursuivaient virent qu'ils étaient résolus à défendre leur vie et s'en retournèrent.
Eux revinrent tous en paix dans la terre de Juda ;
on pleura beaucoup Jonathas et ceux qui l'avaient accompagné
et Israël fit leur deuil, dans un grand deuil.
Mais toutes les nations qui étaient autour d'eux cherchèrent à les anéantir ;
elles dirent en effet :
— Ils n’ont plus ni chef ni aide !
Soumettons-les donc maintenant
et faisons disparaître leur mémoire d’entre les hommes.
Simon apprit que Tryfon a[vait] rassemblé une large armée
pour venir en terre de Juda et l'écraser.
Voyant que le peuple est saisi de peur et d’épouvante
il monte à Jérusalem ; il rassembla le peuple
et l'exhortant, dit :
— Vous savez ce que moi, mes frères et la maison de mon père,
nous avons fait pour les lois et pour les lieux saints ; quels sont les combats [que nous avons livrés]
et les angoisses que nous avons connues !
C’est pour eux que tous mes frères ont péri, à cause d'Israël
et que moi, je suis resté tout seul.
Mais [même] à présent, loin de moi la pensée d’épargner ma vie en tout temps d'affliction
car je ne suis pas meilleur que mes frères !
Je vengerai donc ma nation, les lieux saints,
vos enfants et vos femmes,
parce que l'ensemble des nations s'est rassemblé
pour nous écraser sans autre raison que leur hostilité.
L’esprit du peuple s'enflamma dès qu'il entendit ces paroles
et ils répondirent d'une voix forte, disant :
— C'est toi qui es notre chef à la place de Judas et de Jonathas, ton frère.
Mène notre combat
et tout ce que tu nous diras, nous le ferons !
Il rassembla tous ses hommes de guerre
se hâta d'achever tous les murs de Jérusalem et l'encercla de remparts ;
il envoya ensuite Jonathas, [fils] d’Absalom,
à Joppé, accompagné d'une nouvelle armée
et après avoir expulsé ceux qui s'y trouvaient, s'y établit.
Tryfon partit de Ptolémaïde avec une armée nombreuse
pour venir en terre de Juda ;
et Jonathas était avec lui, prisonnier.
Quant à Simon, il prit position à Addus, en face de la plaine.
Lorsque Tryfon sut que Simon a[vait] pris le commandement à la place de Jonathas, son frère,
il lui envoya des ambassadeurs
disant :
— C’est en rançon de l’argent que ton frère Jonathas devait au trésor royal
que nous l'avons fait prisonnier :
envoie donc cent talents d’argent
et deux de ses fils comme otages afin qu'une fois relâché, il ne s'enfuie pas hors de notre portée ;
et nous le rendrons.
Simon comprit qu'il lui parlait avec perfidie.
Il ordonna néanmoins de donner l’argent et les enfants
de peur de s'attirer une grande hostilité de la part du peuple d'Israël, qui dirait :
« C’est parce qu'il n’a pas envoyé l’argent et les enfants que [Jonathas] a péri. »
Mais il mentit et ne relâcha pas Jonathas...
Après quoi Tryfon vint dans le pays pour l'opprimer :
ils prirent la route qui mène à Ador et rayonnèrent autour
et Simon et son armée allaient dans tous les lieux où ils étaient.
Cependant, ceux de la citadelle envoyèrent à Tryfon des ambassadeurs
pour le presser de venir par le désert et de leur envoyer des vivres
et Tryfon tint toute la cavalerie prête pour venir cette nuit-là ;
mais il y avait de la neige en grande abondance et il ne vint pas en Galaaditide.
Mais comme Tryfon arrivait à Baschama,
il tua Jonathas et ses fils
et s'en retournant, repartit dans son pays.
Simon envoya recueillir les restes de Jonathas, son frère,
et les ensevelit à Modin, la cité de ses pères.
Tout Israël le pleura d'un grand pleur
et on mena son deuil pendant de longs jours ;
et Simon édifia sur le tombeau de son père et de ses frères
un édifice visible par sa hauteur
en pierre polie par derrière et par devant
et dressa sept pyramides
l'une en face de l’autre, pour son père, sa mère et ses quatre frères :
il plaça autour d'elles de grandes colonnes
sur les colonnes [il plaça] des panoplies pour rendre leur mémoire éternelle
et à côté des panoplies, des vaisseaux sculptés
qui seraient vus de tous ceux qui naviguent sur la mer ;
tel est le tombeau qu'il fit à Modin, [et qui existe] encore aujourd'hui.
Mais Tryfon, en voyage avec le jeune roi Antiochus,
le tua par ruse ;
il régna à sa place, ceignit le diadème de l’Asie, et fit une grande plaie au pays.
Simon rebâtit les places fortes de Judée
les fortifia par des tours élevées, des grands murs avec portes et verrous
et mit des provisions de vivres dans les forteresses.
Simon choisit ensuite des hommes qu'il envoya au roi Démétrius
pour qu'il fît rémission au pays
parce que tous les actes de Tryfon n'étaient que pillages.
Le roi Démétrius répondit à ces paroles et écrivit la lettre suivante :
« Le roi Démétrius à Simon, grand prêtre et ami des rois,
aux anciens et à la nation des Juifs, salut !
La couronne d’or et la palme que vous avez envoyées, nous les avons reçues :
nous sommes disposés à faire avec vous une grande paix
et à écrire aux fonctionnaires du roi de vous remettre ce que nous vous avons accordé.
Tout ce que nous avons établi à votre sujet demeure en effet établi :
que les forteresses que vous avez bâties demeurent vôtres.
Nous vous faisons remise aussi de tous les délits d'ignorance et de tous vos péchés jusqu’au jour d'aujourd'hui
et de la couronne que vous deviez ;
et, s’il était levé quelque autre tribut à Jérusalem
qu’il cesse d'être levé.
Et si certains d’entre vous sont aptes à s’enrôler parmi les nôtres,
qu’ils s'enrôlent, et que la paix soit entre nous ! »
En l'an cent soixante-dix
il fut enlevé, le joug des nations, de dessus Israël
et le peuple d'Israël commença à écrire sur les registres et les contrats :
« Première année sous Simon, grand prêtre, général et chef des Juifs. »
Au même moment, Simon prit position près de Gaza ;
il l'entoura avec ses troupes,
fit faire des machines de guerre, prit position au pied de la cité et frappa une seule tour, qu'il prit :
ils jaillirent alors, ceux qui étaient à l'intérieur de la machine de guerre, dans la cité
et il se produisit une grande agitation dans la cité.
Ceux qui étaient dans la cité montèrent avec leurs femmes et leurs enfants sur le mur, les vêtements déchirés ;
ils firent monter une clameur d'une voix forte, demandant à Simon de leur tendre la main
et dirent :
— Ne nous rétribue pas selon nos méchancetés
mais selon ta miséricorde !
Simon se laissa fléchir et ne leur fit pas la guerre.
Il les chassa en revanche de la cité
et purifia les demeures dans lesquelles il y avait eu des idoles ;
puis y fit son entrée, accompagné d'hymnes et bénissant le Seigneur.
On en chassa toute impureté
et il y installa des hommes qui pratiqueraient la Loi ; puis il la fortifia
et s’y bâtit pour lui-même une habitation.
Quant à ceux qui étaient dans la citadelle de Jérusalem, ils ne pouvaient plus aller et venir dans le pays
pour faire des achats et des ventes :
ils souffrirent beaucoup de la faim
et nombre d'entre eux périrent à cause de la famine.
Ils firent alors monter une clameur vers Simon pour prendre sa main
ce qu’il leur accorda ;
mais il les expulsa de là
et purifia la citadelle de [ses] souillures.
[Les Juifs] y pénétrèrent le vingt-trois du deuxième mois
de l'an cent soixante et onze
avec des chants de louange et des rameaux de palmiers
au son des cithares et des cymbales, des nables, des hymnes et des cantiques
parce qu’un grand ennemi avait été exterminé d’Israël.
[Simon] décida qu’on célébrerait tous les ans ces jours-là avec allégresse ;
il fortifia la montagne du Temple qui était contre la citadelle
et y demeura, lui et ceux qui étaient avec lui.
Puis Simon vit que Jean, son fils, était [maintenant] un homme :
il l'établit chef de l'ensemble des troupes
et il demeura à Gazara.
En l'an cent soixante-douze, le roi Démétrius rassembla ses troupes
et partit en Médie dans l'espoir de se procurer des troupes auxiliaires
pour repousser Tryphon.
Arsacès, roi de Perse et de Médie, ayant appris
que Démétrius [était] entré sur ses frontières,
envoya un de ses généraux, seul, afin de se saisir de lui vivant et le lui amener.
Celui-ci s'en alla attaquer l'armée de Démétrius ;
il s'en saisit et le mena devant Arsacès
qui le fit emprisonner.
La terre de Juda fut tranquille durant tous les jours de Simon.
Il rechercha le bien de sa nation
et elles leur plurent, son autorité
et sa gloire, tous les jours.
Et avec toute sa gloire il prit Joppé pour en faire un port
et s'ouvrit un accès aux îles de la mer ;
il étendit les frontières de sa nation
et tint fermement le pays ;
il regroupa des captifs nombreux
se rendit maître de Gazara, de Bethsura et de la citadelle et en ôta les impuretés ;
et il n’y avait personne pour lui résister.
Chacun cultivait sa terre en paix :
la terre donnait ses fruits
et les arbres des plaines leur fruit
tous les vieillards, assis sur les places,
s’entretenaient des biens de la terre
et les jeunes gens se revêtaient de gloire et d'habits de guerre ;
aux cités il distribuait des vivres, et il les organisait pour en faire des dépôts de munitions
jusqu'à ce que le nom de sa gloire soit renommé jusqu'à l'extrémité de la terre.
Il fit la paix sur la terre
et Israël se réjouit d'une grande joie :
chacun s'assit sous sa vigne et son figuier
et il n'y avait personne pour les effrayer ;
on cessa de les attaquer sur leur terre
et les rois ennemis furent écrasés en ces jours-là.
Il affermit tous les humbles de son peuple
il s'attacha à la Loi et extermina toute injustice et tout mal ;
il rendit gloire aux lieux saints
et multiplia le mobilier des lieux saints.
On apprit à Rome que Jonathan [était] mort, et même à Sparte :
on en fut très affligé.
Mais quand ils apprirent que Simon, son frère, était devenu très grand prêtre à sa place
et qu'il tenait fermement le pays et les cités qui s’y trouvaient,
ils lui écrivirent sur des tablettes de bronze
pour renouveler avec lui les amitiés et l’alliance
qu’ils avaient conclues avec Judas et Jonathan, ses frères.
On en fit la lecture devant l’assemblée à Jérusalem
et voici la copie des lettres qu'envoyèrent les Spartiates :
« Le chef des Spartiates et de leur cité à Simon, grand prêtre, aux anciens, aux prêtres
et au reste du peuple des Juifs, leurs frères, salut !
Les ambassadeurs qui ont été envoyés à notre peuple nous ont annoncé ce qui fait votre gloire, votre honneur et votre joie.
Nous nous sommes réjouis de leur venue
et nous avons écrit ce qu'ils avaient dit lors les conseils du peuple, soit :
« Numénius, [fils] d’Antiochus, et Antipater, fils de Jason, ambassadeurs des Juifs, sont venus vers nous
pour renouveler l'amitié qui les lie à nous
et il a plu au peuple de recevoir ces hommes avec apparat
et de mettre la transcription de leurs paroles dans les livres du peuple, réservés [à cet effet]
pour que le peuple des Spartiates en garde la mémoire. »
C'est une copie de cela que nous avons écrit à Simon, grand prêtre. »
Après quoi Simon envoya à Rome Numénius
avec un grand bouclier d’or qui pesait mille mines, pour assurer l’alliance avec eux.
Et lorsque le peuple romain eut entendu
ces discours, ils dirent :
— Quelle action de grâces rendrons-nous à Simon et à ses fils ?
Car il a lui-même rétabli ses frères
et triomphé des ennemis d'Israël.
Ils lui assurèrent la liberté et transcrivirent [cette décision] sur des tablettes d’airain
qu’ils placèrent sur des écriteaux au mont Sion.
Le dix-huitième jour du mois d’élul
en l'an cent soixante-douze
la troisième année de Simon, grand prêtre, dans Asaramel
en la grande assemblée des prêtres et du peuple, des chefs de la nation et des anciens du roi
il a été publié ceci, à savoir :
« Les combats se sont succédés dans notre pays
mais Simon, fils de Matthathias, [descendant] des fils de Jarib, et ses frères, se sont offerts au danger
et ont résisté aux ennemis de leur nation afin que soient maintenus leurs lieux saints et leur Loi ;
et c'est d'une grande gloire qu'ils ont glorifié leur nation !
Jonathas rassembla sa nation
et devint leur grand prêtre ;
il fut attaché au service de son peuple.
Leurs ennemis voulurent fouler aux pieds, écraser leur pays
et étendre la main sur leurs lieux saints
mais Simon résista et combattit pour sa nation :
il dépensa beaucoup d'argent
il fournit des armes aux hommes de courage de sa nation
et leur donna une solde ;
il fortifia les cités de Judée, et Bethsura, [ville] frontière de la Judée, où se trouvaient auparavant les armes des ennemis
et il y mit en garnison des soldats juifs.
Il fortifia Joppé sur la mer
ainsi que Gazara aux confins d’Ashdod
où les ennemis habitaient auparavant ;
il y établit des Juifs
et tout ce qui pouvait être utile pour leur développement, il l'y mit.
Le peuple vit la conduite de Simon
et la gloire qu’il désirait procurer à sa nation
et ils l'établirent comme leur chef et comme prince des prêtres
pour tout ce qu'il avait fait,
pour la justice et la fidélité qu'il conserva à sa nation.
Il chercha par toutes les manières possibles à exalter son peuple
et en ses jours, [tout] réussit entre ses mains
au point que les nations furent bannies de leur pays,
à savoir ceux qui étaient dans la cité de David à Jérusalem
dans la citadelle, d’où ils opéraient des sorties, souillaient les alentours du lieu saint
et faisaient une grande plaie à sa pureté.
Il y installa des soldats juifs pour assurer la sécurité du pays et de la cité
et suréleva les murs de Jérusalem.
Alors le roi Démétrius le confirma dans le souverain sacerdoce ;
plus encore, il s'en fit un ami
et le glorifia d'une grande gloire.
Il apprit en effet que les Juifs furent appelés par les Romains amis, alliés et frères
qu’ils reçurent avec apparat les ambassadeurs de Simon
et que les Juifs et leurs prêtres consentirent à ce que Simon fût leur chef
et leur très grand prêtre à jamais, jusqu’à ce que se lève un prophète digne de foi ;
et ce afin qu’il [les gouverne] en tant que chef
qu'il prenne soin des lieux saints
et qu'il désigne ceux qui seraient chargés de leurs travaux
du pays, des armements et des forteresses ;
qu’il prenne soin des lieux saints, qu’il soit écouté de tous
que soient rédigés en son nom tous les actes dans le pays
et qu'il soit couvert de pourpre et d'or.
Il ne sera permis à personne parmi le peuple ou les prêtres de rejeter un de ces points
ni de contredire ce qu'il dira ;
ni de convoquer de rassemblement dans la région sans son autorisation
ni de se vêtir de pourpre ou de porter l'agrafe d'or.
Quiconque outrepasse ces décisions ou en rejette une sera passible de châtiment.
Et il a plu à tout le peuple d'ordonner que Simon aussi
agisse selon ces paroles.
Simon a accepté et il lui a plu d'exercer le souverain sacerdoce
d'être guide et chef de la nation des Juifs et des prêtres
et de commander à tous. »
On ordonna de graver cet écrit sur des tablettes de bronze
de les placer dans le péribole des lieux saints, en un lieu fréquenté
et d’en placer aussi une copie au trésor pour que Simon et ses fils l'aient [à disposition].
Le roi Antiochus, fils de Démétrius, envoya des lettres depuis les îles de la mer
à Simon, prêtre et prince du peuple des Juifs, et à toute la nation.
Elles avaient la teneur suivante :
« Le roi Antiochus, à Simon, grand prêtre, et à la nation des Juifs, salut !
Puisque des hommes infects comme la peste se sont emparés du royaume de nos pères
je veux en outre revendiquer la possession de mon royaume et le rétablir tel qu’il était auparavant.
J'ai fait lever un grand nombre de troupes d'élite et j'ai fait équiper des vaisseaux de guerre
et je veux me rendre dans mon pays
pour me venger de ceux qui ont saccagé notre pays
et désolé de nombreuses cités dans mon royaume.
Je te confirme donc à présent toutes les remises [de tribut] que t’ont accordées les rois qui m'ont précédé
et tous les autres présents qu’ils t’ont accordés
et je t'autorise à frapper ta propre monnaie dans ton pays.
Que Jérusalem soit sainte et libre
que toutes les armes qui ont été fabriquées
et les forteresses que tu as bâties et que tu occupes demeurent tiennes.
[Que tout ce que tu dois et devras au trésor royal te soit remis dès à maintenant et pour toujours.]
Lorsque nous aurons conquis notre royaume
nous te glorifierons, toi, ta nation et le Temple, d'une grande gloire
si bien que votre gloire deviendra manifeste par toute la terre. »
En cent soixante-quatorze
Antiochus partit pour la terre de ses pères
et toutes les troupes se joignirent à lui
si bien qu'il ne restait avec Tryfon qu'une poignée d'hommes.
En l'an cent soixante-quatorze
Antiochus partit pour la terre de ses pères
et toutes les troupes se joignirent à lui
si bien qu'il ne restait avec Tryfon qu'une poignée d'hommes.
Le roi Antiochus le poursuivit
et lui arriva dans sa fuite à Dora, sur la mer ;
car il savait que les maux s’étaient amassés sur lui
et que son armée l'avait abandonné.
Antiochus prit position devant Dora
avec cent vingt mille combattants et huit mille cavaliers :
il encercla la cité
et les vaisseaux approchèrent par la mer
ils frappaient la cité depuis la terre et depuis la mer et ne laissaient personne sortir.
À ce moment arriva Numénius et ceux qui avaient été avec lui depuis la ville de Rome ;
ils apportaient des lettres adressées aux rois et aux pays, dont voici la teneur :
« Lucius, consul des Romains, au roi Ptolémée, salut !
Les ambassadeurs des Juifs sont venus chez nous en amis
pour renouveler l'amitié et l'alliance de jadis ;
ils étaient envoyés par Simon, le prince des prêtres, et par le peuple des Juifs
et ils ont aussi apporté un bouclier d’or de mille mines.
C'est pourquoi il nous a plu d’écrire aux rois et aux pays de ne pas leur causer de mal
de ne pas les attaquer, ni leurs cités et leurs pays
et de ne pas porter secours à leurs adversaires ;
pour notre part, nous avons décidé d'accepter leur bouclier.
Si donc certains de ces hommes infects comme la peste se sont enfuis de leur pays pour aller chez vous,
livrez-les à Simon, prince des prêtres
afin qu'il les punisse selon sa Loi. »
On écrivit la même chose au roi Démétrius,
à Attale, à Ariarathès, à Arsacès
et à tous les pays : à Samsama, aux Spartiates, à Délos, à Myndos,
à Sicyone, à la Carie, à Samos, à la Pamphylie, à la Lycie, à Halicarnasse,
à Rhodes, à Phaselis, à Cos, à Sidé, à Aradon,
à Gortyne, à Cnide, à Chypre et à Cyrène.
C'est une copie de ces lettres qu'on a écrite pour Simon, prince des prêtres.
À ce moment, le roi Antiochus prit position devant Dora pour la seconde fois
approchant peu à peu ses troupes dans sa direction et construisant des machines de guerre
et il enferma Tryfon pour qu'il ne sorte pas.
Simon lui envoya deux mille hommes d’élite en renfort
de l’argent, de l’or et un matériel considérable
mais il ne voulut pas les accepter
et enfreignit au contraire tout ce qui a[vait] été convenu avec lui auparavant. Il se comporta en étranger avec lui
et lui envoya Athénovius, l'un de ses amis
pour traiter avec lui et lui dire :
— Vous occupez Joppé, Gazara et la citadelle de Jérusalem, cités de mon royaume.
Vous avez désolé leur territoire et fait une grande plaie sur ma terre
et vous vous êtes rendus maîtres de maintes localités dans mon propre royaume.
Maintenant donc, livrez les cités que vous avez occupées
et les tributs des localités que vous contrôlez au-delà des frontières de la Judée ;
ou alors, donnez pour elles cinq cents talents d’argent
et pour ce que vous avez ravagé lors de vos ravages et les tributs des cités, cinq cents autres talents
ou alors nous viendrons et nous vous soumettrons de force.
Athénovius, l'ami du roi, vint à Jérusalem.
Il vit la gloire de Simon et sa splendeur en [découvrant] l'or et l'argent [de son palais]
et son apparat [qui était] considérable ;
il en fut stupéfait et lui rapporta les paroles du roi.
Simon lui dit en réponse :
— Ce n’est pas la terre d'autrui que nous avons prise
ni les biens d’autrui que nous avons détenus
mais l’héritage de nos pères, qui est injustement tombé en la possession de nos ennemis durant un temps.
Pour nous, saisissant en effet l’occasion, nous revendiquons l’héritage de nos pères
car depuis Joppé et Gazara que tu réclames,
ils faisaient à notre peuple une grande plaie dans notre propre pays.
Pour elles nous donnerons cent talents.
Il ne lui répondit pas un mot
mais s’en retourna en colère auprès du roi et lui raconta ces paroles,
la gloire de Simon et l'ensemble de ce qu’il avait vu ;
et le roi fut pris de colère, d'une grande colère.
Tryfon s'enfuit à ce moment sur un vaisseau à Orthosiade.
Le roi établit Cendébée chef de la côte, lui donna une troupe de cavaliers et de fantassins
et lui commanda de camper en face de la Judée ;
il lui commanda aussi de reconstruire Cédron
de fermer les portes de la cité
et de soumettre le peuple ;
quant au roi, il se mit à la poursuite de Tryfon.
Cendébée arriva à Jamnia
et commença à provoquer la foule, à écraser la Judée
à réduire le peuple en captivité et à faire des massacres ;
et [il commença] à reconstruire Cédron.
Il y plaça des cavaliers et une troupe
pour faire des sorties et parcourir les routes de Judée
selon ce que lui avait prescrit le roi.
Jean monta de Gazara
et annonça à Simon, son père, ce qu'avait fait Cendébée.
Simon appela ses deux fils aînés
Judas et Jean, et leur dit :
– Moi et mes frères, nous n'avons cessé de combattre les ennemis d’Israël depuis notre jeunesse jusqu’en ce jour
et la libération d'Israël a plusieurs fois réussi dans nos mains.
Mais maintenant je suis devenu âgé :
alors prenez ma place et celle de mon frère
allez combattre pour notre nation
allez ! et que le secours du ciel soit avec vous !
Il choisit ensuite dans le pays vingt mille combattants et cavaliers
ils se mirent en route vers Cendébée
et dormirent à Modin.
Et s’étant levés de bon matin, ils partirent vers la plaine
et voici, une troupe nombreuse venait à leur rencontre, fantassins et cavaliers
mais il y avait le cours d'un torrent entre eux, au milieu.
[Jean] prit position en face d'eux, lui et son peuple
et voyant que le peuple tremblait à l'idée de traverser le torrent
il traversa le premier :
et quand ses hommes le virent, ils traversèrent derrière lui.
Il organisa la répartition de son peuple en [disposant] les cavaliers au milieu des fantassins
car la cavalerie des adversaires était excessivement nombreuse
et on sonna des trompettes sacrées :
il fut mis en fuite, Cendébée, avec son armée
il tomba parmi eux de nombreux blessés
et ceux qui restaient s'enfuirent vers les remparts.
C'est alors que fut blessé Judas, frère de Jean.
Quant à Jean, il les poursuivit
jusqu’à ce que [Cendébée] arrivât à Cédron, qu'il avait rebâtie ;
ils s’enfuirent jusqu’aux tours qui étaient dans les champs d’Ashdod
mais [Jean] y fit mettre le feu :
il tomba d'entre eux deux mille hommes.
Il rentra donc en Judée, en paix.
Or, Ptolémée, fils d’Abobus, avait été établi chef dans la plaine de Jéricho
et il possédait beaucoup d’argent et d’or
car il était le gendre du très grand prêtre.
Son cœur s’exalta :
il voulait s'emparer du pays
et réfléchissait à une ruse au sujet de Simon et de ses fils, qui les éliminât.
Simon parcourait pendant ce temps les cités du pays
et en faisait sa préoccupation. Il descendit à Jéricho
lui, Matthathias, son fils, et Judas
en l'an cent soixante-dix-sept
le onzième mois, celui qui est le mois de Sabat.
Le fils d’Abobus les reçut dans la petite fortification
appelée « Doch », plein de ruse (c'était celle qu'il a bâtie) :
il fit pour eux un grand banquet
et cacha en ce lieu des hommes
et lorsque Simon fut ivre ainsi que ses fils,
Ptolémée se leva avec ses gens
ils prirent leurs armes et entrèrent dans [la salle du] banquet
et le tuèrent avec ses deux fils et quelques-uns de ses esclaves
commettant une grande perfidie en Israël
et rendant le mal pour le bien.
Ptolémée l'écrivit
et l'envoya au roi, lui demandant d'envoyer une armée à son secours et de lui livrer le pays,
leurs cités et leurs tributs.
Il envoya les uns à Gazara pour éliminer Jean
(aux tribuns, il envoya des lettres [leur demandant de] se rendre auprès de lui
afin de leur donner de l’argent, de l’or et des présents)
et envoya les autres occuper Jérusalem et la montagne du Temple.
Mais prenant les devants, quelqu'un vint annoncer à Jean à Gazara
qu'ils ont péri, son père et ses frères
et que [Ptolémée] a envoyé quelqu'un : — Pour te tuer, toi aussi.
En l'entendant, [Jean] fut saisi d'une violente angoisse :
il fit prendre les hommes qui étaient venus le perdre
et les fit tuer
car il a[vait] appris qu'ils cherchaient à le perdre.
Les autres paroles de Jean, le reste de ses guerres
des beaux exploits qu’il accomplit avec courage
de la construction des murs qu’il érigea et de ses hauts faits
voici, tout a été écrit dans le livre des annales de son sacerdoce
depuis le jour où il devint prince des prêtres après son père.
ICI FINIT LE PREMIER LIVRE DES MACCABÉES