Le deuxième livre des Rois continue le récit des débuts de la monarchie présenté dans les deux livres de Samuel et le premier livre des Rois. Avant de raconter l'histoire d'Élisée, il commence par l'ascension d'Élie :
« Voici qu’un chariot de feu et des chevaux de feu les séparèrent l’un de l’autre et Élie monta au ciel, à travers un tourbillon » (2R 2,11). Ce célèbre chariot de feu prophétique court au fil des siècles de notre culture, qu'il s'agisse du poème de William Blake, ou du film populaire de Hugh Hudson, Les Chariots de feu qui évoque la compétition entre deux coureurs britanniques, l'un Juif, l'autre protestant.
Le deuxième livre des Rois présente les histoires parallèles des deux royaumes d'Israël et de Juda. Les deux se terminent dans la catastrophe et dans l'exil : la destruction de Samarie (capitale du Royaume du Nord) par les Assyriens en 721 av. J.-C. (2R 17) ; celle de Jérusalem (au Sud) par les Babyloniens en 586 av. J.-C. (2R 25). À la fin, donc, retour à la case départ : le peuple se retrouve hors de la terre promise, comme au commencement du livre de Josué !
La théologie deutéronomiste explique l'échec de la monarchie et l'Exil par l'infidélité des rois à l'alliance : elle condamne la majorité des rois comme des impies. Cette perspective théologique a donné son unité à la collection dite des prophètes antérieurs (Josué, Juges, Samuel & Rois). Par contraste, elle met en valeur deux rois exemplaires, Ezéchias et Josias (2R 22-23). Malgré la chute des deux royaumes, un petit reste demeure. Le livre se termine avec une référence à la survie de la royauté davidique jusqu'à Joakin et laisse la porte ouverte à l'espérance. Sous tant d'apparences contraires, c’est bien la main de Dieu dans l'histoire du monde qui se laisse reconnaître par les lecteurs.
Le deuxième livre des Rois déploie le cadre historique du ministère de la plupart des prophètes qui ont donné leur nom à un livre biblique. Il est d'ailleurs cité largement par le livre d’Isaïe (Is 36-37), et dans une moindre mesure par le livre de Jérémie (Jr 52). Curieusement, il mentionne seulement le prophète Isaïe (2R 19-20) : faut-il y voir la trace d'une opposition entre deux grandes manières de raconter l'histoire, celle des prophètes et celle des historiens « officiels » ?
Le texte hébreu des Rois n'est abîmé qu'en quelques passages techniques (comme 1R 7). Il reflète souvent des assimilations aux parallèles des Chroniques, d'Isaïe et de Jérémie.
Le Targum avec peu de paraphrases suit de près le texte massorétique.
La Peshitta suit un texte conforme à l'hébreu massorétique et rejoint souvent le Targum.
Les versions en copte, éthiopien, arménien et arabe dépendent de la Septante.
L’ouvrage conserve des sources anciennes. Du point de vue littéraire, il présente donc des caractéristiques inhérentes à toute compilation : inégalité du style et disproportion des parties.
Elle se remarque stylistiquement, dans les développements, les ajouts ou les commentaires du rédacteur, lorsqu'il s'éloigne de ses sources.
Quand les sources le permettent, chaque règne est traité dans son intégralité à travers une structure constante : les formules se répètent, et la fin du règne est toujours marquée d'une notation morale, d’habitude négative sur le roi.
Les livres des Rois continuent la narration des livres de Samuel :
La question de la royauté était posée dès le livre des Juges et les livres de 1 Samuel et Second livre de Samuel qui racontaient les origines de la monarchie. Les deux livres des Rois en narrent l'apogée, le déclin et l'extinction. La condamnation est la même pour tous les rois d'Israël, due à la faute originelle que constitue l'établissement des sanctuaires de Béthel et de Dan. Ainsi, seuls huit rois de Juda sont célébrés pour leur loyauté et leur piété. Sur les huit, seuls Josias et Ezéchias trouvent grâce aux yeux de l'auteur, qui note pour les six autres que « les hauts-lieux n'ont pas disparu ». Fortement marqués par l'école deutéronomiste, les livres des Rois sont l'illustration en actes de la loi du Deutéronome, redécouverte sous Josias : respecter l’éthique et le culte décrétés sauve, les renier entraîne une rupture de l’alliance et la perte de la terre promise.
Tout en les classant au nombre des « prophètes antérieurs », la tradition rabbinique attribue les livres des Rois à un très grand « prophète postérieur », Jérémie. Le nom prestigieux couvre bien sûr une élaboration beaucoup plus complexe.
Les livres des Rois présentent les traces d'au moins trois rédactions, que l'on peut qualifier schématiquement d'historique, de prophétique et de nomiste.
Cependant, les rédacteurs mettent en ordre une matière qu’ils ne créent pas de toute pièce. Ils renvoient fréquemment aux sources, écrites ou orales, qu’ils affirment consulter, comme pour inviter les lecteurs à vérifier. Tout en opérant un choix dans le matériau dont ils héritent, ils conservent plusieurs épisodes qui ne sont pas en faveur de leurs interprétations historico-théologiques. L'ouvrage cite expressément trois de ses sources :
Il en eut sans doute d'autres : on peut énumérer la fin du grand document davidique (1R 1-2), des archives décrivant le Temple, d'origine sacerdotale (1R 6-7), la tradition de la venue de la reine de Saba vers 550 av. J.-C. (1R 10,1-13). D'autres passages reflètent aussi les souvenirs des prophètes, conservés probablement par leurs disciples, comme les récits à propos d'Élie (fin du 9e s.) ou d'Élisée un peu plus tard ; ces deux histoires forment le socle des cycles d'Élie (1R 17- 2R 1) et d'Élisée (2R 2-13). La même constatation peut être effectuée à propos d'Isaïe (2R 18,17-20,19). Ces récits sur les prophètes ont été réunis aux récits concernant les rois. Bref, tout en soulignant la mobilisation littéraire de ces sources au service de convictions religieuses, il ne serait pas juste de réduire les livres des Rois à une fiction théologique.
Depuis deux ou trois siècles, on compare ces récits des livres des Rois avec nombres de découvertes en Orient : convergences et divergences permettent d'apprécier avec finesse la véracité de l'intention historienne des narrateurs, autant que leur liberté dans l'inventivité littéraire et religieuse.
Le règne de Salomon occupe une grande partie du livre des Rois, qui insiste sur sa sagesse, ses richesses, et surtout la construction du Temple.
À sa mort, en 931, le royaume se divise entre les dix tribus du Nord et les deux du Sud, à partir d'une séparation religieuse. Le récit suit alors en parallèle et en opposition ces deux royaumes, qui luttent à la fois entre eux et contre des puissances voisines, Égyptiens ou Araméens. Le royaume du Nord tombe en 721, avec la prise de Samarie, sous les coups de l'Assyrie.
Après 721 le royaume de Juda demeure seul. Les interventions militaires des Assyriens (en particulier l'assaut de Sennachérib en 701 Annales de Sennachérib) confirment le statut vassal de Juda. La chute de l’Assyrie (614) et la formation de l'empire chaldéen donne naissance à de nouvelles luttes. Jérusalem est prise par Nabuchodonosor en 597, ce qui entraîne une première déportation à Babylon, puis à nouveau en 587 après la prise de Jérusalem, avec la seconde déportation.
Les livres des Rois ont toujours appartenu au canon des Écritures.
Ils trouvent des strictes parallèles :
Et lorsque Ecclésiastique ou Siracide synthétise l’histoire du Peuple de Salomon à la chute du royaume de Juda (Si 47,1-49,5), il se fonde pour cela sur les narrations des Rois.
Le Nouveau Testament y puise également :
Tout comme les livres de Samuel, les livres des Rois ne forment qu'un seul livre dans la Bible hébraïque. Il est possible qu’ils n’aient pas originellement constitué une unité distincte ; ils pourraient avoir appartenu à un grand ensemble historique unique comportant les livres de Josué (peut-être même aussi le Deutéronome), des Juges, de Samuel et des Rois Prophètes antérieurs (Josué, Juges, Samuel & Rois).
La distinction en deux livres fut réalisée par les traducteurs grecs du 3e s. av. J.-C. : l’ouvrage correspond à 3 et 4 Règnes (selon la traduction grecque) ou 1 et 2 Rois (selon la Vulgate). La division du livre scinde en deux le règne d’Ochozias (début en 1R 22,52ss ; fin en 2R 1), et le cycle d'Élie (il s’étend de 1R 17 à 2R 1).
Les livres des Rois ont très peu retenu l'attention des anciens Pères. En dehors de remarques occasionnelles, on ne trouve que :
Ensuite, l'intérêt se réveille et les livres sont plus commentés, dans un sens plutôt moralisateur :
Parmi les commentaires plus récents :
ROIS IV. Moab prévariqua contre Israël, après que mourut Achab.
Et Ochozias tomba par le treillis de sa chambre haute qu'il avait à Samarie,
il fut malade et il envoya des messagers, leur disant :
— Allez, consultez Béelzébub, le dieu d’Accaron,
pour savoir si je pourrai vivre après cette infirmité-ci.
Mais l’ange du Seigneur dit à Élie le Tishbite :
— Lève-toi, monte à la rencontre des messagers du roi de Samarie et tu leur diras :
— N'est-il pas de Dieu en Israël, pour que vous alliez consulter Béelzébub, le dieu d’Accaron ?
C’est pourquoi voici ce que dit le Seigneur :
« Du lit sur lequel tu es monté, tu ne descendras pas, mais tu mourras de mort »
Et Élie s’en alla.
Les messagers retournèrent vers Ochozias
qui leur dit : — Pourquoi êtes-vous revenus ?
Et ceux-là lui répondirent : — Un homme est venu au-devant de nous et nous a dit :
— Allez, retournez vers le roi qui vous a envoyés
et vous lui direz : — Voici ce que dit le Seigneur :
« — Est-ce parce qu’il n’y avait pas de Dieu en Israël, que tu envoies [des messagers] pour que soit consulté Béelzébub, le dieu d'Accaron?
C’est pourquoi, du lit sur lequel tu es monté, tu ne descendras pas, mais tu mourras de mort. »
Et lui leur dit : — Quelles étaient la figure et l'allure de l’homme qui est venu au-devant de vous et a dit ces paroles ?
Ils dirent : — Un homme velu, ceint sur les reins d'une ceinture de peau.
Et il dit : — C’est Élie le Tishbite !
Il envoya vers lui un cinquantenier et les cinquante hommes qui étaient sous lui.
Et celui-ci monta vers lui et à celui qui demeurait sur le sommet de la montagne, il dit :
— Homme de Dieu, le roi a ordonné que tu descendes.
Répondant, Élie dit au cinquantenier :
— Si je suis un homme de Dieu, qu'un feu descende du ciel et te dévore, ainsi que tes cinquante hommes !
Ainsi donc un feu descendit du ciel et le dévora, ainsi que les cinquante hommes qui étaient avec lui.
Il envoya encore un autre cinquantenier et les cinquante hommes avec lui.
Et celui-ci lui dit :
— Homme de Dieu, le roi dit ceci : « — Hâte-toi, descends ! »
Répondant, Élie dit :
— Si moi, je suis un homme de Dieu, qu'un feu descende du ciel et te dévore, ainsi que tes cinquante hommes !
Un feu de Dieu descendit donc du ciel et le dévora, ainsi que ses cinquante hommes.
Il envoya de nouveau un troisième cinquantenier et les cinquante hommes qui étaient avec lui.
Et celui-ci, comme il était arrivé, fléchit les genoux en face d'Élie
le supplia et dit :
— Homme de Dieu, ne méprise pas ma vie et la vie de tes serviteurs qui sont avec moi !
Voici qu'un feu est descendu du ciel.
Il a dévoré les deux premiers cinquanteniers
et les cinquante hommes qui étaient avec eux.
Mais maintenant, je te conjure d'avoir pitié de ma vie !
Un ange du Seigneur parla à Élie, disant :
— Descends avec lui, ne crains pas.
Alors il se leva et descendit avec lui vers le roi.
Il lui dit : — Le Seigneur dit ceci :
« — Parce que tu as envoyé des messagers pour consulter Béelzébub, le dieu d’Accaron
comme s'il n'y avait pas de Dieu en Israël dont tu puisses interroger la parole
à cause de cela, du lit sur lequel tu es monté tu ne descendras pas, mais tu mourras de mort. »
Il mourut donc, selon la parole du Seigneur que dit Élie.
Joram, son frère, régna à sa place, la seconde année de Joram, fils de Josaphat, roi de Juda
car il n’avait pas de fils.
Le reste des actes qu’Ochozias a accomplis
ceci n’a-t-il pas été écrit dans le livre des actes des jours des rois d’Israël ?
Il advint, comme le Seigneur voulait soulever Élie au ciel, dans un tourbillon
que Élie et Elisée s’en allaient de Galgala.
Élie dit à Élisée :
— Demeure ici, car le Seigneur m’a envoyé jusqu’à Béthel.
Élisée lui dit : — Vit le Seigneur et vit ton âme : je ne t'abandonnerai pas !
Et comme ils étaient descendus à Béthel
les fils des prophètes qui étaient à Béthel sortirent vers Élisée et lui dirent :
— Est-ce que tu sais qu'aujourd’hui le Seigneur emportera ton maître loin de toi ?
Et lui répondit : — Moi aussi je sais, silence !
Élie dit à Élisée :
— Demeure ici, car le Seigneur m’a envoyé à Jéricho.
mais lui : — Vit le Seigneur et vit ton âme, je ne t'abandonnerai pas !
Et comme ils étaient arrivés à Jéricho
les fils des prophètes qui étaient à Jéricho s’approchèrent d’Élisée et lui dirent :
— Est-ce que tu sais qu'aujourd’hui le Seigneur emportera ton maître loin de toi ?
Et il dit : — Moi aussi je sais, silence !
Élie lui dit :
— Demeure ici car le Seigneur m’a envoyé au Jourdain.
Et lui dit : — Vit le Seigneur et vit ton âme, je ne t'abandonnerai pas !
Ils s’en allèrent alors tous deux ensemble.
Cinquante hommes d’entre les fils des prophètes suivirent
qui se tinrent aussi en face, au loin
et eux deux se tenaient sur le bord du Jourdain.
Élie prit son manteau, le roula et frappa les eaux
qui furent divisées d’un côté et de l’autre
et ils traversèrent tous deux à sec.
Et comme ils avaient traversé, Élie dit à Élisée :
— Demande ce que tu veux que je fasse pour toi, avant que je sois enlevé loin de toi.
Élisée dit :
— Je t'en supplie, qu'advienne en moi le double de ton esprit !
Et il répondit : — C'est chose difficile que tu as demandée !
cependant, si tu peux me voir quand je vais être enlevé loin de toi, ce que tu as requis sera
mais si tu ne peux pas me voir, ce ne sera pas.
Comme ils continuaient et s’entretenaient en marchant
voici qu’un char de feu et des chevaux de feu les séparèrent l’un de l’autre
et Élie monta au ciel, à travers un tourbillon.
Or Élisée voyait et criait :
— Mon père ! mon père ! char d’Israël et son aurige !
puis il ne le vit plus ...
Il saisit ses propres vêtements et les déchira en deux
Il souleva le manteau d’Élie qui était tombé de lui
et s'en étant retourné, il se tint sur la rive du Jourdain.
Les fils des prophètes qui étaient à Jéricho, voyant d'en face, dirent :
— L’esprit d’Élie s'est reposé sur Élisée !
Et venant à sa rencontre, ils se prosternèrent devant lui, fronts contre terre ;
ils lui dirent :
— Voici qu’avec tes serviteurs il y a cinquante hommes vaillants
qui pourraient partir et chercher ton maître :
au cas où l'esprit du Seigneur l'ait emporté
et projeté sur une des montagnes ou dans une des vallées ?
Il dit : — N'envoyez personne !
Ils le pressèrent jusqu’à ce qu'il acceptât et dît : — Envoyez !
Ils envoyèrent cinquante hommes qui, alors qu'ils avaient cherché trois jours, ne trouvèrent pas.
Ils retournèrent auprès de lui
mais il séjournait à Jéricho
et il leur dit : — Est-ce que je ne vous ai pas dit : — Ne partez pas ?
Les hommes de la ville dirent aussi à Élisée :
— Voici, le séjour de cette ville est très bon
comme toi-même, seigneur, tu le perçois
mais les eaux sont très mauvaises et la terre stérile.
Et lui dit : — Apportez-moi un récipient neuf, et mettez-y du sel.
Et comme ils l'avaient apporté
il sortit vers la source des eaux, y jeta du sel et dit :
— Le Seigneur dit ceci : « — J’ai assaini ces eaux
et il n’y aura plus en elles de mort ni de stérilité ! »
Et les eaux furent donc assainies jusqu’à ce jour, selon la parole d’Élisée, celle qu'il prononça.
Il monta de là à Béthel
et comme il montait par la route
de petits garçons sortirent de la ville et se moquaient de lui, disant :
— Monte, chauve ! Monte, chauve !
Et comme il s'était retourné, il les vit
et les maudit au nom du Seigneur :
sortirent deux ours du bois
et ils déchirèrent quarante-deux de ces enfants.
Il s'en alla de là au mont Carmelite
et de là retourna à Samarie.
Joram, fils d’Achab, régna sur Israël à Samarie
la dix-huitième année de Josaphat, roi de Juda
et il régna douze ans.
Il fit le mal devant le Seigneur
mais non comme son père et sa mère,
car il enleva les statues de Baal qu'avait faites son père.
Mais cependant, aux péchés de Jéroboam, fils de Nabat
qui fit pécher Israël, il adhéra
et ne s’en éloigna pas.
D'autre part, Mésa, roi de Moab, élevait de nombreux troupeaux
et payait au roi d’Israël cent mille agneaux
et cent mille béliers avec leurs toisons.
Et comme Achab était mort
il prévariqua le traité qu'il avait avec le roi d’Israël.
Le roi Joram sortit donc en ce jour-là de Samarie et passa en revue tout Israël.
Et il manda à Josaphat, roi de Juda, disant :
— Le roi de Moab s’est détaché de moi.
Viens avec moi pour combattre contre lui.
Lequel répondit : — Je monterai :
qui est à moi est à toi,
mon peuple ton peuple, mes chevaux tes chevaux.
Et il dit : — Par quel chemin monterons-nous ?
Et lui répondit : — Par le désert d’Idumée.
Le roi d’Israël, le roi de Juda et le roi d’Édom allèrent donc de l'avant.
Ils parcoururent le chemin pendant sept jours
et il n’y avait pas d’eau pour l’armée et pour les bêtes qui les suivaient.
Le roi d’Israël dit :
— Hélas ! Hélas ! Hélas !
Le Seigneur nous a rassemblés, les trois rois, pour nous livrer dans la main de Moab !
Josaphat dit : — N’y a-t-il pas ici un prophète du Seigneur, pour que nous suppliions le Seigneur, par lui ?
Un des serviteurs du roi d’Israël répondit :
— Il y a ici Élisée, fils de Saphat, qui versait l’eau sur les mains d’Élie.
Josaphat dit : — Elle est chez lui, la parole du Seigneur.
Et descendit vers lui le roi d’Israël, et Josaphat et le roi d’Édom.
Or, Élisée dit au roi d’Israël :
— Qu'y a-t-il entre moi et toi ? Va vers les prophètes de ton père et de ta mère.
Et le roi d’Israël lui dit :
— Pourquoi le Seigneur a-t-il rassemblé ces trois rois pour les livrer dans la main de Moab ?
Élisée dit :
— Il est vivant, le Seigneur des armées devant qui je me tiens !
Si à la figure de Josaphat, roi de Juda, je ne rougissais pas
je ne t'aurais pas même prêté attention ni ne t'aurais regardé.
Maintenant, amenez-moi un joueur de psaltérion.
Et comme le musicien jouait
fut sur lui la main du Seigneur et il dit :
— Ceci dit le Seigneur :
— Faites du lit de ce torrent des fosses et des fosses.
Car voici ce que dit le Seigneur :
— Vous ne verrez pas de vent ni de pluie
et ce lit sera rempli par les eaux
et vous boirez, vous, vos familles et vos bêtes de somme.
Et ceci est n'est pas assez au regard du Seigneur :
de plus il livrera Moab entre vos mains.
Vous frapperez toute cité fortifiée et toute ville choisie
et tout bois qui porte du fruit vous l'abattrez
et toutes les sources des eaux vous les boucherez
et tout champ remarquable, vous le couvrirez de pierres.
Advint alors le matin, quand on a coutume d'offrir le sacrifice,
et voici que les eaux venaient par le chemin d’Édom, et la terre fut remplie d'eaux.
Tous les Moabites, apprenant que les rois étaient montés pour combattre contre eux
convoquèrent tous ceux qui étaient ceints du baudrier
et ils se tinrent aux frontières.
Se levant de bon matin, le soleil déjà levé vis-à-vis des eaux,
les Moabites virent en face les eaux rouges comme du sang.
Ils dirent : — C'est le sang du glaive !
Les rois ont combattu l'un contre l'autre, ils se sont massacrés mutuellement.
Maintenant, va droit au pillage, Moab !
Et ils allèrent droit au camp d’Israël.
Or, se levant ensemble, Israël frappa Moab
et ceux-là s'enfuirent devant Israël.
Vinrent alors ceux qui avaient vaincu et ils frappèrent Moab :
ils détruisirent les villes
et jetant chacun des pierres, ils remplirent tous les champs fertiles
et ils bouchèrent toutes les sources des eaux
et ils abattirent tous les bois fructifères
au point que seul les murs d'argile restaient.
La ville fut entourée par les frondeurs
et fut en grande partie frappée.
Et comme le roi de Moab avait vu cela, à savoir que les ennemis avaient prévalu,
il prit avec lui sept cents hommes tirant le glaive
pour se ruer vers le roi d’Édom, et ils ne purent.
Et saisissant son fils premier-né
qui allait régner à sa place,
il l’offrit en holocauste sur la muraille.
Il y eut grande indignation parmi Israël,
aussitôt ils se retirèrent loin de lui et retournèrent dans leur terre.
Une femme d’entre les épouses des prophètes
criait vers Élisée, disant :
— Ton esclave mon mari est mort
et toi tu sais que ton esclave était un craignant le Seigneur
et voici, le créancier vient pour les mettre à son service.
Et Élisée lui dit :
— Que veux-tu que je fasse pour toi ? Dis-moi
qu’as-tu dans ta maison ?
Mais elle répondit : — Je n’ai, moi ta servante, rien du tout dans ma maison
si ce n’est un peu d’huile pour m'oindre.
Il lui dit : — Va, demande en prêt à tous tes voisins des vases vides, et pas un petit nombre.
Et entre, et ferme la porte quand tu seras à l'intérieur, toi et tes fils
et laisse couler de là dans tous ces vases
et quand ils seront pleins, tu les emporteras.
Alors la femme alla et ferma la porte sur elle et sur ses fils,
ceux-ci lui tendaient les vases et celle-là en versait.
Et comme les vases étaient pleins, elle dit à son fils :
— Apporte-moi encore un vase.
Et lui répondit : — Je n'en ai pas.
Et l’huile s’arrêta de couler.
Et elle vint et informa l’homme de Dieu.
Il dit : — Va, vends l’huile et rembourse ton créancier
et toi et tes fils, vivez du restant.
Il arriva qu' un jour, Élisée passait par Sunam.
Or, il y avait là une grande femme, qui le retint pour qu'il mangeât du pain
et comme il passait fréquemment par là,
il allait loger chez elle pour manger le pain.
Et celle-ci dit à son mari :
— Je remarque qu'il est un saint homme de Dieu, celui qui passe par chez nous fréquemment.
Faisons donc une petite chambre haute
et mettons-y pour lui un lit, une table, un siège et un chandelier
afin que, quand il viendra chez nous, il demeure là.
Un certain jour arriva donc, que venant, il alla loger dans la chambre haute et se reposa là.
Et il dit à Giézi, son serviteur : — Appelle cette Sunamite.
Et comme celui-ci l’avait appelée et qu'elle se tenait devant lui,
il dit au serviteur :
— Dis-lui : — Voici qu'en toutes choses tu as été à notre service avec empressement :
que veux-tu que je fasse pour toi ?
Est-ce que tu as une affaire et veux-tu que je parle au roi ou au chef de l’armée ?
Et celle-ci répondit : — J’habite au milieu de mon peuple.
Et il dit : — Que veut-elle donc que je fasse pour elle ?
Et Giézi dit : — Ne cherche pas :
elle n’a pas de fils, et son mari est vieux.
Aussi ordonna-t-il de l'appeler.
Et comme celle-ci avait été appelée et se tenait à l'entrée
il lui dit :
— En ce temps et à cette même heure, si la vie t'accompagne, tu auras en ton sein un fils.
Mais elle répondit : — Non, je t'en conjure, mon seigneur, homme de Dieu, ne mens pas à ta servante.
Et la femme conçut, et elle enfanta un fils
au temps et à la même heure que lui avait dite Élisée.
L’enfant grandit. Et comme un jour, étant sorti, il était allé auprès de son père auprès des moissonneurs,
il dit à son père : — Ma tête ! Ma tête !
Et celui-lui dit au serviteur : — Prends-le et emmène-le à sa mère.
Et comme il le prit et l'amena à sa mère,
elle l'installa sur ses genoux jusqu’à midi, et il mourut.
Elle monta, le plaça sur le lit de l’homme de Dieu,
ferma la porte et, étant sortie,
elle appela son mari et dit :
— Envoie avec moi, je te prie, un des serviteurs et une ânesse
que j'accoure jusqu'à l’homme de Dieu et que je revienne.
Et celui-ci lui dit : — Pour quelle raison vas-tu vers lui aujourd’hui ?
Ce ne sont pas les calendes ni le sabbat.
Et celle-ci répondit : — Porte-toi bien.
Elle sella l’ânesse et ordonna au serviteur :
— Conduis et hâte-toi ! Ne me cause pas de retard dans la marche
et fais ce que je t'ordonne.
Elle partit alors et vint vers l’homme de Dieu, au mont Carmelite.
Comme l’homme de Dieu l'avait vue d'en face
il dit à Giézi, son serviteur :
— Voici cette Sunamite.
Va donc à sa rencontre et dis-lui :
— Cela va-t-il bien te concernant ? Et concernant ton mari ? Et concernant ton fils ?
Et celle-ci répondit : — Bien.
Et comme elle était venue auprès de l’homme de Dieu, sur la montagne
elle saisit ses pieds.
Et Giézi s’approcha pour l'écarter
et l’homme de Dieu dit : — Laisse-la
car son âme est dans l’amertume
et le Seigneur me l’a caché, et il ne m'a pas informé.
Et elle lui dit : — Est-ce que j'ai demandé un fils à mon seigneur ?
Ne t'ai-je pas dit : — Ne te joue pas de moi ?
Et lui dit à Giézi : — Ceins tes reins
prends mon bâton dans ta main et va.
Si un homme te rencontre, tu ne le salueras pas
et si quelqu’un te salue, tu ne lui répondras pas.
Tu mettras mon bâton sur le visage de l’enfant.
Or, la mère de l’enfant dit :
— Il vit, le Seigneur, et elle vit, ton âme : je ne te laisserai pas.
Il se leva donc et la suivit.
Giézi, quant à lui, les avait devancés et il avait mis le bâton sur le visage de l’enfant
mais il n'y avait ni parole ni sensation.
Il retourna à sa rencontre et lui annonça, disant : — Il ne s’est pas levé, l’enfant.
Élisée entra donc dans la maison
voici que l’enfant, mort, gisait sur son lit.
Étant entré, il ferma la porte sur lui et l'enfant
et pria vers le Seigneur.
Et il monta et se coucha sur l’enfant
et il mit sa bouche sur sa bouche
et ses yeux sur ses yeux
et ses mains sur ses mains
et il se courba sur lui et la chair de l’enfant fut réchauffée.
Mais lui, étant revenu, déambula dans la maison une fois ici et là
et il monta et se coucha sur lui
et l’enfant bâilla sept fois et ouvrit les yeux.
Et lui appela Giézi et lui dit : — Appelle cette Sunamite.
Et celle-ci, appelée, s'avança vers lui
qui dit : — Prends ton fils.
Elle vint, s'écroula à ses pieds, se prosterna contre terre
prit son fils et sortit.
Élisée retourna à Galgal.
Or, la famine était sur la terre.
Les fils des prophètes habitaient auprès de lui,
il dit donc à l'un de ses serviteurs : — Mets la grande marmite, et fais cuire un potage pour les fils des prophètes.
L’un sortit dans la campagne pour cueillir des herbes des champs,
il trouva comme une vigne sauvage et y cueillit des coloquintes de la campagne
et il remplit son manteau et, revenu, il les coupa en morceaux dans la marmite de potage.
Il ne savait en effet ce que c'était.
On versa donc aux compagnons pour qu’ils mangent
et comme ils avaient goûté du bouillon
ils s'écrièrent, disant : — La mort, dans la marmite, homme de Dieu !
Et ils ne purent manger.
Mais lui dit : — Apportez de la farine.
Il en jeta dans la marmite et dit :
— Verse à la foule, et qu’elle mange.
Et il n’y eut plus aucune amertume dans la marmite.
Un certain homme vint de Baalsalisa
apportant à l’homme de Dieu des pains des prémices et vingt pains d’orge, et du blé nouveau dans sa besace.
Mais lui dit : — Donne au peuple, pour qu’il mange.
Son serviteur lui répondit :
— Combien y en a-t-il, pour servir en présence de cent hommes ?
Lui, de nouveau, dit : — Donne au peuple, pour qu’il mange
car ceci, dit le Seigneur : — Ils mangeront et il en restera.
Il les présenta donc devant eux
et ils mangèrent et il en resta, selon le verbe du Seigneur.
Naaman, chef de l’armée du roi de Syrie
était un grand homme auprès de son seigneur, et honoré
car c’est par lui que le Seigneur donna le salut à la Syrie.
Et c'était un homme vaillant et riche, mais lépreux.
Or, de Syrie étaient sortis des brigands
et ils avaient emmené captive, de la terre d’Israël, une petite fille
qui était au service de la femme de Naaman.
Et elle dit à sa maîtresse :
— Si seulement mon seigneur avait été auprès du prophète qui est à Samarie
assurément il l'aurait guéri de la lèpre qu'il a !
Naaman alla donc chez son seigneur et lui annonça, disant : — La jeune fille de la terre d'Israël a parlé de telle et telle manière.
Et le roi de Syrie lui dit :
— Va, et j’enverrai une lettre au roi d’Israël.
Et lui, comme il était parti et qu'il avait emporté avec lui dix talents d’argent, six mille pièces d’or et dix vêtements de rechange
il porta la lettre au roi d’Israël, écrite en ces termes :
— Quand tu auras reçu cette lettre
sache que j'ai envoyé vers toi Naaman, mon serviteur, pour que tu le guérisses de sa lèpre.
Et comme le roi d’Israël avait lu la lettre, il déchira ses vêtements et dit :
— Est-ce que je suis Dieu, pour que je puisse tuer et faire vivre ?
Car celui-là m'a mandé de guérir un homme de sa lèpre !
Observez et voyez qu’il cherche des occasions contre moi.
Mais comme Élisée, l'homme de Dieu, avait appris cela, à savoir que le roi d’Israël avait déchiré ses vêtements
il envoya vers lui, disant :
— Pourquoi as-tu déchiré tes vêtements ?
Qu’il vienne vers moi et sache qu’il y a un prophète en Israël.
Naaman vint donc avec chevaux et chars
et il s'arrêta à la porte de la maison d’Élisée.
Élisée envoya vers lui un messager, disant :
— Va et lave-toi sept fois dans le Jourdain : elle recouvrera la santé, ta chair, et tu seras purifié.
Irrité, Naaman se retirait, disant :
— Je pensais qu'il sortirait vers moi et que, s'arrêtant, il invoquerait le nom du Seigneur, son Dieu
et qu'il toucherait de sa main l'endroit de la lèpre et qu'il me guérirait.
Est-ce qu'ils ne sont pas meilleurs, l'Abana et le Pharphar, les fleuves de Damas, que toutes les eaux d’Israël, pour m’y laver et être purifié ?
Et comme il s'était donc tourné et s’en allait indigné,
vers lui s’approchèrent ses serviteurs et ils lui parlèrent :
— Père, si le prophète t’avait dit une grande chose, assurément tu aurais dû la faire.
Combien plus, parce qu'à l'instant il t'a dit : « — Lave-toi, et tu seras purifié ? »
Il descendit et se lava dans le Jourdain sept fois, selon la parole de l’homme de Dieu
et sa chair fut rétablie comme la chair d’un petit enfant, et il fut purifié.
Il se retourna vers l’homme de Dieu, avec toute sa suite.
Il vint, se tint devant lui et dit :
— Vraiment, je sais qu’il n’y a pas de Dieu sur toute la terre, si ce n’est en Israël seulement.
Je t'en conjure ainsi donc d'accepter une bénédiction de ton serviteur.
Mais lui répondit :
— Il vit, le Seigneur, devant qui je me tiens, je n’accepterai pas !
Et bien qu'il lui fît violence profondément, il ne consentit pas.
Et Naaman dit : — Comme tu veux
mais je t'en conjure, de me concéder, à moi ton serviteur,
de prendre la charge de terre de deux mulets
car ton serviteur ne fera plus d'holocauste ou d'oblation à d’autres dieux, sinon au Seigneur.
Mais ceci est la seule chose concernant laquelle tu prieras le Seigneur pour ton serviteur :
quand mon seigneur entrera dans le temple de Remmon pour adorer
et qu’il s’appuiera sur ma main,
si j'adore dans la maison de Remmon, lui adorant avec moi dans le même lieu,
que le Seigneur me pardonne à moi ton serviteur pour cette chose.
E, il lui dit : — Va en paix.
Il s'éloigna de lui à la belle saison de la terre
et Giézi, le serviteur de l'homme de Dieu, dit :
— Mon maître a épargné Naaman, ce Syrien
au point de ne pas accepter de lui ce qu'il a apporté.
Il vit, le Seigneur, parce que je courrai après lui et accepterai de lui quelque chose !
Giézi suivit derrière le dos Naaman.
Et comme lui l'avait vu courant vers lui
il sauta de son char à sa rencontre et dit : — Tout va-t-il bien ?
Et celui-ci dit : — Bien.
Mon maître m’a envoyé, disant :
— À l'instant sont venus à moi deux jeunes gens de la montagne d’Éphraïm, d’entre les fils des prophètes
donne-leur un talent d’argent et deux vêtements de rechange.
Et Naaman dit :
— Il est mieux que tu acceptes deux talents.
Il le força et lia deux talents d’argent dans deux sacs
et deux vêtements de rechange
et il les mit sur deux de ses serviteurs qui les portèrent devant lui.
Et comme il fut arrivé, le soir venu,
il les reçut de leur main, les mit de côté dans la maison,
et il renvoya les hommes qui s'en allèrent.
Lui-même, étant entré, se tint devant son maître.
Et Élisée dit : — D’où viens-tu, Giézi ?
Et celui-ci répondit : — Ton serviteur n’est allé où que ce soit.
Mais lui, il dit : — Mon cœur n’était-il pas présent
quand l'homme s'est retourné de son char à ta rencontre ?
Alors maintenant tu as accepté de l’argent et tu as accepté des vêtements
pour acheter des oliviers, des vignes, des brebis, des bœufs, des serviteurs et des servantes,
mais la lèpre même de Naaman s'attachera à toi et à ta semence pour toujours.
Et il sortit de chez lui, lépreux comme neige.
Les fils de prophètes dirent à Élisée :
— Voici que le lieu dans lequel nous demeurons devant toi est étroit pour nous.
Allons jusqu’au Jourdain
et que chacun prenne de la forêt des matériaux
afin de nous bâtir là un lieu pour demeurer.
Et lui dit : — Allez.
L’un d’eux dit : — Viens donc, toi aussi, avec tes serviteurs.
Il répondit : — Moi, je viendrai.
Et il s'en alla avec eux.
Et comme ils étaient venus au Jourdain, ils abattaient des arbres.
Or il arriva, comme l’un avait coupé du bois, que
le fer de la hache tombait dans l’eau.
Et lui s'écria et dit :
— Hélas !
Hélas ! Hélas ! Hélas ! Mon seigneur, celui-ci justement, je l'avais reçu en prêt !
L’homme de Dieu dit : — Où est-il tombé ?
Et lui, il lui montra l’endroit.
Il tailla donc du bois, le jeta là-bas
et le fer flotta.
Et il dit : — Prends-le.
Et celui-ci étendit la main et le prit.
Le roi de Syrie combattait contre Israël.
Et il entreprit un plan avec ses serviteurs, disant :
— Dans tel et tel lieu, disposons une embuscade.
Ainsi donc l’homme de Dieu envoya dire au roi d’Israël :
— Garde-toi de passer par cet endroit, car là les Syriens sont en embuscade.
Le roi d’Israël se transporta à l'endroit que lui avait dit l'homme de Dieu
et l'occupa d'avance
et il se garda là, non pas une fois ni deux fois.
Le cœur du roi de Syrie fut tourmenté en raison de cette affaire
et ses serviteurs ayant été convoqués, il dit :
— Pourquoi ne m'avez-vous pas révélé qui est mon traître auprès du roi d'Israël ?
L'un de ses serviteurs dit : — Pas du tout, mon seigneur le roi,
mais Élisée, le prophète qui est en Israël,
révèle au roi d’Israël toutes les paroles quelles qu'elles soient que tu auras dites dans ta chambre fermée.
Il leur dit : — Allez et voyez où il est, afin que j'envoie des gens et que je le prenne.
Et ils lui annoncèrent, disant : — Voici qu’il est à Dothan.
Il envoya donc là-bas des chevaux, des chars et l'élite de l'armée.
Et ceux-ci, comme ils étaient venus la nuit, entourèrent la ville.
Or, se levant à l'aurore, le serviteur de l’homme de Dieu sortit
et vit une armée autour de la la ville, et des chevaux et des chars.
Et il lui annonça, disant :
— Hélas ! Hélas ! Hélas ! Mon seigneur, que ferons-nous ?
Mais lui répondit : — Ne crains pas
car ceux qui sont avec nous sont plus nombreux que ceux qui sont avec eux.
Et comme il avait prié, Élisée dit :
— Seigneur, ouvre ses yeux, qu’il voie.
Et le Seigneur ouvrit les yeux du serviteur, et il vit ;
et voici la montagne pleine de chevaux et de chars de feu autour d’Élisée.
Les ennemis descendirent vers lui.
Alors Élisée pria le Seigneur, disant :
— Frappe, je t'en supplie, cette nation de cécité !
Et le Seigneur les frappa pour qu'ils ne vissent plus, selon la parole d’Élisée.
Élisée leur dit :
— Ce n’est pas ce chemin et et ce n’est pas cette ville.
Suivez-moi et je vous montrerai l’homme que vous cherchez.
Il les conduisit donc à Samarie.
Et comme ils étaient entrés dans Samarie, Élisée dit :
— Seigneur, ouvre les yeux de ceux-là, pour qu’ils voient !
Et le Seigneur ouvrit leurs yeux, et ils virent qu’ils étaient au milieu de Samarie.
Le roi d'Israël dit à Élisée, comme il les avait vus :
— Est-ce que je les frapperai, mon père ?
Mais lui répondit : — Tu ne frapperas pas.
Car tu ne les as pas faits prisonniers avec ton glaive et ton arc, pour les frapper.
Mets du pain et de l’eau devant eux
pour qu’ils mangent et boivent, et qu’ils aillent vers leur maître.
Il leur servit une grande préparation de nourritures,
ils mangèrent et burent, et il les renvoya
et ils s’en allèrent vers leur maître.
Et les bandits de Syrie ne vinrent plus en terre d’Israël.
Il advint qu'après ceci
Bénadad, roi de Syrie, rassembla toute son armée,
monta et assiégea Samarie.
Et advint une grande famine dans Samarie ;
et elle fut si longtemps assiégée jusqu’à ce qu'une tête d’âne fût vendue quatre-vingt sicles d’argent,
et le quart d’un cab de fiente de pigeons cinq sicles d’argent.
Et comme le roi d'Israël passait le long du mur
une femme s'écria vers lui, disant :
— Sauve-moi, mon seigneur le roi !
Lequel dit : — Le Seigneur ne te sauverais pas
d'où puis-je te sauver ?
de l’aire ou bien du pressoir ?
Et le roi lui dit : — Que veux-tu pour toi ?
Et celle-ci répondit :
— Cette femme-là m’a dit : — Donne ton fils, pour que nous le mangions aujourd’hui
et mon fils, nous le mangerons demain.
Nous avons donc fait cuire mon fils, et nous l’avons mangé.
Et je lui ai dit le second jour : « — Donne ton fils, pour que nous le mangions. »
Mais celle-ci a caché son fils.
Et comme le roi avait entendu cela, il déchira ses vêtements
et il passait le long du mur
et tout le peuple vit le cilice dont il était vêtu à même la chair à l'intérieur.
Et il dit : — Que Dieu me fasse ceci et qu'il ajoute cela, si la tête d’Élisée, fils de Saphat, demeure sur lui aujourd’hui.
Or, Élisée était assis dans sa maison
et les anciens étaient assis avec lui.
Ainsi donc il envoya un homme devant lui,
et, avant que ce messager arrivât,
il dit aux anciens :
— Est-ce que vous savez que ce fils d’homicide a envoyé quelqu'un pour me couper la tête ?
Voyez donc : quand le messager arrivera, fermez la porte
et empêchez-le d'entrer.
car voici que le bruit des pas de son maître se fait entendre derrière lui.
Et comme lui leur parlait encore, apparut le messager qui venait vers lui
et il dit : — Voici, un si grand mal de la part du Seigneur,
qu’attendrai-je davantage du Seigneur ?
Élisée dit :
— Écoutez le verbe du Seigneur : — Le Seigneur dit ceci :
— À ce moment-ci, demain, le boisseau de fleur de farine sera à un statère,
et deux boisseaux d’orge à un statère, à la porte de Samarie.
Répondant, l'un des chefs, sur la main duquel s’appuyait le roi, dit à l'homme de Dieu :
— Quand bien même le Seigneur ferait des cataractes dans le ciel,
ce que tu dis pourrait-il être ?
Lequel répondit : — Tu le verras de tes propres yeux mais tu n’en mangeras pas.
Or donc quatre hommes lépreux se tenaient près de l’entrée de la porte,
il se dirent l'un à l'autre :
— À quoi bon vouloir rester ici ? Jusqu’à ce que nous mourions ?
Que nous décidions d'entrer dans la ville : nous mourrons de faim ;
ou que nous restions ici : il nous faut mourir !
Venez donc et passons au camp de la Syrie :
s’ils nous épargnent, nous vivrons
mais s’ils décident de nous tuer, nous n'en mourrons pas plus.
Ils se levèrent donc au soir pour venir au camp de la Syrie,
et comme ils étaient arrivés au quartier général de la Syrie
ils n'y trouvèrent personne
car le Seigneur avait fait entendre dans le camp de la Syrie un bruit
de chars, de chevaux et d’une armée très nombreuse ;
on se dit l'un à l'autre :
— Voilà ! le roi d’Israël a pris à sa solde les rois des Hittites et des Égyptiens contre nous
et ils sont arrivés sur nous...
Ils se levèrent donc et s'enfuirent dans les ténèbres,
ils abandonnèrent tentes, chevaux et ânes dans le camp,
et s'enfuirent, désirant seulement sauver leurs âmes.
Alors, comme ces lépreux étaient arrivés au quartier général,
ils entrèrent dans une tente, mangèrent et burent
et prirent de là argent, or et vêtements,
puis ils s'en allèrent et les cachèrent ;
derechef, ils retournèrent à une autre tente
et de là ils emportèrent et cachèrent tout autant.
Ils se dirent les uns aux autres : — Nous n’agissons pas avec droiture
car ce jour est un jour de nouvelle heureuse :
si d'ici au matin nous continuons de nous taire et refusons de l'annoncer, nous serons accusés de crime.
Allez, partons l'annoncer à la cour du roi !
Et comme ils étaient arrivés à la porte de la ville,
ils leur firent le récit, disant :
— Nous sommes allés au camp de la Syrie et nous n'y avons trouvé aucun de leurs hommes,
rien que des chevaux et des ânes attachés et le campement en place.
Les portiers allèrent donc et l'annoncèrent dans l'enceinte du palais du roi
qui se leva en pleine nuit et dit à ses esclaves :
— Je vais vous dire ce que nous ont fait les Syriens :
Comme ils savent que nous sommes tenaillés par la faim, ils sont sortis de leur camp, ils se cachent dans les champs et se disent :
— Quand ils seront sortis de la ville, nous les prendrons vivants
et alors nous pourrons entrer dans la ville.
Or l’un de ses serviteurs répondit :
— Prenons les cinq chevaux qui ont subsisté dans la ville
car il n'y a plus qu'eux dans toute la multitude d'Israël,
les autres ont en effet succombé :
en les envoyant, nous pourrons faire une reconnaissance !
On amena alors deux chevaux
et le roi les envoya vers le camp des Syriens en disant : — Allez, voyez.
Ils partirent à leurs trousses jusqu’au Jourdain.
Mais voilà : toute la route était pleine de vêtements et d’objets que les Syriens avaient jetés comme ils s'alarmaient.
En rentrant, les messagers en informèrent le roi.
Et le peuplese précipita pour piller le camp de la Syrie ;
le boisseau de fleur de farine fut à un statère
et deux boisseaux d’orge à un statère, selon le verbe du Seigneur.
Alors le roi préposa à la porte cet officier par lequel il était épaulé ;
la foule le piétina à l'entrée et il mourut
selon ce qu’avait dit l’homme de Dieu quand le roi était descendu chez lui.
Il advint selon la parole de l'homme de Dieu, qu'il avait dite au roi
quand il dit : «— Deux boisseaux d'orge seront à un statère
et un boisseau de fleur de farine à un statère,
au même moment, demain, à la porte de Samarie »,
quand ce chef avait répondu à l'homme de Dieu et avait dit :
«— Même si le Seigneur faisait des cataractes dans le ciel,
est-ce que ce que tu dis pourra se faire ? »
Et il lui dit : — « Tu le verras de tes yeux et tu n'en mangeras pas ».
Il lui arriva donc comme il avait été prédit :
le peuple le piétina à la porte et il mourut.
Un jour, Élisée parla à la femme
dont il avait fait vivre le fils, disant :
— Lève-toi, va, toi et ta maison, et va séjourner à l'étranger, au lieu que tu auras pu trouver
car le Seigneur a appelé la famine et elle va venir sur la terre pendant sept ans.
Et celle-ci se leva et fit selon la parole de l’homme de Dieu
et s'en allant avec sa maison, elle séjourna dans la terre des Philistins de nombreux jours.
Et comme les sept ans avaient été finis
la femme retourna de la terre des Philistins
et sortit pour déranger le roi pour sa maison et pour ses champs.
Or le roi parlait avec Géhazi, le serviteur de l’homme de Dieu, disant :
— Raconte-moi toutes les grandes choses que fit Élisée.
Et comme celui-là racontait au roi comment il avait fait se lever un mort
apparut la femme dont il avait vivifié le fils
criant vers le roi pour sa maison et pour ses champs.
Et Géhazi dit :
— Mon seigneur le roi, voici la femme et voici son fils qu’a fait s'éveiller Élisée.
Et le roi interrogea la femme, qui lui raconta
et le roi lui donna un eunuque, disant :
— Restitue-lui tout ce qui est sien
et tous les revenus des champs
depuis le jour où elle a quitté la terre jusqu’à présent.
Élisée vint aussi à Damas
et Bénadad, roi de Syrie, était malade.
On lui annonça, disant : — L’homme de Dieu est venu ici.
Et le roi dit à Hazaël :
— Prends avec toi des présents et va à la rencontre de l’homme de Dieu.
Consulte le Seigneur par lui, disant :
— Pourrai-je échapper à cette infirmité ?
Alors Hazaël alla à sa rencontre
ayant avec lui des présents et tous les biens de Damas
la charge de quarante chameaux.
Et comme il s'était tenu devant lui, il dit :
— Ton fils Bénadad, roi de Syrie, m’a envoyé vers toi, disant :
— Pourrai-je être guéri de cette infirmité ?
Et Élisée lui dit : — Va, dis-lui : — Tu guériras
et ensuite le Seigneur me montra que de la mort il mourra.
Il se tint avec lui et fut bouleversé jusqu’à la suffusion du visage, et l’homme de Dieu pleura.
Et Hazaël lui dit : — Pourquoi mon seigneur pleure-t-il ?
Et celui-là répondit : — Parce que je connais les maux que tu vas faire aux fils d’Israël :
leurs villes fortifiées, tu les consumeras par le feu
et leurs jeunes gens, tu les feras périr par le glaive
et leurs petits enfants, tu les écraseras et leurs femmes enceintes, tu les fendras.
Et Hazaël dit :
— Que suis-je donc, [moi] ton serviteur, un chien, pour faire cette grande chose ?
Et Élisée dit :
— Le Seigneur m’a montré que tu seras roi de Syrie.
Et celui-ci, comme il s'était retiré d'auprès d'Élisée, vint vers son maître
qui lui dit : — Que t’a dit Élisée ?
Et celui-là répondit :
— Il m’a dit : — Il recouvrera la santé.
Et comme le jour suivant était venu
il prit une couverture, l'imbiba d’eau et l’étendit sur son visage
et celui-ci étant mort, Hazaël régna à sa place.
La cinquième année de Joram, fils d’Achab, roi d’Israël, et de Josaphat, roi de Juda
régna Joram, fils de Josaphat, roi de Juda.
Il avait trente-deux ans quand il commença à régner
et il régna huit ans à Jérusalem.
Et il marcha dans les voies des rois d’Israël
comme avait marché la maison d’Achab
car la fille d’Achab était sa femme
et il fit ce qui est mal devant le Seigneur.
Mais le Seigneur ne voulut pas perdre entièrement Juda, à cause de David, son serviteur
comme il lui avait promis qu'il lui donnerait une lampe, et à ses fils, tous les jours.
En ses jours, Édom se soustraya à Juda pour ne plus lui être soumis
et se donna un roi.
Et Joram vint à Seira, et tous les chars avec lui.
Il se leva de nuit, frappa les Édomites qui l’avaient entouré et les chefs des chars
et le peuple s’enfuit dans ses tentes.
Édom se retira donc à Juda pour ne pas lui être soumis, jusqu’à ce jour.
Alors Lobna aussi se retira en ce temps-là.
Le reste des actes de Joram, et tout ce qu’il a fait
ceci n’a-t-il pas été écrit dans le livre des actes des jours des rois de Juda ?
Joram dormit avec ses pères
il fut enseveli avec eux dans la ville de David
et Ahazias, son fils, régna à sa place.
La douzième année de Joram, fils d’Achab, roi d’Israël
régna Ahazias, fils de Joram, roi de Juda.
Ahazias avait vingt-deux ans quand il commença à régner
et il régna un an à Jérusalem.
Le nom de sa mère : Athalie, fille d’Amri, roi d’Israël.
Et il marcha dans les voies de la maison d’Achab
et il fit ce qui est mal devant le Seigneur, comme la maison d’Achab
car il fut gendre de la maison d’Achab.
Il s'en alla aussi avec Joram, fils d’Achab
pour combattre contre Hazaël, roi de Syrie, à Ramoth Galaad.
Et les Syriens blessèrent Joram.
Et celui-ci s’en retourna pour se faire soigner à Hiezrahel
parce que les Syriens l'avaient blessé à Rama
quand il se battait contre Hazaël, roi de Syrie.
Et Ochozias, fils de Joram, roi de Juda
descendit voir Joram, fils d’Achab, à Yizréel, parce qu’il était malade.
Le prophète Élisée appela l'un de ses propres fils et lui dit :
— Ceins tes reins, prends cette fiole d’huile à la main
et va à Ramoth Galaad.
Quand tu seras arrivé là-bas
tu verras Hieu, fils de Iosaphat, fils de Namsi
et étant entré, tu le feras se lever du milieu de ses frères
et tu le conduiras dans une chambre retirée.
Tenant la fiole d’huile, tu la répandras sur sa tête
et tu diras : — Le Seigneur dit ceci :
— Je t’ai oint roi sur Israël.
Et tu ouvriras la porte et tu t’enfuiraset tu ne resteras pas là.
Le jeune homme, serviteur du prophète, s'en alla donc à Ramot de Galaad
et il entra
et voici, les chefs de l’armée étaient assis.
Il dit : — J’ai une parole pour toi, chef.
Et Jéhu dit : — Pour lequel de nous tous ?
Et celui-là dit : — Pour toi, ô chef.
Il se leva et entra dans la chambre.
Et celui-ci répandit l’huile sur sa tête, et dit :
— Le Seigneur, Dieu d’Israël, dit ceci :
— Je t’ai oint roi sur Israël, le peuple du Seigneur.
Et tu frapperas la maison d’Achab, ton maître
pour que je venge le sang de mes serviteurs les prophètes
et le sang de tous les serviteurs du Seigneur, de la main de Hiezabel.
Je perdrai toute la maison d’Achab
je ferai périr d'Achab le pisse-au-mur
et l'esclave et jusqu'au dernier en Israël
je rendrai la maison d’Achab comme la maison de Jéroboam, fils de Nebat
et comme la maison de Baasa, fils d’Ahia.
Jézabel aussi, les chiens la mangeront dans le champ de Yizréel
et il n’y aura personne pour l’ensevelir.
Et il ouvrit la porte et s’enfuit.
Jéhu sortit vers les serviteurs de son maître.
Et ceux-ci lui dirent : — Tout va-t-il bien ?
Pourquoi ce fou est-il venu vers toi ?
Et celui-ci leur dit : — Vous connaissez l’homme et ce qu'il a dit.
Eux répondirent : — C'est faux ! Mais raconte-nous davantage !
Et celui-ci leur dit : — Il m’a dit ceci et cela
et il a dit : — Le Seigneur dit ceci :
— Je t’ai oint roi sur Israël.
Aussi ils se hâtèrent et chacun prenant son manteau
ils le mirent sous ses pieds, comme une espèce de trône
ils sonnèrent de la trompette et dirent : — Jéhu a régné !
Jéhu, fils de Yehoshaphat, fils de Nimshi, conspira donc contre Joram.
Or Joram avait assiégé Ramot de Galaad, lui-même et tout Israël, contre Hazaël, roi de Syrie.
Et il était retourné pour se faire soigner à Yizréel de blessures
parce que les Syriens l'avaient frappé, combattant contre Hazaël, roi de Syrie.
Et Jéhu dit :
— S'il plaît à vous, qu'aucun fugitif ne s'échappe de la ville
de peur qu'il n'aille l'annoncer à Yizréel.
Et Jéhu monta et partit à Yizréel
car c'était là que Joram languissait ;
Ahazias, roi de Juda, était aussi descendu visiter Joram.
Alors le guetteur qui se tenait sur la tour de Yizréel
vit le peloton venant de Jéhu et dit :
— Je vois un peloton.
Et Joram dit : — Prends un char et envoie-le à leur rencontre
et que celui qui y va dise :— Tout va-t-il bien ?
Il s'en alla alors celui qui était monté sur le char, à sa rencontre
et il dit : — Le roi dit ceci : — Tout est en paix ?
Et Jéhu dit : — Qu'y a-t-il de commun entre toi et la paix ?
Passe et suis-moi.
Le guetteur l'annonça aussi, disant : — Le messager est venu à eux, et il ne retourne pas.
Il envoya encore un second char avec des chevaux.
Et [le cavalier] vint vers eux et dit :
— Le roi dit ceci : — Est-ce la paix ?
Et Jéhu dit : — Qu'y a-t-il de commun entre toi et la paix ?
Passe et suis-moi.
Et le guetteur fit retentir ces mots :
— Il est allé jusqu'à eux et il ne revient pas.
Et cette allure ressemble à l'allure de Jéhu, fils de Namai
car on s'avance bride abattue.
Et Joram dit : — Attellemon char.
et on attela son char.
Et Joram, roi d’Israël, sortit
avec Ahazias, roi de Juda, chacun sur son char.
Ils sortirent à la rencontre de Jéhu
et le trouvèrent dans le champ de Naboth le Yizréélite.
Et comme Joram avait vu Jéhu, il dit :
— Est-ce la paix, Jéhu ?
Mais celui-là répondit : — Quelle paix ?
Tant que durent les fornications de Jézabel, ta mère, et ses nombreux sortilèges ?
Joram tourna bride
et s’enfuyant, dit à Ahazias : — Guet-apens, Ahazias !
Alors Jéhu tendit l'arc de la main et frappa Joram entre les épaules
la flèche sortit par son cœur et aussitôt il s’écroula dans son char.
Et Jéhu dit à Baddacar, le chef :
— Prends-le, jette-le dans le champ de Naboth le Yizréélite.
Car souviens-toique, lorsque, toi et moi assis sur un char, nous suivions Achab, son père,
le Seigneur l'a relevé de cette charge par ces mots :
— Si [ce n'est] pas pour le sang de Naboth, et pour le sang de ses fils que j’ai vu hier, dit le Seigneur,
je te [le] rendrai dans ce champ, dit le Seigneur.
Maintenant donc, prends-le, jette-le dans le champ, selon la parole du Seigneur.
Quant à Ahazias, roi de Juda, voyant cela, il s’enfuit par le chemin de la maison du jardin.
Jéhu le poursuivit et dit :
— Lui aussi,abattez-le sur son char à la montée de Gaber, qui est près de Jéblaam.
Lui s’enfuit à Megiddo [Mageddo] et y mourut.
Et ses serviteurs le mirent sur son char et le portèrent à Jérusalem
et ils l’ensevelirent dans un sépulcre avec ses pères dans la ville de David.
La onzième année de Joram, fils d’Achab, Ahazias étant roi sur Juda,
Jéhu vint à Yizréel.
Alors Jézabel, ayant appris son entrée
souligna ses yeux d'antimoine, orna sa tête
et elle regarda par la fenêtre
Jéhu pénétrant par la porte, et dit :
— Est-ce que la paix peut venir de Zambri qui a tué son maître ?
Jéhu leva sa face vers la fenêtre et dit : — Qui est celle-là ?
Et deux ou trois eunuques se penchèrent vers lui.
Quant à lui, il leur dit : — Précipitez-la en bas !
Et ils la précipitèrent
et la muraille fut aspergée de sang
et les sabots des chevaux, qui la piétinèrent.
Et comme il était entré, avait mangé, avait bu, il dit :
— Allez, voyez cette maudite et ensevelissez-la, car elle est fille de roi.
Et comme ils étaient allés pour l’ensevelir
ils ne trouvèrent qu'un crâne, des pieds et des extrémités de mains.
Étant revenus, ils lui annoncèrent
et Jéhu dit : — C'est la parole du Seigneur, qu’il a dite par son serviteur Élie le Tishbite, disant :
— Dans le champ de Yizréel, les chiens mangeront les chairs de Jézabel
et les chairs de Jézabel seront comme du fumier sur la surface d'une terre, dans le champ de Yizréel
de sorte que les passants disent : — Est-ce ici qu'est cette Jézabel ?
Achab avait soixante-dix fils à Samarie.
Jéhu écrivit donc une lettre et l'envoya à Samarie aux grands de la ville, aux anciens et aux tuteurs des fils d’Achab, en ces mots :
— Aussitôt que vous aurez reçu cette lettre
vous qui avez les fils de votre maître, les chars et les chevaux, les villes fortes et les armes,
choisissez le meilleur et celui qui vous aura plu parmi les fils de votre maître,
mettez-le sur le trône de son père
et combattez pour la maison de votre maître.
Eux eurent extrêmement peur et ils dirent :
— Voici : deux rois n’ont pas tenu devant lui ;
comment, nous, aurons-nous la force de résister ?
Le chef du palais, le préfet de la ville, les anciens et les gouverneurs envoyèrent donc dire à Jéhu :
— Nous sommes tes esclaves : tout ce que tu nous auras ordonné, nous le ferons
et nous n’établirons pas de roi.
Tout ce qui te plait, fais-le.
Jéhu leur récrivit une lettre, pour la seconde fois, disant :
— Si vous êtes à moi et m'obéissez
prenez les chefs des fils de votre maître
et venez vers moi à cette même heure demain à Yizréel.
Or, les fils du roi, qui étaient soixante-dix hommes, étaient élevés chez les grands de la ville.
Et comme la lettre était parvenue chez eux,
ils prirent les fils du roi, tuèrent les soixante-dix hommes,
mirent leurs têtes dans des corbeilles
et les lui envoyèrent à Yizréel.
Le messager vint et le lui révéla, disant :
— Ils ont apporté les têtes des fils du roi.
Lui répondit : — Mettez-les en deux tas près de l’entrée de la porte jusqu’au matin.
Et comme le jour avait lui, il sortit
et, se tenant debout, il dit à tout le peuple :
— Vous êtes des justes. Si c'est moi qui ai conspiré contre mon maître et l’ai tué
qui a frappé tous ceux-ci ?
Constatez donc maintenant que rien n'est tombé à terre des paroles du Seigneur
que le Seigneur a dites sur la maison d’Achab :
le Seigneur a fait ce qu’il a dit par l’organe d'Élie son esclave !
Jéhu frappa alors tous ceux qui restaient de la maison d’Achab à Yizréel,
tous ses grands, ses familiers et ses prêtres
jusqu’à ce qu'il ne reste rien de lui.
Il se leva et vint à Samarie.
Et comme il était venu près de la Voûte-des-Pasteurs, sur le chemin
il trouva les frères d’Ahazias, roi de Juda
et il leur dit : — Qui donc êtes-vous ?
Et ceux-là répondirent : — Nous sommes les frères d’Ahazias
et nous descendons pour saluer les fils du roi et les fils de la reine.
Et lui dit : — Saisissez-les vivants.
Et eux, comme ils les avaient saisis vivants
les égorgèrent à la citerne près de Voûte-des-quarante-deux hommes.
Il n'en laissa aucun.
Et quand il s'en alla de là
il trouva Jonadab, fils de Réchab, [qui venait] à sa rencontre et il le bénit
et lui dit :
— Ton cœur est-il droit comme mon cœur à l'égard de ton cœur ?
Et Jonadab dit : — Il l’est.
Et il dit : — S’il l’est, donne-moi la main.
Et il donna sa main
et il le fit monter auprès de lui dans le char
et il lui dit :
— Viens avec moi, et vois mon zèle pour le Seigneur.
Et l’ayant installé dans son char
il l'emmena à Samarie
et frappa tous ceux d'Achab qui étaient restés à Samarie, jusqu'au dernier
selon le verbe du Seigneur qui fut prononcé par l'intermédiaire d'Élie.
Jéhu donc rassembla tout le peuple et leur dit :
— Achab a trop peu honoré Baal, quant à moi, je l'honorerai davantage.
Maintenant donc, tous les prophètes de Baal, tous ses serviteurs
et tous ses prêtres, appelez-les auprès de moi,
qu'il n'y ait aucun qui ne vienne
car j’ai un grand sacrifice à accomplir pour Baal.
Quiconque aura été absent ne vivra pas.
Or, Jéhu faisait ceci insidieusement, pour anéantir les adorateurs de Baal.
Il dit : — Sanctifiez un jour de fête pour Baal
Et il appela
et il envoya [des messagers] dans tous les confins d'Israël
et tous les esclaves de Baal vinrent,
il n'en resta pas même un qui ne vînt.
Ils entrèrent dans le temple de Baal et la maison de Baal fut remplie d’un bout à l’autre.
Et il dit à ceux qui gardaient les vêtements :
— Présentez des vêtements pour tous les esclaves de Baal.
Et ils leur présentèrent des vêtements.
Jéhu entra, et Jonadab, fils de Réchab, dans la maison de Baal
et il dit aux servants de Baal :
— Recherchez avec soin et prenez garde, de peur que ne soit par hasard avec vous quelqu'un des esclaves du Seigneur, mais qu'il y ait seulement des esclaves de Baal.
Ils entrèrent alors pour faire des sacrifices et des holocaustes.
Or Jéhu avait posté pour lui, dehors, quatre-vingts hommes, et leur avait dit :
— Tout homme qui aura fui d'entre ceux que j'aurai amené entre vos mains,
la vie de celui-ci sera pour la vie de celui-là.
Il arriva donc que, lorqu'on eut accompli l’holocauste,
Jéhu ordonna à ses soldats et à ses chefs :
— Entrez, frappez-les, que nul ne sorte !
Et les soldats et les chefs les frappèrent du glaive dévorant et les jetèrent dehors
et ils allèrent dans la cité du temple de Baal.
Ils portèrent la statue hors du sanctuaire de Baal, la brûlèrent
et la mirent en pièces.
Ils détruisirent aussi le foyer de Baal et firent à sa place des latrines, jusqu’à ce jour.
Et ainsi Jéhu effaça Baal d’Israël.
Mais cependant, quant aux péchés de Jéroboam, fils de Nabat, qui avait fait pécher Israël, il ne s'en écarta pas
ni ne délaissa les veaux d’or qui étaient à Béthel et à Dan.
Le Seigneur dit à Jéhu :
— Parce que tu as fait avec application ce qui était droit et plaisait à mes yeux
et que tu as fait contre la maison d’Achab tout ce qui était dans mon cœur,
tes fils, jusqu’à la quatrième génération, siègeront sur le trône d’Israël.
Mais Jéhu ne veilla pas à marcher dans la loi du Seigneur, Dieu d’Israël, de tout son cœur,
il ne s'écarta pas en effet des péchés de Jéroboam qui avait fait pécher Israël.
En ces jours-là, le Seigneur commença à être dégoûté au sujet d'Israël
et Hazaël les frappa sur toutes les frontières d’Israël
depuis le Jourdain, en face de la région orientale, toute la terre de Galaad, de Gad, de Ruben et de Manassé,
depuis Aroër, qui est sur le torrent d’Arnon, et Galaad et Basan.
Quant au reste des actes de Jéhu, et tout ce qu’il a fait, et sa bravoure
n’est-ce pas écrit dans le livre des Actes des jours des rois d’Israël ?
Jéhu dormit avec ses pères
et on l’ensevelit à Samarie.
Joachaz, son fils, régna à sa place.
Vingt-huit ans durèrent les jours du règne de Jéhu sur Israël
à Samarie.
Athalie, mère d’Ochozias, voyant son fils mort
se leva et fit périr toute la semence royale.
Mais Josaba fille du roi Joram, sœur d’Ochozias, prenant
Joas, fils d’Ochozias
l’enleva du milieu des fils du roi que l’on faisait périr
et sa nourrice, de la salle à manger
et elle le déroba aux regards d’Athalie de sorte qu'on ne le fît pas périr.
Il fut six ans avec elle dans la maison du Seigneur, en cachette.
Puis Athalie régna sur le pays.
Mais la septième année, Joïada envoya
prendre des centurions et des soldats.
Il les introduisit auprès de lui dans la maison du Seigneur,
il conclut avec eux une alliance
et les adjurant dans la maison du Seigneur, il leur montra le fils du roi.
Et il leur ordonna, disant :
— Voici l'action, que vous devrez faire :
parmi ceux d’entre vous qui entrent le jour du sabbat, qu'un tiers observe la faction de la maison du roi,
qu'il y ait un tiers à la porte de Sir
et un tiers à la porte qui est derrière le logis des scutaires.
Et vous garderez la faction de la maison de Messa.
Et vos deux autres sections, tous ceux qui sortent le jour du sabbat,
qu'ils gardent la surveillance de la maison du Seigneur autour du roi.
Vous l'entourerez, les armes à la main ;
si quelqu’un entre dans l'enceinte du temple, qu’on le fasse périr.
Vous serez avec le roi, à son entrée et à sa sortie.
Les centurions firent selon tout ce que leur avait ordonné Joïada, le prêtre.
Et prenant chacun leurs hommes qui entraient le jour du sabbat avec ceux qui sortaient à partir du jour du sabbat,
ils vinrent auprès de Joïada, le prêtre.
Et il leur donna les lances et les armes du roi David qui étaient dans la maison du Seigneur.
Ils se tinrent, chacun les armes à la main
depuis le côté droit du Temple jusqu’au côté gauche de l'autel et de la maison, autour du roi.
Il fit avancer le fils du roi et mit sur lui le diadème et le témoignage.
Ils le firent roi et l’oignirent
et, frappant des mains, ils dirent : — Vive le roi !
Athalie entendit la voix du peuple qui accourait
et, entrée au milieu de la foule dans le temple du Seigneur
elle vit le roi se tenant sur le trône, selon l’usage,
les chanteurs et les trompettes près du roi
et tout le peuple du pays se réjouissant et sonnant des trompettes.
Elle déchira ses vêtements et cria : — Conjuration ! Conjuration !
Joïada donna des ordres aux centurions qui commandaient l’armée et leur dit :
— Faites-la sortir hors des enceintes du temple.
Quiconque l'aura suivi, qu'il soit frappé par le glaive.
Car le prêtre avait dit : — Qu’elle ne soit pas tuée dans le temple du Seigneur.
Et ils mirent les mains sur elle et la refoulèrent par le chemin de l’entrée des chevaux près du palais et on la fit périr là.
Joïada conclut alors une alliance entre le Seigneur, le roi et le peuple
pour qu'il fût le peuple du Seigneur
et entre le roi et le peuple.
Tout le peuple du pays entra dans le temple de Baal.
Ils démolirent ses autels et ils concassèrent les images vigoureusement.
Mathan aussi, le prêtre de Baal, ils le tuèrent devant l'autel.
Le prêtre mit des gardes dans la maison du Seigneur.
Il prit les centurions et les légions de Kéréthiens et de Féléthiens
et tout le peuple du pays.
Ils firent descendre le roi de la maison du Seigneur,
ils vinrent au palais par le chemin de la porte des scutaires
et il siégea sur le trône des rois.
Tout le peuple du pays se réjouit, et la ville se reposa.
Quant à Athalie, elle fut tuée par le glaive dans la maison du roi.
Joas avait sept ans quand il commença à régner.
La septième année de Jéhu, Joas régna.
Il régna quarante ans à Jérusalem.
Le nom de sa mère : « Sébia », de Bersabée.
Et Joas fit ce qui est droit devant le Seigneur
tous les jours durant lesquels l'instruisit Joïada le prêtre.
Mais cependant il ne fit pas disparaître les hauts lieux.
Le peuple sacrifiait encore et faisait brûler sur les hauts lieux de l'encens.
Et Joas dit aux prêtres :
— Tout l’argent des [dons] sacrés qui aura été apporté dans le temple du Seigneur par les passants,
[celui] qui est offert pour le prix d'une vie
et [celui] que spontanément au gré de leur cœur ils apportent dans le temple du Seigneur,
que les prêtres le prennent selon leur rang
et qu'ils restaurent le bon état de la maison,
s'ils ont vu quelque chose de nécessaire dans la restauration.
Or, jusqu'à la vingt-troisième année du roi Joas, les prêtres n’avaient pas rénové le bon état du temple.
Le roi Joas appela Joïada le grand prêtre et les prêtres, leur disant :
— Pourquoi ne restaurez-vous pas le bon état du temple ?
Ne prenez donc plus l’argent selon votre rang
mais rendez-le pour la restauration du temple.
Les prêtres furent empêchés de prendre plus longtemps l’argent du peuple
et de restaurer le bon état de la maison.
Et Joïada le grand prêtre prit un trésor,
perça un trou dessus
et plaça celui-là à côté de l’autel, à droite de ceux qui entrent dans la maison du Seigneur.
Les prêtres qui gardaient les accès y mettaient tout l’argent qui était déposé au temple du Seigneur.
Et comme ils voyaient qu’il y avait trop d’argent dans le trésor,
le secrétaire du roi montait avec le grand prêtre,
ils étalaient et comptaient l’argent qui se trouvait dans la maison du Seigneur.
Ils le donnaient selon le nombre et la mesure
dans la main de ceux qui dirigeaient les maçons de la maison du Seigneur,
qui le dépensaient pour les artisans du bois et pour les maçons,
pour ceux qui travaillaient dans la maison du Seigneur
et en faisaient le bon entretien,
pour ceux qui taillaient les pierres,
afin d'acheter des bois et des pierres qui étaient taillées
de manière à achever la restauration de la maison du Seigneur,
pour l'ensemble de ce qui nécessitait des dépenses en vue de consolider la maison.
Mais cependant on ne se faisait pas avec le même argent les aiguières du temple du Seigneur,
les fourchettes, encensoirs, trompettes
et tout ustensile en or ou en argent,
avec l'argent qui était apporté dans le temple du Seigneur,
car on le donnait à ceux qui faisaient l’ouvrage
pour que fût restauré le temple du Seigneur.
Et on ne tenait pas de compte pour ces hommes qui recevaient l’argent,
pour le distribuer aux artisans
mais ils le géraient de bonne foi.
Mais l’argent pour le délit et l'argent pour les péchés,
on ne l'apportait pas dans le temple du Seigneur
car il était aux prêtres.
Alors monta Hazaël, roi de Syrie,
il combattait contre Geth et la prit.
Il se disposa pour monter contre Jérusalem.
C'est pourquoi Joas, roi de Juda, prit
tous les [objets] sacrés qu’avaient consacrés Josaphat, Joram et Ochozias, ses pères, rois de Juda,
ceux qu’il avait lui-même offerts,
tout l’argent qui put être trouvé dans les trésors du temple du Seigneur et dans le palais du roi,
il l'envoya à Hazaël, roi de Syrie, et se retira loin de Jérusalem.
Quant au reste des actes de Joas et tout ce qu’il a fait,
n’est-ce pas écrit dans le livre des Actes des jours des rois de Juda ?
Cependant ses esclaves se levèrent, complotèrent entre eux
et frappèrent Joas à la maison de Millo, à la descente de Sela.
De fait, Josachar, fils de Sémaath, et Jozabad, fils de Somer, ses esclaves
le frappèrent et il mourut.
On l’ensevelit avec ses pères dans la ville de David.
Et Amasias, son fils, régna à sa place.
La vingt-troisième année de Joas, fils d’Ochozias, roi de Juda
Joachaz, fils de Jéhu, régna sur Israël à Samarie dix-sept ans.
Et il fit le mal devant le Seigneur
et suivit les péchés de Jéroboam fils de Nabat
qui fit pécher Israël.
Il ne s’en écarta pas.
La fureur du Seigneur s’enflamma contre Israël,
il les livra dans la main de Hazaël, roi de Syrie
et dans la main de Bénadad, fils de Hazaël, tous les jours.
Mais Joachaz supplia la face du Seigneur et le Seigneur l’entendit
car il vit la détresse d’Israël par laquelle le roi de Syrie les avait écrasés.
Le Seigneur donna à Israël un sauveur
et il fut libéré de la main de Syrie
et les fils d’Israël habitèrent dans leurs tentes comme hier et avant-hier.
Mais cependant ils ne s'écartèrent pas des péchés de la maison de Jéroboam
qui fit pécher Israël.
Ils y marchèrent
puisque même le bois sacré persista à Samarie.
Et du peuple ne furent laissés à Joachaz
que cinquante cavaliers, dix chars et dix mille hommes de pied,
car le roi de Syrie les avait fait périr et les avait réduits comme poussière dans le battage de l'aire.
Quant au reste des actes de Joachaz, tout ce qu’il a fait mais aussi sa bravoure
n’est-ce pas écrit dans le livre des Actes des jours des rois d’Israël ?
Joachaz dormit avec ses pères, on l’ensevelit à Samarie.
Joas, son fils, règna à sa place.
La trente-septième année de Joas, roi de Juda,
Joas, fils de Joachaz, régna seize ans sur Israël à Samarie.
Et il fit ce qui est mal au regard du Seigneur,
il ne dévia pas de tous les péchés de Jéroboam fils de Nabat
qui fit pécher Israël.
Il y marcha.
Quant au reste des actes de Joas, tout ce qu’il a fait
mais aussi sa bravoure, comment il a combattu contre Amasias, roi de Juda,
n’est-ce pas écrit dans le livre des Actes des rois d’Israël ?
Joas dormit avec ses pères
et Jéroboam siégea sur son trône.
Puis Joas fut enseveli à Samarie avec les rois d’Israël.
Or Élisée était malade de l'infirmité dont il mourut aussi.
Joas, roi d'Israël, descendit vers lui,
il pleurait devant lui et disait :
— Mon père ! Mon père ! Char d’Israël et son aurige !
Élisée lui dit :
— Apporte un arc et des flèches.
Comme il lui avait apporté l'arc et les flèches,
il dit au roi d’Israël :
— Pose ta main sur l’arc.
Comme il avait posé sa main,
Élisée posé ses mains sur les mains du roi
et dit : — Ouvre la fenêtre orientale.
Comme il avait ouvert, Élisée dit :
— Lance une flèche ! Et il lança.
Élisée dit : — Flèche du salut du Seigneur ! Flèche de salut contre la Syrie !
Tu frapperas la Syrie à Afec jusqu’à la consumer.
Il dit : — Prends les flèches.
Comme il les avait prises, il dit encore au roi d’Israël :
— Frappe la terre avec le trait.
Comme il avait frappé trois fois et s’était arrêté,
l'homme de Dieu s’irrita contre lui et dit :
— Si tu avais frappé cinq fois ou six fois ou mieux sept fois,
tu aurais frappé la Syrie jusqu’à consommation,
mais maintenant tu la frapperas trois fois.
Élisée mourut donc et on l’ensevelit.
Des bandits de Moab aussi vinrent dans le pays la même année.
Alors Hazaël, roi de Syrie, affligea Israël tous les jours de Joachaz.
Le Seigneur eut pitié d’eux
et retourna vers eux, à cause de son alliance qu'il avait avec Abraham, Isaac et Jacob
il ne voulut pas les perdre ni les rejeter entièrement jusqu'au temps présent.
Or Hazaël, roi de Syrie, mourut,
et Bénadad, son fils, régna à sa place
À la suite Joas, fils de Joachaz
prit de la main de Bénadad, fils de Hazaël les villes
qu'il avait prises de la main de Joachaz, son père, par le droit de la guerre.
Joas le frappa trois fois
et il rendit les villes à Israël.
La deuxième année de Joas, fils de Joachaz, roi d’Israël,
régna Amasias, fils de Joas, roi de Juda.
Il avait vingt-cinq ans quand il commença à régner
et il régna vingt-neuf ans à Jérusalem.
Le nom de sa mère : « Joadan », de Jérusalem.
Il fit ce qui est droit devant le Seigneur,
mais cependant non pas comme David, son père.
Il fit selon tout ce que fit Joas, son père,
si ce n'est ceci seulement qu'il ne fit pas disparaître les hauts lieux.
En effet, le peuple sacrifiait et brûlait encore [de l'encens] dans les hauts lieux.
Comme il avait maintenu le règne,
il frappa ses esclaves qui avaient fait périr le roi, son père.
Mais les fils de ceux qui avaient tué, il ne les tua pas,
selon ce qui est écrit dans le livre de la loi de Moïse
comme l'a ordonné le Seigneur, disant :
— Les pères ne mourront pas pour les fils
ni les fils ne mourront pour les pères
mais chacun par son péché mourra.
Lui-même frappa Édom, dans la vallée des Salines, dix mille [hommes]
et prit Petra au combat.
Il l'appela de son nom Jectéhel, jusqu’au jour présent.
Alors Amasias envoya des messagers à Joas, fils de Joachaz, fils de Jéhu, roi d’Israël, disant :
— Viens, et voyons-nous.
Joas, roi d’Israël, dépêcha de nouveau à Amasias, roi de Juda, disant :
— Le chardon du Liban dépêcha au cèdre qui est au Liban, disant :
— Donne ta fille à mon fils pour femme !
Les bêtes de la forêt qui sont au Liban passèrent et elles piétinèrent le chardon.
En le frappant, tu t'es affermi sur Édom, et ton cœur t'a élevé.
Sois content de la gloire et demeure en ta maison.
Pourquoi provoques-tu le malheur, pour tomber, toi et Juda avec toi ?
Mais Amasias ne se reposa pas.
Joas, roi d’Israël, monta
et ils se virent, lui-même et Amasias, roi de Juda, à Beth-Shemesh, ville forte de Juda.
Et Juda fut frappé devant Israël
et ils s’enfuirent chacun dans leurs tentes.
Quant à Amasias, roi de Juda, fils de Joas, fils d’Ochozias
Joas, roi d’Israël, le prit à Beth-Shemesh.
Il l'emmena à Jérusalem
et rompit la muraille de Jérusalem
depuis la porte d’Éphraïm jusqu’à la porte de l’Angle, sur quatre cents coudées
Et il prit tout l’or, l’argent et tous les objets qui furent trouvés dans la maison du Seigneur et dans les trésors du roi et des otages
et il retourna à Samarie.
Quant au reste des actes de Joas qu’il a faits
et sa bravoure avec laquelle il combattit contre Amasias, roi de Juda
n’est-ce pas écrit dans le livre des Actes des jours des rois d’Israël ?
Joas dormit avec ses pères, et il fut enseveli à Samarie avec les rois d’Israël.
Jéroboam, son fils, régna à sa place.
Quant à Amasias, fils de Joas, roi de Juda, il vécut,
après que mourut Joas, fils de Joachaz, roi d’Israël,
vingt-cinq ans.
Quant au reste des actes d’Amasias
n’est-ce pas écrit dans le livre des Actes des jours des rois de Juda ?
L'on fit contre lui une conjuration à Jérusalem
mais lui s’enfuit à Lakish,
on envoya après lui des hommes à Lakish
et on le fit périr là.
On le transporta sur des chevaux
et il fut enseveli à Jérusalem avec ses pères, dans la cité de David.
Tout le peuple de Juda prit Azarias, âgé de seize ans
et on l’établit roi à la place de son père Amasias.
Lui-même bâtit Eilat
et la restitua à Juda,
après que le roi eut dormi avec ses pères.
La quinzième année d’Amasias, fils de Joas, roi de Juda
régna Jéroboam, fils de Joas, roi d’Israël, à Samarie quarante et un ans.
Il fit ce qui est mal devant le Seigneur,
il ne s'écarta pas de tous les péchés de Jéroboam fils de Nabat
qui fit pécher Israël.
Lui-même restitua les limites d’Israël
depuis l’entrée d'Emath jusqu’à la mer de Solitude,
selon la parole du Seigneur, Dieu d’Israël
qu’il dite par son esclave Jonas fils d’d'Amathi, le prophète
qui était de Geth qui est en Opner.
Le Seigneur en effet vit l’affliction d’Israël, trop amère,
qu'ils étaient consumés jusqu'aux hommes enfermés en prison et aux tout derniers
et qu'il n'y avait personne pour secourir Israël.
Le Seigneur ne parla pas d’effacer le nom d’Israël sous le ciel
mais il les sauva par la main de Jéroboam, fils de Joas.
Quant au reste des actes de Jéroboam, tout ce qu’il a fait,
la bravoure avec laquelle il combattit
et comment il restitua Damas et Hamat à Juda en Israël
n’est-ce pas écrit dans le livre des Actes des jours des rois d’Israël ?
Jéroboam dormit avec ses pères, les rois d’Israël.
Zacharie [Zaccharias], son fils, régna à sa place.
La vingt-septième année de Jéroboam, roi d’Israël
régna Azarias, fils d’Amasias, roi de Juda.
Il avait seize ans quand il commença à régner
et il régna cinquante-deux ans à Jérusalem.
Le nom de sa mère : « Jéchélie », de Jérusalem.
Il fit ce qui était agréé devant le Seigneur
selon tout ce que fit Amasias, son père.
Mais cependant il n'abattit pas les hauts lieux,
le peuple sacrifiait encore et brûlait de l'encens sur les hauts lieux.
Puis le Seigneur frappa le roi
et il fut lépreux jusqu’au jour de sa mort.
Il habitait dans une maison indépendante, à part.
De fait, Joatham, fils du roi, gouvernait le palais
et jugeait le peuple du pays.
Quant au reste des actes d’Ozias, et tout ce qu’il a fait
n’est-ce pas écrit dans le livre des Actes des jours des rois de Juda ?
Azarias dormit avec ses pères
et on l’ensevelit avec ses ancêtres dans la cité de David.
Joatham, son fils, régna à sa place.
La trente-huitième année d’Ozias, roi de Juda
régna Zacharie, fils de Jéroboam, sur Israël, à Samarie, six mois.
Il fit ce qui est mal devant le Seigneur, comme avaient fait ses pères
il ne s'écarta pas des péchés de Jéroboam fils de Nabat, qui fit pécher Israël.
Or, conjura contre lui Sellum fils de Jabès,
il le frappa ouvertement, le fit périr, et régna à sa place.
Quant au reste des actes de Zacharie
n'est-ce pas écrit dans le livre des Actes des jours des rois d’Israël ?
C'est la parole même du Seigneur, qu’il dit à Jéhu, en ces mots :
— Des fils jusqu’à la quatrième génération siégeront, issus de toi, sur le trône d’Israël.
Et il en fut ainsi.
Sellum, fils de Jabès, règna la trente-neuvième année d’Ozias, roi de Juda
et il régna un mois à Samarie.
Manahem, fils de Gaddi, monta de Thersa et vint à Samarie,
il frappa Sellum, fils de Jabès, à Samarie, le fit périr et régna à sa place.
Quant au reste des actes de Sellum
et sa conjuration par laquelle il tendit son piège
n'est-ce pas écrit dans le livre des Actes des jours des rois d’Israël ?
Alors Menahem frappa Thapsa et tous ceux qui y étaient, avec son territoire depuis Thersa
car ils n’avaient pas voulu lui ouvrir
et il fit périr toutes ses femmes enceintes et les éventra.
La trente-neuvième année d’Ozias, roi de Juda
Menahem, fils de Gaddi, régna dix ans sur Israël à Samarie.
Il fit ce qui était mal devant le Seigneur
il ne s'écarta pas des péchés de Jéroboam fils de Nabat, qui fit pécher Israël
tous ses jours.
Vint Phul, roi des Assyriens, dans le pays
et Menahem donna à Phul mille talents d’argent
pour qu’il lui vînt en aide et qu’il affermît son royaume.
Et Menahem leva l'argent sur Israël, à tous les puissants et riches
pour donner au roi des Assyriens
cinquante sicles d’argent par tête.
Et le roi des Assyriens s’en retourna et ne s’attarda pas dans le pays.
Quant au reste des actes de Menahem, et tout ce qu’il a fait
n’est-ce pas écrit dans le livre des Actes des jours des rois d’Israël ?
Et dormit Menahem avec ses pères
et Phakéia, son fils, régna à sa place.
La cinquantième année d’Ozias, roi de Juda
Phakéia, fils de Menahem, régna sur Israël à Samarie deux ans.
Et il fit ce qui était mal devant le Seigneur,
il ne s'écarta pas des péchés de Jéroboam fils de Nabat qui fit pécher Israël.
Or Phakée, fils de Romélie, son chef, conjura contre lui.
Il le frappa à Samarie dans la tour de la maison royale, à côté d’Argob et à côté d'Arié [Ari]
et avec lui cinquante hommes d’entre les fils des Galaadites.
Il le fit périr et régna à sa place.
Quant au reste des actes de Phakéia, et tout ce qu’il a fait
n'est-ce pas écrit dans le livre des Actes des jours des rois d’Israël ?
La cinquante-deuxième année d’Ozias, roi de Juda
Phakée, fils de Romélie, régna sur Israël à Samarie vingt ans.
Et il fit ce qui était mal devant le Seigneur,
il ne s'écarta pas des péchés de Jéroboam, fils de Nabat, qui fit pécher Israël.
Aux jours de Phakée, roi d’Israël
vint Théglath-Phalasar, roi d’Assur.
Il prit Aïom, Abel-Maison-de-Maaca,
Janoé, Quédès, Asor,
le Galaad et la Galilée et toute la terre de Nephthali.
Il les déporta chez les Assyriens.
Or Osée, fils de Héla, conjura et tendit un piège contre Phakée, fils de Romélie,
il le frappa, le fit périr
et régna à sa place, la vingtième année de Joatham, fils d’Ozias.
Quant au reste des actes de Phakée, et tout ce qu’il a fait
n'est-ce pas écrit dans le livre des Actes des jours des rois d’Israël ?
La deuxième année de Phakée fils de Romélie, roi d’Israël
régna Joatham, fils d’Ozias, roi de Juda.
Il avait vingt-cinq ans quand il commença à régner
et il régna seize ans à Jérusalem.
Le nom de sa mère : Jérusa [Hierusa], fille de Sadoc.
Il fit ce qui était agréé devant le Seigneur,
il œuvra selon tout ce qu'avait fait Ozias, son père.
Mais cependant il n'enleva pas les hauts lieux.
Le peuple sacrifiait encore et brûlait de l'encens sur les hauts lieux.
Lui-même bâtit la porte la plus élevée de la maison du Seigneur.
Quant au reste des actes de Yotam, et tout ce qu’il a fait
n’est-ce pas écrit dans le livre des Actes des jours des rois de Juda ?
En ces jours-là, le Seigneur commença à envoyer contre Juda Rasin, roi de Syrie
et Phakée fils de Romélie.
Joatham dormit avec ses pères
et il fut enseveli avec eux dans la cité de David, son père.
Ahaz, son fils, régna à sa place.
La dix-septième année de Phakée, fils de Romélie, régna Ahaz, fils de Joatham, roi de Juda.
Achaz avait vingt ans quand il commença à régner
et il régna seize ans à Jérusalem.
Il ne fit pas ce qui était agréé au regard du Seigneur, son Dieu, comme David, son père.
Mais il marcha dans la voie des rois d’Israël
de plus il consacra son fils, le faisant passer par le feu, selon les idoles des nations que le Seigneur dissipa devant les fils d’Israël.
Il immolait aussi des victimes et brûlait de l'encens sur les hauts lieux, sur les collines et sous tout arbre feuillu.
Alors Rasin, roi de Syriemonta, avec Phakée fils de Romélie, roi d’Israël, contre Jérusalem, pour combattre.
Alors qu'ils assiégeaient Ahaz, ils n'eurent pas la force de l'emporter sur lui.
En ce temps-là, Rasin, roi de Syrie, restitua Élath à la Syrie
et chassa les Judéens d’Élath.
Les Iduméens vinrent à Élath, et habitèrent là jusqu’à ce jour.
Or Ahaz envoya des messagers à Théglath-Phalasar, roi des Assyriens, disant :
— Moi, je suis ton serviteur et ton fils.
Monte et sauve-moi de la main du roi de Syrie et de la main du roi d’Israël
qui se sont levés ensemble contre moi.
Et comme il avait rassemblé l’argent et l’or
qu'il put trouver dans la maison du Seigneur et dans les trésors du roi,
il les envoya comme présents au roi des Assyriens
qui se rangea aussi à sa volonté.
Le roi des Assyriens monta en effet contre Damas et la dévasta,
il transféra ses habitants à Cyrène.
Quant à Rasin, il le fit périr.
Et le roi Ahaz alla droit à la rencontre de Théglath-Phalasar, roi des Assyriens, à Damas.
Comme il avait vu l’autel de Damas,
le roi Ahaz envoya à Urie, le prêtre, son modèle et sa représentation d'apèrs tout l'ouvrage de l'autel.
Et Urie, le prêtre, construisit l’autel d’après tout ce que le roi Ahaz avait ordonné de Damas, ainsi fit Urie, le prêtre
le temps que vînt le roi Ahaz de Damas.
Et comme le roi était venu de Damas,
il vit l'autel et le vénéra,
il monta et sacrifia des holocaustes et son oblation,
il versa des libations et répandit le sang des sacrifices de paix qu'il avait offerts sur l'autel.
En outre, l’autel de bronze qui était devant le Seigneur
il le transféra de devant le temple, du lieu de l'autel et du lieu du temple du Seigneur
et le mit à côté de l'autel, vers l'aquilon.
Le roi Ahaz ordonna aussi à Urie, le prêtre, disant :
— Sur le plus grand autel, offre l’holocauste matinal et l’oblation vespérale
l’holocauste du roi et son oblation,
l’holocauste de tout le peuple du pays, leurs oblations et leurs libations.
Tout le sang d'holocauste
et tout le sang de la victime, tu le répandras sur lui.
Quant à l’autel de bronze, il sera pourvu selon ma volonté.
Alors Urie, le prêtre, fit selon tout ce qu’avait ordonné le roi Ahaz.
En outre, le roi Ahaz emporta les bases ciselées et le bassin qui était dessus,
il déposa la mer de dessus les bœufs de bronze qui la soutenaient
et la posa sur une dalle pavée de pierre.
Le Musach du sabbat aussi, qu’on avait bâti dans le temple
et l’entrée du roi à l'extérieur, il les changea, dans le temple du Seigneur, à cause du roi des Assyriens.
Quant au reste des actes d’Ahaz, ce qu’il a fait
n’est-ce pas écrit dans le livre des Actes des jours des rois de Juda ?
Et Ahaz dormit avec ses pères
et fut enseveli avec eux dans la cité de David.
Ézéchias, son fils, régna à sa place.
La douzième année d’Ahaz, roi de Juda
Osée, fils d'Héla, régna sur Israël à Samarie neuf ans.
Il fit le mal devant le Seigneur, mais non pas comme les rois d’Israël qui l'avaient précédé.
Salmanasar, roi des Assyriens monta contre lui.
Osée devint son esclave et lui payait des tributs.
Et comme le roi des Assyriens avait découvert qu'Osée,
s'efforçant de se rebeller, avait envoyé des messagers à Sua, roi d’Égypte
pour ne pas livrer les tributs au roi des Assyriens comme il en avait l'habitude chaque année,
il l'assiégea et l'envoya enchaîné en prison.
Il parcourut tout le pays
et, montant à Samarie, il l’assiégea trois ans.
Or, la neuvième année d’Osée, le roi des Assyriens prit Samarie
et transféra Israël chez les Assyriens.
Ils les plaça à Ala et à Habor près du fleuve de Gozan dans les villes des Mèdes.
En effet, il advint, comme les fils d’Israël avaient péché contre le Seigneur leur Dieu
qui les avait conduits hors de la terre d'Égypte, hors de la main de Pharaon roi d’Égypte,
qu'ils se mirent à vénérer des dieux étrangers
et marchèrent suivant le rite des nations
que le Seigneur avait consumées à la vue des fils d’Israël
et des rois d’Israël, parce qu'ils avaient agi de la même manière.
Les fils d’Israël masquèrent par des mots impropres le Seigneur, leur Dieu,
ils se bâtirent des hauts lieux dans toutes leurs villes,
depuis la tour des gardes jusqu’à la ville fortifiée.
Ils se firent des statues et des bois sacrés sur toute colline élevée et sous tout arbre touffu.
Ils brûlaient là de l'encens sur les autels
selon la coutume des nations que le Seigneur avait exilées loin de leur face,
ils prononcèrent les mots les plus maléfiques, irritant le Seigneur.
Ils vénérèrent les immondices
au sujet desquelles le Seigneur leur ordonna de ne pas faire cet acte.
Le Seigneur se manifesta dans rendit témoignage contre Israël et dans Juda
par l'organe de tous les prophètes et voyants, disant :
— Revenez de vos voies très mauvaises,
gardez mes prescriptions et cérémonies,
selon toute la loi que j’ai prescrite à vos pères
et comme je vous l'ai envoyée par l'organe de mes serviteurs les prophètes.
Ceux-ci n’écoutèrent pas, mais raidirent leur nuque
comme la nuque de leurs pères, qui avaient refusé d'obéir au Seigneur, leur Dieu.
Ils rejetèrent ses préceptes
et l'alliance qu’il conclut avec leurs pères
et les témoignages par lesquels il les prit à témoin.
Ils suivirent les vanités et agirent vainement,
ils suivirent les nations qui étaient alentour
au sujet desquelles le Seigneur leur avait prescrit de ne pas faire comme celles-là aussi faisaient.
Ils abandonnèrent tous les préceptes du Seigneur, leur Dieu
et se firent en métal fondu deux veaux et des bois sacrés
Ils adorèrent toute l’armée du ciel
et servirent Baal.
Et ils lui consacraient leurs fils et filles par le feu
et ils étaient asservis aux divinations et aux augures
et ils se livrèrent pour faire le mal devant le Seigneur, et pour l’irriter.
Le Seigneur s’irrita fortement contre Israël,
il les enleva de sa vue
et ne resta que la seule tribu de Juda.
Mais Juda lui-même non plus ne garda les commandements du Seigneur, son Dieu.
De fait, elle marcha dans les aberrations qu'Israël avait pratiquées.
Le Seigneur rejeta toute la semence d’Israël,
il les affligea et les livra dans la main des pillards
jusqu’à ce qu’il les rejetât loin de sa face.
À partir du moment même où Israël fut coupé de la maison de David
et que pour eux ils établirent roi Jéroboam fils de Nabat,
Jéroboam en effet sépara Israël du Seigneur et les fit pécher d'un grand péché.
Et les fils d’Israël marchèrent dans tous les péchés que Jéroboam avait faits,
ils ne s'en écartèrent pas
jusqu’au moment où le Seigneur enleva Israël loin de sa face
comme il l’avait dit par l'organe de tous ses esclaves, les prophètes.
Israël fut transféré de sa terre, chez les Assyriens, jusqu’à ce jour-ci.
Or le roi des Assyriens amena des gens
de Babylone, de Cutha, d'Haiath,
d'Emath et de Sépharvaïm,
il les installa dans les villes de Samarie à la place des fils d’Israël,
ils possédèrent Samarie et habitèrent dans ses villes.
Alors qu'ils avaient commencé à habiter là, ils ne craignaient pas le Seigneur.
Le Seigneur envoya sur eux des lions qui les faisaient périr.
On l'apprit au roi des Assyriens et l'on dit :
— Les nations que tu as transférées et fait habiter dans les villes de Samarie
ne connaissent pas les préceptes du dieu du pays,
le Seigneur a envoyé contre eux des lions et voici, ils les font périr,
cela parce qu’ils ne connaissent pas le rite du dieu du pays.
Or le roi des Assyriens fit cet ordre en disant :
— Menez là-bas un des prêtres que de là-bas vous avez amenés captifs,
qu’il aille et habite avec eux, qu’il leur enseigne les préceptes du dieu du pays.
Donc comme était venu un de ces prêtres qui avaient été menés captifs de Samarie,
il habita à Béthel et il leur enseignait comment ils honoreraient le Seigneur.
Et chaque nation fabriqua son dieu
et elles les placèrent dans les sanctuaires des hauts lieux qu'avaient faits les Samaritains
nation et nation dans leurs villes dans lesquelles elles habitaient.
En effet, les hommes de Babylone firent Sochoth-Bénoth [Socchothbenoth]
mais les hommes de Cutha firent Nerguel
et les hommes de Emath firent Asima,
puis les Hévéens firent Nébahaz [Nebaaz] et Tharthac,
mais ceux qui étaient de Sépharvaïm brûlaient leurs fils par le feu
en l'honneur d'Adramélec et Anamélec, dieux de Sépharvaïm.
Néanmoins ils honoraient le Seigneur
et ils se firent, des tout derniers, des prêtres des hauts lieux
et les plaçaient dans les sanctuaires élevés.
Et alors qu'ils honoraient le Seigneur, ils servaient aussi leurs dieux
selon la coutume des nations desquelles on les avait transférés en Samarie.
Jusqu’au jour présent, ils suivent l'usage ancien,
ils ne craignent pas le Seigneur ni ne gardent ses cérémonies,
jugements, loi et commandement
qu'avait ordonné le Seigneur aux fils de Jacob qu’il surnomma Israël.
Le Seigneur avait conclu une alliance avec eux et leur avait commandé, disant :
— Ne craignez pas de dieux étrangers
ne les adorez pas ni ne les honorez
et ne leur sacrifiez pas.
Mais le Seigneur, votre Dieu, qui vous a mené hors de la terre d’Égypte
par force grande et par bras étendu
lui-même, craignez-le, celui-là, adorez-le, à lui-même, sacrifiez.
Les cérémonies aussi, les jugements, la loi et le commandement qu’il a écrits pour vous, gardez-les
pour que vous les accomplissiez tous les jours, et pour que vous ne craigniez pas de dieux étrangers.
Et l’alliance que j’ai conclue avec vous, ne l’oubliez pas ;
n'honorez pas de dieux étrangers.
Mais le Seigneur, votre Dieu, craignez-le,
lui-même vous arrachera de la main de tous vos ennemis.
Mais ceux-là n’écoutèrent pas
et n'agissaient que selon leur coutume première.
Ces nations donc craignirent le Seigneur mais néanmoins servirent aussi leurs idoles
de fait, et leurs fils et leurs petits-fils
comme firent leurs parents, ainsi font-ils jusqu'au jour présent.
La troisième année d’Osée, fils d’Héla, roi d’Israël
régna Ézéchias, fils d’Ahaz, roi de Juda.
Il avait vingt-cinq ans quand il commença à régner
et vingt-neuf ans il régna à Jérusalem.
Le nom de sa mère étatit « Abi », fille de Zacharie.
Il fit ce qui était bon devant le Seigneur
selon tout ce qu’avait fait David, son père.
Lui, il dissipa les hauts lieux et brisa les statues et coupa les bois sacrés,
il mit en pièces le serpent de bronze qu'avait fait Moïse
puisque jusqu'en ce temps-là les fils d’Israël brûlaient pour lui de l'encens
et on l'appela Naasthan.
Dans le Seigneur, Dieu d’Israël, il espéra.
Ainsi, après lui, il n'eut pas de semblable, parmi tous les rois de Juda
ni non plus parmi ceux qui avaient été avant lui.
C'est pourquoi, le Seigneur était aussi avec lui
et il se conduisait avec sagesse en tout ce qu'il entreprenait.
Il se rebella aussi contre le roi des Assyriens et ne le servit pas.
Lui-même frappa les Philistins jusqu’à Gaza et tout son territoire,
depuis la tour des gardes jusqu’à la ville murée.
La quatrième année du roi Ézéchias, qui était la septième année d’Osée, fils d’Héla, roi d’Israël
Salmanasar , roi des Assyriens, monta contre Samarie, l’assaillit
et la prit.
En effet, après trois ans, la sixième année d’Ézéchias, c'est-à-dire la neuvième année d’Osée, roi d’Israël, Samarie fut prise.
Le roi des Assyriens transféra Israël chez les Assyriens
et il les établit à Ala et à Habor, fleuves de Gozan, dans les villes des Mèdes,
parce qu’ils n’écoutèrent pas la voix du Seigneur, leur Dieu
mais ils transgressèrent son alliance.
Tout ce qu’avait ordonné Moïse, serviteur du Seigneur,
ils ne l'écoutèrent pas ni ne le firent.
La quatorzième année du roi Ézéchias, monta Sennachérib, roi des Assyriens, contre toutes les villes de Juda fortifiées et les prit.
Alors Ézéchias, roi de Juda, envoya des messagers au roi des Assyriens à Lakish, disant :
— J’ai péché. Éloigne-toi de moi, et tout ce que tu m’auras imposé, je le porterai.
Ainsi donc le roi des Assyriens exigea d'Ézéchias, roi de Juda
trois cents talents d’argent
et trente talents d’or.
Et Ézéchias donna tout l’argent
qui avait été trouvé dans la maison du Seigneur et dans les trésors du roi.
En ce temps-là Ézéchias, roi de Juda, brisa les battants de porte du temple du Seigneur
et les plaques d'or que lui-même avait fixées
et les donna au roi des Assyriens.
Or, le roi des Assyriens envoya
Tharthan, Rabsaris et Rabsaquès [Rabsaces], de Lakish vers le roi Ézéchias, avec une forte troupe, à Jérusalem.
Ceux-ci, comme ils étaient montés, vinrent à Jérusalem et s’arrêtèrent près de l’aqueduc de la piscine supérieure
qui est sur le chemin du champ du Foulon.
Ils appelèrent le roi.
Or sortit vers eux Éliaquim fils d’Helcias, l'intendant de la maison
avec Sobna, le scribe, et Joahé, fils d’Asaph, l’archiviste.
Et Rabsaquès leur dit :
— Dites à Ézéchias :
— Le grand roi, le roi des Assyriens, dit : — Quelle est cette confiance sur laquelle tu t’appuies ?
C'est peut-être que tu as formé un plan, pour te préparer à la guerre ?
En qui te fies-tu pour que tu oses te rebeller ?
Ou vraiment tu espères en [ce] bâton de roseau cassé, l’Égypte ?
[Lui] sur lequel si un homme s'appuie
il rentre, fracassé, dans sa main et la transpercera !
Ainsi est Pharaon, roi d’Égypte, pour tous ceux qui se fient en lui.
Que si vous me dites : — En le Seigneur, notre Dieu, nous avons confiance !
N’est-ce pas celui-là dont Ézéchias a enlevé les hauts lieux et les autels
et ordonna à Juda et à Jérusalem :
— Devant cet autel vous adorerez à Jérusalem ?
Maintenant alors, passez du côté de mon maître, le roi des Assyriens
et je vous donnerai deux milliers de chevaux.
Voyez si vous êtes en état d'avoir leurs monteurs !
Et comment pouvez-vous résister
devant un seul satrape des plus petits serviteurs de mon maître ?
Ou vraiment tu as confiance en l’Égypte à cause des chars et des cavaliers ?
Est-ce donc sans la volonté du Seigneur que je suis monté contre ce lieu pour le démolir ?
Le Seigneur m’a dit : — Monte contre cette terre et démolis-la !
Or Éliaquim fils d'Helcias, Sobna et Joahé dirent à Rabsaquès :
— Nous te prions de nous parler, à nous tes serviteurs, en syriaque
puisque nous comprenons cette langue-ci
et de ne pas nous parler en langue judaïque, tandis qu'écoute le peuple qui est sur la muraille.
Et Rabsaquès leur répondit :
— Est-ce à ton maître et à toi que m’a envoyé mon maître pour que je dise ces paroles
et non aux hommes qui sont assis sur la muraille
pour manger leurs excréments et boire leur urine avec vous ?
Ainsi donc Rabsaquès se tint debout et cria d'une voix forte en langue judaïque et dit :
— Ecoutez les paroles du grand roi, du roi des Assyriens !
Le roi dit ceci :
— Qu’Ézéchias ne vous séduise pas
car il ne pourra vous arracher de ma main.
Qu’Ézéchias ne vous donne pas confiance dans le Seigneur, disant :
— En nous arrachant, le Seigneur nous libérera,
et cette ville-ci ne sera pas livrée dans la main du roi des Assyriens.
N’écoutez pas Ézéchias, car le roi des Assyriens dit ceci :
— Faites avec moi ce qui vous est utile,
sortez vers moi.
Chacun mangera de sa vigne et de son figuier,
vous boirez les eaux de vos citernes
jusqu’à ce que je vienne et vous transfère dans une terre qui est semblable à votre terre,
dans une terre fructifère et fertile en vin,
une terre de pain et de vignes,
une terre d’oliviers et d'huile et de miel,
vous vivrez et vous ne mourrez pas.
N’écoutez pas Ézéchias qui vous trompe, disant : — Le Seigneur nous libérera.
Est-ce que les dieux des nations ont libéré leur terre de la main du roi des Assyriens ?
Où est le dieu d'Emath et d’Arfad ?
Où est le dieu de Sépharvaïm, d'Ana et d'Ava ?
Est-ce qu'ils ont libéré Samarie de ma main ?
Quels sont donc ceux-là, parmi tous les dieux des terres, qui ont arraché leur territoire de ma main
pour que le Seigneur puisse arracher Jérusalem de ma main ?
Ainsi donc le peuple se tut et il ne lui répondit quoi que ce soit,
puisqu'ils avaient reçu l'ordre du roi de ne pas lui répondre.
Vint Éliaquim, fils d’Helcias, intendant de la maison
avec Sobna, le scribe, et Joahé, fils d’Asaph, l’archiviste,
auprès d’Ézéchias, les vêtements déchirés, et ils lui annoncèrent les paroles de Rabsaquès.
Comme les avait entendues le roi Ézéchias
il déchira ses vêtements, se couvrit d’un sac
et entra dans la maison du Seigneur.
Et il envoya Éliaquim, l'intendant de la maison
et Sobna, le scribe
et les anciens des prêtres
couverts de sacs, vers Isaïe [Esaias] le prophète, fils d’Amos.
Et ceux-ci dirent : — Ézéchias dit ceci :
— Jour de tribulation, de blâme et de blasphème, ce jour !
Des fils sont venus jusqu'à l'accouchement, et celle qui accouche n'a pas de forces.
Si par hasard le Seigneur, ton Dieu, entendait toutes les paroles de Rabsaquès
qu'a envoyé le roi des Assyriens son maître
pour réprouver le Dieu vivant
et dénoncer par des paroles qu'a entendues le Seigneur ton Dieu !
Fais aussi une prière pour le reste qui a été retrouvé.
Vinrent donc les serviteurs du roi Ézéchias auprès d’Isaïe
et Isaïe leur dit :
— Vous direz ceci à votre maître :
— Le Seigneur dit ceci :
— Ne crains pas face aux paroles que tu as entendues
par lesquelles les serviteurs du roi des Assyriens m’ont blasphémé.
Voici, moi, je mettrai en lui un esprit, et il entendra une annonce
et il retournera dans sa terre, et je le jetterai à bas par le glaive dans sa terre.
S’en retourna alors Rabsaquès et il trouva le roi des Assyriens attaquant Lobna
car il avait appris qu'il s'était retiré de Lakish.
Et comme il avait entendu au sujet de Tharaca, roi d'Éthiopie que des gens disaient :
— Voici, il est sorti pour combattre contre toi,
et qu'il allait contre lui
il envoya des messagers à Ézéchias, disant :
— Dites ceci à Ézéchias, roi de Juda :
— Que ton Dieu en qui tu as confiance ne te séduise pas
ni ne dis : — Jérusalem ne sera pas livrée dans la main du roi des Assyriens.
Toi-même en effet, tu as appris ce qu’avaient fait les rois des Assyriens à toutes les terres
comment ils les avaient dévastées.
Est-ce donc que seul tu pourras être libéré ?
Est-ce qu'ils ont libéré, les dieux des nations que mes pères ont dévastés un par un
Gozan, sans doute, et Aran et Réseph
et les fils d’Éden qui étaient à Thélassar ?
Où est le roi d'Emath ?
Et le roi d’Arfad et le roi de la ville de Sépharvaïm, d'Ana et d'Ava ?
Ainsi donc, comme Ézéchias avait reçu la lettre de la main des messagers et l'avait lue
il monta dans la maison du Seigneur et la déploya devant le Seigneur.
Et il pria au regard du Seigneur, disant :
— Seigneur, Dieu d’Israël, qui sièges sur les chérubins
toi, tu es le seul Dieu, de tous les rois de la terre
toi, tu as fait le ciel et la terre.
Incline ton oreille et entends
ouvre, Seigneur, tes yeux et vois
et entends toutes les paroles de Sennachérib
qui a envoyé pour nous réprouver le Dieu vivant.
Vraiment, Seigneur, les rois des Assyriens ont mis en pièces les nations et les terres de toutes celles-ci.
Et ils ont jeté leurs dieux au feu
car ils n’étaient pas des dieux, mais des ouvrages des mains des hommes, en bois et pierre
et ils les ont anéantis.
Maintenant donc, Seigneur, notre Dieu, sauve-nous de sa main
que sachent tous les royaumes de la terre que toi, tu es le Seigneur, le seul Dieu.
Or, Isaïe, fils d’Amos, envoya dire à Ézéchias :
— Le Seigneur, Dieu d’Israël, dit ceci :
— Ce pour quoi tu m’as imploré, pour Sennachérib, roi des Assyriens, je l’ai entendu.
C'est la parole que le Seigneur a dite à son sujet :
— Elle t'a dédaigné et s'est moquée, la vierge, fille de Sion
derrière ton dos, elle a hoché la tête, la fille de Jérusalem !
Qui as-tu réprouvé et qui as-tu blasphémé ?
Contre qui as-tu haussé ta voix
et levé en haut tes yeux ?
Contre le Saint d’Israël.
Par l'organe de tes messagers tu as réprouvé le Seigneur et tu as dit :
— Avec la multitude de mes chars, j’ai gravi les hauteurs des montagnes, au sommet du Liban
et j'ai fauché ses cèdres sublimes, ses sapins exquis
et je suis entré jusqu'à ses limites
sa forêt Carmelite
moi, j'ai fauché
et j’ai bu des eaux étrangères et des plantes de mes pieds j'ai tari toutes les eaux enfermées.
Est-ce que tu n'as pas appris ce que j'ai fait dès l'origine ?
À partir des jours anciens, j'ai façonné cela et maintenant je l'ai amené
et elles seront monceaux de combattants tombés, les villes fortifiées
et ceux qui y demeurent, faibles de la main, ont été tout tremblants et confondus
ils sont devenus comme le foin du champ et l'herbe verte des toits
qui a été flétrie avant que de venir à maturité.
Ton habitation et ta sortie et ton chemin, moi, je les ai sus d'avance, et ta fureur contre moi.
Tu as été fou contre moi, et ta superbe est montée à mes oreilles.
Ainsi donc je mettrai un anneau dans tes narines et une muselière à tes lèvres
et je te ramènerai sur le chemin par lequel tu es venu.
Pour toi, en outre, Ézéchias, ceci sera un signe :
mange cette année-ci ce que tu auras retrouvé
et puis dans la seconde année, ce qui pousse de soi-même
à la suite, dans la troisième année, semez et moissonnez
plantez des vignes et mangez leur fruit.
Et tout ce qui sera resté de la maison de Juda
enverra une racine en bas et fera du fruit en haut.
Car de Jérusalem sortira un reste
et ce qui sera sauvé, de la montagne de Sion.
L'ardeur du Seigneur des armées fera ceci.
C’est pourquoi le Seigneur dit ceci au sujet du roi des Assyriens :
— Il n’entrera pas dans cette ville
il n’y lancera pas de flèche
ni le bouclier ne s'en emparera
ni une fortification ne l'entourera.
Par le chemin par lequel il est venu, il s’en retournera
et dans cette ville il n’entrera pas, dit le Seigneur.
Et je protégerai cette ville et je la sauverai
à cause de moi et à cause de David, mon serviteur.
Il advint alors qu'en cette nuit-là
vint l’ange du Seigneur, et il frappa le camp des Assyriens
cent quatre-vingt-cinq milliers.
Et comme au point du jour il s'était levé
il vit tous les corps des morts
et s'écartant, il s'en alla
et s’en retourna, Sennachérib, roi des Assyriens, et il resta à Ninive.
Et comme il adorait dans le temple Néserac [Neserach] son dieu
Adramélec et Sarasar, ses fils, le frappèrent par le glaive
et s’enfuirent en terre des Arméniens.
Asarhaddon [Eseraddon] son fils régna à sa place.
En ces jours-là, Ézéchias fut malade jusqu'à la mort.
Le prophète Isaïe fils d’Amos vint auprès de lui
et il lui dit : — Le Seigneur Dieu dit ceci :
— Ordonne à ta maison, car tu mourras et ne vivras pas.
Et celui-ci tourna sa face vers le mur
et pria le Seigneur, disant :
— Je te supplie, Seigneur
souviens-toi comment j’ai marché devant toi avec vérité et d'un cœur parfait
et que ce qui est agréable devant toi, je l'ai fait.
Et ainsi pleura Ézéchias d'un grand pleur.
Et avant qu'Isaïe dépassât le milieu de l'atrium
la parole du Seigneur lui advint, disant :
— Retourne, et dis à Ézéchias, chef de mon peuple :
— Le Seigneur, le Dieu de David, ton père dit ceci :
— J’ai entendu ta prière
j’ai vu ta larme et voici, je t'ai guéri
le troisième jour, tu monteras au temple du Seigneur.
Et j’ajouterai à tes jours quinze années
mais aussi, de la main du roi des Assyriens je te libérerai, et cette cité-ci
je protégerai cette ville à cause de moi et à cause de David mon serviteur.
Et Isaïe dit : — Apportez une masse de figues.
Et comme on l'avait apportée et mise sur l'ulcère, il fut soigné.
Or, Ézéchias dit à Isaïe :
— Quel sera le signe que le Seigneur me guérira
et que je vais monter le troisième jour au temple du Seigneur ?
Et Isaïe lui dit :
— Ceci sera le signe de la part du Seigneur que le Seigneur va accomplir la parole qu’il a dite :
veux-tu que l’ombre avance de dix lignes
ou qu'elle retourne d'autant de degrés ?
Et Ézéchias dit :
— Il est facile que l’ombre grandisse de dix lignes
et je ne veux pas que ceci se fasse
mais qu’elle retourne en arrière de dix degrés !
Isaïe, le prophète, invoqua donc le Seigneur
et il ramena l'ombre par les lignes dont elle était déjà descendue, sur l'horloge d'Achaz, en arrière, de dix degrés.
En ce temps-là, Bérodac-Baladan, fils de Baladan, roi des Babyloniens, envoya une lettre et des présents à Ézéchias
car il avait appris qu’Ézéchias avait été malade.
Et Ézéchias se réjouit de leur venue
et il leur montra la maison des aromates
et l’or et l’argent et les pigments variés
aussi les onguents et la maison de ses équipements
et tout ce qu'il avait pu avoir dans ses trésors
il n’y eut rien qu’Ézéchias ne leur montrât
dans sa maison et dans tout son pouvoir.
Or Isaïe le prophète vint vers le roi Ézéchias et lui dit :
— Qu'est-ce que ces hommes ont dit, et d’où sont-ils venus vers toi ?
Ézéchias lui dit : — D’une terre lointaine : ils sont venus de Babylone.
Mais lui répondit :
— Qu’ont-ils vu dans ta maison ?
Ézéchias dit :
— Tout ce qui est dans ma maison, ils l'ont vu
il n’y a rien dans mes trésors que je ne leur aie montré.
C'est pourquoi Isaïe dit à Ézéchias :
— Écoute une parole du Seigneur :
Voici, des jours viendront et on emportera tout ce qui est dans ta maison
et que tes pères ont serré jusqu’à ce jour, à Babylone
il n’en restera rien, dit le Seigneur.
Et même de tes propres fils, de ceux qui sortiront de toi, que tu engendreras, il y en a qui seront enlevés et se retrouveront eunuques dans le palais du roi de Babylone.
Ézéchias dit à Isaïe :
— Cette parole du Seigneur que tu as prononcée est bonne :
qu'il y ait paix et vérité durant mes jours !
Quant au reste des actes d’Ézéchias
et à toute sa bravoure
et comment il fit la piscine et l’aqueduc
et amena les eaux dans la ville
n’est-ce pas écrit dans le livre des Actes des jours des rois de Juda ?
Ézéchias s'endormit avec ses pères
et Manassé [Manasses] son fils régna à sa place.
Manassé avait douze ans quand il commença à régner
et il régna cinquante-cinq ans à Jérusalem.
Le nom de sa mère était « Aphsiba ».
Et il fit le mal au regard du Seigneur
selon les idoles des nations que le Seigneur détruisit devant les fils d’Israël.
Il s'en retourna et bâtit les hauts lieux qu’avait dispersés Ézéchias, son père
et il érigea des autels à Baal, il fit des bois sacrés, comme avait fait Achab, roi d’Israël
et il adora toute la milice du ciel et l'honora.
Et il construisit des autels dans la maison du Seigneur
dont le Seigneur dit :
— À Jérusalem, je mettrai mon nom.
Et il construisit des autels à toute la milice du ciel dans les deux atriums du temple du Seigneur.
Et il fit passer son fils par le feu
et il fut devin et observa les augures
et il créa des pythons, et multiplia les haruspices
pour faire le mal devant le Seigneur et l’irriter.
Il mit aussi l’idole du bois sacré qu’il avait faite dans le temple du Seigneur
sur lequel le Seigneur dit à David et à Salomon, son fils :
— Dans ce temple-ci, et dans Jérusalem que j’ai choisie parmi toutes les tribus d’Israël
je mettrai mon nom pour toujours.
Et je ne ferai plus bouger le pied d’Israël hors de la terre que j’ai donnée à ses pères
ainsi pourtant, s'ils gardent en œuvre tout ce que je leur ai prescrit
et toute la loi que leur a commandée mon serviteur Moïse.
Au vrai ceux-là n’écoutèrent pas mais furent séduits par Manassé
pour faire le mal au-delà de toutes les nations que pila le Seigneur devant les fils d’Israël.
Et le Seigneur parla par l’organe de ses serviteurs les prophètes, disant :
— Parce que Manassé, roi de Juda, a fait ces pires abominations, au-delà de tout ce que firent avant lui les Amorrhéens [Amorrei]
et qu’il a fait pécher aussi Juda par ses immondices
à cause de cela, le Seigneur, Dieu d’Israël, dit ceci :
— Voici, moi, j'amènerai des maux sur Jérusalem et Juda
au point que quiconque aura entendu, ses deux oreilles tintent.
Et je tendrai sur Jérusalem le cordeau de Samarie et le poids de la maison d’Achab, et j'effacerai Jérusalem comme on efface les tablettes
effaçant, je retournerai et passerai plus fréquemment le style sur sa face.
Au vrai, j’abandonnerai le reste de mon héritage
je le livrerai dans la main de ses ennemis
et ils seront dans la dévastation et la rapine de tous leurs adversaires
de ce qu’ils ont fait le mal devant moi et qu'ils ont persévéré, m'irritant
depuis le jour où leurs pères sont sortis d’Égypte jusqu’à ce jour.
De plus, le sang innocent aussi, Manassé le répandit en surabondance
jusqu’à en remplir Jérusalem jusqu'à la bouche
outre ses péchés par lesquels il fit pécher Juda
pour faire le mal devant le Seigneur.
Quant au reste des actes de Manassé, et tout ce qu’il a fait, et son péché qu’il a péché
n’est-ce pas écrit dans le livre des actes des jours des rois de Juda ?
Et Manassé dormit avec ses pères, et il fut enseveli dans le jardin de sa maison, dans le jardin d’Aza .
Et Amon, son fils, régna à sa place.
Amon avait vingt-deux ans quand il commença à régner
et il régna deux ans à Jérusalem.
Le nom de sa mère était « Mésallemeth » fille de Arus de Jétéba [Iethba].
Et il fit le mal au regard du Seigneur, comme avait fait Manassé, son père
et il marcha dans toute la voie par laquelle avait marché son père
et il servit les immondices que son père avait servies, et les adora
Et il abandonna le Seigneur, le Dieu de ses pères, et il ne marcha pas dans la voie du Seigneur.
Et ses serviteurs lui tendirent un piège et ils firent périr le roi dans sa maison.
Mais le peuple du pays frappa tous ceux qui avaient conjuré contre le roi Amon
et s'établirent pour eux le roi Josias [Iosias], son fils, à sa place.
Quant au reste des actes d’Amon, ce qu’il a fait
n’est-ce pas écrit dans le livre des actes des jours des rois de Juda ?
On l’ensevelit dans son sépulcre, dans le jardin d’Aza
et Josias son fils régna à sa place.
Josias avait huit ans quand il commença à régner
et il régna trente et un ans à Jérusalem.
Le nom de sa mère était « Idida », fille de Phadaia, de Bésécath.
Il fit ce qui avait été agréé devant le Seigneur
il marcha par toutes les voies de David, son père
et il ne se détourna ni à droite ni à gauche.
Or la dix-huitième année du roi Josias
le roi envoya Saphan fils d’Aslia, fils de Mesullam scribe du temple du Seigneur, en lui disant :
— Va vers Helcias, le grand prêtre
et qu’il rassemble l’argent qui a été apporté dans le temple du Seigneur,
celui que les portiers ont recueilli du peuple.
Qu'il soit donné aux artisans par l'entremise des préposés à la maison du Seigneur
et eux le distribueront à ceux qui travaillent dans le temple du Seigneur
en vue de restaurer le bon état du temple,
à savoir : aux charpentiers, aux maçons,
et à ceux qui colmatent les fissures,
pour qu'on achète du bois et des pierres de carrière, en vue de restaurer le Temple.
Cependant, qu'on ne leur compte pas l'argent qu'ils reçoivent
mais qu'ils en disposent à leur gré : on leur fait confiance.
Or Helcias le prêtre dit à Saphan le scribe :
— Le livre de la Loi, je l’ai retrouvé dans la maison du Seigneur.
Et Helcias donna le rouleau à Saphan, qui le lut.
Saphan le scribe vint également chez le roi, et lui rendit compte de ce qu'il avait ordonné et dit :
— Tes esclaves ont rassemblé l’argent qui a été retrouvé dans la maison du Seigneur
et en ont disposé pour qu'il soit distribué aux artisans par l'intermédiaire des intendants des travaux du temple du Seigneur.
Et Saphan le scribe fit au roi ce récit, disant :
— Le prêtre Helcias m'a donné un livre ...
Et comme Saphan achevait de le lire devant le roi
et que le roi avait entendu les mots du livre de la Loi du Seigneur
il déchira ses vêtements.
Il ordonna à Helcias, le prêtre
à Ahicam, fils de Saphan
Accobor, fils de Micha
Saphan, le scribe
et à Asaïas, le serviteur du roi :
— Allez et consultez le Seigneur
à mon sujet, au sujet du peuple et de tout Juda
à propos des mots de ce rouleau qui a été trouvé
car une grande colère du Seigneur s’est enflammée contre nous
parce que nos pères n’ont pas écouté les mots de ce livre
qui leur disaient de faire tout ce qui nous fut prescrit.
Ainsi s'en allèrent Helcias le prêtre, Ahicam, Accobor, Saphan et Asaïas
chez Holda la prophétesse, femme de Sellum, fils de Thécua [Thecue]
fils d’Araas, gardien des vêtements
qui habitait à Jérusalem, dans la seconde ville.
Ils s'adressèrent à elle
et celle-ci leur répondit :
— Le Seigneur, Dieu d’Israël, dit ceci :
— Dites à l’homme qui vous a envoyés vers moi :
— Le Seigneur dit ceci :
— Voici, moi, j'amènerai des maux sur ce lieu
et, sur ses habitants, tous les mots de la Loi qu’a lus le roi de Juda.
Parce qu’ils m’ont abandonné
et qu’ils ont sacrifié à des dieux étrangers,
m’irritant par toutes les œuvres de leurs mains,
mon indignation s'enflammera contre ce lieu et elle ne s’éteindra pas.
En outre, au roi de Juda qui vous a envoyés pour consulter le Seigneur, vous direz comme suit :
— Le Seigneur, Dieu d'Israël, dit ceci :
— Pour cela, parce que tu as entendu les mots du rouleau,
que ton cœur a été épouvanté,
que tu t’es humilié devant le Seigneur,
ayant entendu les paroles contre ce lieu et ses habitants
(qui évidemment allaient les réduire en stupeur et malédiction)
et parce que tu as déchiré tes vêtements et pleuré devant moi,
moi aussi j'ai entendu, dit le Seigneur.
C'est pourquoi je te réunirai à tes pères
et tu seras réuni à ton sépulcre en paix
pour que tes propres yeux ne voient pas tous les maux que je vais induire sur ce lieu.
Ils rapportèrent au roi ce qu'elle [la prophétesse Holda] avait dit,
et lui dépêcha, et tous les anciens de Juda et de Jérusalem furent rassemblés auprès de lui.
Le roi monta au temple du Seigneur ainsi que tous les hommes de Juda, et l'ensemble de ceux qui habitaient à Jérusalem avec lui
prêtres, prophètes et tout le peuple, du petit jusqu’au grand,
puis il lut à leur totalité tout ouïe tous les mots du livre de l’alliance
qui fut trouvé dans la maison du Seigneur.
Le roi se tint sur l’estrade
et il conclut l’alliance devant le Seigneur, pour qu'ils marchent derrière le Seigneur
et gardent ses préceptes, témoignages et cérémonies
de tout leur cœur et de toute leur âme,
et ressuscitent les mots de cette alliance
qui avaient été écrits écrit dans ce livre-là
et le peuple acquiesça au pacte.
Le roi ordonna à Helcias le grand prêtre,
aux prêtres de second rang et aux portiers
de rejeter du temple du Seigneur
tous les vases qui avaient été faits pour Baal et dans le bois sacré,
et pour toute la milice du ciel ;
il les brûla hors de Jérusalem dans la vallée encaissée du Cédron
et porta leur poussière à Béthel.
Et il supprima les haruspices qu'avaient établis les rois de Juda pour sacrifier sur les hauts lieux
par les villes de Juda et à l'entour de Jérusalem
et ceux qui faisaient brûler de l'encens pour Baal
pour le soleil et la lune et les douze signes et toute la milice des cieux.
Et il fit emporter le bois sacré, de la maison du Seigneur hors de Jérusalem, dans la vallée encaissée du Cédron
et il le brûla là et le réduisit en poussière
et le jeta sur le sépulcre du commun du peuple.
Il détruisit aussi les petites maisons des efféminés qui étaient dans la maison du Seigneur
pour lesquels les femmes tissaient comme des tentes du bois sacré.
Et il rassembla tous les prêtres des villes de Juda
et il souilla les hauts lieux où sacrifiaient les prêtres
depuis Gabaa jusqu’à Bersabée
et il détruisit les autels des portes, à l’entrée de l'ouverture de Josué, chef de la ville
qui était à gauche de la porte de la ville.
Mais cependant les prêtres des hauts lieux ne montaient pas à l’autel du Seigneur à Jérusalem
mais ils mangeaient seulement des azymes au milieu de leurs frères.
Le roi souilla aussi Topheth [Thafeth] qui est dans la vallée encaissée du fils d’Ennom
pour que personne ne consacrât son fils ou sa fille, par le feu, à Moloc.
Il enleva aussi les chevaux que les rois de Juda avaient dédiés au soleil à l’entrée du temple du Seigneur
près de la salle de Nathan-Mélech [Nathanmelech], l’eunuque, qui était à Farurim
quant aux chars du soleil, il les brûla par le feu.
Les autels aussi, qui étaient sur le toit de la chambre haute d’Achaz
que les rois de Juda avaient faits
et les autels qu’avait faits Manassé dans les deux atriums du temple du Seigneur, le roi les détruisit
et il courut de là et dispersa leur cendre dans le torrent du Cédron.
Les hauts lieux aussi qui étaient à Jérusalem, à droite du mont de l'Offense
qu'avait bâtis Salomon, roi d’Israël, pour Astharoth, l’idole des Sidoniens
pour Camos, l’offense de Moab
et pour Melcom, l’abomination des fils d’Ammon
le roi les souilla
et il pila les statues, coupa les bois sacrés
et remplit leurs places d’ossements de morts.
En outre, l’autel aussi qui était à Béthel
le haut lieu qu’avait fait Jéroboam fils de Nabat, qui fit pécher Israël
et cet autel et le haut lieu, il les détruisit et les brûla
et les broya en poussière
et il brûla aussi le bois sacré.
Et s'étant tourné, Josias vit là les sépulcres qui étaient dans la montagne et
il envoya porter les ossements des sépulcres et il les brûla sur l’autel et il souilla celui-là
selon le verbe du Seigneur qui fut dit par l’homme de Dieu qui avait dit ces mots par avance.
Et il dit : — Quelle est cette inscription que je vois ?
Les citoyens de cette ville lui répondirent :
— C'est le sépulcre de l’homme de Dieu, qui vint de Juda
et dit par avance ces mots que tu as réalisés sur l’autel de Béthel.
Et il dit : — Laissez-le, que personne ne remue ses ossements !
Et les ossements de celui-là restèrent intacts avec les ossements du prophète qui était venu de Samarie.
En outre, Josias enleva tous les sanctuaires des hauts lieux qui étaient dans les villes de Samarie,
que les rois d'Israël avaient faits pour irriter le Seigneur
et il leur fit selon tous les actes qu'il avait faits à Béthel.
Il tua tous les prêtres des hauts lieux qui étaient là sur les autels
il brûla sur eux des ossements humains
et s'en retourna à Jérusalem.
Il ordonna à tout le peuple, en disant :
— Faites la Pâque pour le Seigneur votre Dieu
selon ce qui est écrit dans le livre de son alliance.
Et en effet il ne se fit pas de telle Pâque depuis les jours des juges qui jugèrent Israël,
tous les jours des rois d’Israël et des rois de Juda,
comme il se fit en la dix-huitième année du roi Josias cette Pâque pour le Seigneur à Jérusalem.
Mais Josias extirpa aussi les pythons et les devins et les statues d'idoles
et les immondices et les abominations qui s'étaient trouvées en terre de Juda et à Jérusalem,
afin d’établir les mots de la Loi qui furent écrits dans le livre que trouva Helcias le prêtre dans le temple du Seigneur.
Avant lui il n'y eut aucun roi qui lui fût semblable :
à retourner vers le Seigneur
de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force
selon toute la loi de Moïse ;
et après lui il ne s'en leva aucun qui lui fût semblable.
Le Seigneur toutefois ne revint pas du courroux de sa grande fureur
dont s'était courroucée sa fureur contre Juda
à cause des provocations par lesquels Manassé l'avait provoqué.
C'est pourquoi le Seigneur dit :
— Juda aussi, je l'enlèverai de ma face, comme j’ai enlevé Israël
et je rejetterai cette ville que je choisis, Jérusalem
et la maison dont je dis : — Ici sera mon nom.
Quant au reste des paroles de Josias et à l'ensemble de ce qu'il a fait
n’est-ce pas écrit dans le livre des Paroles des jours des rois de Juda ?
Aux jours de celui-ci, le Pharaon Nécho roi d'Égypte monta contre le roi des Assyriens vers le fleuve de l'Euphrate.
Le roi Josias s'en alla à sa rencontre
et il le tua à Megiddo, comme il l'avait vu.
Ses serviteurs le portèrent, mort, de Meggido
ils le transportèrent à Jérusalem,
ils l'ensevelirent dans son sépulcre
et le peuple du pays prit Joachaz, fils de Josias,
ils l'oignirent et l'établirent roi à la place de son père.
Joachaz avait vingt-trois ans quand il commença à régner
et il régna trois mois à Jérusalem.
Le nom de sa mère était « Amital » fille de Jérémie de Lobna.
Et il fit le mal devant le Seigneur, selon tout ce qu’avaient fait ses pères.
Le Pharaon Néchao l'enchaîna à Rébla qui est dans le pays de Emath pour qu’il ne régnât pas à Jérusalem
et il infligea au pays une amende de cent talents d’argent et d'un talent d’or.
Le Pharaon Néchao établit roi Éliaquim fils de Josias à la place de Josias son père
et il changea son nom en Joakim [Ioiachim].
Après quoi, il prit Joachaz et l'emmena en Égypte.
Joakim donna l'argent et l'or à Pharaon
comme il l'avait commandé à chacun dans le pays pour contribuer selon l'ordre de Pharaon
et il réclama à chacun selon ses forces,
tant l'argent que l'or, pour, du peuple du pays, le donner au Pharaon Néchao.
Joakim avait vingt-cinq ans quand il commença à régner
et il régna onze ans à Jérusalem.
Le nom de sa mère était « Zébida » fille de Phadaïa, de Ruma.
Il fit le mal devant le Seigneur, selon tout ce qu’avaient fait ses pères.
Aux jours de celui-ci, Nabuchodonosor, roi de Babylone, monta,
Joakin lui fut fait esclave pendant trois ans
et à nouveau il se rebella contre lui.
Le Seigneur envoya contre lui des bandits chaldéens, des bandits syriens
des bandits de Moab et des bandits fils d’Ammon :
il les envoya contre Juda pour le détruire, selon le verbe du Seigneur qui avait été énoncé par les prophètes ses esclaves.
Or ceci advint par le verbe du Seigneur contre Juda :
il l'arracherait de devant lui
à cause des péchés de Manassé, l'ensemble de ceux qu'il fit,
à cause du sang intègre qu’il répandit,
il a rempli Jérusalem de cruor innocent.
Pour cette raison, le Seigneur ne voulut pas se rendre favorable.
Quant au reste des actes de Joakin, et tout ce qu’il a fait
n’est-ce pas écrit dans le livre des Actes des jours des rois de Juda ?
Joakin s'endormit avec ses pères
et son fils Joakin régna à sa place.
Le roi d'Égypte arrêta là de sortir de son pays
car le roi de Babylone avait pris, depuis le ruisseau d'Égypte jusqu'au fleuve de l'Euphrate tout ce qui avait été au roi d'Égypte.
Joakin avait dix-huit ans quand il commença à régner
et il régna trois mois à Jérusalem.
Le nom de sa mère était « Nestha » [Naestha] fille d’Helnathan, de Jérusalem.
Et il fit le mal devant le Seigneur, selon tout ce qu’avait fait son père.
En ce temps-là, les esclaves de Nabuchodonosor roi de Babylone montèrent contre Jérusalem
et la ville fut encerclée de bastions.
Nabuchodonosor roi de Babylone arriva vers la cité pendant que ses esclaves l’assiégeaient.
Joakin roi de Juda sortit vers le roi de Babylone :
lui-même, sa mère, ses serviteurs, ses chefs et ses eunuques,
et le roi de Babylone le reçut, la huitième année de son règne.
Il emporta de là tous les trésors de la maison du Seigneur et les trésors de la maison royale
et il tailla en pièces tous les objets d’or qu'avait faits Salomon roi d’Israël dans le temple du Seigneur, selon le verbe du Seigneur.
Il transféra tout Jérusalem,
tous les chefs et tous les vaillants de l'armée, dix mille, en captivité
et tout artisan et forgeron
et rien ne fut laissé que les pauvres du peuple du pays.
Il transféra aussi Joakin à Babylone
et la mère du roi, les femmes du roi, ses eunuques et les juges du pays
il les emmena en captivité de Jérusalem à Babylone.
Tous les hommes robustes, sept mille, les artisans et les forgerons, mille
tous les hommes vaillants et guerriers
le roi de Babylone les emmena captifs à Babylone.
Puis il établit à sa place Mathanias, son oncle paternel,
et il lui imposa le nom de Sédécias.
Sédécias était âgé de vingt et un ans quand il commença à régner
et il régna onze ans à Jérusalem.
Le nom de sa mère était « Amital » fille de Jérémie [Hieremia], de Lobna.
Et il fit le mal devant le Seigneur
selon tout ce qu’avait fait Joakin.
Il s'était en effet mis en colère, le Seigneur, contre Jérusalem et contre Juda
tant qu’à la fin il les rejeta loin de sa face.
Et Sédécias se détacha du roi de Babylone.
Or il advint que, la neuvième année de son règne, le dixième mois, le dixième jour du mois
Nabuchodonosor roi de Babylone arriva,
lui-même et toute son armée, contre Jérusalem
ils l'entourèrent
et ils construisirent à son entour des bastions.
La cité fut cernée et retranchée
jusqu’à la onzième année du roi Sédécias.
Le neuvième jour du mois
la famine prévalut dans la cité
et il n'y avait pas de pain pour le peuple du pays.
La cité rompit
et tous les hommes de guerre s’enfuirent dans la nuit
par le chemin de la porte qui est entre le double mur, près du jardin du roi.
Plus loin les Chaldéens assiégeaient l'entour de la cité.
Il s'enfuit donc par le chemin qui mène aux plaines de solitude.
L’armée des Chaldéens poursuivit le roi
et s'en empara dans la plaine de Jéricho
et tous les guerriers qui étaient avec lui furent dispersés et l'abandonnèrent.
Le roi ayant donc été appréhendé, ils le menèrent au roi de Babylone à Réblatha,
lequel dit contre lui un jugement.
Puis il tua les fils de Sédécias devant lui et il lui creva les yeux
il le lia avec des chaînes et l'amena à Babylone.
Le cinquième mois, le septième jour du mois, soit la dix-neuvième année du roi de Babylone
Nabuzardan, chef de l'armée,
esclave du roi de Babylone, arriva à Jérusalem.
Il incendia la maison du Seigneur, la maison du roi et les maisons de Jérusalem
et il consuma par le feu toute maison.
Et les remparts de Jérusalem à l'entour, toute l'armée des Chaldéens qui était avec le chef des soldats les démolit.
Quant au reste du peuple qui était demeuré dans la ville,
les transfuges qui étaient passés au roi de Babylone
et le reste de la foule, Nabuzardan, chef de l'armée, les exila.
Des pauvres du pays, il laissa des vignerons et des cultivateurs.
Puis les colonnes de bronze qui étaient dans le temple du Seigneur, les bases,
la mer de bronze qui était dans la maison du Seigneur,
les Chaldéens les brisèrent et transportèrent le bronze du tout à Babylone.
Ils prirent aussi les pots de bronze, les écuelles, les fourchettes et les tasses
et tous les objets de bronze avec lesquels on faisait le service.
Le chef de l'armée prit aussi les encensoirs et les coupes
qui étaient d’or, qui d'or étaient, qui étaient d’argent, qui d'argent étaient.
C'est-à-dire les deux colonnes, la mer unique et les bases qu'avait faites Salomon dans le temple du Seigneur
il n’y avait pas de poids du bronze de tous ces objets.
Une colonne avait dix-huit coudées de hauteur
et un chapiteau de bronze au-dessus d'elle d'une hauteur de trois coudées
et un treillis et des grenades sur le chapiteau d'une colonne, le tout en bronze
et la seconde colonne avait un ornement similaire.
Le chef de l'armée prit aussi Saraïas [Seraian], le premier prêtre
et Sophonie, le prêtre second
et les trois portiers.
Et de la cité, Nabuzardan, chef des soldats, prit un eunuque préposé sur les hommes de guerre
cinq hommes de ceux qui s'étaient tenus devant le roi et qu'il retrouva dans la ville
Sopher, un chef de l’armée, qui enrôlait les recrues parmi le peuple du pays
et six hommes du commun qui avaient été trouvés dans la cité,
et il les mena au roi de Babylone, à Réblatha.
Le roi de Babylone les frappa et il les fit périr à Réblatha, en terre d'Emath
et Juda fut transféré de son pays.
Mais sur le peuple qui avait été laissé en terre de Juda
qu’avait laissé aller Nabuchodonosor, roi de Babylone
il préposa Godolias fils d’Ahicham, fils de Saphan.
Cela, comme tous les chefs des soldats l'avaient appris,
eux-mêmes et les hommes qui étaient avec eux
(à savoir que le roi de Babylone avait établi Godolias)
ils vinrent vers Godolias à Maspha :
Ismahel fils de Nathanie
Johanan fils de Carée
Saraïa fils de Thenaameth le Nétophathite
et Jézonias fils du Maachati
eux-mêmes et leurs compagnons.
Et Godolias leur jura, à eux et à leurs compagnons, en disant :
— Ne craignez pas de servir les Chaldéens
demeurez dans le pays, servez le roi de Babylone, et ce sera bien pour vous.
Or il advint que, le septième mois
vint Ismahel fils de Nathanie, fils d’Elisama, de semence royale, et dix hommes avec lui
et ils frappèrent Godolias qui mourut
mais aussi les Judéens et les Chaldéens qui étaient avec lui à Maspha.
Aussi, tout le peuple s'étant levé, du petit jusqu’au grand en passant par les chefs des soldats,
ils vinrent en Égypte par crainte des Chaldéens.
Il advint toutefois que, la trente-septième année de l'exil de Joachin roi de Juda
le douzième mois, le vingt-septième jour du mois
Évilmerodac roi de Babylone, l'année où il avait commencé à régner,
releva de prison la tête de Joakin roi de Juda.
Il lui parla avec bénignité
et mit son trône au-dessus du trône des rois qui étaient avec lui à Babylone.
Il échangea les vêtements de celui-ci, lesquels il avait eus en prison
et il consommait toujours le pain en sa présence, chacun des jours de sa vie.
Il l'établit aussi en victuailles, sans interruption,
celles-ci lui étant données par le roi chaque jour, tous les jours de sa vie.
ICI FINIT LE LIVRE DE MALACHIM
C'EST-À-DIRE LE TROISIÈME ET LE QUATRIÈME DES ROIS