« Qui nous séparera de l'amour de Christ ? » (Rm 8,35). C'est par cette revendication passionnée que l'Épître aux Romains répond à la question de Job : « comment l'homme serait-il juste devant Dieu ? » (cf. Jb 9,2).
En s'adressant aux Romains — communauté qu’il n’a pas fondée ni encore visitée — Paul développe le plan de salut et de justice que Dieu a dessiné pour toute l'humanité, Juifs et païens confondus (Rm 1,16-17). C’est ce salut voulu pour tous en Jésus Christ qui constitue le message de l’Évangile, la bonne nouvelle de la grâce. Le nombre et l'importance des thèmes abordés ici sont impressionnants : péché et mort, salut, grâce, foi, justice, justification, sanctification, rédemption, résurrection et glorification ! On y trouve un véritable condensé de la vie et de la doctrine chrétiennes, sans oublier la vocation unique d'Israël dans l’histoire du salut.
Les spécialistes s'accordent largement sur une division de la lettre en sept mouvements :
1 (Rm 1,1-17) Ouverture. La lettre commence par une longue instruction qui décrit et exprime son évangile, l’« Évangile de Paul » : c'est une véritable miniature de tout l'enseignement qui va suivre. Elle se termine par cette affirmation : « la justice de Dieu en lui s'est révélée de la foi à la foi » (Rm 1,17)
2 (Rm 1,18-4,25) La Justice de Dieu. La deuxième section, qui se déploie jusqu'à la fin du chapitre 4, décrit les modalités de la justice de Dieu : il y est question du péché et de la colère de Dieu (Rm 1,18–3,20), ainsi que de la justification par la foi (Rm 3,21-31), dont Abraham est le prototype (Rm 4,1-25).
3 (Rm 5,1-21) Le Christ source de toute justification. Le chapitre 5 constitue une longue note christologique : elle fonde la théologie de la justification qui inspire toute la lettre.
4 (Rm 6,9–8,39) Péché, Loi, Esprit. Mais comment vivre dans l’entre-deux de la justification déjà accomplie et du salut à venir ? Le quatrième mouvement, des chapitres 6 à 8, est un exposé dialectique sur le péché, la Loi et l'Esprit.
5 (Rm 9,1-11,36) Espérance pour Israël. Le cinquième mouvement en vient à l’élection d’Israël, soutenue par l’affirmation irréductible : Dieu est juste et fidèle. Paul le juif ne peut pas se résoudre au fait que beaucoup dans son peuple n'aient pas reconnu leur messie. Il va même jusqu'à trouver une valeur positive à leur refus : n'a-t-il pas abouti à l'invitation des non-juifs à entrer dans l'Alliance ? Ne doit-on pas espérer que tout Israël, le premier et le second, finisse par être réuni ?
6. (Rm 12,1-15,13) Conséquences morales. Dans les trois derniers chapitres, Paul apporte les conclusions pratiques à tirer de tout ce qui précède : comment vivre l’Évangile concrètement ? Comment fonder une communauté sous le regard de Dieu ?
7. (Rm 15,14–16,27) Clôture. Tout naturellement, la lettre se conclut en deux chapitres par des informations sur les missions et projets de Paul (Rm 15,14-33), des salutations à celles et ceux qu'il connaît déjà à Rome (Rm 16,1-23) et, bien sûr, dans la louange à Dieu, ou : « doxologie » (Rm 16,25-27).
Paul est le premier, et aussi le seul dans la Nouvelle Alliance, à utiliser le mot grec tupos (« type ») pour désigner des personnages ou des faits de l'Ancien Testament préfigurant ceux du Nouveau, dont la relation est alors qualifiée de « typologique ». Les thèmes de la typologie paulinienne sont ordonnés selon trois lignes qui convergent dans le Christ : la ligne d'Adam au Christ, celle d'Abraham au Christ, et celle de Moïse au Christ. Du Christ, ils se prolongent dans l'Église et c'est chaque baptisé qui est appelé à continuer l'alliance avec Adam, avec Abraham et avec Moïse.
Le début et la fin de l’épître présentent des différences qui font l’objet d’interprétations diverses de la part des critiques textuels.
De nombreux effets d’annonce et de reprises créent des liens qui renforcent la cohésion de la lettre. Ce procédé de composition fournit des points de repère dans l'argumentation qui se développe par la suite (Rm 1,17 repris en Rm 3,21s ; Rm 5,1-11 repris en Rm 8,1-31, mais aussi Rm 3,1s repris en Rm 3,9-11, ou bien Rm 3,20 repris en Rm 5,20 puis en Rm 7,7s ; Rm 3,31 repris en Rm 8,4 ; Rm 6,14 repris en Rm 7,1 ; Rm 6,4 repris en Rm 7,6 puis en Rm 8,1.4, etc.).
La cohésion de l’épître aux Romains repose sur une argumentation qui avance pas à pas, structurée en sections qui s’enchaînent avec bonheur. Elle allie deux thèmes principaux développés parallèlement :
Chaque thème est développé de façon analogue :
Le caractère réaliste de la vie plaide en faveur d'une combinaison harmonieuse de ces deux interprétations.
L'épître aux Romains est très proche de l’épître aux Galates. Lorsqu’il dicte cette lettre à Tertius (Rm 16,22), Paul est probablement à Corinthe (hiver 55-56), chez Gaïus (Rm 16,23 ; cf. 1Co 1,14), sur le point de se rendre à Jérusalem avec le produit de la collecte (organisée en Macédoine et en Achaïe), avant de partir pour Rome voire pour Espagne (Rm 15,22-32 ; cf. 1Co 16,3-6 ; Ac 19,21 ; 20,3). Mais pour bien situer son intervention, parfois distante, il faut tenir compte du fait que Paul n'a pas lui-même évangélisé la première Église de Rome et connaît mal ces fidèles, ayant peut-être reçu quelques informations par Aquilas (Ac 18,2). Les quelques mentions de l’épître dans un contexte concret permettent d'imaginer des tensions entre les chrétiens issus du judaïsme et ceux du paganisme. Avant sa venue, Paul juge bon d'envoyer par Phébée (Rm 16,1) une épître qui exprime sa vision des choses après le problème galate.
Certains se demandent parfois si les chap. Rm 15 et Rm 16 ne sont pas des additions postérieures, le chap. 16 étant alors une petite lettre adressée à l'Église d'Éphèse. Cependant, il n'est pas possible de défaire l'unité de la lettre. La mention de différentes personnes au chap. Rm 16 milite d'ailleurs en faveur des destinataires d'une Église non fondée par Paul (sous peine de créer des tensions). Si la doxologie (Rm 16,25ss) a un style un peu différent, c'est peut-être parce qu'elle est un peu plus tardive.
L'authenticité de l'épître aux Romains n'est pas vraiment remise en question. (†ca. 160) est le premier à l’attribuer explicitement à Paul. Avant lui, les lettres d’ (†107) et de (†155) contiennent des réminiscences de l’épître, qui inspire manifestement certains passages des lettres de (†ca. 99).
Outre les commentaires sur l’ensemble des épitres de Paul (cités ci-dessus), l’épitre aux Romains est aussi commentée, entre autres, par
Et plus tard, par :
L'épître aux Romains est la lettre de Paul la plus commentée depuis les Pères de l'Église, et une source essentielle pour les théologiens. (†1546) la considère comme « le livre capital du Nouveau Testament » et (†1564) s'en inspire en la commentant dans sonInstitution Chrétienne, qui expose pour la première fois sa théologie.
Le regain d'intérêt actuel pour le Paul rhéteur (et parfois un peu sophiste), qui adapte ses positions à ses auditoires et pour le Paul juif (dont les positions se comprennent au mieux dans le cadre des débats internes au judaïsme de son temps, en évitant le plaquage trop marqué de ses interprétations par les interprètes postérieurs, en particulier saint Augustin), fait que sur tous les sujets que nous listons ci-dessous, le débat fait de nouveau rage parmi les spécialistes.
L'épître aux Romains établit une dialectique entre le Christ qui est la justice divine, et la justification par la pratique de la Loi. La loi mosaïque est certes bonne (Rm 7,12) car elle a montré à l'homme sa misère, mais elle ne lui permet pas de se sauver seul (Rm 3,20 ; 7,7-13). L'homme a besoin de la grâce de Dieu pour se sauver. Par la mort et la résurrection du Christ, l'humanité est recréée à l'image de Jésus (Rm 5,12-21). Alors, par la grâce, l'homme peut accomplir la volonté de Dieu (Rm 8,1-4), par la force du Saint Esprit (Rm 8,5-13), qu'il soit juif ou païen (Rm 4,11).
Les Juifs qui refusent de reconnaître le Christ sont désormais extérieurs à l'économie du salut. Mais leur élection demeure, et Dieu reste fidèle. Un « reste » a cru et la conversion des autres se fera (Rm 9-11). Ce qui importe c'est que tous les chrétiens vivent dans la charité (Rm 12,1-15,13).
Plusieurs grandes perspectives de Ga trouvent des développements et variations dans Rm :
L'eschatologie reste présente, avec l'importance de l'espérance (Rm 5,1-11 ; 8,24), mais le salut a déjà commencé, car le chrétien vit déjà dans le Christ (Rm 6,11).
L'épître aux Romains représente ainsi l'un des plus beaux fruits de l’enseignement paulinien. Ce n'est pourtant pas toute la pensée de saint Paul. Il serait dommage que les simplifications théologiques occasionnées par les réactions à la lecture qu'en proposa Martin Luther occultent la complexité de son enseignement : au fil de son œuvre, d’une épître à l’autre, Paul sait s’adapter aux circonstances et à ses interlocuteurs, et son enseignement se laisse difficilement réduire à une « doctrine paulinienne » systématique.
ICI COMMENCE L'ÉPÎTRE AUX ROMAINS
Paul, esclave du Christ-Jésus, appelé comme apôtre, mis à part en vue de l’Évangile de Dieu
qu'il avait promis à l'avance par ses prophètes dans les Écritures saintes
au sujet de son Fils qui a été fait de la semence de David selon la chair,
qui a été prédestiné Fils de Dieu en puissance
selon l’Esprit de sanctification
par la résurrection d’entre les morts, Jésus-Christ notre Seigneur
par qui nous avons reçu grâce et apostolat
en vue de l'obéissance de la foi
dans toutes les nations pour son nom
parmi lesquelles vous êtes, vous aussi
appelés de Jésus Christ
à tous ceux qui sont à Rome, aimés de Dieu, appelé « saints »,
à vous : grâce et paix de la part de Dieu Notre Père et du Seigneur Jésus Christ !
Et d'abord je rends grâce à mon Dieu, par Jésus-Christ, pour vous tous,
de ce que votre foi est annoncée dans le monde entier.
Dieu, en effet, est mon témoin
lui à qui je sers en mon esprit
dans l'Évangile de son Fils,
que je ne cesse de faire mémoire de vous
Dieu, en effet, est mon témoin
lui à qui je suis asservi en mon esprit
dans l'Évangile de son Fils,
que je ne cesse de faire mémoire de vous
suppliant toujours dans mes prières que,
par la volonté de Dieu, quelque heureuse voie me soit ouverte pour aller vers vous.
Car je désire vous voir
pour vous communiquer quelque grâce spirituelle afin que vous soyez fortifiés.
C'est-à-dire pour me consoler avec vous par cette foi, qui est tout ensemble votre foi et la mienne.
Or, je ne veux pas que vous ignoriez, frères, que souvent je projetais d’aller vers vous (mais j’en ai été empéché jusqu’à présent)
afin d'obtenir quelque fruit parmi vous, comme parmi les autres nations ;
je suis redevable aux Grecs et aux barbares
aux sages et aux ignorants.
Ainsi, autant qu’il est en moi, je suis prêt à vous évangéliser, à vous qui êtes à Rome.
Ainsi, autant qu’il est en moi, je suis prêt à vous évangéliser, à vous qui êtes à Rome.
Car je ne rougis point de l’Évangile,
c’est une force de Dieu pour le salut de tout croyant,
pour le Juif d'abord mais aussi pour le Grec.
En effet, en lui la justice de Dieu y est révélée par la foi et pour la foi,
selon qu’il est écrit : « Le juste vit de la foi. »
Puisque la colère de Dieu est révélée du haut du ciel
contre toute impiété et injustice de ces hommes
qui retiennent la vérité dans l'injustice ;
car ce qui peut se connaître de Dieu a été manifesté en eux :
Dieu, en effet, le leur a manifesté.
En effet, les qualités invisibles de celui-ci, depuis la création du monde
se voient clairement, étant comprises par les œuvres qui sont faites,
ainsi que son éternelle puissance et divinité,
de sorte qu'ils sont inexcusables ;
puisqu'ayant connu Dieu
ils ne l’ont pas glorifié comme Dieu ou ne lui ont pas rendu grâces
mais ils se sont évanouis dans leurs pensées
et leur cœur insensé s'est obscurci.
Se disant en effet être sages
ils sont devenus fous
et ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible
contre la ressemblance d'une image d'un homme corruptible,
et d'oiseaux, et de quadrupèdes et de reptiles.
C’est pourquoi Dieu les a livrés aux convoitises de leurs cœurs, à l’impureté
de sorte qu’eux-mêmes affligent d'outrages leurs propres corps
eux qui ont changé la vérité de Dieu en mensonge
et qui ont honoré et ont été asservis à la créature
plutôt que le Créateur, lequel est béni dans les siècles. Amen !
C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions d’ignominie,
leurs femmes ont changé l’usage naturel en celui qui est contre nature ;
de même, les hommes
abondonnant l'usage naturel des femmes,
se sont brûlés, dans leurs convoitises, les uns les autres,
hommes avec hommes s'adonnant à la turpitude,
et recevant en eux mêmes la récompense qui était due à leur dégradation.
Et comme ils ne se sont pas souciés de bien connaître Dieu,
Dieu les a livrés à un sens réprouvé, de sorte qu'ils ont fait les choses qui ne conviennent pas ;
emplis de toute iniquité
malice, fornication
avarice, méchanceté
plein d'envie
de meurtre, de querrelle
de ruse, de malignité ;
chuchoteurs,
détracteurs,
haïs de Dieu,
outrageants,
hautains, fanfarons,
inventeurs de toutes sortes de maux,
désobéissant à leurs parents,
insensés, déloyaux,
sans affection,
sans pitié
sans miséricorde
qui, ayant connu la justice de Dieu, n'ont pas compris que ceux qui font ces choses là sont dignes de mort ;
non seulement ceux qui les font,
mais quiconque approuve ceux qui les font.
C'est pourquoi tu es inexcusable
ô homme, qui que tu sois, qui juges ;
car, en ce que tu juges autrui, tu te condamnes toi-même
tu commets les mêmes choses , toi qui juges.
Nous savons, en effet, que le jugement de Dieu est selon la vérité contre ceux qui accomplissent de telles choses.
Estimes-tu ceci ?
Ô homme qui juges ceux qui accomplissent de telles choses, et qui les fais toi-même,
que tu échapperas au jugement de Dieu ?
Est-ce que tu méprises les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longanimité ?
ignorant que la bienveillance de Dieu te conduit à la pénitence ?
Mais, par ta dureté et ton cœur impénitent,
tu amasses des trésors de colère, en prévision du jour de la colère et de la révélation du juste jugement de Dieu
qui rendra à chacun selon ses œuvres :
À ceux qui, par une persévérance dans la pratique du bien
recherchent gloire, honneur et incorruptibilité :
vie éternelle.
Mais à ceux qui ont l'esprit de contention
et n'acquiescent pas à vérité mais en revanche croient en l'iniquité :
colère et indignation.
Tribulation et angoisse pour toute âme d'homme qui fait le mal
celle du Juif d'abord, puis du Grec.
Mais, gloire, honneur et paix pour quiconque fait le bien
pour le Juif d'abord, puis pour le Grec
car il n'y a pas d'acception de personnes auprès de Dieu
Ainsi, quiconque a péché sans loi,
périra aussi sans loi,
et quiconque a péché avec une loi,
sera jugé par la loi.
Ce ne sont pas, en effet, ceux qui écoutent la Loi qui sont justes devant Dieu
mais ceux qui accomplissent la Loi qui seront justifiés.
Quand donc des nations qui n’ont pas la Loi
accomplissent naturellement ce qui relève de la Loi
ceux-là, n'ayant pas une telle loi, se tiennent lieu de loi à eux-mêmes.
Ce sont eux qui montrent que l'œuvre de la Loi a été écrite en leurs cœurs
leur propre conscience leur rendant témoignage,
et leurs pensées s'accusant et se défendant l'une l'autre.
Au jour où Dieu jugera par Jésus-Christ selon mon Évangile ce qu'il y a de caché dans les hommes.
Mais si toi tu portes le nom de Juif,
et te reposes sur la Loi
et te glorifies en Dieu
et connais sa volonté
et, instruit par la Loi, sais discerner ce qui est le plus utile,
tu te crois être toi-même un guide pour les aveugles
une lumière pour ceux qui sont dans les ténèbres
l'éducateur des insensés
le maître des enfants
possédant la forme définitive de la science et de la vérité dans la loi
toi donc qui instruit les autres, tu ne t'instruis pas toi-même ;
toi qui prêches de ne pas dérober, tu dérobes !
Toi qui dis de ne pas commettre l’adultère, tu commets l’adultère ;
toi qui as les idoles en abomination, tu commets le sacrilège !
Toi qui te glorifies dans la Loi, tu déshonores Dieu par la prévarication de la Loi !
(Car, à cause de vous, le nom de Dieu est blasphémé parmi les nations,
ainsi qu'il est écrit.)
La circoncision est utile, il est vrai, si tu observes la Loi
mais si tu es un prévaricateur de la Loi
ta circoncision devient incirconcision.
Si donc l’incirconcis observe les préceptes de la loi
son incirconcision ne sera-t-elle pas considérée comme circoncision ?
Et celui qui, incirconcis de nature, accomplit la Loi, te jugera
toi qui, avec la lettre et la circoncision, es un prévaricateur de la Loi.
De fait, Juif n’est pas celui qui le paraît au-dehors
ni circoncision celle qui se voit dans la chair
mais est Juif celui qui l’est dans son for intérieur
et la circoncision, c'est celle du cœur, selon l’Esprit et non selon la lettre
dont la louange ne vient pas des hommes mais de Dieu.
Qu'est-ce que le Juif a de plus,
ou quelle est l'utilité de la circoncision ?
Elle est importante, de toute manière,
premièrement, en effet, parce que les paroles de Dieu leur ont été confiées ;
car qu'importe si quelques-uns parmi eux n’ont pas cru ?
Leur incrédulité va-t-elle abolir la fidélité de Dieu ? Non certes.
Dieu est véridique,
mais tout homme menteur
comme il est écrit :
« Afin que tu sois rendu juste dans tes paroles et que tu triomphes lorsque tu es jugé. »
Mais si notre iniquité fait valoir la justice de Dieu
que dirons-nous ?
Dieu n’est-il pas injuste , lui qui nous inflige sa colère ?
(Je parle à la manière des hommes.)
Loin de là !
Autrement, comment Dieu jugera-t-il le monde ?
Car si la vérité de Dieu a surabondé pour sa goire à travers mon mensonge,
pourquoi suis-je jugé moi-même comme pécheur ?
Et pourquoi ne ferons-nous pas le mal pour qu'il en arrive du bien
(conformément au blasphème qu'on nous impute,
et que quelques-uns nous font dire) ?
La condamnation de ceux-là est juste.
Quoi donc, sommes-nous supérieurs à eux ?
Nullement.
Car nous avons accusé Juifs et Grecs
d'être tous sous le péché,
selon qu'il est écrit :
« Il n’y a pas un seul juste !
Il n’y en a pas qui comprenne, il n’y en a pas qui cherche Dieu !
Tous se sont dévoyés, ensemble ils sont devenus inutiles
il n'en est pas qui fasse le bien, pas même un seul !
Sépulcre ouvert est leur gosier
leurs langues servaient pour tromper
un venin d’aspic coule sous leurs lèvres !
Leur bouche est pleine de malédiction et d’amertume
leurs pieds sont prompts à répandre le sang
destruction et malheur sur leurs chemins
et le chemin de la paix, ils ne l'ont pas connu.
Il n'y a pas la crainte de Dieu devant leurs yeux. »
Or nous savons que tout ce que dit la Loi
c'est à ceux qui sont sous la Loi qu'elle le dit
afin que toute bouche soit fermée
et que le monde entier soit déféré devant Dieu
puisque par les œuvres de la Loi, aucune chair ne sera justifiée devant lui
car c'est par la Loi que vient la connaissance du péché.
Mais maintenant, sans la Loi, la justice de Dieu a été manifestée
attestée par la Loi et les prophètes.
Or la justice de Dieu par la foi en Jésus Christ est sur tous ceux qui croient :
de fait il n’y a pas de distinction
car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu
ayant été justifiés gratuitement par sa grâce
par la rédemption qui est dans le Christ Jésus,
lui que Dieu a établi d'avance comme victime propitiatoire, par la foi en son sang
pour la manifestation de sa justice
en vue de la rémission des péchés précédents
par la patience de Dieu
afin de manifester sa justice en ce temps
pour qu'il soit lui-même juste,
et qu'il justifie celui qui a la foi de Jésus Christ.
Où est donc le droit de se glorifier ?
Il a été exclu.
Par quelle loi ?
Des œuvres ? Non
mais par la Loi de la foi
car nous reconnaissons que l’homme est justifié par la foi sans les œuvres de la loi.
Est-il le Dieu des Juifs seulement ?
N'est-il pas aussi celui des nations ?
Oui, des nations aussi.
Puisqu'il n'y a, il est vrai, qu'un seul Dieu, qui justifiera le circoncis par la foi et l'incirconcis dans la foi.
Détruisons-nous donc la Loi par la foi ? Loin de là : nous avons au contraire établi la loi.
Que dirons-nous donc qu'a obtenu Abraham, notre père, selon la chair ?
Si en effet Abraham a été justifié d'après les œuvres
il a de la gloire, mais pas devant Dieu.
En effet que dit l’Écriture ?
« Abraham crut à Dieu et cela lui fut compté comme justice. »
Or à celui qui fait une œuvre, le salaire n'est pas compté comme une grâce mais comme un dû
mais à celui qui n'œuvre pas
mais croit en celui qui justifie l’impie
sa foi lui est comptée comme justice.
Et c’est ainsi que David appelle le bonheur de l’homme à qui Dieu rend justice sans oeuvres :
« Heureux ceux dont les iniquités ont été remises et dont les péchés ont été couverts !
Heureux l’homme à qui le Seigneur ne compte pas de péché. »
Ce bonheur n’est-il donc que dans la circoncision ou est-il également dans l'incirconcision ?
Car nous disons que la foi d'Abraham fut comptée comme justice.
Comment donc lui fut-elle comptée ?
Dans la circoncision ou dans l’incirconcision ?
Non pas dans la circoncision mais dans l'incirconcision.
Et il reçut le signe de la circoncision,
sceau de la justice de la foi qu'il avait eue, étant incirconcis,
afin d’être le père de tous ceux qui croient, étant incirconcis,
pour que la justice leur soit aussi comptée
et qu'il soit le père de la circoncision
non seulement pour ceux qui sont de la circoncision
mais aussi pour ceux qui suivent les traces de la foi de notre père Abraham dans l'incirconcision.
En effet ce n'est pas en vertu de la Loi qu'a été faite à Abraham ou à sa descendance la promesse d'avoir le monde en héritage
mais en vertu de la justice de la foi.
Car si les héritiers sont ceux de la Loi
la foi est réduite à rien
et la promesse anéantie.
De fait la Loi produit la colère
car là où il n’y a pas de Loi il n’y a pas non plus de prévarication.
C'est donc par la foi que la promesse a été affermie
selon la grâce à toute la descendance
non seulement pour celle qui est de la Loi
mais aussi pour celle qui est de la foi d’Abraham
qui est notre père à tous.
(Comme il est écrit :
« Je t’ai établi père d’un grand nombre de nations »)
devant Dieu auquel il a cru
lui qui vivifie les morts
et appelle les choses qui ne sont pas comme si elles sont
lui qui, contre toute espérance, a cru en l'espérance
afin de devenir le père d’un grand nombre de nations
selon ce qui a été dit :
« — Ainsi sera ta descendance. »
Et sans faiblir dans la foi, il ne considéra pas que son corps était mort
alors qu'il avait près de cent ans
ni qu'était mort le sein de Sara.
Quant à la promesse de Dieu, il n'hésita pas par défiance
mais fut fortifié dans la foi
en rendant gloire à Dieu
et sachant très pleinement que tout ce qu'il a promis, il peut aussi l'accomplir
et c'est pourquoi ce lui fut compté comme justice.
Or ce n’est pas seulement pour lui qu’il est écrit que cela lui fut compté,
mais aussi pour nous, à qui cela sera compté
à nous qui croyons en celui qui a ressuscité d'entre les morts Jésus notre Seigneur
qui a été livré pour nos fautes
et a été ressuscité pour notre justification.
Étant donc justifiés à partir de la foi
ayons la paix avec Dieu
par notre Seigneur Jésus Christ
par lequel nous avons aussi accès, par la foi, à cette grâce
dans laquelle nous tenons fermes et nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire des fils de Dieu
et pas seulement ! nous nous glorifions encore dans les tribulations
sachant que la tribulation produit la patience
la patience, la probation
puis la probation, l’espérance ;
or l’espérance ne confond pas
parce que la charité de Dieu a été répandue dans nos cœurs
par l’Esprit Saint qui nous fut donné.
De fait, pourquoi le Christ, alors que nous étions encore faibles
au temps marqué est-il mort pour des impies ?
À peine, en effet, quelqu'un va-t-il mourir pour un juste
(oui, pour un homme de bien peut-être quelqu’un osera-t-il mourir) ;
mais Dieu nous témoigne sa charité pour nous
puisque alors que nous étions encore pécheurs
le Christ est mort pour nous.
À plus forte raison donc, maintenant que nous avons été justifiés dans son sang
serons-nous sauvés par lui de la colère :
si en effet, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils
à plus forte raison, réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie ;
et pas seulement
mais nous nous glorifions aussi en Dieu par notre Seigneur Jésus Christ
par qui dès à présent nous avons reçu la réconciliation.
Voilà pourquoi comme par un seul homme le péché est entré dans ce monde
et par le péché la mort
et ainsi la mort est passée dans tous les hommes,
en qui tous ont péché
(jusqu’à la Loi, en effet, le péché était dans le monde
or le péché n’est pas pris en compte, quand il n’y a pas de Loi ;
mais la mort a régné depuis Adam jusqu’à Moïse même sur ceux qui ne péchèrent pas
à l'exemple de la prévarication d’Adam, qui est la forme de celui qui devait venir...)
Mais il n’en est pas de la faute comme du don
car si par la faute d’un seul la multitude a subi la mort,
à plus forte raison la grâce de Dieu et le don par la grâce d’un seul homme, Jésus Christ, se sont-ils abondamment répandus sur la multitude.
Or le don n'est pas exactement comme ce qui est arrivé par un seul qui pécha :
car le jugement résultant d'un seul aboutit à une condamnation
tandis que la grâce appelée par de nombreuses fautes, aboutit à une justification.
Si en effet par la faute d’un seul la mort a régné par lui seul,
à plus forte raison ceux qui reçoivent l’abondance de la grâce, de la donation, et
de la justice régneront-ils dans la vie par le seul Jésus Christ.
Donc comme par la faute d’un seul, sur tous les hommes est arrivée la condamnation,
de même aussi par la justice d’un seul arrive sur tous les hommes une justification de vie.
De même en effet que par la désobéissance d’un seul homme la multitude a été constituée pécheresse
de même aussi par l’obéissance d’un seul la multitude sera-t-elle constituée juste.
La Loi, quant à elle, s'est insinuée
pour qu'abondât la faute
mais là où a abondé la faute,
a surabondé la grâce
afin que, comme le péché a régné dans la mort
ainsi la grâce règne par la justice pour la vie éternelle
par Jésus-Christ notre Seigneur !
Que dirons-nous donc ?
Demeurerons-nous dans le péché afin que la grâce abonde ?
Loin de là.
Car nous qui sommes morts au péché
comment encore vivrons-nous en lui ?
Ou bien ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Christ Jésus
c’est en sa mort que nous avons été baptisés ?
Nous avons en effet été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort
afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père
nous aussi nous marchions dans une nouveauté de vie.
Car si nous avons été plantés ensemble à l'image de sa mort,
nous le serons aussi à l'image de sa résurrection
sachant ceci : notre vieil homme a été crucifié avec lui
afin que le corps du péché soit détruit
pour que nous ne soyons plus asservis au péché
car celui qui est mort est justifié du péché.
Mais si nous sommes morts avec le Christ
nous croyons que nous vivrons aussi avec le Christ
sachant que le Christ ressuscitant d'entre les morts ne meurt plus
la mort n’aura sur lui plus d’empire
car en mourant pour le péché
il est mort une seule fois ;
mais en vivant
il vit pour Dieu.
Ainsi, vous aussi, estimez que vous êtes certes morts au péché
mais vivants pour Dieu en Christ Jésus.
Que le péché ne règne donc pas dans votre corps mortel
de sorte que vous obéissiez à ses convoitises.
Et ne présentez pas vos membres au péché comme des armes d’iniquité
mais présentez-vous à Dieu comme des vivants d'entre les morts
et vos membres comme des armes de justice pour Dieu
car le péché n’aura pas d’empire sur vous
vous n’êtes pas en effet sous la loi mais sous la grâce.
Quoi donc ! Pécherons-nous parce que nous ne sommes pas sous la loi mais sous la grâce ? Loin de là !
Ne savez-vous pas que, lorsque vous vous présentez comme esclaves de quelqu'un pour lui obéir
vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez
soit du péché
soit de l’obéissance, pour la justice ?
Mais grâces soient rendues à Dieu
de ce qu'ayant été esclaves du péché,
vous avez obéi de tout cœur à la règle de doctrine à laquelle vous avez été confiés.
Or, libérés du péché, vous êtes devenus les esclaves de la justice.
Je parle à la manière des hommes à cause de la faiblesse de votre chair
en effet, de même que vous avez présenté vos membres pour être esclaves de l’impureté et de l'iniquité en vue de l’iniquité
ainsi présentez maintenant vos membres pour être esclaves de la justice en vue de la sanctification.
Car lorsque vous étiez les esclaves du péché
vous étiez libres à l’égard de la justice.
Quel fruit aviez-vous donc dans ces choses, dont vous rougissez maintenant ?
Car leur fin c’est la mort.
Mais maintenant, libérés du péché
et faits esclaves de Dieu
vous avez votre fruit jusqu'à la sanctification
et la vie éternelle
car le salaire du péché c’est la mort
mais la grâce de Dieu c’est la vie éternelle en Christ Jésus, notre Seigneur.
Ou bien ignorez-vous, frères
(car je parle à ceux qui connaissent la loi)
que la loi exerce son pouvoir sur l’homme aussi longtemps qu’il vit ?
Car la femme qui est soumise à un mari
le mari vivant, est liée à la loi ;
mais si le mari meurt
elle est déliée de la loi du mari.
Donc, du vivant de son mari, elle sera appelée adultère si elle est avec un autre homme
mais si son mari meurt
elle est affranchie de la loi
de sorte qu’elle n’est plus adultère si elle est avec un autre homme.
C'est pourquoi, mes frères, vous aussi vous êtes morts à la loi par le corps du Christ
pour que vous soyez à un autre, qui est ressuscité d'entre les morts
afin que nous portions des fruits pour Dieu.
Car, lorsque nous étions dans la chair
les passions des péchés qui étaient provoquées par la loi
agissaient dans nos membres afin de porter des fruits pour la mort.
Mais maintenant, nous avons été déliés de la loi
étant morts à ce qui nous tenait captifs
afin de servir dans un esprit nouveau, et non plus dans la vétusté de la lettre.
Que dirons-nous donc ?
La loi est-elle péché ? Loin de là !
Mais je n’ai connu le péché que par la loi.
Car je n’aurais pas connu la concupiscence si la loi n'avait dit :
« — Tu ne convoiteras pas. »
Mais le péché, ayant saisi l’occasion, a produit en moi toute sorte de concupiscence au moyen du commandement
car sans la loi le péché était mort.
Or moi, je vivais jadis sans la loi
mais quand vint le commandement, le péché reprit vie
or moi, je suis mort
et il s'est trouvé que le commandement qui devait me donner la vie a causé ma mort.
Car le péché, saisissant l’occasion, m’a séduit au moyen du commandement et par lui m’a tué.
Ainsi donc la loi est sainte
et le commandement saint, juste et bon.
Ce qui est bon est-il donc devenu pour moi mort ? Loin de là !
Car le péché, pour paraître péché, a, par une chose bonne, opéré la mort
de sorte qu'il est devenu par le commandement une source extrêmement abondante de péché.
Nous savons en effet que la loi est spirituelle
mais moi, je suis charnel
vendu sous l'empire du péché.
Car ce que je fais, je ne le comprends pas
car ce que je veux, je ne le fais pas
mais ce que je hais, je le fais.
Si donc je fais ce que je ne veux pas,
je consens à la loi qui est bonne.
Mais alors ce n’est plus moi qui fais cela
mais le péché qui habite en moi.
Car je sais que ce n'est pas le bien qui habite en moi, c’est-à-dire dans ma chair :
en effet le vouloir réside en moi
mais accomplir le bien je ne l'y trouve pas.
Car le bien que je veux je ne le fais pas
mais le mal que je ne veux pas je le fais.
Or si ce que je ne veux pas je le fais
ce n’est pas moi qui le fais
mais le péché qui habite en moi.
Je trouve donc quand je veux faire le bien cette loi :
le mal réside en moi.
Car je prends plaisir à la loi de Dieu selon l’homme intérieur
mais je vois dans mes membres une autre loi
qui combat la loi de mon esprit
et qui me rend captif de la loi du péché, laquelle est dans mes membres.
Malheureux homme que je suis !
Qui me délivrera du corps de cette mort ?
La grâce de Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur !
Ainsi je suis moi-même par l’esprit asservi à la loi de Dieu,
et par la chair, à la loi du péché.
Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus :
eux qui ne marchent pas selon la chair.
Car la loi de l’Esprit de la vie dans le Christ Jésus
m’a libéré de la loi du péché et de la mort.
Car ce qui était impossible à la loi, en ce qu'elle était affaiblie par la chair,
Dieu, en envoyant son propre Fils dans une chair ressemblant à celle du péché,
a condamné le péché dans la chair à cause du péché même
afin que la justification de la loi fût accomplie en nous
qui ne marchons pas selon la chair
mais selon l’Esprit.
Ceux en effet qui sont selon la chair
goûtent les choses de la chair
mais ceux qui sont selon l’Esprit
sentent les choses de l’Esprit.
Car la prudence de la chair, c’est la mort
mais la prudence de l’Esprit, c’est la vie et la paix
parce que la sagesse de la chair est inimitié contre Dieu
car elle ne se soumet pas à la loi de Dieu et elle ne le peut même pas.
Or ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu.
Mais vous, vous n'êtes pas dans la chair mais dans l’Esprit,
si toutefois l’Esprit de Dieu habite en vous ;
mais si quelqu’un n’a pas l’Esprit du Christ
celui-là ne lui appartient pas.
Mais si le Christ est en vous
quoique le corps soit mort à cause du péché
l’Esprit vit à cause de la justification.
Que si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous
celui qui a ressuscité Jésus-Christ d'entre les morts vivifiera aussi vos corps mortels
par son Esprit qui habite en vous.
Donc, frères
nous ne sommes pas redevables à la chair
pour vivre selon la chair
car si vous vivez selon la chair, vous mourrez
mais si par l’Esprit vous mortifiez les oeuvres de la chair, vous vivrez.
Tous ceux en effet qui sont mus par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu.
En effet, vous n’avez pas reçu un esprit de servitude pour agir encore dans la crainte
mais vous avez reçu un Esprit d’adoption des fils
en qui nous crions : — Abba ! Père !
L'Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit
que nous sommes fils de Dieu.
Or si nous sommes fils, nous sommes aussi héritiers ;
héritiers certes de Dieu
et cohéritiers du Christ
si toutefois nous souffrons avec lui pour être glorifiés avec lui.
J’estime en effet que les souffrances du temps présent ne sont pas dignes de la gloire à venir qui sera révélée en nous.
Car la créature attend d'une vive attente la révélation des fils de Dieu.
La créature, en effet, est assujettie à la vanité
non pas volontairement, mais, à cause de celui qui l’y a assujettie dans espérance
parce que la créature elle-même sera aussi délivrée de la servitude de la corruption
pour avoir part à la liberté de la gloire des fils de Dieu.
Nous savons, en effet, que toute créature gémit et souffre les douleurs de l’enfantement jusqu’à présent.
Or non seulement elle
mais nous-mêmes ayant les prémices de l’Esprit
nous gémissons aussi en nous-mêmes
attendant l’adoption des fils, la rédemption de notre corps.
Car c’est en espérance que nous avons été sauvés
or une espérance qu'on voit n’est pas une espérance
car ce que l’on voit, comment l'espère-t-on ?
Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas encore,
nous l'attendons par la patience.
Or de même aussi l’Esprit vient en aide à notre faiblesse
car nous ne savons pas comment prier comme il faut ;
mais l’Esprit lui-même demande pour nous avec des gémissements inénarrables.
Or celui qui sonde les cœurs
sait ce que désire l'Esprit ;
car c'est selon Dieu qu'il demande pour des saints.
Nous savons d’ailleurs que, pour ceux qui aiment Dieu, Toutes choses concourent au bien
de ceux qui, selon son dessein, sont appelés saints
car ceux qu’il a connus par sa préscience,
il les a aussi prédestinés à être conformes à l’image de son Fils
afin que lui-même soit le premier-né parmi un grand nombre de frères.
Or ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés
et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés
et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés.
Que dirons-nous donc après cela ?
Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?
Lui qui n’a pas même épargné son propre Fils
mais qui l’a livré pour nous tous
comment ne nous a-t-il pas aussi donné toutes choses avec lui ?
Qui accusera les élus de Dieu ? C'est Dieu qui les justifie.
Qui est-ce qui condamnerait ?
Christ Jésus, celui qui est mort
bien plus, qui est ressuscité,
qui est aussi à la droite de Dieu,
et qui même intercède pour nous ?
Qui nous séparera de la charité du Christ ?
La tribulation, ou l’angoisse
ou la persécution, ou la faim
ou la nudité, ou le péril
ou le glaive ?
(Selon qu'il est écrit :
« À cause de toi, nous sommes mis à mort tout le jour, on nous estime comme des brebis de tuerie. »)
Mais en tout cela nous sommes vainqueurs à cause de celui qui nous a aimés.
Car je suis certain que ni mort
ni vie
ni anges
ni principautés
ni présent
ni avenir
ni puissances
ni hauteur
ni profondeur
ni autre créature
ne pourra nous séparer de la charité de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur.
Je dis la vérité dans le Christ, je ne mens pas
ma conscience me rendant témoignage dans l’Esprit-Saint :
j’ai une grande tristesse
et en mon cœur une douleur incessante.
Car moi, je souhaitais d'être moi-même anathème à l'égard du Christ, pour mes frères,
qui sont mes proches selon la chair
qui sont Israélites,
auxquels appartiennent l’adoption des fils, la gloire, les alliances, la législation, le culte et les promesses
lesquels sont les pères et desquels est le Christ selon la chair,
lui qui est au-dessus de toutes choses, Dieu béni pour les siècles, amen.
Non que la parole de Dieu ait failli.
Car tous ceux qui descendent d'Israël
ne sont pas Israël,
ni ceux qui sont la descendance d'Abraham ne sont pas tous ses fils;
mais c'est en Isaac que ta descendance sera appelée :
c’est-à-dire : ce ne sont pas les fils de la chair qui sont fils de Dieu
mais ce sont les fils de la promesse qui sont comptés comme descendance.
D'une promesse en effet voici la parole :
— En ce temps je viendrai et Sara aura un fils.
Et non seulement elle, mais aussi Rébecca ayant connu la couche d’un seul homme, Isaac notre père.
En effet, alors que ses fils n'étaient pas encore nés
et qu’ils n'avaient fait ni bien ni mal
( afin que le dessein de Dieu selon l'élection demeure )
non en vertu des oeuvres, mais en vertu de celui qui appelle, il lui fut dit :
« — L’aîné sera asservi au plus jeune. »
Comme il est écrit :
« J’ai aimé Jacob mais j’ai haï Ésaü. »
Que dirons-nous donc ?
— Y aurait-il de l’iniquité en Dieu ? Loin de là.
À Moïse il dit en effet :
« — J'aurai pitié de qui j'ai pitié et je ferai miséricorde de qui je ferai miséricorde. »
Cela ne dépend donc ni de celui qui veut ni de celui qui court, mais de Dieu, qui fait miséricorde.
Car l’Écriture dit à Pharaon :
« — Je t’ai suscité pour cela même
afin de montrer en toi ma puissance
et afin que soit annoncé mon nom sur toute la terre. »
Donc il fait miséricorde à qui il veut et il endurcit qui il veut.
Tu me dis donc :
— Qu'a-t-il à faire encore des reproches ?
Car qui résiste à sa volonté ?
Ô homme, qui es-tu, toi, pour répliquer à Dieu ?
Est-ce que le vase d'argile dit à celui qui l’a façonné :
— Pourquoi m’as-tu fait ainsi ?
N’a-t-il pas le pouvoir, le potier,
de faire de la même pâte
certes, un vase pour un usage honorable
mais un autre pour un usage vil ?
Que dire si Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance
a supporté dans une grande patience des vases de colère prêts pour la perdition
afin de faire connaître les richesses de sa gloire
sur des vases de miséricorde qu’il a préparés pour la gloire ?
C'est nous qu’il a appelés
non seulement parmi les Juifs mais encore parmi les Gentils
comme il dit dans Osée :
« — J’appellerai celui qui n'est pas mon peuple, mon peuple ;
et celui qui n'a pas obtenu miséricorde, objet de miséricorde. »
Et il arrivera que dans le lieu où il leur fut dit :
« — Vous n’êtes pas mon peuple,
là, ils seront appelés "fils du Dieu vivant" ! »
Or Isaïe s’écrie pour Israël :
« — Quand bien même le nombre des fils d’Israël serait comme le sable de la mer, un reste sera sauvé ! »
En effet, consommant et abrégeant le verbe dans l'équité
(parce que c'est une verbe abrégé que le Seigneur fera sur la terre),
c'est comme le prédit Isaïe :
« — Si le Seigneur Sabaoth ne nous avait laissé la semence
nous serions devenus comme Sodome
et nous aurions été semblables à Gomorrhe. »
Que dirons-nous donc ?
Que des Gentils, qui ne suivaient pas la justice, sont parvenus à la justice,
et même la justice qui vient de la foi
tandis qu’Israël, en suivant la loi de justice,
n’est pas parvenu à la loi de justice.
Pourquoi ? Parce qu’ils l'ont cherché, non en vertu de la foi, mais comme provenant des œuvres.
Ils se sont heurtés contre la pierre d’achoppement
comme il est écrit :
« Voici, je mets en Sion une pierre d’achoppement et un roc de scandale
et quiconque croit en lui ne sera pas confondu. »
Frères, la volonté de mon cœur, en effet, et ma supplication à Dieu, c'est qu'ils soient sauvés
car je leur rends ce témoignage qu’ils ont du zèle pour Dieu
mais non selon la connaissance.
Parce que, ignorant la justice de Dieu
et cherchant à établir la leur,
ils ne se sont pas soumis à la justice de Dieu.
Car la fin de la loi c’est le Christ en vue de la justice pour tout croyant.
Moïse a écrit en effet :
« l'homme qui aura pratiqué la justice qui vient de la Loi vivra par elle. »
Mais la justice qui vient de la foi parle ainsi :
« — Ne dis pas dans ton cœur :
— Qui ascensionne le ciel ? »
c'est-à-dire : en faire descendre le Christ,
ou : « — Qui descend dans » l’abysse ?
c'est-à-dire : rappeler le Christ d’entre les morts ;
mais que dit-elle ?
« — Proche est la parole, dans ta bouche et dans ton cœur »
c'est la parole de la foi que nous prêchons.
Parce que si tu confesses de ta bouche Jésus Seigneur
et si dans ton cœur tu crois que Dieu le réveilla des morts
tu seras sauvé,
car on croit de cœur en vue de la justice
et de bouche on fait confession en vue du salut.
De fait l’Écriture dit :
« — Quiconque croit en lui ne sera pas confondu. »
Il n’y a, en effet, pas de distinction entre Juif et Grec
parce que tous ont le même Seigneur,
riche envers tous ceux qui l’invoquent ;
car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.
Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n'ont pas cru ?
Ou comment croiront-ils à celui qu'ils n'ont pas entendu ?
Et comment entendront-ils, si personne ne prêche ?
Et comment prêcheront-ils, s’ils ne sont envoyés ?
Ainsi qu'il est écrit :
« Qu’ils sont beaux, les pieds de ceux qui annoncent la paix, de ceux qui annoncent de bonnes choses ! »
Mais tous n’ont pas obéi à l’Évangile.
Car Isaïe dit :
« — Seigneur, qui a cru à ce que nous avons fait entendre ? »
Donc la foi vient de ce qu'on entend
et ce qu'on entend vient par la parole du Christ.
Mais je dis : — N’ont-ils pas entendu ?
Et certes, leur voix s'est répandu sur toute la terre
et leurs paroles jusqu'aux extrémités du monde entier.
Mais je dis : — Israël n’en a-t-il pas eu connaissance ?
Le premier, Moïse dit :
« — Moi, je vous exciterai à la jalousie par ce qui n'est pas une nation
je vous mettrai en colère contre une nation insensée. »
Et Isaïe s'enhardit et dit :
« — J’ai été trouvé par ceux qui ne me cherchaient pas.
Je me suis ouvertement montré à ceux qui ne m'interrogeaient pas. »
Mais à Israël il dit :
« — Tout le jour j’ai tendu mes mains à un peuple incrédule et contredisant. »
Je dis donc : — Est-ce que Dieu a rejeté son peuple ? Loin de là !
En effet moi aussi je suis Israélite
de la descendance d’Abraham, de la tribu de Benjamin.
Dieu n’a pas rejeté son peuple qu'il a connu par avance.
Ne savez-vous pas ce que l'Écriture dit d'Élie, comment il sollicite Dieu contre Israël :
« — Seigneur, ils ont tué tes prophètes
ils ont démoli tes autels
et moi je suis resté seul
et ils en veulent à ma vie. »
Mais que lui dit la réponse divine ?
« — Il me reste sept mille hommes qui n’ont pas fléchi le genou devant Baal. »
De même donc, dans le temps aussi, il s'est trouvé un reste selon l'élection de la grâce.
Or si c’est par la grâce
ce n’est pas par les œuvres ;
autrement la grâce n'est plus une grâce.
Quoi donc ?
Ce qu’Israël cherchait, il ne l’a pas obtenu,
mais l'élection l’a obtenu ;
quant aux autres, ils ont été aveuglés
selon qu'il est écrit :
« Dieu leur a donné un esprit de torpeur
des yeux pour ne pas voir
et des oreilles pour ne pas entendre
jusqu’à ce jour. »
Et David dit :
« — Que leur table devienne un piège, un filet, un scandale et une rétribution.
Que leurs yeux soient obscurcis pour ne pas voir ; et leur dos, tiens-le toujours courbé. »
Je dis donc : — Ont-ils trébuché de manière à tomber ? Loin de là !
Mais par leur faute, le salut est venu aux Gentils
afin qu'ils soient émules d'eux..
Que si leur faute a été la richesse du monde
et leur abaissement la richesse des Gentils
combien plus leur plénitude ?
Car je vous le dis, à vous, les nations :
— Aussi longtemps que je serai, moi, apôtre des nations
j'honorerai mon ministère
si, par quelque moyen que ce soit, je peux provoquer à l'émulation ceux de ma chair,
et en sauver quelques-uns parmi eux.
Car si leur perte est la réconciliation du monde
que sera leur admission, sinon une vie d’entre les morts ?
Que si les prémices sont saintes, la masse de la pâte l’est aussi ;
et si la racine est sainte, les branches le sont aussi.
Que si quelques-unes des branches ont été brisées
et si toi, olivier sauvage, tu as été enté parmi elles
et es devenu participant de la racine et de la graisse de l’olivier
ne te glorifie pas aux dépens des branches :
que si tu te glorifies,
sache que ce n’est pas toi qui portes la racine, mais que c'est la racine qui te porte.
Tu diras donc :
— Des branches ont été brisées afin que moi, je sois enté.
Bien !
Elles ont été brisées à cause de leur incrédulité
et toi, c'est par la foi que tu tiens.
N'aie pas du goût pour des pensées hautaines, mais crains !
Car si Dieu n’a pas épargné les branches naturelles, il pourrait peut-être ne pas t'épargner.
Vois donc la bonté et la sévérité de Dieu :
pour ceux qui sont tombés, sévérité
mais pour toi, bonté de Dieu
si tu persévères dans la bonté
autrement toi aussi tu seras retranché.
Mais eux aussi, s’ils ne persévèrent pas dans l'incrédulité, ils seront entés
car Dieu a le pouvoir de les enter à nouveau.
En effet, si tu as été coupé de l'olivier sauvage, qui t'est naturel,
et si, contrairement à la nature, tu as été enté sur un bon olivier,
à combien plus forte raison, ceux qui sont les branches naturelles seront-ils entés sur leur propre olivier ?
Car je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère
afin que vous ne soyez pas sages à vos propres yeux :
c'est qu'un aveuglement est arrivé pour une part à Israël
jusqu’à ce que la plénitude des nations soit entrée.
Et qu'ainsi tout Israël soit sauvé
selon qu'il est écrit :
« Viendra de Sion celui qui doit libérer, il écartera de Jacob les impiétés. »
Et ce sera là mon alliance avec eux
lorsque j’aurai ôté leurs péchés.
Certes, selon l’Évangile, ils sont ennemis à cause de vous
mais, selon l'élection, ils sont très chers à cause de leurs pères.
Car les dons et l'appel de Dieu sont sans repentance.
De même, en effet, que jadis vous n'avez pas cru à Dieu
et que maintenant vous avez obtenu miséricorde à cause de leur incrédulité
de même, eux aussi n'ont pas cru maintenant
à cause de la miséricorde qui vous a été faite
afin qu'eux-mêmes aussi obtiennent miséricorde.
Car Dieu a renfermé tout dans l'incrédulité ,
pour faire miséricorde à tous.
Ô profondeur des richesses de la sagesse et de la science de Dieu !
Que ses jugements sont incompréhensibles
et ses voies impénétrables !
Car qui a connu la pensée du Seigneur ?
Ou qui a été son conseiller ?
Ou qui, le premier, lui a donné pour devoir être payé en retour ?
Car c'est de lui, et par lui et en lui que sont toutes choses.
À lui la gloire dans les siècles. Amen !
Je vous supplie donc, frères, par la miséricorde de Dieu
à offrir vos corps en hostie vivante
sainte, agréable à Dieu :
c'est là votre culte raisonnable.
Et ne vous conformez pas à ce monde-ci
mais réformez-vous par le renouvellement de votre intelligence
afin que vous puissiez discerner quelle est la volonté de Dieu, bonne, agréable et parfaite.
Car je dis, en vertu de la grâce qui m’a été donnée, à tous ceux qui sont parmi vous
de ne pas être plus sages qu'il ne convient de l'être
mais d'être sages avec sobriété,
selon la mesure de la foi que Dieu a départie en chacun.
Car, de même que dans un seul corps nous avons beaucoup de membres
et que tous les membres n’ont pas la même fonction,
ainsi, nous qui sommes nombreux, nous sommes un seul corps dans le Christ
et chacun en particulier, membres les uns des autres.
Or nous disposons, selon la grâce qui nous a été donnée, de dons différents :
soit la prophétie, selon la raison de la foi ;
soit le ministère, dans l'exercice du ministère ;
soit celui qui enseigne, dans l'enseignement ;
celui qui exhorte, en exhortant ;
celui qui donne, dans la simplicité ;
celui qui gouverne, avec prudence ;
celui qui fait preuve de miséricorde, dans la joie !
Que l'amour soit sans dissimulation,
haïssant le mal
s'attachant au bien
vous aimant les uns les autres de charité fraternelle
vous prévenant d'honneur les uns les autres
en sollicitude non paresseux,
fervents d'esprit,
asservis au Seigneur
se réjouissant dans l'espérance
patients dans la tribulation
insistant en prière.
Prenant part aux nécessités des saints
recherchant avec ardeur à offrir l’hospitalité.
Bénissez ceux qui persécutent
bénissez et ne maudissez pas !
Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent,
pleurez avec ceux qui pleurent
ayant les mêmes sentiments les uns vis-à-vis des autres,
n'ayant pas le goût des grandeurs
mais consentant à ce qui est humble.
Ne soyez pas habiles à vos propres yeux !
Ne rendant à personne le mal pour le mal
veillant à faire le bien
non seulement devant Dieu mais aussi devant tous les hommes
si cela se peut, autant qu’il dépend de vous
vivant en paix avec tous les hommes
ne vous défendant pas vous-mêmes, très chers
au contraire laissez place à la colère de Dieu,
car il est écrit :
« — À moi la vengeance ! C’est moi qui rétribuerai, dit le Seigneur ! »
Au contraire, si ton ennemi a faim, nourris-le !
S’il a soif, donne-lui à boire !
Car, faisant cela tu amasseras des charbons de feu sur sa tête.
Ne sois pas vaincu par le mal mais vaincs le mal par le bien.
Que toute personne soit soumise aux pouvoirs plus élevés qu'elle
car il n’y a pas de pouvoir, si ce n'est de Dieu
et ceux qui existent ont été établis par Dieu.
Ainsi celui qui résiste au pouvoir
résiste à l’ordre de Dieu.
Or ceux qui résistent obtiendront pour eux-mêmes une condamnation.
Car les magistrats ne sont pas à crainte pour une bonne action mais pour une mauvaise.
Veux-tu donc ne pas craindre le pouvoir ?
Fais le bien
et tu seras loué par eux.
Car il est pour toi le serviteur de Dieu, pour le bien.
Mais si tu fais le mal, crains ;
car ce n’est pas sans raison qu’il porte le glaive.
Il est en effet le serviteur de Dieu, le vengeur, pour exercer sa colère sur celui qui commet le mal.
C'est pourquoi de nécessité soyez soumis
non seulement à cause de la colère mais aussi à cause de la conscience.
Et voilà bien pourquoi vous payez un tribut :
car ils sont des ministres de Dieu en cela même ils sont asservis.
Rendez à tous ce qui leur est dû :
à qui le tribut, le tribut
à qui l'impôt, l'impôt
à qui la crainte, la crainte
à qui l’honneur, l’honneur.
Ne devez rien à personne
si ce n’est de vous aimer les uns les autres
car celui qui aime le prochain a accompli la loi.
En effet : Tu ne commettras pas d’adultère
tu ne tueras pas
tu ne déroberas pas
tu ne convoiteras pas
et s'il est quelque autre commandement,
tout est compris dans cette parole :
— Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
L'amour du prochain ne fait pas de mal :
l'amour est donc la plénitude de la loi.
Et cela en sachant par le temps que l'heure est venue de nous réveiller du sommeil,
car notre salut est maintenant plus proche que lorsque nous avons cru.
La nuit est passée
et le jour est proche.
Rejetons donc les œuvres des ténèbres
et revêtons-nous des armes de la lumière.
Comme en plein jour, conduisons-nous avec honnêteté :
non dans les gloutonneries et les ivrogneries
non dans les coucheries et les impudicités
non dans les querelles et les émulations
mais revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ
et ne faites pas cas de la chair dans ses convoitises.
Quant à celui qui est faible dans la foi, accueillez-le
sans disputer sur les opinions.
Tel croit en effet pouvoir manger de tout
mais celui qui est faible mange des légumes.
Que celui qui mange ne méprise pas celui qui ne mange pas
et que celui qui ne mange pas ne juge pas celui qui mange,
car Dieu l’a accueilli.
Qui es-tu, toi qui juges l'esclave d’autrui ?
S'il se tient debout ou s'il tombe, cela regarde son Seigneur
mais il se tiendra debout
car Dieu est puissant pour l'établir.
En effet, l'un estime un jour plus qu'un autre jour
l'autre estime tous les jours égaux
que chacun abonde en son sens.
Celui qui tient compte du jour en tient compte pour le Seigneur
et celui qui mange mange pour le Seigneur
car il rend grâces à Dieu
et celui qui ne mange pas ne mange pas pour le Seigneur et il rend grâces à Dieu.
Car aucun de nous ne vit pour soi,
et nul ne meurt pour soi.
Mais, soit que nous vivions, nous vivons pour le Seigneur ;
soit que nous mourions, nous mourons pour le Seigneur.
Soit donc que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes au Seigneur.
Car c'est pour cela que le Christ est mort et a ressuscité
afin d’être le Seigneur des morts et des vivants.
Mais toi, pourquoi juges-tu ton frère ?
Ou toi, pourquoi méprises-tu ton frère ?
Tous en effet nous nous tiendrons devant le tribunal de Dieu.
Car il est écrit :
« — Pour autant que je vis, dit le Seigneur, tout genou fléchira devant moi, et toute langue confessera Dieu. »
Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour soi-même.
Ne nous jugeons donc plus les uns les autres
mais jugez plutôt ceci :
que vous ne mettiez pas une pierre d’achoppement ou une occasion de chute devant votre frère.
Je sais et je crois fermement dans le Seigneur Jésus
que rien n’est souillé par lui-même ;
si ce n'est pour celui qui estime qu’une chose est souillée, pour celui-là, elle est souillée.
Si, en effet, à cause d'un aliment, ton frère est contristé
dès lors tu ne marches plus selon la charité.
Ne va pas, avec ton aliment, faire périr celui pour qui le Christ est mort.
Que notre bien ne soit donc pas un sujet de blasphème.
Le royaume de Dieu n’est pas aliment et breuvage
mais il est justice, paix et joie dans l’Esprit-Saint.
Car celui qui en cela est asservi au Christ
plaît à Dieu
et est approuvé des hommes.
Ainsi donc, recherchons ce qui contribue à la paix
et ce qui contribue à l’édification mutuelle.
Ne détruis pas, pour manger, l’œuvre de Dieu.
Certes, toutes choses sont pures,
mais c'est un mal pour l'homme qui mange en étant pierre d'achoppement.
Il est bon de ne pas manger de viande et de ne pas boire de vin
et de ne rien faire de ce qui bronche, scandalise ou affaiblit
ton frère.
Toi, tu as la foi
garde-la pour toi-même devant Dieu.
Heureux celui qui ne se condamne pas lui-même dans ce qu’il approuve.
Mais celui qui discerne, s’il mange, est condamné parce qu'il n'a pas la foi.
Car tout ce qui ne vient pas de la foi est péché.
Or nous devons, nous les plus forts, supporter les infirmités des faibles
et non pas nous plaire à nous-mêmes.
Que chacun de vous plaise à son prochain pour le bien en vue de l'édification.
Car le Christ, en effet, ne s'est pas plu à lui-même
mais comme il est écrit :
« Les outrages de ceux qui t’outragent sont tombés sur moi. »
Car tout ce qui a été écrit
a été écrit pour notre instruction
afin que par la patience et la consolation des Écritures nous ayons l’espérance.
Que le Dieu de la patience et de la consolation
vous donne donc d'avoir un même sentiment les uns envers les autres selon Jésus Christ :
afin que d’un même cœur et d'une seule bouche vous honoriez le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ.
C'est pourquoi accueillez-vous les uns les autres
comme le Christ vous a aussi accueillis pour l'honneur de Dieu.
Je dis en effet que le Christ Jésus a été ministre de la circoncision
pour la vérité de Dieu,
afin de confirmer les promesses faites aux pères ;
quant aux nations, c'est pour sa miséricorde qu'elles honorent Dieu
comme il est écrit :
« C’est pour cela que je te confesserai parmi les nations et je chanterai ton nom. »
Et il est dit encore :
« — Réjouissez-vous, nations, avec son peuple. »
Et ailleurs :
« Louez le Seigneur, toutes les nations, et exaltez-le, tous les peuples. »
Et Isaïe dit encore :
« — Et ce sera le rejeton de Jessé et celui qui se lèvera pour régner sur les nations, en lui les nations mettront leur espérance. »
Et que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi
afin que vous abondiez dans espérance et dans la vertu de l’Esprit Saint.
Or moi-même, je suis certain, mes frères, en ce qui vous regarde
que vous êtes vous-mêmes pleins d'amour,
remplis de toute science,
de façon à être capables de vous avertir les uns les autres.
Mais je vous ai écrit, frères, assez hardiment par endroits
comme en vous remettant en mémoire
en vertu de la grâce qui m'a été donnée par Dieu
pour être ministre du Christ Jésus parmi les nations ;
prêchant la sainteté de l’Évangile de Dieu
afin que l’offrande des nations soit agréée, sanctifiée dans l'Esprit Saint.
J'ai donc la gloire en Christ Jésus auprès de Dieu.
Car je n’ose parler de choses que le Christ n’a accomplies par moi
pour l'obéissance des nations
par la parole et par les actions
par la vertu des signes et des prodiges
par la vertu de l’Esprit Saint
de cette façon j'ai annoncé partout l'Évangile du Christ depuis Jérusalem jusqu'en Illyrie,
mais j'ai ainsi prêché cet Évangile
là où le Christ n’avait pas été nommé
afin de ne pas bâtir sur le fondement d’autrui
mais selon qu'il est écrit :
« Ceux à qui cela n’a pas été annoncé verront
et ceux qui n’ont pas entendu comprendront. »
Et c'est pourquoi j'étais à maintes reprises empêché de venir chez vous
mais maintenant, n’ayant plus lieu de demeurer dans ces contrées
et ayant depuis déjà plusieurs années un vif désir de venir chez vous
quand j'aurai entrepris de me rendre en Espagne, j'espère qu'en passant je vous verrai
et que vous m'y conduirez là-bas
si j'ai pu d'abord jouir de vous.
Maintenant donc, je pars pour Jérusalem pour être au service des saints.
Car la Macédoine et l’Achaïe ont trouvé bon
de faire quelque collecte pour les pauvres parmi les saints qui sont à Jérusalem.
Il leur a plu en effet et elles le leur sont redevables
car si les nations ont eu part à leurs biens spirituels
elles doivent aussi les servir dans les choses charnelles.
Lors donc que j'aurai accompli cela et que je leur aurai assigné ce fruit de la collecte
je partirai pour l’Espagne en passant par chez vous.
Or je sais qu’en venant vers vous
c'est dans la plénitude de la bénédiction du Christ que je viendrai.
Je vous supplie donc, frères
par notre Seigneur Jésus Christ
et par la charité de l'Esprit
à me venir en aide en adressant pour moi des prières à Dieu
afin que j'échappe aux incrédules qui sont en Judée
et que l'offrande de mon service soit acceptée des saints à Jérusalem
en sorte que je vienne chez vous dans la joie par la volonté de Dieu
et que je goûte quelque repos avec vous.
Et que le Dieu de la paix soit avec vous tous. Amen !
Et je vous recommande Phébée notre sœur
laquelle est au service de l’ Église qui est à Cenchrées
afin que vous la receviez dans le Seigneur d’une manière digne des saints
et que vous l'assistiez en toute affaire où elle pourrait avoir besoin de vous ;
car elle en a elle-même assisté beaucoup et moi-même.
Saluez Prisque et Aquilas, mes collaborateurs
en Christ Jésus
(qui ont risqué leur tête pour me sauver la vie ;
et je ne suis pas seul à leur devoir de la gratitude
mais aussi toutes les Églises des nations.)
Et saluez l' Église qui est dans leur maison
saluez Épénète, qui m'est cher
qui est les prémices de l’Asie dans le Christ.
Saluez Marie, qui a pris beaucoup de peine pour vous.
Saluez Andronique et Junie, mes parents et mes compagnons de captivité
eux qui sont illustres parmi les apôtres
et qui avant moi ont été en Christ.
Saluez Ampliatus, qui m'est très cher dans le Seigneur.
Saluez Urbain, notre collaborateur en Christ
et mon cher Stachys.
Saluez Apelle, qui a fait ses preuves en Christ.
Saluez ceux de la de la maison d'Aristobule.
Saluez Hérodion, mon parent.
Saluez ceux de la maison de Narcisse qui sont dans le Seigneur.
Saluez Tryphène et Tryphose, qui se donnent de la peine dans le Seigneur.
Saluez la très chère Perside, qui s'est donnée beaucoup de peine dans le Seigneur.
Saluez Rufus, élu dans le Seigneur et sa mère, qui est aussi la mienne.
Saluez Asyncrite, Phlégon, Hermès, Patrobas, Hermas
et les frères qui sont avec eux.
Saluez Philologue et Julie
Nerée et sa sœur
ainsi qu’Olympiade et tous les saints qui sont avec eux.
Saluez-vous les uns les autres dans un saint baiser.
Toutes les Églises du Christ vous saluent.
Mais je vous prie, frères
de vous garder de ceux qui causent les dissensions et les scandales contre l’enseignement que vous avez reçu
et éloignez-vous d’eux.
Car ces gens-là ne sont pas asservis au Christ notre Seigneur mais à leur propre ventre,
et par de douces paroles et des bénédictions ils séduisent les cœurs des innocents.
Votre obéissance, en effet, a été divulguée en tout lieu :
je me réjouis donc pour vous
mais je veux que vous soyez sages dans le bien et simples dans le mal.
Et le Dieu de paix écrasera Satan sous vos pieds rapidement.
Que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec vous.
Vous salue Timothée, mon collaborateur
ainsi que Lucius, Jason et Sosipatre, mes parents.
Je vous salue, moi Tertius, qui ai écrit cette lettre, dans le Seigneur.
Vous salue Gaïus, mon hôte et celui de toute l’Église
vous saluent Éraste, le trésorier de la ville, ainsi que Quartus, notre frère.
+ Que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec vous tous. (+ Amen.)
À celui qui a le pouvoir de vous affermir
selon mon Évangile
et la prédication de Jésus Christ
conformément à la révélation du mystère gardé secret de toute éternité,
mais qui maintenant a été manifesté par les Écritures des prophètes
selon l'ordre du Dieu éternel
pour l'obéissance de la foi, connu de toutes les nations,
à Dieu, seul sage,
par Jésus-Christ,
à qui l'honneur pour les siècles des siècles ! Amen !
ICI FINIT L'ÉPÎTRE AUX ROMAINS