Ouvrir le livre du Siracide, c'est un peu comme s'asseoir aux pieds d'un grand-père pieux et inspiré pour l'écouter parler des choses de la vie. Ce faisant l'on s'imprègne de sa sagesse, acquise au fil des ans, dans la foi, tandis qu'il aborde tous les domaines de la vie quotidienne : amitié, mariage, richesses, commerce, relations familiales, justice, etc. Ces domaines divers relèvent d'une unique sagesse, elle-même suspendue à un seul élément : la « crainte du Seigneur ». Tel est le sens de ce verset fameux :« La sagesse commence avec la crainte du Seigneur » (Si 1,16). Le livre révèle une « sagesse radicale » dont la racine et la source sont en Dieu.
Dans le prologue du Siracide, une voix nomme celui à qui l’on doit la rédaction du livre : un homme sage nommé « Sira ». L'auteur du prologue est son petit-fils, répondant au nom de ... « Jésus » ! Son grand-père a écrit le livre en hébreu, vers 180 av. J.-C. , dans un Israël déjà hellénisé par la domination des Ptolémée et les Séleucides. Quant à ce « Jésus », il est le traducteur en langue grecque de son grand-père, cinquante ans après. C'est le seul livre de l'Ancien Testament qui soit aussi précisément signé !
Le Siracide présente encore d'autres particularités, à commencer par son titre. Le titre liturgique actuel renvoie au traducteur, « Ben Sira le Sage », rappelant la filiation qui préside à l'origine du livre ; le titre grec, dit littéralement : « Sagesse de Jésus fils de Sira ». Mais l’histoire de la culture le connaît surtout par son nom latin d’« Ecclésiastique », que l'on doit au père de l'Église saint Cyprien. Il soulignait ainsi l'usage officiel qu'en faisaient les chrétiens dans l’« Église », par opposition aux juifs des « synagogues », qui ne l'intégraient pas dans leur canon scripturaire (ce qui ne les empêchait pas de le connaître et de le commenter). De fait, l’appartenance de ce livre au canon des Écritures fut également discutée du côté des chrétien : saint Augustin reconnaissait l’Ecclésiastique comme inspiré, alors que son contemporain saint Jérôme le déclarait « non canonique », se refusant à le traduire ! Ainsi, la version que l'Église catholique a reçue et transmise est celle de la Vetus Latina, traduction chrétienne archaïque de la version longue du texte grec.
Les sources du Siracide ont longtemps été uniquement deux textes grecs, l'un d'entre eux plus long de 137 versets (sans qu'il soit possible de déterminer lequel précède l'autre). Ce sont ces manuscrits grecs qui furent transmis et traduits, non les manuscrits hébreux, que l’on redécouvrit seulement à la fin du 19e s. dans la fameuse geniza (débarras sacré d’une synagogue où sont pieusement entreposés les manuscrits des Écritures abîmés et devenus hors d’usage) du Caire, puis à Qumran et Massada en 1958 et 1967. À cela s'ajoute une traduction ancienne en syriaque, la Vetus Syra, ainsi que la Vetus Latina qui a trouvé son chemin dans la Vulgate reçue en Occident. Du côté protestant, le livre est rejeté du canon ; chez les Orthodoxes, la question n’est pas tranchée.
Théologiquement, le Siracide lie entre elles : sagesse, loi et crainte du Seigneur. Il donne des clefs humaines pour bien vivre la condition humaine, mais affirme que seule la crainte de Dieu peut produire cette sagesse humaine : si la première manque, la seconde sera fausse.
L’antique traduction latine du Siracide reçue en Occident a poussé la révélation du dessein divin un cran plus loin. Le scribe inspiré qui l’a produite, certain que tout peut annoncer le Christ, trouve peut-être le moyen d’évoquer le bois qui rappelle la victoire sur la mort remportée par le Christ sur la croix :« n'est-ce pas par le bois que l'eau amère fut adoucie ? » (V—Si 38,5, cf. Ex 15,23-25). Plus explicitement, il évoque le vent de la tempête apaisée : « à sa parole, le vent se taira (en vérité, le Seigneur Jésus l'a planté !) » (V—Si 43,25 cf. Mc 4,35-41 ) et peut-être même Vierge Marie dans la prosopopée de la sagesse (V—Si 24,12). L'auteur atteste aussi, dans une vertigineuse chronologie du salut, que « le Christ purifia David de ses péchés, il releva pour toujours sa corne, lui donna l'alliance des rois et un trône de gloire dans Israël » (V—Si 47,13). Mais surtout, comment ne pas voir un écho johannique lorsqu'il prophétise, de manière très sapientielle, que « ceux qui craignent le Seigneur ne seront pas incrédules en son verbe » (Si 2,18) ? A bon entendeur, salut !
Avant le 19e s., nulle trace de l'original hébreu n'était conservée, hormis le témoignage de disant qu'il l'avait vu en hébreu, des citations rabbiniques jusqu'au 4e s. dans le Talmud. Depuis 1896, la Genizah du Caire a livré les deux tiers du texte hébreu grâce à six manuscrits fragmentaires médiévaux. Qumrân en donne aussi des passages, ainsi qu'une copie trouvée à Massada en 1964 (Si 39,27-44,17) datée paléographiquement du début du 1er s. av. J.-C. Le nombre important des variantes entre les manuscrits et avec les autres versions atteste de l'existence de différentes recensions.
Ce livre est traduit en grec par le petit-fils de Ben Sira (cf. Prologue 27s). On trouve cette version grecque dans trois manuscrits principaux, Vaticanus, Sinaïticus et Alexandrinus.
Dès le 1er s. av. J.-C., une révision est opérée, avec bon nombre d'ajouts, qui témoignent d’une évolution théologique, en particulier en matière d’eschatologie. Ce travail se laisse deviner dans les fragments hébreux et dans la Peshitta (traduction syriaque vers 300) et nous est essentiellement parvenue dans plusieurs manuscrits grecs, et dans la Vetus latina (2e s.) recopiée dans la Vulgate (éditée vers la fin du 5e s.). L'Église a reçu et conservé les deux éditions du livre de Ben Sira, utilisées toutes deux par les Pères grecs, tandis que les Pères latins citent la version longue.
La traduction donnée ici est faite sur la version grecque (selon l'édition critique de ) avec des notes explicatives en cas d'additions.
Le livre réunit tous les traits caractéristiques de la poésie sapientielle : associations, paradoxes, parallélismes d’analogie et d’opposition, caractérisations, etc. Si parfois se trouve chez lui une suite de proverbes sans réelle transition, comme dans certains chapitres du livre des Proverbes (Pr 10-11), la plupart du temps, l'auteur développe et argumente solidement, apparenté en cela à Pr 1-9, de Jb et de Qo.
On ne peut à proprement parler discerner de plan général, mais certains passages peuvent constituer des petits traités à part entière.
La majorité du livre (Si 1,1-42,14) forme un recueil de maximes.
Mentionnons que le grec donne Si 33,16b-36,13a avant Si 30,25-33,16a, contre l'hébreu, le latin et le syriaque.
Ben Sira est le dernier auteur du canon de la Bible en ce qui concerne la littérature sapientielle.
Son livre compile la fleur de son enseignement (Prologue Si 0,7-14). L’œuvre se présente comme une somme où toute la réflexion des sages se trouve reprise et prolongée de façon originale. Aussi, avec sans doute pour modèle ancien le livre des Proverbes, tous les genres littéraires utilisés par les sages s’y retrouvent : machal (parabole, similitude, comparaison, paradigme, etc.), hidah (énigme, devinette, obscurité calculée), chirah et mizmor (poésie hymnique et liturgique), poésie gnomique, narration confidentielle, autobiographie, répertoire onomastique de type encyclopédique, récit didactique et historique.
Ben Sira est aussi le premier à relire toute l'Histoire sainte, d'Adam à Néhémie, y joignant le grand prêtre Simon (Si 44-50). Il dresse un portrait des ancêtres royaux, qui ne sont pas tous à imiter, sauf David, Ézéchias et Josias. Les descendants d'Aaron, au contraire, sont les véritables modèles puisqu'ils ont su transmettre la Sagesse.
L'auteur développe avec insistance plusieurs thèmes : la sagesse et la crainte du Seigneur, la Loi comme expression parfaite de la Sagesse de Dieu, l’histoire biblique relue à travers les héros du passé et, ce qui est nouveau dans la littérature biblique de sagesse, la révélation et l’élection d’Israël : un tel lien entre sagesse et économie historique n’existe en effet ni dans les Proverbes, ni dans l’Ecclésiaste, ni dans Job. Ben Sira, le premier, montre le lien qui unit la Sagesse à la révélation biblique (Si 24). Notons une absence : s'il connaît la promesse de la continuité de la race de David (Si 45,25 ; 47,11), il n'attend pas le Messie (cf. Si 24,24 ; 36,20ss).
Devant les menaces de l'hellénisme qui tente certains dirigeants, Ben Sira rappelle toute la tradition des pères. Il veut ainsi montrer que la sagesse de la Bible est aussi authentique et bonne que les philosophies grecques. Plein de respect pour la Loi et le Temple, il connaît bien toute la littérature biblique qui l'a précédé.
Lors de la traduction en grec, la situation est troublée. Le sacerdoce est corrompu (2M 4), et la profanation du Temple par Antiochus IV Épiphane (175-163 av. J.-C.) entraîne la révolte des Maccabées (2M 5-6). Ce changement de contexte a une certaine influence (cf. Si 50,24).
Ben Sira en hébreu, Siracide en grec, d'après la forme grecque Sirach, l'auteur est un maître de sagesse de Jérusalem (cf. Si 50,27 et Si 51,30). Il a dû naître au milieu du 3e s. av. J.-C., et vit sous cette époque troublée, entre Lagides et Séleucides (Jérusalem est prise par les Séleucides en 198 av. J.-C.), contemporain du grand prêtre Simon le Juste (Si 50,1-20). Faute d’allusion à la déposition d’Onias III en 174 et à la persécution d’Antiochus Épiphane (175-164), il est possible de dater l’Ecclésiastique entre 200 et 175.
Son petit-fils commence à le traduire en Égypte, sans doute en 132 av. J.-C. (Prologue 26 : la 38e année du roi Evergète, que l’on identifie à Ptolémée VII, 170-116).
Ben Sira reprend, dans une perspective de sagesse, toute la tradition biblique qui l'a précédé (cf. Si 39,1).
Présentée comme un don de Dieu à ses élus, elle enrichit celui qui la reçoit et le comble de ses faveurs. Son expression biblique est la Loi (Si 24,23). Le sage possède la crainte de Dieu (Si 2,15s) qui permet à l'homme d'accueillir les dons de Dieu et d'y répondre par son obéissance à la Loi (Si 1,11-30 ; 2 ; 10,19-25 ; 25,7-11 ; 40,18-27).
La maîtrise de soi est déclinée sous toutes ses formes, que ce soit la maîtrise de la parole (Si 18,15-20,21 ; 21,1-22,26 ; 22,27-23,1.7-15 ; 28,13-26), l'humilité (Si 3,17-28 ; 10,7-18.26-11,6) ou la tempérance (Si 9,1-9 ; 23,2-6.16-27 ; 36,27-31 ; 42,12-14). L'importance d'un mariage harmonieux (Si 25,1-26,27) et d'une amitié solide et fondée (Si 6,5-17 ; 12,8-18 ; 22,19-26 ; 27,16-21 ; 37,1-6) est mise en lumière. L'homme de bien est charitable, envers les plus pauvres (Si 3,30-4,10 ; 7,32-36 ; 18,15-18 ; 29,1-20) et met sa confiance en Dieu (Si 2 ; 11,12-28) qui seul lui assure le salut (Si 2 ; 36,1-22).
Les mêmes problèmes se posent que dans Job ou l'Ecclésiaste (cf. Si 7,17.36 ; 17,23 ; 40,3s ; 50,24) à propos de la responsabilité et de la destinée de l'homme. Il n'y a pas encore de certitude sur la manière dont Dieu rétribuera chacun selon ses actes, même si quelques avancées se dessinent dans les additions, proches de la pensée des Pharisiens et des Esséniens (cf. Si 12,6 ; 16,22 ; 19,19, les ajouts latins à Si 24,22.32 et l'ajout syriaque à Si 1,22).
La religion demande enfin une véritable conversion du cœur, tout tourné vers l'amour de Dieu (Si 1,10.18 ; 11,15 ; 17,18 ; 24,18 ; 25,12). Sacrifice cultuel et justice intérieure sont inséparables (Si 34,18-35,24). Ben Sira est le modèle de ces juifs pieux, les hassidim (cf. 1M 2,42).
La souscription de Si 51,30 : « Sagesse de Jésus, fils de Sira » donne son titre grec au livre (d’où « le Siracide »). En latin, il est appelé Ecclesiasticus liber - d’où « l’Ecclésiastique » - déjà par au 3e s., probablement à cause d'un usage officiel par l'Église.
Le livre n'appartient pas au canon hébreu.
Malgré sa non canonicité, les auteurs juifs lisent le livre de Ben Sira. On le trouve à Qumrân, il est cité par le Talmud et les Midrashim, parfois même introduit par la formule « il est écrit » réservée à l'Écriture.
Ben Sira a une grande influence dans l'Église.
Suivent les commentaires, entre autres, de :
Ben Sira est, après les Psaumes, le livre de l'Ancien Testament le plus fréquemment utilisé dans la liturgie chrétienne. De nombreuses leçons, les épîtres de la messe de la vigile des Apôtres, du commun des Confesseurs pontifes (I) et non pontifes (I), du commun des Vierges martyres (I et II) et des Martyres non vierges, enfin du commun de la Sainte Vierge, tels sont les emprunts les plus frappants du missel romain. Cette place importante s'explique par le genre didactique du livre et ses sentences morales.
Le livre aussi bien que l’auteur sont absents des arts plastiques inspirés par le christianisme.
ICI COMMENCE LE PROLOGUE AU LIVRE DE JÉSUS FILS DE SIRAC
De nombreuses et excellentes choses nous ont été transmises par la Loi, les Prophètes
et les autres écrivains qui les ont suivis concernant la sagesse,
qui rendent Israël digne de louange pour sa doctrine et sa sagesse
puisque non seulement ceux qui ont composé ces discours ont dû y être experts
mais que même les étrangers peuvent devenir extrêmement savants
en [les] récitant et en [les] écrivant.
Mon aïeul Jésus, après s'être appliqué avec beaucoup de diligence à la lecture
de la Loi
des Prophètes
et des autres livres qui nous furent transmis par nos pères
voulut lui aussi écrire quelque chose parmi celles qui ont trait à la doctrine et à la sagesse
afin que ceux qui ont le désir d’apprendre, devenus experts en ces choses
y appliquassent de plus en plus leur esprit et s’affermissent pour une vie conforme à la Loi.
Je vous exhorte donc
à venir avec bienveillance et attention redoublée
en faire la lecture
et à vous montrer indulgents
dans les endroits où nous semblerions
tout en cherchant à rendre une image de la sagesse, avoir manqué de paroles qui l'exprimassent.
En effet, les termes hébreux n’ont pas la même force
une fois qu'ils ont été traduits dans une autre langue
et non seulement celles-ci
mais la Loi elle-même et les Prophètes
et le reste des livres
ne présentent pas peu de différence quand ils sont dits dans leurs propres [langues].
En la trente-huitième année du règne de Ptolémée Évergète
après que je fus parvenu en Égypte et y eus fait un long séjour
je trouvai des livres délaissés, dotés d'une doctrine ni insignifiante ni méprisable :
aussi m'a-t-il semblé bon et nécessaire de consacrer zèle et labeur à traduire ce livre.
Et par beaucoup de veille j'ai porté la doctrine
pendant cette période
jusqu'aux [étapes] qui conduisent enfin à publier un livre
pour servir à ceux qui veulent appliquer leur esprit
et apprendre de quelle manière ils se doivent conduire
eux qui ont résolu de mener leur vie selon la Loi du Seigneur.
FIN DU PROLOGUE
ICI COMMENCE LE LIVRE DE JÉSUS
FILS DE SIRAC
Toute sagesse vient du Seigneur Dieu
elle fut toujours avec lui, elle [l']est avant le temps.
Le sable de la mer, les gouttes de pluie
et les jours de la durée du monde : qui les a comptés ?
La hauteur du ciel, l’étendue de la terre
et la profondeur de l’abîme : qui les a mesurées ?
La sagesse de Dieu qui précède toutes choses : qui l'a pénétrée ?
Avant toutes choses fut créée la sagesse
et la lumière de la prudence dès l’éternité.
La source de la sagesse, c’est le verbe de Dieu dans les hauteurs.
et ses voies sont des commandements éternels.
La racine de la sagesse, à qui a-t-elle été révélée ?
Ses desseins profonds, qui les a connus ?
La discipline de la sagesse, à qui a-t-elle été révélée et manifestée ?
La richesse de ses voies, qui l'a connue ?
Il n’y a que le Très-Haut, le créateur tout-puissant
le roi puissant et très redoutable
qui siège sur son trône et qui domine : Dieu.
C’est lui qui l’a créée par l'Esprit Saint
il l’a vue, il l’a dénombrée et il l'a mesurée
il l’a répandue sur toutes ses œuvres
et sur toute chair, selon sa propre distribution ;
il l’a offerte à ceux qui l’aiment.
La crainte du Seigneur est gloire et sujet de gloire
joie et couronne d’allégresse.
La crainte du Seigneur réjouit le cœur
elle donne gaieté et joie tout au long de la vie.
Celui qui craint le Seigneur s’en trouvera bien à la fin
et au jour de sa mort il sera béni.
L'amour de Dieu est une sagesse digne d'être honorée.
Ceux dont elle s'offre à la vue l’aiment en la voyant
et en reconnaissant ses magnificences.
Le commencement de la sagesse, c'est la crainte du Seigneur ;
avec les fidèles, elle est formée dans le ventre maternel
avec les semences choisies, elle est tenue pour vraie
avec les justes et les fidèles, elle se fait connaître.
La crainte du Seigneur est la sanctification de la science.
Cette sanctification gardera et justifiera le cœur
elle donnera satisfaction et joie.
Celui qui craint Dieu s'en trouvera bien
et au jour de sa fin il sera béni :
la plénitude de la sagesse c'est de craindre Dieu
et cette plénitude vient de ses fruits
elle comblera toute sa maison des biens qu’elle produit
et les celliers de ses trésors.
La couronne de la sagesse est la crainte du Seigneur
qui déborde de paix et de fruits du salut.
Elle l'a connue et dénombrée
et l’une et l’autre sont des dons de Dieu.
La sagesse répandra la science et la lumière de la prudence
et elle élève en gloire ceux qui s'attachent à elle.
La racine de la sagesse c'est de craindre le Seigneur
et ses branches ont une longue vie.
Dans les trésors de la sagesse se trouvent l'intelligence et la sanctification de la science
mais la sagesse est en exécration aux pécheurs.
La crainte de Dieu chasse le péché :
celui qui est sans crainte ne pourra être justifié
car l’emportement de sa colère cause sa ruine.
L’homme patient attendra jusqu’à un certain temps
et après cela la joie lui sera rendue.
L’homme de bon sens cachera ses paroles jusqu’à un certain temps
et les lèvres de beaucoup publieront son intelligence.
31. Ø
32. Ø
33. Si tu convoites la sagesse, conserve la justice
et Dieu te la donnera
34. car la crainte du Seigneur est la sagesse et la discipline
et ce qui lui est agréable
35. c’est la foi et la douceur :
alors il remplira les trésors de celui [en qui elles se trouvent] !
36. Ne sois pas incrédule [quand] la crainte de Dieu [t'inspire]
et ne t'approche pas de lui avec un cœur double !
37. Ne sois pas hypocrite devant les hommes
et tu ne scandaliseras pas par tes lèvres !
38. Sois attentif à tes paroles de peur que tu ne tombes
et apportes le déshonneur à ton âme ;
39. de peur que Dieu ne révèle tes secrets
et ne te casse au milieu de la synagogue
40. parce que tu t'es approché du Seigneur avec une disposition maligne
et que ton cœur est plein de ruse et de tromperie !
Mon fils, si tu entres au service de Dieu, demeure ferme dans la justice et dans la crainte
et prépare ton âme à la tentation.
Humilie ton cœur et endure
prête l’oreille et reçois les paroles d'intelligence
et ne te hâte pas au temps de l’obscurité.
Endure les retardements de Dieu
demeure uni à Dieu et endure pour que surabonde ta vie à la fin.
Tout ce qui t'arrivera, accepte-le
dans la douleur endure, et au temps de ton humiliation prends patience
car l’or et l'argent s’éprouvent dans le feu
et les hommes agréables [à Dieu] dans le creuset de l’humiliation.
Aie foi en Dieu et il te relèvera
rends tes voies droites et espère en lui
conserve sa crainte et vieillis en lui.
Vous qui craignez Dieu, attendez sa miséricorde
et ne vous détournez pas de lui, de peur de tomber.
Vous qui craignez Dieu, croyez en lui
et elle ne sera pas perdue, votre récompense.
Vous qui craignez Dieu, espérez en lui
et avec le soulagement vous viendra la miséricorde.
Vous qui craignez Dieu, aimez-le
et vos cœurs seront illuminés.
Considérez, mes enfants, les nations des hommes, et voyez :
qui a espéré dans le Seigneur et a été confondu,
a persévéré dans ses commandements et en a été abandonné
et qui l’a invoqué, qu'il ait méprisé ?
En effet, Dieu est plein de bonté et de miséricorde
et il pardonne les péchés au jour de la tribulation
pour tous ceux qui le cherchent dans la vérité.
Malheur au cœur double, aux lèvres corrompues, aux mains malfaisantes
et au pécheur qui marche sur la terre par deux voies !
Malheur aux cœurs dissolus qui ne croient pas en Dieu !
À cause de cela, ils ne seront pas protégés par lui.
Malheur à ceux qui ont perdu l'endurance
qui ont quitté les voies droites
et qui se sont détournés dans des voies égarées !
Et que ferez-vous lorsque le Seigneur aura commencé à [tout] examiner ?
Ceux qui craignent le Seigneur ne seront pas incrédules en son verbe
et ceux qui l’aiment demeureront fermes dans sa voie.
19. Ceux qui craignent le Seigneur rechercheront ce qui lui est agréable
et ceux qui l’aiment seront remplis de sa Loi.
20. Ceux qui craignent le Seigneur prépareront leurs cœurs
et en sa présence sanctifieront leurs âmes.
21. Ceux qui craignent le Seigneur garderont ses commandements
et auront patience jusqu’à ce qu’il jette les yeux sur eux
22. en disant : — Si nous ne faisons pas pénitence
nous tomberons entre les mains de Dieu, et non entre les mains des hommes
23. car il a autant de grandeur
que de miséricorde en lui.
Les fils de la sagesse forment l’assemblée des justes
et leur nation est obéissance et amour.
Écoutez, fils bien-aimés, le jugement de votre père
et faites en sorte d'être sauvés
car Dieu a honoré le père en ses fils
et le discernement de la mère, il le cherche en ses fils.
Celui qui aime Dieu suppliera pour ses péchés
et il s’en abstiendra ;
il sera exaucé dans la prière de ses jours.
Un homme qui amasse un trésor :
ainsi celui qui honore sa mère.
Celui qui honore son père trouvera de la joie dans ses fils.
Celui qui honore son père jouira d’une longue vie
et celui qui obéit à son père réconfortera sa mère.
Celui qui craint Dieu honore ses parents
et il servira comme ses maîtres ceux qui lui ont donné la vie.
En actes et en paroles et en toute patience
honore ton père
pour que vienne sur toi la bénédiction de Dieu :
sa bénédiction demeure au dernier jour.
La bénédiction du père affermit la maison des enfants
et la malédiction de la mère la détruit jusqu’aux fondements.
Ne tire pas de gloire du déshonneur de ton père :
ce n'est pas une gloire pour toi, mais une honte
car la gloire d'un homme vient de l’honneur de son père
et un père sans honneur est un déshonneur pour ses fils.
Mon fils, soutiens la vieillesse de ton père
et ne l’attriste pas durant sa vie.
Si son esprit s’affaiblit, supporte-le
et ne le méprise pas dans ta force
car la charité envers un père ne sera pas oubliée.
En effet, tu seras récompensé pour avoir supporté le péché de ta mère.
L'injustice t'édifiera
au jour de la tribulation on se souviendra de toi
et, comme la glace en un jour serein, tes péchés fondront.
Combien est infâme celui qui abandonne son père
et combien est maudit de Dieu celui qui irrite sa mère !
Mon fils, accomplis tes œuvres avec douceur
et tu seras aimé au-dessus de la gloire des hommes.
Plus tu es grand, plus tu dois t'humilier en toutes choses
et tu trouveras grâce devant Dieu
car Dieu seul possède une grande puissance
et c'est par les humbles qu'il est honoré.
Ne scrute pas ce qui est au-dessus de toi
et ne recherche pas ce qui surpasse tes forces
mais pense toujours à ce que Dieu t'a commandé
et ne cherche pas à connaître la plupart de ses œuvres
car il ne t'est pas nécessaire de voir de tes yeux ce qui est caché ;
quant aux choses superflues, n'essaie pas de les scruter par tous les moyens
et tu ne chercheras pas à connaître la plupart de ses œuvres
car bien des choses qui dépassent l’esprit de l’homme t'ont été révélées.
Beaucoup, en effet, se sont laissés égarer par leur opinion
et leurs sens les ont retenus dans la vanité.
Le cœur dur sera dans le malheur au dernier jour
et celui qui aime le péril y périra.
Le cœur qui marche sur deux voies n'aura pas de succès
et le pervers de cœur y sera incité au scandale.
Le cœur méchant sera accablé de douleurs
et le pécheur ajoutera péché sur péché.
30. La synagogue des orgueilleux sera sans guérison
car on aura beau en arracher la racine du péché, ça ne sera pas compris.
31. Le cœur sage se fait comprendre par sa sagesse
et l'oreille bonne écoutera la sagesse avec un désir ardent.
32. Le cœur sage et intelligent s'abstiendra des péchés
et dans les œuvres de justice il aura du succès.
33. L’eau éteint le feu ardent
et l’aumône fait obstacle aux péchés.
34. Dieu considère celui qui fait grâce, il s'en souvient dans la suite
et tu trouveras un appui au temps de ta chute.
Mon fils, ne frustre pas le pauvre de son aumône
et ne détourne pas les yeux du pauvre.
Ne méprise pas l'âme de celui qui a faim
et n’exaspère pas un homme en son indigence.
N’afflige pas le cœur du nécessiteux
et ne diffère pas de donner à celui qui est dans la détresse.
Ne rejette pas la demande de l’affligé
et ne détourne pas ton visage de l'indigent.
Du nécessiteux ne détourne pas les yeux (pense à sa colère)
et ne laisse pas d'occasion à ceux qui t'implorent de te maudire par derrière
car celui qui te maudit avec amertume verra sa prière exaucée :
celui qui l’a créé l'exaucera.
Pour la communauté des pauvres montre-toi affable
devant un ancien humilie ton âme
et devant un grand baisse humblement la tête.
Incline ton oreille vers le pauvre et acquitte ta dette
et réponds-lui avec douceur des paroles de paix.
Délivre de la main de l'orgueilleux celui qui endure l'injustice
et ne le fais pas avec répugnance en ton âme.
En jugeant, sois pour les orphelins miséricordieux comme un père
et sois comme un mari pour leur mère :
tu seras comme un fils obéissant du Très-Haut
et il aura compassion de toi plus qu’une mère.
La sagesse inspire la vie à ses enfants
elle prend sous sa protection ceux qui la cherchent
et elle ira devant eux dans la voie de la justice.
Celui qui l’aime aime la vie
et ceux qui veillent pour elle jouiront de sa paix.
Ceux qui la possèdent auront la vie en héritage
et là où elle entrera, Dieu la bénira.
Ceux qui la servent seront obéissants au Saint
et ceux qui l’aiment, Dieu les aime.
Celui qui l’écoute jugera les nations
et celui qui lui prête attention demeurera en sécurité.
S’il a confiance en elle il l’aura pour héritage
et ses descendants y seront affermis
car elle marche avec lui dans la tentation
et elle le choisit parmi les premiers.
Elle amènera la crainte, la frayeur et l'épreuve sur lui
elle le tourmentera par la tribulation de sa doctrine
jusqu’à ce qu’elle l'éprouve dans ses pensées et qu’elle ait confiance en son âme.
Elle l’affermira
et de nouveau elle viendra droit à lui.
Elle lui découvrira ses secrets
et mettra en lui un trésor de science et d’intelligence de la justice.
Mais s’il s’égare, elle l’abandonnera
et le livrera aux mains de son ennemi.
Mon fils, respecte le temps et garde-toi du mal.
Ne rougis pas de dire la vérité pour le bien de ton âme
car il y a une confusion qui amène le péché
et il y a une confusion qui amène la gloire et la grâce.
Ne fais acception de personne contre ta personne
ni de mensonge contre ton âme.
Ne respecte pas ton prochain dans sa chute
et ne retiens pas la parole en un temps de salut :
ne cache pas ta sagesse dans sa beauté
car la sagesse se fait connaître dans la langue
et l'intelligence, la science et la doctrine, dans les paroles de vérité ;
leur appui est dans les œuvres de justice.
Ne contredis la vérité en aucune manière
et aie honte du mensonge [qui provient] de ton ignorance.
Ne rougis pas de confesser tes péchés
et ne te soumets pas à un homme au profit du péché.
32. Ne résiste pas à la face d'un puissant
et ne lutte pas contre le cours d'un fleuve.
33. Lutte pour la justice, pour ton âme
et jusqu’à la mort combats pour la justice
et Dieu détruira pour toi tes ennemis.
34. Ne sois pas prompt par ta langue
et vain et négligent dans tes œuvres.
35. Ne sois pas comme un lion dans ta maison
tourmentant tes domestiques et opprimant ceux qui te sont soumis.
36. Que ta main ne soit pas tendue pour recevoir
et fermée pour rendre.
Ne t'appuie pas sur les richesses injustes
et ne dis pas : — J’ai suffisamment de quoi vivre !
car cela ne servira de rien au temps de la vengeance et de l’obscurité.
Ne suis pas la convoitise de ton cœur
et ne dis pas : — Comme je suis puissant !
ou : — Qui me contraindra au sujet de mes actions ?
car le Dieu vengeur en tirera vengeance.
Ne dis pas : — J’ai péché, et que m’est-il arrivé de triste ?
car le Très-Haut est patient à rendre [selon le mérite].
Sur un péché pardonné ne sois pas sans crainte
et n'ajoute pas péché sur péché.
Ne dis pas : — La miséricorde du Seigneur est grande
de la multitude de mes péchés il aura pitié ;
car la miséricorde et la colère viennent de lui
et sa colère se tourne vers les pécheurs.
Ne tarde pas à te convertir à Dieu
et ne diffère pas de jour en jour
car sa colère vient subitement
et au temps de la vengeance il te perdra.
Ne t'embarrasse pas de richesses injustes
car elles ne te serviront de rien au jour de l’obscurité et de la vengeance.
Ne tourne pas à tout vent
et ne va pas par toutes les routes
car c’est ainsi que le pécheur se fait connaître par une langue double.
Sois ferme dans la voie de Dieu, dans la vérité de ton sentiment et dans la science
et que la parole de paix et de justice t'accompagne.
Sois doux pour écouter la parole afin de comprendre
et fais avec sagesse une réponse vraie.
Si tu as de l’intelligence, réponds à ton prochain
sinon, que ta main soit sur ta bouche
de peur d'être surpris dans une parole importune et couvert de confusion.
L’honneur et la gloire sont dans le discours de l’homme sensé
la langue de l’imprudent est sa ruine.
16. Qu'on ne t'appelle pas « médisant » :
tu serais pris et confondu par ta langue
17. car sur le voleur tombent la honte et le repentir
et sur la langue double une terrible condamnation
mais sur le médisant, la haine, l'inimitié et l'infamie.
18. Fais également justice au petit et au grand.
D’ami ne deviens pas l'ennemi de ton prochain
car le méchant aura pour héritage la honte et l’ignominie
ainsi que tout pécheur envieux et à la langue double.
Ne t'élève pas comme un taureau dans les pensées de ton âme
de peur que ta sottise ne brise ta force :
elle consumera tes feuilles et perdra tes fruits
et tu resteras comme un bois sec dans le désert
car une âme méchante perdra celui qui la possède ;
elle fait de lui la joie de son ennemi
et le conduit au sort des impies.
La parole douce multiplie les amis et adoucit les ennemis
et la langue aimable abonde dans l'homme de bien.
Que beaucoup soient en paix avec toi
mais pour tes conseillers n'en aie qu'un entre mille.
Si tu veux posséder un ami, possède-le dans l'épreuve
et ne te fie pas facilement à lui
car tel est ami selon son temps
qui ne le restera pas au jour de ton affliction
tel est ami qui passe à l'inimitié
et tel est ami qui dévoilera la haine, la querelle et les injures ;
tel est ami comme compagnon de ta table
et il ne restera pas au jour de la nécessité.
Si ton ami demeure constant, il sera comme ton égal
et avec tes domestiques il agira librement.
S’il s’humilie devant toi
et qu’il se cache de ta face
tu jouiras d'accord avec lui d'une bonne amitié.
De tes ennemis sépare-toi
et à tes amis prends garde.
Ami fidèle, protection puissante ;
qui le trouve a trouvé un trésor.
Un ami fidèle ne souffre aucune comparaison
et l’or et l’argent ne méritent pas d’être mis en balance avec la sincérité de sa foi.
Un ami fidèle est un remède de vie et d’immortalité
et ceux qui craignent le Seigneur le trouveront.
Celui qui craint Dieu jouira également d'une bonne amitié
parce que son ami lui sera semblable.
Mon fils, dès ta jeunesse, reçois la doctrine
et jusqu'à tes cheveux blancs tu trouveras la sagesse.
Comme celui qui laboure et qui sème, approche-toi d'elle
et attends ses bons fruits.
Tu travailleras un peu à la cultiver
et bientôt tu mangeras de ses produits.
Combien la sagesse déborde d'amertume pour les hommes ignorants !
Et l’insensé ne demeurera pas avec elle.
Elle sera pour eux comme une pierre pesante qui sert à éprouver
et ils ne tarderont pas à la rejeter
car la sagesse de la doctrine est selon son nom :
elle ne se manifeste pas au grand nombre
mais chez ceux qui l'ont connue
elle demeure ferme jusqu’à la présence de Dieu.
Écoute, mon fils, reçois le conseil de l'intelligence
et ne rejette pas mon conseil :
mets ton pied dans ses entraves
et ton cou dans son collier ;
courbe ton épaule et porte-la
et ne te dégoûte pas de ses liens ;
de tout ton cœur approche-toi d’elle
et de toute ta force garde ses voies ;
recherche-la et elle te sera manifestée
et quand tu l’auras saisie, ne l'abandonne pas
car finalement tu y trouveras le repos
et elle se changera pour toi en joie.
Ses entraves seront pour toi une forte protection et un ferme appui
et son collier un vêtement de gloire
car l'honneur de la vie est en elle
et ses liens sont des tissus salutaires.
Tu te revêtiras d’elle comme d’un habit de gloire
et comme une couronne de joie tu la mettras sur toi.
Mon fils, si tu m’écoutes avec attention, tu apprendras
et si tu appliques ton âme tu seras sage.
Si tu prêtes l’oreille tu recevras la doctrine
et si tu aimes à écouter tu seras sage.
Tiens-toi dans la multitude des vieillards prudents
et à leur sagesse unis-toi de cœur
pour que tu puisses écouter tout leur récit sur Dieu
et que leurs proverbes de louange ne t'échappent pas.
Si tu vois un homme sensé, va le trouver dès le point du jour
et que ton pied use le seuil de sa porte.
Garde ta pensée dans les préceptes de Dieu
et à [méditer] ses commandements sois très assidu :
il te donnera lui-même du cœur
et le désir de la sagesse te sera donné.
Ne fais pas de mauvaises choses, et elles ne te saisiront pas.
Éloigne-toi de l'iniquité et les maux s'éloigneront de toi.
Ne sème pas les maux dans les sillons de l’injustice
et tu n’en moissonneras pas sept fois autant.
Ne demande pas le gouvernement à un homme
ni au roi une chaire d’honneur.
Ne te justifie pas devant Dieu
parce que c’est lui qui connaît le cœur
et devant le roi n’affecte pas de paraître sage.
Ne cherche pas à devenir juge
à moins que tu n'aies assez de force pour briser les iniquités,
de peur que tu ne sois intimidé en face du puissant
et ne mettes une pierre d'achoppement dans ta promptitude d'esprit.
Ne pèche pas contre la multitude d’une ville
et ne te jette pas au milieu du peuple.
Ne lie pas deux fois le péché
car, pour un seul, tu ne seras pas impuni.
Ne sois pas pusillanime en ton âme.
Ne néglige pas de prier et de faire l’aumône.
Ne dis pas : — Dieu regardera la multitude de mes dons
et lorsque j’offrirai mes présents au Dieu très-haut, il les recevra.
Ne te moque pas d’un homme dont l’âme est dans l’amertume
car il en est un qui humilie et qui élève : Dieu, qui voit tout.
N'aime pas le mensonge contre ton frère
ne le fais pas non plus contre un ami.
Prends garde de commettre aucun mensonge
car cette habitude n’est pas bonne.
Ne sois pas bavard devant la multitude des vieillards
et ne répète pas une parole dans ta prière.
Ne déteste pas les ouvrages pénibles
ni le travail des champs créé par le Très-Haut.
Ne t'unis pas à la multitude des indisciplinés.
Souviens-toi de la colère car elle ne tardera pas.
Humilie profondément ton esprit
car feu et vers seront le châtiment de la chair de l’impie.
Ne te rends pas coupable envers ton ami pour un retard d’argent
et ne méprise pas un frère très aimé pour de l’or.
Ne te sépare pas de la femme sensée et bonne
que tu as reçue dans la crainte du Seigneur
car la grâce de sa modestie est plus précieuse que l’or.
Ne maltraite pas le serviteur qui travaille dans la vérité
ni le mercenaire qui donne son âme.
Que le serviteur sensé te soit cher comme ton âme
ne le frustre pas de la liberté
et ne le laisse pas privé de secours.
As-tu des troupeaux ? Veille sur eux
et s’ils te sont utiles, qu’ils demeurent chez toi.
As-tu des fils ? Instruis-les
et courbe-les sous le joug dès leur enfance.
As-tu des filles ? Conserve [la pureté de] leurs corps
et ne leur montre pas un visage gai.
Marie ta fille, et tu auras fait une grande œuvre
et donne-la à un homme sensé.
Si tu as une femme selon ton âme, ne la rejette pas
et ne te fie pas à une femme odieuse avec tout ton cœur.
Honore ton père
et n’oublie pas les gémissements de ta mère :
souviens-toi que sans eux tu n'existerais pas
et fais pour eux comme ils ont fait pour toi !
De toute ton âme crains le Seigneur
et ses prêtres, vénère-les ;
de toute ta force aime celui qui t'a fait
et n’abandonne pas ses ministres ;
honore Dieu de toute ton âme,
rends honneur aux prêtres,
et purifie-toi auparavant de tes propres bras ;
donne-leur, comme il t'a été commandé, une part des prémices et des sacrifices d'expiation
et de tes fautes de négligence purifie-toi avec quelques offrandes seulement ;
le don de tes bras et le sacrifice de sanctification, tu les offres comme prémices des choses saintes.
Et au pauvre tends la main
pour que soient parfaites ta propitiation et ta bénédiction.
37. Le don est une grâce au regard de tous les vivants
et à un mort ne refuse pas ta grâce.
38. Ne fais pas défaut à l'assemblée de ceux qui pleurent
et marche avec ceux qui sont dans le deuil.
39. Ne sois pas paresseux à visiter un malade
car c’est ainsi que tu t'affermiras dans la charité.
40. En toutes tes œuvres souviens-toi de ta fin dernière
et tu ne pécheras jamais.
Ne dispute pas avec un homme puissant
de peur de tomber entre ses mains.
Ne te querelle pas avec un homme riche
de peur qu’il ne te fasse un procès
car l’or et l’argent ont perdu bien des gens :
ils renversent et détournent jusqu’au cœur des rois.
Ne dispute pas avec un homme bavard
et tu n'entasseras pas du bois dans son feu.
Ne fréquente pas un homme ignorant
de peur qu’il ne dise du mal de ta descendance.
Ne méprise pas un homme qui se détourne du péché
et ne lui fais pas de reproches
souviens-toi que nous méritons tous le châtiment.
Ne méprise pas un homme dans sa vieillesse
car [il y en a] parmi nous qui vieillissent.
Ne te réjouis pas à l'occasion d'un mort
sachant que nous mourons tous
et que nous ne voulons pas devenir un sujet de joie.
Ne méprise pas le discours des sages vieillards
mais entretiens-toi de leurs proverbes
car c'est d'eux que tu apprendras la doctrine de l’intelligence
et l’art de servir les grands sans reproche.
Ne néglige pas le récit des vieillards
car eux-mêmes ont appris de leurs pères :
tu apprendras d’eux l’intelligence
et à répondre lorsqu’il sera nécessaire.
N’allume pas les charbons des pécheurs en les reprenant
de peur que le feu de leurs péchés ne te consume par ses flammes.
Ne résiste pas face à un insolent
de peur qu’il ne se tienne en embuscade contre ta bouche.
Ne prête pas d’argent à un plus puissant que toi
et si tu lui en as prêté, tiens-le pour perdu.
Ne fais pas de promesse au-delà de tes possibilités
et si tu as fait une promesse, pense comme si tu étais déjà en train de la réaliser.
Ne juge pas contre un juge
parce qu’il juge selon ce qui est digne.
Avec un homme audacieux ne te mets pas en route
de peur qu’il ne fasse peser ses maux sur toi
car il se conduira suivant son désir
et en même temps que lui tu périras par sa folie.
Avec un homme coléreux ne provoque pas de querelle
avec un homme audacieux ne va pas dans le désert
car le sang compte pour rien devant lui
et là où il n'y a pas de secours, il t'écrasera.
20. Avec des fous ne tiens pas conseil
car ils ne pourront aimer que ce qui leur plaît.
21. Devant un étranger ne tiens pas conseil
car tu ignores ce qu’il engendrera.
22. Ne découvre pas ton cœur à tout homme
de peur qu'il ne te manifeste une [fausse] reconnaissance et qu’il ne t'insulte.
Ne sois pas jaloux de la femme qui est sur ton sein
de peur que, [comme elle repose] sur toi, tu ne lui montres la malice d'une doctrine mauvaise.
Ne donne pas à une femme le pouvoir sur ton âme
de peur qu’elle ne s'ingère dans ta force et que tu ne sois confondu.
Ne va pas au devant d'une femme volage
de peur de tomber dans ses filets.
Ne passe pas ton temps avec une chanteuse et ne l’écoute pas
de peur que tu ne périsses par ses artifices.
Sur une jeune fille n’arrête pas tes regards
de peur que tu ne causes un scandale à cause de sa beauté.
Ne livre jamais ton âme aux prostituées
de peur que tu ne te perdes toi et ton héritage.
Ne promène pas tes regards dans les rues de la ville
et n'erre pas à l'aventure sur ses places.
Détourne ta face d’une femme parée
et ne considère pas une beauté étrangère.
À cause de la beauté d'une femme, beaucoup se sont perdus
et la concupiscence comme un feu s’y embrase.
Toute femme qui se prostitue
est comme l’ordure que l'on foule aux pieds dans le chemin.
Beaucoup, pour avoir admiré la beauté d’une femme étrangère, ont été réprouvés
car sa conversation comme un feu s'enflamme.
Avec une femme étrangère ne t'étends pas sur le coude
avec une femme étrangère ne t'assois jamais
et ne t'étends pas avec elle sur le coude ;
ne dispute pas avec elle dans le vin
de peur que ton cœur ne s'incline vers elle
et que par ton sang tu ne tombes dans la perdition.
Ne quitte pas un ancien ami
car le nouveau ne lui sera pas semblable.
C'est un vin nouveau qu'un ami nouveau
il vieillira et c'est avec plaisir que tu le boiras.
N’envie pas la gloire et les richesses du pécheur
car tu ne sais quelle sera sa ruine.
N’approuve pas la violence des injustes
sachant que même parvenu aux enfers l’impie ne sera pas agréé.
Tiens-toi loin de l'homme qui a le pouvoir de tuer
et tu ignoreras la crainte de la mort.
19. Si tu t'approches de lui, ne commets aucune faute
de peur qu’il ne t'enlève la vie :
20. sache que la mort est proche
puisque c'est au milieu des pièges que tu vas pénétrer
et que tu vas marcher sur les armes de ceux qui font souffrir.
21. Autant que tu le peux, défie-toi de ton prochain
et même avec les sages et les prudents négocie.
22. Que les hommes justes soient tes convives
et que ta gloire soit dans la crainte de Dieu ;
23. que sur le bon sens soit fixée ta pensée
et tous tes entretiens sur les préceptes du Très-Haut.
24. Le travail sera loué pour les mains des artisans
le prince du peuple pour la sagesse de ses discours
et la parole des vieillards pour sa prudence.
25. L'homme bavard est terrible dans sa ville
et celui qui parle sans réfléchir sera odieux.
Le juge sage châtiera son peuple
et le gouvernement d’un homme sensé sera stable.
Tel le juge du peuple, tels aussi ses ministres
et tel le gouverneur de la ville, tels aussi ses habitants.
Un roi insensé perdra son peuple
et les villes seront habitées par l'intelligence des hommes prudents.
Dans la main de Dieu est le pouvoir de la terre
et toute l'iniquité retentissante des nations :
il lui suscitera en son temps un gouverneur utile.
Dans la main de Dieu est le pouvoir de l'homme
et sur la personne du scribe il établit son honneur.
Ne garde en mémoire aucune injustice du prochain
et ne t'adonne pas aux œuvres de l'injustice.
À Dieu et aux hommes l'orgueil est odieux
et exécrable toute l'iniquité des nations.
Un royaume est transféré de nation à nation
à cause des injustices, des violences, des outrages et des fraudes de tout genre.
Rien n’est plus scélérat que l’avare.
Pourquoi s'enorgueillit ce qui est terre et cendre ?
Rien de plus néfaste que d'aimer l’argent :
un tel homme vendrait même son âme
puisque durant sa vie il a jeté au loin ses propres entrailles !
Le chemin de toute puissance est court.
Le médecin supprime une courte maladie :
ainsi, tel est roi aujourd’hui qui mourra demain.
En effet, lorsque l'homme meurt, il aura pour héritage serpents, bêtes et vers.
Le commencement de l’orgueil de l’homme c'est d'apostasier Dieu
puisque son cœur s'est éloigné de celui qui l’a fait ;
puisque le commencement de tout péché est l’orgueil,
celui qui s'y tiendra attaché sera rempli de malédictions
et les [orgueilleux] seront renversés à la fin.
C’est pour cela que le Seigneur a couvert d'opprobre les assemblées des méchants
et qu’il les a détruites à jamais.
Dieu a renversé les trônes des chefs orgueilleux
et il a fait asseoir les hommes doux à leur place.
Dieu a desséché les racines des nations orgueilleuses
et il a planté les humbles d'entre ces nations elles-mêmes.
Le Seigneur a détruit les terres des nations
et il les a ruinées jusqu’aux fondements.
Il en a desséché certaines, il les a exterminées
et il a effacé leur mémoire de la terre.
Dieu a aboli la mémoire des orgueilleux
et il a laissé le souvenir des humbles de cœur.
L’orgueil n’a pas été créé pour les hommes
ni la colère pour la postérité des femmes.
La race des hommes qui sera honorée, c'est celle qui craint le Seigneur
et la race des hommes qui sera déshonorée, c'est celle qui transgresse les commandements du Seigneur.
Au milieu des frères, celui qui les dirige est en honneur
et ceux qui craignent Dieu [le] seront à ses yeux.
La gloire des riches, des nobles et des pauvres
c'est la crainte de Dieu.
Ne méprise pas l'homme juste et pauvre
et ne glorifie pas le pécheur qui est riche.
Le juge est grand et le puissant est en honneur
mais nul n'est plus grand que celui qui craint Dieu.
À l'esclave sensé seront assujettis les hommes libres ;
l'homme prudent et bien éduqué ne murmurera pas lorsqu'il sera repris
et l’ignorant ne sera pas en honneur.
Ne t'élève pas en faisant ton œuvre
et ne te laisse pas aller à la paresse au temps de l’affliction.
Mieux vaut celui qui travaille et abonde en toutes choses
que celui qui se glorifie et manque de pain.
31. Mon fils, garde ton âme dans la douceur
et rends-lui honneur selon son mérite.
32. Celui qui pèche contre son âme, qui le justifiera ?
et qui honorera celui qui déshonore son âme ?
33. Le pauvre est glorifié pour sa discipline et sa crainte [de Dieu]
et tel homme est honoré pour sa richesse.
34. Glorifié dans la pauvreté, combien plus dans la richesse !
Mais glorifié dans la richesse, gare à la pauvreté !
La sagesse de l’homme humilié lui relèvera la tête
et au milieu des grands elle le fera siéger.
Ne loue pas un homme pour sa beauté
et ne méprise pas un homme sur sa mine :
brève entre les volatiles est l’abeille
mais principe de la douceur est son fruit !
De ton vêtement ne te glorifie jamais
et au jour de l'honneur ne t'élève pas
car du Très-Haut seul les œuvres sont admirables
et glorieuses et cachées et invisibles ses œuvres.
Beaucoup de tyrans s'assirent sur le trône
et tel porta le diadème, à qui nul ne songeait.
Bien des puissants furent accablés d’opprobre
et des ambitieux livrés aux mains de leurs opposants.
Avant d'avoir interrogé, ne blâme personne
mais une fois que tu auras interrogé, reprends justement.
Avant d’avoir écouté, ne réponds mot
et au milieu des discours n'interviens pas.
Dans une affaire qui ne t'incommode pas
ne conteste pas
et avec des pécheurs ne t’assieds pas pour juger.
Mon fils, n’entreprends pas beaucoup de choses :
même une fois devenu riche, tu ne seras pas sans reproche
si, en effet, tu cherches à obtenir, tu ne saisiras pas
pas plus que tu n’échapperas même en courant le premier.
Il travaille, il se hâte, il se donne de la peine, l'impie :
et l'en voici d'autant moins dans l'abondance !
Tel est sans vigueur, a besoin d’être aidé
manquant encore plus de force et abondant en pauvreté
mais l’œil de Dieu l'a regardé en bien :
il l'a relevé de son humiliation
il a redressé sa tête
beaucoup furent dans l'admiration à son sujet
et en ont rendu gloire à Dieu.
Bonheurs et malheurs, vie et mort
et pauvreté et richesse viennent de Dieu.
Le don fait par Dieu demeure ferme dans les justes
et ses développements apporteront le succès pour toujours.
Tel s’enrichit en usant de parcimonie
et voici la part qui lui revient en récompense :
il peut dire : — Pour moi, j’ai trouvé le repos
et maintenant je vais manger de mes biens tout seul !
Mais il ne sait pas que le temps passe
et qu'il va laisser tout à d’autres !
Tiens-toi ferme dans l'alliance où tu es entré, entretiens-toi en elle
et vieillis dans l'accomplissement de tes commandements.
Ne t'arrête pas aux œuvres des pécheurs
aie foi en Dieu et demeure à ta place
car il est facile aux yeux de Dieu
d’enrichir tout d’un coup le pauvre.
La bénédiction de Dieu se hâte de récompenser le juste
en un prompt honneur il fait fructifier ses progrès.
Ne dis pas : — Qu'ai-je besoin de faire
et quel biens en tirerai-je encore ?
Ne dis pas : — Je me suffis à moi-même
et quel mal m'adviendra-t-il encore ?
Au jour des bonheurs ne perds pas le souvenir des malheurs
et au jour des malheurs ne perds pas le souvenir des bonheurs
car il est facile à Dieu au jour de la mort
de rendre à chacun selon ses voies.
La mauvaiseté d'une heure fait oublier une grande luxure
et à la fin de l’homme sont mises à nu ses œuvres.
Avant [sa] mort ne loue aucun homme
car c'est par ses fils qu'on connaît un homme.
N’introduis pas tout homme dans ta maison
car nombreux sont les pièges du trompeur.
Comme vomissent les entrailles faites pour mettre au monde
comme la perdrix est conduite dans le filet
et le chevreuil dans le piège
ainsi aussi le cœur des orgueilleux
et ainsi celui qui épie pour voir la chute de son prochain :
33. changeant le bien en mal, il dresse des embûches
et il imprime une tache sur les choses les plus pures.
34. Une seule étincelle répand un incendie
un seul trompeur répand le sang
et le pécheur est à l'affût du sang.
35. Garde-toi de l’homme pernicieux, car il ourdit le mal
de peur qu’il amène à jamais sur toi la moquerie.
36. Admets chez toi un étranger, il te jettera dans la confusion
et il te privera de tes possessions.
Si tu fais du bien, sache à qui tu le fais
et on te sera très reconnaissant de tes bienfaits.
Fais du bien à l’homme juste, et tu obtiendras une grande récompense
sinon par lui, du moins par le Seigneur.
Il n’y a pas de bien pour celui qui est assidu dans le mal
et qui ne fait pas l’aumône
car le Très-Haut a les pécheurs en haine
et il prend en pitié les repentants.
Donne au miséricordieux et n’assiste pas le pécheur :
des impies et des pécheurs il tirera vengeance
car il les garde pour le jour de la vengeance.
Donne au bon et n’accueille pas le pécheur.
Fais du bien à l'homme humble et ne donne pas à l'impie
empêche qu’on lui donne du pain, de peur qu’il n'en soit plus puissant que toi
car tu obtiendras un double mal pour tous tes bienfaits :
le Très-Haut aussi a les pécheurs en haine
et il tirera vengeance des impies.
Ce n’est pas dans la prospérité que l'ami se reconnaît
ni dans l’adversité que l'ennemi se cache :
c'est dans le bonheur d'un homme [qu'on connaît] ses ennemis
dans sa tristesse et son malheur qu'on connaît son ami.
Ne te fie jamais à ton ennemi
car, de même que le bronze se rouille, ainsi sa méchanceté ;
même s’il s’humilie et qu’il va tout courbé, tiens ton esprit en éveil et garde-toi de lui.
Ne l’établis pas auprès de toi
et qu’il ne s’asseye pas à ta droite
de peur que, s'étant retourné, il ne se tienne à ta place
qu'ayant pris ta place, il n'aille jusqu'à réclamer ton siège
et que finalement tu ne comprennes mes paroles
et qu'[au souvenir de] mes discours tu ne sois dépité.
Qui aura pitié d'un charmeur blessé par un serpent
et de tous ceux qui s’approchent des bêtes sauvages ?
de celui qui s’associe à un homme inique
et se trouve enveloppé dans ses péchés ?
Une heure avec toi il demeurera
mais si tu te détournes il ne le supportera pas.
L'ennemi a la douceur sur les lèvres
et dans son cœur il tend des pièges
pour te faire tomber dans la fosse.
L'ennemi a les larmes aux yeux
mais s'il trouve l'occasion, il sera insatiable de sang.
Si le malheur fond sur toi, tu l'y trouveras le premier.
L'ennemi a les larmes aux yeux
et, comme pour te secourir, il creusera sous tes pieds ;
19. il secouera la tête et battra des mains
et, chuchotant beaucoup, il changera de visage.
Qui touche à la poix se souillera
et qui se lie avec l’orgueilleux se couvrira d'orgueil.
Celui qui se lie avec un plus grand que lui s'impose un fardeau :
ne t'associe pas avec un plus riche que toi.
Comment le chaudron s'associera-t-il au pot de terre ?
car lorsqu’ils se heurteront, [le pot de terre] sera brisé.
Le riche a commis une injustice : il s'indignera en plus !
Mais le pauvre offensé se taira.
Si tu lui fais des largesses, il t'emploiera
et si tu n'as rien, il t'abandonnera.
Si tu as des biens, il fera bonne chère avec toi et il t'épuisera
et il n'aura pas de pitié pour toi.
Si tu lui es nécessaire, il te trompera
il te donnera de l'espoir en souriant, il te racontera de belles choses
et il dira : — De quoi as-tu besoin ?
Il te confondra par ses festins
jusqu’à ce qu’il t'épuise deux ou trois fois
et qu'à la fin il se moque de toi ;
ensuite, s'il te voit, il t'abandonnera
et secouera la tête devant toi.
Prends garde que, entraîné à la sottise, tu ne sois humilié.
Ne t'humilie pas dans ta sagesse
de peur qu’étant humilié tu ne sois entraîné à la sottise.
Invité par un plus puissant, retire-toi
car il t'invitera d'autant plus.
Ne sois pas importun, de peur d'être refoulé
et reste éloigné, à condition qu’il ne t'oublie pas.
Ne t'avise pas de lui parler d'égal à égal
ne te fie pas à ses nombreuses paroles
car par de longs entretiens il te tentera
et, en souriant, il t'interrogera
sur tes secrets ;
son cœur impitoyable conservera tes paroles
et il n’épargnera ni les mauvais traitements ni les chaînes ;
prends garde à toi et sois bien attentif à ce que tu entendras
parce que tu marches avec ta ruine :
en écoutant de telles choses, traite-les comme un songe,
et tu veilleras.
Toute ta vie
aime Dieu et invoque-le pour ton salut.
Tout animal aime son semblable
ainsi tout homme aime son prochain.
Toute chair s’unit à celle qui lui ressemble
et tout homme s’associe à son semblable.
Si le loup s'allie un jour avec l’agneau
ainsi en sera-t-il du pécheur avec le juste.
Quel rapport a un homme saint avec un chien ?
et quelle bonne paix a un riche avec un pauvre ?
L’onagre dans le désert est la proie du lion
ainsi les pauvres sont la pâture des riches.
Comme l’humilité est en abomination à l'orgueilleux
ainsi le pauvre est en horreur au riche.
Si le riche est contrarié, il est soutenu par ses amis
mais lorsque l'humble tombe, il est repoussé même par ses proches.
26. Lorsque le riche est trompé, nombreux sont ses défenseurs :
il a parlé avec orgueil et le voilà justifié ;
27. l'humble a été trompé et on lui fait encore des reproches
il a parlé sagement et on ne lui a pas fait de place.
28. Le riche a parlé et tous se sont tus
on élèvera son discours jusqu'aux nues ;
29. le pauvre a parlé et l'on dit : — Qui est-ce ?
et s’il fait un faux pas, on le renverse.
30. Les richesses sont bonnes à celui dont la conscience est sans péché
et la pauvreté n'a aucune valeur au dire de l'impie.
31. Le cœur de l’homme change son visage
soit en bien soit en mal.
32. La marque d'un bon cœur et un bon visage
tu les trouveras difficilement et avec peine.
Heureux l’homme qui n’a pas chuté par un mot de sa bouche
et qui n’est pas tourmenté par la tristesse de la faute !
Heureux celui qui n'a pas eu de tristesse en son âme
et qui n’est pas déchu de son espérance !
Pour l'homme cupide et avare la richesse est sans profit
et pour l'homme envieux à quoi bon l’or ?
Celui qui amasse au préjudice de son âme accumule pour d'autres
et c'est un autre qui dissipera ses biens en débauche.
Celui qui est mauvais pour lui-même, pour qui d'autre sera-t-il bon ?
Il ne jouira même pas de sa fortune.
Nul n'est pire que celui qui s'envie lui-même
c’est là le juste retour de sa malfaisance.
Même s'il fait du bien, il le fait par ignorance et malgré lui
et finalement il révèle sa malice.
Il est mauvais, l'œil de l'envieux
qui détourne son visage et méprise sa propre âme.
L’œil du cupide n'est pas rassasié de sa part d'iniquité
il ne sera pas satisfait jusqu'à ce qu’il ait desséché et consumé son âme.
L’œil mauvais tend au mal et ne sera pas rassasié de pain :
il sera dans la tristesse à sa propre table.
Mon fils, selon ce que tu as, traite-toi bien
et présente à Dieu de bonnes offrandes.
Souviens-toi que la mort ne tarde pas
et que l'arrêt des enfers t'a été signifié
car l'arrêt de ce monde est qu'il mourra de mort.
Avant de mourir, fais du bien à ton ami
et, selon tes moyens, étends [la main] et donne au pauvre.
Ne te prive pas d’une bonne journée
et ne laisse échapper aucune partie d’un bon don.
Ne laisseras-tu pas à d'autres [le fruit] de tes labeurs et de tes fatigues
pour qu'il soit partagé selon le sort ?
Donne et reçois
et justifie ton âme.
Avant ta mort pratique la justice
parce qu’on ne trouve pas de nourriture dans les enfers.
Toute chair se fane comme l’herbe
et comme la feuille qui croît sur un arbre vert ;
l'une engendre et l'autre abat
ainsi en est-il de la génération de chair et de sang :
l'une s'achève et l'autre naît.
Tout œuvre corruptible à la fin disparaîtra
et celui qui l'a faite s’en ira avec elle.
Toute œuvre excellente sera justifiée
et celui qui l’a faite en sera honoré.
Heureux l’homme qui mourra avec sa sagesse
qui méditera sur sa justice
et qui, dans sa pensée, réfléchira au regard de Dieu !
Qui repasse ses voies dans son cœur
et comprend ses secrets
qui va après elle comme un traqueur
et demeure dans ses voies !
Qui regarde par ses fenêtres
et écoute à ses portes !
Qui se repose près de sa maison
et fixe un pieu dans ses murs !
Il établira sa cabane auprès d’elle
et le bonheur repose à jamais dans sa cabane.
Il placera ses fils sous son abri
et sous ses rameaux il demeurera ;
sous son étoffe il sera protégé de la chaleur
et dans sa gloire il se reposera.
Celui qui craint Dieu fera cela
et celui qui est attaché à la justice la saisira.
Elle viendra au-devant de lui comme une mère pleine d’honneur
et comme une épouse vierge elle l'accueillera.
Elle le nourrira du pain de la vie et de l'intelligence
elle l'abreuvera de l’eau de la sagesse salutaire
elle s’affermira en lui et il ne fléchira pas
elle le soutiendra et il ne sera pas confondu
et elle l’élèvera parmi ses proches ;
au milieu de l’assemblée elle lui ouvrira la bouche
elle le remplira de l’esprit de sagesse et d’intelligence
et elle le revêtira d’un vêtement de gloire.
Elle amassera un trésor de joie et d’allégresse sur lui
et lui donnera pour héritage un nom éternel.
Les hommes sots ne la saisiront pas
mais les hommes sensés iront au-devant d’elle ;
les hommes sots ne la verront pas
car elle se tient loin de l’orgueil et de la tromperie.
Les hommes menteurs ne se souviendront pas d’elle
mais les hommes véridiques se trouveront avec elle
et auront du succès jusqu’à l'examen de Dieu.
La louange n’est pas belle dans la bouche du pécheur
parce que la sagesse vient de Dieu :
la louange de Dieu accompagnera la sagesse
elle abondera dans la bouche fidèle
et le Souverain la lui donnera.
Ne dis pas : — C'est par Dieu qu'elle est loin de moi
car ce qu’il déteste, tu ne dois pas le faire.
Ne dis pas : — C’est lui qui m’a égaré
car les hommes impies ne lui sont pas nécessaires.
Dieu déteste toute abomination de l'erreur
et elle ne sera pas aimable à ceux qui le craignent.
Dieu au commencement a fait l’homme
et il l’a laissé dans la main de son conseil.
Il lui a donné de plus ses commandements et ses préceptes.
Si tu veux [observer] les commandements, ils te garderont
de même [si tu veux] pratiquer pour toujours la foi [qui lui est] agréable.
Il a mis devant toi l’eau et le feu
étends la main vers ce que tu voudras.
Devant l’homme sont la vie et la mort
le bien et le mal ;
ce qu'il aura choisi lui sera donné
puisque la sagesse de Dieu est grande et qu'il est fort dans sa puissance
lui qui voit sans cesse tous les hommes.
Les yeux de Dieu sont sur ceux qui le craignent
et il connaît lui-même toute œuvre de l’homme.
21. Il n’a commandé à personne d'agir d'une manière impie
et il n’a donné à personne la permission de pécher
22. car il ne désire pas une multitude de fils infidèles et inutiles.
Ne mets pas ton bonheur en des fils impies, s'ils se multiplient
ne te réjouis pas à leur sujet, s’ils n’ont pas la crainte de Dieu
ne te fie pas à leur vie
et ne compte pas sur leurs travaux
car mieux vaut un seul qui craint Dieu
que mille fils impies
et il est plus avantageux de mourir sans fils
que de laisser des fils impies :
un seul homme sensé peuplera une contrée
mais les impies d'une tribu la rendront déserte.
Bien des choses semblables a vu mon œil
et de plus grandes encore a entendu mon oreille.
Dans la synagogue des pécheurs s'allumera le feu
et dans une nation incrédule s’enflamme la colère.
Nul n'a prié pour ses péchés parmi les antiques géants :
ils ont apporté la destruction, confiants dans leur force.
Il n’a pas épargné leur séjour
et il les a maudits à cause de l'arrogance de leur langage.
Il n'a pas eu pitié d'eux, perdant la nation tout entière
et ceux qui s'élevaient dans leurs péchés
et il fut ainsi des six cent mille hommes de pied
qui se rassemblèrent dans la dureté de leur cœur ;
et si un seul se fût obstiné, c'eût été merveille qu'il restât impuni
car la miséricorde et la colère sont avec lui :
la supplication l'influence, mais il répand sa colère.
Selon sa miséricorde
ainsi sa punition : il juge l'homme selon son œuvre.
Le pécheur n’échappera pas avec ses rapines
et l'attente de celui qui fait miséricorde ne sera pas différée.
Toute miséricorde fera place à chacun selon le mérite de ses œuvres
et selon l'intelligence de son séjour.
Ne va pas dire : — Je me déroberai à Dieu
et qui se souviendra de moi de là-haut ?
Au milieu d'un grand peuple je ne serai pas reconnu
car qu’est-ce que mon âme dans une création si immense ?
Voici, le ciel et les cieux des cieux
l'abîme et toute la terre
et ce qu'ils contiennent
trembleront à sa vue.
Ensemble les montagnes, les collines et les fondements de la terre,
quand Dieu les aura regardés, seront aussi ébranlés de frayeur.
Tout cœur est compris [par Dieu]
mais qui comprend ses voies
et la tempête que l’œil de l’homme ne verra pas ?
car la plupart de ses œuvres sont cachées ;
les œuvres de sa justice, qui les annoncera ou qui les attendra ?
car le testament est loin pour certains
et l'examen de toutes choses a lieu à la fin.
Celui qui manque de cœur a des pensées vaines
et l’homme imprudent et égaré pense à des sottises.
Écoute-moi, mon fils, apprends la discipline de l'esprit
et à mes paroles sois attentif en ton cœur.
Je révélerai avec équité la discipline
et je chercherai à décrire la sagesse ;
à mes paroles sois attentif en ton cœur :
je dis avec équité d'esprit les merveilles
que Dieu a faites dans son œuvre dès le commencement
et c'est en vérité que j'énonce sa science.
Par arrêt de Dieu, ses œuvres sont dès le commencement
et dès leur création il en a distingué les parties
et leurs principes dans leurs espèces.
Il a réglé pour toujours ses œuvres
elles n'ont ressenti ni faim ni fatigue
et elles n'ont pas interrompu leurs travaux ;
jamais l’une d'elles n’a gêné sa voisine
29. elles n'ont pas été incrédules à sa parole.
30. Après cela, Dieu a regardé la terre
et l’a remplie de ses biens :
31. l'âme de tout vivant a recouvert sa face
et elle-même, en retour, sera leur retour.
Dieu a créé l’homme de la terre
et il l’a fait selon son image ;
il le fait retourner en elle
et il l’a revêtu de force selon sa nature.
Il lui a donné un nombre de jours et un temps
et il lui a donné l'empire de ce qui est sur la terre.
Il l'a fait craindre de toute chair
et [l'homme] a dominé sur les bêtes sauvages et les oiseaux.
Il a créé à partir de lui une aide semblable à lui
il leur a donné le conseil, une langue, des yeux, des oreilles et un cœur pour penser
et les a remplis du savoir de l’intelligence.
Il a créé en eux la science de l’esprit
il a rempli leur cœur de sens
et leur a montré les biens et les maux.
Il a fixé leur œil sur leurs cœurs
pour leur montrer les merveilles de ses œuvres
et qu'ils louent son nom de sainteté ;
pour se glorifier de ses merveilles
et qu'ils racontent les grandeurs de ses œuvres.
Il leur a donné encore la discipline
et les a constitués héritiers de la loi de vie.
Il a fait avec eux une Alliance éternelle
et leur a montré ses jugements.
Leurs yeux ont vu les grandeurs de sa gloire
leurs oreilles ont entendu la gloire de sa voix
et il leur a dit : — Gardez-vous de toute iniquité.
Et il a donné à chacun d’eux des commandements à l'égard du prochain.
Leurs voies sont constamment devant lui
et elles ne sont pas cachées à ses yeux.
À chaque nation il a préposé un chef
mais Israël est devenu la part visible de Dieu.
Toutes leurs œuvres sont comme le soleil devant Dieu
et ses yeux sans cesse considèrent leurs voies.
Ses alliances n'ont pas été cachées par leur iniquité
et toutes leurs iniquités sont devant Dieu.
L’aumône de l’homme est comme une bourse pour lui ;
il conservera la grâce de l'homme comme la prunelle [de l’œil]
puis il s’élèvera et les récompensera :
chacun recevra sa récompense sur la tête
et il les fera retourner dans les parties intérieures de la terre.
Mais aux pénitents, il a donné la voie de la justice
il a demandé de soutenir les défaillants
et il leur a destiné la vérité pour partage.
Tourne-toi vers Dieu et quitte tes péchés
prie devant sa face et diminue l'offense.
Dirige-toi vers le Seigneur et détourne-toi de l’injustice
et aie en grande horreur ce qui est exécrable.
Connais les ordonnances et les jugements de Dieu
et demeure ferme dans ta destinée, qui est de te présenter et de prier devant le Dieu très-haut.
Va prendre part au siècle saint avec ceux qui vivent et qui rendent gloire [à Dieu].
Ne demeure pas dans l’erreur des impies
venant d'un mort, comme rien elle périt.
Tu reconnaîtras [Dieu] pendant que tu vis ;
vivant et en bonne santé, tu reconnaîtras et tu loueras Dieu
et tu seras glorifié dans ses miséricordes.
28. Combien est grande la miséricorde du Seigneur
et son pardon envers ceux qui se tournent vers lui !
29. Tout, en effet, ne peut se trouver dans les hommes
puisqu'un fils d'homme n'est pas immortel
et qu’ils se plaisent dans la vanité de la malice.
30. Quoi de plus lumineux que le soleil ? mais il s'éclipsera.
Quelle terrible infamie iront inventer la chair et le sang ? mais cela est réprimé.
31. Lui-même contemple l'armée de la hauteur du ciel
et les hommes sont tous terre et cendre.
Celui qui vit éternellement a tout créé à la fois.
Dieu seul sera trouvé juste, et il demeure, roi invincible, éternellement.
Qui est capable de raconter ses œuvres ?
Qui en effet pénétrera ses grandeurs ?
Et la puissance de sa grandeur, qui l'énoncera ?
et qui entreprendra de raconter sa miséricorde ?
On ne peut ni diminuer ni accroître
ni découvrir les grandeurs de Dieu.
Quand l’homme aura fini, c'est alors qu'il commence
et quand il se sera reposé, il travaillera.
Qu'est-ce que l'homme, et quelle est sa grâce ?
Quel est son bien ou quel est son mal ?
Le nombre des jours de l’homme est au plus de cent ans :
comme des gouttes d'eau de la mer
et comme un grain de sable, ainsi ce peu d'années au jour de l'éternité.
À cause de cela Dieu est patient envers eux
et il a répandu sur eux sa miséricorde.
Il a vu que la présomption de leurs cœurs est mauvaise
et il sait que leur perversion est détestable.
C'est pourquoi il a multiplié en eux son pardon
et il leur a montré la voie de l'équité.
La miséricorde de l’homme s’exerce envers son prochain
mais la miséricorde de Dieu s’étend à toute chair ;
lui qui a de la miséricorde et qui enseigne
il éduque, comme un berger, son troupeau.
Qu'il soit miséricordieux, celui qui reçoit la doctrine de la miséricorde
ainsi que ceux qui s'empressent à l'égard de ses jugements !
Mon fils, dans tes bonnes œuvres n'émets pas de plainte
et dans aucun don ne mets la tristesse d'une parole mauvaise.
La rosée ne rafraîchit-elle pas une chaleur brûlante ?
De même la parole vaut mieux que le don.
Voici, la parole ne vaut-elle pas mieux qu'un don avantageux ?
Et l'un et l'autre se trouvent dans l'homme justifié.
Le sot rabrouera sans aménité
et le don de l'indiscipliné fait fondre les yeux.
Avant le jugement acquiers la justice
et avant de parler instruis-toi.
Avant la maladie emploie le remède
et avant le jugement interroge-toi
et devant Dieu tu trouveras le pardon.
Avant la maladie humilie-toi
et au temps des infirmités montre ta conversion.
Que rien ne t'empêche de travailler toujours
et ne repousse pas ta justification jusqu'à la mort
puisque la récompense de Dieu demeure éternellement.
Avant la prière prépare ton âme
et ne sois pas comme un homme qui tente Dieu.
Souviens-toi de la colère au jour de la fin
et du temps du châtiment, lorsqu'il détournera [sa] face.
Souviens-toi de la pauvreté au temps de l'abondance
et de l'indigence de la pauvreté au jour des richesses.
De l'aube jusqu'au soir le temps change
et tout passe vite aux yeux de Dieu.
Un homme sage sera toujours dans la crainte
et, aux jours des fautes, il se gardera de l'inertie.
Tout homme habile connaît la sagesse
et à qui l'a trouvée il rendra hommage.
Ceux qui ont parlé avec intelligence ont aussi agi avec sagesse
ils ont compris la vérité et la justice
et ils ont réclamé des proverbes et des sentences.
DE LA MAÎTRISE DE L'ÂME
Ne te laisse pas aller à tes convoitises
et détourne-toi de ta volonté.
Si tu accordes à ton âme sa convoitise
elle fera de toi la joie de tes ennemis.
Ne mets pas ta joie dans les foules tumultueuses, ni même dans les modérées
car auprès d'elles deux se trouve la faute.
33. Ne t’appauvris pas en empruntant par émulation
alors que tu n’as pas grand-chose dans ta bourse
car tu seras hostile à ta propre vie.
L’ouvrier adonné au vin ne s’enrichira pas
celui qui méprise les petites choses peu à peu tombera.
Le vin et les femmes font apostasier les sages
et ils condamneront les hommes sensés.
Celui qui s'attache aux prostituées tombera dans la débauche :
la pourriture et les vers en hériteront
on en tirera un grand exemple
et son âme sera retranchée de la multitude.
Celui qui croit trop vite, faible de cœur, sera amoindri
et celui qui commet une faute contre son âme sera méprisé.
Celui qui prend plaisir à l'iniquité sera déshonoré
celui qui hait la réprimande verra sa vie abrégée
mais celui qui hait le bavardage éteint la malice.
Celui qui pèche contre son âme s'en repentira
et celui qui se délecte dans la malice sera déshonoré.
Ne répète pas une parole méchante et dure
et tu n'en éprouveras pas de dommage.
Ne raconte tes pensées ni à un ami ni à un ennemi
et, s'il y a faute en toi, ne la révèle pas
car il t'écoutera et il t'observera
en feignant d'excuser ton péché il te haïra
et il sera toujours ainsi avec toi.
As-tu entendu une parole contre ton prochain, qu'elle meure en toi !
Sois sûr, elle ne te fera pas éclater.
Pour une parole, l'insensé est dans les douleurs
comme pour son enfant la femme en travail.
Flèche plantée dans la chair de la cuisse
telle une parole dans le cœur d'un sot.
Reprends ton ami, de peur qu'il n'ait pas compris, et qu'il ne dise : — Je n'ai pas fait [cela]
ou, s'il l'a fait, pour qu'il ne recommence pas.
Reprends ton prochain : peut-être n'a-t-il rien dit
et, s’il a dit quelque chose, pour qu'il ne recommence pas.
Reprends ton ami, car souvent il y a calomnie
et ne crois pas tout ce qu'on dit ;
tel chute par la langue, mais non de cœur :
quel est celui qui n'a pas failli par sa langue ?
Reprends ton prochain avant de le menacer
et fais place à la crainte du Très-Haut :
toute sagesse est crainte de Dieu et c'est par elle que l'on craint Dieu ;
en toute sagesse est l'ordonnance de la Loi.
La sagesse n’est pas la connaissance du mal
et la pensée des pécheurs n'est pas la prudence.
Il y a une malice qui est exécrable
et il est stupide, celui qui manque de sagesse.
Mieux vaut un homme plein de crainte, même s'il manque de sagesse et qu'il manque d'intelligence,
qu'un homme qui a beaucoup d'intelligence et qui transgresse la Loi du Très-Haut.
Telle habileté est sûre, mais elle est inique.
Tel profère une parole sûre en disant la vérité ;
tel s'humilie malicieusement
et son intérieur est plein de fausseté.
Tel est juste qui se soumet jusqu'à l'excès avec une profonde humilité
et tel est juste qui baisse le visage et fait semblant de ne pas voir ce qui est inconnu.
Mais si par la faiblesse de ses forces il est empêché de pécher
s'il trouve l'occasion de faire le mal, il fera le mal.
À son air on connaît un homme
et au visage qu’il présente on connaît l'homme sensé.
Le vêtement du corps, le rire des dents
et la démarche d’un homme révèlent ce qu’il est.
28. Il y a une fausse réprimande dans la colère d'un insolent
et il y a une délation qu'on ne peut vérifier ;
mais tel reste silencieux, et c'est lui qui est prudent.
Comme il vaut mieux reprendre que s'irriter
et ne pas empêcher celui qui confesse [sa faute] dans la prière !
La convoitise d'un eunuque fait violence à la jeune vierge :
tel est celui qui rend avec violence un jugement inique.
Qu'il est bon, lorsqu'on est repris, de témoigner du repentir !
car c'est ainsi qu'on évitera le péché volontaire.
Tel se tait qui est trouvé sage
et tel est odieux qui parle sans retenue.
Tel garde le silence, qui n'a pas le sens de la parole
et tel garde le silence, qui sait quel moment est le bon moment.
Un homme sage se taira jusqu'à un temps
mais l'homme léger et l'imprudent n'observeront aucun temps.
Qui emploie beaucoup de paroles blesse son âme
et qui s'empare injustement d'un pouvoir sera haï.
L'homme indiscipliné réussit dans le mal
mais telle invention tourne à la ruine.
Il est tel don qui t'est sans profit
mais il est tel don qui t'est rendu au double.
Il est tel abaissement qui provient de la gloire
mais tel a levé la tête après l'humiliation.
Tel achète beaucoup de choses à vil prix
qui les paie sept fois leur valeur.
Le sage se fait aimer par ses paroles
mais les gentillesses des insensés se dissiperont.
Le don d'un homme stupide te sera sans profit
car ses yeux sont multipliés sept fois.
Il donnera peu et il le reprochera souvent
et quand il ouvre la bouche c'est une flamme qui se répand.
Tel prête aujourd'hui et demain redemandera
détestable, un tel homme !
Le sot n'aura pas d'ami
et on ne lui saura aucun gré de ses bienfaits
car ceux qui mangent son pain ont la langue fausse ;
combien de fois et combien de gens se moqueront de lui !
Ce n'est pas, en effet, avec bon sens qu'il distribue ce qu'il devait garder
et aussi ce qu'il ne devait pas garder.
La chute d'une langue trompeuse, tel l'homme qui tombe sur le pavé :
ainsi aussi les chutes des méchants viendront rapidement.
L'homme sans grâce est comme une vaine fable
dans la bouche des indisciplinés elle se trouvera continuellement.
Une parabole issue de la bouche d'un insensé sera rejetée
car il ne la dit pas en son temps.
Tel est préservé de pécher par l'indigence
et dans son repos il [y] sera excité.
Tel perd son âme par embarras :
c'est à cause d'une personne imprudente qu'il la perdra
et c'est par faveur pour une personne qu'il se perdra lui-même.
Tel par honte promet à un ami
et il s'en fait gratuitement un ennemi.
C'est un opprobre honteux, le mensonge dans un homme
et dans la bouche des indisciplinés il sera continuellement.
Mieux vaut un voleur qu'un homme qui ment sans cesse
mais tous deux auront la perdition en partage.
Les mœurs des hommes menteurs sont sans honneur
et leur confusion les accompagnera sans fin.
PAROLE DES MAXIMES
Le sage se poussera en avant par ses paroles
et l'homme prudent plaira aux grands.
Celui qui cultive sa terre amassera un monceau de fruits
celui qui pratique la justice sera lui-même élevé
et celui qui plaît aux grands fuira l'iniquité.
31. Présents et dons aveuglent les yeux des juges
et, comme un muet, ils détournent de leur bouche les reproches.
32. Sagesse cachée et trésor invisible
à quoi servent-ils l'un et l'autre ?
33. Mieux vaut les hommes qui cachent leur stupidité
que ceux qui cachent leur sagesse.
Mon fils, as-tu péché ? ne recommence plus
mais prie pour tes fautes passées afin qu'on te pardonne.
Comme de devant le serpent, fuis les péchés :
si tu t'en approches, il se saisiront de toi.
Dents de lion que ses dents
qui tuent les âmes des hommes.
Toute iniquité est comme une épée à double tranchant
à sa blessure il n'est pas de guérison.
Reproche et offenses dissiperont la richesse
ainsi la substance de l'orgueil sera-t-elle détruite jusqu’à la racine.
La supplication du pauvre s’élèvera de sa bouche jusqu’aux oreilles [de Dieu]
et la justice viendra rapidement sur lui.
Qui déteste le reproche marche sur les traces du pécheur
et celui qui craint Dieu se convertira en son cœur.
Il est connu de loin, l'homme puissant à la langue audacieuse
et l'homme sensé sait lui échapper.
Qui bâtit sa maison aux dépens d’autrui
est comme celui qui amasse ses pierres en hiver.
La synagogue des pécheurs est un amas d’étoupes
et leur fin sera la flamme du feu.
La voie des pécheurs est pavée de pierres
et à leur fin ce seront les enfers, les ténèbres et le châtiment.
Celui qui garde la justice en pénétrera l’esprit.
L'accomplissement de la crainte de Dieu, c'est la sagesse et l'intelligence.
Celui qui n’est pas sage dans le bien ne sera pas instruit.
Il y a une stupidité qui abonde dans le mal
et il n'y a pas d'intelligence là où abonde l’amertume.
La science du sage abondera comme un déluge
et son conseil demeure comme une source de vie.
Le cœur de l’insensé est comme un vase rompu
et il ne retiendra aucune sagesse.
Que l’homme de savoir entende une parole sage
il la louera et se l’appliquera
que le voluptueux l’entende, elle lui déplaira
et il la rejettera derrière son dos.
L’entretien de l’insensé est comme un fardeau sur le chemin
car c'est sur les lèvres de l’homme sensé que se trouvera la grâce.
La bouche de l’homme prudent est recherchée dans l'assemblée
et les hommes repasseront ses paroles dans leurs cœurs.
Comme une maison ruinée, ainsi est la sagesse pour l'insensé
et la science du fou n'est que paroles inexprimables.
Pour le sot, l'instruction est une entrave aux pieds
et comme des menottes à la main droite.
L’insensé dans le rire élève sa voix
mais l’homme sage rira à peine tout bas.
L'instruction est pour l’homme prudent un ornement d’or
et comme un bracelet à son bras droit.
L’insensé met aisément le pied dans la maison de son prochain
mais l’homme habile sera confus devant une personne puissante.
Le sot regardera par la fenêtre dans une maison
mais l’homme instruit se tiendra dehors.
Sottise d'un homme que d'écouter à la porte
et l’homme prudent sera consterné par cet outrage.
Les lèvres des imprudents diront des sottises
mais les paroles des hommes prudents seront pesées à la balance.
29. Le cœur des insensés est dans leur bouche
et la bouche des sages est dans leur cœur.
30. Lorsque l’impie maudit le diable
il maudit sa propre âme.
31. Le médisant souillera son âme et il sera haï de tous
et celui qui sera resté [avec lui] sera odieux ;
l’homme silencieux et sensé sera honoré.
Le paresseux a été lapidé [à coups] de pierre boueuse :
et tous parleront de sa mise à l'écart.
Le paresseux a été lapidé [à coups] de bouse de bœufs :
quiconque l'aura touché se secouera les mains.
C'est la honte de son père qu'un fils indiscipliné
mais s'il s'agit d'une fille, cela tourne à l'humiliation.
La fille prudente est un héritage pour son mari
quant à celle qui jette le trouble, elle devient un déshonneur pour celui qui l'a engendrée.
Sur père et sur mari l'effrontée jette le trouble
(même par des impies elle ne se fera pas humilier !) :
elle sera méprisée de l’un et de l’autre.
Musique dans le deuil, tel un discours intempestif
mais fouet et instruction sont en tout temps sagesse.
Qui instruit un insensé
est comme celui qui recolle un pot cassé.
Qui raconte une affaire à l'[homme] irréfléchi
est comme celui qui cherche à réveiller un dormeur d'un profond sommeil :
il fait un exposé détaillé au sot et à la fin il dit : — Mais qui est-il, celui-ci ?
Pleure sur un mort, car sa lumière a disparu
et pleure sur un insensé, car son bon sens a disparu.
Pleure peu sur un mort, car il est entré dans le repos :
en effet, la vie sans valeur d'un homme sans valeur dépasse [en malheur] la mort de l'insensé.
Le deuil pour un mort dure sept jours
mais pour l'insensé et l'impie, tous les jours de leur vie.
Avec le sot ne parle pas beaucoup
et ne va pas avec l'insensé :
garde-toi de lui pour n'en pas éprouver d'ennui
et tu ne seras pas souillé par son influence ;
détourne-toi de lui et tu trouveras le repos
et tu ne seras pas agacé par sa sottise ;
il va être lourd, plus que du plomb,
et quel autre nom lui donner sinon celui d' « insensé » ?
Le sable, le sel et la masse de fer sont plus faciles à porter
que l'homme imprudent, insensé et impie.
Un assemblage de bois fixé dans la fondation d'un édifice ne se disjoindra pas :
de même aussi le cœur établi sur un conseil solide.
La résolution d'un homme sensé ne sera affaiblie en aucun temps par la crainte.
De même que des poteaux sur les hauteurs et des moellons de luxe ne tiendront pas face au vent
de même (dans l'esprit du sot) le cœur craintif ne résiste pas à l'assaut de la crainte.
De même qu'un cœur timoré, dans l'esprit d'un insensé, n'aura jamais [à avoir] peur,
de même aussi celui qui demeure toujours dans les préceptes de Dieu.
Qui heurte l'œil fait couler les larmes
et celui qui heurte le cœur dévoilera le sentiment.
Qui jette une pierre contre des oiseaux les fera s'envoler :
de même celui qui dit des injures à un ami rompt l'amitié.
26. Ne désespère pas même si tu as tiré le glaive contre un ami,
car vers l'ami un retour est possible ;
27. s'il a ouvert la bouche avec dureté, ne crains pas
car la réconciliation est possible, excepté quand il s'agit d'injure et de reproche
d'insolence, de divulgation d'un secret et de coups de traître :
pour tout cela ton ami t'échappera.
28. Garde la fidélité à ton prochain dans sa pauvreté
afin que dans sa prospérité, avec lui aussi tu te réjouisses ;
29. au temps de sa tribulation demeure-lui fidèle
afin qu'avec lui tu hérites quand il touchera son héritage.
30. Avant le feu, la vapeur de la fournaise et la fumée du feu s'élèvent :
de même avant le sang, les injures, les outrages et les menaces.
31. Tu ne seras pas troublé de saluer un ami ;
je ne me cacherai pas à sa face
et même si des maux m'arrivent par lui, je tiens bon :
32. quiconque l'apprendra se méfiera de lui.
33. Qui mettra une garde à ma bouche
et sur mes lèvres un sceau bien fixé ?
Que je ne tombe pas par elles, et que ma langue ne me perde pas !
Seigneur, père et souverain de ma vie
ne m’abandonne pas, ne permets pas que je tombe avec elles :
qui m'appliquera à moi, à ma pensée, le fouet
et à mon cœur l'instruction de la sagesse
pour que [quand je suis tenté de] les ignorer, ils ne m’épargnent pas
et que ne paraissent pas les fautes de celles-là ?
Alors mes ignorances iraient croissant
et mes fautes se multiplieraient
et mes péchés abonderaient
et je tomberais devant mes adversaires
et il se gausserait, mon ennemi !
Seigneur, père et Dieu de ma vie
ne m’abandonne pas à leur pensée.
Ne me donne pas l'orgueil des yeux
et détourne de moi tout désir [mauvais].
Éloigne de moi les concupiscences du ventre
et que les concupiscences du commerce charnel ne s’emparent pas de moi
et ne me livre pas à une âme insolente et insensée !
DOCTRINE DE LA BOUCHE
Écoutez, mes fils, la doctrine de la bouche :
celui qui la gardera ne périra pas par ses lèvres
et ne sera pas incité au scandale dans des œuvres criminelles.
C'est par sa propre vanité que sera pris le pécheur, ainsi que l'orgueilleux,
et le médisant sera incité au scandale à cause de lui.
Au serment, que ta bouche ne s’accoutume pas
car beaucoup de chutes se font par lui.
Que le nom de Dieu ne soit pas sans cesse dans ta bouche
et n'implique pas les noms des saints
car tu ne seras pas en cela exempt de faute :
en effet, de même qu'un esclave mis sans cesse à la torture ne verra pas ses contusions se résorber,
ainsi tout homme qui jure et prononce le Nom, à la fin, ne sera pas purifié du péché.
Un homme qui jure souvent sera rempli d'iniquité
et la plaie ne s'écartera pas de sa maison
et s'il a menti, sa faute sera sur lui
et s'il a dissimulé, il commettra une double faute
et s'il a juré en vain, il ne sera pas justifié
car sa maison sera remplie de son châtiment.
et s'il a juré en vain, il ne sera pas justifié
car sa maison sera remplie de son châtiment.
Il y a aussi une autre parole en face de la mort :
qu'elle ne se trouve pas dans l'héritage de Jacob !
Et de fait, toutes ces choses seront écartées des miséricordieux
et ils ne rouleront pas dans les fautes.
Que ta bouche ne s'habitue pas à l'indiscipline
car il y a en elle une parole de péché.
Souviens-toi de ton père et de ta mère
car tu te tiens au milieu des grands
de peur que [Dieu] ne t'oublie devant eux
et qu'étourdi par ta familiarité [avec eux] tu ne subisses un reproche
que tu n'aimes mieux n'être pas né
et que tu ne maudisses le jour de ta naissance.
L'homme habitué aux mots de reproche
ne sera jamais instruit durant sa vie.
Deux sortes de personnes abondent en péchés
et la troisième attire la colère et la perdition :
l'âme qui brûle comme un feu ardent
ne s'éteindra pas, qu'elle n'ait englouti quelque chose
et l'homme dépravé en présence de sa propre chair
ne cessera pas, qu'il n'y allume le feu ;
à l'homme fornicateur, tout pain est doux :
il ne cessera pas de pécher de son lit.
Tout homme qui profane son lit
méprise son âme en disant : — Qui me voit ?
Les ténèbres m'environnent, les murs me couvrent
et personne ne regarde autour de moi, qui craindrais-je ?
De mes fautes le Très-Haut ne se souviendra pas !
Et il ne comprendra pas que l'œil de celui-ci voit tout
(que ce qui chasse de lui la crainte de Dieu, c'est une telle crainte de l'homme)
ainsi que les yeux des hommes qui le craignent ;
28. et il ne sait pas que les yeux du Seigneur sont plus lumineux que le soleil
explorant du regard toutes les voies des hommes
et la profondeur de l'abîme, et examinant les cœurs des hommes jusque dans les replis les plus cachés.
29. Du Seigneur Dieu, en effet, sont connues toutes choses avant qu'elles soient crées :
même après leur réalisation il les regarde encore.
30. Cet homme sera puni sur les places publiques
et il fuira comme un poulain
et il sera pris là où il ne s'y attendait pas
31. et il sera déshonoré aux yeux de tous
parce qu'il n'aura pas compris la crainte de Dieu.
32. Ainsi en sera-t-il encore de toute femme qui abandonne son mari
et lui donne un héritier d'une union étrangère :
33. primo, en effet, elle n'a pas cru à la Loi du Très-Haut
secundo, elle a abandonné son mari
tertio, elle a commis un adultère
et d'un autre homme s'est constitué des fils !
34. Celle-ci sera conduite à l'assemblée
et sera examinée quant à ses fils :
35. ses fils ne prendront pas racine
et ses branches ne donneront pas de fruit ;
36. ils laisseront sa mémoire en malédiction
et son déshonneur ne s'effacera pas
37. et ceux qui seront restés reconnaîtront
qu'il n'y a rien de meilleur que la crainte de Dieu
ni de plus doux que d'avoir égard aux commandements du Seigneur
38. et que c'est une grande gloire de suivre le Seigneur
car c'est de lui qu'on reçoit la longueur des jours.
ÉLOGE DE LA SAGESSE
La sagesse louera son âme
elle s’honorera en Dieu
et se glorifiera au milieu de son peuple.
Dans les assemblées du Très-Haut elle ouvrira la bouche
et devant sa puissance elle se glorifiera.
Au milieu du peuple elle sera exaltée
et dans la sainte plénitude elle sera admirée.
Dans la multitude des élus elle recevra des louanges
et parmi les bénis elle sera bénie, disant :
— Moi, je suis sortie de la bouche du Très-Haut
engendrée la première avant toute créature.
Moi, dans les cieux, j'ai fait lever une lumière inextinguible
et, comme une vapeur, j'ai couvert toute la terre
moi, j'ai habité dans les hauteurs
et mon trône est dans la colonne de nuée
j’ai fait seule tout le tour du ciel
et j’ai pénétré la profondeur de l'abîme
et me suis promenée sur les flots de la mer
et sur toute terre j'ai posé pied
et sur tout peuple
et sur toute nation j'ai eu la primauté.
J’ai parcouru par ma puissance les cœurs de tous, grands et petits,
en eux tous j’ai cherché mon repos
et c'est dans son héritage que je demeurerai.
Alors le Créateur de l’univers m’a parlé et m’a donné ses ordres
et celui qui m’a créée a reposé dans ma tente.
Et il m’a dit : — Habite dans Jacob,
en Israël reçois ton héritage
et parmi mes élus pousse tes racines.
Dès le commencement, avant le siècle, j’ai été créée
jusqu'au siècle futur je ne cesserai pas d’être
et dans l'habitation sainte, devant lui, j’ai exercé mon ministère.
Ainsi dans Sion ai-je été affermie,
dans la cité sainte j’ai aussi trouvé mon repos
et dans Jérusalem a résidé ma puissance.
J’ai pris racine dans le peuple honoré
dont l’héritage est la part de mon Dieu :
dans la plénitude des saints se trouve ma demeure.
Comme le cèdre je me suis élevée sur le Liban
et comme le cyprès sur le mont Sion
comme le palmier je me suis élevée à Cadès
et comme la roseraie de Jéricho
comme le bel olivier dans les champs
et comme le platane au bord de l'eau sur la place, je me suis élevée ;
telle le cinnamome et l'aspalte aromatique j’ai exhalé un parfum
comme une myrrhe de choix j'ai exhalé la suavité d'un parfum
et comme le storax, comme le galbanum, comme un onguent et comme un suc
et comme le liban non incisé, j'ai parfumé mon habitation
et comme un baume non mélangé, mon odeur ;
moi, comme un térébinthe j'ai étendu mes rameaux,
rameaux d’honneur et de grâce ;
moi, comme une vigne j’ai produit des fruits d’une odeur suave
et mes fleurs [produisent] des fruits d'honneur et de richesse.
Moi, je suis la mère du bel amour, de la crainte, de la connaissance et de la sainte espérance
en moi est toute la grâce de la vie et de la vérité
en moi est toute l’espérance de la vie et de la vertu :
venez à moi vous tous qui me désirez avec ardeur
et rassasiez-vous de mes fruits !
Oui, mon esprit est plus doux que le miel
et mon héritage, plus que le miel et son rayon !
Ma mémoire [vivra] dans la génération des siècles :
ceux qui me mangent auront encore faim
et ceux qui me boivent auront encore soif ;
celui qui m’écoute ne sera pas confondu
et ceux qui agissent par moi ne pécheront pas ;
ceux qui me mettent en lumière auront la vie éternelle !
Tout cela est le livre de vie
l’alliance du Très-Haut et la connaissance de la vérité.
33. Moïse a prescrit la Loi sous forme de préceptes de droit
et l'héritage de la promesse faite à Israël pour la maison de Jacob.
34. [Le Seigneur] a affirmé à David, son serviteur, qu'il ferait sortir de lui un roi très puissant
éternellement assis sur un trône de gloire
35. lui qui fait monter la sagesse comme le Phison
et comme le Tigre aux jours des nouveaux [fruits]
36. qui fait déborder l’intelligence comme l’Euphrate
et qui [la] multiplie comme le Jourdain au temps des moissons
37. qui fait jaillir le savoir comme la lumière
intarissable comme le Géhon au jour de la vendange.
38. C’est lui le premier qui l'a parfaitement connue
et quiconque est plus faible n'a pas [même] cherché à la découvrir
39. car plus que la mer abonde sa pensée
et son conseil plus que le grand abîme.
40. — Moi, la sagesse, j'ai répandu des fleuves ;
41. moi, comme le courant de l’eau immense d’un fleuve ;
moi, comme le fleuve Doryx
et comme un aqueduc je sortis du paradis.
42. J’ai dit : — J’arroserai les plantes de mon jardin
et j'enivrerai le fruit de mon parterre
43. (et voici, mon courant devint abondant
et mon fleuve approcha la mer) ;
44. je fais briller la doctrine pour tous comme l'aurore
et je la raconterai jusqu'aux lointains ;
45. je pénétrerai les régions inférieures de la terre
je ferai l'inspection de tous ceux qui y dorment
et j’illuminerai ceux qui espèrent en Dieu ;
46. je répandrai encore la doctrine comme une prophétie
et la léguerai à ceux qui cherchent la sagesse :
je ne les abandonnerai pas de génération en génération jusqu’à l'ère sainte.
47. Voyez : je n’ai pas travaillé seulement pour moi
mais pour tous ceux qui recherchent la vérité.
En trois choses mon esprit se plaît
qui sont approuvées devant Dieu et les hommes :
la concorde entre les frères et l’amour des proches
ainsi qu'un mari et une femme qui s’accordent bien ensemble.
Il y a trois sortes [de gens] que déteste mon âme
et dont l'âme m'accable grandement :
un pauvre orgueilleux, un riche menteur
un vieillard sot et insensé.
Dans ta jeunesse tu n’as pas amassé
et comment la trouveras-tu dans ta vieillesse ?
Qu’il est beau pour les cheveux blancs d'avoir du jugement
et pour les vieillards de connaître le conseil !
Qu'elle est belle la sagesse chez les anciens
et chez les hommes glorieux, l'intelligence et le conseil !
La couronne des vieillards est leur grande expérience
et leur gloire, la crainte de Dieu.
J'ai eu beaucoup d'estime pour neuf choses que le cœur ne saurait soupçonner
et la dixième je la dirai aux hommes par ma langue :
un homme qui trouve sa joie dans ses enfants ;
celui qui vit et voit la ruine de ses ennemis ;
heureux celui qui demeure avec une femme sensée
qui n'est pas tombé par sa langue
et qui n’a pas été asservi à des hommes indignes de lui !
Heureux celui qui trouve un ami véritable
et qui parle de la justice à une oreille qui l’écoute !
Qu'il est grand celui qui a trouvé la sagesse et la science !
Mais nul n'est au-dessus de celui qui craint Dieu.
La crainte de Dieu s’est élevée au-dessus de tout :
heureux celui à qui il a été donné d'avoir la crainte de Dieu !
Celui qui la possède, à qui sera-t-il comparé ?
La crainte de Dieu est le commencement de son amour
et on y doit joindre étroitement un début de foi.
C'est une plaie absolue que la tristesse du cœur
et c'est une malice absolue que la méchanceté d'une femme.
Et [l'homme] verra [patiemment] toute plaie, mais non la plaie du cœur
et toute méchanceté, mais non la méchanceté d'une femme
et toute affliction, mais non l'affliction causée par ceux qui [nous] haïssent
et toute vengeance, mais non la vengeance des ennemis.
Il n’y a pas de tête plus méchante que la tête du serpent.
Il n'y a pas de colère au-dessus de la colère d'un ennemi.
Demeurer avec un lion et avec un dragon sera plus agréable
que d’habiter avec une femme méchante.
La méchanceté de la femme change sa face
elle obscurcit son visage comme [celui] d'un ours
et le fait paraître comme un sac au milieu de ses proches
et en [les] entendant, elle soupirera un peu.
26. Telle malice est petite comparée à la malice de la femme :
que le sort des pécheurs tombe sur celle-ci !
27. Une montée sablonneuse pour les pieds d’un ancien :
ainsi une femme bavarde pour un homme paisible.
28. Ne considère pas la beauté d’une femme
et ne désire pas une femme pour sa beauté.
29. La colère d'une femme, son audace et la confusion [qu'elle cause] sont grandes.
30. Si la femme a l'autorité
elle est contraire à son mari.
31. Cœur bas, visage triste
et plaie mortelle : telle est la femme méchante.
32. Mains faibles et genoux rompus :
telle est la femme qui ne rend pas son mari heureux.
33. Par une femme a eu lieu le commencement du péché
et par elle nous mourons tous.
34. Ne donne pas à ton eau une ouverture, même petite
ni à une méchante femme la permission de sortir.
35. Si elle n'a pas marché selon ta main
elle te couvrira même de confusion en présence de tes ennemis.
36. Sépare-la de ta chair, de peur qu’elle n’abuse toujours de toi.
Heureux le mari d’une bonne épouse
car le nombre de ses années sera doublé.
Une femme vaillante réjouit son mari
et ses années il les accomplira dans la paix.
Une bonne épouse est une bonne part :
dans la bonne part de ceux qui craignent Dieu, elle sera donnée à un homme pour ses bonnes actions ;
du riche et du pauvre, le cœur sera content
en tout temps leur visage est joyeux.
Mon cœur a redouté trois choses
et à la quatrième mon visage a pâli d'effroi :
la délation d'une cité, le rassemblement d’un peuple
et la calomnie mensongère
sont toutes plus insupportables que la mort ;
[mais] une femme jalouse, c'est une douleur de cœur et un deuil.
Dans la femme infidèle se trouve le fouet de la langue
qui atteint tout le monde.
Comme un joug de bœufs vacillant
ainsi une femme méchante
qui la tient est comme celui qui prend un scorpion.
Femme ivrogne, grande colère :
ni son effronterie ni son infamie ne seront cachées.
La perversion d'une femme, c'est à l'orgueil de ses yeux
et à ses paupières qu'on la reconnaîtra.
Sur la fille qui ne se retient pas, renforce la garde
de peur que, si elle trouve l'occasion, elle n'abuse d'elle-même.
À toute impudence de ses yeux prends garde
et ne t'étonne pas si elle t'a méprisé.
Comme un voyageur altéré près d'une source, elle ouvrira la bouche
elle boira de toute eau qui lui est proche
elle s’assiéra près de tout poteau
et à toute flèche elle ouvrira son carquois jusqu’à ce qu'elle défaille.
La grâce d’une femme attentionnée réjouira son mari
et elle engraissera ses os ;
sa discipline est un don de Dieu :
femme sensée et silencieuse, rien ne saurait ébranler une âme instruite !
Grâce sur grâce est la femme sainte et pudique.
Mais aucun poids ne vaut une âme chaste.
21. Comme le soleil qui se lève pour le monde dans les hauteurs de Dieu
ainsi est la beauté d'une femme de bien pour l’ornement de sa maison.
22. La lampe brillant sur le chandelier saint :
la beauté du visage dans l'âge mûr ;
23. des colonnes d’or sur des bases d’argent :
des pieds fermes sur les talons d'une femme sûre ;
24. des fondements éternels sur une pierre robuste :
les commandements de Dieu dans le cœur d'une femme sainte.
25. Par deux choses mon cœur a été attristé
et par la troisième la colère m'est venue :
26. un homme de guerre qui périt de pauvreté
un homme sensé qui est méprisé
27. et celui qui passe de la justice au péché ;
lui, Dieu l'a réservé pour l’épée à deux tranchants.
28. Deux cas m’ont paru difficiles et dangereux :
le négociant échappe difficilement à la négligence
et le marchand de vin ne sera pas justifié des péchés des lèvres.
Poussés par l'indigence, beaucoup ont commis des fautes
et qui cherche à s’enrichir refuse de le voir :
comme on fixe un poteau au milieu d'un assemblage de pierres
qui est au milieu d'actes de vente et d'achat finit enserré par les péchés.
la faute sera broyée.
Si tu ne te maintiens pas fortement dans la crainte du Seigneur, bien vite ta maison sera renversée.
Si le fumier demeure malgré la perforation du crible
ainsi le doute de l'homme demeure dans sa pensée.
Le four éprouve les vases du potier
et l’épreuve de l’affliction les hommes justes.
De même que la culture de l’arbre en montre le fruit
de même la parole est une invention du cœur de l'homme.
Avant son discours, ne comble pas un homme de louanges
car c'est là l'épreuve des hommes.
Si tu suis la justice, tu la saisiras
tu t'en revêtiras comme d'un vêtement d'honneur
tu habiteras avec elle
elle te protégera à jamais
et tu trouveras un appui au jour de la connaissance.
Les oiseaux se joignent à leurs semblables
et la vérité retourne à ceux qui la pratiquent.
Le lion guette toujours sa proie
ainsi les péchés pour ceux qui pratiquent l’iniquité.
L’homme saint demeure dans la sagesse comme le soleil
mais le sot est changeant comme la lune.
Au milieu des insensés, garde ta parole pour le bon moment
mais au milieu de ceux qui réfléchissent, sois assidu.
Le discours des pécheurs est odieux
et leur rire est dans les fautes du péché.
Le discours de celui qui jure souvent fera dresser les cheveux sur la tête
et son irrévérence fera boucher les oreilles.
L’effusion de sang suit la querelle des orgueilleux
et leur malédiction est pénible à entendre.
Celui qui dévoile les secrets d'un ami perdra sa confiance
et il ne trouvera pas d’ami selon son âme.
Aime ton prochain et sois uni à lui avec fidélité
mais si tu dévoiles ses secrets, tu ne le suivras plus :
comme un homme qui détruit son ami
ainsi est celui qui détruit l'amitié de son prochain
et comme celui qui laisse aller un oiseau de sa main
ainsi tu as abandonné ton prochain et tu ne le reprendras plus.
Ne le suis pas, parce qu'il est loin :
il s’est échappé comme une chèvre hors du filet
après qu'elle a été blessée.
Vous lier ensemble !
Même après la malédiction il y a la concorde
mais dévoiler les secrets d'un ami met fin à l'espoir.
Celui qui cligne des yeux ourdit des iniquités, et nul ne l'en détournera.
Sous tes yeux il apaisera ta bouche
et il admirera tes discours
mais à la fin il tordra sa bouche
et il mettra une pierre d'achoppement à tes paroles :
j'ai entendu bien des choses et je ne peux le comparer à rien
et le Seigneur le haïra.
Qui jette une pierre en haut, elle retombera sur sa tête
et un coup déloyal causera des blessures partagées.
Qui creuse une fosse y tombera
qui met une pierre devant son prochain s'y heurtera
et qui tend un piège à un autre y périra.
Celui qui provoque un grand malheur le verra se retourner contre lui
et il ne saura pas d’où il lui vient.
31. Raillerie et outrage sont le propre des orgueilleux
et la vengeance, comme un lion, les guettera.
32. Dans un piège périront ceux qui se réjouissent de la chute des justes
et la douleur les consumera avant qu'ils ne meurent.
33. La colère et la fureur sont l'une et l'autre exécrables
et l'homme pécheur les entretiendra en lui.
Celui qui veut se venger trouvera la vengeance de Dieu
qui, pour garder ses péchés, les gardera vraiment !
Pardonne à ton prochain qui te nuit
et alors, quand tu supplieras, tes péchés te seront effacés.
Un homme contre un homme garde de la colère
et il demande à Dieu la guérison !
Pour un homme, son semblable, il n'a pas de miséricorde
et pour ses péchés il supplie !
Lui, qui est chair, garde sa colère
et il demande à Dieu de lui être propice !
Qui priera pour ses fautes ?
Souviens-toi de la fin et cesse de haïr
car la corruption et la mort te menacent dans les commandements.
Souviens-toi de la crainte de Dieu et ne te mets pas en colère contre ton prochain.
Souviens-toi de l’alliance du Très-Haut
et néglige l'ignorance du prochain.
Évite la dispute et tu diminueras les péchés
car l’homme irascible allume la dispute
et l'homme pécheur jettera le trouble parmi les amis :
au milieu de ceux qui vivent en paix, il jette l’inimitié ;
en effet, selon le bois que contient la forêt, ainsi le feu s’embrase
selon la puissance de l'homme, ainsi sera sa rage
et selon sa richesse, il exaltera sa colère.
Une dispute précipitée allume un feu
une querelle qui se précipite finit dans le sang
et une langue qui témoigne peut causer la mort :
une fois que tu auras soufflé, elle sera comme un feu qui s'embrase
et une fois que tu auras craché dessus, elle s’éteindra :
les deux sortent de la bouche.
Le délateur est maudit, ainsi que l'homme à deux langues
car il a jeté le trouble parmi beaucoup qui vivaient en paix.
La troisième langue en a renversé beaucoup
et elle les a dispersés de nation en nation.
Elle a détruit les villes fortifiées des riches
et elle a arraché les maisons des grands.
Elle a taillé en pièces les armées des peuples
et elle a défait des nations puissantes.
La troisième langue a fait répudier des femmes courageuses
et les a privées des fruits de leurs travaux.
Celui qui y a égard n’aura pas de repos
et il ne vivra pas dans le repos.
Un coup de fouet fait une meurtrissure
mais un coup de langue brisera les os.
Beaucoup sont tombés par le glaive dévorant
mais davantage encore sont morts par leur propre langue.
Heureux celui qui est à l'abri de la langue mauvaise
qui n'est pas passé par sa rage
qui n’a pas traîné son joug
et dans ses chaînes n’a pas été lié !
car son joug est un joug de fer
et ses chaînes sont des chaînes de bronze.
La mort qu'elle cause est une mort très cruelle
et l'enfer vaut encore mieux qu'elle.
Sa persévérance ne durera pas
mais elle gouvernera les voies des injustes
et dans sa flamme elle ne brûlera pas les justes.
27. Ceux qui abandonnent Dieu tomberont en son pouvoir :
elle brûlera en eux et ne s'éteindra pas
elle sera envoyée contre eux comme un lion
et comme un léopard elle les déchirera.
28. Entoure tes oreilles d'une haie d'épines, n’écoute pas la langue mauvaise
et à ta bouche mets des portes et des serrures !
29. Fonds ton or et ton argent
et pour tes paroles fais une balance
et un frein ajusté à ta bouche ;
30. prends garde de faillir par la langue
et de tomber en présence d'ennemis qui t'épient
et que ta chute ne soit irrémédiable jusqu'à la mort !
DU PRÊT
Celui qui fait miséricorde prête à son prochain
et celui qui est efficace de sa main garde les commandements.
Prête à ton prochain au temps de son besoin
et à ton tour rends au prochain en son temps.
Tiens ferme ta parole et sois loyal avec lui
et en tout temps tu trouveras ce qui t’est nécessaire.
Beaucoup ont considéré le prêt comme une trouvaille
et ont causé du tracas à ceux qui les ont secourus.
Jusqu'à ce qu'ils reçoivent ils baisent la main de celui qui leur prête
et dans leurs promesses ils humilient leur voix
et au temps de rendre [l'emprunteur] demandera du temps
il murmurera des paroles amères et plaintives et il alléguera les circonstances comme prétexte ;
s'il peut rendre, il rendra, avec beaucoup de dédain, à peine la moitié
et il considérera ce [prêt] comme une trouvaille ;
il lui rendra des injures et des malédictions
et en guise d'honneur et de bienfait il lui rendra un outrage.
Beaucoup, non par méchanceté, n'ont pas prêté
mais ils ont craint d'être trompés gratuitement.
Cependant, envers le misérable, aie plus de cœur
et après ton aumône ne le fais pas languir.
À cause du commandement, assiste le pauvre
et à cause de son indigence, ne le renvoie pas les mains vides.
Perds ton argent pour ton frère et pour ton ami
et ne le cache pas sous une pierre en [pure] perte.
Place ton trésor dans les préceptes du Très-Haut
et il te profitera plus que l’or.
Enferme ton aumône dans le cœur du pauvre
et elle priera pour t'éloigner de tout mal.
mieux que le bouclier d'un puissant et que la lance
contre ton ennemi elle combattra.
L’homme de bien répond pour son prochain
et celui qui a perdu toute honte l'abandonnera à lui-même.
N’oublie pas la grâce que te fait celui qui se porte caution
car il a exposé son âme pour toi.
Le pécheur et l’impur fuient celui qui a répondu pour eux.
Le pécheur s’attribue le bien de son répondant
et, ingrat de cœur, il abandonnera son libérateur.
Un homme répond pour son prochain
et, après qu'il a perdu toute honte, il sera abandonné par lui.
Une caution mauvaise a perdu beaucoup de gens qui dirigeaient bien [leurs affaires]
et les a agités comme les flots de la mer.
Elle a fait émigrer tour à tour des hommes puissants
qui ont erré parmi les nations étrangères.
Le pécheur qui transgresse les commandements du Seigneur
s’engagera dans une mauvaise caution
et celui qui s'efforce à entreprendre beaucoup [d'affaires] s'exposera au jugement.
Aide le prochain selon ton pouvoir
et prends garde à toi de peur que tu ne tombes.
Le commencement de la vie c'est l’eau, le pain, le vêtement
et une maison qui couvre la nudité.
29. Mieux vaut la nourriture du pauvre sous un toit de planches
qu'un festin magnifique dans une maison étrangère alors qu'on n'a pas de domicile.
30. De peu ou de beaucoup sois content
et tu n'entendras pas le reproche d'être un étranger.
31. Misérable est la vie de celui qui reçoit l'hospitalité de maison en maison
et là où il sera reçu comme hôte, il n’agira pas avec confiance et il n'ouvrira pas la bouche ;
32. il recevra l'hospitalité, il donnera à manger et à boire à des ingrats
et après cela il entendra des choses amères :
33. — Passe là, hôte, et dresse la table
et ce que tu as en main, donne-le à manger aux autres !
34. Retire-toi à cause de l'honneur que je dois à mes amis
j’ai besoin de ma maison pour y recevoir mon frère !
35. Voici des choses pénibles à un homme qui a du sens :
le reproche de la maison [qui l'accueille] et l'insulte d'un créancier.
DES ENFANTS
Celui qui aime son fils lui applique assidûment le fouet
pour s'en réjouir à la fin.
Qui instruit son fils sera loué à cause de lui
et au milieu de ses proches il s'en glorifiera.
Qui instruit son fils jette son ennemi dans la jalousie
et au milieu de ses amis il s'en glorifiera.
Son père meurt, c’est comme s’il n’était pas mort
car il laisse après lui quelqu’un qui lui ressemble.
Dans sa vie, il l'a vu et il s'est réjoui en lui
à sa mort il n'a pas été contristé
et il n’a pas été confondu devant ses ennemis
car il a laissé un défenseur de sa maison
et quelqu'un qui témoignera de la reconnaissance à ses amis.
Pour les âmes de ses fils il bandera ses propres plaies
et à chaque cri ses entrailles seront troublées.
Un cheval indompté devient rétif
un fils laissé à lui-même devient insolent.
Cajole ton enfant, et il te terrifiera
joue avec lui, et il t'attristera.
Ne ris pas avec lui, de peur d'en souffrir
et finalement d'avoir à grincer des dents.
Ne lui donne pas de pouvoir dans sa jeunesse
et ne néglige pas ses pensées.
Courbe sa nuque dans sa jeunesse
et frappe ses côtes tandis qu'il est enfant
de peur qu’il ne s’endurcisse et ne croie pas en toi
et la douleur sera dans ton âme.
Instruis ton fils et travaille sur lui
de peur de te heurter à sa turpitude.
Mieux vaut un pauvre sain et plein de forces
qu’un riche languissant et affligé par la maladie.
La santé de l’âme est dans la sainteté de la justice
elle vaut mieux que tout l’or et l’argent
et un corps robuste [mieux] qu'une richesse immense.
Il n’y a pas de richesse au-dessus de la richesse de la santé du corps
et il n'y a pas de plaisir supérieur à la joie du cœur.
Mieux vaut la mort qu’une vie d’amertume
et le repos éternel qu’une langueur sans fin.
Des biens cachés dans une bouche fermée
sont comme des offrandes de nourriture placées autour d’un sépulcre.
Que servira la libation à une idole ?
car elle ne mange pas et ne sentira pas.
Ainsi celui qui est chassé par le Seigneur et porte le salaire de son iniquité
voyant de ses yeux et gémissant, comme un eunuque embrassant une vierge et soupirant.
Ne donne pas de tristesse à ton âme
et ne t'afflige pas toi-même dans ta réflexion.
La joie du cœur, voilà la vie de l’homme !
C'est un trésor inépuisable de sainteté
et l'exultation de l'homme prolonge sa vie.
Aie pitié de ton âme en plaisant à Dieu
maintiens et recueille ton cœur dans sa sainteté
et bannis loin de toi la tristesse
car la tristesse en a tué beaucoup
et elle n’est d'aucune utilité.
26. L’envie et la colère abrègent les jours
et la pensée amène la vieillesse avant le temps.
27. Un cœur admirable et bon vit dans les festins
car ses festins sont préparés avec soin.
Les veilles [en vue] de la renommée consument les chairs
et le souci [qu'on en prend] enlève le sommeil.
Le souci du moment présent détourne le sens
mais une grave maladie rend l'âme sobre.
Le riche a travaillé pour amasser de la richesse
et dans son repos se rassasiera de ses biens.
Le pauvre a travaillé vaincu par la privation
et il finit sans ressource.
Celui qui aime l’or ne sera pas justifié
et celui qui poursuit la corruption en sera rassasié.
Beaucoup sont tombés à cause de l’or
et leur perte est arrivée par sa beauté.
L’or est un bois de scandale pour ceux qui lui sacrifient.
Malheur à ceux qui le suivent
et tout insensé trouvera sa perdition en lui !
Heureux le riche qui a été trouvé sans tache
et qui n’est pas allé après l’or
ni n'a mis son espérance dans l'argent et les trésors !
Qui est-il ? et nous le louerons
car il a fait des merveilles durant sa vie.
Qui a été éprouvé en cela et est demeuré parfait ?
Un tel homme aura une gloire éternelle ;
celui qui a pu transgresser et n'a pas transgressé
et faire le mal et ne l’a pas fait
verra, en conséquence, ses biens affermis en Dieu
et l’assemblée des saints racontera ses aumônes.
DE LA RETENUE
Es-tu assis à une grande table ?
N'ouvre pas la bouche à son propos le premier.
Ne dis pas :
— Ce sont des mets semblables qui sont sur elle.
Souviens-toi qu'un œil mauvais est un mal.
Qu'a-t-il été créé de plus mauvais que l’œil ?
c’est pourquoi il pleurera de tout son visage lorsqu'il aura vu.
N’étends pas la main le premier
de peur que contaminé par l'envie tu n'aies à rougir.
Ne t'empresse pas dans un festin.
Juge de ton prochain d'après toi-même.
Use comme un homme tempérant de ce qui t'est servi
et ne te rends pas odieux en mangeant beaucoup.
Arrête-toi le premier par discipline
et ne commets pas d'excès, de peur de choquer.
Et si tu es assis au milieu de beaucoup de personnes
n’étends pas ta main avant elles
et ne demande pas à boire le premier.
Combien suffit un peu de vin à un homme instruit !
Quand tu dormiras, tu n'en souffriras pas
et tu ne sentiras pas de douleur.
L’insomnie, la colique et les tranchées sont pour l’homme intempérant ;
le sommeil salutaire est pour l'homme sobre :
il dormira jusqu'au matin et son âme en lui se réjouira.
Mais si tu as été contraint de manger beaucoup
lève-toi du milieu [des convives] et vomis, tu en seras soulagé
et tu n'attireras pas à ton corps les maladies.
Écoute-moi, mon fils, et ne me méprise pas
et finalement tu découvriras mes paroles :
dans toutes tes œuvres sois prompt
et aucune maladie ne t'atteindra.
Celui qui est splendide dans les pains, les lèvres de beaucoup le béniront
et le témoignage rendu à sa droiture sera fidèle ;
sur le très mauvais pain, la cité murmurera
et le témoignage rendu à sa méchanceté est vrai.
Ne provoque pas ceux qui aiment le vin
car le vin en a fait périr beaucoup.
Le feu éprouve la dureté du fer
ainsi le vin bu jusqu'à l'ivresse dévoilera les cœurs des orgueilleux.
32. Le vin est comparable à la vie pour les hommes :
si tu en bois modérément, tu seras sobre.
33. Quelle est la vie qui est privée de vin ?
34. Qu'est-ce qui nous enlève la vie ? La mort.
35. Le vin a été créé pour la joie
et non pour l’ivresse, au commencement :
36. exultation de l'âme et du cœur, le vin bu modérément !
37. Il est santé pour le corps et l’âme.
38. Le vin bu avec excès amène l'irritation, la colère et beaucoup de ruines :
39. amertume de l'âme, le vin bu avec excès !
40. L’ardeur de l'ivresse est un obstacle pour l'imprudent
car elle diminue la force et fait des blessures.
41. Dans un banquet de vin ne reprends pas ton prochain
et ne le méprise pas dans sa gaieté ;
42. ne lui dis pas des paroles de reproche
et ne le presse pas par quelque réclamation.
On t'a établi président ? Ne t'en élève pas
sois parmi eux comme l’un d’entre eux.
Prends soin d’eux et ensuite assieds-toi.
Une fois rempli tout ton office, mets-toi à table
afin de te réjouir auprès d'eux
de recevoir la couronne comme un ornement de grâce
et d'obtenir la considération de l'assemblée.
Parle, toi qui es plus âgé, car cela te convient
[dis] le premier mot, en mesurant ta science
et n'empêche pas la musique !
Lorsqu'il y a une audition, ne te répands pas en discours
et ne t'élève pas à contretemps dans ta sagesse.
Pierre d'escarboucle enchâssée dans un ornement d'or :
un concert de musiciens dans un festin arrosé de vin.
Comme l'incrustation d'une émeraude dans un ouvrage d'or
ainsi un ensemble de musiciens dans un [banquet de] vin joyeux et modéré.
Écoute en te taisant et ta retenue t'apportera la bonne grâce.
Jeune homme, parle peu en faveur de ta cause ;
si tu a été interrogé une deuxième fois, que ta réponse aille au but.
Sur beaucoup de choses fais l'ignorant
et écoute en te taisant, comme si tu t'interrogeais.
Au milieu des grands ne présume de rien
et quand il y a des anciens ne parle pas beaucoup.
Avant la grêle viendra l'éclair :
pour ta retenue t'arrivera la bonne grâce.
Quand il est l'heure de se lever, ne t'embarrasse pas :
cours le premier chez toi, distraies-y toi
et divertis-y toi ;
fais ce que tu as en tête
mais sans commettre de de fautes et sans parler avec orgueil ;
et pour toutes ces choses, bénis le Seigneur qui t'a créé
et qui t'enivre de tous ses biens.
Celui qui craint Dieu accueillera sa doctrine
et ceux qui auront veillé près de lui trouveront sa bénédiction.
Qui recherche la Loi sera comblé par elle
et qui agit insidieusement sera incité au scandale en elle.
Ceux qui craignent le Seigneur trouveront un jugement juste
et ils allumeront leurs justices comme une lumière.
L'homme pécheur évitera la réprimande
et selon son désir il trouvera [pour excuse] un sujet de comparaison.
L’homme du conseil ne mourra pas à cause de son intelligence ;
l'étranger, et l'orgueilleux, ne redoutent aucune crainte :
même après avoir agi avec crainte, il n'aura aucune prudence
et il sera condamné par ses propres actions.
24. Mon fils, sans conseil ne fais rien
et après l'action tu ne te repentiras pas ;
25. ne va pas dans une voie de ruine
et tu ne te heurteras pas contre les pierres ;
ne t'engage pas dans un chemin pénible
de peur de mettre devant ton âme une pierre d'achoppement ;
26. prends garde à tes fils et fais attention aux personnes de ta maison ;
27. dans toutes tes œuvres écoute fidèlement ton âme
car c’est là la garde des commandements.
28. Celui qui croit en Dieu est attentif aux commandements
et ceux qui se confieront en lui ne seront pas amoindris.
À celui qui craint le Seigneur il n'arrivera aucun mal
mais Dieu le conserve dans la tentation, et il le délivrera des maux.
Le sage ne déteste ni les commandements ni les ordonnances
et il ne sera pas malmené comme un bateau dans la tempête.
L’homme sensé croit à la Loi de Dieu
et la Loi lui est fidèle.
Celui qui expose une question préparera son discours ;
ainsi, après avoir prié, il sera exaucé
il respectera la discipline, et alors il répondra.
Le cœur de l'insensé est comme une roue de chariot
et sa pensée comme un essieu qui tourne.
Un étalon est comme un ami moqueur
sous tout cavalier il hennit.
Pourquoi un jour l'emporte-t-il sur un jour
ou encore une lumière sur une lumière, une année sur une année, venant [tous] du soleil ?
C’est par la science du Seigneur qu'ils ont été distingués
après que le soleil a été créé et qu'il a conservé son précepte.
Il a varié les temps et leurs jours de fête
et c'est par ces temps qu'on a célébré les jours de fête à l'heure [fixée].
Parmi eux, Dieu en a exalté et magnifié
et parmi eux il en a mis au nombre des jours [ordinaires] ;
et tous les hommes viennent du sol et de la terre d'où Adam a été créé.
Dans son vaste savoir de Seigneur, il les a distingués
et il a diversifié leurs voies.
Parmi eux, il en a béni et exalté
parmi eux, il en a sanctifié et rendu proches de lui ;
parmi eux, il en a maudit et abaissé
et il les a détournés de leur division.
Comme la glaise du potier est dans sa main pour qu'il la façonne et l'arrange
(toutes ses voies sont selon son commandement)
ainsi l’homme est dans la main de celui qui l’a fait :
il leur rendra selon son jugement.
En face du mal est le bien et en face de la mort, la vie
ainsi aussi en face de l'homme juste, le pécheur ;
considère ainsi toutes les œuvres du Très-Haut :
elles sont deux à deux, l’une en face de l’autre.
Et moi, le dernier, j’ai veillé
et je suis comme celui qui grappille les raisins après les vendangeurs.
En la bénédiction de Dieu moi aussi j'ai espéré
et comme celui qui vendange, j'ai rempli le pressoir.
Voyez que ce n'est pas pour moi seul que j'ai peiné
mais pour tous ceux qui cherchent l'instruction.
Écoutez-moi tous, grands du peuple !
Et [vous], présidents de l’assemblée, prêtez l’oreille !
Fils ou femme, frère ou ami
à aucun ne donne pouvoir sur toi pendant ta vie
ne donne pas tes biens à un autre
de peur que, pris de regret, tu ne supplies pour eux ;
tant que tu vis encore et que tu respires
aucune chair ne te fera changer
car il vaut mieux que tes enfants te prient
que de regarder, toi, vers les mains de tes fils.
Dans toutes tes actions sois le maître.
Ne fais pas de tache à ta gloire.
Au jour de la consommation des jours de ta vie
et au temps de ta mort, distribue ton héritage.
Il travaille avec discipline mais il cherche à se reposer
lâche-lui les mains et il cherche la liberté.
Le joug et la lanière courbent le cou inflexible
et les travaux continuels assouplissent l’esclave.
À l'esclave mauvais, la torture et les fers aux pieds
envoie-le au travail de peur qu’il ne soit oisif
car l’oisiveté a enseigné beaucoup de mal.
Tiens-le dans le travail, car c’est ce qui lui convient
et s’il n'a pas obéi, charge ses pieds d'entraves
mais ne dépasse la mesure envers aucune chair
et ne fais rien d'important sans réflexion.
Si tu as un esclave, qu’il te soit comme ton âme
traite-le comme un frère
parce que tu l’a acquis dans le sang de ton âme.
32. Si tu le maltraites injustement
33. et qu'il se lève et s'en va : qui interrogeras-tu ?
et sur quelle voie le chercher ? tu ne le sauras pas.
La vaine espérance et le mensonge sont pour l'homme insensé
et les songes exaltent les imprudents.
Comme celui qui saisit une ombre et poursuit le vent
ainsi celui qui s’attache à des visions mensongères.
Ceci d'après cela, telle est la vision des songes :
en face d'un homme, une apparence d'homme.
De l'impur, qu'est-ce qui sera purifié ?
Et du menteur, que sera-t-il dit de vrai ?
La divination fautive, les augures mensongers
et les songes des méchants ne sont que vanité.
Comme [le cœur] d'une femme en travail, ton cœur est en proie à une vision imaginaire.
À moins que par le Très-Haut ne [te] soit envoyée une vision
n’y applique pas ton cœur
car les songes ont égaré bien des gens
qui sont tombés pour avoir espéré en eux.
C'est sans mensonge que s'accomplira la parole
et la sagesse dans la bouche d'un homme fidèle sera comblée.
Celui qui n’a pas été tenté, que sait-il ?
Un homme qui a beaucoup d'expérience a beaucoup de pensées
et celui qui a beaucoup appris expliquera l'intelligence.
Celui qui n'a pas d'expérience connaît peu de choses
mais celui qui est instruit en beaucoup de choses multipliera la malice.
J’ai vu beaucoup de choses en errant
et beaucoup de manières de parler.
Quelquefois j'ai été en danger de mort à cause de cela
mais j’ai été délivré par la grâce de Dieu.
L'esprit de ceux qui craignent Dieu sera objet de ses soins
et son regard les comblera de bénédictions
car leur espérance est en celui qui les sauve
et les yeux de Dieu sont sur ceux qui l’aiment.
Celui qui craint le Seigneur ne redoutera rien
et il n’aura pas peur, car c'est lui son espérance.
Heureuse est l’âme de celui qui craint le Seigneur !
Vers qui regarde-t-il et qui est sa force ?
Les yeux du Seigneur sont sur ceux qui le craignent
il est un puissant protecteur et un soutien solide
un abri contre la chaleur et un ombrage contre l’ardeur du midi
une sauvegarde contre l'obstacle et un secours contre la chute ;
il exalte l'âme et illumine les yeux
il donne santé, vie et bénédiction.
Lorsqu'on immole une victime mal acquise, le sacrifice est souillé
et les insultes des injustes ne sont pas agréables [à Dieu].
Le Seigneur est seulement pour ceux qui l'attendent dans la voie de la vérité et de la justice.
Le Très-Haut n'approuve pas les dons des hommes injustes, quand les hommes injustes font des oblations
et ce n'est pas par la multitude de leurs sacrifices qu'il pardonnera leurs péchés.
Celui qui offre un sacrifice pris sur le bien des pauvres
est comme celui qui égorge le fils en présence de son père.
Le pain des indigents est la vie du pauvre
celui qui le lui enlève est un homme de sang.
Celui qui vole le pain gagné à la sueur [du front]
est comme celui qui tue son prochain
27. qui répand le sang et qui prive le salarié de son salaire.
28. L’un bâtit et l’autre détruit :
que gagneront-ils sinon de la peine ?
29. L’un prie et l’autre maudit :
duquel Dieu écoutera-t-il la voix ?
30. Celui qui se baigne après avoir touché un mort et le touche de nouveau :
à quoi lui sert-il de s’être lavé ?
31. Ainsi l'homme qui jeûne pour ses péchés et les commet de nouveau :
que gagne-t-il à s’être humilié ? qui exaucera sa prière ?
Celui qui observe la Loi multiplie la prière.
C’est un sacrifice salutaire que d’être attentif aux commandements
et de s'éloigner de toute iniquité
et c'est prier [pour ses péchés] que de s’éloigner de l’injustice.
Tu ne paraîtras pas devant Dieu les mains vides
car toutes ces choses se font à cause du commandement du Seigneur.
L’oblation du juste engraisse l’autel
et c'est une odeur pleine de suavité en présence du Très-Haut.
Le sacrifice du juste est bien reçu
et le Seigneur n'en perdra pas le souvenir.
De bon cœur, rends gloire à Dieu
et ne retranche rien des prémices de tes mains.
Dans tous tes dons montre un visage gai
et avec allégresse sanctifie tes dîmes.
Donne au Très-Haut, selon son don
et fais-le d'un bon œil, selon ce que tu t'es procuré de ta propre main
car le Seigneur donne en retour
et il te rendra sept fois autant.
N’offre pas de dons pervers
car il ne les recevra pas.
Ne regarde pas à un sacrifice injuste
parce que le Seigneur est juge
et que devant lui la gloire de la personne n'est rien.
Le Seigneur ne recevra personne contre le pauvre
et il exaucera la prière de l'opprimé.
Il ne méprisera pas les prières de l’orphelin
ni la veuve quand elle répand la plainte de son gémissement :
ses larmes ne descendent-elles pas sur sa joue
et son cri
ne monte-t-il pas de sa joue
tandis que le Seigneur qui exauce se plaît en eux ?
Celui qui adore Dieu avec joie sera reconnu
et sa prière jusqu’aux nues s'approchera.
La prière de celui qui s'humilie pénétrera les nues :
jusqu'à ce qu'elle approche il ne répondra pas aux sollicitations
et il ne se retirera pas jusqu'à ce que le Très-Haut [la] regarde.
Le Seigneur ne s'éloignera pas
mais il jugera les justes et fera justice
et le Très-Fort n’aura pas pour eux de patience
afin de briser leur dos ;
des nations il tirera vengeance
jusqu’à ce qu’il ait détruit la totalité des orgueilleux
et qu’il ait brisé les sceptres des injustes
jusqu’à ce qu’il rende aux hommes selon leurs actions
selon les œuvres d'Adam et selon sa présomption
jusqu’à ce qu’il fasse justice à son peuple ;
et il réjouira les justes par sa miséricorde.
La miséricorde de Dieu est belle au temps de la tribulation
comme les nuages de pluie au temps de la sécheresse.
Aie pitié de nous, Dieu de toutes choses, regarde-nous
et montre-nous la lumière de tes miséricordes ;
répands ta crainte sur les nations qui ne t'ont pas recherché
et qu’elles reconnaissent qu’il n’y a pas de Dieu si ce n'est toi, pour qu'elles racontent tes merveilles.
Lève ta main sur les nations étrangères pour qu'elles voient ta puissance
car de même que, devant elles, tu t'es montré saint en nous
ainsi, devant nous, tu t'es montré grand en elles
pour qu’elles te reconnaissent, comme nous aussi avons reconnu
qu’il n’y a pas de Dieu en dehors de toi, Seigneur.
Renouvelle tes signes et varie tes merveilles
glorifie ta main et ton bras droit
excite ta fureur et répands ta colère
retranche l'adversaire et brise l'ennemi
hâte le temps et souviens-toi de la fin
pour qu'on raconte tes merveilles !
Que tout rescapé soit dévoré par la rage de la flamme
et que ceux qui maltraitent ton peuple trouvent leur perte !
Brise la tête des chefs ennemis
qui disent : — Il n’y en a pas d’autre que nous !
Rassemble toutes les tribus de Jacob
et qu’elles reconnaissent qu’il n’y a pas de Dieu si ce n'est toi
pour qu’elles racontent tes merveilles ;
et tu les prendras pour héritage comme au commencement.
Aie pitié de ton peuple sur qui a été invoqué ton nom
et d’Israël que tu as fait égal à ton premier-né.
Aie pitié de la cité que tu as sanctifiée
Jérusalem, la cité de ton repos.
Remplis Sion de tes paroles ineffables
et ton peuple de ta gloire.
Témoigne que depuis le commencement ce sont tes créatures
et réveille les prières qu'ont prononcées en ton nom les anciens prophètes.
Récompense ceux qui t'attendent
pour que tes prophètes soient trouvés fidèles
et exauce les prières de tes serviteurs
selon la bénédiction d'Aaron à ton peuple ;
dirige-nous dans la voie de la justice
et qu'ils sachent, tous ceux qui habitent la terre
que tu es le Dieu qui contemple les siècles !
L’estomac mangera toutes sortes de nourriture
mais tel aliment est meilleur qu'un autre.
Le palais discerne au goût la venaison
et le cœur intelligent les paroles mensongères.
Un cœur pervers causera de la tristesse
et l’homme expérimenté lui résistera.
La femme acceptera toute sorte d’hommes
mais telle fille est meilleure qu'une autre.
La beauté de la femme réjouit le visage de son mari
et le désir qu'elle inspire surpasse toute concupiscence de l'homme.
Si sa langue peut soigner et procurer l'apaisement de la miséricorde
son mari n'est pas le vis-à-vis des fils des hommes.
Celui qui possède une femme commence à s'assurer une possession
elle est une aide vis-à-vis de lui et une colonne pour son repos.
Où il n’y a pas de haie, la possession sera pillée
et où il n’y a pas de femme, l’indigent gémit.
À qui se confie celui qui n’a pas de nid
et qui se réfugie partout où il peut se dissimuler
comme un voleur armé qui bondit de ville en ville ?
Tout ami dira : — Moi aussi j'ai lié amitié ;
mais il est un ami qui est seulement ami de nom :
n’est-ce pas une tristesse qui dure jusqu’à la mort ?
Pourtant, le compagnon et l'ami se tourneront vers l'inimitié.
Ô penchant criminel, d’où es-tu né
pour couvrir la terre de la malice et de la perfidie d'un tel homme ?
Le compagnon se réjouit avec son ami dans son plaisir
et au temps de la tribulation il sera son adversaire.
Le compagnon s’afflige avec son ami dans l'intérêt de son ventre
et à la vue de l’ennemi il prendra le bouclier.
N’oublie pas ton ami dans ton âme
et ne perds pas son souvenir dans tes occupations.
Ne prends pas conseil de ton beau-père
et à ceux qui t'envient cache ton conseil.
Tout conseiller donne son conseil
mais tel conseiller l'est pour lui-même.
En face d'un conseiller, préserve ton âme
sache d'abord quels sont ses intérêts
(car lui-même, c'est à sa propre volonté qu'il pensera)
de peur qu’il ne plante un pieu en terre
et qu'il ne te dise :
— Ta voie est bonne
et qu'il ne se tienne en face pour voir ce qui t'arrivera.
Avec un homme sans religion traite de choses saintes
avec un injuste, de justice
avec une femme, de celle dont elle est jalouse
avec un homme craintif, de guerre
avec un marchand, de contrat de traversée
avec un acheteur, de vente
avec un envieux, de reconnaissance
avec un impie, de piété
avec un malhonnête, d’honnêteté
avec un laboureur, d'un ouvrage quelconque
avec un ouvrier à l’année, de ce qu’il doit faire pendant un an
avec un serviteur paresseux, d'un grand ouvrage
et ne te fie à eux dans aucun conseil.
Sois assidu auprès de tout homme saint
que tu sais respectueux de la crainte de Dieu
dont l’âme est selon ton âme ;
tout homme qui aura fait un faux pas dans les ténèbres ne prendra pas part à ta douleur.
Établis [en toi] un cœur de bon conseil
car rien pour toi ne vaut mieux que lui.
L’âme d’un homme saint découvre parfois des choses vraies
[mieux] que sept sentinelles postées en observation.
Sur toutes ces choses prie le Très-Haut
pour qu'il dirige ta voie dans la vérité.
Avant toute œuvre, qu'une parole de vérité te précède
et avant toute action, un conseil stable.
Une parole mauvaise changera le cœur
[d'où] naissent quatre choses :
le bien et le mal, la vie et la mort
et la langue exerce sur elles un pouvoir continuel.
[Tel] homme habile a instruit beaucoup de gens
et à son âme il est suave.
Celui qui parle en sophiste est odieux
il sera dépourvu de tout
car aucune grâce ne lui a été donnée par le Seigneur :
il a été dépourvu de toute sagesse.
Il y a un sage qui est sage pour son âme
et le fruit de son intelligence est digne de louange.
L’homme sage instruit son peuple
et les fruits de son intelligence sont sûrs.
L’homme sage sera rempli de bénédiction
et ceux qui le verront le loueront.
La vie d’un homme se compte en jours
mais les jours d’Israël sont innombrables.
Le sage héritera de l’honneur dans son peuple
et son nom vivra éternellement.
Mon fils, dans ta vie, éprouve ton âme
et si elle a été mauvaise, ne lui donne pas de pouvoir
car tout n’est pas avantageux à tous
et toute âme ne se plaît pas au même genre de choses.
32. Ne sois avide dans aucun festin
et ne te jette pas sur tout mets
33. car dans beaucoup d'aliments sera la maladie
et l’excès en viendra jusqu'au vomissement.
34. À cause de l'excès, beaucoup sont morts
mais celui qui est sobre prolongera sa vie.
Honore le médecin, parce qu'il est nécessaire ;
en effet, le Très-Haut l’a créé.
Toute médecine vient de Dieu
et du roi elle recevra le droit de disposer de ses biens.
Le savoir du médecin élèvera sa tête
et devant les grands il sera loué.
Le Très-Haut, de la terre, a créé les médicaments
et un homme prudent ne les dédaignera pas.
N'est-ce pas par du bois que l'eau amère fut adoucie ?
Leur vertu est faite pour être connue des hommes
et le Très-Haut a donné à l'homme la science
pour être honoré dans ses merveilles.
Par elles, il a soigné et apaisé la douleur ;
l'apothicaire en fait des médicaments agréables
il composera des onguents agréables
et ses ouvrages n'auront pas de fin
car la paix de Dieu [s’étend] sur la face de la terre.
Mon fils, dans ta maladie, ne détourne pas les yeux
mais prie le Seigneur, et il te guérira.
Détourne-toi de la faute et redresse les mains
et de toute faute purifie ton cœur.
Offre le [parfum] suave et le mémorial de fleur de farine
fais une oblation grasse puis laisse place au médecin
car le Seigneur l’a créé
et qu’il ne s'éloigne pas de toi, car ses œuvres [te] sont nécessaires.
En effet, il viendra un temps où tu tomberas entre leurs mains
et eux-mêmes supplieront le Seigneur de [t]'amener par eux le soulagement
et la santé, en raison de leur genre de vie.
Celui qui commet une faute devant celui qui l'a fait
qu'il tombe entre les mains du médecin !
Mon fils, sur un mort répands des larmes
et, comme un homme qui a souffert de cruels traitements, mets-toi à pleurer ;
selon ce qu'il convient, ensevelis son corps
et ne néglige pas sa sépulture.
À cause de la délation, porte son deuil amèrement pendant un jour
et console-toi de la tristesse
car la tristesse hâte la mort et elle accablera l'énergie
et la tristesse du cœur fera courber la tête.
La tristesse s’entretient dans la solitude
et la vie du pauvre est selon son cœur.
Tu ne livreras pas ton cœur à la tristesse
mais éloigne-la de toi
et souviens-toi de ta fin dernière.
Ne l’oublie pas, car il n’y a pas de retour :
tu ne lui serviras de rien et tu te feras le plus grand mal à toi-même.
Souviens-toi de ma sentence car ainsi sera la tienne
à moi hier, et à toi aujourd’hui.
Dans le repos d'un mort, laisse reposer sa mémoire
et console-le au départ de son esprit.
Célèbre la sagesse dans un temps de loisir :
celui qui agit peu acquerra la sagesse ;
de quelle sagesse pourra se remplir
celui qui tient une charrue sans tirer sa gloire d'un javelot ?
Il guide les bœufs avec un aiguillon et vit au milieu de leurs travaux
et son entretien porte sur les petits des taureaux ;
il appliquera son cœur à tracer des sillons
et ses veilles à engraisser des génisses.
Ainsi en est-il de tout artisan et architecte
qui passe à son travail la nuit comme le jour ;
de celui qui grave les cachets ciselés
et par un travail assidu varie le dessin :
il appliquera son cœur à la représentation de l'image
et par ses veilles il achève son œuvre.
Ainsi le forgeron assis près de l'enclume et considérant son ouvrage de fer :
la vapeur du feu desséchera ses chairs
et il lutte contre la chaleur du four ;
le bruit du marteau frappera sans cesse son oreille
et ses yeux seront sur l'objet qu’il veut représenter ;
il appliquera son cœur à la perfection de son ouvrage
et par ses veilles il l’embellira jusqu'à la perfection.
Ainsi le potier assis près de son ouvrage
tournant la roue avec ses pieds :
il est toujours voué au souci à cause de son ouvrage
et tout son travail est incommensurable ;
par son bras il façonnera l’argile
et devant ses pieds il courbera sa force ;
il appliquera son cœur à parfaire le vernis
et par ses veilles il nettoiera le four.
35. Tous ceux-là ont mis leur confiance en leurs mains
et chacun est sage dans son art.
36. Sans eux tous, il ne se bâtit pas de cité
37. mais ils n'y habiteront pas et ne s'y promèneront pas
et ils n’entreront pas dans l'assemblée ;
38. ils ne seront pas assis sur le siège du juge
ils ne comprendront pas l'alliance du droit
ils ne feront pas briller la discipline et le droit
et on ne les trouvera pas [occupés] aux paraboles ;
39. mais ils affermiront les créatures du monde
et leur prière se rapporte au travail de leur art :
ils y appliquent leur âme
et ils cherchent à suivre la Loi du Très-Haut.
[Le sage] cherchera la sagesse de tous les anciens
et il consacrera ses loisirs aux prophéties.
Il conservera les récits des hommes célèbres
et il pénétrera dans les subtilités des paraboles.
Il cherchera le sens caché des proverbes
et aux énigmes des paraboles passera du temps.
Il servira au milieu des grands
et paraîtra devant celui qui préside.
Il voyagera dans la terre des nations étrangères
car il a éprouvé le bien et le mal parmi les hommes.
Il mettra son cœur à aller dès le matin auprès du Seigneur qui l’a fait
et en présence du Très-Haut il priera
il ouvrira la bouche pour la prière
et demandera pardon pour ses fautes
car si le Seigneur grand le veut
il le remplira de l’esprit d’intelligence.
Alors, comme la pluie, il répandra lui-même les paroles de sa sagesse
et en prière il confessera le Seigneur ;
il dirigera lui-même sa réflexion et son savoir
et il délibérera sur ses secrets ;
il publiera lui-même le savoir de sa doctrine
et dans la Loi de l'Alliance du Seigneur il se glorifiera.
Beaucoup loueront sa sagesse
et elle ne sera jamais détruite.
Sa mémoire ne s’effacera pas
et son nom sera regretté de génération en génération.
Les nations publieront sa sagesse
et l'assemblée célébrera sa louange.
S'il dure il laisse un nom [plus grand que] mille
et s'il en vient à se reposer cela lui sera utile.
Je vais encore méditer afin de raconter
car je suis comme rempli de délire prophétique ;
de sa voix il dit : — Écoutez-moi, fruits divins
et comme la rose plantée sur le bord des eaux, fructifiez !
Répandez un agréable parfum comme le liban
fleurissez de fleurs comme le lis
exhalez votre parfum et poussez des branches de grâce
chantez des cantiques de louange
et bénissez le Seigneur dans ses ouvrages !
Proclamez la magnificence de son nom
et confessez-le par les paroles de vos lèvres
par les cantiques de vos lèvres et par les harpes !
Et vous parlerez ainsi dans votre confession :
— Tous les ouvrages du Seigneur sont souverainement bons.
À son verbe l’eau s’est tenue comme une congère
et à la parole de sa bouche, comme des réservoirs d'eau
car à son commandement advient la félicité
et il n'y a pas de diminution dans son salut.
Les œuvres de toute chair sont devant lui
et absolument rien n’est caché à ses yeux
de siècle en siècle il regarde
et rien n’est étonnant à son regard.
On ne doit pas dire : — Qu’est-ce que ceci ? ou : — Qu’est-ce que cela ?
car toutes choses se découvriront en leur temps.
Sa bénédiction a débordé comme un fleuve
et de même que le déluge a inondé la terre
ainsi sa colère sera l'héritage des nations qui ne l'auront pas recherché.
De même qu'il a changé le cours des eaux, que la terre a été desséchée
et que ses voies ont été rendues droites pour leurs trajets,
de même dans sa colère il les a rendues pénibles pour les pécheurs.
Les biens pour les bons ont été créés dès le commencement
ainsi pour les méchants les biens et les maux.
Commencement de toute nécessité pour la vie de l’homme :
eau, feu et fer, lait et pain de froment, miel, grappe de raisin, huile et vêtement.
Toutes ces choses pour les saints se changent en biens
de même que pour les impies et pour les pécheurs elles se changeront en maux.
Il y a des esprits qui ont été créés pour la vengeance
et dans leur fureur ils ont renforcé leurs tourments ;
au temps de la consommation ils laisseront déborder leur violence
et ils déchaîneront la fureur de celui qui les a créés.
Feu, grêle, famine et mort
toutes ces choses ont été créées pour exercer la vengeance ;
36. dents des bêtes, scorpions, serpents
et épée vengeresse, pour exterminer les impies ;
37. elles festoieront dans ses commandements
elles se prépareront pour servir sur la terre au besoin
et en leur temps elles n'esquiveront pas le verbe.
38. C’est pourquoi dès le commencement je me suis affermi et j'ai médité
je les ai considérées et je les ai laissées par écrit.
39. Tous les ouvrages du Seigneur sont bons
et tout ouvrage servira en son temps.
40. On ne peut pas dire : — Ceci est plus mal que cela
car toutes choses seront approuvées en leur temps.
41. Et maintenant, de tout cœur et à pleine bouche, louez tous ensemble
et bénissez le nom du Seigneur !
Une grande occupation a été créée pour tous les hommes
et un joug pèse sur les fils d’Adam
depuis le jour de leur sortie du sein de leur mère
jusqu’au jour de leur sépulture, vers leur mère à tous.
Leurs réflexions et les craintes de leur cœur
ce sont la pensée de l'attente et le jour de la fin ;
ceux qui sont assis sur un trône glorieux
jusqu’à celui qui est humilié dans la terre et la cendre
depuis celui qui se vêt d'hyacinthe et qui porte la couronne
jusqu’à celui qui se couvre d’une toile écrue :
fureur, jalousie, trouble, agitation
crainte de la mort, courroux constant, rivalité.
Et au moment où [chaque homme] se repose sur sa couche
le sommeil de la nuit altère sa connaissance :
il se repose si peu que rien
et par suite, au moment du sommeil, il est comme en un jour d'observation.
Il est bouleversé par la vision de son cœur
comme quelqu'un qui aurait fui un jour de bataille ;
au moment de sa délivrance, il se réveille
en s'étonnant même de sa vaine crainte.
[Ainsi] avec toute chair, depuis l’homme jusqu’à la bête
et pour les pécheurs, le septuple.
En outre, mort, sang, rivalité et épée
violences, famine, destruction et fouets
c'est contre les méchants que tout cela a été créé
et c’est à cause d’eux qu'est arrivé le déluge.
Tout ce qui vient de la terre retournera à la terre
et toutes les eaux retourneront à la mer.
Tout don et toute injustice s'effaceront
mais la fidélité subsistera à jamais.
Les richesses des injustes tariront comme un torrent
et dureront le temps d'un gros coup de tonnerre dans la pluie.
En ouvrant les mains, il se réjouira :
ainsi, les prévaricateurs à la fin se décomposeront.
Les descendants des impies ne se multiplieront pas en rameaux
et les racines impures se font entendre au sommet d'une pierre.
L’herbe [qui croît] sur toute eau
et au bord d’un fleuve, avant toutes les herbes, sera arrachée.
La grâce est comme un jardin en bénédiction
et la miséricorde demeure à jamais.
La vie de l'ouvrier qui se suffit à lui-même s'adoucira
et en elle, tu trouveras un trésor.
Mon fils
la fondation d’une ville consolidera un nom
mais une femme irréprochable est estimée plus que cela.
Le vin et la musique réjouissent le cœur
mais plus que les deux, l’amour de la sagesse.
Les flûtes et la harpe rendent le chant doux
mais plus que les deux, une langue douce.
C'est la grâce et la beauté que ton œil désirera
mais plus que cela, la verdure des semailles.
L’ami et le compagnon se rencontrent en temps voulu
mais plus qu'eux, la femme avec son mari.
Les frères [viennent] en secours au temps de l’affliction
mais plus qu'eux, la miséricorde délivrera.
L’or et l’argent affermiront le pied
mais plus qu'eux deux, on prise le conseil.
Les richesses et la force élèvent le cœur
mais plus que cela, la crainte du Seigneur.
Il n'y a pas de manque dans la crainte du Seigneur
et il n’y a pas, avec elle, à chercher de secours.
La crainte du Seigneur est comme un jardin de bénédiction
et on a recouvert l'homme [qui la possède] au-delà de toute gloire.
Mon fils, dans le temps de ta vie, ne sois pas dans le besoin
car il vaut mieux mourir que d'être dans le besoin.
Si un homme regarde vers une autre table
sa vie ne compte pas pour une vie
car il nourrit son âme des aliments des autres ;
31. mais un homme discipliné et instruit s'en gardera.
32. Dans la bouche de l'imprudent la privation sera douce
mais dans ses entrailles un feu brûlera.
Ô mort, que ton souvenir est amer
à l'homme qui se tient en paix au milieu de ses biens
à l'homme tranquille, dont les voies sont droites en toute chose
et qui a encore la force de recevoir de la nourriture !
Ô mort, ton jugement est bon
à l'homme indigent et dont les forces diminuent
affaibli par les ans, à qui toute chose cause du souci
et qui, incroyant, perd la sagesse !
Ne redoute pas la sentence de la mort, souviens-toi de ce qui fut avant toi et de ce qui viendra après toi :
telle est la sentence [portée] par le Seigneur sur toute chair.
Et pourquoi aller contre le bon plaisir du Très-Haut ?
Pour dix, cent ou mille ans
de fait, il n'y a pas en enfer d'accusation sur la vie.
Les fils des pécheurs deviennent des fils d'abomination
ainsi que ceux qui vivent le long des maisons des impies.
L'héritage des fils des pécheurs disparaîtra
et avec leur semence l'opprobre persiste.
D'un père impie les fils se plaignent
parce qu'à cause de lui ils sont dans l'opprobre.
Malheur à vous, hommes impies qui avez abandonné la loi du Seigneur très-haut !
Si vous naissez, vous naîtrez dans la malédiction
et si vous mourez, votre part sera dans la malédiction.
Tout ce qui vient de la terre, vers la terre retournera
ainsi les impies, de la malédiction vers la perdition.
Le deuil des hommes se rapporte à leur corps
mais le nom des impies sera effacé.
Aie soin d'avoir une bonne renommée
car elle persistera en toi plus que mille trésors de grande valeur.
Pour une bonne vie, il est un nombre de jours
mais une bonne renommée persistera dans les âges.
Conservez en paix l'instruction, fils !
Sagesse invisible et trésor caché
quelle utilité pour les deux ?
Mieux vaut un homme qui cache sa sottise
qu'un homme qui cache sa sagesse.
Cependant, tenez en respect ce qui sort de ma bouche :
il n'est pas bon d'observer toute effronterie
et tout ne plaît pas à tous quand il s'agit d'honneur.
Rougissez, devant mère et père, de la fornication
et devant chef et puissant, du mensonge ;
devant prince et juge, du délit
devant synagogue et peuple, de l'iniquité
23. devant compagnon et ami, de l'injustice ;
au lieu où tu habites
24. [rougis] du vol
de la vérité de Dieu et de son alliance ;
[rougis] de t'allonger au milieu des pains et de causer une offense en donnant ou en recevant ;
25. de garder le silence devant ceux qui te saluent
de considérer une femme prostituée
et de détourner le visage d'un parent.
26. Ne détourne pas le visage devant ton prochain
[rougis] de lui prendre une part sans la lui rendre.
27. Ne regarde pas la femme d’un autre homme
ne recherche pas sa servante
et ne te tiens pas près de son lit.
28. [Rougis,] devant des amis, des paroles d'insulte
et quand tu auras donné, n'insulte pas.
Ne répète aucune parole que tu auras apprise par révélation d'une parole dite en secret :
alors tu seras vraiment sans trouble
et tu trouveras grâce au regard de tous les hommes.
Ne te trouble devant aucune des situations suivantes
et n'y fais acception de personne pour commettre une faute :
ni (au sujet de la loi et de l'alliance du Très-Haut)
dans un jugement qui aboutit à justifier l'impie
ni (au sujet d'une affaire entre des gens proches et des gens de passage)
dans l'attribution de l'héritage de tes amis
ni (au sujet de l'exactitude de la balance et des poids)
dans l'acquisition de beaucoup ou de peu
ni (au sujet d'un mécontentement dans une transaction et ses parties)
[dans le fait d'avoir à] discipliner sévèrement tes fils
ou à battre jusqu'au sang le côté du plus vil esclave ;
— [dans le même ordre d'idées] sur une femme dissolue [poser] un sceau est bon,
là où il y a beaucoup de mains, tiens tout fermé
et compte et pèse tout ce que tu donneras,
quant à ce que tu as donné et reçu : consigne-le par écrit ! —
ni (au sujet de la discipline de l’insensé et du sot)
[devant le fait] de vieillards qui sont jugés par des jeunots...
Alors tu seras instruit en tout
et fiable aux yeux de tous les hommes !
Une fille est pour son père [cause] d'insomnie cachée
et l'inquiétude à son sujet lui ôtera le sommeil :
de crainte que dans son adolescence elle soit corrompue
ou que, mariée à un homme, elle finisse par être haïssable ;
de crainte qu'elle ne soit souillée dans sa virginité
et qu’elle ne se trouve enceinte dans la maison paternelle ;
de peur que, mariée à un homme, elle ne transgresse [la loi]
ou qu’elle devienne stérile ...
Sur une fille sans retenue renforce la garde
de crainte qu’elle finisse par te faire tomber en opprobre face à tes ennemis
par dénigrement dans la cité et vilipendage de la foule
et qu'elle te remplisse de confusion devant la multitude du peuple.
Pour aucun homme ne porte attention à la beauté
et ne t'attarde pas au milieu des femmes
car des vêtements provient la vermine
et de la femme l’iniquité de l’homme.
Mieux vaut l'iniquité d'un homme que la femme bienfaisante :
même cette femme remplit de confusion jusqu'à l'opprobre !
Je vais donc me souvenir des œuvres du Seigneur
et ce que j’ai vu, je l'annoncerai :
c'est par les paroles du Seigneur qu'existent ses œuvres !
Le soleil en éclairant prend soin de toute chose
et son activité est pleine de la gloire du Seigneur.
Le Seigneur n’a-t-il pas fait raconter par les saints toutes ses merveilles,
elles que le Seigneur tout-puissant a confirmées pour qu'elles fussent établies dans sa gloire ?
Il a sondé l’abîme et le cœur des hommes
et il a pénétré leur astuce.
Le Seigneur, en effet, connaît toute science
et il a élucidé le signe du temps
annonçant choses passées et choses à venir
et dévoilant les traces des choses cachées :
aucune pensée ne lui échappe
nulle parole ne lui est cachée.
Il a harmonisé les merveilles de sa sagesse,
lui qui est avant le siècle et jusque dans le siècle ;
il n'a pas été augmenté
ni diminué
et il n'a besoin du conseil de personne.
Que toutes ses œuvres sont désirables,
comme une étincelle qu'on pourrait contempler :
toutes, elles vivent et demeurent pour l'éternité
et en toute nécessité, toutes lui obéissent !
Des hauteurs le firmament est la beauté :
éclat du ciel en vision de gloire
le soleil dans son apparition, annonçant à son lever :
— Vase admirable est l'œuvre du Très-Haut !
À midi, il brûlera la terre
et face à son ardeur, qui pourra résister ?
On entretient la fournaise dans les travaux d'ardeur :
trois fois plus le soleil, quand il incendie les montagnes,
soufflant des rayons de feu
et resplendissant de ses rayons, aveugle-t-il les yeux !
Grand est le Seigneur qui l’a fait
et qui a hâté sa course par ses paroles !
Et la lune, pour tous, en son temps
marque du temps et signe d'éternité :
c'est par la lune [qu'est donné] le signe du jour de fête :
une lumière qui diminue durant sa révolution ;
le mois est [appelé] d'après son nom
tandis qu'elle croît admirablement jusqu'à être pleine,
vase des armées dans les cieux
resplendissant au firmament du ciel !
Beauté glorieuse des étoiles du ciel,
le Seigneur dans les hauteurs illuminant le monde :
aux ordres du Saint, elles comparaîtront à son tribunal
et ne cesseront jamais de brûler durant leurs veilles !
Vois l'arc-en-ciel et bénis celui qui l'a fait
il est vraiment beau, dans sa splendeur :
il a entouré le ciel du cercle de sa gloire
ce sont les mains du Très-Haut qui l'ont déployé !
À son commandement, il a dépêché la neige
et il se dépêche d'émettre les éclairs de son jugement :
voici donc les trésors ouverts
et les nuées se sont envolées comme des oiseaux !
C'est par sa grandeur qu'il a fixé les nuages
et qu'ont été concassés les cailloux de la grêle !
À sa vue vacilleront les montagnes
et par sa volonté soufflera le Notus !
La voix de son tonnerre a grondé sur la terre :
tempête de l'Aquilon et tourbillon du vent !
Comme l'oiseau qui descend se poser, il asperge de neige
et comme le criquet qui s'abat est sa chute :
la beauté de sa couleur, l'œil l'admirera
mais pendant sa tombée, le cœur s'effraiera !
De gel, comme de sel, il saupoudrera la terre :
une fois congelé, ce sera comme des pointes de tribule !
Le froid vent d'Aquilon soufflera
et l'eau gèlera en cristal :
il se reposera sur tout plan d'eau
et comme d'une cuirasse vêtira les eaux ;
il dévorera les montagnes et incendiera le désert
et il éteindra la verdure comme un feu :
remède à tout cela, une nuée se hâte
la rosée survenant après la venue de la chaleur l'affaiblira...
À sa parole le vent se taira
(en vérité, le Seigneur Jésus l'a planté !).
Celui qui navigue sur la mer raconte le péril qu'elle fait courir
et en l'entendant de nos oreilles nous ne serons pas étonnés :
là se trouvent des ouvrages remarquables et merveilleux,
différentes espèces d'animaux et de bêtes en tout genre, et les monstres, créature divines...
C'est par lui qu'a été établi le terme du voyage
et dans sa parole toute chose a été convenue.
Nous aurions beau dire beaucoup de choses, encore manquerions-nous de mots
mais telle est la conclusion de nos discours : il est lui-même en toutes choses.
Pour le glorifier, à quoi serons-nous bons ?
Lui-même, en effet, est Tout-Puissant sur toutes ses œuvres
Seigneur terrible et souverainement grand :
quelque pouvoir que vous aurez déployé, il sera plus grand encore
et admirable, sa magnificence !
Bénissant le Seigneur, exaltez-le autant que vous pouvez
car il est plus grand que toute louange :
34. en l'exaltant, remplissez-vous de courage
ne vous accablez pas de ne pas pouvoir le contenir !
35. Qui l'a vu et pourra en faire le récit ?
Et qui le magnifiera tel qu'il est depuis le commencement ?
36. Il y a [encore] beaucoup de choses cachées plus grandes que celles-là :
nous voyons, en effet, un bien petit nombre de ses œuvres
37. mais c'est le Seigneur qui a tout fait
et à ceux qui vivent dans la piété il a donné la sagesse.
ÉLOGE DES PÈRES
Faisons donc l’éloge des hommes illustres
et de nos pères dans leur génération.
Le Seigneur a opéré de glorieuses merveilles, il a manifesté sa grandeur dès l’origine.
Ils ont été souverains dans leurs charges
[c'étaient] des hommes de grande vertu et doués de prudence
dont les annonces avaient la dignité des prophètes ;
ils ont commandé au peuple de leur temps
et les peuples ont reçu par la force de leur prudence des paroles très saintes ;
ils ont étudié dans leur jeunesse l'art des mélodies
et ils ont mis des vers par écrit ;
[c'étaient] des hommes riches en force, qui avaient le goût de la beauté
qui établissaient la paix sur leurs maisons.
Tous ces hommes ont acquis de la gloire parmi les générations de leur nation
et de leur temps ils ont été loués.
Ceux qui sont nés d’eux ont laissé un nom qui fait raconter leurs louanges.
Il y en a dont on a perdu le souvenir :
ils ont péri comme s’ils n’avaient pas été
ils sont nés comme s’ils n’étaient pas nés
et leurs enfants avec eux.
Mais ceux-là sont des hommes de miséricorde
dont les œuvres de piété n'ont pas manqué.
Avec leur descendance demeure une bonne chose,
l'héritage
de leurs enfants : leur descendance persévère dans les alliances
et leurs enfants à cause d'eux ; leur descendance demeure éternellement
et leur gloire ne finira pas.
Leurs corps ont été ensevelis en paix
et leur nom vit de générations en générations.
Que les peuples racontent leur sagesse
et que l’assemblée publie leur louange !
Hénoch fut agréable à Dieu et il a été transporté au paradis
pour donner aux peuples la pénitence.
Noé a été trouvé juste et parfait
et au temps de la colère il est devenu la réconciliation.
C’est pourquoi un reste a été laissé à la terre lorsque le déluge est arrivé.
Des alliances éternelles ont été faites avec lui
afin qu’aucune chair ne puisse être détruite par le déluge.
Abraham a été le père illustre de la multitude des nations
et nul ne lui a été trouvé semblable en gloire
lui qui a conservé la loi du Très-Haut
et qui a fait alliance avec lui.
Il a affermi son alliance dans sa chair
et dans la tentation il a été trouvé fidèle.
C’est pourquoi il lui a juré de lui donner une descendance dans sa nation
de la multiplier comme la poussière de la terre
d'exalter sa descendance comme les étoiles
et d’étendre leur héritage d'une mer jusqu'à l'autre et du Fleuve jusqu’aux extrémités de la terre.
24. Il a traité Isaac de la même manière
à cause d’Abraham, son père :
25. il lui a promis la bénédiction de toutes les nations
et il a confirmé son alliance sur la tête de Jacob ;
26. il l'a distingué par ses bénédictions
il lui a donné un héritage
il lui a partagé sa part en douze tribus
27. et il a gardé pour elles des hommes de miséricorde
qui ont trouvé grâce aux yeux de toute chair.
Moïse a été aimé de Dieu et des hommes
et sa mémoire est en bénédiction.
[Dieu] l'a rendu en gloire semblable aux saints
il l’a exalté dans la terreur de ses ennemis
et par ses paroles il a apaisé les prodiges.
Il l’a glorifié devant les rois
il lui a donné ses ordres devant son peuple
et il lui a montré sa gloire.
Dans sa foi et dans sa douceur, il l’a consacré
il l’a choisi d’entre toute chair.
Il l’a écouté et a entendu sa voix
et il l’a fait entrer dans la nuée.
Il lui a donné face à face ses préceptes
la Loi de vie et de savoir
pour enseigner l'Alliance à Jacob et ses décrets à Israël.
Il a élevé Aaron son frère
semblable à lui, de la tribu de Lévi.
Il a fait avec lui une alliance éternelle
il lui a donné le sacerdoce de la nation
et il l’a rendu heureux dans la gloire.
Il l’a ceint d’une ceinture de gloire
il l’a revêtu d’une robe de gloire
et il l’a couronné d'instruments de valeur ;
il lui a mis les chaussures sacerdotales, les caleçons et l’éphod
et il l'a entouré d'un grand nombre de sonnettes d’or
pour qu'elles fassent du bruit quand il marche
et qu'elles fassent entendre ce son dans le Temple
en mémoire des fils de sa nation ;
son vêtement saint était d’or, d’hyacinthe
et de pourpre, ouvrage tissé par un homme sage
plein de jugement et de vérité :
c'était une œuvre d'artiste, de fil retors d’écarlate
avec des pierres précieuses sculptées enchâssées dans l’or
par l'œuvre d'un lapidaire
comme souvenir selon le nombre des tribus d'Israël ;
[il a mis] une couronne d’or sur sa mitre
gravée du signe de la sainteté
ornement d'honneur et œuvre de puissance
délices des yeux par sa beauté.
Il n’y en eut pas d'aussi beaux avant lui depuis le commencement.
Nul étranger ne s'est revêtu de ceux-ci
mais ses fils seulement et ses petits-fils dans la suite des âges.
Ses sacrifices ont été chaque jour consumés par le feu.
Moïse a consacré ses mains
et l’a oint de l’huile sainte :
cela fut fait pour lui à la manière d'une alliance éternelle
et pour sa descendance à l'image des jours du ciel
afin qu'ils exercent les fonctions du sacerdoce et chantent ses louanges
et qu'ils glorifient son peuple en son nom.
Il l’a choisi entre tous les vivants
afin d'offrir à Dieu le sacrifice, l’encens et la bonne odeur
pour mémoire et pour plaire à son peuple.
Il lui a donné le pouvoir sur ses préceptes
sur les alliances des décrets, pour enseigner ses ordonnances à Jacob
et pour donner à Israël la lumière sur sa loi.
Des étrangers se sont dressés contre lui
et, par jalousie, les hommes qui étaient avec Dathan et Abiron l'ont encerclé dans le désert
ainsi que la faction de Coré dans sa colère :
le Seigneur Dieu les vit et cela ne lui plut pas
et ils furent consumés par l’impétuosité de sa colère.
Il fit des prodiges contre eux et les consuma dans la flamme du feu.
Il augmenta la gloire d’Aaron
et il lui donna un héritage et en partage les prémices des fruits de la terre.
Il leur a préparé, par les prémices, du pain en abondance
car ils mangeront les sacrifices du Seigneur
qu'il lui a donnés ainsi qu'à sa descendance.
27. Et du reste, il héritera des nations sur la terre
mais sa part n'est pas dans une nation
car [le Seigneur] lui-même est sa part et son héritage.
28. Finéès fils d’Éléazar est le troisième en gloire
pour l'avoir seulement imité dans la crainte du Seigneur
29. et pour être demeuré ferme dans la chute de son peuple ;
par sa bonté et le zèle de son âme, il a obtenu l'approbation [de Dieu] pour Israël.
30. C’est pourquoi il a fait avec lui une alliance de paix
[l'établissant] prince des saints et de sa nation
pour que lui appartienne toujours la dignité du sacerdoce ;
31. et [il a fait] une alliance avec le roi David fils de Jessé
de la tribu de Juda, un héritage pour lui et pour sa descendance
afin de répandre la sagesse dans nos cœurs
et de juger sa nation dans la justice
pour que leurs biens ne périssent pas ;
et il a rendu leur gloire éternelle dans leur nation.
Vaillant à la guerre fut Jésus de Navé,
successeur de Moïse parmi les prophètes,
qui fut grand, selon son nom,
très grand, en vue du salut des élus de Dieu,
pour conquérir les ennemis insurgés
afin qu'Israël obtînt son héritage !
Quelle gloire il s'acquit, en levant les mains
et en lançant contre la ville les romphées !
Qui résista devant lui ?
car le Seigneur lui-même traîna ses ennemis vers lui !
Ou, dans le transport de sa colère, n'arrêta-t-il pas le soleil
et un seul jour en devint comme deux ?
Il invoqua le puissant Très-Haut pendant que les ennemis l'attaquaient de toutes parts
et le Dieu grand et saint l’exauça
avec des pierres de grêle d'une grande force.
Il mena l'assaut contre la nation ennemie
et à la descente il tailla en pièce ceux qui résistaient
afin que les nations reconnussent sa puissance :
que contre le Seigneur il n’est pas facile de combattre
et qu'il vient toujours derrière les puissants.
Aux jours de Moïse, ils ont fait œuvre de miséricorde
lui et Caleb fils de Jepphonne
en tenant ferme contre l'ennemi, en éloignant la nation des péchés
et en étouffant le murmure de la malice ;
eux-mêmes, tous deux choisis, furent délivrés du péril
sur un nombre de six cent mille hommes de pied
pour les conduire dans leur héritage
dans la terre où coulent le lait et le miel.
Le Seigneur donna à ce même Caleb de la force
et jusqu’à sa vieillesse la vigueur lui resta
pour qu'il puisse monter sur un lieu élevé de la terre
et sa descendance conserva l'héritage
pour que tous les fils d’Israël voient
qu’il est bon d’obéir au Dieu saint.
Et les juges, chacun selon son nom, eux dont le cœur ne s’est pas corrompu
qui ne se sont pas détournés du Seigneur
puisse leur mémoire être en bénédiction
et leurs os refleurir depuis leur emplacement !
Et leur nom demeure éternellement
puisqu'il demeure dans leurs fils, gloire de ces saints hommes.
Il fut aimé de son Seigneur, Samuel, prophète du Seigneur
il institua un gouvernement nouveau et il oignit des princes dans sa nation.
Il jugea l’assemblée selon la loi du Seigneur
et le Seigneur regarda Jacob :
dans sa foi il parut un vrai prophète
et il fut reconnu fidèle dans ses paroles parce qu’il vit le Dieu de lumière.
Il invoqua le Dieu tout-puissant
lorsque les ennemis l'attaquaient en l'entourant de tous côtés
par l'offrande d'un mâle sans tache
et le Seigneur tonna du ciel
dans un grand bruit il fit entendre sa voix
21. et il tailla en pièces les princes de Tyr
et tous les chefs des Philistins.
22. Avant la fin de sa vie et de son âge
il donna la preuve devant le Seigneur et le christ
qu’il n’avait reçu ni argent ni même de chaussures d'aucune chair
et personne ne l'accusa ;
23. et après cela, il dormit et fit une révélation au roi :
il lui prédit la fin de sa vie
et il éleva sa voix depuis la terre
pour effacer par une prophétie l'impiété de la nation.
Après cela se leva le prophète Nathan aux jours de David.
Comme la graisse est séparée de la chair
ainsi le fut David des fils d’Israël.
Il joua avec les lions comme avec des agneaux
et il fit de même avec les ours comme avec les petits des brebis
dans sa jeunesse.
N’a-t-il pas tué le géant
et ôté l’opprobre du peuple ?
En levant la main, avec la pierre de sa fronde il abattit l’insolence de Goliath
quand il invoqua le Seigneur tout-puissant
qui permit à sa main droite de tuer un homme puissant à la guerre
et de relever la corne de sa nation.
Ainsi, on le glorifia pour les [dix] mille
et on le loua pour les bénédictions du Seigneur
en lui offrant une couronne de gloire
car il écrasa les ennemis de tous côtés
et il extermina les Philistins, ses adversaires, jusqu’à ce jour :
il brisa leur corne pour toujours.
Dans toutes ses œuvres
il rendit grâce au Saint et au Très-Haut par une parole de gloire.
De tout son cœur il a loué le Seigneur
il a aimé le Dieu qui l’a créé
et qui lui a donné la puissance contre ses ennemis.
Il fit se tenir des chantres devant l’autel
et pour leur voix il composa de douces mélodies.
Il donna de la splendeur aux fêtes
et il orna les jours jusqu’à la fin de sa vie
afin qu’ils louent le saint nom du Seigneur
et que dès le matin ils glorifient la sainteté de Dieu.
Le Christ le purifia de ses péchés
il releva pour toujours sa corne
il lui donna l'alliance des rois
et un trône de gloire dans Israël.
Après lui s’éleva un fils sensé
et grâce à lui il renversa toute la puissance de ses ennemis.
Salomon régna durant des jours de paix
et Dieu lui soumit tous ses ennemis
afin qu’il élevât une maison en son nom
et qu’il préparât un sanctuaire pour l'éternité ;
comme il fut instruit dans sa jeunesse
et rempli de sagesse comme un fleuve !
Et ton âme a couvert la terre
et tu as rempli les paraboles d'énigmes ;
jusqu'aux îles au loin tu as porté ton nom
et tu as été aimé dans ta paix ;
pour tes cantiques, tes proverbes, tes paraboles
et tes interprétations, le monde t'a admiré !
Et au nom du Seigneur Dieu, qui est nommé « Dieu d’Israël »
tu as amassé l’or comme de l'étain
et accumulé l’argent comme du plomb.
Puis tu as incliné les cuisses pour les femmes
tu leur as donné pouvoir sur ton corps
tu as fait une tache à ta gloire
et tu as abandonné ta semence
tu as attiré la colère sur tes enfants
et leur as inspiré ta sottise
au point de rendre l'empire bipartite
et que d’Éphraïm s'impose un dur empire.
Mais Dieu n’oublie pas sa miséricorde
il ne détruit pas et il n’anéantira pas ses œuvres
il ne retranchera pas par la racine la progéniture de son élu
et il ne gâtera pas la semence de celui qui aime le Seigneur.
Au contraire, il a laissé un reste à Jacob
et à David [un fils] de sa souche.
26. Salomon a fini sa vie avec ses pères
27. et il a laissé après lui [un fils] de sa descendance, folie de la nation
28. et dépourvu de prudence, Roboam,
qui a détourné la nation par son conseil ;
29. et Jéroboam, fils de Nabath, qui a fait pécher Israël
et a ouvert à Éphraïm la route du péché :
leurs péchés ont abondé en grand nombre ;
30. avec force
ils les ont détournés de leur terre
31. et ils ont convoité toutes les iniquités
jusqu’à ce que la vengeance parvienne à eux :
elle les a libérés de tous leurs péchés.
Ensuite se leva Élie, prophète semblable au feu
et sa parole brûlait comme un flambeau.
Il fit venir sur eux la famine
et ceux qui l'imitaient à cause de leur envie devinrent peu nombreux
car ils ne pouvaient supporter les préceptes du Seigneur.
Par la parole du Seigneur il éleva le ciel
et il précipita loin de lui le feu sur la terre.
C'est ainsi qu'Élie fut exalté par ses miracles
et qui peut se glorifier d'être comme toi ?
toi qui as fait lever un mort des enfers,
du sort de la mort, par la parole du Seigneur Dieu
toi qui as précipité des rois dans la ruine
(et as brisé sans peine leur puissance)
et des hommes illustres hors de leur couche
toi qui entends sur le Sinaï le jugement
et sur l’Horeb des arrêts de vengeance
toi qui oins des rois pour le repentir
et qui laisses après toi des prophètes comme successeurs
toi qui fus enlevé dans un tourbillon de feu
dans un char aux chevaux de feu
toi qui as été assigné aux révélations des temps
et qui adoucis la colère du Seigneur
pour réconcilier le cœur du père avec le fils
et pour rétablir les tribus de Jacob ?
Heureux sont ceux qui t'ont vu
et qui ont été honorés de ton amitié !
Nous, en effet, nous vivons seulement pendant notre vie
mais après la mort notre nom ne sera pas aussi grand.
Élie, qui fut abrité dans un tourbillon
et qui remplit Élisée de son esprit
pendant ses jours n'eut peur d'aucun prince
et personne ne triompha de lui par sa puissance.
Aucune parole ne triompha de lui
et après sa mort son corps prophétisa ;
dans sa vie il fit des prodiges
et dans sa mort ses œuvres furent merveilleuses.
Malgré tout cela, le peuple ne fit pas pénitence
et ils ne se détachèrent pas de leurs péchés
jusqu’à ce qu’ils aient été chassés de leur terre
et dispersés sur toute la terre.
Et il ne resta qu’une très petite nation
et un prince de la maison de David.
Quelques-uns d'entre eux firent ce qui plaît à Dieu
mais les autres commirent beaucoup de péchés.
Ézéchias fortifia sa cité ;
il fit venir l'eau en son milieu
il creusa le roc avec le fer
et bâtit un puits pour l’eau.
En ses jours monta Sennachérib :
il envoya Rapsacès et éleva sa main contre eux
il étendit sa main sur Sion
et s'enorgueillit de sa puissance.
Alors leurs cœurs et leurs mains furent agités
ils furent dans la douleur comme des femmes qui enfantent
et ils invoquèrent le Seigneur miséricordieux :
étendant leurs mains, ils les élevèrent au ciel
et le saint, le Seigneur Dieu, écouta aussitôt leur voix.
Il ne se souvint pas de leurs péchés
et ne les livra pas à leurs ennemis
mais il les purifia par les mains d’Isaïe le saint prophète.
Il dissipa le camp des Assyriens
et l’ange de Dieu les tailla en pièces
25. car Ézéchias fit ce qui plut à Dieu
et marcha courageusement dans la voie de David, son père,
que lui avait recommandée Isaïe le prophète
grand et fidèle aux yeux de Dieu.
26. Pendant ses jours, le soleil retourna en arrière
et prolongea la vie du roi.
27. Dans une grande inspiration, il vit la fin des temps
et c'est lui que supplièrent ceux qui pleuraient continuellement à Sion ;
28. il montra l'avenir et les choses cachées avant qu’elles n'arrivent.
La mémoire de Josias est devenue un mélange odorant, un ouvrage de parfumeur raffiné.
Dans toute bouche sa mémoire sera douce comme le miel
et comme la musique dans un festin de vin.
Il fut destiné par Dieu à la pénitence de la nation
il extermina les abominations de l’impiété
et il tourna son cœur vers le Seigneur ;
aux jours des péchés il affermit la piété.
Hormis David, Ézéchias et Josias, tous commirent le péché
car les rois de Juda abandonnèrent la loi du Tout-Puissant
et méprisèrent la crainte de Dieu :
ils donnèrent leur royaume à d'autres
et leur gloire à une nation étrangère.
Ils brûlèrent la cité choisie, pleine de sainteté
et ils rendirent ses routes désertes du fait de Jérémie
car ils le maltraitèrent
lui qui dès le ventre de sa mère fut consacré prophète
pour renverser, détruire et perdre
et pour bâtir à nouveau et renouveler.
Ézéchiel fut celui qui vit la vision de gloire
que [le Seigneur] lui montra dans le char des chérubins
car il se souvint des ennemis dans l'averse
et de faire du bien à ceux qui montrèrent les voies droites.
Et que les os des douze prophètes refleurissent de leur tombe !
car ils ont prié pour Jacob et l’ont racheté par une foi pleine de courage.
Comment exalterons-nous Zorobabel
(car lui aussi fut comme un anneau à la main droite en Israël)
et Jésus fils de Josédec, qui en leurs jours rebâtirent la maison
et relevèrent le Temple saint pour le Seigneur
destiné à sa gloire éternelle ?
Néhémie aussi laissera un souvenir durable
lui qui releva nos murs abattus
et rétablit nos portes et nos serrures, lui qui rebâtit nos maisons.
Nul ne naquit sur la terre comme Hénoch
car lui aussi fut enlevé de la terre
17. et Joseph naquit prince de ses frères, appui de sa famille
guide de ses frères, soutien de son peuple ;
18. ses os furent visités et après sa mort ils prophétisèrent.
19. Seth et Sem acquirent de la gloire parmi les hommes
et Adam est au-dessus de toute âme, au commencement.
Simon fils d’Onias [est] le grand prêtre
qui pendant sa vie répara la maison
et durant ses jours la fortifia.
C'est aussi par lui que lui furent établis la hauteur du Temple
le double bâtiment, la hauteur de la paroi du Temple.
Durant ses jours les réservoirs des eaux refluèrent
et comme la mer ils furent remplis au-dessus de la mesure.
Il prit soin de sa nation et la délivra de la ruine.
Il fut assez puissant pour agrandir la ville
il s’acquit de la gloire en fréquentant la nation
et l’entrée de la maison et celle de l'atrium furent agrandies.
Comme l’étoile du matin au milieu de la nuée
et comme la pleine lune il brille en ses jours
comme un soleil resplendissant, ainsi a-t-il brillé dans le Temple de Dieu
comme l’arc-en-ciel brillant dans la nuée de gloire
et comme la fleur des roses aux jours du printemps
comme les lis qui sont au bord des eaux
et comme l’encens odorant aux jours de l’été
comme une flamme brillante et l’encens brûlant dans le feu
comme un vase d’or massif orné de toutes sortes de pierres précieuses
comme un olivier bourgeonnant
et un tourbillon s’élevant vers le haut
en prenant sa robe de gloire
et se revêtant d'une force parfaite.
En montant au saint autel il glorifia son vêtement saint.
Et tandis qu'il recevait les parts de la main des prêtres
et qu'il se trouvait lui-même près de l'autel, entouré d'une couronne de frères
comme une plantation de cèdres sur le mont Liban
ils se tinrent ainsi autour de lui, comme les branches sur le palmier
et tous les fils d’Aaron étaient dans leur gloire.
Or, l’oblation du Seigneur était dans leurs mains devant toute l’assemblée d’Israël
et, accomplissant son service à l’autel
pour exalter l’oblation du Roi très-haut
il étendit sa main sur la libation
il fit la libation du sang de la grappe
et il le répandit sur les bases de l’autel comme un parfum divin pour le Prince très-haut.
Alors les fils d’Aaron jetèrent un grand cri
ils sonnèrent de leurs trompettes battues au marteau
et ils firent entendre un grand bruit en souvenir devant le Seigneur.
Alors tout le peuple à la fois s'empressa :
ils tombèrent face contre terre pour adorer leur Seigneur
et pour présenter leurs prières au tout-puissant Dieu très-haut.
Ils l'exaltèrent en chantant de leurs voix
et dans la grande maison le bruit s'accrut, plein de suavité
et le peuple supplia le Seigneur très-haut, en prière
jusqu’à ce que le culte du Seigneur soit accompli
et qu’ils aient accompli leurs fonctions.
Alors, en descendant, [le grand-prêtre] éleva les mains
sur toute l’assemblée des fils d’Israël
pour rendre gloire à Dieu par ses lèvres et se glorifier en son nom
et il renouvela sa prière
voulant manifester la puissance de Dieu.
Et maintenant priez le Seigneur de toutes choses qui a fait de grandes œuvres sur toute la terre
qui a multiplié nos jours dès le ventre de notre mère
et qui nous a traités selon sa miséricorde.
Qu’il nous donne la joie du cœur
et qu'il fasse venir la paix pendant nos jours
en Israël, pour toujours !
Qu'Israël croie que la miséricorde de Dieu est avec nous
pour qu’il vous guérisse en ses jours !
Il y a deux nations que mon âme hait
et la troisième que je hais n’est pas une nation :
ceux qui demeurent sur la montagne de Séir, les Philistins
et le peuple sot qui habite à Sichem.
C'est une doctrine de sagesse et de discipline que j'ai écrite dans ce livre
[de] Jésus fils de Sirac de Jérusalem
qui a renouvelé la sagesse de son cœur.
30. Heureux celui qui s'applique à ces biens !
Celui qui les met dans son cœur sera toujours sage :
31. s'il fait cela il sera capable de tout
parce que la lumière de Dieu est son sentier.
DISCOURS DE JÉSUS FILS DE SIRAC
Je te rendrai grâces, Seigneur Roi
et je te louerai, Dieu mon sauveur
je rends grâces à ton nom
car tu as été pour moi un secours et un protecteur.
Tu as délivré mon corps de la perdition
du piège de la langue injuste
et des lèvres de ceux qui pratiquent le mensonge ;
et face à ceux qui étaient là tu t'es fait pour moi un secours.
Et tu m’as délivré, selon l'abondance de la miséricorde propre à ton nom
de ceux qui rugissaient, prêts à me dévorer
des mains de ceux qui en voulaient à ma vie
et des portes de la tribulation qui m’ont entouré ;
de la pression de la flamme qui m'a entouré
(et au milieu du feu je n'ai pas été brûlé) ;
de la profondeur des entrailles de l’enfer
de la langue souillée et de la parole de mensonge
du roi injuste et de la langue injuste.
Mon âme a loué le Seigneur jusqu’à la mort
et ma vie était proche de l’enfer en bas.
Ils m'ont environné de tous côtés et il n’y avait personne pour me secourir ;
j’attendais qu'un secours me vienne et il n'y en avait pas.
Je me suis souvenu, Seigneur, de ta miséricorde
et de ton œuvre, qui sont depuis l'éternité
parce que tu délivreras ceux qui t'attendent
et que tu les libères des mains des nations.
Tu as élevé ma demeure sur la terre
et j'ai prié pour que la mort s'éloigne.
J’ai invoqué le Seigneur, père de mon Seigneur, pour qu’il ne m'abandonne pas au jour de ma tribulation
et qu'il ne me laisse pas sans secours au temps des orgueilleux.
Je louerai sans cesse ton nom
et je le glorifierai dans mon action de grâce :
ma prière a été exaucée !
Tu m’as délivré de la perdition
et tu m’as arraché au temps injuste.
C’est pourquoi je te rendrai grâce et je chanterai ta louange
et je bénirai le nom du Seigneur.
Lorsque j’étais encore jeune
avant de m’égarer j’ai recherché la sagesse ouvertement dans ma prière.
Avant le temps je l’ai demandée
et je la rechercherai jusqu’à la fin ;
elle perdra sa fleur comme un raisin précoce.
Mon cœur s'est réjoui en elle
mon pied a marché sur le droit chemin :
depuis ma jeunesse, je me suis efforcé de la suivre.
J’ai incliné un peu mon oreille et je l'ai recueillie.
J’ai trouvé en moi-même beaucoup de sagesse
j’ai beaucoup progressé en elle.
À celui qui m'a donné la sagesse je rendrai gloire
car je me suis résolu à la pratiquer
je suis zélé pour le bien et je ne suis pas confondu.
Mon âme a lutté pour elle
et je me suis affermi en la pratiquant.
J’ai élevé les mains en haut
et j’ai déploré mon ignorance d'elle.
J’ai dirigé mon âme vers elle
et je l’ai trouvée dans la connaissance :
j’ai possédé mon cœur avec elles depuis le début
c’est pourquoi je ne serai pas abandonné.
Mes entrailles ont été émues en la cherchant
c'est pourquoi je posséderai un excellent bien
car le Seigneur m’a donné une langue pour ma récompense
et par elle je le louerai.
31. Approchez-vous de moi, ignorants
et assemblez-vous dans la maison de la discipline !
32. Pourquoi tardez-vous encore, et que dites-vous à ceci :
— Vos âmes sont intensément assoiffées ?
33. J’ai ouvert la bouche et j’ai parlé :
— Achetez[-la] pour vous sans argent.
34. Soumettez votre cou à son joug
et que votre âme accueille la discipline
car on peut la trouver tout près.
35. Voyez de vos yeux que j'ai bien peu travaillé
et que je me suis acquis un grand repos.
36. Saisissez la discipline, qui regorge d'argent
et emparez-vous de l'or qui abonde en elle !
37. Que votre âme trouve sa joie dans sa miséricorde !
Et vous ne serez pas confondus en la louant.
38. Faites votre œuvre avant le temps
et il vous donnera votre récompense en son temps.
— Chapitre 52 —
1. Et Salomon fléchit les genoux devant toute l'assemblée d'Israël
il tendit ses mains vers le ciel et dit :
2. — Seigneur Dieu d'Israël, il n'y a pas de Dieu comme toi dans le ciel en haut
ni sur la terre en bas
3. toi qui gardes ton alliance et ta miséricorde pour tes serviteurs
qui marchent devant toi de tout leur cœur.
4. Observant pour ton serviteur David ce que tu lui avais dit
tu as parlé de ta bouche et de ta main tu as tout achevé comme en ce jour.
5. Et maintenant, Seigneur Dieu d'Israël, maintiens ce que tu as dit à ton serviteur David, lui disant :
— Tu ne manqueras pas d'avoir un homme siégeant face à moi sur le trône d'Israël
6. si vraiment tes fils surveillent leur conduite
afin de marcher selon mes préceptes comme ils ont marché devant moi.
7. Et maintenant, Seigneur Dieu d'Israël, la parole que tu as dite à ton serviteur David s'est vérifiée :
8. si Dieu va vraiment habiter avec les hommes sur la terre
9. si le ciel du ciel ne suffit pas, certainement la maison que j'ai bâtie non plus !
10. Mais regarde vers la prière de ton serviteur
et vers sa supplication, Seigneur, pour exaucer la faveur que demande la prière
prononcée par ton serviteur devant toi :
11. que tes yeux soient sur cette maison jour et nuit
sur le lieu où tu as dit que ton nom serait invoqué ;
écoute la prière que ton serviteur prononce dans ce lieu
12. écoute la supplication de ton serviteur et de ton peuple Israël
quand ils prieront dans ce lieu
13. écoute depuis le lieu de ta demeure dans le ciel
écoute et sois propice si un homme pèche près de toi !
ICI FINIT LE LIVRE DE JÉSUS FILS DE SIRACH