« Ainsi parle Cyrus, roi de Perse :— Le Seigneur, Dieu du ciel m’a donné tous les royaumes de la terre, lui-même, il m’a donné l'ordre de lui bâtir une maison à Jérusalem, qui est en Juda ! » Audacieusement placée dans la bouche d’un roi païen, cette déclaration signale le thème principal du livre d’Esdras : c’est le livre de la reconstruction.
En 539 av. J.-C., l’empire de Babyloniens s’était écroulé sous les coups des Perses. Achevé le temps de la punition divine de l’exil, les Judéens rentraient progressivement chez eux. Après cinquante ans de captivité, de retour dans leur patrie, ils se trouvèrent confrontés à la tâche décourageante de reconstruire Jérusalem. La succession des reconstructions monumentales suit un ordre symbolique : l’autel, le temple, et plus tard les remparts de la ville. C'est l'expression d’une reconstruction de la société, d’un peuple « saint », donc séparé, qui va se traduire dans de nouveaux préceptes : par exemple, l’exclusion des mariages mixtes construit de fait des murs entre les élites judéennes revenues de Babylone et les bouseux qui étaient restés sur place (« les peuples de la terre », dit Esd 3,3).
Le livre semble être un bric-à-brac de différentes sources : des lettres et des documents impériales (souvent en araméen), des listes des rapatriés et les généalogies, des prières, des récits, dont un récit autobiographique d’Esdras (Esd 7,28).
Esdras est présenté comme un scribe, enseignant et juriste qui agit au nom du roi Perse (Esd 7,14). Peut être pour la première fois, la vie communautaire est régie par la Loi de Moïse comprise comme un livre. Le scribe Esdras est une figure fondamentale pour la continuité entre les livres de la Loi et l’enseignement oral des scribes.
Parce que le second livre des Chroniques semble se terminer avec la même référence à Cyrus, on lit habituellement le livre d’Esdras comme sa continuation. La personne d'Esdras apparaît aussi dans le livre qui le suit dans l’ordre canonique, le livre de Néhémie. Originairement, Esdras et Néhémie ont pu être regroupés : de fait, dans la Septante (VERSIONS) ils forment un seul livre appelé « Deuxième livre d'Esdras », le premier étant une autre composition faite, entre autres, d'extraits des Chroniques.
Enfin, et dans leur fond et dans leur forme, les livres d'Esdras et Néhémie annoncent le Nouveau Testament. La description d'Israël comme une communauté centrée sur la Loi et le Temple prépare la réalité de l'Église. Le ton des mémoires, créant une intimité entre l'auteur et le lecteur, s'apparente à la proximité qui caractérise les épîtres de Paul. Enfin, comme l'épître de Jacques, les livres d'Esdras et de Néhémie montrent que toute réforme religieuse comporte une dimension éthique et a donc des répercussions sociales et économiques.
Figure de pénitence et d'espoir à la fois, Esdras réapparaîtra après la destruction du Temple par les Romains dans les apocalypses apocryphes : 4 Esd.et Ap. Esd.
Le texte d’Esdras et Néhémie est conservé dans M et dans les traductions anciennes.
Le corps du texte comporte aussi deux sections en araméen (Esd 4,8-6,18 ; 7,12-26), sans doute en raison de la reproduction de documents de l'administration perse, ce qui témoigne de l'influence croissante de cette langue dans la communauté juive.
Esd et Ne forment ici un seul livre appelé "2 Esdras". 1 Esd. qui n'a pas été intégré dans les canons catholique ni protestant.
La version syriaque semble s'appuyer sur un texte hébreu avec quelques périphrases et additions. Le manuscrit 8h5 représente l'état le plus ancien.
Les livres des Chroniques se terminent avec la destruction de Jérusalem et la déportation en Babylone. Suivent alors cinquante années d'Exil, dont la Bible ne parle pas dans les livres historiques.
On peut proposer un plan d'ensemble plus général, en lien avec l'histoire perse. La restauration comporte en effet trois grands projets soutenus par le pouvoir de l'Empire perse :
Chacune des deux phases de reconstruction se clôt par une cérémonie (Esd 6,15-18 ; Ne 12,27-43). Quant à la réforme religieuse, elle n'est jamais totalement achevée.
Les livres d'Esdras et Néhémie se présentent sous forme de récits qui comportent des discours. On peut distinguer plusieurs formes qui peuvent être liées au processus de rédaction :
Ces sous-genres sont unifiés par la troisième personne de la narration.
Les livres d’Esdras et de Néhémie contiennent plusieurs indices chronologiques :
Certains exégètes attribuent la 7ème année à Artaxerxès II (en 398) ou lisent la 37ème année d'Artaxerxès Ier (en 428).
La rédaction de ces livres se fonde sur les récits de Néhémie et d'Esdras. Mais il ne s'agit pas d'une œuvre unifiée à laquelle on puisse attribuer un auteur unique. Il s'agit plutôt d'une creatio continua à partir de compilations de divers documents.
Sa généalogie le présente comme un aaronide, une dynastie la plus importante après la famille royale de David. Il est sorti de Babylone, qui est aussi un lieu important de sciences. La protection divine (« la main du Seigneur était sur lui ») s’exprime par les faveurs de la cour royale perse. Même s’il est prêtre, il ne se concentre pas sur le culte sacrificiel mais sur l’étude, l’interprétation et l’enseignement de la Torah (Esd 7,11-12).
Outre une similitude au niveau du style, des procédés de composition, et des idées fondamentales, les versets qui closent l'ensemble des Chroniques (2Ch 36,22-23) se trouvent repris presque littéralement par ceux qui introduisent Esdras (Esd 1,1-3). Certains ont vu dans cette similitude un signe que l'ensemble de ces quatre livres (1 Chroniques2 Chroniques) fût œuvre d'une unique autorité ayant recouru à diverses sources.
Les livres d'Esdras et Néhémie font allusion à des documents qui pourraient avoir été la source de la forme actuelle des livres (mais qui sont aussi des formes rhétoriques) : listes de rapatriés ou du peuplement de Jérusalem, actes des rois de Perse, correspondances avec la cour, et surtout le rapport où Esdras rend compte de sa mission et le mémoire justificatif de Néhémie. Les écrits provenant d'Esdras et de Néhémie ont été disloqués, puis combinés ensemble. Les deux livres ne formaient à l'origine qu'un seul livre, réunissant les mémoires de ces deux figures marquantes des réformes politiques, sociales et religieuses de l'ère qui commence avec la reconstruction du temple.
L’Ecclésiastique fait l’éloge de Zorobabel et Josué (Si 49,11s) ainsi que de Néhémie (Si 49,13). 2M 1,18-2,13 mentionne l’activité de Néhémie.
Malgré l’absence de toute mention de ces livres dans le Nouveau Testament, les Pères considèrent leur appartenance au canon comme établie. Il faut cependant noter l’hésitation de l'école d'Antioche : (†428) rejette les deux livres. Leur canonicité est confirmée aux (1441) et (1546).
Les Pères commentent peu ces deux livres; et cette place secondaire dans leur exégèse s’explique sans doute par leur situation : après les grands livres historiques, ils peuvent être compris comme des appendices aux Rois et aux Chroniques.
Plus tard, Esdras et Néhémie sont commentés par :
ICI COMMENCE LE LIVRE D'ESDRAS
La première année de Cyrus, roi des Perses,
pour que fût accompli le verbe du Seigneur sorti de la bouche de Jérémie,
le Seigneur éveilla l’esprit de Cyrus, roi de des Perses
et il fit diffuser et traduire cette proclamation dans l'ensemble de son royaume, et même au moyen de l'écriture, disant :
— Ainsi parle Cyrus, roi de Perse :
— Le Seigneur, Dieu du ciel m’a donné tous les royaumes de la terre,
et lui-même, il m’a donné l'ordre de lui bâtir une maison à Jérusalem, qui est en Juda.
Qui d’entre vous est de tout son peuple ?
Que son Dieu soit avec lui,
qu’il monte à Jérusalem, qui est en Juda,
et qu'il bâtisse la maison du Seigneur, Dieu d’Israël,
C’est lui le Dieu qui est à Jérusalem.
Et qu'à tous les survivants, de tous les séjours où ils demeurent,
les hommes du lieu viennent en aide,
par de l’argent, de l’or, des biens et du bétail
en plus de ce qu'ils offrent spontanément, au temple de Dieu qui est à Jérusalem.
Alors les chefs de famille de Juda et de Benjamin,
les prêtres et les Lévites,
tous ceux dont Dieu remua l’esprit,
se levèrent pour aller bâtir le temple du Seigneur, qui était à Jérusalem.
Et tous ceux qui demeuraient alentour
aidèrent leurs mains,
avec des ustensiles d’argent et d’or,
des biens, des bêtes de somme et des meubles,
en plus de toutes leurs offrandes spontanées
Le roi Cyrus leur fit aussi porter les ustensiles du temple du Seigneur, que Nabuchodonosor avait enlevés de Jérusalem,
et placés dans le temple de son dieu.
Cyrus, roi de Perse, les fit porter
par les mains de Mithridate, fils de Gazabar,
qui en fit le compte devant Sasabassar, prince de Juda.
En voici le décompte :
coupes d’or : trente,
coupes d’argent : mille,
couteaux : vingt-neuf,
bols d'or : trente,
coupes d'argent [de valeur] secondaire : quatre cent dix,
autres ustensiles : mille.
Tous les ustensiles d’or et d’argent étaient au nombre de cinq mille quatre cents.
Sasabassar emporta le tout,
avec ceux qui remontèrent, de l'émigration à Babylone vers Jérusalem.
Voici les fils de la province
qui revinrent de captivité, ceux que Nabuchodonosor, roi de Babylone, avait emmenés captifs à Babylone
et qui retournèrent à Jérusalem et en Juda, chacun dans sa ville
qui revinrent avec Zorobabel
Josué, Néhémie, Saraïa,
Rahélaïa, Mardochaï, Belsan, Mesphar,
Béguaï, Réhum, Baana.
Nombre des hommes du peuple d’Israël :
les fils de Pharos, deux mille cent soixante-douze,
les fils de Séphetia, trois cent soixante-douze,
les fils d’Aréa, sept cent soixante-quinze,
les fils de Phaetmoab, des fils de Josué et de Joab, deux mille huit cent douze,
les fils d'Hélam, mille deux cent cinquante-quatre,
les fils de Zéthua, neuf cent quarante-cinq,
les fils de Zachaï, sept cent soixante,
les fils de Bani, six cent quarante-deux,
les fils de Bébaï, six cent vingt-trois,
les fils d’Azgad, mille deux cent vingt-deux,
les fils d’Adonicam, six cent soixante-six,
les fils de Béguaï, deux mille cinquante-six,
les fils d’Adin, quatre cent cinquante-quatre,
les fils d’Ater, qui étaient de la famille de Ézéchias, quatre-vingt-dix-huit,
les fils de Bésaï, trois cent vingt-trois,
les fils de Jora, cent douze,
les fils d'Asom, deux cent vingt-trois,
les fils de Gebbar, quatre-vingt-quinze,
les fils de Bethléem, cent vingt-trois,
les hommes de Nétupha, cinquante-six,
les hommes d’Anathoth, cent vingt-huit,
les fils d’Azmaveth, quarante-deux,
les fils de Cariathiarim, de Céphira et de Béroth, sept cent quarante-trois,
les fils d'Arama et de Gaba, six cent vingt et un,
les hommes de Macmas, cent vingt-deux,
les hommes de Béthel et Gaï, deux cent vingt trois,
les fils de Nébo, cinquante-deux,
les fils de Megbis, cent cinquante-six,
les fils d’un autre Hélam, mille deux cent cinquante-quatre,
les fils d'Arim, trois cent vingt,
les fils de Lod, Adid et Ono, sept cent vingt-cinq,
les fils de Jéricho, trois cent quarante-cinq,
les fils de Sennaa, trois mille six cent trente.
Prêtres :
les fils d'Idaïa, de la maison de Jésué, neuf cent soixante-treize,
les fils d’Emmer, mille cinquante-deux,
les fils de Phessur, mille deux cent quarante-sept,
les fils d'Arim, mille dix-sept.
Lévites :
les fils de Jésué et de Cadmiel, des fils d’Odevia, soixante-quatorze.
Chantres :
les fils d’Asaph, cent vingt-huit.
Fils des portiers :
les fils de Sellum, les fils d’Ater,
les fils de Telmon, les fils d'Accub,
les fils d'Atita, les fils de Sobaï,
en tout cent trente-neuf.
Nathinéens :
les fils de Sia, les fils d'Alpha,
les fils de Tebbaoth,
les fils de Qéros,
les fils de Siaa, les fils de Phadon,
les fils de Lévana, les fils d'Agaba,
les fils d’Accub,
les fils d'Agab,
les fils de Selmaï, les fils de Anan,
les fils de Gaddel, les fils de Gaër,
les fils de Raaïa,
les fils de Rasin,
les fils de Nécoda, les fils de Gazam,
les fils d’Aza, les fils de Phaséa,
les fils de Bésée,
les fils d’Asénaa,
les fils des Munim, les fils des Néphusim,
les fils de Becbuc, les fils d'Acupha,
les fils d'Arur,
les fils de Besluth,
les fils de Maïda, les fils d'Arsa,
les fils de Bercos, les fils de Sisara,
les fils de Théma,
les fils de Nasia,
les fils d'Atupha.
Fils des esclaves de Salomon :
les fils de Sotei, les fils de Sophereth,
les fils de Pharuda,
les fils de Jala,
les fils de Dercon, les fils de Geddel,
les fils de Saphatia, les fils d'Athil,
les fils de Phoquéreth qui étaient d'Asébaïm,
les fils d’Ammi.
Total des Nathinéens et des fils des esclaves de Salomon : trois cent quatre-vingt-douze.
Voici ceux qui vinrent de Thelmela, Thelarsa,
Chérub, Don et Mer,
et qui ne purent faire connaître la maison de leur père et leur semence,
pour montrer s’ils étaient d’Israël :
les fils de Dalaïa, les fils de Tobie, les fils de Nécoda, six cent cinquante-deux.
Et parmi les fils des prêtres:
les fils d'Obie, les fils d’Accos,
les fils de Berzellaï, qui avait pris pour femme l'une des filles de Berzellaï de Galaad,
et fut appelé par leur nom.
Ceux-ci cherchèrent l'écrit où était leur généalogie, mais ne ne le trouvèrent pas.
Et ils furent exclus du sacerdoce
et Athersatha leur dit de ne pas manger de viande du saint des saints,
jusqu’à ce qu’il s'élevât un prêtre docte et parfait.
Toute cette multitude était comme un seul homme, quarante-deux mille trois cent soixante personnes,
sans compter leurs esclaves et leurs servantes,
qui étaient sept mille trois cent trente-sept,
et parmi eux se trouvaient deux cents chanteurs et chanteuses.
Ils avaient sept cent trente-six chevaux,
deux cent quarante-cinq mulets,
quatre cent trente-cinq chameaux,
six mille sept cent vingt ânes.
Et [quelques-uns] parmi les chefs de famille,
en entrant dans le temple du Seigneur, qui est à Jérusalem,
firent des offrandes spontanées pour la maison de Dieu,
pour qu’on la construisît dans son lieu.
Selon leurs moyens, ils donnèrent pour les dépenses de l'ouvrage
soixante et un mille drachmes d’or,
cinq mille mines d’argent,
et cent vêtements sacerdotaux
C’est ainsi que les prêtres, les lévites, et les gens du peuple,
les chanteurs, les portiers et les Nathinéens,
habitèrent dans leurs villes,
et tout Israël habita dans ses villes.
Le septième mois était arrivé,
et les fils d’Israël étaient dans les villes.
Le peuple se rassembla donc, comme un seul homme, dans Jérusalem.
Josué, fils de Josédec, avec ses frères les prêtres,
et Zorobabel, fils de Salathiel, avec ses frères, se levèrent,
et ils bâtirent l’autel du Dieu d’Israël,
pour y offrir des holocaustes,
selon ce qui est écrit dans la loi de Moïse, l’homme de Dieu.
Ils établirent l’autel sur ses fondements,
pendant que les peuples de la terre s'efforçaient de les en empêcher,
et ils y offrirent matin et soir un holocauste au Seigneur.
Ils célébrèrent la fête des tabernacles, comme il est écrit,
et offrirent l'holocauste chaque jour, selon son ordre, suivant l'ouvrage de [chaque] jour, fixé en son jour.
Après cela, ils offrirent l’holocauste perpétuel,
les holocaustes des calendes et de toutes les fêtes consacrées au Seigneur,
et ceux de toutes les fêtes où l'on faisaient une offrande volontaire au Seigneur.
Dès le premier jour du septième mois, ils avaient commencé à offrir des holocaustes au Seigneur.
Or le temple de Dieu n’était pas encore fondé.
lls donnèrent de l’argent aux tailleurs de pierres et aux maçons,
ainsi que de la nourriture, du vin et de l’huile, aux Sidoriens et aux Tyriens,
pour qu’ils fissent descendre, jusqu'à la mer de Joppé, des bois de cèdre du Liban,
selon ce que Cyrus, roi de Perse, avait ordonné.
La seconde année de leur arrivée au temple de Dieu à Jérusalem, le second mois
Zorobabel, fils de Salathiel, et Josué, fils de Josédec
avec le reste de leurs frères, les prêtres et les lévites
et tous ceux qui étaient revenus de captivité à Jérusalem
se mirent [à l'ouvrage] et établirent des lévites de vingt ans et au-dessus, pour hâter l'œuvre du Seigneur.
Et Josué avec ses fils et ses frères
Cadmiel avec ses fils, et les fils de Juda, étaient comme s'ils n'étaient qu'un,
pour presser ceux qui étaient à l’œuvre dans le temple de Dieu
comme aussi les fils d'Énadad avec leurs fils et leurs frères, les Lévites.
Comme donc les fondements du temple du Seigneur avaient été posés par les maçons,
les prêtres dans leurs ornements se tinrent debout avec leurs trompettes
et les Lévites, fils d’Asaph, avec leurs cymbales
pour louer Dieu par la main de David, roi d’Israël.
Ils se mirent à chanter en chœur des hymnes, et à confesser le Seigneur,
car il est bon,
car sa miséricorde est pour l'éternité sur Israël,
et tout le peuple poussait aussi de grands cris en louant le Seigneur,
parce que le temple du Seigneur était fondé.
Alors beaucoup de prêtres, de lévites,
et des chefs de famille des plus âgés,
qui avaient vu le premier temple,
comme ce [nouveau] temple aussi était fondé sour leurs yeux
pleuraient d'une voix forte,
et beaucoup poussant des cris, élevaient la voix dans leur joie.
On ne pouvait distinguer la voix des cris de joie d’avec la voix du peuple qui pleurait,
car le peuple poussait des cris mêlés dans une grande clameur,
et sa voix s’entendait au loin.
Or les ennemis de Juda et de Benjamin apprirent
que les fils de la captivité bâtissaient un temple au Seigneur, le Dieu d’Israël.
Et s'approchant de Zorobabel et des chefs de famille, ils leur dirent :
— Laissez-nous bâtir avec vous, car comme vous, nous cherchons votre Dieu,
et voici, nous lui immolons des victimes depuis les jours d’Asoraddan, roi d’Assur, qui nous a amenés jusqu'ici.
Et Zorobabel, Josué et les autres chefs des familles d’Israël leur répondirent :
— Il ne convient pas que vous et nous, nous bâtissions ensemble la maison de notre Dieu,
mais nous seuls la bâtirons pour le Seigneur notre Dieu,
comme nous l’a ordonné le roi Cyrus, roi de Perse.
Il arriva donc que le peuple de cette terre décourageait les mains du peuple de Juda,
et l'effrayait pendant qu'il bâtissait.
Et ils gagnèrent contre eux des conseillers [du roi] pour ruiner leur projet,
pendant tous les jours de Cyrus, roi de Perse, et jusqu’au règne de Darius, roi de Perse.
Et sous le règne d’Asuérus, au début de son règne,
ils écrivirent une lettre d’accusation contre les habitants de Juda et de Jérusalem.
Puis, dans les jours d’Artaxerxès,
Bésélam, Mithridate, Tabel
et les autres qui étaient dans leur conseil, écrivirent
à Artaxerxès, roi de Perse.
Or cette lettre d'accusation était écrite en syriaque
et se lisait en langue syriaque.
Réhum Béeltéem et Samsaï, le scribe,
écrivirent de Jérusalem à Artaxerxès une lettre de cette manière :
— Réhum Béeltéem, et Samsaï le scribe,
et leurs autres conseillers,
les Dinéens, les Apharsathachéens, les Terphaléens, les Apharséens,
les Ercuéens, les Babyloniens,
les Susanéchéens, les Deéens, les Élamites,
et les autres d'entre les peuples que le grand et glorieux Asènnaphar a transportés,
et qu'il a fait habiter en paix dans les villes de Samarie
et dans les autres contrées au-delà du fleuve en paix.
Voici la copie de la lettre qu’ils lui envoyèrent :
Au roi Artaxerxès : tes serviteurs, les gens qui sont au delà du fleuve te saluent.
Qu'il soit connu du roi que les Juifs, qui sont remontés de toi vers nous,
sont venus à Jérusalem, ville rebelle et exécrable qu'ils bâtissent,
élevant des murailles et disposant des murs.
Qu'il soit connu du roi si cette ville est bâtie et ses murailles relevées,
ils ne paieront ni tribut, ni impôt, ni revenus annuels
et que notre roi sera lésé.
Or nous nous souvenons du sel que nous avons mangé au palais, et nous jugeons qu'il est sacrilège de voir les torts faits au roi,
c'est pourquoi nous avons envoyé [cette lettre] au roi pour l'en informer,
pour que l'on fasse des recherches soient faites dans le livre des mémoires de tes pères,
et dans [ces] recueils, tu trouveras et tu sauras
que cette ville est une ville rebelle,
nuisible aux rois et aux provinces,
et des guerres y sont soulevées depuis les temps anciens.
Et c’est pour cela même que cette ville a été détruite.
Nous faisons savoir au roi,
que si cette ville est bâtie
et que ses murailles sont relevées,
tu n'auras plus de possession au-delà du Fleuve.
Le roi envoya ce mot à Réhum Béeltéem, et à Samsaï, le scribe,
et aux autres habitants de Samarie qui étaient dans leur conseil, et à tous les autres d’au-delà du fleuve,
en leur disant : — Salut et paix.
L'accusation que vous avez envoyée vers nous a été lue, de façon claire, devant moi.
Sur mon ordre, on a fait des recherches et on a trouvé
que dès les temps anciens, cette ville s’est soulevée contre les rois,
et que des révoltes et des séditions ont été soulevées en elle.
Car il y eut à Jérusalem des rois très puissants,
qui ont dominé toute la région qui se trouve au-delà du fleuve,
et ils recevaient tribut, impôt et revenus.
Maintenant donc, recevez la sentence :
empêchez ces hommes, et que cette ville ne soit pas rebâtie,
jusqu’à ce qu'un ordre soit donné par moi.
Gardez-vous d'accomplir cette sentence avec négligence,
de peur que le mal ne grandisse peu à peu, au détriment des rois.
C'est ainsi que la copie de l'édit du roi Artaxerxès fut lue devant Réum, le scribe Samsaï, et leurs conseillers.
Et ils se rendirent en hâte à Jérusalem, auprès des Juifs,
et les empêchèrent par force et violence [de continuer à travailler].
Alors, l’ouvrage de la maison de Dieu à Jérusalem cessa,
et on n'y travailla pas jusqu’à la deuxième année du règne de Darius, roi de Perse.
Les prophètes Aggée et Zacharie, fils d’Addo
prophétisèrent aux Juifs qui étaient en Juda et à Jérusalem
au nom du Dieu d’Israël.
Alors Zorobabel, fils de Salathiel, et Josué, fils de Josédec, se levèrent
et recommencèrent à bâtir la maison de Dieu à Jérusalem
et avec eux étaient les prophètes de Dieu qui les assistaient.
Dans le même temps Tatannaï gouverneur d’au-delà du fleuve
et Starbuzannaï et leurs conseillers vinrent à eux et leur dirent ces mots :
— Qui vous a donné le pouvoir de bâtir cette maison
et de relever ces murs ?
Alors nous leur répondîmes
en leur disant les noms des hommes qui avaient autorisé la construction.
Or l’œil de leur Dieu était sur les anciens des Juifs
et on ne put pas leur faire cesser les travaux
jusqu’à ce que l'affaire fût rapportée à Darius
et qu'ils pussent se justifier de l'accusation formée contre eux.
Voici la lettre que Tatannaï, gouverneur au-delà du fleuve
Starbuzannaï et leurs conseillers les Apharsachéens, demeurant au-delà du fleuve, envoyèrent au roi Darius
Ils lui envoyèrent un rapport, et voici ce qui y était écrit :
Au roi Darius, paix en toutes choses !
Que le roi sache que nous sommes allés dans la province de Juda
à la maison du grand Dieu que l'on construit en pierres démesurées
avec des rangs de bois
et ce labeur est fait avec assiduité
et avance sous leurs mains.
Alors nous avons interrogé les anciens qui se trouvaient là et leur avons ainsi parlé :
— Qui vous a donné le pouvoir de bâtir cette maison et de relever ces murs ?
Nous leur avons aussi demandé leurs noms pour te les faire connaître
de sorte que nous avons écrit les noms de ceux qui les guident.
Ils ont répondu ainsi à la demande que nous avons faite :
— Nous sommes les serviteurs du Dieu du ciel et de la terre
et nous rebâtissons le temple qui avait été édifié il y a bien des années
ayant été fondé et élevé par un grand roi d’Israël.
Mais après que nos pères eurent provoqué la colère du Dieu du ciel
il les livra entre les mains de Nabuchodonosor le Chaldéen, roi de Babylone
qui détruisit aussi cette maison et déporta ce peuple à Babylone.
Toutefois la première année du règne de Cyrus, roi de Babylone
le roi Cyrus publia un édit permettant de rétablir cette maison de Dieu.
Et même il retira du temple de Babylone les ustensiles d’or et d’argent du temple de Dieu
que Nabuchodonosor avait enlevés du temple qui était à Jérusalem
et transportés dans le temple de Babylone
et ils furent remis à un nommé Sasabassar
qu’il établit leur chef.
Et il lui dit :
— Prends ces ustensiles, va et dépose-les dans le temple qui est à Jérusalem
et que la maison de Dieu soit rebâtie en son lieu.
Alors ce Sasabassar est venu
et il a posé les fondements du temple de Dieu qui est à Jérusalem
et depuis ce temps-là jusqu’à présent il est en construction et il n’est pas encore achevé.
Maintenant donc, si le roi le trouve bon,
que l’on recherche dans la bibliothèque du roi qui est à Babylone
s’il existe un commandement du roi Cyrus
pour que fût bâtie la maison de Dieu à Jérusalem
et que le roi nous fasse savoir sa volonté à cet égard.
Alors le roi Darius donna des instructions et l’on fit des recherches dans les archives déposées à Babylone.
Et il fut découvert à Ecbatane, qui est une forteresse de la province de Médie, un rouleau
sur lequel était écrit ce mémoire :
La première année du règne du roi Cyrus, le roi Cyrus a ordonné
que la maison de Dieu qui est à Jérusalem fût rebâtie au lieu où seraient immolées des victimes
et qu'elle fût établie sur des fondations capables de supporter
soixante coudées de haut et soixante coudées de large.
Qu'il y eût trois rangées de pierres de très grande taille et de même qu'il y eût une rangée de bois neuf
Que la dépense fût payée par la maison du roi.
Que l'on rendît aussi les ustensiles d’or et d’argent du temple de Dieu
que Nabuchodonosor avait enlevés du temple de Jérusalem
et qu'il avait apportés à Babylone
qu'ils fussent restitués et remis dans le lieu même du temple de Jérusalem
et qu'ils fussent déposés dans le temple de Dieu.
— Maintenant donc, Tatannaï, gouverneur au-delà du fleuve,
Starbuzannaï et vous, Apharsachéens leurs conseillers, qui demeurez au-delà du fleuve,
retirez-vous loin d'eux
et laissez ce temple de Dieu se faire et que le chef des Juifs et leurs anciens
bâtissent cette maison de Dieu sur l'emplacement même où elle était.
J'ai ordonné aussi de quelle manière vous deviez absolument procéder envers les anciens des Juifs
pour rebâtir cette maison de Dieu :
à savoir que sur l'argent du roi
provenant des tributs levés sur les pays d’au-delà du fleuve
on fournisse avec empressement tout ce qui sera nécessaire à ces hommes, afin que leur travail ne soit pas entravé.
Et que, s'il le faut pour les holocaustes du Dieu du ciel, de jeunes taureaux, des béliers et agneaux
le froment, le sel, le vin et l'huile
selon le rite suivi par les prêtres qui sont à Jérusalem,
leur soit donné sans faute chaque jour
afin qu’ils offrent des sacrifices au Dieu du ciel
et qu’ils prient pour la vie du roi et de ses fils.
Telle est donc ma décision.
Si quelqu’un changeait mon commandement
qu’on arrache de sa maison une poutre, qu’on la dresse et l'y cloue
tandis que sa maison sera livrée au public.
Et que le Dieu qui fait résider là son nom
anéantisse tous les royaumes ou tout peuple qui étendraient la main
pour s'opposer à cette décision et détruire cette maison qui est à Jérusalem.
Moi, Darius, j’ai pris cet édit dont je veux qu'il soit scrupulseusement exécuté.
Alors Tatannaï gouverneur des provinces d'au-delà du fleuve
et Starbuzannaï et leurs conseillers
selon ce que le roi Darius avait édicté
exécutèrent pleinement ses ordres.
Or les anciens des Juifs progressaient dans la construction
conformément à la prophétie d’Aggée le prophète, et de Zacharie, fils d’Addo
et ils construisaient l'édifice
par le commandement du Dieu d’Israël
et par l’ordre de Cyrus, de Darius et d’Artaxerxès, rois des Perses.
Et ils achevèrent la maison de Dieu le troisième jour du mois d’adar
dans la sixième année du règne du roi Darius.
Alors les fils d’Israël
les prêtres et les Lévites
et le reste des fils de la captivité
firent dans la joie la dédicace de la maison de Dieu.
Et ils offrirent pour la dédicace de la maison de Dieu
cent veaux
deux cents béliers
quatre cents agneaux
et douze boucs pour le péché de tout Israël
selon le nombre des tribus d’Israël.
Et ils instituèrent les prêtres selon leurs rangs
et les Lévites selon leurs classes
pour les œuvres de Dieu à Jérusalem
selon ce qui est écrit dans le livre de Moïse.
Les fils de la captivité célébrèrent la Pâque
le quatorzième jour du premier mois.
Car les prêtres et les Lévites s’étaient tous purifiés comme un seul,
étant tous purifiés, ils immolèrent la Pâque
pour tous les fils de la captivité, pour leurs frères les prêtres et pour eux-mêmes.
Et les fils d’Israël mangèrent
[eux] qui étaient revenus de l'exil
et qui s’étaient chacun séparés de l’impureté des nations du pays envers eux
pour rechercher le Seigneur le Dieu d’Israël.
Et ils célébrèrent pendant sept jours la fête des Azymes dans la joie
car le Seigneur les avait rendus joyeux
et avait tourné vers eux le cœur du roi d’Assur
pour soutenir leurs mains dans l’œuvre de la maison du Seigneur le Dieu d’Israël.
Après ces événements,
sous le règne d’Artaxerxès, roi de Perse
Esdras, fils de Saraïas
fils d’Azarias, fils d’Helcias
fils de Sellum, fils de Sadoc, fils d’Ahitob
fils d’Amarias
fils d’Azarias, fils de Maraïoth
fils de Zaraïa
fils d’Ozi
fils de Bocci, fils d’Abisué, fils de Finéès, fils d’Éléazar
fils d’Aaron le premier pontife
cet Esdras, donc, monta de Babylone
c’était un scribe versé dans la loi de Moïse
que le Seigneur Dieu donna à Israël
et le roi lui accorda tout ce qu'il avait demandé parce que la main du Seigneur son Dieu était sur lui.
Et plusieurs des fils d’Israël,
et des fils des prêtres
et des fils des Lévites
et des chantres
et des gardiens des portes
et des Nathinéens montèrent à Jérusalem
la septième année du roi Artaxerxès.
Et ils arrivèrent à Jérusalem le cinquième mois
de cette septième année du roi.
C’est le premier jour du premier mois qu’il commença à monter de Babylone
et c’est le premier jour du cinquième mois qu’il arriva à Jérusalem
suivant la main favorable de son Dieu sur lui.
Car Esdras avait préparé son cœur pour étudier la loi du Seigneur,
pour la mettre en pratique et pour enseigner parmi Israël ses préceptes et ordonnances
Voici la reproduction de la lettre en forme d'édit
que le roi Artaxerxès donna à Esdras prêtre
et scribe instruit des paroles et des préceptes du Seigneur
et aussi des cérémonies pour Israël :
Artaxerxès, roi des rois
à Esdras, prêtre et scribe le plus savant dans la loi du Dieu du ciel, salut !
Il a été décrété par moi
que tous les résidents de mon royaume
appartenant au peuple d’Israël, ses prêtres et ses Lévites
qui désireront aller à Jérusalem y aillent avec toi.
Car tu es envoyé par le roi et ses sept conseillers
pour aller voir la Judée et Jérusalem
conformément à la loi de ton Dieu, laquelle est en ta puissance
et pour porter l’argent et l’or
que le roi et ses conseillers ont spontanément offerts au Dieu d’Israël
dont la tente est à Jérusalem
ainsi que tout l’or et l’argent
que tu recevras d'une manière ou d'une autre dans toute la province de Babylone
avec les dons volontaires du peuple
et les offrandes spontanées des prêtres pour la maison de leur Dieu qui est à Jérusalem.
Prends librement cet argent et empresse-toi d'acheter
des taureaux, des béliers, des agneaux, et de quoi faire des sacrifices avec les libations qui les accompagnent
et tu les offriras sur l’autel du temple de votre Dieu, qui est à Jérusalem.
Et s'il vous paraît bon, à toi et à tes frères,
de faire quelque chose avec le reste de l’argent et de l’or
faites-le en vous conformant à la volonté de votre Dieu.
Les ustensiles qui te sont donnés pour le service de la demeure de ton Dieu
place-les devant le Dieu de Jérusalem.
Et le reste de ce qui est utile à la maison de ton Dieu
quelle que soit son importance
tu le donneras après l’avoir reçu du trésor et de la cassette du roi,
et de moi-même.
Et moi, Artaxerxès, roi, j'ordonne et commande
à tous les trésoriers d’au-delà du fleuve
que, quoi que vous demande Esdras, prêtre et scribe versé dans la loi du Dieu du ciel,
ce soit accordé sans retard.
Jusqu’à cent talents d’argent
cent cors de froment
cent baths de vin
cent baths d’huile
et du sel sans mesure.
Que tout ce qui sert au culte du Dieu du ciel
soit fourni scrupuleusement pour la maison du Dieu du ciel
afin qu'il ne fasse pas tomber sa colère sur le royaume du roi et de ses fils.
Nous vous faisons savoir aussi
que sur aucun des prêtres, Lévites
chantres, gardiens des portes, Nathinéens et ministres de cette maison de Dieu
vous n'aurez pouvoir de lever impôt, tribut, ou droits sur les marchandises.
Mais toi, Esdras, selon la sagesse de ton Dieu qui est dans ta main
établis des juges et des présidents afin qu'ils jugent tout le peuple qui [est] à l'autre côté du fleuve
tous ceux qui certainement connaissent la loi de ton Dieu
mais les ignorants, enseignez[-les] librement.
Et quiconque n’observera pas scrupuleusement la loi de ton Dieu et la loi du roi
qu’il soit déféré devant le juge
pour être condamné à mort ou à l'exil
ou à la confiscation d'une partie de ses biens ou bien à la prison.
Béni soit le Seigneur Dieu de nos pères
qui a ainsi placé dans le cœur du roi
de quoi glorifier la maison du Seigneur qui est à Jérusalem
et qui a incliné vers moi la bienveillance du roi et de ses conseillers
et de tous les personnages puissants qui entourent le roi
et ainsi fortifié par la main du Seigneur mon Dieu qui était sur moi
j'assemblai les chefs d’Israël afin qu’ils partissent avec moi.
Voici donc les chefs de famille
et la généalogie de ceux qui montèrent avec moi de Babylone
sous le règne du roi Artaxerxès.
Des fils de Finéès : Gersom
des fils d’Ithamar : Daniel
des fils de David : Attus
des fils de Séquénia et des fils de Pharos : Zacharie
et avec lui on compta cent cinquante hommes.
Des fils de Phaethmoab : Heiloënai, fils de Zareia, et avec lui deux cents hommes
des fils de Séquénia, fils de Jéziel, et avec lui trois cents hommes
des fils d’Adin : Abeth, fils de Jonathan, et avec lui cinquante hommes
des fils d’Hélam : Isaïe, fils d’Athalie, et avec lui soixante-dix hommes
des fils de Saphatia : Zébédia, fils de Michaël, et avec lui quatre-vingts hommes
des fils de Joab, Obédia fils de Jéhiel, et avec lui deux cent dix-huit hommes
et des fils de Sélomith : le fils de Josphias et avec lui cent soixante hommes
des fils de Bébaï : Zacharie, fils de Bébaï, et avec lui vingt-huit hommes
des fils d’Azgad : Johanan, fils d’Eqqétan, et avec lui cent dix hommes
des fils d’Adonicam, qui étaient les derniers,
voici leurs noms :
Helifeleth et Jéhiel et Samaïas, et avec eux soixante hommes
des fils de Béguï : Uthaï et Zaccur, et avec eux soixante-dix hommes.
Je les rassemblai près du fleuve qui coule vers Ahavva
et nous séjournâmes là trois jours.
Et ayant recherché parmi le peuple et les prêtres des fils de Lévi, je n'en trouvai aucun.
C'est pourquoi j'envoyai Éliézer, Ariel, Seméia
et Helnathan et Jarib et un autre Helnathan
et Nathan et Zacharie et Mesollam, les chefs,
et Joïarib et Helnathan, les sages.
Je les envoyai vers le chef Heddo à l’endroit appelé Casphia
et je mis dans leur bouche les paroles qu’ils devaient dire à Addom et à ses frères, les Nathinéens, qui étaient à l’endroit appelé Casphia
afin qu’ils nous amenassent des ministres de la maison de notre Dieu.
Et ils nous amenèrent par la main bienfaisante de notre Dieu posée sur nous
un homme des plus instruits d’entre les fils de Molly, fils de Lévi, fils d’Israël
et Sarabia et avec lui ses fils et ses frères au nombre de dix-huit
Asabias et avec lui Isaïe, d’entre les fils de Merari ses frères et leurs fils au nombre de vingt
et d’entre les Nathinéens que David et les chefs avaient donnés pour le service des Lévites, deux cent vingt Nathinéens
tous nominativement désignés.
Je publiai là un jeûne près de la rivière d’Ahavva
pour nous affliger devant notre Dieu
afin d’implorer de lui un heureux voyage pour nous, pour nos entants
et pour tout ce qui nous appartenait.
Car j’aurais eu honte de demander au roi une escorte et des cavaliers
pour nous secourir contre l’ennemi pendant la route
parce que nous avions dit au roi : — La main de notre Dieu est sur tous ceux qui le cherchent, pour leur bien
mais sa force et sa colère sont sur tous ceux qui l’abandonnent.
Or nous jeûnâmes et nous priâmes pour cela notre Dieu
et les événements nous furent favorables.
Et je mis à part douze d'entre les chefs des prêtres
Sarabia et Asabias et dix de leurs frères.
Je pesai devant eux l’argent, l’or et les ustensiles de la maison de notre Dieu
qu'avaient offerts le roi, ses conseillers et ses princes
et tous ceux d’Israël qui étaient venus
et en les remettant entre leurs mains je pesai six cent cinquante talents d’argent
cent ustensiles d’argent
cent talents d’or
vingt coupes d’or
de la valeur de mille dariques
et deux vases éclatants du meilleur airain, aussi beaux que s'ils eussent été en or.
Et je leur dis :
— Vous êtes les saints du Seigneur et ces ustensiles sont saints
comme cet argent et cet or offerts volontairement au Seigneur Dieu de vos pères.
Veillez-y et gardez-les
jusqu’à ce que vous les pesiez devant les chefs des prêtres et des Lévites
et devant les chefs des familles d’Israël
à Jérusalem dans le trésor de la maison du Seigneur.
Et les prêtres et les Lévites reçurent
tout ce qui avait été pesé d’argent et d’or et les ustensiles
pour les porter à Jérusalem dans la maison de notre Dieu.
Nous partîmes donc du fleuve Ahavva
le douzième jour du premier mois
pour nous diriger vers Jérusalem
et la main de notre Dieu fut sur nous
et elle nous affranchit des mains de l’ennemi et des pièges de la route.
Et nous arrivâmes à Jérusalem
et nous y reposâmes trois jours.
Le quatrième jour, l’argent, l’or et les ustensiles furent pesés dans la maison de notre Dieu
par les mains de Mérémoth, fils d’Urie, le prêtre
et avec lui était Éléazar, fils de Finéès
et avec eux étaient les Lévites Jozaded, fils de Josué et Noadaïa, fils de Bennoï.
Autant en poids qu'en nombre le tout fut livré
en même temps qu'on consigna par écrit le poids total.
Les fils de la transmigration qui étaient revenus de captivité
offrirent en holocauste au Dieu d’Israël
douze taureaux pour tout Israël
quatre-vingt-seize béliers
soixante-dix-sept agneaux
douze boucs pour le péché
le tout en holocauste au Seigneur.
Ils remirent les ordres du roi aux satrapes du roi qui appartenaient à sa cour et aux gouverneurs d’au-delà du fleuve
lesquels aidèrent le peuple et la maison de Dieu.
Quand ces choses furent achevées
les chefs s’approchèrent de moi en disant :
— Il n'est pas séparé, le peuple d’Israël,
ni les prêtres ni les Lévites, des peuples de ces contrées
et de leurs abominations :
celles des Cananéens, des Héttéens, des Féréziens
des Jébuséens, des Ammanites, des Moabites
des Égyptiens et des Amorrhéens.
Car ils ont pris de leurs filles pour eux et pour leurs fils
et ils ont mêlé leur race sainte avec les peuples de ces contrées
et la main des chefs et des magistrats ont été les premiers dans cette transgression.
Lorsque je les eus entendus parler ainsi
je déchirai mon manteau et ma tunique
et je m’arrachai les cheveux de la tête et la barbe et je m’assis affligé.
Auprès de moi se réunirent tous ceux qui craignent le verbe du Dieu d’Israël
à cause de la transgression de ceux qui étaient revenus de la captivité
et quant à moi, je restai assis, accablé de chagrin, jusqu’à l’oblation du soir.
Et au moment du sacrifice du soir je me relevai de mon affliction
et ayant mon manteau et ma tunique déchirés
je tombai à genoux et tendis les mains vers le Seigneur mon Dieu
et je dis :
— Mon Dieu, je suis dans la confusion et j'ai honte de lever ma face vers toi, mon Dieu
car nos iniquités se sont multipliées jusqu'à dépasser nos têtes
et nos fautes se sont accrues jusqu’au ciel.
Depuis les jours de nos pères
nous avons nous-mêmes grandement péché jusqu’aujourd'hui
et c’est à cause de nos iniquités que nous avons été livrés
nous, nos rois et nos prêtres,
entre les mains des rois des nations,
à l’épée, à la captivité, au pillage et à la honte
comme nous le sommes encore aujourd’hui.
Et maintenant, le Seigneur notre Dieu, depuis un peu de temps, a écouté nos prières
et nous a fait une grâce en nous laissant un reste [d'Israël]
et en nous accordant un abri dans son lieu saint
et notre Dieu a éclairé nos yeux
et remis un peu de vie dans notre servitude.
Car nous sommes esclaves et notre Dieu ne nous a pas abandonnés dans notre servitude
et il a incliné sur nous la miséricorde du roi de Perse
pour qu'il nous rendît la vie
et qu'il élevât la maison de notre Dieu
et qu'il relevât ses ruines,
et qu'il nous donnât un endroit clos en Juda et à Jérusalem.
Et maintenant, ô notre Dieu, que dirons-nous après de telles choses ?
Car nous avons complètement délaissé tes commandements
que tu nous avais prescrits par la puissance des prophètes tes serviteurs en disant :
— Le pays dans lequel vous entrez pour en prendre possession
est une terre impure
comme sont impures les terres de tous les autres peuples
par les abominations dont ils l’ont remplie d’un bout à l’autre avec leur souillure.
Maintenant donc, ne donnez point vos filles à leurs fils
et ne prenez point leurs filles pour vos fils
et ne vous occupez jamais de leur paix ni de leur prospérité
afin que vous vous renforciez, que vous mangiez les bons produits de ce pays
et que vos enfants l'aient en héritage à jamais.
Et après tout ce que nous avons subi
à cause de nos œuvres très mauvaises et de nos grandes fautes
tu nous a délivrés, ô notre Dieu, de notre iniquité
et tu nous a sauvés, comme nous le voyons aujourd'hui
afin que nous ne recommencions pas à tenir pour rien tes commandements
et afin que nous ne contractions plus d'alliances avec ces peuples si abominables
t'irriteras-tu contre nous jusqu’à nous détruire,
sans laisser ni reste ni salut ?
Seigneur Dieu d’Israël, tu es juste
puisque nous avons été séparés pour être sauvés comme c'est le cas aujourd'hui :
voici, nous sommes devant toi avec notre faute
en effet après cela nul ne peut subsister devant ta face !
Alors qu’Esdras priait et implorait
qu'il pleurait et qu'il était prosterné
devant le temple de Dieu,
s'était assemblée autour de lui une foule considérable d’Israélites
hommes, femmes et enfants
et le peuple versa beaucoup de larmes.
Alors Séquénia, fils de Jéhiel, d’entre les fils d’Hélam, prit la parole et dit à Esdras :
— Nous avons violé la loi de notre Dieu
et nous avons épousé des femmes des populations étrangères
Et maintenant si Israël se repent de ce péché
concluons maintenant une alliance avec notre Dieu
en vue de renvoyer toutes les femmes et ceux qui en sont nés
selon la volonté du Seigneur et de ceux qui craignent les commandements de notre Dieu, et qu’il soit fait selon la Loi.
Lève-toi, car c’est à toi de décider.
Nous serons avec toi.
Revêts-toi de la force et agis !
Esdras se leva et il fit jurer les chefs des prêtres et des Lévites et tout Israël
qu'ils feraient comme il venait d’être dit
et ils le jurèrent.
Puis Esdras se leva de devant la maison de Dieu
et alla à la chambre de Johanan, fils d’Éliasib
et, y étant entré
il ne mangea pas de pain ni ne but d’eau
parce qu’il était dans le deuil à cause du péché de ceux qui étaient revenus de captivité.
On fit passer une proclamation dans Juda et à Jérusalem
pour que tous les fils de la captivité
s'assemblassent à Jérusalem
et que quiconque n'y serait pas venu dans les trois jours
conformément à la délibération des chefs et des anciens
vît tous ses biens confisqués
et fût lui-même exclu de l’assemblée de ceux qui étaient revenus de captivité.
Alors tous les hommes de Juda et de Benjamin s'assemblèrent à Jérusalem dans les trois jours
c’était le vingtième jour du neuvième mois
et tout le peuple se tenait sur la grande place de la maison de Dieu
tremblant à cause de leur péché et des pluies.
Alors le prêtre Esdras se leva et leur dit :
— Vous avez excédé la mesure et avez épousé des femmes étrangères
ajoutant ainsi à la faute d’Israël.
Et maintenant faites confession au Seigneur le Dieu de vos pères
et faites ce qui lui plaît
et séparez-vous des peuples de la terre et des femmes étrangères.
Et toute la multitude répondit en disant d’une voix haute :
— Qu'il soit fait comme tu nous l’as dit !
Mais cependant, parce que le peuple est nombreux et que c’est le temps des pluies
nous ne pouvons rester dehors
et ce n’est pas l’affaire d’un jour ou deux
le péché que nous avons commis étant très grave
qu'on établisse des chefs sur tout le peuple
et que tous ceux qui, dans nos cités, ont épousé des femmes étrangères
se présentent aux moments prescrits
avec les anciens de chaque ville et ses juges
jusqu’à ce nous ayons détourné de nous la colère de notre Dieu au sujet de ce péché.
Dans ces circonstances, Jonathan, fils d’Asaël et Jaazia, fils de Thécua, se présentèrent au sujet de cette affaire
et Mesollam et Sébéthaï le Lévite les secondèrent.
Mais les fils de la transmigration firent comme il avait été dit
et Esdras, le prêtre, et les chefs des familles allèrent dans la maison de leurs pères
tous selon leur nom
et ils siégèrent le premier jour du dixième mois pour instruire l’affaire.
Ils en eurent fini le premier jour du premier mois avec tous les hommes qui avaient épousé des femmes étrangères.
Parmi les fils des prêtres on découvrit ceux-ci qui avaient établi chez eux des femmes étrangères :
des fils de Josué, les fils de Josédec
et ses frères : Maasia, Éliézer, Jarib et Godolia
ils consentirent à renvoyer leurs femmes et
à offrir un bélier du troupeau pour l’expiation de leur faute.
Et des fils d’Emmer : Anani et Zébédia
et des fils de Érim : Maasias et Élia et Seméia et Jéhiel et Ozias
Des fils de Phessur : Elioénaï, Maasias, Ismaël, Nathanaël, Iozabeth et Elasa.
et des fils des Lévites : Jozabeth, Séméi, Qélaïa, celui-là même qui est appelé Calita, Phataïa, Juda et Éliézer.
Et des chantres : Éliasub
Et des portiers : Sellum, Télem et Uri.
Et de ceux d’Israël
Des fils de Pharos : Rémia et Ézia et Mélquia et Miamin et Éliézer et Mélquia et Banéa
et des fils d’Hélam : Mathania, Zacharie et Jéhiel et Abdi et Jérimoth et Élia
et des fils de Zéthua : Heiloënai, Éliasib, Mathania, Jérimoth, Zabed et Aziza
et des fils de Bébaï : Johanan, Ananie, Zabbaï, Athalaï
et des fils de Bani : Mosollam et Melluc et Adaïa, Jasub et Saal et Ramoth
et des fils de Phaethmoab : Edna et Calal, Banaïas, Maasias, Mathanie, Béséléel et Bennuï et Manassé
et des fils de Érem : Éliézer, Jésué, Melquias, Seméias, Siméon
Benjamin, Maloc, Samarias.
Des fils de Hasom : Mathanaï, Matthetha, Zabed, Éliphéleth, Jermaï, Manassé, Séméi
des fils de Bani : Maaddi, Amram et Huël
Banéas et Badaïas, Chéiliaü,
Vannia, Merimuth et Éliasib
Mathanias, Mathanaï et Jasi
et Bani et Bennuï, Séméi,
et Salmias et Nathan et Adaïas
Mecnédabaï, Sisaï, Sarai
Ezrel et Sélémaü, Séméria
Sellum, Amarias, Joseph.
Des fils de Nébu: Jéhiel, Matthathias, Zabed, Zabina, Jeddu et Joël, Banaïa.
Tous ceux-là avaient pris des femmes étrangères
et il y avait parmi elles des femmes qui mirent au monde des fils.