« Dieu, qui a dit : — La lumière brillera du sein des ténèbres ! a fait briller la lumière dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ » (2Co 4,6) : souffrance et gloire du Christ sont au cœur de cette deuxième lettre aux Corinthiens. La confiance entre Paul et sa communauté traverse une grave crise : Paul écrit cette lettre « dans les larmes » (2Co 2,4). Il relie sa souffrance avec la puissance de l'Esprit dans son ministère, et jusque dans la vie concrète de ses lecteurs. Paul soutient que sa souffrance est le moyen que Dieu utilise pour révéler sa gloire « car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure un poids éternel de gloire » (2Co 4,17).
La souffrance, l'endurance, la splendeur, la gloire du Christ, la repentance, le salut et la résurrection rythment l'itinéraire spirituel en cinq moments proposé par le texte :
I. La souffrance de Paul rejoint la croix du Christ. Ceux qui le rejettent parce qu'il souffre sont de « faux apôtres » et des « serviteurs de Satan » (2Co 11,13-15).
II. Paul est un serviteur de la nouvelle alliance (2Co3,6). Son ministère, centré sur le message de la croix, cherche à expliquer la façon dont Dieu envoie l'Esprit et justifie les croyants (2Co 3,3.6–9 ; 5,14–15.21).
III. C'est par la grâce de Dieu que le chrétien persévère malgré les difficultés. Sa persévérance est la plus grande manifestation de la présence, de la puissance et de la gloire de Dieu en ce monde déchu (2Co1,12-14 ; 6,14-7,1 ; 12,7-10 ; 13,4).
IV. Dans l'œuvre de la repentance, l'Esprit réconcilie les croyants avec Dieu par la croix ; il les transforme en l'image de Dieu qui resplendit en Christ. En vivant pour le bien des autres, les croyants donnent corps à la « nouvelle création » (2Co 3,18 ; 5,5.17-21).
V. La sainteté est un amour exclusif pour Dieu et son Église, ainsi qu'un amour qui crée l'unité du Peuple de Dieu (2Co 6,14–7,1.8–9). L'Esprit transforme ceux en qui il habite : ses dons sont une garantie du « poids éternel de gloire » à venir en vue de la résurrection (2Co 1,22 ; 3,18 ; 5,5.9-11).
Paul recourt ici au motif du « voile de Moïse » — le voile dont le législateur se couvrait le visage pour ne pas éblouir le peuple tant il était devenu éblouissant d'avoir parlé avec YHWH « mais, comme le dit l’Écriture : Lorsque Moïse se tournait vers le Seigneur, il ôtait le voile » (2Co 3,16). En Christ, soutien Paul, ce voile est définitivement enlevé. Cette affirmation a suscité bien des malentendus entre Juifs et chrétiens, toutefois Paul ne veut pas dire que les Juifs ne comprennent pas leurs propres Écritures. Il témoigne plutôt qu'une fois que l'on a reconnu le Messie en Jésus, on se met à voir les Écritures sous un jour nouveau, qui y éclaire de nombreux détails, y compris textuels, et en transfigure complètement l'interprétation et le sens.
Le texte est bien préservé. Tous les manuscrits de toutes les versions attestent de son intégrité et de son ordre, qui ne connaît aucune altération. Il faut cependant noter la présence de développements visant à éclaircir le texte, mais ces variantes sont sans gravité.
2Co est une épître où le genre pathétique est le plus évident.
Certains critiques ont estimé que 2Co réunissait jusqu'à cinq lettres de Paul. D'autres pensent simplement que les trois derniers chapitres n'appartenaient pas à l'original. Le changement de ton entre 2Co 1-9 et 2Co 10-13 amène à penser que ces chapitres constituent un envoi postérieur.
La deuxième épître aux Corinthiens est une mine d'informations sur les premiers problèmes auxquels furent confrontées les jeunes communautés, tant dans la vie spirituelle que dans leurs relations avec les autres. Paul donne à ses réponses un caractère plus profond et spirituel en les inscrivant dans un horizon eschatologique et ecclésial.
S'adressant à des Grecs, le propos de Paul devient plus réflexif. Mais l'apôtre rappelle aussi la force du message de la Croix – véritable folie pour le monde, mais sagesse pour Dieu – et l'union au Christ, qui fonde la vie de la foi.
Outre les commentaires sur l’ensemble des épîtres de Paul (cités ci-dessus), la deuxième épître aux Corinthiens est aussi commentée, entre autres, par :
ICI COMMENCE L'ÉPÎTRE AUX CORINTHIENS · II ·
Paul, apôtre du Jésus-Christ par la volonté de Dieu, et Timothée le frère,
à l’Église de Dieu qui est à Corinthe,
avec tous les saints qui sont dans l’Achaïe entière
à vous, grâce et paix par Dieu, notre Père, et par le Seigneur Jésus-Christ !
Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ,
le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation,
qui nous console dans toute notre tribulation,
afin que nous aussi puissions consoler ceux qui sont en tout genre de détresse
grâce à l'exhortation dont
nous sommes nous-mêmes exhortés par Dieu.
Car de même qu'abondent les souffrances du Christ en nous,
ainsi aussi par le Christ abonde notre consolation.
Or, si nous sommes dans la tribulation,
c'est pour votre exhortation et votre salut ;
si nous sommes exhortés,
c'est pour votre exhortation
qui fait endurer les mêmes souffrances que celles que nous endurons.
Et notre espérance est ferme à votre égard,
sachant que, comme vous êtes associés aux souffrances
ainsi vous le serez aussi à la consolation.
Car nous ne voulons pas que vous ignoriez, frères,
touchant la tribulation qui nous est survenue en Asie,
que nous avons été accablés à l'excès, au-delà de nos forces,
à tel point que que nous étions dégoûtés même de vivre.
Or, nous avons eu en nous-mêmes la réponse de la mort,
afin de nous confier non pas en nous-mêmes,
mais en Dieu qui ressuscite les morts.
Lui qui nous a délivrés de si grands périls et qui nous délivrera ;
lui en qui nous espérons qu'il nous délivrera encore ;
vous-mêmes aussi nous assistant par la prière,
afin que, comme ce don qui nous a été accordé par l'intermédiaire de nombreuses personnes, beaucoup rendent grâce en notre faveur.
Car notre gloire, c’est le témoignage de notre conscience :
c'est dans la simplicité et la sincérité de Dieu
et non avec la sagesse charnelle,
mais avec la grâce de Dieu, que nous nous sommes comportés dans le monde
et surtout envers vous.
Car nous ne vous écrivons pas autre chose que ce que vous avez lu et comprenez.
Et j’espère que vous le comprendrez pleinement :
— comme aussi vous nous avez compris en partie —
que nous sommes votre gloire, comme aussi vous serez la nôtre au jour de notre Seigneur Jésus-Christ.
Et dans cette confiance
j'ai voulu venir d'abord chez vous afin de vous procurer une seconde grâce,
et de passer par chez vous en allant en Macédoine
et de revenir de Macédoine à nouveau chez vous
et par vous me faire conduire en Judée.
Ainsi puisque j'avais voulu cela,
ai-je fait preuve de légèreté ?
Ou bien, ce que je projette, est-ce selon la chair que je le projette,
de sorte qu'il y ait chez moi le OUI et le NON ?
Mais Dieu est fidèle : notre parole, celle qui se produit auprès de vous,
il n'y a pas en elle OUI et NON ;
en effet, le Fils de Dieu, Jésus-Christ
qui chez vous a été prêché par nous
par moi, Silvain et Timothée,
ne fut pas OUI et NON,
mais c'est OUI qui fut en lui.
Toutes les promesses de Dieu, en effet,
en lui sont OUI ;
c’est pourquoi aussi l'AMEN à Dieu par lui est prononcé pour notre gloire.
Or celui qui nous affermit avec vous dans le Christ et qui nous a donné l'onction, c’est Dieu,
lui qui nous a aussi marqués d’un sceau et nous a donné le gage de l'Esprit dans nos cœurs.
Pour moi, j'invoque Dieu comme témoin sur mon âme,
que c’est pour vous ménager que je ne suis plus venu à Corinthe.
Ce n'est pas que nous régentions votre foi,
mais nous collaborons à votre joie,
car pour la foi vous tenez bon.
Mais moi-même je décidai de ne pas venir chez vous de nouveau dans la tristesse.
Si en effet moi je vous attriste
qui est-ce alors qui pourrait me réjouir
sinon celui qui est attristé par moi ?
Et j'ai écrit cela même
pour ne pas avoir, lorsque je serai arrivé, tristesse sur tristesse
de la part de ceux qui devraient me donner de la joie
ayant cette confiance en vous tous
que ma joie est la vôtre à tous.
Car c’est du milieu d'une grande tribulation et d'une angoisse du cœur que je vous ai écrit avec beaucoup de larmes
non afin que vous soyez attristés
mais afin que vous sachiez la charité surabondante que j'ai pour vous.
Mais si quelqu’un a causé de la tristesse
ce n’est pas moi qu’il a attristé
mais en partie, afin que je ne vous accable pas tous.
Il suffit, pour celui dont il s'agit, de ce châtiment-là qui lui a été infligé par la majorité,
de sorte qu'au contraire, vous devriez plutôt pardonner et consoler
de peur que celui dont il s'agit ne soit accablé par une tristesse excessive.
C'est pourquoi je vous exhorte à renforcer la charité envers lui.
C'est pourquoi, en effet, je vous ai aussi écrit afin de connaître votre épreuve
si en tous points vous êtes obéissants.
Or ceux à qui vous pardonnez quelque chose
moi je leur pardonne aussi ;
car ce que j'ai pardonné, si j'ai pardonné quelque chose,
c’est pour vous que je l'ai fait en la personne du Christ,
afin que nous ne soyons pas circonvenus par le Satan ;
car nous n’ignorons pas ses desseins.
Mais quand je fus arrivé à Troade pour l’Évangile du Christ,
et bien qu’une porte me fût ouverte dans le Seigneur,
je n’eus pas de repos dans mon esprit
de ce que je n'ai pas trouvé Tite, mon frère
mais, ayant pris congé d'eux, je suis parti pour la Macédoine.
Pourtant grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher dans le Christ Jésus
et qui manifeste par nous en tout lieu le parfum de sa connaissance.
Car nous sommes pour Dieu la bonne odeur du Christ
parmi ceux qui se sauvent et parmi ceux qui se perdent ;
aux uns, à la vérité, une odeur de mort pour la mort
mais aux autres, une odeur de vie pour la vie.
Et pour cela qui est très capable ?
Car nous ne sommes pas comme beaucoup qui falsifient le verbe de Dieu
mais c’est avec sincérité
mais c'est comme de la part de Dieu, que devant Dieu nous parlons en Christ.
Commençons-nous de nouveau à nous recommander nous-mêmes ?
Ou bien avons-nous besoin, comme certains, de lettres de recommandation pour vous ou de vous ?
Vous êtes vous-mêmes notre lettre,
écrite dans nos cœurs, laquelle est connue et est lue par tous les hommes.
Il est manifeste que vous êtes une lettre du Christ, remise à nos soins
et écrite non avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant
non sur des tables de pierre,
mais sur des tables charnelles du cœur.
Or une telle assurance, nous l’avons par le Christ auprès de Dieu.
Non que nous soyons capables par nous-mêmes de penser quelque chose comme venant de nous-mêmes
mais notre capacité vient de Dieu,
qui nous a aussi rendus capables d’être ministres d’une nouvelle Alliance
non de la lettre, mais de l’Esprit
car la lettre tue, mais l’Esprit vivifie.
Que si le ministère de la mort, gravé en lettres sur des pierres, s'est trouvé dans la gloire
au point que les fils d’Israël ne pouvaient tendre leurs regards
sur le face de Moïse à cause de la gloire de son visage, laquelle est abolie,
combien le ministère de l’Esprit ne sera-t-il pas plus glorieux ?
Car si le ministère de la condamnation est une gloire
combien plus le ministère de la justice abonde-t-il en gloire !
Car à cet égard, ce qui a brillé n'a pas été glorifié
en raison de cette gloire suréminente.
Si en effet ce qui est aboli est par la gloire,
combien plus ce qui demeure est dans la gloire.
Ayant donc une telle espérance
nous usons de beaucoup d'assurance,
et non comme Moïse, qui mettait un voile sur sa face
pour que les fils d’Israël ne tendent pas leurs regards sur sa face ce qui est aboli.
Mais leurs pensées se sont émoussées.
Car jusqu'à ce jour, ce même voile demeure lors de la lecture de l’Ancien Testament
sans être dévoilé (parce que c’est dans le Christ qu’il est aboli).
Mais jusqu'à ce jour, lorsqu'on lit Moïse
un voile est posé sur leurs cœurs.
Mais lorsqu'il se sera tourné vers Dieu, le voile sera enlevé.
Or le Seigneur est l’Esprit
et là où est l’Esprit du Seigneur
là est la liberté.
Quant à nous tous, le visage découvert, contemplant comme dans un miroir la gloire du Seigneur
nous sommes transformés en la même image, de clarté en clarté
comme par l'Esprit du Seigneur.
C’est pourquoi, ayant ce ministère
selon la miséricorde que nous avons obtenue, nous ne perdons pas courage
mais nous rejetons les dissimulations de la honte
en ne marchant pas avec astuce
ni en falsifiant le verbe de Dieu :
au contraire, par la manifestation de la vérité en nous recommandant nous-mêmes
à toute conscience des hommes devant Dieu.
Or s'il est encore voilé, notre évangile
c’est pour ceux qui se perdent qu’il est voilé :
pour ceux, parmi les infidèles, dont le dieu de ce siècle a aveuglé les esprits
afin que ne brille pas l'illumination de l’Évangile de la gloire du Christ
qui est l’image de Dieu.
Nous, en effet, ne nous prêchons pas nous-mêmes
mais Jésus-Christ Seigneur,
nous, vos esclaves par Jésus
puisque c'est Dieu qui a dit : « que des ténèbres resplendisse la lumière »,
qui a resplendi dans nos cœurs
pour une illumination de la science de l'éclat de Dieu sur la face du Christ Jésus.
Seulement, nous avons ce trésor dans des vases d'argile
afin que la sublimité relève de la puissance de Dieu et non pas de nous :
en toutes choses nous endurons tribulation
mais nous ne sommes pas angoissés,
nous sommes gênés
mais
pas délaissés,
nous endurons persécution
mais nous ne sommes pas abandonnés
nous sommes terrassés
mais nous ne sommes pas perdus ;
toujours portant avec nous la mort
de Jésus dans notre corps
pour que la vie de Jésus elle aussi soit manifestée dans notre corps ;
nous qui sommes vivants, en effet, nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Jésus
afin que la vie de Jésus elle aussi soit manifestée dans notre chair mortelle ;
ainsi la mort agit en nous
et la vie en vous.
Ayant cependant le même esprit de foi
selon qu'il est écrit
« J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé »,
nous aussi nous croyons et c’est pourquoi nous parlons
sachant que celui qui a ressuscité Jésus
nous ressuscitera nous aussi avec Jésus
et il nous placera debout ensemble, avec vous :
tout cela, en effet, arrive pour vous
afin que la grâce, qui abonde
à travers un très grand nombre, abonde en action de grâces à la gloire de Dieu !
C’est pour cela que nous ne perdons pas courage
au contraire : notre homme extérieur a beau se corrompre
cependant celui qui est intérieur se renouvelle de jour en jour
car ce que notre tribulation à de momentané et léger
produit pour nous, au-delà de toute mesure dans la sublimité, un poids éternel de gloire.
Nous ne contemplons pas les choses qui se voient
mais les choses qui ne se voient pas
car les choses qui se voient sont temporelles
celles qui ne se voient pas, éternelles.
Nous savons en effet que si notre demeure terrestre, cette habitation, vient à être détruite
nous avons une maison de Dieu,
une demeure qui n'a pas été faite de main d’homme, et qui est éternelle dans les cieux.
Et nous gémissons en effet dans cet état
désirant être revêtus de notre demeure qui est du ciel,
si toutefois nous sommes trouvés vêtus et non pas nus.
Car, pendant que nous sommes dans cette tente, nous gémissons, accablés
parce que nous ne voulons pas être dépouillés, mais être revêtus par-dessus
afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie.
Et celui qui nous forme pour cela même, c’est Dieu
qui nous a donné le gage de l’Esprit.
Étant donc toujours pleins de courage et sachant que, tant que nous sommes dans le corps, nous voyageons loin du Seigneur,
car nous cheminons par la foi et non par la vue claire,
mais nous sommes pleins de courage et nous avons la bonne volonté de
voyager loin du corps et d'être présents auprès de Dieu.
C’est pour cela aussi que nous nous efforçons de Lui être agréables, soit que nous soyons absents de ce corps, soit que nous soyons présents dans ce corps.
Car il faut que tous nous soyons mis à découvert devant le tribunal du Christ
afin que chacun recueille ce qui est dû à son corps selon le bien ou le mal qu'il aura fait.
Connaissant donc la crainte du Seigneur
nous tâchons de persuader les hommes
mais nous sommes à découvert devant Dieu,
et j’espère aussi que nous sommes à découvert dans vos consciences.
Nous ne nous recommandons pas une fois encore auprès de vous
mais nous vous donnons une occasion de vous glorifier à notre sujet
afin que vous ayez quoi répondre à ceux qui se glorifient dans l'apparence et non dans le cœur.
En effet si nous sommes hors de notre esprit c’est pour Dieu
ou si nous sommes sobres c’est pour vous.
Oui, la charité du Christ nous étreint
considérant que si un seul est mort pour tous
par conséquent tous sont morts.
Et il est mort pour tous
afin qu'aussi ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes
mais pour celui qui, pour eux, est mort et ressuscité.
Ainsi donc, désormais nous ne connaissons personne selon la chair
même si nous avons connu le Christ selon la chair
à présent cependant nous ne le connaissons plus ainsi.
Ainsi donc, si quelqu'un est en Christ
c'est une nouvelle créature :
les choses anciennes sont passées,
voila qu'il s'est fait du nouveau.
Et le tout vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par le Christ
et nous a donné le ministère de la réconciliation.
Car Dieu était dans le Christ se réconciliant le monde
ne tenant pas compte de leurs fautes
et il a mis en nous la parole de la réconciliation.
Pour le Christ, donc, nous sommes ambassadeurs, Dieu exhortant par nous.
Pour le Christ, nous vous supplions : réconciliez-vous avec Dieu.
Lui qui ne connaissait pas le péché, pour nous il l’a fait péché
afin que nous devenions justice de Dieu en lui.
Or, en l'assistant, nous vous exhortons encore à ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu.
Il dit en effet :
« Au temps favorable je t’ai exaucé et au jour du salut je t’ai secouru. »
Voici maintenant le temps vraiment favorable,
voici maintenant le jour du salut.
Ne donnant à personne aucun sujet de scandale
afin que le ministère ne soit pas blâmé.
Mais en toutes choses montrons-nous nous-mêmes comme des ministres de Dieu
dans une grande patience,
dans les tribulations,
dans les nécessités,
dans les angoisses,
dans les plaies,
dans les prisons, dans les séditions,
dans les labeurs, dans les veilles,
dans les jeûnes,
dans la pureté d'action,
dans la science, dans la longanimité,
dans la bonté, dans l’Esprit Saint,
dans une charité sans feinte,
dans la parole de vérité,
dans la puissance de Dieu,
par les armes de la justice à droite et à gauche,
par la gloire et l'ignominie,
par la diffamation et la bonne réputation,
considérés comme imposteurs et pourtant véridiques,
comme inconnus et pourtant connus,
comme mourants et voici que nous vivons !
considérés comme châtiés et non pas mis à mort,
comme tristes, mais toujours joyeux,
comme pauvres, mais enrichissant un grand nombre,
comme n’ayant rien et possédant tout.
Notre bouche s'est ouverte pour vous, ô Corinthiens
notre cœur s’est dilaté.
Ce n'est pas en nous que vous êtes à l'étroit,
mais c'est dans vos propres entrailles que vous êtes à l'étroit.
Mais,nous rendant le même don
(je vous parle comme à mes fils)
dilatez-vous, vous aussi.
Ne formez pas d'attelage avec des infidèles.
Quelle association en effet entre justice et iniquité ?
Ou quelle société entre lumière et ténèbres ?
Quel pacte du Christ avec Bélial ?
Quelle part pour le fidèle avec l’infidèle ?
Quel rapport pour le temple de Dieu avec les idoles ?
Car vous êtes, vous, le temple du Dieu vivant
selon que Dieu a dit :
« J’habiterai au milieu d'eux et j’y marcherai
et je serai leur Dieu, et ils seront à moi un peuple. »
C’est pourquoi « sortez du milieu d’eux et soyez séparés », dit le Seigneur
et « ne touchez pas à ce qui est impur ;
et moi je vous accueillerai
et je serai pour vous un père et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant. »
Ayant donc ces promesses, très chers
purifions-nous de toute souillure de la chair et de l’esprit
achevant notre sanctification dans la crainte de Dieu.
Comprenez-nous.
Nous n’avons fait tort à personne
nous n’avons causé la perte de personne
nous n’avons exploité personne.
Je ne dis pas cela pour vous condamner
car je vous ai déjà dit que vous êtes dans nos cœurs à la mort et à la vie.
Grande est mon assurance à votre égard
grande ma gloire à votre sujet
je suis rempli de consolation
je surabonde de joie dans tout notre tribulation.
Et de fait, à notre arrivée en Macédoine
notre chair n’eut aucun repos
mais nous avons souffert toute sorte de tribulations :
au-dehors, des combats, au-dedans, des craintes.
Mais celui qui console les humbles
Dieu, nous a consolés par la venue de Tite
et non seulement par sa venue
mais encore par la consolation dont il a été conforté en vous
nous racontant votre désir
vos pleurs
votre zèle pour moi
de sorte que je me suis d'autant plus réjoui.
Car même si je vous ai attristés dans la lettre
je ne m'en repens pas.
Et si je m'en suis repenti
— voyant que cette lettre, bien que momentanément, vous a attristés —
maintenant je me réjouis
non de ce que vous avez été attristés
mais de ce que vous avez été attristés jusqu'à vous repentir
car vous avez été attristés selon Dieu
en sorte que vous n'avez subi de notre part aucun dommage.
Car la tristesse selon Dieu
produit la pénitence en vue d'un salut stable
mais la tristesse du monde produit la mort.
Voyez en effet : ce fait même d'avoir été attristés selon Dieu
quel empressement il produit en vous !
Mais aussi quelle défense !
Mais quelle indignation !
Mais quelle crainte !
Mais quel désir !
Mais quel zèle !
Mais quelle punition !
En tout point vous avez montré que vous étiez purs dans cette affaire.
Aussi bien, si je vous ai écrit
ce n’est pas à cause de celui qui a fait l’injure
ni à cause de celui qui a souffert
mais pour rendre manifeste notre empressement que nous avons pour vous en ce qui vous concerne devant Dieu.
C'est pourquoi nous avons été consolés.
Et dans notre consolation
nous nous sommes réjouis beaucoup plus encore de la joie de Tite
parce que son esprit a été restauré par vous tous.
Et si devant lui je me suis quelque peu glorifié à votre sujet
je n’en ai pas eu honte
au contraire, de même que nous vous avons parlé de tout selon la vérité
de même notre glorification qui fut auprès de Tite
s'est trouvée être la vérité.
Et ses entrailles s'émeuvent fort pour vous
se rappelant votre obéissance à tous
comment, avec crainte et tremblement, vous l’avez accueilli.
Je me réjouis de pouvoir en tout compter sur vous.
Or nous vous faisons connaître, frères, la grâce de Dieu
qui a été donnée dans les Églises de Macédoine,
c'est que, dans la grande épreuve de leur tribulation,
leur joie a été débordante
et leur très grande pauvreté
a débordé en richesses de leur générosité ;
car selon leur pouvoir, je leur rends témoignage,
et au-delà de leur pouvoir, ils ont agi volontairement ;
nous demandant avec beaucoup d'insistance
la grâce et la participation du ministère qui est fait auprès des saints .
Et non pas comme nous l'espérions
mais ils se sont donnés eux-mêmes, d’abord au Seigneur
puis à nous, par la volonté de Dieu.
Au point que nous avons prié Tite
comme il l’avait commencée, d'achever parmi vous cette même grâce.
Mais, comme vous abondez en tout, en foi, en parole, en science
en empressement de toute sorte
et en votre charité pour nous,
vous abondiez aussi en cette grâce.
Ce n'est pas comme en commandant que je dis cela
mais pour éprouver aussi par l'empressement des autres le bien authentique de votre charité.
Vous connaissez, en effet, la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ :
pour vous il s'est fait pauvre, alors qu'il était riche
pour que vous soyez riches de sa pauvreté.
C'est là un conseil que je vous donne :
car c'est ce qui vous est utile
à vous qui, depuis l'an dernier, avez commencé non seulement à faire, mais aussi à vouloir.
Maintenant donc, achevez aussi votre œuvre
afin que, comme l'esprit est prompt à vouloir,
il le soit aussi à achever l'œuvre selon vos moyens.
Car si la volonté est prompte
elle est agréée selon ce qu'on a,
et non selon ce qu'on n’a pas.
En effet, il n'est pas question que le soulagement soit aux autres, à vous au contraire la tribulation
mais d'après une règle d'égalité :
dans le temps présent,
que votre abondance supplée à leur indigence,
afin que leur abondance soit aussi un supplément à votre indigence
de sorte qu'il y ait égalité,
comme il est écrit :
« Celui qui a recueilli beaucoup n'a pas abondé et celui qui a recueilli peu n'eut pas moins. »
Et grâces soient à Dieu, qui a mis le même empressement pour vous dans le cœur de Tite !
parce qu'il a accueilli, il est vrai, notre exhortation
mais étant plus empressé encore, c'est de sa propre volonté qu'il est allé vers vous.
Et nous avons aussi envoyé avec lui le frère
dont l'éloge au sujet de l'Évangile est répandue dans toutes les Églises ;
et non seulement cela, mais il a aussi été désigné par les Églises pour être le compagnon de notre voyage,
pour cette grâce qui est administrée par nous,
à la gloire du Seigneur et notre volonté résolue :
En évitant cela, de peur que quelqu'un ne nous blâme au sujet de cette abondante collecte mise en œuvre comme service par nous,
car nous nous préoccupons du bien non seulement devant Dieu mais encore devant les hommes.
Et nous avons envoyé aussi avec eux notre frère, dont nous avons souvent éprouvé qu'il était empressé en bien des occasions,
et qui, à présent, est beaucoup plus empressé en raison de la pleine confiance qu'il place en vous.
Soit qu'il s'agisse de Tite qui est mon associé et collaborateur auprès de vous,
soit nos frères, apôtres des Églises, pour la gloire du Christ.
Montrez-leur donc, à la face des Églises, les preuves de votre charité et de notre gloire à votre égard.
Car au sujet du service qui est fait en faveur des saints
il est superflu pour moi de vous en écrire :
je sais en effet votre esprit prompt à agir,
pour lequel je me glorifie à votre sujet auprès des Macédoniens
leur disant que l’Achaïe s'est préparée depuis l’an passé
et que votre zèle a même stimulé le plus grand nombre.
Cependant j'ai envoyé les frères
afin que ce en quoi nous nous sommes glorifiés à votre sujet ne soit pas réduit à néant sur ce point
et que, comme je l'ai dit, vous soyez prêts,
de peur que, si des Macédoniens venaient avec moi
et ne vous trouvaient pas prêts
nous — pour ne pas dire vous — n'ayons pas à rougir de cette affaire.
J’ai donc jugé nécessaire de prier les frères
d'aller chez vous avant
et de préparer
la bénédiction promise
afin qu'elle soit prête
comme une bénédiction et non comme une lésinerie.
Mais sachez cela : Qui sème chichement, chichement aussi moissonnera
et qui sème en bénédictions, en bénédictions moissonnera aussi.
Que chacun donne comme il a décidé dans son cœur
non par tristesse ni par nécessité
car Dieu aime celui qui donne avec joie.
Dieu d'ailleurs est assez puissant pour faire abonder toute grâce en vous
afin qu'en tout, toujours, ayant toute suffisance
vous abondiez en toute bonne œuvre,
selon ce qu'il est écrit :
« Il a répandu, il a donné aux pauvres, sa justice demeure éternellement. »
Or celui qui fournit de la semence au semeur
vous fournira du pain pour manger,
et multipliera aussi votre semence
et il accroîtra de plus en plus les fruits de votre justice
afin que enrichis en toutes choses, vous abondiez pour toute sorte de simplicités
lesquelles opèrent par nous des actions de grâces à Dieu.
Parce que le service de cet office
non seulement supplée à ce qui manque aux saints
mais aussi déborde encore en de nombreuses actions de grâces dans le Seigneur.
Par la preuve de ce service
ils glorifient Dieu pour l'obéissance de votre confession
envers l’Évangile du Christ
et pour la générosité de la communion envers eux et envers tous ;
et par leur prière pour vous, en vous aiment à cause de la grâce éminente de Dieu en vous.
Grâces soient à Dieu pour son ineffable don !
Or moi-même, Paul, en personne, je vous supplie
par la mansuétude et la modestie du Christ,
moi qui, si humble en face de vous
mais absent, suis plein de confiance avec vous.
Je vous prie que, quand je serai présent, je n'aie pas à me montrer audacieux par cette confiance qui passe pour de l'audace, à l'égard de certains
qui nous considèrent comme si nous marchions selon la chair.
Car même en machant dans la chair
nous ne combattons pas selon la chair.
Car les armes de notre combat ne sont pas charnelles mais puissance de Dieu
pour la destruction des remparts.
Nous détruisons les raisonnements,
et toute hauteur qui se dresse contre la connaissance de Dieu,
et nous réduisons en captivité toute intelligence pour l'amener à l’obéissance au Christ.
Et nous sommes prêts à punir toute désobéissance
dès que sera complète votre obéissance.
Regardez selon l'apparence.
Si quelqu’un a la confiance en soi d'être au Christ
qu’il pense aussi cela en lui-même :
de même qu’il est au Christ, il en est aussi de nous.
Car si je me glorifiais davantage de la puissance
que le Seigneur nous a donnée pour l'édification, et non pour votre destruction,
je n'aurais pas à rougir ;
afin que je ne passe pas pour vous terrifier par les lettres,
parce que les lettres d'une part, disent-ils, sont accablantes et fortes
mais d'autre part la présence corporelle est faible et la parole méprisable.
Que celui-là pense que tels que nous sommes en parole dans les lettres, étant absents,
nous le serons aussi quand nous serons présent.
Car nous n’avons pas l'audace de nous égaler ou de nous comparer à certains qui se recommandent eux-mêmes,
mais en nous mesurant nous-mêmes avec nous-mêmes
et en nous comparant à nous-mêmes.
Quant à nous, nous ne nous glorifierons pas outre mesure
mais selon la mesure de la règle que Dieu nous a donnée,
une mesure qui s'étend jusqu'à vous.
Car nous ne nous étendons pas indûment, comme si nous n'étions pas parvenus jusqu’à vous,
nous sommes en effet bel et bien parvenus jusqu'à vous dans l’Évangile du Christ.
Nous ne nous glorifions pas outre mesure dans les labeurs des autres
mais nous avons l’espoir, votre foi augmentant, de nous agrandir de plus en plus parmi vous, selon notre règle,
et de porter l'Évangile en des pays au-delà du vôtre,
non de nous glorifier dans la règle d'autrui, sur les terrains tout préparés déjà.
Mais : « Celui qui se glorifie qu'il se glorifie dans le Seigneur. »
Car ce n’est pas celui qui se recommande lui-même qui fait ses preuves
mais celui que le Seigneur recommande.
Oh ! si vous pouviez supporter un peu quelque chose de ma folie !
Mais oui, supportez-moi !
Je suis jaloux de vous en effet d'une jalousie de Dieu
car je vous ai fiancés à un seul homme, afin de vous présenter au Christ comme une vierge pure.
Mais je crains que, comme le serpent a séduit Ève par son astuce
ainsi vos pensées ne se corrompent et ne s'écartent de la simplicité qui est dans le Christ.
Car si celui qui vient prêche un autre Christ que nous n'avons pas prêché
ou si vous recevez un autre esprit que vous n'avez pas reçu
ou un autre évangile que vous n'avez pas accueilli
vous le supporteriez fort bien.
Certes, j’estime que je n'ai rien fait de moins que les grands apôtres.
Même si je suis inhabile en parole
du moins je ne le suis pas pour la science
puisque en toutes choses nous nous sommes manifestés à vous.
Ou bien ai-je commis une faute en m’humiliant moi-même pour que vous soyez élevés
parce que je vous ai annoncé gratuitement l’Évangile de Dieu ?
J’ai dépouillé d’autres Églises en recevant d'elles un salaire pour votre service.
Et quand j'étais auprès de vous et que je me trouvais dans le besoin
je n'étais redevable à personne
car ce qui me manquait, des frères qui sont venus de Macédoine y ont suppléé
et en tout je me suis gardé de vous être à charge et je m'en garderai.
La vérité du Christ est en moi,
afin que cette gloire ne soit pas brisée pour moi dans les régions de l’Achaïe.
Pourquoi ? Parce que je ne vous aime pas ?
Dieu le sait.
Mais ce que je fais, je le ferai encore
pour retrancher l'occasion à ceux qui veulent une occasion
d'être, en ce dont ils se glorifient, trouvés aussi comme nous.
Car de tels gens sont de faux apôtres
des ouvriers trompeurs
se transformant en apôtres du Christ.
Et ce n'est pas merveilleux
car Satan lui-même se transforme en ange de lumière.
Cela n’est donc pas une grande chose si ses ministres se transforment en ministres de justice
eux dont la fin sera mesurée selon leurs œuvres.
De nouveau je le dis :
que personne ne pense que je suis insensé
autrement, comme un insensé acceptez-moi
afin que moi aussi je me glorifie un peu.
Ce dont je parle
je n'en parle pas selon le Seigneur
mais comme par sottise sur ce sujet-là de ma gloire.
Puisque beaucoup se glorifient selon la chair
moi aussi je me glorifierai.
Car c'est bien volontiers que vous supportez les insensés, comme vous-mêmes êtes sensés !
Car vous supportez tout
si l'on vous réduit en esclavage
si l'on vous dévore
si l'on prend vos biens
si l'on vous traite avec hauteur
si l'on vous frappe au visage.
Je le dis avec honte :
comme si nous avions été faibles.
Mais ce qu'on ose
— C'est par sottise que je parle —
je l’ose moi aussi.
Ils sont Hébreux ? Moi aussi.
Ils sont Israélites ? Moi aussi.
Ils sont la semence d’Abraham ? moi aussi.
Ils sont ministres du Christ ?
— je parle peu en sage — moi davantage
dans les labeurs très nombreux
dans les prisons plus abondamment
dans les coups, au-delà de toute mesure
dans les dangers de mort, souvent.
Cinq fois j’ai reçu des Juifs les quarante coups moins un ;
trois fois j’ai été battu de verges
une fois j’ai été lapidé
trois fois j’ai fait naufrage.
j’ai passé un jour et une nuit au fond de la mer .
En voyageant souvent,
au péril des fleuves
au péril des brigands
au péril de ma propre race
au péril des nations
au péril de la ville
au péril du désert
au péril de la mer
au péril des faux frères !
Dans le labeur et la fatigue
dans les veilles nombreuses
dans la faim et la soif
dans les jeûnes nombreux
dans le froid et la nudité.
Outre ce qui est extérieur
ma préoccupation de chaque jour
le souci de toutes les Églises !
Qui est faible que je ne sois faible aussi ?
Qui est scandalisé que je ne brûle aussi ?
S’il faut se glorifier
c’est de ma faiblesse que je me glorifierai.
Le Dieu et Père du Seigneur Jésus sait
lui qui est béni dans les siècles
que je ne mens pas.
À Damas l’ethnarque du roi Arétas
faisait garder la cité des Damascéniens pour m'appréhender
et par une fenêtre, dans une corbeille, je fus délivré le long de la muraille
et j’échappai à ses mains.
S'il faut se glorifier
— cela, certes, n'est pas utile —
j’en viendrai néanmoins aux visions et aux révélations du Seigneur.
Je sais un homme dans le Christ qui, il y a quatorze ans
— soit dans le corps, je ne sais
soit en dehors du corps, je ne sais :
Dieu le sait —
fut ravi, l'homme en question, jusqu’au troisième ciel.
Et je sais de l'homme en question
— que ce soit dans le corps ou en dehors du corps, je ne sais : Dieu le sait —
qu'il fut ravi dans le paradis
et entendit des paroles secrètes qu'il n'est pas donné à l'homme de prononcer.
Pour l'homme en question je me glorifierai
mais pour moi, je ne me glorifierai en rien si ce n'est dans mes faiblesses.
Certes, si je voulais me glorifier, je ne serais pas insensé
car je dirais la vérité ;
mais je m'abstiens, afin que personne ne m'estime au-dessus de ce qu'il voit en moi, ou à ce qu'il entend de moi.
Et de peur que la grandeur des révélations ne m'exalte,
il me fut donné un aiguillon dans ma chair, un ange de Satan pour me souffleter.
C'est pourquoi trois fois j’ai prié le Seigneur pour qu'il s'écarte de moi.
Et il m’a dit : — Ma grâce te suffit
car la puissance se parfait dans la faiblesse.
C'est donc volontiers que je me glorifierai dans mes faiblesses
afin qu'habite en moi la puissance du Christ.
C’est pourquoi je me complais dans les faiblesses
dans les outrages
dans les nécessités
dans les persécutions
dans les angoisses pour le Christ.
Car lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort.
Je suis devenu insensé : vous m’y avez contraint.
Moi, en effet, j'ai dû être recommandé par vous
car je n’ai été inférieur en rien à ceux qui sont des incomparables apôtres
quoique je ne sois rien.
Les signes de l'apôtre ont pourtant été réalisés parmi vous
en toute patience
par des signes, des prodiges et des miracles.
Car qu’avez-vous eu de moins que les autres Églises
si ce n’est que moi-même je ne vous ai pas été à charge ?
Pardonnez-moi cette injure.
Voici que pour la troisième fois je suis prêt à venir chez vous
et je ne vous serez pas à charge
car ce ne sont pas vos biens que je cherche, mais vous ;
car les enfants ne doivent pas thésauriser pour les parents
mais les parents pour les enfants.
Quant à moi, c'est très volontiers que je me dépenserai
et que je serai dépensé pour vos âmes ;
bien que vous aimant davantage, je serai moins aimé.
Mais soit ! Moi je ne vous ai pas été à charge
mais astucieux comme je suis, je vous ai pris par ruse.
Vous ai-je circonvenus par un de ceux que j'ai envoyés chez vous ?
J’ai prié Tite, et j’ai envoyé avec lui un frère.
Tite vous a-t-il circonvenus ?
N'avons-nous pas marché dans le même esprit ?
N'avons-nous pas marché sur les mêmes traces ?
Depuis longtemps vous pensez que nous nous excusons auprès de vous.
C’est devant Dieu en Christ que nous parlons.
Et tout cela, très chers, pour votre édification.
Car je crains de ne pas vous trouver, à mon arrivée, comme je le veux,
et d'être trouvé par vous comme vous ne le voulez pas.
De peur qu'il n'y ait parmi vous des querelles,
jalousies,
animosités,
dissensions,
calomnies,
faux rapports,
insolences,
séditions.
Que, quand je serai venu à nouveau, Dieu ne m’humilie à votre sujet
et que je n’aie à mener le deuil sur plusieurs de ceux qui, ayant péché précédemment, n'ont pas fait pénitence
de l’impureté, de la fornication et de la débauche qu'ils ont commises.
Voici, c'est la troisième fois que je viens chez vous.
Sur la bouche de deux ou trois témoins sera fondée toute sentence.
Je l'ai déjà dit et le redis encore,
comme présent et maintenant absent, à ceux qui ont péché précédemment et à tous les autres,
que si je reviens, je serai sans ménagements.
Cherchez-vous une preuve du Christ qui parle en moi,
lui qui n'est pas faible à votre égard, mais qui est puissant parmi vous ?
Car même s'il a été crucifié en raison de sa faiblesse
il vit en raison de la puissance de Dieu
car nous aussi nous sommes faibles en lui
mais nous vivrons avec lui en raison de la puissance de Dieu parmi vous.
Examinez-vous vous-mêmes si vous êtes dans la foi :
éprouvez-vous vous-mêmes.
Ne reconnaissez-vous pas vous-mêmes que le Christ Jésus est en vous ?
À moins peut-être que vous ne soyez réprouvés.
Mais j’espère que vous connaîtrez que nous, nous ne sommes pas réprouvés.
D'ailleurs nous prions Dieu que vous ne fassiez rien de mal
non pour paraître nous-mêmes approuvés
mais pour que vous fassiez ce qui est bien
et que nous, nous soyons comme réprouvés.
Car nous ne pouvons rien contre la vérité
mais pour la vérité.
De fait, nous nous réjouissons lorsque nous sommes faibles
tandis que vous, vous êtes puissants
et ce que nous demandons dans nos prières, c'est votre perfectionnement.
C’est pourquoi j'écris cela, étant absent
afin qu'étant présent, je n'ai pas à agir plus durement
selon le pouvoir que le Seigneur m’a donné pour l'édification et non pour la destruction.
Du reste, mes frères, réjouissez-vous
soyez parfaits
exhortez-vous
ayez une même pensée
ayez la paix ;
et le Dieu de dilection et de paix sera avec vous.
Saluez-vous les uns les autres en un saint baiser.
Tous les saints vous saluent.
Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ
la charité de Dieu
et la communion du Saint-Esprit
soient avec vous tous. Amen.
ICI FINIT L'ÉPÎTRE AUX CORINTHIENS · II ·