Voici un livre déroutant, car il conteste avec scepticisme certaines croyances importantes de la sagesse juive traditionnelle. Il commence par un défi lancé au lecteur : « Quel profit l'homme tire-t-il de tout le labeur qu'il accomplit sous le soleil ? » Il réfléchit ensuite à des valeurs telles que la justice, la richesse, les biens, le plaisir et la célébrité ; il souligne qu'il est inutile de s'y attacher, car elles ne sont que pure vanité.
Le problème de Qohélet, comme celui de Job, est celui de la rétribution temporelle. Job et Qohélet assurent qu'il n'y a pas de rétribution sur terre, selon l'expérience (Qo 7,25-8,14). Qohélet affirme la vanité de toutes choses, y compris du bonheur, et tente de se consoler par les plaisirs simples de la vie (Qo 3,12s ; 8,15 ; 9,7s) mais cette recherche le laisse insatisfait.
L'au-delà inconnu ou le Shéol l'inquiètent (Qo 3,21 ; 9,10 ; 12,7), mais sa foi ne vacille pas. Il insiste sur la soumission à Dieu, l'importance de l'obéissance à ses préceptes (Qo 7,14 cf. 1S 2,6 ; Jb 2,10), puisque nul ne saurait demander de comptes à Dieu (Qo 3,11-14 ; 7,13) car « tout ce que Dieu fait convient en son temps » (Qo 3,11-14). La seule réponse qui vaille est celle de la foi en une sanction divine (Qo 3,17 ; 5,5 ; 9,7 ; 11,9 ; 12,14) dont les critères échappent totalement à la compréhension de l’homme, et finalement, seul le commandement de la crainte de Dieu (Qo 5,6 et Qo 12,13) demeure infrangible.
Qohélet s'inscrit dans l'évolution de la doctrine religieuse et doit ainsi être lu avec les livres antérieurs et postérieurs. S'il affirme que les développements antérieurs ne suffisent plus, il permet ainsi à la révélation de se déployer, et prépare, par la mise en évidence de la vanité des richesses temporelles, la parole de l'évangile « bienheureux les pauvres » (Lc 6,20).
Plusieurs versions transmettent le texte :
Nous ne possédons pas de manuscrit hébreu de Qohélet antérieur au 11e siècle ; le texte en est bien conservé, à l'exception de quelques versets altérés et de certains autres qui semblent avoir été déplacés ou qui pourraient être des gloses.
La traduction grecque de la Septante présente certaines similitudes avec celle d’ (connue en partie à travers des fragments des Hexaples), mais elle s'en écarte la plupart du temps. La Septante en effet ne traduit pas le texte massorétique, dont en revanche traduit un texte très proche.
La version copte traduit elle aussi la Septante
Il paraphrase le texte hébreu, et fait souvent place à l’interprétation midrashique.
A l'instar des livres de Job, de l'Ecclésiastique ou des Proverbes, aucune structure définie n'apparaît, mais on considère plutôt que le livre progresse par variations et développements d'une thématique principale : tout est vanité dans la vie humaine (Qo 1,2 ; 12,8). Ayant pour terme la vieillesse (Qo 12,1-7) et la mort - pour tous sans exception (Qo 3,14-20), la vie est tissée d'actes multiples et vains (Qo 3,1-11)
Toutefois, en marge du texte, en Qo 6,10, la mention des massorètes indique à cet endroit la moitié du livre en fonction du nombre de versets. De plus, Qo 6,10ss forme une unité littéraire autonome qui, située entre Qo 5,9-6,9 en amont et Qo 7,1-8 en aval, constitue à la fois un résumé conclusif et un sommaire proleptique. Ainsi, le centre du livre correspond à une unité littéraire, assurant la transition entre Qo 1,1-6,9 et Qo 7,1-12,14. Annonçant la deuxième partie du livre (chap. 7 à 12), Qo 6,10ss récapitule et conclut la première partie (chap. 1 à 6). Pour le reste, on observe simplement d’un bout à l’autre une certaine disposition dans l’agencement des péricopes du livre.
Qohélet se situe à mi-chemin entre la poésie sémitique et la prose grecque, dépourvu d'un véritable dessein esthétique, semble-t-il, à l'exception peut-être des poèmes qui ouvrent et ferment l’œuvre. Le livre se présente comme une charnière entre deux époques, puisque la tradition n'est ni raffermie ni remplacée. Dans Job, le proverbe évolue vers le dialogue - ici il tourne presqu’à la satire.
C’est un livre de polémique qui tient du pamphlet. La consistance de la sagesse traditionnelle y est remise en cause au nom de principes rationnels qui, partant de l’observation, s’articulent dans des démarches de réflexions et d’argumentations ponctuées par des verbes de perception (« voir »), d’analyse (Qo 1,13.16s ; 2,1.3.10.15.20 ; 3,17s ; 7,25 ; 8,9.16 ; 9,1) et de déduction du savoir (« connaître », « reconnaître »).
Dans le tournant de la pensée hébraïque dont témoigne Qohélet, certains ont relevé des affinités entre ce livre et les œuvres littéraires de l’ancien Orient.
En définitive, il est impossible de démontrer de manière concluante l’influence directe d’aucune de ces œuvres mésopotamiennes, égyptiennes et grecques. Cependant, une atmosphère commune est perceptible. Des thèmes parfois très anciens, devenus le patrimoine commun de la sagesse orientale, sont repris par Qohélet comme un héritage sur lequel il peut méditer plus personnellement (Qo 12,9).
Le titre du livret est le suivant : « Propos de Qohélet, fils de David, roi à Jérusalem » (Qo 1,12). Le mot « Qohélet » (Qo 1,2.12 ; 7,27 ; 12,8ss) est un nom commun parfois accompagné de l'article, masculin quoique de forme féminine. On estime généralement qu'il s'agit d'un titre de fonction, qui qualifie celui qui parle à l'assemblée (qahal, en grec ekklèsia, d'où le nom latin qui transcrit le grec), un « Prédicateur ». Sa filiation donnée au début de l'oeuvre le présente comme Salomon, auquel il est fait allusion à plusieurs reprises (Qo 1,16 cf. 1R 3,12 ; 5,10s ; 10,7, ou Qo 2,7ss cf. 1R 3,13 ; 10,23). Mais cette attribution est plutôt un patronage fictif et d'ailleurs le vocabulaire comme les idées sont postexiliques. Quoi qu'il en soit, cet écrivain au style sans artifice s’impose par son autorité : ses sentences sont fondées sur l’expérience personnelle approfondie par la méditation et une vaste observation.
Qohélet habite probablement en Palestine, voire à Jérusalem. Son livre est écrit en hébreu tardif, mêlé d'aramaïsmes, on y trouve même deux mots perses (pardes, Qo 2,5 ; pitgam, Qo 8,11).
Ces éléments conduisent à situer la rédaction de l'ouvrage bien après l'Exil mais avant le début du 2e s. av. J.-C., lorque Ben Sira peut en faire usage. Les fragments qumrâniens, datés par la paléographie vers 150 av. J.-C., contribuent également à cette estimation. Généralement, la composition de l'ouvrage est située au 3e s. av. J.-C., une période de transition précédant l'espoir porté par la révolte des Maccabées.
L'unité d'auteur a souvent été contestée jusqu'à discerner deux, trois, quatre, voire huit auteurs. Cependant, bon nombre de paradoxes s'expliquent lorsque l'on considère que Qohélet présente un certain nombre de citations, évocations et allusions, soit directes soit implicites, qu'il critique par la suite.
L'épilogue (Qo 12,9-14) cependant a connu deux rédactions :
Dans la Bible hébraïque, Qohélet appartient à la troisième section, les Ketubîm « écrits », et, à l’intérieur, au groupe des cinq rouleaux, Megillôt , textes qui sont lus par certaines communautés :
Seuls les deux derniers, les Lamentations et Esther, sont lus par toutes les communautés juives.
Certaines Bibles hébraïques antérieures au 15e s. lui donnent une autre place au sein des Megillôt, tout en le conservant dans les Ketubîm.
La canonicité du livre pour les Juifs n’a pas toujours été reconnue : bien qu'elle soit attestée dès le 1er s. av. J.-C selon le Talmud et le « concile » de Jamnia (fin 1er s. ap. J.-C.) ait affermi sa canonicité, la controverse persiste, comme en témoignent des discussions entre rabbins vers 130, rapportées par la Mishna. Cependant, (†ca. 180), (†254) et (†420) témoignent de son appartenance au canon juif.
Dans la Septante, Qohélet se trouve parmi les livres poétiques, après les Psaumes et les Proverbes, et avant le Cantique et le livre de Job. Ces livres occupent la deuxième place, entre les livres historiques et les prophétiques. Il occupe la même place dans la Vulgate.
le cite comme faisant pleinement partie de l’Ecriture. Seul (†428) en conteste la canonicité. L’Église confirme sa canonicité lors des conciles de Trente (1546) et de Vatican I (1870).
Les références comprennent le midrash Qohélet, le midrash Yalqut Chimoni et le Targum de Qohélet, qui sont des sources postérieures aux premiers commentaires chrétiens.
Plusieurs commentaires anciens sont dédiés à Qohélet :
Commentent aussi ce livre à la même période :
Au Moyen Âge, l’interprétation allégorique a la faveur des commentateurs :
Suivent les commentateurs, entre autres :
ICI COMMENCE LE LIVRE DE L'ECCLÉSIASTE
Paroles de l'Ecclésiaste, fils de David, roi de Jérusalem.
Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste,
vanité des vanités tout [est] vanité
Que retient l'homme en plus, de toute sa peine qu’il peine sous le soleil ?
Une génération passe et une génération vient mais la terre à jamais se tient.
Le soleil se lève et se couche et il revient à son lieu,
et là renaissant
il tourne vers le midi et il fléchit vers l’aquilon ;
parcourant toutes choses en circuit, le vent se hâte et retourne à ses cercles.
Tous les fleuves entrent dans la mer, mais la mer ne déborde pas
au lieu d’où sortent les fleuves ils reviennent pour de nouveau couler.
Toutes les choses sont difficiles, l’homme ne peut les expliquer en discours ;
l'œil ne sature pas à force de voir ni l'oreille ne se bouche à force d'entendre.
Qu'est-ce qui a été ? C'est ce qui sera.
Qu'est-ce qui a été fait ? C'est ce qui se fera.
Rien sous le soleil de nouveau, et nul ne peut dire : — Vois, ceci est récent !
Cela a déjà existé auparavant dans les siècles qui sont avant nous.
Il n’y a pas de mémoire des premiers ni même des suivants qui seront, il n’y aura pas de souvenir chez ceux qui seront en dernier.
Moi, l'Ecclésiaste, je fus roi d’Israël en Jérusalem.
Et je me proposai en moi-même de rechercher et d’examiner sagement toutes choses qui se passent sous le soleil.
Cette occupation très mauvaise, Dieu l'a donnée aux fils des hommes pour qu’ils s’y occupassent.
J’ai vu l'ensemble de ce qui se fait sous le soleil et voici toutes choses vanité et affliction d’esprit.
Les pervers difficilement se corrigent et des insensés infini est le nombre.
J’ai parlé en mon cœur, disant :
— Voilà que je suis devenu grand et que j’ai surpassé en sagesse tous ceux qui ont été avant moi dans Jérusalem.
Mon esprit a contemplé beaucoup de choses avec sagesse et il a appris.
Et j’ai adonné mon cœur à connaître la prudence et la doctrine, les erreurs et la folie
et j’ai reconnu qu’en elles aussi il y avait labeur et affliction de l'esprit
parce qu'il est à craindre qu’avec beaucoup de sagesse on ait beaucoup de raisons de s'indigner, et que qui accumule la science accumule aussi la peine.
J’ai dit, moi, en mon cœur : — J'y vais ! que je déborde de délices et profite des bonnes choses !
Et j'ai vu que cela aussi était vanité.
Le rire, je l’ai regardé comme une erreur ; et à la joie, j’ai dit : — Pourquoi m'as-tu trompé si vainement ?
J’ai pensé dans mon cœur à détourner ma chair du vin
pour porter mon âme à la sagesse et pour éviter la folie
jusqu’à ce que je visse ce qui était utile aux fils des hommes et ce qu’il faut faire sous le soleil pendant le nombre des jours de leur vie :
j'exécutai des ouvrages magnifiques, je me bâtis des maisons
je plantai des vignes
je fis des jardins et des vergers et j’y réunis des arbres de toute espèce
je me fis des réservoirs d’eau pour arroser les plants d'arbres qui poussaient.
j'achetai des esclaves et des servantes et j'eus une maisonnée nombreuse,
des bœufs aussi, et de grands troupeaux de brebis, au-delà de tous ceux qui furent avant moi dans Jérusalem !
Je me fis aussi un monceau d'argent et d'or, j'entassai les richesses des rois et des provinces
je me procurai chanteurs et chanteuses, et les délices des enfants des hommes,
des coupes et des vases pour le service, que les vins ruisselassent !
Je surpassai en richesses tous ceux qui furent avant moi dans Jérusalem ;
et la sagesse persévéra avec moi ;
toutes les choses que mes yeux désiraient, je ne les en ai pas privés ;
je n'ai pas empêché mon cœur de jouir de toute volupté ni de s'amuser avec ce que j'avais préparé :
j'ai même estimé que ma part était de jouir ainsi de mon travail !
Et comme je m'étais retourné vers toutes les œuvres qu'avaient faites mes mains
et vers les peines dans lesquelles j'avais sué en vain,
je vis en elles toutes vanité et affliction de l'esprit, et que rien ne dure sous le soleil !
Je suis passé à la contemplation de la sagesse pour la comparer avec des erreurs et de la folie.
— Qu'est-ce que l'homme, ai-je dit, qui pourrait suivre le roi, son créateur ?
Et j’ai vu que la sagesse a autant d’avantage sur la folie que la lumière sur les ténèbres
Les yeux du sage sont dans sa tête, l’insensé marche dans les ténèbres et j'ai appris que l'un et l'autre mouraient.
Et j'ai dit dans mon cœur :
— Si mon sort et celui de l’insensé est le même, à quoi bon me suis-je appliqué à accroître ma sagesse ?
Et j’ai dit dans mon cœur et j’ai compris que cela encore est une vanité.
Car la mémoire du sage n’est pas plus éternelle que celle de l’insensé
et les temps qui suivent enseveliront tout également dans l'oubli
Le sage meurt aussi bien que l’insensé !
Voilà pourquoi ma vie m’a lassé
en voyant que tout ce qui se trouve sous le soleil est mauvais et que tout est vanité et affliction de l’esprit.
De nouveau, j’ai détesté tout mon travail auquel sous le soleil j’ai peiné avec tant de zèle,
car je vais avoir un héritier après moi.
Et j'ignore s’il sera sage ou insensé ?
Et il sera maître de mes travaux dans lesquel j’ai mis toute ma sueur et tout mon soin sous le soleil.
Et y a-t-il chose aussi vaine ?
J'ai donc arrêté, j'ai fait renoncer mon cœur à m'affairer davantage sous le soleil.
Car alors qu’un homme a déployé dans son travail sagesse, science et sollicitude il en laisse le fruit en partage à un homme oisif
c’est encore là une vanité et un grand mal.
En effet que revient-il à l’homme de tout son travail et de l'affliction de l'esprit qui le mettent au supplice sous le soleil ?
Tous ses jours sont emplis de douleur et de misères — la nuit même son cœur ne se repose pas
et n'est-ce pas là une vanité ?
Ne vaut-il pas mieux manger et boire et faire voir à son âme les biens tirés de son travail et cela aussi vient de la main de Dieu ?
Qui se rassasiera avidement et débordera de délices autant que moi ?
Car à l’homme qui est bon devant lui Dieu donna la sagesse, le savoir et la joie
mais au pécheur il donna l'affliction et le souci inutile
afin qu'il ajoute, amasse et transmette à celui qui a plu à Dieu.
C’est encore là une vanité et une vide application de l'esprit
Toute chose a un temps et selon son temps toute chose passe sous le ciel :
Un temps pour naître et un temps pour mourir
un temps pour planter et un temps pour arracher ce qui a été planté
un temps pour tuer et un temps pour guérir
un temps pour abattre et un temps pour bâtir
un temps pour pleurer et un temps pour rire
un temps pour se lamenter et un temps pour danser
un temps pour jeter des pierres er un temps pour en ramasser
un temps pour embrasser et un temps pour s'abstenir d'embrassements
un temps pour chercher et un temps pour perdre
un temps pour garder et un temps pour jeter
un temps pour déchirer et un temps pour coudre
un temps pour se taire et un temps pour parler
un temps pour aimer et un temps pour haïr
un temps pour la guerre et un temps pour la paix.
Que gagne l'homme de son travail ?
J’ai vu l’affliction que Dieu a donnée aux enfants des hommes pour qu’ils se tourmentent avec elle.
Il a fait toute chose bonne en son temps et a livré le monde à leur questionnement
de telle sorte que l’homme ne découvre pas l’œuvre que Dieu a faite du commencement jusqu’à la fin.
Et j’ai reconnu qu’il n’y a rien de meilleur que de se réjouir et de faire du bien pendant sa vie
Car tout homme qui mange et boit et voit le bien [issu] de son travail, c’est un don de Dieu.
J'ai appris que tous les ouvrages que Dieu a créés dureront toujours ;
nous ne pouvons rien ajouter ni rien retrancher à ce que Dieu a créé afin qu'on le craigne.
Ce qui s'est fait dure
ce qui se fera a déjà été : et Dieu ramène ce qui est passé.
J’ai vu sous le soleil dans le lieu du jugement la méchanceté et dans le lieu de la justice l’iniquité.
Et j’ai dit dans mon cœur : — Dieu jugera le juste et le méchant et ce sera là le temps pour toute chose.
J’ai dit dans mon cœur au sujet des enfants des hommes que Dieu les éprouve et qu’il montre qu’ils sont semblables aux bêtes.
C’est pourquoi la mort des hommes et celle des bêtes est la même et la condition de chacun est équivalente
comme l’homme meurt, elles meurent aussi
tous respirent de même et l’homme n’a rien de plus que la bête
tous sont soumis à la vanité
et tout va dans un lieu unique
de la terre tout fut créé et à la terre également tout retournera.
Qui a fini par savoir si le souffle des fils d'Adam monte en haut et si le souffle des bêtes descend en bas ?
Et j’ai saisi qu’il n’y a rien de mieux pour l’homme que de se réjouir dans son ouvrage : et c’est là sa part.
Qui, en effet, lui donnera de découvrir ce qui arrivera après lui ?
Je me suis tourné vers d’autres matières et j’ai vu les oppressions qui se commettent sous le soleil
et les larmes des innocents et personne pour les consoler
et j'ai vu qu'ils ne pouvaient pas s'opposer à leur violence, car ils sont privés de l'aide de tous !
Et j’ai loué les morts plus que les vivants.
et j'ai estimé plus heureux que les deux celui qui n’est pas encore né et qui n’a pas vu les maux qui se commettent sous le soleil.
À nouveau j’ai examiné toutes les peines des hommes et je me suis rendu compte que leurs activités révèlent l’envie du prochain
et là encore se trouvent la vanité et le souci inutile.
L’insensé se croise les mains et mange ses propres chairs en disant :
— Mieux vaut le creux d'une main avec le repos que les deux mains pleines de peine et d'affliction de l'esprit.
En réfléchissant, j’ai trouvé encore une autre vanité sous le soleil :
Soit quelqu’un de seul, et qui n'a pas de successeur, ni fils, ni frère
et cependant il ne cesse de travailler et ses yeux ne se rassasient pas de richesses
et il ne réfléchit pas, disant : — Pour qui donc est-ce que je peine et prive mon âme de biens ?
En cela aussi il y a vanité et souffrance ultime.
Il est donc meilleur d'être deux ensemble que [tout] seul, car ils tirent avantage de leur société.
Si l'un tombe il sera soutenu par l'autre
Malheur au solitaire car, quand il sera tombé, il n'a personne pour le relever !
Et si deux dorment ensemble, ils se réchauffent l'un l'autre mais [l'homme] seul, comment aurait-il chaud ?
Et si quelqu'un s'impose contre l'un, les deux lui résisteront :
le fil triplé rompt difficilement.
Mieux vaut un jeune homme pauvre et sage qu’un roi vieux et insensé qui ne sait pas pourvoir à l'avenir
car même de prison ou des chaînes l'un sort pour être roi,
et l’autre, né roi, succombe à la pauvreté.
J’ai vu tous les vivants qui marchent sous le soleil avec le second jeune homme qui se lève à sa place.
Infini est le nombre de tous ceux qui furent avant lui
et ceux qui seront après lui ne se réjouiront pas à son sujet :
mais cela encore est vanité et affliction de l’esprit.
Prends garde [où tu mets] le pied en entrant dans la maison de Dieu :
bien meilleure est l’obéissance que les animaux sacrifiés des insensés qui ignorent ce qu’ils font de mal.
Ne parle pas à la légère et que ton cœur ne se hâte pas d’exprimer une parole devant Dieu
car Dieu est au ciel et toi sur la terre : que tes paroles soient donc peu nombreuses !
Car les songes accompagnent la multitude des soucis et dans la multitude des parolesse trouve la folie.
Ce que tu as voué à Dieu, ne tarde pas à lui donner, lui déplaît en effet la promesse infidèle et folle — ce que tu voues, donne-le.
Bien mieux vaut pour toi ne pas vouer que , une fois voué, ne pas accomplir ce que tu as promis.
Ne permets pas à ta bouche de faire pécher ta chair et ne dis pas en présence d'un ange : — La providence n'existe pas
de peur que Dieu irrité par tes paroles , ne détruise toute l’œuvre de tes mains.
Où les songes sont nombreux, très nombreuses sont les vanités et les paroles sans nombre — mais toi, crains Dieu.
Si tu vois les oppressions des pauvres, le droit violé et la justice être renversée dans une province, ne t’étonne point de cette affaire
car un plus grand se trouve au-dessus d'un grand et de plus grands encore se trouvent au-dessus d'eux.
Et là-dessus, le roi du monde lui commande à lui qui lui est assujetti.
L'avare n’est pas rassasié par l’argent et celui qui aime les richesses n’en goûte pas le fruit
c’est encore là de la vanité.
Où les biens abondent, ceux qui les mangent abondent aussi
et quel avantage en revient-il à leur possesseur, sinon qu’il voit des richesses de ses yeux ?
Le sommeil du travailleur est doux, qu’il ait peu ou beaucoup à manger ; mais la satiété du riche ne le laisse pas dormir.
Il est un autre défaut bien grave que j’ai vu sous le soleil :
des richesses conservées pour son malheur par celui qui les possède
Car elles se perdent par quelque fâcheux événement
et il a engendré un fils, il ne lui reste rien entre les mains.
Tel qu’il est sorti nu du sein de sa mère, ainsi il s’en retournera et il n'emportera rien qu'il ait tiré son travail avec lui :
C’est encore là un lamentable défaut — il s’en ira comme il est venu
et quel avantage lui revient-il d’avoir travaillé pour le vent ?
Toute sa vie il mange dans les ténèbres , le chagrin, la souffrance et l’irritation.
Voici donc ce qui m'a paru bon :
que l’homme mange et boive et jouisse de la joie qu'il tire de son travail auquel il se livre sous le soleil,
durant les jours de vie que Dieu lui a donné ;
et c’est là sa part.
De plus, pour tout homme à qui Dieu a donné richesses et biens,
il lui a aussi accordé le pouvoir d’en manger, d’en prendre sa part et de se réjouir de son travail,
c’est là un don de Dieu.
Car alors il ne pensera pas aux jours de sa vie parce que Dieu accapare de délices son cœur.
Il est un autre mal que j’ai vu sous le soleil et ce mal est ordinaire chez les hommes :
l'homme à qui Dieu a donné richesses, aisance et honneur, et qui ne manque pour son âme de rien de ce qu’il peut désirer ;
mais Dieu ne lui donne pas le pouvoir de le consommer, car c’est un étranger qui dévorera tout :
voilà une vanité et une grande misère !
Quand un homme aurait engendré cent enfants, vécu de nombreuses années et que les jours de ses années se seraient multipliés,
si son âme ne s’est pas rassasiée de ses biens matériels et qu’il n’a pas de sépulture,
de lui, j'affirme qu’un avorton est plus heureux que lui
car c'est en vain qu'il est venu, il s’en va dans les ténèbres et l'oubli couvrira son nom ;
il n'a pas vu le soleil ni connu la distance entre le bien et le mal
et quand il aurait vécu deux fois mille ans, sans avoir joui de ses biens,
tous ne se hâtent-ils pas vers un lieu unique ?
Tout le travail de l’homme est pour sa bouche, mais son âme n'est jamais satisfaite.
Qu’a le sage de plus que le fou ? Qu’a de plus le pauvre, sinon qu’il va au lieu où est la vie ?
Mieux vaut voir ce que tu désires que désirer ce que tu ignores :
mais même ça, c'est vanité et présomption de l'esprit !
Qui va exister, son nom est déjà donné ;
on le sait, il n'est qu'humain, il ne pourra aller en justice contre plus fort que lui :
les paroles sont très nombreuses, quand on dispute beaucoup ne portent que vanité !
7,1. Qu’est-il nécessaire à l’homme de rechercher ce qui est au-dessus de lui, lorsqu’il ignore ce qui lui est avantageux dans sa vie,
durant le nombre des jours de son pèlerinage et dans le temps qui passe comme l’ombre ?
Ou qui pourra lui indiquer ce qui après lui doit arriver sous le soleil ?
Mieux vaut une bonne renommée qu’un bon parfum et le jour de la mort que le jour de la naissance.
Aller à la maison de deuil vaut mieux qu’aller à la maison de festin
car dans la première on est averti de la fin de tous les hommes et le vivant médite sur ce qui est à venir.
Rage vaut mieux que rire, car la dureté du visage peut corriger l'attitude de celui qui pèche.
Le cœur des sages est là où il y a tristesse et le cœur des fous là où il y a joie.
Mieux vaut être repris par le sage que séduit par la flatterie des imbéciles
car semblable au pétillement des épines ardentes sous la marmite est le rire de l'imbécile
mais c’est encore une vanité !
La calomnie trouble le sage et finira par ruiner la fermeté de son cœur.
La fin d’un discours vaut mieux que son commencement, l'endurant mieux que l'arrogant.
Ne te hâte pas de te mettre en colère car la colère, c'est dans le sein des fous qu'elle repose.
Ne dis pas : — D’où vient, selon vous, que les jours anciens étaient meilleurs que ceux de maintenant ?
Folle est, en effet, une interrogation de ce genre !
La sagesse est plus utile avec des richesses et plus profitable à ceux qui voient le soleil
comme, en effet, la sagesse protège, ainsi protège l'argent
mais un avantage du savoir et de la sagesse, c’est qu'ils font vivre ceux qui les possèdent.
Regarde l’œuvre de Dieu , vois que personne ne peut corriger l'homme qu’il a méprisé.
Le jour favorable, jouis de tes biens et garde-toi du jour de malheur :
Dieu a fait l’un comme l’autre de telle sorte que l’homme ne découvre pas contre lui des motifs de plainte légitimes.
Tout ceci aussi, je l’ai vu au jour de ma vanité
le juste périt dans sa justice et le méchant vit bien longtemps dans sa méchanceté.
Ne sois pas juste à l’excès et ne te montre pas sage plus que nécessaire de crainte que tu n'en sois paralysé.
Ne sois pas criminel à l’excès et ne sois pas fou de peur que tu ne meures avant ton temps.
Il est bon que tu soutiennes le juste, et ne retire pas de lui ta main, car celui qui craint Dieu ne néglige rien.
La sagesse fortifie le sage plus que dix princes d'une ville.
car il n’y a pas sur terre d’homme juste qui fasse le bien sans jamais pécher.
N'applique pas non plus ton cœur à toutes les paroles qui se disent
de peur que tu n’entendes ton serviteur médire sur toi ;
car ta conscience sait que bien des fois aussi tu as médit sur les autres.
De tout cela, j’ai fait l'expérience par la sagesse ;
j'ai dit : — Je veux devenir sage ! Mais elle-même s'est retirée bien loin de moi.
bien plus qu'elle ne l'était
et sa haute profondeur, qui pourra la sonder ?
J'ai éclairé l'univers en mon cœur pour connaître, examiner et chercher la sagesse et la raison des choses
et pour connaître la méchanceté du fou et l'erreur des imprudents.
Et j’ai trouvé plus amère que la mort la femme qui est un lacs de chasseur (un filet, son cœur, et des chaînes, ses mains !) :
qui est agréable à Dieu lui échappera, mais qui est pécheur sera capturé par elle.
7,28. — Voici ce que j'ai trouvé, dit l’Ecclésiaste, un premier et un second faits
(à supposer que je finisse par en trouver la raison 7,29 que jusqu'à présent cherche mon âme, et que je n'ai pas trouvée) :
un seul homme entre mille, je l'ai découvert ; mais une femme entre toutes, je ne l'ai pas trouvée !
7,30. j’ai trouvé seulement ceci : Dieu a fait l’homme droit, c'est lui-même qui s'est troublé par une infinité de questions !
Qui est comme le sage et qui a appris l'aisance de la parole ?
La sagesse d’un homme brille sur son visage et le Tout-Puissant lui a changé la face.
Quant à moi, j'observe les ordres du roi et les commandements du serment fait à Dieu.
Ne te hâte pas de te retirer de devant sa face et ne persiste pas dans une œuvre mauvaise —
car tout ce qu’il veut, il le fera ;
et sa parole est pleine de puissance
et personne ne saurait lui dire : — Pourquoi agis-tu ainsi ?
Celui qui observe le commandement n’éprouvera rien de mal
et le cœur du sage connaît le temps et la réponse.
Toute tâche a un temps et un moment propices et grande est l'affliction de l'homme.
Car il ignore le passé et aucune nouvelle ne lui laisse connaître l'avenir.
Il ne dépend pas de l'homme de retenir son âme et il n’a aucun pouvoir sur le jour de sa mort ;
Le repos n’est pas permis lorsque s'ouvre la guerre et le crime ne sauvera pas le criminel.
J’ai considéré toutes ces choses et j'ai appliqué mon cœur à toutes les œuvres qui se font sous le soleil,
parfois un homme domine sur un homme pour son propre malheur.
J’ai vu des méchants enterrés qui, alors même qu'ils vivaient encore, se trouvaient dans le lieu saint
et [qui] étaient loués dans la cité comme si leurs œuvres [étaient] justes —
mais cela encore est vanité.
De fait, comme la sentence portée contre les méchants n'est pas rapidement exécutée,
sans la moindre crainte, les fils des hommes commettent le mal.
Mais quoique le pécheur fasse cent fois le mal et tienne bon avec endurance,
je sais, moi, que le bonheur est pour ceux qui craignent Dieu, qui craignent sa face.
Mais le bonheur ne saurait être pour le méchant et ses jours se sauraient se prolonger,
non, comme une ombre, ils passeront, ceux qui ne craignent pas la face de Dieu.
Il est encore une autre vanité qui se produit sur la terre :
c’est qu’il y a des justes auxquels il arrive bien des choses comme s'ils avaient accompli les œuvres des méchants ;
et il y a des méchants qui se trouvent à l'abri du souci tout comme s'ils avaient agi en justes.
Mais cela encore est des plus vains, selon moi.
Aussi j’ai loué la joie parce qu’il n’y a de bonheur pour l’homme sous le soleil
qu’à manger et à boire et à se réjouir —
et que c’est là seul ce qu'il pouvait retirer de son travail pendant les jours de vie que Dieu lui a donnés sous le soleil.
Et j’ai appliqué mon cœur à connaître la sagesse et à considérer la tâche qui s’accomplit sur la terre,
il est un homme qui, ni le jour ni la nuit, ne trouve avec ses yeux le sommeil
Et j'ai compris que, de toutes les œuvres de Dieu, l'homme ne pourra trouver aucune raison à celles qui se font sous le soleil
et plus il s'épuisera à chercher, moins il trouvera
quand bien même le sage aura prétendu qu'il a cette connaissance, il ne pourra l'obtenir.
J'ai examiné tout ceci en mon cœur pour comprendre avec attention :
Il y a des justes et des sages, et leurs œuvres sont dans la main de Dieu ;
pourtant, l’homme ignore s'il mérite amour ou haine.
Mais tout ce qui sera demeure incertain parce que tout arrive également :
au juste et à l'injuste, au bon et au méchant, au pur et à l'impur, à celui qui immole des victimes et à celui qui méprise les sacrifices.
Comme le bon, ainsi aussi le pécheur ; comme le parjure ainsi aussi celui qui fait un vrai serment.
Voici le pire parmi tout ce qui se fait sous le soleil qu’il y ait pour tous un même sort
c’est pourquoi le cœur des fils des hommes est plein de malice et de mépris pendant leur vie
après quoi ils sont emmenés chez les morts.
Il n'y a pas d'homme qui vive éternellement ni qui en ait l'espérance
mieux vaut un chien vivant qu’un lion mort.
Les vivants, en effet, savent qu’ils mourront,
mais les morts ne savent rien de plus et ils n'ont pas en plus de salaire
car leur mémoire est laissée à l'oubli.
Déjà leur amour, leur haine, leur envie ont péri
et ils n’ont plus aucune part dans ce monde, ni à l'œuvre qui se fait sous le soleil.
Va donc, mange avec joie ton pain et bois avec joie ton vin, puisque tes œuvres plaisent à Dieu.
Qu’en tout temps tes vêtements soient blancs et que l’huile parfumée ne manque pas sur ta tête.
Jouis de la vie avec l'épouse que tu aimes, pendant tous les jours de ta vie chancelante
qui te furent donnés sous le soleil, à chaque moment de ta vanité
car c’est ta part dans la vie et dans le travail que tu fais sous le soleil.
Tout ce que ta main peut faire, fais-le promptement
car il n’y aura plus ni œuvre, ni intelligence, ni science, ni sagesse, dans les enfers où tu cours.
Je me suis tourné ailleurs et j’ai vu sous le soleil que la course n’est pas aux agiles, ni la guerre aux vaillants, ni le pain aux sages, ni la richesse aux instruits, ni la faveur aux habiles
car le temps et les accidents les atteignent tous.
L’homme ne connaît pas son heure,
mais pareil aux poissons qui sont pris à l'hameçon et pareil aux oiseaux qui sont saisis au filet,
ainsi sont pris les hommes par l'adversité, quand tout à coup elle fond sur eux.
J’ai encore vu sous le soleil ce trait de sagesse et celle-ci m’a paru grande.
Il y avait une petite ville et peu d’hommes dans ses murs
Vint contre elle un grand roi, il l’investit, érigea des forts autour et voilà le siège en place.
Et il s’y trouva un homme pauvre et sage, qui libéra la ville par sa sagesse.
Et personne ensuite ne s’est souvenu de cet homme pauvre.
Et je disais que la sagesse valait mieux que la force
Comment donc la sagesse du pauvre a-t-elle été méprisée et ses paroles n'ont-elles pas été écoutées ?
Les paroles des sages sont écoutées en silence, mieux que les cris d’un prince au milieu des fous.
La sagesse vaut mieux que des armes de guerre ; et celui qui pèche en une chose perd beaucoup de bien.
Des mouches mortes gâchent la suavité de l'onguent
un peu de folie éphémère l’emporte sur la sagesse et la gloire.
Le cœur du sage est à sa droite et le cœur de l’insensé à sa gauche.
Et aussi, quand l’insensé va dans le chemin, le sens lui manque, et il estime tout le monde comme fou.
Si l’esprit de qui a du pouvoir prend de l'ascendant sur toi, ne quitte point ta place
car la guérison fera cesser de grands péchés.
Il est un mal que j’ai vu sous le soleil comme une erreur qui provient du prince :
Le fou est établi dans une position sublime et des riches sont assis dans de basses conditions.
J’ai vu des esclaves sur des chevaux et des princes marchant au sol comme des esclaves.
Qui force une brèche y tombera et qui entaille une muraille une couleuvre le mordra.
Celui qui transporte des pierres s'y blessera et celui qui fend des bûches s'y entaillera.
Si le fer est émoussé
et s'il n'est pas comme auparavant,
et si l’on n’a pas aiguisé le tranchant, et s'il est abîmé,
on devra redoubler de force ;
mais l'avantage de faire réussir : sagesse.
Si le serpent mord en silence,
il n’y a pas d’avantage pour l’enchanteur.
Les paroles de la bouche du sage : grâce
et les lèvres de l’insensé le perdront.
Le commencement des paroles de sa bouche : sottise,
et l'après de sa bouche : erreur abominable.
Et l’insensé multiplie les paroles !…
L’humain ne sait
ce qui fut avant lui ce qui sera !...
et qui lui indiquera ce qui sera après lui ?
Le travail des sots les lasse
eux qui ne savent pas aller à la ville.
Malheur à toi,
pays dont le roi est un enfant,
et dont les princes mangent dès le matin !
Heureux es-tu, pays dont le roi est fils de nobles,
et dont les princes mangent à temps,
pour la force et non pas pour l'ivresse.
Dans l'excès de paresse
la charpente s’affaisse,
et quand les (deux) mains sont lâches,
la maison suinte.
Pour se divertir on fait un repas ;
le vin réjouit les vivants
et l'argent a réponse à tout.
Ne maudis pas le roi, fût-ce dans ta pensée,
et dans les alcôves de ta couche, ne maudis pas le riche,
car un oiseau du ciel emporterait ta voix,
celui qui a des ailes rapporterait la parole.
Jette ton pain sur les eaux courantes : oui,
beaucoup de temps après tu le retrouveras ;
Donne une part à sept, et même à huit : car tu ne sais quel malheur il y aura sur la terre.
Quand les nébulosités sont pleines, elles répandent une averse sur la terre ;
et si un arbre tombe à l'auster ou à l'aquilon, il reste à la place où il est tombé.
Celui qui observe le vent ne sèmera point, et celui qui regarde les nuages ne moissonnera point.
Comme tu ne sais pas quel est le chemin du vent ni comment les os se forment dans le ventre de celle qui est enceinte,
ainsi tu ne connais pas l’œuvre de Dieu, qui fait toutes choses.
Au matin, sème ta semence et au soir, ne laisse pas reposer ta main, car tu ne sais pas ce qui réussira, ceci ou cela, ni si les deux, comme un seul, sont bons
Douce est la lumière, et il est bon pour les yeux de voir le soleil.
Oui, si l’homme vit de nombreuses années, qu’il se réjouisse durant toutes celles-ci.
Et qu’il se souviennent des jours de ténèbres, car ils seront nombreux :
Tout ce qui arrive : vanité !
Réjouis-toi, adolescent, en ton enfance ; que ton cœur soit dans l'agrément aux jours de ton adolescence !
Marche dans les voies de ton cœur, et selon les perspectives de tes yeux ;
mais sache que sur tout cela Dieu te fera venir en jugement.
Bannis de ton cœur le chagrin, et éloigne de ta chair le mal ;
car la jeunesse et les plaisirs sont vanité.
Et, aux jours de ton adolescence, souviens-toi de ton créateur
avant que ne viennent les jours de malheur et que n’arrivent les années dont tu diras : je n’y ai point de plaisir.
Avant que ne s’obscurcissent le soleil et la lumière, la lune et les étoiles, et que ne reviennent les nuages après la pluie ;
au jour où tremblent les gardiens de la maison, où se courbent les hommes forts,
où celles qui moulent s’arrêtent parce qu'on n'est plus en nombre,
et que s’obscurcissent celles qui regardent aux fenêtres,
et que les deux battants de la porte se ferment sur la rue, tandis que s’affaiblit le bruit de la meule ;
et qu’on se lève au chant de l’oiseau
et que toutes les filles du poème s'inclinent ;
et qu’on frémit de la hauteur, et que ce sont des frayeurs en rue.
L’amandier fleurit, la sauterelle devient pesante, et la câpre n’a plus d’effet,
car l’homme s’en va vers sa maison d’éternité, et les pleureurs tournent dans la rue.
Avant que ne se rompe le cordon d’argent, que se brise l’ampoule d’or,
que la cruche se casse à la fontaine, que la poulie se fracasse dans la citerne ;
Et que la poussière retourne à la terre, selon ce qu’elle était ;
et que le souffle retourne à Dieu qui l’a donné.
Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, tout est vanité.
Et comme l'Ecclésiaste était très sage, il instruisit le peuple et il raconta ce qu'il avait fait
et dans son enquête, il composa de nombreuses paraboles.
Il a recherché une parole profitable et à écrire de très droits discours pleins de vérité.
Les paroles des sages sont comme des aiguillons et comme des clous profondément enfoncés
qui furent données, à travers les conseils des maîtres, par un seul pasteur.
Ne recherche rien, mon fils, au-delà d'elles
Multiplier les livres n’a pas de fin
et la réflexion continuelle est une affliction pour la chair.
Écoutons tous ensemble la fin du discours :
Crains Dieu et observe ses commandements,
car c’est là tout l’homme.
Et Dieu appellera en jugement tout ce qui se fait,
sur tout ce qui s'est égaré, que ce soit bon ou mauvais.
ICI FINIT LE LIVRE DE L'ECCLÉSIASTE