Judith

« Elle frappa deux fois sur la nuque, et lui trancha la tête » (Jdt 13,10)... La scène, très visuelle, où Judith décapite le général assyrien dans sa tente, a inspiré de nombreux peintres (en particulier une toile célèbre de Gentileschi).

Elle est relatée dans le livre qui a pris le nom de son héroïne, Judith. C'est un livre deutérocanonique, c'est-à-dire qu'il figure dans la Bible grecque (Septante) mais non dans la Bible hébraïque, ce qui peut surprendre car il raconte l'histoire de la délivrance du peuple juif par Dieu : Judith (= « la Juive » en hébreu) montre que Dieu sauve toujours son peuple de la main des oppresseurs. 

L'histoire se déroule en Judée, au temps du roi Nabuchodonosor II de Babylone. Nabuchodonosor, en guerre contre les Mèdes, envoie son général Holopherne pour soumettre les peuples de l'ouest. Holopherne défait les Ammonites, les Moabites et les Édomites, et se dirige vers la Judée (Jdt 1,1-3,10). Il fait le siège de Béthulie (Jdt 4,1-7,32). Judith, une femme pieuse et courageuse, décide alors de sauver son peuple (Jdt 8,1-10,10). Elle se rend au camp assyrien, se fait passer pour une transfuge, et séduit Holopherne. Profitant de son ivresse, elle lui coupe la tête (Jdt 10,11-13,20). La mort d'Holopherne provoque la panique dans l'armée assyrienne. Les Assyriens se retirent de Judée, et la ville de Béthulie est sauvée (Jdt 14,1-16,25).

Le livre met en évidence la victoire du peuple de Dieu grâce à la prière et la détermination de Judith. L'héroïsme de Judith, en tant que femme forte et déterminée, défie les attentes culturelles de son époque : ce n'est pas la stratégie militaire ni la force qui l'emportent mais la main de Dieu et le courage de Judith. Dans la mémoire chrétienne, elle rejoint la cohorte des « femmes de valeur »  comme Rahab, Esther et autre Noémie, dont l'héroïsme sauveur préfigure la foi totale de la Vierge Marie en son Fils... 

TEXTE

Critique textuelle

 Le livre nous est actuellement connu par plusieurs versions :

Hébreu

Plusieurs textes hébreux ayant circulé au Moyen Âge sont étroitement parallèles entre eux, ainsi qu'avec la Vulgate. La recherche actuelle postule qu'il n'y avait pas d'original sémitique au livre de Judith et que le texte a été élaboré directement en grec, dans le contexte de la crise maccabéenne. Les principaux arguments qui soutiennent cette position sont de types linguistique, narratologique, géographique (cf. infra) et culturel (cf. infra).

Grec

Il existe trois formes divergentes du texte grec.

Latin

Les versions latines (Vetus latina), dérivées du texte grec, sont plus longues que la Vulgate et divergent les unes des autres. La Vulgate donne un texte bien différent : pour ce livre, Jérôme a probablement repris une traduction latine en l'arrangeant à l'aide d'une paraphrase araméenne. On y trouve un ajout faisant allusion à une fête commémorative de la victoire de Judith (Vulg Jdt 16,31).

Autres

Existent enfin des traductions en éthiopien, arménien et copte.

Proposition d’une structure du livre

Deux parties sensiblement égales peuvent être distinguées :

La préparation du drame (Jdt 1-7) :

  • Nabuchodonosor, roi d'Assur, veut attaquer Arphaxad, roi des Mèdes et invite tous les peuples établis dans les plaines du Tigre et de l'Euphrate, dans les régions de Haute-Mésopotamie et de Haute-Syrie, dans les vallées de l'Oronte et du Jourdain et dans le Delta égyptien à faire alliance avec lui (Jdt 1,1-10).
  • Refus général (Jdt 1,11s).
  • La guerre commence contre Arphaxad, rapidement vaincu (Jdt 1,13-16), puis contre toutes les nations coupables d'avoir manqué de respect à Nabuchodonosor ; soumission complète de chacune quand apparaît Holopherne, général de Nabuchodonosor (Jdt 2,1-3,10).
  • Seul le peuple juif refuse de plier et résiste (Jdt 4,1-8).
  • Holopherne cherche le moyen de forcer le passage de Béthulie pour pénétrer jusqu'en Judée tandis qu'Israël se recommande à Dieu (Jdt 4,9-5,2).

Outre la conquête militaire, Holopherne est chargé d'établir le culte de Nabuchodonosor et de remplacer toute religion existante. C'est donc la destruction programmée du temple d'Israël (Jdt 3,8 ; 6,1-4). Un conflit religieux se noue alors, dans lequel Dieu se tient au côté du peuple Juif, ce qu'explique bien le discours d'Achior (Jdt 5,5-21). A cette assurance de l'invincibilité de la fidèle Israël, Holopherne répond par sa confiance dans le roi et dans la faiblesse d'Israël. Le siège de Béthulie se révèle comme l'épreuve de la foi en Dieu (Jdt 7).

Le drame et la victoire des juifs (Jdt 8-16)

  • Présentation de Judith, une jeune veuve, sage, pieuse et volontaire (Jdt 8,1-10).
  • Face aux craintes et au désespoir des chefs et des habitants de la ville, elle se pose comme profondément confiante en Dieu (Jdt 8,11-20) qui ne les a jamais abandonnés. Il s'agit seulement d'une épreuve où chacun doit tenir sa place.
  • Ozias est rempli de confusion (Jdt 8,28-31) et Judith annonce qu'elle va agir, en secret (Jdt 8,32s).
  • Après avoir prié (Jdt 9) et s'être parée, elle sort de Béthulie avec une servante et des provisions pures pour se rendre devant Holopherne (Jdt 10,1-17).
  • Se produit un grand trouble dans le camp adverse à son arrivée (Jdt 10,18-23).
  • Trompant le général ennemi et son état-major par un discours rusé (Jdt 11,1-19), Judith accepte de se rendre au festin (Jdt 12,10-18) ainsi que de rester avec Holopherne pour la nuit (Jdt 13,1ss).
  • Ayant invoqué le Seigneur, elle décapite Holopherne, emporte sa tête dans un sac et rentre à Béthulie (Jdt 13,4-10).
  • A Béthulie, émerveillement général (Jdt 13,11-20) et conversion d'Achior (Jdt 14,5-10).
  • N'en restant pas là, Judith propose d'attaquer les Assyriens (Jdt 14,1-4). Devant cette offensive feinte, ces derniers veulent avertir leur général et paniqués devant son cadavre, s'enfuient en désordre poursuivis par les Juifs (Jdt 14,11-15,7).
  • Les Juifs pillent alors le camp assyrien (Jdt 15,11-14) et rendent hommage à Judith (Jdt 15,8ss). Après une solennelle action de grâces de tous les habitants à Jérusalem (Jdt 15,13-16,20), Judith mène une longue vie, puis, à sa mort, est enterrée avec son époux (Jdt 16,21-25).

Genres littéraires

Les incohérences historiques sont au service de la mise en relief du conflit religieux.

Un récit apparenté aux apocalypses.

Holopherne, général de Nabuchodonosor, symbolise les puissances du mal, et Judith (en traduction "la juive") le parti de Dieu et du peuple juif. Malgré les menaces d'anéantissement, c'est ce dernier camp qui remporte la victoire. Ce livre est proche de ceux de Daniel, Ézéchiel et Joël, par la situation dans la plaine d'Esdrelon, près de la plaine d'Harmagedôn, lieu de la bataille eschatologique (Ap 16,16).

Sens religieux universel

La victoire de Judith est celle de la fidélité et de la piété, du respect des règles de pureté. Le texte polémique aussi avec les rumeurs qui font des juifs un peuple à l'origine servile, et les dément. Ce texte est l'un des rares à mettre en scène un processus de conversion au judaïsme.

Le livre ouvre une perspective universaliste, puisque Jérusalem est sauvée par la victoire de Béthulie, en Samarie, que le judaïsme strict considère comme impie, c'est un Ammonite qui donne son sens au conflit, et finit par se convertir.

CONTEXTE

Histoire et géographie

Le livre de Judith contient de nombreuses approximations historiques et géographiques.

Le récit daté du règne de « Nabuchodonosor, roi des Assyriens, qui régnait à Ninive » (Jdt 1,5) ; or Nabuchodonosor règne à Babylone et Ninive a été ruinée par son père Nabopolassar. Le livre sous-entend que les exilés sont déjà rentrés (Jdt 4,3 ; 5,19). Si Holopherne et Bagoas sont des noms perses, des coutumes grecques sont aussi mentionnées (Jdt 3,7s ; 15,13).

Le chemin emprunté par l'armée d'Holopherne (Jdt 2,21-28) est très étonnant. La plupart des noms de Samarie sont inconnus ou étranges, et Béthulie elle-même est introuvable. 

Auteur/s et datation

Il est très difficile de dater précisément le livre et de lui attribuer un auteur. Les allusions aux coutumes grecques (par exemple, la manière de célébrer la victoire à Béthulie, qui suit un modèle hellénistique et non pas biblique) et les points de contact avec la théologie du Siracide (vers 200 av. J.-C.) nous invitent à dater le livre du milieu du 2e s. av. J.-C. Ces éléments nous conduisent d'autre part à le situer en Palestine, dans le contexte de la révolte des Maccabées qui engendre un regain d'ardeur nationale et religieuse contre Antiochus Epiphane. A partir d’un récit plus ancien, la visée illocutoire du texte serait de galvaniser le courage du peuple menacé et sa foi en l’aide indéfectible de Dieu.

RECEPTION

Canonicité

Canon juif

Les Juifs ne parlent pas beaucoup du livre de Judith.

  • Ni Flavius Josèphe, ni Philon ne le citent.
  • Le Talmud ne lui reconnaît qu'une inspiration inférieure et l'exclut du canon.
  • Mais Origène (†254) et Jérôme (†420) avancent que les Juifs le lisent.
  • Il est traduit et commenté dans des Targums.

Canon chrétien

Le livre est cité par :

  • Clément de Rome (†ca. 99),
  • Clément d'Alexandrie (†215), Tertullien (†230), Origène,
  • Basile de Césarée (†379), Éphrem le Syrien (†373), Ambroise de Milan (†397),
  • et Augustin (†430).

Les grands manuscrits grecs du 4e s. ap. J.-C. l'incluent tous. A travers eux s'affirme la tradition de l'Église orientale de langue grecque.

Cependant des doutes prennent naissance dans les Églises de Palestine et d'Asie Mineure, ce qu'atteste le silence du Canon de Méliton de Sardes (†ca. 180). Origène s'en fait l'écho puis Cyrille de Jérusalem (†386), Grégoire de Nazianze (†390), Amphiloque d’Iconium (4ème s. ap. J.-C.) et Épiphane de Salamine (†403). En Occident Hilaire de Poitiers (†367), Rufin d’Aquilée (†410) et Jérôme ne croient pas à la canonicité du livre de Judith (mais il le traduit et le cite alors qu'il n'est pas canonique pour les juifs). Encore faut-il préciser que Jérôme, comme Origène, se montre indécis.

Ces doutes cessent en Occident avec les conciles d'Hippone (393) et de Carthage (397), le décret de Gélase (qui reprend une décision du concile romain de 382), la lettre d'Innocent Ier à Exupère (405), et en Orient avec le Concile « In trullo » de 692. Cette foi est réitérée dans les décrets des conciles catholiques généraux avec la liste adressée aux Jacobites par le Concile de Florence (1441) et enfin la définition du Concile de Trente (1546).

Importance traditionnelle

Postérité juive

Le livre de Judith est d'une grande importance pour la reconstitution de l'élaboration des lois alimentaires dans le judaïsme antique : les aliments que Judith emporte sont ceux que, selon la Mishna, les juifs ne peuvent consommer s'ils ont été produits ou préparés par des non-juifs.

Exégèse chrétienne

De nombreux Pères ont fait l’éloge de Judith :

  • Clément de Rome, dans sa Première lettre aux Corinthiens, évoque, « la bienheureuse Judith, (qui) pendant le siège de la ville demande aux anciens qu’on la laissât sortir dans le camp des étrangers. S’exposant donc au danger, elle sortit par amour de la patrie et du peuple assiégé. Et le Seigneur livra Holopherne dans la main d’une femme » (55, 4-5, vers l’an 96).
  • Clément d’Alexandrie la cite comme exemple parmi d’autres pour montrer que les femmes comme les hommes peuvent atteindre la perfection (Stromates IV, 19).
  • Tertullien la cite dans son traité Sur la Monogamie (17).
  • Origène fait l’éloge de sa prière (Sur la prière 13) qu’il introduit (Jdt 8,26s) aussi dans son explication de la demande de ne pas entrer en tentation, (Sur la prière 29). Il prend enfin Judith, Esther et Jacob en exemple pour montrer qu’un mensonge prudent et limité peut être licite (Homélies sur les Juges 9, 1 et Jérôme, Apologie contre Rufin I, 18).
  • Méthode d’Olympe (†311) loue sa chasteté (Le banquet des dix vierges 11, 2).
  • Les Constitutions apostoliques (vers 380) la mettent au nombre des prophétesses (VIII, 2, 8) : aux fausses veuves s’oppose la très sage Judith, qui priait jour et nuit (III, 7, 6), et qui jeûnait (V, 20, 16). Elle est encore citée dans l’énumération des bienfaits divins accordés dans le passé (VII, 38, 2).
  • Ambroise de Milan aussi la cite en exemple (Des devoirs 3, 13-14, Lettres 1, 63, 29).
  • De même, Chromace d’Aquilée (†407), à propos de la recommandation de jeûner en secret, la donne en illustration (Sur Matthieu 15, 2).
  • Jean Chrysostome (†407) fait l’éloge des femmes comme Judith ou Débora (Homélies sur Jean 61,4).
  • Prudence (†ca. 413) propose une lecture morale allégorique du meurtre d’Holopherne et voit en la foi de Judith une figure de l’ère chrétienne (Psychomachie 60-68).
  • Jérôme (Lettres 54, 16 et 64, 1) la nomme dans ses énumérations des saintes femmes. Il en fait aussi une figure de l'Église (Commentaire sur Sophonie, prologue) ; sa victoire est déjà une réalisation de l’oracle d’Is 14,2.
  • Paulin de Nole (†431) la mentionne entre Yaël et Ézéchiel, comme figure de la foi (Poème 26, vv. 162-166).
  • Augustin cite Jdt 5,5-9, car son exemple illustre la réaction à adopter dans une situation obscure (La cité de Dieu 16, 13).
  • Fulgence de Ruspe (†533), dans une lettre adressée à une veuve, la cite en exemple de chasteté et met en parallèle ses vertus et celles d’Anne dans le Nouveau Testament (Lettres 2, 10-14).

Néanmoins ils n’ont pas commenté le livre de Judith. Les premiers commentateurs sont :

  • Raban Maur (†856) : Expositio in Librum Judith ;
  • la Glose ordinaire ;
  • Hugues de Saint-Victor (†1141) Allegoriae in Vetus Testamentum, in Librum Judith ;
  • Nicolas de Lyre (†1349) : Postilla litteralis super totam Bibliam ;
  • Denys le Chartreux (†1471) :  Enarratio in librum Judith.

Plus tard, entre autres, se trouvent les commentaires particuliers de .

  • Jakob Ziegler (†1549), Frédéric Nauséa (†1552), Claude Badvel (†1567), Victorin Strigel (†1569), Jacques de Pamèle (†1587),
  • Nicolaus Serarius (†1609), Gaspar Sánchez (†1628), Hugo Grotius (†1645), Joseph de la Cerda (†1645),Luc Velloso (†1653), Diego de Celada (†1661), Isaac-Louis Lemaistre de Sacy (†1684), Claude de Thomassin (†1692),
  • Johann Christoph Artopoeus (†1702), Johann Albert Fabricius (†1736), Bernard de Montfaucon (†1741)

Commentaires généraux de la Bible de Guillaume Estius (†1613), Cornelius a Lapide (†1637), Giovanni Stefano Menochio (†1655) Augustin Calmet (†1757).

Réception culturelle

Judith, par sa beauté et sa force de caractère, a été au long des siècles une source d’inspiration pour tous les arts.

  • On trouve son image sur des menorahs et dans de nombreuses enluminures médiévales.
  • Judith et Holopherne, et plus spécialement la décapitation d’Holopherne sont le sujet de très nombreux tableaux.
  • La sculpture de Donatello, Judith et Holopherne, est même devenue l’emblème de la cité de Florence et le symbole de la renaissance florentine.
  • Pareillement, en musique, l’oratorio de Vivaldi, Juditha triumphans, célèbre la victoire de Venise sur les Turcs.

Judith 1

La guerre entre Nabuchodonosor et Arfaxad

1

ICI COMMENCE LE LIVRE DE JUDITH

Ainsi donc Arfaxad, roi des Mèdes, avait soumis à son empire beaucoup de nations

et il bâtit une ville très fortifiée, qu’il appela « Ecbatane ».

2

Il lui fit des murs en pierres de taille

d'une hauteur de soixante-dix coudées, d'une largeur de trente coudées ; 

ses tours, en plus, il les éleva à une hauteur de cent coudées

3

de section carrée, chaque côté s'étendant en plus sur une largeur de vingt pieds

et il fit élever les portes en proportion de la hauteur des tours.

4

Il se glorifiait comme puissant de la puissance de son armée et de la gloire de ses chars.

5

Or, la douzième année de son règne,

Nabuchodonosor, roi des Assyriens,

qui régnait à Ninive, la grande ville, fit la guerre à Arfaxat

et le vainquit

6

dans la grande plaine appelée Ragaü

avec l’aide de ceux qui habitent près de l’Euphrate, du Tigre et du Jiadas, dans la plaine d’Érioch, le roi des Éliciens.

7

Alors fut exaltée la domination de Nabuchodonosor et son cœur s’éleva :

il envoya à tous ceux qui habitaient en Cilicie, à Damas et au Liban,

8

aux peuples du Carmel, de Quédar,

aux habitants de la Galilée, dans la grande plaine d’Esdrelon

9

à tous ceux qui étaient en Samarie au-delà du fleuve du Jourdain, jusqu’à Jérusalem, et dans tout le pays de Jessé,  

partout où on pouvait parvenir jusqu’aux montagnes d’Éthiopie,

10

à tous ceux-là, Nabuchodonosor, roi d’Assyrie, envoya des messagers.

11

Et tous d’un commun accord opposèrent un refus : 

ils les renvoyèrent les mains vides et les rabaissèrent sans honneur.

12

Alors le rois Nabuchodonosor entra dans une colère contre toute cette terre

et il jura par son royaume et son trône

qu'il se défendrait contre toutes ces régions.

13

14

15

 

16

 

Judith 2

Holopherne est chargé d’une expédition punitive

1

La treizième année du roi Nabuchodonosor,

le vingt-deuxième jour du premier mois,

une parole fut donnée, dans la maison de Nabuchodonosor, roi d’Assyrie : qu'il se défendît.

2

Et il convoqua tous les anciens, tous ses chefs et ses guerriers

et il tint avec eux un conseil secret.

3

Il leur dit qu'il avait en lui-même pour dessein

de soumettre toute la terre à son empire.

4

Ce discours ayant été approuvé de tous

le roi Nabuchodonosor convoqua Holopherne, général en chef de son armée

5

et il lui dit :

— Mets-toi en marche contre tous les royaumes d’Occident

et principalement contre ceux qui ont méprisé mon ordre.

6

Mon œil n’épargnera aucun royaume, et tu me soumettras toutes les villes fortes.

7

Alors Holopherne appela les chefs et les officiers de l’armée des Assyriens

dénombra ses hommes pour l’expédition, comme le lui ordonnait le roi :

au nombre de cent vingt mille fantassins

et douze mille archers à cheval.

8

Il fit précéder toute son armée d’une multitude innombrable de chameaux

avec de quoi suffire largement aux troupes

et d’innombrables troupeaux de bœufs et troupeaux de moutons.

9

Il fit préparer sur son passage du blé de toute la Syrie.

10

Il prit de la maison du roi des sommes immenses d’or et d’argent.

11

Et il se mit en marche, lui et toute l’armée, avec les chariots, les cavaliers et les archers

qui couvraient la face de la terre comme des sauterelles.

12

Ayant franchi la frontière de l’Assyrie,

il arriva aux grandes montagnes d’Angé, qui sont à gauche de la Cilicie,

il pénétra dans toutes leurs forteresses

et s’empara de tous les retranchements.

13

Puis il emporta d’assaut la célèbre ville de Méluthe

et pilla tous les enfants de Tarse, ainsi que les enfants d’Ismaël

qui étaient en face du désert et au sud de la terre de Héléon.

14

Il passa l’Euphrate, entra en Mésopotamie

et força toutes les places fortes qui s'y trouvaient,

du torrent de Mambre jusqu’à atteindre la mer.

15

Et il s’empara de ses frontières depuis la Cilicie jusqu’au territoire de Japheth, qui s’étend vers le sud.

16

Il emmena captifs tous les fils de Madian, pilla toutes leurs richesses

et fit périr, passés par le glaive dévorant tous ceux qui lui résistèrent.

17

Il descendit ensuite dans les campagnes de Damas, au temps de la moisson,

brûla toutes les plantations et fit couper tous les arbres et toutes les vignes.

18

Et la terreur envers lui s’empara de tous les habitants de la terre.

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Judith 3

Holopherne se dirige vers la Judée

1

Alors les rois et les princes de toutes villes et de tous pays,

c'est-à-dire de la Syrie Mésopotamienne, de la Syrie de Sobal, de la Libye et de la Cilicie,

envoyèrent leurs ambassadeurs,

qui se rendirent auprès d’Holopherne et dirent :

2

— Que cesse ta colère contre nous :

il vaut mieux que, vivants, nous servions Nabuchodonosor, le grand roi, et nous soumettions à toi

plutôt que, mourant avec notre ruine, vous-mêmes vous supportiez les dommages de de notre réduction en esclavage.

3

Toute ville à nous, toute possession,

toutes montagnes, collines et champs

troupeaux de bœufs, de brebis, de chèvres, de chevaux, de chameaux,

et tous nos biens et nos familles sont sous ton regard : 

4

qu'ils soient tous sous ta loi !

5

Nous-mêmes, désormais, et nos enfants, nous sommes tes esclaves : 

6

viens à nous en maître pacifique

et use de notre servitude comme il te plaira !

7

Holoferne descendit alors des montagnes avec ses cavaliers, en grande force,

et il se rendit maître de toutes les villes et de tous les habitants du pays.

8

Il prit de toutes les villes, pour en faire des auxiliaires, des hommes vaillants, recrues de choix pour la guerre.

9

Or, telle était la frayeur qui pesait sur ces provinces

que les habitants de toutes les villes,

magistrats et notables aussi bien que gens du peuple, sortaient à son approche au-devant de lui,

10

le recevant avec des couronnes et des flambeaux, et dansant au son des tambours et des flûtes.

11

Néanmoins, même par cette conduite, ils ne purent adoucir la férocité de son cœur.

12

Il détruisit en effet leurs villes et rasa leurs bois sacrés.

13

Car le roi Nabuchodonosor lui avait ordonné d’exterminer tous les dieux de la terre

afin de pouvoir lui-même, seul, être appelé « dieu » par [toutes] les nations qui pussent passer sous le joug par la puissance d'Holopherne.

14

Or, parcourant la Syrie de Sobal, toute l’Apamée et toute la Mésopotamie

il arriva chez les Iduméens dans le pays de Gabaa,

15

prit leurs villes

et s'arrêta là trente jours,

jours durant lesquels il fit rassembler toutes les troupes de son armée.

Judith 4

Les Judéens préparent la résistance

1

Les fils d’Israël qui habitaient dans la terre de Judée, apprenant ces choses

furent saisis d'une grande crainte à son aspect.

2

En outre, la terreur et l’horreur s'emparèrent de leurs sens

à l'idée qu'il fasse à Jérusalem et au Temple du Seigneur

ce qu'il avait fait aux autres villes et à leurs temples.

3

Et ils firent avertir dans toute la Samarie, par un circuit allant jusqu’à Jéricho,

et, par avance, ils prirent position aux sommets de toutes les montagnes.

4

Et ils entourèrent leurs bourgs de murailles et accumulèrent le blé en prévision de la lutte.

5

Le grand prêtre Éliachim écrivit aussi à tous ceux qui demeuraient en face d’Esdrelon

qui est en vue en face de la grande plaine qui est près de Dothaïn

et à tous ceux chez qui étaient les passages

6

pour qu'ils occupent les versants des montagnes par où l’on pouvait aller à Jérusalem,

et gardent les défilés qui pouvaient offrir un chemin vers les montagnes.

7

Et les fils d’Israël firent selon ce qu'avait disposé pour eux le prêtre du Seigneur Éliachim.

8

Et tout le peuple invoqua le Seigneur avec grande instance

et ils humilièrent leur âme par le jeûne et la prière, eux et leurs femmes.

Les grandes supplications

9

Les prêtres se revêtirent de cilices

et les enfants se prosternèrent devant le Temple du Seigneur

et l’on couvrit d’un cilice l’autel du Seigneur.

10

Et d’un cœur unanime ils crièrent vers le Seigneur Dieu d’Israël, afin qu’il ne permît pas que leurs enfants devinssent proies

ni leurs femmes butin à partager

que leurs villes fussent détruites ni leur sanctuaire profané.

11

Alors Éliachim, le grand prêtre du Seigneur, parcourut tout le pays d’Israël

et il s’adressa à eux

12

en disant :

— Sachez que le Seigneur a entendu vos supplications,

si vous restez persévérants dans le jeûne et la prière en présence du Seigneur !

13

Souvenez-vous de Moïse, serviteur du Seigneur :

Amalec, confiant dans sa force et dans sa puissance, dans son armée,

dans ses boucliers, dans ses chars et dans ses défenses,

il le chassa, non en combattant avec le fer, mais en suppliant par de saintes prières.

14

Il en sera ainsi de tous les ennemis d’Israël, si vous persévérez dans l’œuvre que vous avez commencée.

15

À la suite de son exhortation, suppliant le Seigneur,

ils demeuraient en présence du Seigneur

16

si bien que même ceux qui venaient offrir des holocaustes au Seigneur

offraient leurs sacrifices au Seigneur les reins ceints de cilices

et la cendre sur la tête.

17

Et tous priaient Dieu de tout leur cœur, afin qu’il visitât son peuple Israël.

Judith 5

Holopherne tient un conseil de guerre

1

On annonça à Holopherne, chef de l’armée des Assyriens

que les fils d’Israël se préparaient à résister

et qu’ils avaient fermé les passages des montagnes.

2

Et il s'enflamma d'une colère extraordinaire, en une grande rage,

et il appela tous les princes de Moab et les chefs d’Ammon

3

et il leur dit :

— Dites-moi quel est ce peuple qui occupe les montagnes,

quelles sont leurs villes, quelle en est la force et l’importance,

quelle est leur puissance militaire, quel est leur nombre

et quel chef les commande.

4

Pourquoi eux, de tous ceux qui habitent l’Orient, nous ont-ils méprisés

et ne sont pas sortis au-devant de nous pour nous recevoir en paix ?

Le discours d’Ahior

5

Alors Ahior, chef de tous les fils d’Ammon, lui dit en réponse :

— Si tu daignes m’écouter, mon seigneur, je dirai devant toi la vérité :

sur ce peuple qui habite dans les montagnes

et aucune parole fausse ne sortira de ma bouche.

6

Ce peuple est de la lignée des Chaldéens.

7

Il habita d’abord en Mésopotamie

parce qu’ils ne voulaient pas suivre les dieux de leurs pères

qui étaient dans la terre des Chaldéens.

8

Ayant donc abandonné les rites de leurs ancêtres

qui s'adressaient à une multitude de dieux,

9

ils adorèrent le seul Dieu du ciel

qui leur ordonna à la fois de sortir de leur pays et d’aller demeurer en Haran.

La famine ayant envahi toute la terre, ils descendirent en Égypte

et là, durant quatre cents ans, ils se multiplièrent tant que la troupe qu'ils formaient ne put plus être dénombrée.

10

Le roi d’Égypte les opprimant

et les réduisant en esclavage pour construire de ses villes de mortier et de brique,

ils invoquèrent le Seigneur, leur Dieu, et il frappa de différentes plaies tout le pays d’Égypte.

11

Les Égyptiens les ayant chassés de chez eux, et la plaie ayant cessé de les frapper

(quoi qu'ils eussent cherché à les recapturer

pour les réduire en esclavage de nouveau)

12

alors qu'ils les fuyaient, Dieu, du ciel, ouvrit devant eux la mer,

en sorte que les eaux devinrent solides comme une muraille de chaque côté,

et qu’ils passèrent en marchant à pied sec au fond de la mer

13

où, alors que les poursuivait l’innombrable armée des Égyptiens,

elle fut si bien recouverte sous les eaux qu’il n’en resta pas un seul pour raconter l'événement à la postérité.

14

Puis, sortis de la mer Rouge, ils allèrent vers les déserts du mont Sinaï

dans lesquels aucun homme ne put jamais s'établir, ni aucun fils d’homme se reposer.

15

Là les fontaines amères s'adoucirent pour qu'ils boivent

et durant quarante ans ils reçurent du ciel leur nourriture.

16

Partout où ils s’avancèrent sans arc ni flèche, bouclier ni épée,

leur Dieu combattit pour eux et remporta la victoire.

17

Et nul n’a jamais triomphé de ce peuple,

si ce n’est quand il s’est éloigné du service du Seigneur, son Dieu.

18

Mais toutes les fois qu'outre lui, leur Dieu, ils en ont adoré un autre,

ils ont été livrés au pillage, à l’épée et à l’opprobre.

19

Et à chaque fois qu’ils se sont repentis d’avoir abandonné le service de leur Dieu,

le Dieu du ciel leur a donné la force de résister à leurs ennemis.

20

Enfin ils ont vaincu les rois Cananéen, Jébuséen, Férézien

Héttéen, Évéen, Amorrhéen

et tous les puissants d’Ésebon

et ils ont pris possession de leurs terres et de leurs villes.

21

Tant qu’ils ne péchèrent pas en présence de leur Dieu le bonheur fut avec eux,

car leur Dieu hait l’iniquité.

Ahior est condamné et livré aux Israélites

22

En effet, avant ces dernières années mêmes, s’étant éloignés de la voie où Dieu leur avait commandé de marcher

ils furent anéantis dans les combats par de nombreuses nations

et beaucoup d’entre eux ont été emmenés captifs dans une terre étrangère.

23

Mais depuis peu, étant revenus à leur Dieu depuis la dispersion dont ils avaient été dispersés, ils se sont réunis

ils ont gravi toutes ces régions montagneuses, et de nouveau sont en possession de Jérusalem où sont leurs lieux saints.

24

Maintenant donc, mon seigneur, prends des informations :

s’il y a quelque iniquité de leur part devant leur Dieu

montons contre eux, car leur Dieu, les laissant, te les livrera certainement

et ils seront assujettis au joug de ta puissance.

25

Mais s'il n'y a pas d'offense de ce peuple devant son Dieu

nous ne pourrons pas tenir devant eux

car leur Dieu les défendra

et nous deviendrons un objet de moquerie pour toute la terre.

26

Lorsqu’Ahior eut cessé de parler

tous les grands d’Holopherne parlèrent avec colère, et

songeaient à le tuer, se disant les uns aux autres :

27

— Il se prend pour qui, à dire que les fils d’Israël puissent résister au roi Nabuchodonosor et à ses armées,

eux, des gens sans armes ni force ni connaissance de l’art de la guerre ?

28

Pour qu'Achior mesure son erreur, gravissons ces montagnes, nous,

et, une fois capturés les plus forts d’entre eux,

nous le passerons par l'épée avec eux !

29

afin que toute nation sache que Nabuchodonosor est le dieu de la terre

et qu’il n’y en a point d’autre que lui.

Judith 6

1

Lorsqu’ils eurent cessé de parler, Holopherne, transporté de fureur, dit à Ahior :

2

— Puisque tu prophétises en nous disant que le peuple d’Israël sera défendu par son Dieu,

pour que je te montre qu’il n’y a de dieu que Nabuchodonosor,

3

lorsque nous les aurons frappés tous comme un seul homme,

tu périras toi-même par l’épée des Assyriens

et tout Israël sera anéanti avec toi par la ruine.

4

Tu connaîtras ainsi que Nabuchodonosor est le maître de toute la terre.

Et alors l’épée de mes soldats traversera tes flancs,

tu tomberas percé parmi les blessés d’Israël

et tu ne respireras plus, jusqu’à ce que tu sois exterminé avec eux.

5

Si tu crois que ta prophétie est véritable,

que ton visage ne s'abatte pas !

Et que la pâleur qui couvre ta face s’éloigne de toi,

si tu t’imagines que mes paroles que tu viens d'entendre ne puissent s’accomplir.

6

Mais pour que tu saches bien que tu subiras cela  avec eux

voici : dès ce moment te voilà associé à leur peuple

afin que, lorsqu'ils recevront de mon épée le châtiment qu'ils méritent

toi-même, tu tombes avec eux sous une même  vengeance.

7

Alors Holopherne donna ordre à ses serviteurs de saisir Ahior

de le conduire vers Béthulie

et de le livrer aux mains des fils d’Israël.

8

Les serviteurs d’Holopherne, l'ayant pris, sortirent dans  la plaine,

mais lorsqu’ils furent près de la montagne

les frondeurs sortirent contre eux.

9

Mais ils s'éloignèrent du côté de la montagne,

lièrent Ahior à un arbre par les mains et les pieds,

et revinrent vers leur maître.

10

Alors les fils d’Israël, descendant de Béthulie, vinrent à lui

et, l’ayant délié, ils l’amenèrent à Béthulie ; le plaçant au milieu du peuple,

ils lui demandèrent pour quelle raison les Assyriens l’avaient abandonné ainsi garrotté.

11

En ces jours-là, Ozias, fils de Micha, de la tribu de Siméon

et Carmi, nommé aussi Gothoniel, étaient les chefs en ce lieu

12

Ahior rapporta donc au milieu des anciens et en présence de tous

tout ce qu’il avait répondu aux questions d’Holopherne,

comment les gens d’Holopherne avaient voulu le tuer à cause de ce discours,

13

et comment Holopherne lui-même, en colère, avait pour cette raison ordonné qu’on le livrât aux Israélites : 

afin qu'en même temps qu'il vaincrait les fils d’Israël

il fît périr en divers supplices Ahior lui-même,

puisqu'il avait dit que le Dieu du ciel était leur défenseur.

14

et, mêlant leurs gémissements et leurs larmes, ils répandirent d’un même cœur leurs prières devant le Seigneur

15

en disant :

— Seigneur, Dieu du ciel et de la terre, vois leur orgueil

et considère notre abaissement, 

regarde la face de tes saints, 

montre que tu n’abandonnes pas ceux qui mettent en toi leur confiance

et que tu abaisses ceux qui présument d’eux-mêmes et s’enorgueillissent de leur puissance.

16

Une fois les pleurs finis et la prière du peuple, au terme d'une journée complète,

ils consolèrent Ahior

17

en disant :

— Le Dieu de nos pères dont tu as proclamé la puissance

t’accordera cette récompense de voir plutôt leur ruine !

18

Et lorsque le Seigneur notre Dieu aura donné cette délivrance à ses serviteurs,

que Dieu soit encore avec toi au milieu de nous,

afin que, selon qu’il te plaira, tu vives avec nous, toi et tous les tiens.

19

Quand l’assemblée se fut séparée, Ozias le reçut dans sa maison et lui offrit un grand dîner.

20

Après avoir invité tous les prêtres ensemble, le jeûne étant passé, ils se remirent.

21

Puis tout le peuple se rassembla de nouveau et ils prièrent toute la nuit dans le sanctuaire,

implorant le secours du Dieu d’Israël.

Judith 7

Béthulie assiégée

1

Le lendemain, Holopherne donna l’ordre à ses troupes de monter contre Béthulie.

2

Les fantassins étaient cent vingt mille combattants, et les cavaliers vingt-deux mille

sans compter la préparation de ces hommes que la captivité avait occupés

et qui, de toute la jeunesse, avaient été amenés des provinces et des villes.

3

Tous ensemble se préparèrent au combat contre les fils d’Israël

et vinrent par le pied de la montagne jusqu’au sommet

qui regarde Dothaïn : ils campèrent depuis le lieu appelé Belma, jusqu’à Quelmon, qui est vis-à-vis d’Esdrelon.

4

Quand les fils d’Israël aperçurent leur multitude

ils se prosternèrent contre terre et, se couvrant la tête de cendres

priant tous ensemble le Dieu d’Israël de faire éclater sa miséricorde sur son peuple

5

puis, ayant pris leurs armes de guerre, ils occupèrent les lieux

qui forment un sentier au passage étroit entre les montagnes

et ils y faisaient la garde jour et nuit.

6

Or alors qu'il faisait une ronde alentour, Holopherne

découvrit qu'une fontaine, qui affluait, alimentait leur aqueduc

en dehors de la ville, du côté du midi, laquelle y conduisait ses eaux par un aqueduc

et il fit couper leur aqueduc.

7

Cependant il y avait, non loin des murs, des sources dont on avait vu les assiégés puiser l’eau à la dérobée

plutôt, ce semble, pour se réconforter que pour boire.

8

Mais les fils d’Ammon et de Moab vinrent trouver Holopherne, en disant :

— Les fils d’Israël n’ont confiance ni dans leurs lances ni dans leurs flèches

mais les montagnes les défendent

et les collines suspendues sur des précipices les protègent.

9

Afin donc que tu puisses triompher d’eux sans livrer bataille

place près des sources des gardes pour qu'ils n'y puisent pas ; tu les tueras ainsi sans glaive

ou bien, certainement à bout, ils rendront leur ville, ville dont ils pensent que, placée sur les montagnes, on ne peut la vaincre.

10

Ces paroles plurent à Holopherne et à tous  ses officiers

et il fit mettre un poste de cent hommes autour de chaque fontaine.

11

Cette garde ayant été faite pendant vingt jours

toutes les citernes et les réservoirs d’eau furent à sec pour tous les habitants de Béthulie

de sorte qu’il ne restait pas dans la ville de quoi rassasier leur soif même un seul jour

car on distribuait chaque jour au peuple l’eau par mesure.

12

Alors tous les hommes et les femmes, les jeunes gens et les enfants se rassemblèrent auprès d’Ozias

et d’une commune voix

13

dirent :

— Que Dieu soit juge entre toi et nous

car tu as agi pour notre malheur en refusant de faire des propositions de paix aux Assyriens 

et c’est pour cela que Dieu nous a livrés entre leurs mains.

14

C’est pourquoi il n’y a personne qui nous aide, alors que nous sommes anéantis dans la soif et dans une grande misère sous leurs regards.

15

Et maintenant, assemblez tous ceux qui sont dans la ville

afin que nous nous rendions tous volontairement aux gens d’Holopherne.

16

Car il vaut mieux que, captifs, nous bénissions Dieu, en vie, plutôt que de mourir et d’être en opprobre à toute chair

après avoir vu nos femmes et nos enfants périr sous nos yeux.

17

Nous prenons aujourd’hui à témoin le ciel et la terre, et le Dieu de nos pères, qui nous châtie selon nos péchés

pour que tu livres incessamment la ville entre les mains des soldats d’Holopherne

et que notre fin soit brève par le glaive dévorant

alors qu'elle s'accomplit plus lentement dans la sécheresse de la soif.

18

Lorsqu’ils eurent ainsi parlé

il se fit des lamentations et de grands cris dans toute l’assemblée ;

et tous, d’une voix, pendant de nombreuses heures, crièrent vers Dieu, en disant :

19

— Nous avons péché avec nos pères, nous avons agi injustement, nous avons commis l’iniquité.

20

Toi qui es miséricordieux, aie pitié de nous,

ou bien tire vengeance de nos crimes par ton châtiment

et ne livre pas ceux qui te reconnaissent à un peuple qui ne te connaît point

21

afin qu’on ne dise pas parmi les nations : — Où est leur Dieu ?

22

Et lorsque, fatigués par ces cris et épuisés par ces pleurs, ils se turent

23

alors Ozias se leva, baigné de larmes, et dit :

— Ayez bon courage, mes frères, et attendons pendant ces cinq jours la miséricorde du Seigneur.

24

Car peut-être mettra-t-il fin à sa colère

et donnera-t-il gloire à son nom.

25

Ces cinq jours passés, si le secours n’est pas venu,

nous ferons ce que vous avez dit.

Judith 8

Présentation de Judith

1

Il advint, lorsqu'elle entendit cela, que Judith, une veuve

qui était fille de Mérari, fils d’Idox, fils de Joseph

fils d’Ozias, fils d’Élaï, fils de Jamnor

fils de Gédéon, fils de Rafoïn, fils d’Ahitob

fils de Mélquia, fils d’Énam, fils de Nathanie

fils de Salathiel, fils de Siméon, fils de Ruben

2

et son mari était Manassé

qui était mort au temps de la moisson de l’orge.

3

En effet, il surveillait ceux qui liaient les gerbes dans les champs

et la chaleur le frappa à la tête, et il mourut dans Béthulie, sa ville, et y fut inhumé avec ses pères.

4

Il y avait déjà trois ans et six mois que Judith était restée veuve.

5

Elle s’était fait, en haut de sa maison, une chambre retirée

où elle demeurait enfermée avec ses servantes.

6

Les reins couverts d’un cilice

elle jeûnait tous les jours de sa vie

excepté les jours de sabbat et de nouvelle lune et les fêtes de la maison d’Israël.

7

Elle était d'un aspect très élégant

et son mari lui avait laissé de grandes richesses, de nombreux serviteurs

et des domaines remplis de troupeaux de bœufs et de troupeaux de brebis.

8

Et elle, en cela, elle était en grande estime auprès de tous parce qu'elle craignait beaucoup le Seigneur

et il n’y avait personne qui dît d’elle une parole de blâme.

9

Elle, donc, lorsqu'elle entendit qu’Ozias avait promis

de livrer la ville passé le cinquième jour,

elle envoya chercher  les prêtres Cabri et Carmi.

10

Ils se rendirent auprès d’elle, et elle leur dit :

— Comment Ozias a-t-il pu dire qu'il livrerait la ville aux Assyriens

si dans cinq jours il ne vous arrive pas de secours ?

Judith parle aux chefs de Béthulie

11

Et qui êtes-vous, vous qui mettez le Seigneur à l’épreuve ?

12

Ce n’est pas là une parole qui attire la miséricorde mais plutôt qui excite la colère et allume la fureur.

13

Vous avez fixé au Seigneur le moment de sa compassion, et vous lui avez marqué un jour selon votre bon plaisir !

14

Mais parce que le Seigneur est patient, faisons pénitence de cette faute

et implorons son pardon par des larmes.

15

Car Dieu ne menace point ainsi,  à la manière de l’homme

et il ne s’enflamme point de colère comme un fils d’homme.

16

Humilions donc nos âmes devant lui

et ayant mis en nous un esprit d’humilité, nous ses serviteurs

17

prions le Seigneur avec des larmes de nous faire sentir, en la manière qu’il lui plaira, les effets de sa miséricorde

afin que, comme notre coeur a été troublé par leur orgueil

ainsi même nous tirions gloire de notre humilité.

18

Car nous n’avons pas suivi les péchés de nos pères

qui ont abandonné leur Dieu et adoré des dieux étrangers.

19

C’est à cause de ce crime qu’ils ont été livrés au glaive, au pillage et au désordre causé par leurs ennemis ;

mais nous, nous ne connaissons pas d’autre Dieu que lui.

20

Attendons humblement sa consolation,

et il demandera notre sang lors du malheur de nos ennemis ;

il humiliera toutes les nations qui s’élèvent contre nous,

et il les rendra sans honneur, lui, le Seigneur notre Dieu.

21

Et maintenant, mes frères, puisque vous, qui êtes les prêtres dans le peuple de Dieu

et dont leur vie dépend de vous

relevez leurs cœurs par votre exhortation

pour qu’ils se souviennent que nos pères ont été éprouvés afin qu'ils vérifient

s’ils servaient véritablement leur Dieu,

22

ils doivent se rappeler comment notre père Abraham a été tenté, 

et comment, éprouvé par beaucoup de tribulations, il est devenu un ami estimé  de Dieu.

23

De même Isaac, de même Jacob

de même Moïse et tous ceux qui ont plu à Dieu

ont passé par beaucoup d’afflictions en demeurant fidèles.

24

Mais ceux qui n'ont  pas accepté les épreuves avec la crainte du Seigneur et leur patience

et qui ont présenté leur blâme de réprobation à l'encontre du Seigneur

25

ils ont été exterminés par l’exterminateur, et ils ont péri par les serpents.

26

Et nous, ne nous vengeons donc pas à cause des maux que nous souffrons.

27

Mais estimant que ces tourments sont moindres que nos péchés

croyons qu'il nous sont arrivés comme les verges du Seigneur dont nous, ses serviteurs, sommes châtiés pour nous amender, et non pour notre perte.

28

Et Ozias et les anciens lui répondirent :

— Tout ce que tu as dit est vrai

et il n’y a aucun défaut dans tes paroles.

29

Maintenant donc, prie Dieu pour nous, car tu es une femme sainte et craignant Dieu.

30

Et Judith leur dit :

— Comme vous reconnaissez que ce que j’ai pu dire est de Dieu

31

éprouvez si ce que j’ai résolu de faire est aussi de Dieu

et priez que Dieu rende ferme mon dessein.

32

Vous vous tiendrez cette nuit à la porte, et je sortirai, avec ma compagne,

et priez afin que dans cinq jours, comme vous l’avez dit, le Seigneur regarde son peuple Israël.

33

Mais vous, je ne veux point que vous cherchiez à savoir mon action,

jusqu’à ce que je vous avertisse, qu’on ne fasse pas autre chose

qu'une prière pour moi au Seigneur notre Dieu.

34

Et Ozias, le prince de Juda, lui dit :

— Va en paix, et que le Seigneur soit avec toi pour tirer vengeance de nos ennemis !

Et revenant sur leurs pas, ils s’en allèrent.

Judith 9

La prière de Judith

1

Eux partis, Judith entra dans son oratoire

et, mettant un cilice, elle se mit de la cendre sur la tête

et  elle se prosterna devant le Seigneur et appela le Seigneur, en disant :

2

— Seigneur, Dieu de mon père Siméon, qui lui as donné l’épée comme défense contre des étrangers

qui, dans leur impureté, s'étaient révélés comme violeurs

et avaient découvert la cuisse d'une vierge, dans sa confusion

3

et as livré leurs femmes en butin, leurs filles à l’esclavage

et toutes leurs dépouilles en partage à tes serviteurs brûlants de zèle pour ta cause

assiste-moi, je t'en prie, Seigneur, mon Dieu, moi qui suis veuve.

4

C’est toi en effet qui as opéré les actions anciennes, et qui as formé le dessein de celles qui ont suivi

et cela s'est accompli parce que toi-même l'as voulu.

5

Car toutes tes voies sont tracées d’avance

et tu as disposé tes jugements par ta prévision.

6

Regarde en ce moment le camp des Assyriens

comme tu as daigné alors regarder le camp des Égyptiens

lorsqu’ils poursuivaient les armes à la main tes serviteurs

se confiant dans leurs chars, dans leur cavalerie et dans la multitude de leurs combattants.

7

Mais tu as regardé leur camp, et les ténèbres les ont affaiblis.

8

L’abysse a retenu leurs pieds, et les eaux les ont engloutis.

9

Qu’il en soit de même, Seigneur, de ceux-ci

qui se confient dans leur multitude, dans leurs chars,

dans leurs javelots, dans leurs boucliers et dans leurs flèches, et qui sont fiers de leurs lances.

10

Ils ne savent pas que c’est toi qui es notre Dieu, toi qui dès le commencement terrassais les guerres

et dont le nom est Seigneur.

11

Lève ton bras, comme au commencement,

brise leur puissance par ta puissance,

que leur force tombe devant ta colère

eux qui se promettent de violer ton sanctuaire

de profaner le tabernacle de ton sacrifice

et d’abattre de leur épée les cornes de ton autel.

12

Fais, Seigneur, que son orgueil soit coupé par sa propre épée.

13

Qu’il se prenne aux lacs de son regard sur moi, et frappe-le par les paroles d'amour de mes lèvres.

14

Mets dans mon cœur de la fermeté pour que je le méprise

et de la force pour que je le détruise.

15

Ce sera en effet un souvenir de ton nom

qu’une main féminine l'abatte !

16

Car ta puissance, Seigneur, n’est pas dans le grand nombre

et ta volonté ne dépend pas de la force des chevaux ;

et dès le commencement les superbes ne t'ont pas plu

mais tu as toujours aimé la prière des humbles et des doux.

17

Dieu du ciel, créateur des eaux et Seigneur de toute la création

exauce-moi, malheureuse, qui te supplie

et qui mets ma confiance en ta  miséricorde.

18

Souviens-toi, Seigneur, de ton alliance

donne la parole à ma bouche, fortifie mon dessein dans mon cœur

afin que ta maison demeure dans ta sainteté

19

et que toutes les nations reconnaissent que tu es Dieu, et qu’il n’y en a point d’autre que toi.

Judith 10

Judith dans le camp ennemi auprès d’Holopherne

1

Or il advint que, lorsqu'elle eut fini de crier vers le Seigneur

elle se leva du lieu où elle était prosternée contre terre devant le Seigneur.

2

Elle appela sa servante

et descendant dans sa maison elle ôta son cilice

et se dépouilla des vêtements de son veuvage.

3

Elle se lava le corps, s’oignit de la myrrhe la plus fine,

partagea la chevelure de sa tête, mit le turban sur sa tête

se revêtit de ses vêtements de fête, mit des sandales à ses pieds

prit des bracelets, des lis, des pendants d’oreilles et des anneaux

et se para de tous ses ornements.

4

Le Seigneur lui donna encore de l'éclat

parce que tout cet ajustement reposait non sur la volupté

mais sur la vertu ;

et c’est pourquoi le Seigneur augmenta en elle cette beauté

de telle sorte qu’elle parût aux yeux de tous d’une grâce incomparable.

5

Puis elle fit prendre à sa servante une outre de vin, un vase d’huile, de la farine grillée

des fruits secs, du pain et du fromage, et elle partit.

6

Et, arrivant aux portes de la ville

elles trouvèrent Ozias et les anciens de la ville qui l’attendaient.

7

En la voyant, ils furent grandement ravis d’admiration pour sa beauté.

8

Cependant ils ne lui adressèrent aucune question, et la laissèrent passer, en disant :

— Que le Dieu de nos pères te donne sa grâce,

et qu’il affermisse par sa puissance tout dessein de ton cœur

afin que Jérusalem soit glorifiée à cause de toi

et que ton nom figure parmi ceux des saints et des justes.

9

Et ceux qui étaient présents répondirent tous d’une seule voix :

— Ainsi soit-il ! Ainsi soit-il !

10

Et Judith franchit les portes, elle et sa servante, en priant le Seigneur.

11

Or il advint que, comme elle descendait la montagne, au lever du jour

les postes avancés des Assyriens la rencontrèrent

et l’arrêtèrent, en disant :

— D’où viens-tu, et où vas-tu ?

12

Elle répondit :

— Je suis une fille des Hébreux

et je me suis enfuie de leur vue

car j'ai reconnu ce qui adviendra, à savoir qu’ils seront livrés à votre pillage

parce que, vous méprisant, ils n’ont pas voulu se rendre à vous volontairement

pour trouver grâce devant vous.

13

Sur cette question, j’ai réfléchi en moi-même, en disant :

— Je me présenterai devant le prince Holopherne, pour lui découvrir leurs secrets

et lui indiquer par quel accès il pourra les prendre

sans perdre un seul homme de son armée.

14

Lorsque les hommes eurent entendu ses paroles, ils considérèrent son visage

et la surprise était dans leurs yeux

car ils admiraient beaucoup sa beauté.

15

— Tu as sauvé ta vie, lui dirent-ils

en prenant cette résolution de descendre vers notre seigneur.

16

Sache cela, que, lorsque tu paraîtras devant lui, il te traitera bien

et que tu seras très agréable à son cœur.

Puis ils la conduisirent à la tente d’Holopherne, en l’annonçant.

17

Dès qu’elle fut entrée en sa présence, Holopherne fut aussitôt ravi de sa vue.

18

Ses gardes lui dirent :

— Qui donc pourrait mépriser le peuple des Hébreux qui a de si belles femmes ?

N'est-ce pas de bon droit que, pour elles, nous devons combattre contre eux ?

19

Judith, voyant donc Holopherne assis sous un pavillon

qui était de pourpre, d’or, d’émeraudes

et orné de pierres précieuses

20

lorsqu'elle se tourna vers son visage, l’adora en se prosternant jusqu’à terre.

Et sur l’ordre de leur maître, les serviteurs d’Holopherne la relevèrent.

Judith 11

1

Alors Holopherne lui dit :

— Aie l'esprit tranquille et ne crains pas en ton cœur,

car moi, je n’ai jamais fait de mal à quiconque a voulu servir le roi Nabuchodonosor.

2

Si ton peuple ne m’avait pas méprisé,

je n’aurais pas levé ma lance contre lui.

3

Maintenant, dis-moi pourquoi tu t’es éloignée d’eux

et tu as voulu venir vers nous ?

4

Judith lui répondit :

— Accueille les paroles de ta servante,

car si tu suis les paroles de ta servante,

le Seigneur réalisera pleinement ses desseins sur toi,

5

car Nabuchodonosor, le roi de la terre, est vivant,

et elle est vivante, sa puissance qui est en toi, pour le châtiment de toutes les âmes égarées ;

car non seulement les hommes le servent grâce à toi,

mais les animaux mêmes des champs lui obéissent.

6

En effet, le zèle de ton esprit est annoncé à toutes les nations :

on révèle à toute génération

que dans tout son royaume toi seul es bon et puissant,

et ton gouvernement est vanté à toutes les provinces.

7

Et ce qu’a dit Ahior n'est pas inconnu,

et on n’ignore pas ce que tu as ordonné qu'il lui arrive.

8

Car il est certain que notre Dieu est tellement offensé par les péchés,

qu’il a fait annoncer à son peuple par ses prophètes qu’il allait les livrer à cause de ses péchés.

9

Et parce que les fils d’Israël savent qu’ils ont offensé leur Dieu,

une terreur envers toi est en eux.

10

En outre, même la famine les presse, et, à cause du manque d'eau, ils sont déjà à compter parmi les morts.

11

Ils ont même pris la résolution de tuer leur bétail et d’en boire le sang.

12

Et les choses consacrées au Seigneur, auxquelles Dieu leur a défendu de toucher,

en blé, vin et huile, ils ont décidé de les dépenser,

et veulent se nourrir de choses qu’ils ne devraient pas toucher de leurs mains.

Puisqu’ils agissent ainsi, donc, il est certain qu’ils seront livrés à la ruine.

13

Sachant cela, moi, ta servante, j’ai fui loin d’eux,

et le Seigneur m’a envoyée t’en informer.

14

Car moi, ta servante, je sers Dieu, maintenant même, auprès de toi ;

et ta servante sortira, et je prierai Dieu.

15

Et il me dira quand il leur revaudra leur péché,

et je viendrai te l’annoncer,

de sorte que je te conduirai jusqu'au milieu de Jérusalem,

et tu trouveras tout le peuple d’Israël comme des brebis qui n’ont pas de pasteur,

et pas même un seul ne récriminera contre toi.

16

Car cela m'a été dit par la providence de Dieu,

17

et comme Dieu est irrité contre eux,

moi-même, j’ai reçu mission de te les annoncer.

18

Tout ce discours plut à Holopherne et à ses serviteurs.

Ils admiraient sa sagesse

et se disaient les uns aux autres :

19

— Il n’existe pas sur la terre de femme semblable

pour la prestance, pour la beauté et pour la sagesse de ses discours.

20

Et Holopherne lui dit :

— Dieu a bien fait, lui qui t'envoie devant le peuple, pour que toi, tu le livres entre nos mains.

21

Comme ta promesse est bonne,

si ton Dieu fait cela pour moi, il sera aussi mon Dieu,

et toi, tu seras grande dans la maison de Nabuchodonosor,

et ton nom deviendra célèbre sur toute la terre.

Judith 12

1

Alors il ordonna qu'elle entre là où où étaient déposés ses trésors. 

Il ordonna qu'elle y reste

et il régla ce qu’on devait lui donner de son banquet.

2

 Judith lui dit en réponse :

— Je ne puis manger maintenant de ce que tu as commandé de me donner,

de peur qu'un malheur ne vienne sur moi. Je mangerai de ce que j’ai apporté pour moi.

3

Holopherne lui dit :

— Si ce que tu as apporté avec toi s'épuise, que ferons-nous pour toi ?  

4

 Et Judith lui dit :

— Mon seigneur, ton âme vit parce que ta servante n’aura pas consommé tout cela

avant que Dieu ait réalisé par ma main le dessein que j’ai formé.

Et ses serviteurs l’introduisirent dans la tente qu’il avait désignée.  

5

Et lorsqu'elle entra, elle demanda qu’on lui accordât la faculté de sortir, la nuit et avant le jour, pour aller prier et invoquer le Seigneur.  

6

 Et il ordonna à ses serviteurs

qu'elle sorte et entre comme il lui plairait pendant trois jours pour adorer son Dieu.

7

 Et elle sortait la nuit dans la vallée de Béthulie,

et se lavait dans une fontaine.  

8

 Et lorsqu’elle remontait, elle priait le Seigneur, Dieu d’Israël

de diriger sa voie pour la délivrance de son peuple.  

9

 Puis, rentrant, elle demeurait pure dans la tente

jusqu’à ce qu’elle prît sa nourriture vers le soir.

Judith au banquet d’Holopherne

10

Le quatrième jour, il se trouva qu'Holopherne donna un festin à ses serviteurs,

et il dit à Bagoas, eunuque :

— Va, et persuade cette Juive

de consentir de bon cœur à habiter avec moi.

Judith au banquet d’Holopherne

10

Le quatrième jour, il se trouva qu'Holopherne donna un festin à ses serviteurs,

et il dit à Bagoas, eunuque :

— Va, et persuade cette Juive

de consentir de bon cœur à habiter avec moi.

11

Car c'est une honte pour un homme, chez les Assyriens, qu’une femme se moque d'un homme

de manière à s'éloigner de lui en se refusant à lui.

12

Alors Bagoas entra chez Judith et lui dit :

— Que la bonne fille ne craigne point d'entrer chez mon seigneur,

pour être honorée en sa présence, pour manger avec lui et boire du vin avec joie.

13

— Qui suis-je, répondit Judith,

pour résister à mon seigneur ?

14

Tout ce qui est bon et excellent à ses yeux, je le ferai

— et tout ce qu’il préfère sera pour moi le meilleur, tous les jours de ma vie.

15

Et elle se leva et, s’étant parée de son vêtement,

elle entra et se présenta devant son visage.

16

Le cœur d’Holopherne fut agité,

parce qu’il brûlait de désir pour elle.

17

Et Holopherne lui dit :

— Bois maintenant et mets-toi à table avec joie, car tu as trouvé grâce devant moi.

18

Et Judith répondit :

— Je boirai, seigneur, car mon âme est plus honorée en ce jour qu’elle ne l’a été tous les jours de ma vie.

19

Et elle prit, mangea et but devant lui

ce que sa servante lui avait préparé.

20

Holopherne fut transporté de joie à cause d’elle,

et il but du vin à l’excès, plus qu’il n’en avait jamais bu dans sa vie.

Judith 13

La tête d’Holopherne

1

Quand le soir fut venu,

ses serviteurs se hâtèrent vers leur abri

et Bagoas ferma les portes de la chambre, et s’en alla.

2

Tous étaient appesantis par le vin

3

et Judith restait seule dans la chambre.

4

Holopherne, quant à lui, était étendu sur le lit, endormi par une trop grande ivresse.

5

Judith dit à sa servante de se tenir dehors devant la chambre, et de faire le guet.

6

Judith se tint debout devant le lit, et pria avec des larmes,

remuant les lèvres en silence,

7

elle dit :

— Seigneur, Dieu d’Israël, fortifie-moi,

et regarde en ce moment l’œuvre de mes mains,

afin que, comme tu l'as promis, tu relèves ta ville de Jérusalem,

et que ce que j'ai projeté, croyant pouvoir le faire par toi, je l'achève.

8

Ayant dit ces paroles, elle s’approcha de la colonne qui était à la tête de son lit,

détacha son poignard qui y était suspendu, attaché, et

9

l’ayant tirée du fourreau, elle saisit les cheveux de sa tête et dit :

— Seigneur Dieu d'Israël, fortifie-moi à cette heure !

10

Et elle frappa deux fois sur la nuque, et lui trancha la tête.

Puis elle détacha le rideau des colonnes

et fit rouler son corps décapité

11

et peu après, elle sortit,

elle donna la tête d’Holopherne à sa servante,

et lui ordonna de l'emporter dans son sac.

12

Elles partirent ensuite toutes deux, selon leur coutume, comme pour aller prier,

et elles traversèrent le camp

puis, ayant contourné la vallée, elles arrivèrent à la porte de la ville.

13

Judith cria de loin aux gardiens des murailles :

— Ouvrez la porte, car Dieu est avec nous, et il a signalé sa puissance en faveur d’Israël.

14

Il advint que les hommes, ayant entendu ses paroles,

appelèrent les anciens de la ville.

15

Et tous accoururent vers elle, depuis le plus petit jusqu’au plus grand,

car ils avaient espéré en elle, qui n'était pas encore revenue.

16

Allumant des flambeaux,

ils se rassemblèrent tous autour d’elle.

Or, elle, montant sur un lieu élevé, commanda qu’on fit silence.

Et lorsque tous se furent tus,

17

Judith dit :

— Louez le Seigneur, notre Dieu, qui n’a point abandonné ceux qui espéraient en lui.

18

Par moi, sa servante, il a accompli ses promesses de miséricorde en faveur de la maison d’Israël,

et il a tué cette nuit par ma main l’ennemi de son peuple.

19

Et tirant du sac la tête d’Holopherne, elle la leur montra en disant :

— Voici la tête d’Holopherne, chef de l’armée des Assyriens,

et voici le rideau sous lequel il était couché dans son ivresse,

lorsque le Seigneur notre Dieu l’a frappé par la main d’une femme.

20

Et le Seigneur, lui, est vivant, car son ange m’a gardée

à mon départ d'ici, durant mon séjour là-bas, et à mon retour ici,

et le Seigneur n’a pas permis que moi, sa servante, je fusse souillée,

mais, sans tache de péché,

il m'a rappelée à vous, joyeuse de sa victoire, de ma fuite, de votre délivrance.

21

Reconnaissons-le tous, car il est bon, car sa miséricorde dure à jamais !

22

Tous, adorant le Seigneur, lui dirent :

— Le Seigneur t’a bénie dans sa force,

car par toi il a réduit à néant nos ennemis.

23

Ozias, le prince du peuple d’Israël, lui dit en outre :

— Ma fille, tu es bénie par le Seigneur, le Dieu très haut, plus que toutes les femmes qui sont sur la terre.

24

Béni soit le Seigneur, qui a créé ciel et terre,

qui t'a conduite pour trancher la tête au plus grand de nos ennemis !

25

Il a en effet rendu aujourd’hui ton nom si glorieux,

que ta louange ne disparaîtra pas de la bouche des hommes,

qui se souviendront éternellement de la puissance du Seigneur,

car, en leur faveur, tu n’as pas épargné ta vie pour les souffrances et la détresse de ta race,

mais tu nous as sauvés de la ruine en présence de notre Dieu.

26

Et tout le peuple répondit : — Ainsi soit-il ! Ainsi soit-il !

27

Ensuite on appela Ahior, qui vint, et elle lui dit :

— Le Dieu d’Israël, à qui tu as rendu ce témoignage qu’il tire vengeance de ses ennemis,

a frappé lui-même cette nuit, par ma main, le chef de tous les infidèles.

28

Et pour te convaincre qu’il en est ainsi,

voici la tête d’Holopherne qui, dans l’insolence de son orgueil, méprisait le Dieu d’Israël

et t’a menacé de mort, en disant :

— Lorsque le peuple d’Israël sera pris,

je te ferai percer le corps de l’épée.

29

A la vue de la tête d’Holopherne, Ahior

saisi d’horreur, tomba le visage contre terre, et son âme se troubla.

30

Lorsqu’il eut repris ses sens et fut revenu à lui,

il se prosterna aux pieds de Judith, l'adora et lui dit :

31

— Sois bénie de ton Dieu dans toutes les tentes de Jacob !

Parmi tous les peuples qui entendront ton nom,

le Dieu d’Israël sera glorifié à cause de toi.

Judith 14

Les Judéens sont vainqueurs

1

Alors Judith dit à tout le peuple :

— Écoutez-moi, mes frères,

suspendez cette tête au haut de nos murailles.

2

Et ce sera ainsi : quand le soleil sera levé, que chacun prenne ses armes, puis sortez avec impétuosité,

non pour descendre vers le bas, mais comme pour faire une attaque.

3

Il faudra alors que les avant-postes s’enfuient vers leur général, afin de le réveiller pour le combat.

4

Et lorsque leurs chefs auront couru à la tente d’Holopherne

et qu’ils l'auront trouvé décapité, baigné dans son sang,

l’épouvante tombera sur eux.

5

Et lorsque vous les verrez fuir,

allez hardiment à leur poursuite,

car le Seigneur les écrasera sous vos pieds.

6

Alors Ahior, voyant la puissance qu’exerçait le Dieu d’Israël,

abandonnant le culte des nations, crut en Dieu,

circoncit la chair de son prépuce,

et fut incorporé au peuple d’Israël,

ainsi que toute la descendance de sa race, jusqu’au temps présent.

7

Or bientôt, quand le jour parut,

ils suspendirent en haut des murailles la tête d’Holopherne,

chaque homme prit ses armes,

et ils sortirent avec un grand tumulte et de grands cris.

8

Les avant-postes, s’en étant aperçus, coururent à la tente.

9

Ceux qui étaient dans la tente, venant et faisant du bruit à la porte de la chambre

pour l’éveiller provoquèrent à dessein du tumulte

afin qu’Holopherne fût tiré de son sommeil non par ceux qui devaient le réveiller, mais par ceux qui faisaient du bruit.

10

Car personne n’osait, ni en frappant, ni en entrant, ouvrir la porte de la chambre du héros des Assyriens.

11

Mais ses généraux, ses commandants

et tous les officiers de l’armée des Assyriens étant venus,

dirent aux chambellans :

12

— Entrez et éveillez-le,

car les rats sortis de leur trou

ont osé nous provoquer au combat.

13

Alors, Bagoas, étant entré dans la chambre, s’arrêta devant le rideau, et il frappa des mains,

car il s’imaginait qu'il dormait avec Judith.

14

Mais quand, prêtant l’oreille, il n’entendit aucun mouvement d’un homme couché,

il s’approcha au plus près du rideau

et, l’ayant levé, il aperçut le cadavre d’Holopherne

étendu par terre, sans tête, et baigné dans son sang.

Il jeta un grand cri, en pleurant, et déchira ses vêtements.

15

Et, étant entré dans la tente de Judith, il ne la trouva pas.

Il sortit en toute hâte vers le peuple

16

et dit :

— Une seule femme juive a mis la confusion dans la maison du roi Nabuchodonosor

car voici qu’Holopherne est étendu par terre, et sa tête n’est plus avec lui !

17

En entendant ces paroles, tous les princes de l’armée des Assyriens

déchirèrent leurs vêtements,

une crainte et une frayeur extrêmes s’emparèrent d’eux,

leurs esprits furent entièrement bouleversés

18

et une clameur indicible retentit au milieu de leur camp.

Judith 15

1

Lorsque toute l’armée eut appris qu’Holopherne avait eu la tête tranchée,

la raison et la prudence les fuirent,

et, n’écoutant que la peur et l’effroi, ils cherchèrent leur salut dans la fuite.

2

De la sorte, nul ne parlait à son voisin,

la tête basse et laissant là tout,

ils évitaient les Hébreux qu’ils avaient entendu venir sur eux en armes,

en s’enfuyant à travers champs et par les sentiers des montagnes.

3

Les fils d’Israël, les voyant fuir,

descendirent en sonnant de la trompette et en poussant de grands cris derrière eux.

4

Et comme les Assyriens, non rassemblés, prenaient la fuite en toute hâte,

les fils d’Israël, les poursuivant, réunis en un seul corps,

taillaient en pièces tous ceux qu’ils pouvaient atteindre.

5

Et Ozias envoya des messages dans toutes les villes et dans toutes les campagnes d’Israël.

6

Ainsi chaque région et chaque ville, envoyèrent, en armes, l’élite de leurs jeunes gens après eux,

et ils les poursuivirent avec le glaive dévorant

jusqu’à ce qu'ils arrivent à leur extrême frontière.

7

Ceux qui étaient restés à Béthulie

entrèrent dans le camp des Assyriens,

emportèrent le butin que les Assyriens avaient abandonné dans leur fuite,

et en revinrent tout chargés.

Actions de grâces

8

D’autre part, ceux qui, victorieux, retournèrent à Béthulie,

amenèrent avec eux tout ce qui leur avait appartenu,

si bien qu'on ne pouvait dénombrer les bestiaux, les animaux de trait et tout leur bagage,

en sorte que, tous, depuis le plus petit jusqu’au plus grand,

s’enrichirent de leurs dépouilles.

9

Joachim, le grand prêtre, vint de Jérusalem à Béthulie

avec tous ses anciens, pour voir Judith.

10

Lorsqu’elle sortit à son devant,

tous la bénirent d’une seule voix, en disant :

— Tu es la gloire de Jérusalem !

Tu es la joie d’Israël !

Tu es l’honneur de notre peuple.

11

Car tu as agi virilement, et ton cœur a été fort.

Parce que tu as aimé la chasteté

et que, après ton mari, tu n’en as pas connu un autre,

la main du Seigneur t’a revêtue de force,

et tu seras bénie éternellement.

12

Tout le peuple répondit : — Ainsi soit-il ! Ainsi soit-il !  

13

Trente jours suffirent à peine au peuple d’Israël pour recueillir les dépouilles des Assyriens.  

14

Tout ce qu’on reconnut avoir appartenu en propre à Holopherne,

l’or et l’argent, les vêtements, les pierres précieuses et tous les objets divers,

on le donna à Judith, et tout cela lui fut abandonné par le peuple.

15

Et tout le peuple se réjouit, avec les femmes, les jeunes filles et les jeunes gens, au son des orgues et des cithares.

Judith 16

Le cantique de Judith

1

Alors Judith chanta ce cantique au Seigneur, en disant :

2

— Célébrez le Seigneur au son des tambourins,

chantez le Seigneur avec les cymbales,

modulez en son honneur un psaume nouveau,

exaltez et invoquez son nom.

3

Le Seigneur détruit les guerres, « le Seigneur » est son nom !

4

Il a dressé son camp au milieu de son peuple,

pour nous délivrer des mains de tous nos ennemis.

5

Assur est venu des montagnes, du côté de l’Aquilon, avec les myriades de ses exploits,

leur multitude arrêtait les torrents,

et leurs chevaux couvraient les vallées.

6

Il disait qu'il incendierait mon territoire,

immolerait par l’épée mes jeunes gens,

ferait de mes enfants un butin, de mes vierges des captives.

7

Mais le Seigneur tout-puissant lui a été défavorable ; il l’a livré aux mains d’une femme,

et elle l'a confondu.

8

Leur héros n’est point tombé sous les coups des jeunes gens,

et les fils de Titan ne l'ont pas frappé.

Mais Judith, la fille de Mérari, qui l’a renversé par la beauté de son visage.

9

Elle s’est en effet dépouillée des vêtements de veuvage,

elle s’est parée de vêtements de fête,

pour le triomphe des fils d’Israël

10

elle a oint son visage d'une huile parfumée,

elle a disposé sous le turban les boucles de sa chevelure pour le séduire.

11

Sa chaussure a ébloui ses yeux,

sa beauté a rendu son âme captive,

elle lui a tranché la tête avec l’épée.

12

Les Perses ont frémi de sa vaillance, les Mèdes de son audace,

13

le camp des Assyriens a retenti de hurlements,

quand se sont montrés les miens, modestes, desséchés par la soif.

14

Des fils de jeunes femmes les ont transpercés et les ont tués comme des enfants qui s’enfuient.

Ils ont péri dans le combat, devant la face du Seigneur mon Dieu.

15

Chantons un cantique au Seigneur,

chantons à notre Dieu un cantique nouveau :

16

Adonai, Seigneur, tu es grand, et magnifique dans ta puissance, et nul ne peut te surpasser.

17

Que toutes tes créatures te servent,

parce que tu as parlé, et tout a été fait ;

tu as envoyé ton esprit, et tout a été créé, et nul ne peut résister à ta voix.

18

Les montagnes, ainsi que les eaux, sont agitées sur leurs bases,

les pierres fondent comme la cire devant ta face 

19

mais ceux qui te craignent seront grands devant toi en toutes choses.

20

Malheur à la nation qui s’élève contre mon peuple !

Car le Seigneur, le Tout-Puissant, se vengera d’eux,

il les visitera au jour du jugement

Fin de la vie de Judith

21

car il livrera leur chair au feu et aux vers,

afin qu’ils brûlent et qu’ils éprouvent ce supplice éternellement.

22

Après cela il advint, après la victoire, que tout le peuple se rendit à Jérusalem pour adorer le Seigneur

et, aussitôt qu’ils furent purifiés, ils offrirent tous les holocaustes et acquittèrent leurs vœux et leurs promesses.

23

Judith offrit en outre tous les bagages de guerre d’Holopherne, que le peuple lui avait données,

et le rideau qu’elle avait elle-même enlevé du lit, en anathème d’oubli.

24

Le peuple était dans l’allégresse en face du sanctuaire,

et la joie de cette victoire fut célébrée avec Judith pendant trois mois.

25

Ces jours de fête étant passés, chacun retourna dans sa maison ;

Judith fut honorée dans Béthulie,

et elle jouit d’un grand renom dans tout le pays d’Israël.

26

Joignant en effet au courage la chasteté,

de sorte qu'elle ne connut point d’homme de tous les jours de sa vie,

depuis la mort de Manassès, son mari.

27

Les jours de fête, elle paraissait avec une grande renommée.

28

Elle demeura cent cinq ans dans la maison de son mari

et donna la liberté à sa servante,

puis elle mourut et fut inhumée à Béthulie avec son mari,

29

et tout le peuple la pleura pendant sept jours.

30

Dans tout le cours de sa vie et après sa mort, il n’y eut personne,

pendant de longues années, qui troubla la paix d’Israël.

31

Le jour de fête en souvenir de cette victoire

est compté par les Hébreux au nombre des saints jours,

et il est célébré par les Juifs depuis ce temps-là jusqu’aujourd’hui.

ICI FINIT LE LIVRE DE JUDITH