La deuxième épître aux Thessaloniciens continue le scénario de la fin du monde commencé par la première, en évoquant les signes de la venue d'un « fils de perdition », d'un antéchrist qui égarera les croyants (2Th 2,3-10), comme une étape nécessaire, et d'ailleurs déjà à l'œuvre dans le temps présent, avant l'avènement ultime du Christ en gloire.
La lettre commence par une adresse (2Th 1,1-2) qui ne développe que légèrement celle de 1Th 1,1. Elle se termine par une salutation finale (2Th 3,19-4,12). Le corps de la lettre se divise en trois parties : la première partie commence par des encouragements et des remerciements (2Th 1,3-12). Paul ouvre sa lettre sur un ton chaleureux, louant les Thessaloniciens pour leur foi inébranlable et leur résilience face à la persécution. Il exprime une profonde gratitude pour leur croissance et les encourage à persévérer.
Ensuite, il est question du « jour du Seigneur » (2Th 2,1-17) : Paul aborde le malentendu concernant la seconde venue, précisant que certains événements, comme « l'apostasie » et l'émergence d'un personnage appelé « l'homme d'iniquité », doivent précéder le retour du Christ. Cette section, empreinte de symbolisme et ouverte à diverses interprétations, a suscité des débats théologiques pendant des siècles.
Enfin, Paul revient à l'exhortation et aux questions personnelles (2Th 2,18-3,18) : concernant divers aspects pratiques, il encourage ses correspondants à vivre une vie droite, à travailler avec diligence et à éviter l'oisiveté. Il les exhorte à se distancier des membres perturbateurs et réitère sa profonde affection pour eux.
Traditionnellement, on pensait que la seconde épître aux Thessaloniciens avait été écrite peu après la première. Cependant, plusieurs théories alternatives ont été avancées : 2 Thessaloniciens aurait été écrite en premier. Les deux lettres s'adresseraient à des groupes distincts au sein de l'Église de Thessalonique (la seconde étant destinée aux chrétiens juifs) ; ou encore, 2 Thessaloniciens aurait été initialement écrite pour une autre communauté proche où Paul a effectué un travail missionnaire (comme Philippes ou Béroé). Récemment, l'idée que 2 Thessaloniciens est un « pseudépigraphe » a gagné du terrain : la lettre aurait été écrite au nom de Paul, après sa mort, par quelqu'un d'autre cherchant à préserver les traditions apostoliques. Cette hypothèse situe la rédaction de la lettre entre 70 et 100 après J.-C.
Quoi qu'il en soit, ce monument d'eschatologie primitive est toujours d'actualité, parce que son auteur concentre sa réflexion sur la nouvelle ère, eschatologique, advenue avec la résurrection du Christ.
La transmission du texte des épîtres aux Thessaloniciens est quelque peu difficile.
Les lettres qui suivent sont plus variées de ton, plus riches en développements dogmatiques et en exhortations motivées. Dans les deux épîtres aux Thessaloniciens, la forme est familière, mais le contenu est sans ampleur apparente.
Les épîtres aux Thessaloniciens présentent pour la première fois un langage qui deviendra essentiel pour l'Église : les noms de Dieu le Père, de l'Esprit Saint, du Seigneur Jésus Christ, le rappel des largesses de Dieu en son Fils, l'espérance de son retour dans la Gloire décrite dans le langage de l'apocalyptique juive tout comme le discours eschatologique des évangiles synoptiques.
2 Th est littérairement proche de 1 Th, si bien que certains y voient une imitatio pseudépigraphique, trop belle pour être vraie. On peut y voir plus naturellement une volonté de préciser un enseignement eschatologique (1Th 5,2.9), qui prêtait le flanc à de mauvaises interprétations.
Les lettres de Paul adressées aux Thessaloniciens sont considérées unanimement comme les plus anciennes de son corpus. Il a évangélisé cette ville lors de son deuxième voyage (Ac 17,1-10 : automne 49-printemps 50). Contraint par les juifs/judéens hostiles à partir pour Bérée (puis Athènes et Corinthe), il a peut-être composé 1Th depuis Corinthe l'été suivant, et 2 Th plusieurs mois après (2Th 2,15).
La canonicité de 1 Th comme celle de 2 Th sont affirmées très tôt, dès la fin du 1er s. ou le début du 2e s. : la Didaché, les lettres d’ (†107), de (†155), (†165), le Pasteurd' (2e s.), (†202) en font foi.
Les épîtres aux Thessaloniciens ont été souvent commentées, tant chez les Pères qu'au Moyen Âge et surtout à partir du 16e s.
Outre les commentaires sur l’ensemble des épîtres de Paul (cités ci-dessus), les épîtres aux Thessaloniciens ont également été commentées par :
ICI COMMENCE L'ÉPÎTRE AUX THESSALONICIENS · II ·
Paul, Silvain et Timothée à l’Église des Théssaloniciens
en Dieu notre Père et dans le Seigneur Jésus-Christ :
grâce à vous, et paix, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ !
Nous devons rendre grâces à Dieu toujours pour vous, frères
ainsi qu’il est juste
parce que votre foi s'accroît
et qu'abonde la charité de chacun de vous tous les uns pour les autres.
C'est au point que nous-même nous glorifiions à votre sujet dans les Églises de Dieu
pour votre persévérance et votre foi dans toutes vos persécutions et dans les tribulations que vous endurez :
c'est un exemple du juste jugement de Dieu
pour que vous deveniez dignes du royaume de Dieu pour lequel vous souffrez également
si toutefois il est bien juste devant Dieu
de rendre l’affliction à ceux qui vous affligent
et à vous qui êtes affligés, le repos avec nous
lors de la révélation du Seigneur Jésus venant du ciel avec les anges de sa puissance
dans une flamme de feu tirant vengeance de ceux qui ne connaissent pas Dieu
et de ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus.
Eux subiront des peines éternelles dans la ruine
loin de la face du Seigneur et loin de la gloire de sa puissance
quand il sera venu pour être glorifié en ses saints
et rendu admirable en tous ceux qui ont cru
(parce qu'il a bien été cru, notre témoignage sur vous !) en ce jour-là.
Voilà pourquoi nous prions continuellement pour vous
afin que Dieu vous considère dignes de la vocation qu'il vous a donnée
et qu’il accomplisse toute volonté de faire le bien
et toute œuvre de la foi par sa puissance
pour que soit glorifié en vous le nom de notre Seigneur
Jésus-Christ
et vous en lui, par la grâce de notre Dieu et du Seigneur Jésus-Christ.
Et nous vous prions, frères,
par l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ
et de notre réunion vers lui
de ne pas être rapidement ébranlés par votre sentiment
ni d'être effrayés
ni par un esprit
ni par une parole
ni par une lettre qu'on dirait venir de nous
comme si le jour du Seigneur était imminent.
Que personne ne vous séduise en aucune manière
parce que cela ne se produira pas à moins que l’apostasie ne soit venue auparavant
et sera révélé l’homme de péché, le fils de la perdition,
celui qui s'oppose et s'élève contre tout ce qui est appelé Dieu ou honoré d’un culte
jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu
en se donnant à voir comme Dieu.
Ne vous souvenez-vous pas que lorsque j’étais encore chez vous je vous disais ces choses ?
Et maintenant vous savez ce qui le retient
pour qu’il soit révélé en son temps.
Car déjà opère le mystère d’iniquité.
Seulement, que celui qui le tient maintenant tienne jusqu'à ce qu'il soit écarté du monde.
Et alors sera révélé l’impie
que le Seigneur Jésus mettra à mort par le souffle de sa bouche
et anéantira par l’éclat de son avènement.
La venue de cet impie se fera par l'opération de Satan
dans toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers
et dans toute la séduction de l’iniquité pour ceux qui se perdent
parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés.
C’est pourquoi Dieu leur envoie l'opération d'égarement
pour qu'ils croient au mensonge
en sorte que soient jugés tous ceux qui n'ont pas cru à la vérité
mais ont consenti à l'iniquité.
Quant à nous, nous devons rendre grâces à Dieu toujours pour vous, frères chéris de Dieu
de ce que Dieu nous a choisis comme prémices pour le salut
par la sanctification de l’Esprit et par la foi de la vérité.
Et c’est à quoi il vous a appelés par notre Évangile
pour l'acquisition de la gloire de notre Seigneur Jésus Christ.
C'est pourquoi, frères, persévérez et gardez les traditions que vous avez apprises
soit par le discours
soit par notre lettre.
Que notre Seigneur Jésus-Christ lui-même
et Dieu qui est aussi notre Père
qui nous a aimés et nous a donné une consolation éternelle et une bonne espérance dans la grâce
exhortent vos cœurs
et vous affermissent en toute œuvre et en bon discours.
Au reste, frères, priez pour nous
afin que le discours du Seigneur poursuive sa course et soit glorifié comme il l’est chez vous
et afin que nous soyons délivrés des hommes importuns et mauvais :
tous, en effet, n'ont pas la foi.
Fidèle, en revanche, est le Seigneur
qui vous affermira et vous préservera du mal :
aussi avons-nous confiance à votre sujet dans le Seigneur
puisque ce que nous prescrivons, vous le faites et le ferez ;
que le Seigneur dirige donc vos cœurs dans dans la charité de Dieu et la patience du Christ !
Nous vous enjoignons en outre, frères, au nom du Seigneur Jésus-Christ,
à vous séparer de tout frère marchant dans le désordre
et non selon la tradition qu'ils ont reçue de nous.
En effet, vous-même savez bien comment il faut nous imiter
car nous n’avons pas agi dans le désordre parmi vous ;
nous n’avons pas mangé gratuitement le pain d'autrui
mais dans le labeur et la fatigue
nuit et jour nous avons travaillé pour n’être à la charge d'aucun de vous.
Ce n’est pas que nous n’en ayons pas eu le pouvoir
mais nous voulions nous donner nous-mêmes en modèle à imiter par vous.
Aussi bien, lorsque nous étions auprès de vous
nous vous enjoignions
que si quelqu’un ne veut pas travailler, il ne mange pas non plus !
Or nous entendons dire que parmi vous certains marchent dans le désordre
ne produisant rien, mais se mêlant indiscrètement de tout :
au contraire, ceux qui s'avèrent être tels, nous leur enjoignons et nous les prions instamment dans le Seigneur Jésus-Christ
de travailler dans le silence pour manger leur propre pain ;
quant à vous, frères, ne vous lassez pas de faire le bien !
Et si quelqu’un n’obéit pas à notre parole [donnée] par cette lettre
celui-là, marquez-le et ne frayez plus avec à lui afin qu'il soit confondu ;
n'allez cependant pas le considérer comme un ennemi
mais corrigez-le comme un frère.
Que le Seigneur de la paix lui-même vous donne la paix éternelle en tout lieu !
Que le Seigneur soit avec vous tous !
La salutation est de ma propre main, à moi Paul
c’est ma signature dans toute lettre : j'écris ainsi.
Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec vous tous ! Amen.
ICI FINIT L'ÉPÎTRE AUX THESSALONICIENS · II ·